Test 4K-UHD / Sang froid, réalisé par Hans Petter Moland

SANG FROID (Cold Pursuit) réalisé par Hans Petter Moland, disponible le 27 juin 2019 en DVD, Blu-ray et 4K-UHD chez Studiocanal

Acteurs : Liam Neeson, Tom Bateman, Tom Jackson, Emmy Rossum, Laura Dern, John Doman, Domenick Lombardozzi, Julia Jones…

Scénario : Frank Baldwin d’après une histoire originale de Kim Fupz Aakeson et le film Refroidis de Hans Petter Moland

Photographie : Philip Øgaard

Musique : George Fenton

Durée : 1h59

Année de sortie : 2019

Continuer la lecture de « Test 4K-UHD / Sang froid, réalisé par Hans Petter Moland »

Test 4K Ultra HD / Creed : L’Héritage de Rocky Balboa, réalisé Ryan Coogler

CREED : L’HÉRITAGE DE ROCKY BALBOA (Creed) réalisé par Ryan Coogler disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra-HD le 18 mai 2016 chez Warner Bros.

Acteurs : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, Phylicia Rashad, Andre Ward, Tony Bellew…

Scénario : Ryan Coogler, Aaron Covington

Photographie : Maryse Alberti

Musique : Ludwig Göransson

Durée : 2h12

Date de sortie initiale : 2015

LE FILM

Adonis Johnson, fils du célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance, a la boxe dans le sang. Voulant à son tour devenir un champion, Adonis se rend à Philadelphie et convainc l’ancien rival de son père, Rocky Balboa, de l’entraîner – alors qu’il a lui aussi un combat à mener en dehors du ring, Adonis a enfin sa chance, il ne lui reste plus qu’à développer son instinct de combattant dans le nouveau chapitre de la saga Rocky, dirigé par le réalisateur acclamé par la critique Ryan Coogler.

C’est un pari fou que le cinéaste Ryan Coogler (tout fraîchement sorti de Fruitvale Station) s’est lancé : faire une suite de Rocky Balboa en se concentrant sur le fils illégitime d’Apollo Creed. Afin de faire son film, il est allé chercher bien évidemment la bénédiction du patron, Sylvester Stallone lui-même. Sly avait pourtant déclaré que Rocky Balboa était son dernier film dans la peau du boxeur. Il est tombé amoureux du scénario, a décidé de le produire lui-même et de reprendre le rôle de notre boxeur préféré.

Ayant eu un beau succès en France (1,6 millions d’entrées), Creed : L’Héritage De Rocky Balboa, peut se vanter d’avoir conservé tous les éléments primordiaux de la saga Rocky, en ajoutant lui-même ses propres ingrédients, à commencer par une inscription du film dans une certaine  »Blaxploitation » (comme il l’a fait tout récemment sur Black Panther). En effet, le film cite implicitement le film original et reprend quasiment les mêmes recettes : l’outsider entraîné par un vétéran de la boxe (dans l’original, c’était Rocky entraîné par Mickey), son combat contre le champion du monde, la séduction de la fille d’à-côté, la séquence d’entraînement, etc.

Cependant, le film est loin d’être une pâle copie de Rocky, bien au contraire. Creed : L’Héritage De Rocky Balboa est dynamisé par une mise en scène extrêmement inventive : il n’y a qu’à voir le combat en plan-séquence dirigé par Maryse Alberti pour le constater. La direction d’image se mêlant à la créativité de Coogler ainsi qu’au montage sonore donne une technique parfaite au film qui s’impose directement comme un leader dans le  »film de boxe ».

Le fait que Stallone ne soit pas scénariste du film permet à Ryan Coogler d’adopter toute une saga en 2h15. Et si Sly a tout de même été consultant, il n’a en aucun cas écrit les dialogues de Rocky, et parfois, cela se ressent. Reste que Rocky est le meilleur personnage du film et que Coogler est assez malin pour utiliser le personnage du mieux qu’il le peut.

Le casting est extra : Michael B. Jordan est parfait en Adonis Creed, fils illégitime d’Apollo (ce qui constituera la grosse intrigue en premier lieu, à savoir de porter ou pas le nom de son père), Sylvester Stallone reste impérial dans le rôle de Rocky et Tessa Thompson est sublime dans le rôle de Bianca, une Adrian des temps modernes, qui ne sert pas de personnage féminin bouche-trou, mais qui est réellement là pour aider Adonis dans ses démarches. Par ailleurs, elle possède son intrigue personnelle, ce qui est finalement rare et donc important de nos jours à Hollywood.

Plusieurs hommages à la saga sont faits, notamment les enfants des personnages que nous avons connus ont récupéré certains lieux bien connus, comme le fils de Duke, par exemple. Ce que l’on peut juste regretter, c’est de ne pas entendre parler de la petite Marie qui était l’un des personnages principaux de Rocky Balboa, d’avoir tué Paulie, et de ne pas avoir plus de nouvelles de Robert, le fils de Rocky. L’autre légère déception vient du fait de trop peu entendre les thèmes musicaux de Rocky. Heureusement, Ludwig Göransson compose de nouveaux thèmes en totale adéquation avec le film et qui restent en tête après la vision du long-métrage.

Personne n’y croyait, et pourtant, Ryan Coogler l’a fait. On redoutait ce Creed : L’Héritage De Rocky Balboa après la sublime sortie de ring de Rocky Balboa. Finalement, on l’apprécie énormément et on le range à côté des meilleurs opus de la saga (Rocky et Rocky Balboa). Si le film est un immense coup de cœur, c’est aussi parce qu’il est magnifié par un passage de flambeau magistralement écrit, réalisé et interprété, à l’image du dernier plan où l’on voit les deux héros sur les marches de Philadelphie, magnifique.

LE 4K UHD

Creed : L’Héritage De Rocky Balboa est disponible chez Warner Bros. Le menu principal est fixe et musical. Le boîtier est un boîtier standard classique propre aux Blu-ray Ultra HD 4K et renferme le Blu-ray 4K ainsi que le Blu-ray. Les bonus sont tous sous-titrés en Français.

Aucun bonus sur le Blu-ray 4K. Les bonus se trouvent sur le Blu-ray.


Accepter Son Passé Pour Avancer (HD, 15 minutes) sert de mini-making of et donne la parole entre autres à Sylvester Stallone, Ryan Coogler, Michael B. Jordan qui discutent de la naissance et de l’élaboration du film, mais aussi de leur attachement pour Rocky et de la transition avec Adonis.

Devenir Adonis (HD, 6 minutes) montre l’implication de Michael B. Jordan pour le rôle et de sa transformation physique, ainsi que de son approche pour devenir un boxeur professionnel.

Scènes Coupées (HD, 20 minutes). Onze scènes coupées viennent conclure l’interactivité. Ces séquences sont pour la plupart géniales et leur retrait vient sûrement de la gestion du rythme. Pour quelques-unes d’entre elles, elles jouent avec la nostalgie. En tous les cas, il faut les voir après avoir vu le film, tant elles s’avèrent être un réel bonus.

L’Image et le son

Creed : L’Héritage de Rocky Balboa est sorti en 4K UHD en même temps qu’en Blu-ray et en DVD. Si les couleurs sont beaucoup plus éblouissantes grâce au HDR, la définition n’est pas supérieure au Blu-ray. En même temps, le film provient d’un intermédiaire numérique 2K (et donc upscalé en 4K pour ce disque), il n’y a donc pas de gros apport sur cette présentation en 4K UHD. Le HDR fait également honneur aux contrastes et aux détails, plus denses que sur le Blu-ray. Les différences sont trop subtiles pour le reste.

Attention aux puristes du son, la VF n’est qu’en Dolby Digital 5.1 et cela fait un peu mal en comparaison avec la piste Anglaise en DTS-HD Master Audio 7.1. Le doublage est d’assez bonne qualité. Attention, il y a aussi une piste Française doublée au Québec. Il suffit d’écouter les scènes où Tessa Thompson chante ou bien de voir les séquences de combat pour se rendre compte à quel point la piste anglaise est puissante et fait jouer toutes les enceintes, jusqu’au bruit de la foule. Dommage de ne pas bénéficier d’une piste en Dolby Atmos. Mais nous chipotons.

Crédits images : © Warner Bros., MGM, New Line Cinema /  Captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr

Test 4K Ultra-HD / En eaux troubles, réalisé par Jon Turtletaub


EN EAUX TROUBLES (The Meg) réalisé par Jon Turtletaub, disponible en DVD, Blu-ray et Ultimate Edition – 4K Ultra HD + Blu-ray 3D + Blu-ray chez Warner Bros. le 22 décembre 2018

Acteurs : Jason Statham, Li Bingbing, Rainn Wilson, Cliff Curtis, Winston Chao, Ruby Rose, Page Kennedy, Robert Taylor, Ólafur Darri Ólafsson…

Scénario : Dean Georgaris, Jon Hoeber, Erich Hoeber d’après le roman « The Meg » de Steve Alten

Photographie : Tom Stern

Musique : Harry Gregson-Williams

Durée : 1h54

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Au cœur de l’océan Pacifique, le sous-marin d’une équipe de chercheurs a été attaqué par une créature gigantesque qu’on croyait disparue : le Megalodon, un requin préhistorique de 23 mètres de long.
Le sauveteur-plongeur Jonas Taylor doit risquer sa vie pour sauver les hommes et les femmes prisonniers de l’embarcation… et affronter le prédateur le plus terrible de tous les temps. 

Vous vous souvenez des Dents de la mer ? Ce petit film de Steven Spielberg qui a juste révolutionné le cinéma de divertissement en 1975, au point de devenir le « premier » blockbuster, ça vous rappelle quelque chose ? Alors vous pouvez dormir tranquille, car ce n’est pas En eaux troublesThe Meg, réalisé par le « yes man » Jon Turtletaub qui détrônera le chef d’oeuvre de Steven Spielberg. Même si on s’y attendait, cette série B au budget colossal de 130 millions de dollars n’arrive pas à la cheville de Jaws. S’il y avait tout sur le papier pour nous réjouir, c’était sans compter sur la décision de la production de couper purement et simplement les séquences jugées trop « sanglantes ». Entre fausses promesses d’offrir aux spectateurs un film de genre aux séquences violentes et une sortie au cinéma finalement pour tout public, En eaux troubles a engrangé plus d’un demi-milliard de dollars et attiré 1,6 million de français dans les salles. Mais, malgré toute l’affection que l’on peut avoir pour Jason Statham, rien ou presque ne fonctionne dans ce produit sans âme et qui peine à remplir son cahier des charges de l’ « entertainment ».

Jonas Taylor est un ancien capitaine de la Marine et un plongeur spécialisé dans les eaux profondes. Il est recruté pour plonger dans l’océan Pacifique, pour sauver une équipe de scientifiques coincée dans l’épave d’un submersible attaqué et endommagé par un requin préhistorique de vingt mètres de long, connu sous le nom de Mégalodon. Engagé par un océanographe chinois, Taylor devra surmonter ses peurs et affronter une deuxième fois le prédateur qu’il a auparavant rencontré lors d’une expédition pour sauver des hommes et des femmes piégés dans les profondeurs de l’océan.

Franchement, ça aurait eu de la gueule, surtout avec Eli Roth – initialement prévu – à la barre qui souhaitait un film Rated R. Le britannique qui se retrouve face au plus grand requin du monde, un animal préhistorique en fait, avec des bouillons de sang autour des deux adversaires…mais cela restera de l’ordre du fantasme. En eaux troubles, aka The Meg ou bien encore Mégalodon chez nos amis québécois, ne parvient jamais à aller au-delà de son affriolant postulat de départ. Production sino-américaine oblige, l’action se déroule en plein océan Pacifique avec quelques comédiens chinois. Pour mettre en scène, en mouvement plutôt, ce récit, la Warner a confié le joujou à Jon Turtletaub, rescapé des années 1990 grâce aux succès de Rasta Rockett (1993) et Phénomène (1996) avec John Travolta, puis plus tard des deux Benjamin Gates (2004 et 2008) où Nicolas Cage se mettait à la recherche du Trésor des Templiers et du Livre des secrets. Après un passage à vide et deux pitreries oubliées dès leur passage dans les salles (L’Apprenti sorcier et Last Vegas), ce « maker » prend les commandes de cette attraction destinée à remplir le tiroir-caisse de la Warner durant l’été 2018. Le studio change alors son fusil d’épaule et coupe les scènes de carnage promises au public et sur lesquelles s’est vendu le film suite à l’achat des droits du roman de Steve Alten, Meg : A Novel of Deep Terror, publié en 1997. Le résultat à l’écran est navrant.

Non seulement Jon Turtletaub ne crée aucune tension à l’écran, mais il n’insuffle aucun rythme non plus. Les images glacées et bleutées sont compilées sans aucune gestion de la dramaturgie, chaque séquence agitée est expédiée à travers un montage chaotique. Tout cela, sans oublier la direction d’acteurs en tout point inexistante. Si Jason Statham n’est certes pas le comédien le plus expressif de la planète, sa prestation s’inscrit dans le top de ses pires performances. Ruby Rose continue sa collection de navets-nanars (on sauvera John Wick 2 hein) en affichant la même moue et ses tatouages. On préférera revoir Instinct de survie – The Shallows pour mater Blake Lively, ou même Peur bleue de Renny Harlin, sorti en 1999 au moment où Disney planchait justement sur l’adaptation du livre de Steve Alten. Au moins, on y rigolait bien et on ne ronflait pas comme devant ce truc bien trop sérieux et qui coûte presque trois plus cher.

LE BLU-RAY

En eaux troubles, disponible chez Warner Bros., est arrivé dan une édition Steelbook comprenant l’édition 4K du film, le Blu-ray standard et sa version 3D. Les suppléments sont disposés sur la version Blu-ray. Le menu principal est fixe et musical.

Hum…Pas grand-chose à se mettre sous la dent…Il faudra se contenter de deux featurettes promotionnelles, la première faisant office de making of officiel (12’), la seconde étant centrée sur la création du Meg (10’30). Les comédiens, quelques responsables des départements techniques et surtout le réalisateur Jon Turtletaub reviennent sur les conditions de tournage, la préparation à la plongée des comédiens et l’investissement de Jason Statham (grand absent de cette interactivité) dans ses scènes d’action.

L’interactivité se clôt sur une pub du genre « Viendez en Nouvelle-Zélande » avec l’équipe qui loue la beauté du pays et la facilité des prises de vue dans un cadre idyllique (2’).

Dommage de ne pas pouvoir bénéficier des scènes coupées…

L’Image et le son

Evidemment, c’est absolument fabuleux ! L’image UHD est tellement ahurissante que l’on parvient à distinguer les égratignures, les cicatrices, et la nageoire dorsale du Meg qui comporte des trous et des traces de morsure. Disque de démonstration, l’édition 4K d’En eaux troubles aveugle avec ses scènes diurnes luminescentes, la transparence de l’eau, ses bleus tétanisants, son piqué acéré comme la lame d’un scalpel et ses contrastes d’une densité abyssale (oh oh). Ajoutez à cela des détails à foison aux quatre coins du cadre large et des noirs sublimes, et vous obtenez ce qui s’avère probablement un des plus impressionnants master 4K actuellement sur le marché.

Sans surprise, dès l’apparition du logo Warner, le fracassant et immersif mixage Dolby Atmos-True HD anglais exploite les latérales dans leurs moindres recoins, et ce jusqu’à la fin du film. C’est peu dire que The Meg met à mal toute installation acoustique digne de ce nom. La musique de Harry Gregson-Williams (Seul sur Mars, The Town) bénéficie d’une spatialisation percutante et systématique, les effets en tout genre, déflagrations et ambiances annexes foisonnent sans jamais noyer les dialogues. A titre de comparaison, la piste française Dolby Digital 5.1 fait pâle figure face à son homologue du point de vue homogénéité car trop rentre-dedans et manque singulièrement de finesse. Les rares séquences calmes jouissent d’un beau traitement de faveur. N’oublions pas le caisson de basses qui ne tient pas en place sur le sol et fait vibrer les murs. Top démo là encore si vous désirez épater la galerie !

Crédits images : ©
2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC., GRAVITY PICTURES FILM PRODUCTION COMPANY, AND APELLES ENTERTAINMENT, INC. / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr