Test 4K UHD / Dr Who et les Daleks, réalisé par Gordon Flemyng

DR WHO ET LES DALEKS (Dr. Who and the Daleks) réalisé par Gordon Flemyng, disponible en 4K Ultra HD + Blu-ray – Édition boîtier SteelBook le 29 juin 2022 chez Studiocanal.

Acteurs : Peter Cushing, Roy Castle, Jennie Linden, Roberta Tovey, Barrie Ingham, Geoffrey Toone, Michael Coles, John Bown…

Scénario : Sydney Newman, Milton Subotsky & David Whitaker, d’après une histoire de Terry Nation

Photographie : John Wilcox

Musique : Malcolm Lockyer

Durée : 1h23

Date de sortie initiale : 1965

LE FILM

Le Docteur montre à ses petites filles, Susan et Barbara, sa toute dernière invention: le TARDIS, un vaisseau capable de voyager dans le Temps et dans l’Espace. Malencontreusement, Ian, le petit-ami de Barbara, active la machine… Le Docteur et ses compagnons se retrouvent alors sur la planète Skaro, en ruines suite à la guerre nucléaire opposant les Daleks au peuple des Thals.

C’est en territoire neutre que l’auteur de ces mots a découvert Dr Who et les DaleksDr. Who and the Daleks, n’ayant jamais vu un seul épisode de la mythique série britannique de science-fiction Doctor Who, diffusée depuis novembre 1963 sur BBC One et à ce jour la plus longue série SF de tous les temps. Quand le film de Gordon Flemyng sort sur les écrans deux ans plus tard, c’est un triomphe, un phénomène national, alors que les fans purs et durs de la version petit écran n’auront de cesse d’appeler au boycott, en raison des grandes libertés prises avec l’oeuvre originale, notamment sa représentation du personnage principal. Si l’on retrouve les ingrédients, à l’instar du TARDIS (Time And Relative Dimension In Space ou Temps et Dimensions Relatifs dans l’Espace), ce fameux “véhicule” qui prend la forme d’une cabine téléphonique de la police anglaise à bord duquel le Docteur voyage à travers l’espace et le temps, les “stars” qui partagent le haut de l’affiche s’avèrent les célèbres Daleks. Ces extraterrestres ou mutants on ne sait pas trop, se déplacent dans leurs armures colorées et lumineuses, s’expriment avec une voix robotisée et possèdent quelques armes comme ce lance-fumée qui pulvérise celui ou celle qui leur chercheraient des noises. On imagine mal le succès rencontré par les Daleks, dont la première apparition remonte déjà au sixième épisode de la première saison, intitulé The Dead Planet. Par ailleurs, Dr Who et les Daleks reprend peu ou prou le même scénario, nos héros se retrouvant par inadvertance sur la planète Skaro, en apparence morte, sur laquelle survivent deux races. La première est celle des Thals, d’apparence humaine et pacifique qui survit tant bien que mal dans la forêt. L’autre est celle des Daleks, ayant perdu toute humanité et réduits à une forme tentaculaire. Les Daleks vivent tous dans des armures coniques d’où ils tirent leurs pouvoirs et ne peuvent vivre que dans les villes où l’électricité statique les fait se déplacer. Les deux gros points forts de cette relecture cinématographique sont la couleur, la série étant évidemment en N&B, et la présence au casting du légendaire Peter Cushing dans le rôle-titre. Entre Le Train des épouvantes Dr Terror’s House of Horrors de Freddie Francis et L’Île de la terreur Island of Terror de Terence Fisher, le comédien s’octroyait une petite récréation bienvenue et livre une formidable prestation, tout en recréant et en s’appropriant le personnage interprété à la télévision par William Hartnell. C’est merveilleusement kitsch, ultra-divertissant, drôle, tendre, bourré d’imagination, immanquable donc.

Le savant prénommé Dr Who a créé à son domicile une machine extraordinaire. Avec ses petites-filles, Barbara (une jeune femme) et Susan (une petite fille d’à peine 10 ans) le Docteur montre son invention à Ian, le petit ami de Barbara, et lui dit qu’elle peut voyager à travers le temps et l’espace. Ian fait accidentellement fonctionner cette machine nommée TARDIS ce qui les emmène sur une mystérieuse planète, Skaro, où tout semble pétrifié. Le Docteur fait croire que la machine est cassée afin de pouvoir visiter la planète et une mystérieuse ville au loin. Ils se retrouvent alors dans une ville aux aspects labyrinthiques où les portes s’ouvrent et se referment sans arrêt. Là, ils y rencontrent des créatures métalliques ayant pour noms les Daleks. Ils capturent les quatre terriens qui commencent à souffrir des radiations que l’on trouve sur la surface de la planète. Le Docteur demande que Susan puisse aller chercher un remède contre la radiation à l’intérieur de son vaisseau, ce que les Daleks acceptent. En chemin, elle y rencontre Alydon, le leader des Thals, une race pacifiste avec qui les Daleks sont en guerre. Alydon lui donne un second remède contre les radiations. De retour dans la ville des Daleks, Susan soigne le reste du groupe. Apprenant qu’elle a sympathisé avec les Thals, Les Daleks demandent alors à Susan d’écrire une lettre au Thals en leur promettant un traité de paix et de la nourriture, afin de pouvoir les piéger. Dans leur geôle, le Docteur et sa famille arrivent à piéger un Dalek et à forcer Ian à rentrer l’intérieur d’une de ses armures afin de les aider à s’échapper. Hélas, le subterfuge ne dure pas longtemps et le petit groupe est forcé de fuir. En chemin, ils rencontrent les Thals, prêts à rentrer dans la ville et les préviennent à temps du danger qu’ils encourent.

Psychédélique dès le générique, Dr Who et les Daleks est un pur délire, un témoignage de son temps, parcouru par une insouciance revigorante, un humour léger, presque enfantin, ce qui a pu effectivement décontenancer celles et ceux qui suivaient les aventures du Docteur sur la BBC. Le Docteur (un scientifique humain, alors qu’il s’agit d’un alien dans la série), ses deux petites-filles Barbara (Jennie Linden, vue dans Meurtre par procuration de Freddie Francis) et Susan (adorable Roberta Tovey) et son futur gendre Roy (génial Roy Castle) se retrouvent donc entre les Daleks et les Thals (inspirés de La Machine à explorer le temps d’H.G. Wells), essayent d’éviter une guerre qui pourraient éliminer les deux camps, mais aussi leur planète, tout en cherchant le moyen de rentrer chez eux. Évidemment, rien ne se passe comme prévu et nous suivons nos héros s’aventurer chez les Thals ou tentant de s’extirper des geôles high-tech des Daleks, qui n’ont qu’un seul mot d’ordre : Exterminate !

À la barre de ce Dr Who et les Daleks, Gordon Flemyng (1934-1995), qui aura principalement oeuvré à la télévision pour moult séries du Saint en passant par Chapeau melon et bottes de cuir. Il s’acquitte élégamment de sa tâche et signe un divertissement de grande classe, magnifiquement photographié par John Wilcox (L’Enfer au-dessous de zéro de Mark Robson, L’Empreinte de Frankenstein de Freddie Francis), épaulé par des effets spéciaux très réussis, des décors soignés et une musique pétaradante de Malcolm Lockyer (La Nuit de la grande chaleur de Terence Fisher).

Généreux en rebondissements, Dr Who et les Daleks accorde autant d’importance au premier qu’aux seconds, ces derniers étant pour la première fois filmés en couleur et en cadre large, mais aussi très présents à l’écran, comme de véritables personnages à part entière. Si Barrie Ingham (la voix de Basil, détective privé), Yvonne Antrobus et les autres acteurs incarnant les Thals sont impeccables et se fondent parfaitement dans l’univers, les Daleks volent souvent la vedette et s’avèrent aussi “charismatiques” que les comédiens en chair et en os. Devant l’engouement (euphémisme) de ce savoureux Dr Who et les Daleks, essentiellement de l’autre côté de la Manche, la même équipe (ou presque) remettra le couvert dès l’année suivante avec Les Daleks envahissent la terre Dalek’s Ivasion Earth: 2150 A.D.

LE COMBO BLU-RAY + 4K UHD

Dr Who et les Daleks bénéficie d’une prestigieuse sortie chez Studiocanal, dans un magnifique boîtier SteelBook, véritable objet de collection qui devrait ravir les fans de la première heure. À noter que la suite, Les Daleks envahissent la Terre, qui vient de sortir dans les bacs, est aussi présenté dans les mêmes conditions. Le menu principal est très légèrement animé et muet.

Deux commentaires audio au programme, proposés avec leurs sous-titres français ! Le premier est réalisé par Kim Newman, critique que nous avons déjà retrouvé à plusieurs reprises au cours d’interactivités diverses, Robert Shearman (écrivain et scénariste, qui a travaillé sur la série Dr Who au début des années 2000) et Mark Gatiss (acteur et écrivain, ayant officié comme scénariste et comédien sur la série Dr Who entre 2007 et 2017), le second (mené par Jonathan Southcote, auteur de The Cult Films of Peter Cushing) par les actrices Jennie Linden et Roberta Tovey, qui incarnent respectivement Barbara et Susan dans Dr Who et les Daleks. Notre préférence se tourne vers le second commentaire, plus intime et contenant évidemment plus de souvenirs directement liés au tournage du film qui nous intéresse aujourd’hui. Le premier pâtit de la présence de Kim Newman, qui peut agacer, qui tire souvent la couverture et qui en plus se permet de dire qu’il s’agit d’une des plus faibles interprétations à l’écran de Peter Cushing. Dans les deux commentaires, les intervenants s’expriment sur les différences entre la série Dr Who et les films de Gordon Flemyng, sur le fait que les puristes ont toujours eu du mal à « accepter » les deux opus avec Peter Cushing, qui prenaient trop de libertés avec ce qui avait été installé à la télévision. L’origine des Daleks, et leur évolution, ainsi que la Dalekmania qui s’est emparée de la Grande-Bretagne, le casting, les conditions de tournage, les décors, la musique, les costumes, bref vous trouverez ici les réponses à toutes les questions que vous pouviez vous poser sur Dr Who et les Daleks !

L’héritage des Daleks : Destination Skaro (16’25) : ce module compile les propos de Nicholas Briggs (la voix des Daleks !), Robert Shearman (entendu dans le premier commentaire), Mike Tucker (créateur des effets spéciaux liés aux Daleks), Emily Cook et Gavin Rymill (du Dr Who Magazine), qui replacent Dr Who et les Daleks dans l’histoire du Doctor Who. Vous saurez pourquoi les fans de la première heure ont toujours beaucoup de mal à considérer les deux films de Gordon Flemyng comme faisant partie de l’univers de Doctor Who, car « ridicules et non en accord avec la série, surtout destinés aux enfants ». On en apprend aussi beaucoup sur la création, l’évolution et la pérennité des Daleks, dont la popularité ne s’est jamais démentie.

Mais le gros bonus entièrement centré sur la Dalekmania est celui qui est d’ailleurs intitulé ainsi et qui dure environ une heure, datant de 1995. Un documentaire axé sur l’histoire de la production de Dr. Who et les Daleks (mais aussi de sa suite), comprenant moult entretiens avec Marcus Hearn, ancien rédacteur en chef de Bizarre & Hammer Horror, Gary Gillatt, rédacteur en chef de Doctor Who Magazine, Terry Nation, scénariste et créateur des Daleks, les acteurs Roberta Tovey (Susan), Barrie Ingham (Alydon) et Yvonne Antrobus (Dyoni). Jill Curzon (Louise) et le cascadeur Eddie Powell, qui parlent de leurs contributions au second opus Les Daleks envahissent la Terre. Ce documentaire « définitif » sur le sujet (même les produits dérivés sont abordés), produit par Lumiere Pictures, est dédié aux à Peter Cushing et Roy Castle.

Nous trouvons ensuite une interview de Gareth Owen (8’), auteur de The Shepperton Story, qui intervient sur les liens et les différences, entre Dr Who et les Daleks et la série télévisée de la BBC, alors phénomène grandissant.

En plus de la bande-annonce originale, vous terminerez les bonus avec un segment consacré à la restauration de Dr Who et les Daleks (11’), et par ailleurs de sa suite, en compagnie de l’historien du cinéma et de la télévision Marcus Hearn, et de ceux qui se sont occupés de cet impressionnant lifting, Jo Botting, Steve Bearman, Tom Barrett et Ian Pickford Le processus et les différentes étapes techniques y sont longuement analysés, de façon pointue, sans doute hermétique pour les non-initiés.

L’Image et le son

Une totale résurrection. Cette restauration 4 K a été réalisée à partir du négatif original 35mm double perforation, scanné en 16bit par Silver Salt Restoration – UK. Le scan 4K a été effectué par immersion afin de retirer les nombreuses rayures présentes sur l’élément original. L’étalonnage et la restauration ont été finalisés par Silver Salt Restoration – UK. La correction image par image des diverses détériorations physiques et poussières a nécessité 200 heures de travail. Le film est présenté dans son format original 2.35:1. On reste souvent halluciné par la clarté et la fluidité de la copie présentée, la texture argentique est palpable, vivante, organique, formidablement gérée. Le piqué est acéré et les détails inédits, surtout sur les Daleks, qui peuvent être désormais analysés sous tous les angles. Leur métal, les diodes, leur brillance n’ont jamais resplendi ainsi. Le gros point fort de cette copie UHD (d’une stabilité exemplaire) demeure bien sur la palette chromatique avec primaires bien saturées, lumineuses, pop et acidulées, le tout relevé par la présence de l’HDR. Les gros plans, les décors et les décors sont exceptionnels de netteté.

Le film de Gordon Flemyng bénéficie d’un doublage français. Au jeu des comparaisons avec la version originale, la piste française au doublage réussi s’accompagne de quelques très légers chuintements et les dialogues sont souvent mis trop en avant. La version anglaise LPCM Mono 2.0 est plus dynamique, propre et intelligible, homogène dans son rendu, notamment au niveau des effets sonores et sans aucun souffle.

Crédits images : © Studiocanal / AARU Productions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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