Test Blu-ray / Max Steel, réalisé par Stewart Hendler

MAX STEEL réalisé par Stewart Hendler, disponible en DVD et Blu-ray le 12 décembre 2020 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Ben Winchell, Maria Bello, Andy Garcia, Ana Villafañe, Mike Doyle, Phillip DeVona, Billy Slaughter, Al Mitchell…

Scénario : Christopher L. Yost

Photographie : Brett Pawlak

Musique : Nathan Lanier

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Lorsque l’adolescent Max McGrath découvre que son corps peut générer l’énergie la plus puissante de l’univers, il doit se lier au seul être capable de le contenir: un mystérieux extraterrestre techno-organique nommé Steel. Unis comme le super-héros Max Steel, les deux amis doivent combattre une menace extraterrestre et percer les secrets de leur passé.

Vous ne connaissez pas Max Steel ? Peut-être que votre progéniture connaît les figurines articulées toutes moches ! Le jouet d’action disponible chez Mattel depuis 1999 s’inspirait de la première série télévisée du même nom. Les enfants découvraient ainsi un nouveau personnage, ses ennemis, ses véhicules, bref de quoi leur donner envie de demander à leurs parents d’acheter tout cet univers. Depuis, Max Steel a conquis d’autres fans, qui se délectaient en même temps du dessin-animé. A l’instar de G.I. Joe chez Hasbro, son adaptation au cinéma était donc inévitable. Mais de là à dire qu’elle était très attendue…Toujours est-il que la version live des aventures de Max Steel a été tournée en 2014, avant de sortir au cinéma en 2016 dans quelques salles américaines et aura dû attendre 2020 pour arriver en France, directement par la case DVD-Blu-ray. Réalisé par l’inconnu Stewart Hendler, auteur d’un certain Whisper en 2007 avec Michael Rooker et de Soeurs de sang (2009), remake inutile (pléonasme) de The House on Sorority Row, ainsi que de la série H+ (2011-2013), Max Steel saura trouver son public, en particulier auprès des jeunes adultes à qui le film est essentiellement, voire exclusivement réservé.

Agé de 18 ans, Max McGrath déménage avec sa mère dans la ville de Copper Canyon, où il est né et où son père est mort dans une supposée tempête. Il découvre qu’il a une forme unique d’énergie tachyonique et rencontre la créature extraterrestre Steel, avec laquelle il peut se lier en symbiose pour devenir le super-héros turbocompressé Max Steel. Max apprend à contrôler et à exploiter ses pouvoirs, ainsi que la vérité sur la vie et le décès mystérieux de son père.

En fait, Max Steel ne s’adresse ni aux petits en raison d’une certaine gravité, pour ne pas dire une lourdeur d’ensemble et d’un manque d’humour, uniquement distillé par l’alien Steel, ni aux spectateurs post-ado qui préféreront sûrement retourner à Iron Man, grande et visible influence du film à travers ses partis-pris et l’armure du héros. Max Steel, qui s’apparente en fait à un épisode version longue de Power Rangers, a comme qui dirait le cul entre deux chaises, ne sachant vraisemblablement pas vraiment à qui parlera le film et hésite entre le côté sombre d’un nouveau personnage, marqué par la mort de son père qu’il n’a pas pour ainsi dire pas connu, et une légèreté assez peu maîtrisée lors de la rencontre, l’approche et l’alchimie entre Max et Steel. Heureusement, le comédien principal, l’inconnu Ben Winchell, ne manque pas de charisme et s’avère aussi sympathique qu’attachant. C’est surtout grâce à lui que l’on arrive à aller finalement au bout de ce petit blockbuster de dix millions de dollars. En ce qui concerne la caution « star », Maria Bello, quelque peu au creux de la vague depuis quelques années, interprète la mère de Max, tandis qu’Andy Garcia, peine à dissimuler la véritable nature de son personnage et se révèle bien peu crédible dans son armure infernale du haut de ses soixante ans au moment du tournage.

Le gros problème de Max Steel et qui pourra en décourager beaucoup, c’est sa structure marquée par des flashbacks concernant le passé du père de Max. Déjà que le réalisateur a du mal à maintenir un rythme suffisant pour ce genre de divertissement, les multiples réminiscences finissent d’enliser l’intrigue quand celle-ci commence à devenir intéressante. Du coup, cette construction en dents de scie donne au film un côté bordélique et ce ne sont pas les quelques séquences d’action (ainsi que les décors un peu pauvres) qui relèvent le niveau. On comprend tout juste que Steel, l’alien-robot-I.A. était un membre de l’espèce extraterrestre Ultralink, qui avait travaillé avec le père de Max, Jim, pour repousser une attaque de ses congénères sur la Terre, durant laquelle Jim avait été contraint de se sacrifier. Max, qui a toujours été un adolescent solitaire, devra apprendre à utiliser sa forme blindée en tant que Max Steel, tout en acceptant – le pauvre ! – de plaire à la belle Sofia (Ana Villafañe). Tout cela en 90 minutes c’est un peu limite…

Max Steel ne révolutionnera pas les films de super-héros qui pullulent sur les écrans depuis maintenant près de quinze ans, d’ailleurs il n’en a pas l’intention. On sent que l’appât du gain a animé cette entreprise avant toutes choses chez Mattel et Christopher Yost, scénariste habituellement acoquiné à Marvel (Thor : Le Monde des ténèbres, Thor : Ragnarok, sans compter les séries d’animation X-Men: Evolution, Les Quatre Fantastiques, Wolverine et les X-Men), ne s’est pas réellement foulé pour apporter une once d’originalité, préférant se reposer sur une formule toute faite et un cahier des charges usé jusqu’à la moelle. Mais encore une fois, les jeunes spectateurs ne rechigneront pas à découvrir ce jeune héros timide et maladroit, qui apprendra que l’union fait la force et qu’il faut croire à son destin. De belles valeurs dans ce monde de brutes quoi.

LE BLU-RAY

Six ans après son tournage et quatre ans après son rapide passage dans les salles américaines, Max Steel débarque en catimini dans les bacs français, en DVD et en Blu-ray. Le menu principal (très légèrement animé et musical), ainsi que le visuel de la jaquette, misent tout sur l’armure du héros.

Trois petites featurettes (10 minutes au total), donnent quelques aperçus du tournage, de la création des costumes et des effets spéciaux, des essais, des répétitions et de l’entraînement des comédiens, avec des propos des producteurs, du réalisateur et des acteurs.

L’Image et le son

Comme d’habitude, l’éditeur soigne son master HD qui se révèle exemplaire. Les contrastes sont d’une densité rarement démentie, à part peut-être durant les séquences sombres où l’image paraît plus douce et moins affûtée, mais cela demeure franchement anecdotique. La clarté est frappante, le piqué est affûté, les gros plans détaillés, les contrastes denses et la colorimétrie marquée par les décors métalliques et bleus dans la dernière partie reste chatoyante. Les détails sont légion aux quatre coins du cadre large. Ce Blu-ray offre les meilleures conditions pour découvrir le film de Stewart Hendler et l’apport HD sur ce titre est évidemment indispensable.

En anglais comme en français, les pistes DTS-HD Master Audio 5.1 assurent le spectacle acoustique et souvent un fracas assez jouissif. Si la langue de Molière n’est pas aussi dynamique et riche que la version originale, elle n’en demeure pas moins immersive. Dans les deux cas, la balance frontale en met plein les oreilles lors des séquences d’affrontements. Quelques scènes sortent du lot avec un usage probant des ambiances latérales et du caisson de basses. La musique profite également d’une belle délivrance, mettant toutes les enceintes à contribution, même à volume peu élevé.

Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Mattel / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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