Test Blu-ray / Le Démon de l’or, réalisé par S. Sylvan Simon

LE DÉMON DE L’OR (Lust for Gold) réalisé par S. Sylvan Simon, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 3 juin 2021 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Ida Lupino, Glenn Ford, Gig Young, William Prince, Edgar Buchanan, Will Geer, Paul Ford…

Scénario : Ted Sherdeman & Richard English, d’après le roman de Barry Storm

Photographie : Archie Stout

Musique : George Duning

Durée : 1h30

Date de sortie initiale: 1949

LE FILM

En 1949, Barry Storm, parti à la recherche de la mine d’or perdue de son grand-père, est témoin du meurtre d’un prospecteur. Le shérif lui rappelle les histoires qui courent sur son grand-père, l’irascible Jacob Walz. En 1870, afin de conserver l’usage de la mine pour lui seul, Jacob n’a pas hésité à assassiner trois autres chercheurs d’or. Mais en ville, sa bonne fortune a fini par attiser la convoitise de la belle Julia et de son mari cupide…

Complètement méconnu en France, S. Sylvan Simon (1910-1951) démarre sa carrière de réalisateur à la fin des années 1930, tournant parfois trois, quatre, voire cinq films par an. Un rythme effréné qui a sans doute eu des répercussions sur sa santé, puisque S. Sylvan Simon sera emporté par une crise cardiaque à l’âge prématuré de 41 ans, juste après avoir produit Comment l’esprit vient aux femmes Born Yesterday de George Cukor. Parmi ses œuvres les plus célèbres, on pourra citer Cinq jeunes filles endiablées Spring Madness (1938) avec Maureen O’Sullivan, Dancing Co-Ed (1939) avec Lana Turner, mais aussi et surtout ses collaborations avec le célèbre tandem Abbott and Costello, Rio Rita (1942) et surtout Abbott et Costello à Hollywood (1945), avec lequel il devient producteur. Les années 1940 voient l’émergence du film noir et S. Sylvan Simon prend le train en marche avec Les Liens du passé I love Trouble, tout en supervisant la production du Démon de l’or Lust for Gold dont George Sherman démarre les prises de vues. Cependant, S. Sylvan Simon devient tellement envahissant sur le plateau, que le réalisateur préfère finalement rendre son tablier en lui conseillant de mettre en scène le film lui-même. Ce qu’il finit par faire et ce sera par ailleurs son ultime long-métrage. Le Démon de l’or est au final une œuvre on ne peut plus étrange, hybride, mélange de film noir et de western, qui flirte parfois avec le fantastique ou le mystique, et dont la construction ne cesse d’étonner. Si Glenn Ford et Ida Lupino sont les noms porteurs sur l’affiche, le premier n’apparaît à l’écran qu’au bout de vingt minutes, tandis que le spectateur devra patienter une demi-heure pour voir débarquer la comédienne. Mais l’attente est très largement récompensée, car les deux stars signent une prestation remarquable. Ils sont absolument parfaits dans la peau de salauds cyniques prêts à tout, y compris à tuer bien sûr, pour s’emparer d’un magot. Lust for Gold est une grande découverte.

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Test Blu-ray / Montagne rouge, réalisé par William Dieterle

MONTAGNE ROUGE (Red Mountain) réalisé par William Dieterle, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 3 juin 2021 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Alan Ladd, Lizabeth Scott, Arthur Kennedy, John Ireland, Jeff Corey, James Bell, Bert Freed, Walter Sande…

Scénario : George W. George, John Meredyth Lucas & George F. Slavin

Photographie : Charles B. Lang Jr.

Musique : Franz Waxman

Durée : 1h24

Date de sortie initiale: 1951

LE FILM

Colorado, 1865, le prospecteur Lane Waldron est accusé du meurtre d’un négociant en or. En effet plusieurs témoins l’ont vu sortir du bureau de la victime. Alors que les habitants s’apprêtent à le tuer sans procès, Waldron est sauvé par le capitaine Brett Sherwood, un officier sudiste qui a déserté l’armée. Mais Waldron est vite persuadé que son sauveur est le véritable assassin. Les deux hommes se retrouvent en cavale, ils sont bientôt rejoints par Chris, la fiancée de Lane…

Les Mystères d’Angkor (1960) avec Micheline Presle, La Piste des éléphants (1954) avec Elizabeth Taylor, Salome (1953) avec Rita Hayworth, La Main qui venge (1950) avec Charlton Heston, Vulcano (1950) avec Anna Magnani, Le Portrait de Jennie (1948) avec Jennifer Jones, The Devil and Daniel Webster (1941) avec Walter Huston, Quasimodo (1939) avec Charles Laughton, tous ces films ont pour dénominateur commun le réalisateur Wilhelm Dieterle, alias William Dieterle (1893-1972). Le metteur en scène, comédien, producteur et scénariste allemand naturalisé américain (il rejoindra Hollywood suite à la montée du nazisme) aura signé près de 90 longs-métrages et téléfilms de 1923 à 1966, une carrière éclectique et prolifique. Toutefois, s’il y a un genre auquel on ne l’associe pas, c’est le western, même s’il avait été appelé pour remplacer King Vidor, qui avait quitté le plateau du film Duel au soleil (1946), suite à une mésentente avec David O. Selznick. S’il n’est pas crédité au générique, William Dieterle finira bel et bien le long-métrage, avec également la participation de son confrère Josef von Sternberg. Cinq ans plus tard, le cinéaste revient au western, en reprenant une fois de plus un projet débuté par un autre, en l’occurrence John Farrow (Les Yeux de la nuit, Un pacte avec le diable, Californie, terre promise), tout en évinçant le comédien Wendell Corey, au profit de John Ireland. Mais la star de ce film intitulé Montagne rouge Red Mountain est Alan Ladd, alors au top de sa popularité et ce depuis une dizaine d’années, après le triomphe de Tueur à gages This Gun for Hire de Frank Tuttle où il donnait la réplique à Veronica Lake. Dans Montagne rouge, il partage l’affiche avec l’une des plus grandes comédiennes des années 1950, la remarquable Lizabeth Scott, qui retrouvait William Dieterle pour la troisième fois de sa carrière après La Rue de traversePaid in Full et La Main qui venge Dark City. Comme un huis clos à ciel ouvert, Red Mountain concentre essentiellement son action dans un décor quasi-unique, excellemment exploité par le réalisateur, qui traite beaucoup de sujets, trop peut-être, un triangle amoureux, un meurtre non élucidé, et surtout le portrait de William Clarke Quantrill (1837-1865), hors-la-loi et ancien chef de l’unité de combat de la guerre de Sécession, soldat fanatique et maître de la guérilla, jugé responsable des plus importantes tueries visant des civils, notamment dans l’épisode tristement célèbre du massacre de Lawrence, au Kansas. Il y a beaucoup d’éléments dans Montagne rouge, western très divertissant, qui se disperse mais qui repose avant tout sur le charisme et le talent de ses sublimes interprètes.

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Test Blu-ray / La Caravane de feu, réalisé par Burt Kennedy

LA CARAVANE DE FEU (The War Wagon) réalisé par Burt Kennedy, disponible en DVD et Édition Collection Silver Blu-ray + DVD depuis le 15 avril 2021 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : John Wayne, Kirk Douglas, Howard Keel, Robert Walker Jr., Keenan Wynn, Bruce Cabot, Joanna Barnes, Valora Noland, Bruce Dern…

Scénario : Clair Huffaker, d’après son roman Badman

Photographie : William H. Clothier

Musique : Dimitri Tiomkin

Durée : 1h40

Date de sortie initiale: 1967

LE FILM

Dépossédé de ses terres et de l’or qu’elles contiennent par Franck Pierce et sa bande, Taw Jackson entend bien se venger à sa sortie de prison. Quoi de mieux dans ce cas que d’attaquer la diligence blindée dans laquelle son ennemi juré transporte tous les mois le précieux minerai vers El Paso ? Une entreprise plus que risquée car une trentaine d’hommes convoient le fourgon qui plus est équipé d’une puissante mitrailleuse…

Burt Kennedy (1922-2001) commence sa carrière en tant que scénariste à la fin des années 1950. Très vite, il passe à la réalisation, aussi bien pour la télévision que pour le cinéma. Il se spécialise dans les westerns et met en scène A l’Ouest du MontanaMail Order Bride, Le Mors aux dentsThe Rounders, Le Retour des septReturn of the Magnificent Seven ou encore Frontière en flammesWecome to Hard Time. En 1967, il réalise La Caravane de feuThe War Wagon avec John Wayne et Kirk Douglas en têtes d’affiche.

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Test Blu-ray / Une Bible et un fusil, réalisé par Stuart Millar

UNE BIBLE ET UN FUSIL (Rooster Cogburn) réalisé par Stuart Millar, disponible en Édition Collector Silver Blu-ray + DVD le 15 avril 2021 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : John Wayne, Katharine Hepburn, Anthony Zerbe, Richard Jordan, John McIntire, Richard Romancito, Jack Colvin, Paul Kolso…

Scénario : Martin Julien, d’après le personnage du roman True Grit de Charles Portis

Photographie : Harry Stradling Jr.

Musique : Laurence Rosenthal

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Démis de ses fonctions pour avoir fait un usage excessif de la force, le marshal Rooster Cogburn reprend son insigne pour retrouver les pillards en possession d’une mitrailleuse et d’un chargement de nitroglycérine. Des bandits également coupables du massacre de soldats et du meurtre d’un pasteur. Si Cogburn recueille la fille de celui-ci, une missionnaire d’un certain âge, ainsi qu’un jeune indien, il n’en doit pas moins poursuivre sa traque en territoire hostile…

Stuart Millar (1929-2006) commence sa carrière dans le cinéma en tant que producteur à la fin des années 1950. Il produit des films réalisés par John Frankenheimer, Sidney Lumet ou encore Arthur Penn. En 1972, il met en scène son premier long-métrage, When the Legens Die, l’histoire d’un jeune indien orphelin qui vit sauvagement dans la nature et qui, en grandissant, devient un brillant cavalier. Avant de terminer sa carrière à la télévision, il réalise un deuxième et dernier long-métrage pour le cinéma en 1975, Une bible et un fusil – Rooster Cogburn, un western dans lequel John Wayne, dans son avant-dernier film, reprend le rôle de Rooster Cogburn qui lui avait valu son unique Oscar du Meilleur Acteur dans 100 dollars pour un shérif (True Grit en version originale) réalisé par Henry Hathaway en 1969.

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Test Blu-ray / Bianco Apache, réalisé par Bruno Mattei & Claudio Fragasso

BIANCO APACHE réalisé par Bruno Mattei & Claudio Fragasso, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Sebastian Harrison, Lola Forner, Alberto Farnese, Charly Bravo, Cinzia de Ponti, Charles Borromel, José Canalejas, Luciano Pigozzi…

Scénario : José Maria Cunillés, Franco Prosperi, Isabel Mula

Photographie : Luigi Ciccarese

Musique : Luigi Ceccarelli

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1987

LE FILM

L’Ouest américain, durant la seconde moitié du XIXème siècle – Un convoi de pèlerins est attaqué par une bande de pillards. Ces derniers massacrent tout le monde à l’exception d’une femme, sauvée in extremis par des Apaches. Enceinte, elle est ramenée jusqu’à leur camp, où elle meurt en couches. L’enfant survit. Baptisé Shining Sky, il est élevé par White Bear, le chef de la tribu.  » L’Apache blanc  » grandit avec Black Wolf, le fils du chef, et devient son meilleur ami. Jusqu’au jour où, tous deux amoureux de la même femme, Rising Sun, Shining Sky tue accidentellement Black Wolf. Il est alors condamné à l’exil.

Tourné avant ou en même temps (on ne sait plus) que Scalps, Bianco Apache, ou Apache Kid pour certains, White Apache pour d’autres, est également un western pro-indien signé Bruno Mattei et Claudio Fragasso en 1987. Mais soyons honnêtes d’emblée, ce film n’atteint pas du tout la réussite de Scalps, même s’il possède quelques atouts. Bianco Apache est interprété par un pseudo-comédien sans saveur ni charisme, Sebastian Harrison, fils du comédien expert ès séries B, Richard Harrison qui, comme c’est étonnant, est aussi le scénariste de Scalps. Pendant près de 45 ans, ce dernier aura écumé tout le cinéma d’exploitation transalpin dans plus de 130 longs-métrages, comptant des péplums, des films d’aventures, des westerns, des poliziotteschi, un peu d’érotisme, beaucoup de ninjas. Les années 1980 voient la naissance des ersatz de Rambo. Richard Harrison y trouve l’un de ses rôles les plus célèbres, celui de Philliiiiiip (« je sais où tu t’caches ! ») dans Hitman le cobra de Godfrey Ho. Après deux thrillers bourrins dont il signe les scénarios, Eliminator de Teddy Page, mais aussi et surtout Chasse à l’homme qu’il réalise lui-même, Richard Harrison pense au passage de flambeau et écrit Scalps pour Bruno Mattei et Claudio Fragasso. On ne sait pas vraiment s’il s’agit d’un échange de « bons procédés », toujours est-il que le rôle principal de Bianco Apache, tourné quasiment avec la même équipe que Scalps et dans les mêmes décors naturels dans la province d’Almeria, est tenu par son rejeton Sebastian Harrison. Un grand dadais d’1m90 qui ressemble plus à un chippendale qu’à un comédien, qui ne parvient jamais à rendre son personnage crédible ou attachant. Là où Scalps s’avérait un western pur et dur, Bianco Apache tourne malheureusement à la comédie involontaire en raison du jeu extrêmement mauvais de sa tête d’affiche blonde peroxydée. Avec ses deux expressions, celle où il a les yeux ouverts et celle où il les ferme, Sebastian Harrison traverse le film comme un somnambule et nous fait bien marrer quand même. Sa partenaire Lola Forner, ancienne Miss Espagne et Miss Monde 1979 (vue aux côtés de Jackie Chan dans Le Marin des Mers de Chine et dans Mister Dynamite) donne certes le meilleur d’elle-même, mais ne peut rivaliser avec la présence de Mapi Galán dans Scalps dans lequel elle apparaissait également. Reste alors le talent certain de Bruno Mattei et de Claudio Fragasso derrière la caméra, qui font de leur mieux pour tenir leur film, ce qu’ils parviennent finalement à faire, car Bianco Apache, reste un western divertissant marqué cette fois encore par différentes scènes de fusillades particulièrement bien filmées (le massacre des Mormons en début de programme), photographiées et soutenues par un montage efficace. Alors, oublions son « comédien » insipide et profitons du mieux possible de Bianco Apache.

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Test Blu-ray / Scalps, réalisé par Bruno Mattei & Claudio Fragasso

SCALPS réalisé par Bruno Mattei & Claudio Fragasso, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Vassili Karis, Mapi Galán, Charly Bravo, Beni Cardoso, Alberto Farnese, Lola Forner, Emilio Linder, José Canalejas…

Scénario : Italo Gasperini, Richard Harrison, Bruno Mattei, Roberto Di Girolamo & José Maria Cunillés

Photographie : Julio Burgos & Luigi Ciccarese

Musique : Luigi Ceccarelli

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 1987

LE FILM

A la fin de la guerre de Sécession, la fille d’un chef indien, Yari, est enlevée par une troupe de soldats sudistes menée par le commandant d’un fort texan qui refuse de se rendre aux Nordistes. La jeune femme, dont la tribu a été massacrée, parvient à s’échapper et vient se réfugier dans la maison de Matt, un vétéran devenu fermier, qui accepte de la protéger.

Qui aurait pu penser que le western italien donnerait quelques signes de vie à la fin des années 1980 ? Il n’y avait probablement que Bruno Mattei et son comparse Claudio Fragasso pour tenter un revival du genre abandonné plus de quinze ans auparavant, avant de donner naissance à moult parodies du genre On l’appelle Trinita – Lo chiamavano Trinità… (1970) d’Enzo Barboni et l’extraordinaire chant du cygne représenté par Mon nom est Personne – Il mio nome è Nessuno (1973) de Tonino Valerii. Après les ersatz de Rambo intitulés Strike Commando (1986) et Double target – Cibles à abattre (1987), Vincent Dawn alias Bruno Mattei enchaîne avec deux westerns tournés simultanément avec son complice Claudio Fragasso, qui de son côté n’était pas resté sans rien faire puisqu’il venait d’emballer Monster Dog – Leviatán, ou quand une rock star tombait nez à nez avec une meute de chiens sauvages. Scalps est une merveilleuse surprise. D’une part parce qu’il s’agit d’un véritable et sérieux western pro-indien, d’autre part le film est très bien mis en scène et interprété. Marqué par une violence frontale assez impressionnante, Scalps démontre une fois de plus que lorsqu’il se donnait la peine, Bruno Mattei pouvait accomplir de très bonnes choses, à la fois au scénario, coécrit avec Roberto Di Girolamo (futur producteur du Dracula de Dario Argento et du Crime farpait d’Álex de la Iglesia), d’après une histoire de Richard Harrison (comédien vu dans une ribambelle de péplums et dans le rôle légendaire de Philliiiiiip de Hitman le cobra), comme à la réalisation. D’une rigueur inattendue et soutenu par une très belle photographie, ainsi que des décors soignés, Scalps est un vrai et bon western antiraciste et féministe, à découvrir absolument.

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Test Blu-ray / Je suis un aventurier, réalisé par Anthony Mann

JE SUIS UN AVENTURIER (The Far Country) réalisé par Anthony Mann, disponible en Édition Collection Silver Blu-ray + DVD + Livre le 12 février 2021 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : James Stewart, Ruth Roman, Corinne Calvet, Walter Brennan, John McIntire, Jay C. Flippen, Harry Morgan, Steve Brodie…

Scénario : Borden Chase

Photographie : William H. Daniels

Musique : Henry Mancini, Hans J. Salter, Frank Skinner, Herman Stein…

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

1896. Inculpé de meurtre, Jeff Webster quitte Seattle mais en arrivant à Skagway, il est accusé par le juge Gannon d’avoir troublé l’ordre public en menant ses troupeaux à travers la ville. Ceux-ci ayant été confisqués, Jeff part pour Dawson avec Ronda Castle qui l’a engagé comme chef d’équipe. Il reprend bientôt possession de son troupeau, poursuivi par Gannon…

Je suis un aventurier – The Far Country (1954) est le quatrième des cinq westerns qu’Anthony Mann tourna avec James Stewart après Winchester 73 – Winchester ’73 (1950), Les Affameurs – Bend of the River (1952), L’Appât – The Naked Spur (1953) et avant L’Homme de la plaine – The Man from Laramie (1955). Entre deux westerns, les deux fidèles collaborateurs auront même le temps d’emballer en 1953 un film d’aventure, Le Port des passions – Thunder Bay et un biopic sur le musicien Glenn Miller intitulé Romance inachevée – The Glenn Miller Story. S’il n’atteint pas la virtuosité des Affameurs et de L’Homme de la plaine, Je suis un aventurier reste tout de même un monument du western, d’une part en raison de son incommensurable beauté plastique, d’autre part pour le personnage foncièrement trouble, individualiste, taciturne, cynique, complexe et ambigu, presque antipathique, incarné par le monstre hollywoodien, auquel il est difficile de s’attacher dans un premier temps, puis qui se révèle par strates, tout en conservant une grande part de mystère. Si l’on ajoute à cela l’excellence des seconds rôles, avec Walter Brennan en tête dans un rôle qui annonce celui qu’il tiendra dans Rio Bravo de Howard Hawks cinq ans plus tard, Je suis un aventurier, peu ou mal considéré quand on évoque l’association Stewart-Mann, se place indiscutablement dans le lot des meilleurs westerns des années 1950.

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Test Blu-ray / La Peine du talion, réalisé par Henry Levin

LA PEINE DU TALION (The Man from Colorado) réalisé par Henry Levin, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 12 février 2021 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Glenn Ford, William Holden, Ellen Drew, Ray Collins, Edgar Buchanan, Jerome Courtland, James Millican, Jim Bannon…

Scénario : Robert D. Andrews & Ben Maddow, d’après une histoire originale de Borden Chase

Photographie : William E. Snyder

Musique : George Duning

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1948

LE FILM

De retour à la vie civile, Owen Devereaux, colonel de l’armée nordiste devient juge. Particulièrement sévère, le magistrat se met à dos les administrés de la petite ville où il officie. Son ancien adjoint Del Stewart, devenu shérif, rejoint bientôt les contestataires. Sa propre femme le quitte pour Del. Ivre de fureur, il se lance à leur poursuite.

Henry Levin (1909-1980) n’est pas un réalisateur qui a marqué l’histoire du cinéma, mais assurément l’esprit des spectateurs avec son chef d’oeuvre, Voyage au centre de la terreJourney to the Center of the Earth (1959), sublime adaptation du roman éponyme de Jules Verne, avec James Mason et Arlene Dahl. Ancien dialoguiste de renom pour le compte de la Columbia, le studio l’embauche comme metteur en scène. Eclectique et prolifique, passant du western au film noir ou aux récits d’aventures, Henry Levin démontrera son savoir-faire technique dans tous les genres, à défaut d’avoir su imposer une vision, un point de vue ou une âme. On peut citer en vrac trois comédies Un mari en laisse (1962) avec Sandra Dee, Come Fly with Me (1963) avec Karlheinz Böhm et Honeymoon Hotel (1964) avec Robert Goulet (sans sa moustache), la co-production américano-anglo-germano-yougoslave d’aventure Genghis Khan (1965) avec Omar Sharif (avec et sans moustache) et Françoise Dorléac, ou deux opus de la franchise Matt Helm avec Dean Martin (Bien joué Matt HelmMurderers’ Row et Matt Helm traqué The Ambushers, 1966-1967). Mais c’est dans le western qu’Henry Levin s’illustrera aussi avec Natchez The Gambler from Natchez (1954), La Haine des desperadosThe Desperados (1969) et bien avant cela avec La Peine du talion The Man from Colorado (1948). Si cette fois encore ce dernier ne brille pas par sa mise en scène, ce western vaut tout de même le coup d’oeil pour l’affrontement de ses deux têtes d’affiche, Glenn Ford (1916-2006) et William Holden (1918-1981), surtout pour le premier qui incarne un personnage froid comme la glace, impitoyable et sadique. William Holden n’a sans doute rien à lui envier certes, mais son rôle demeure classique dans le genre et il se laisse souvent voler la vedette par son partenaire, qui s’impose avec son visage fermé et son regard fiévreux. Par ailleurs, les deux comédiens s’étaient déjà donné la réplique sept ans auparavant dans Texas de George Marshall. Si le rythme est quelque peu poussif et que la première partie est plus réussie que la seconde, La Peine du talion reste un western qui a plus d’un atout dans sa manche pour attirer le spectateur friand du genre.

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Test Blu-ray / Les Charognards, réalisé par Don Medford

LES CHAROGNARDS (The Hunting Party) réalisé par Don Medford, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 12 février 2021 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Oliver Reed, Gene Hackman, Candice Bergen, Simon Oakland, Mitchell Ryan, Ronald Howard, L.Q. Jones, William Watson…

Scénario : William W. Norton, Gilbert Alexander & Lou Morheim

Photographie : Cecilio Paniagua

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Redoutés dans toute la région, Frank Calder et sa bande de hors-la-loi font irruption dans le comté de Ruger, Texas. Son but : enlever une institutrice qui lui apprendrait à lire et écrire. Il ignore encore que son otage, la belle Melissa, est l’épouse de Brandt Ruger, le maître de la région qui ne connaît qu’une réponse : la loi du plus fort. Et, à la tête d’une petite armée, il se lance sur les traces de Calder et de ses hommes, déterminés à leur faire définitivement mordre la poussière…

En 1971, l’âge d’or du western américain est bel et bien révolu. Le Nouvel Hollywood est en plein essor et surtout le genre tel que nous l’avons connu a depuis été trituré, digéré, parodié même en Italie depuis l’avènement et le triomphe d’On l’appelle Trinita Lo chiamavano Trinità… d’Enzo Barboni en 1970. Les CharognardsThe Hunting Party, réalisé par Don Medford, arrive un peu par surprise en 1971 et s’avère non seulement un western très réussi, mais aussi sérieux, frontal, marqué par la violence emblématique de l’époque et tout droit héritée – entre autres – par les œuvres de Sam Peckinpah, en particulier La Horde Sauvage The Wild Bunch (1969), qui reste à n’en point douter LA référence du genre. Une fois n’est pas coutume, le titre français, Les Charognards donc, est très bien choisi et caractérise bien les personnages du film, même si l’intrigue révélera très vite que les rapaces ne sont pas ceux qu’on attendait. The Hunting Party est évidemment plus explicite, puisque le film oppose deux camps, l’un étant pris en chasse par l’autre, autrement dit Oliver Reed et sa bande poursuivis par Gene Hackman et les siens. Au centre, l’objet de cette traque, une femme, interprétée par la superbe Candice Bergen. Et c’est parti pour une poursuite de près de deux heures, marquée par quelques explosions impressionnantes de rage et d’animalité, parcourue par une réelle réflexion sur le caractère primitif de l’être humain, de l’homme plutôt, teintée d’humour (la célèbre séquence des pêches ingurgitées) et même d’émotions complètement inattendues. Un western à ne surtout pas manquer.

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Test Blu-ray / Les 4 Fils de Katie Elder, réalisé par Henry Hathaway

LES 4 FILS DE KATIE ELDER (The Sons of Katie Elder) réalisé par Henry Hathaway, disponible en Blu-ray le 6 janvier 2021 chez Paramount Pictures.

Acteurs : John Wayne, Dean Martin, Michael Anderson Jr., Earl Holliman, George Kennedy, Dennis Hopper, Martha Hyer, Jeremy Slate…

Scénario : William H. Wright, Allan Weiss & Harry Essex

Photographie : Lucien Ballard

Musique : Elmer Bernstein

Durée : 2h02

Année de sortie : 1965

LE FILM

Les quatre fils de Katie Elder sont réunis à Clearwater, Texas, pour l’enterrement de leur mère. Ils découvrent que celle-ci était dans la misère. Leur père avait perdu son ranch au jeu, un jeu truqué, avant d’être assassiné par Morgan Hastings. Les frères mènent alors l’enquête…

Quand on évoque Henry Leopold de Fiennes alias Henry Hathaway (1898-1985), on pense immédiatement au Carrefour de la mortKiss of Death (1947), L’Attaque de la malle-posteRawhide (1951), Niagara (1953), Prince Vaillant Prince Valiant (1954), Le Plus Grand Cirque du mondeCircus World (1964), Nevada Smith (1966) et bien évidemment à Cent dollars pour un shérif True Grit (1969) qui aura valu à John Wayne son unique Oscar du meilleur acteur et qui connaîtra un remake éponyme réalisé en 2010 par les frères Coen. Étrangement et malgré son triomphe en 1965, Les Quatre Fils de Katie Elder The Sons of Katie Elder est souvent oublié aujourd’hui dans la longue (42 ans) et prolifique (près de 70 longs-métrages) carrière du cinéaste. C’est un film qui donne envie d’écrire une lettre d’amour au cinéma. Celui que l’on regarde avec des yeux émerveillés, qui accroche un sourire aux lèvres des spectateurs pendant deux heures, même durant les moments émouvants, car ce qui est beau rend heureux. Les Quatre Fils de Katie Elder est un film fantastique, où chaque plan est sublime, où les comédiens – John Wayne en tête – sont extraordinaires, où chaque réplique fait mouche, où l’émotion, la mélancolie et l’humour arrivent toujours là où on s’y attend le moins, qui offre une évasion doublée d’un voyage dans le temps, tout en conservant une folle modernité près de soixante ans après sa sortie. C’est un film dont on voudrait parler partout et conseiller à n’importe qui. C’est ça le vrai cinéma.

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