Test Blu-ray / Demonic, réalisé par Neill Blomkamp

DEMONIC réalisé par Neill Blomkamp, disponible en DVD et Blu-ray le 20 septembre 2021 chez Metropolitan Video.

Acteurs : Carly Pope, Nathalie Boltt, Terry Chen, Chris William Martin, Michael J Rogers, Andrea Agur…

Scénario : Neill Blomkamp

Photographie : Byron Kopman

Musique : Ola Strandh

Durée : 1h45

Année de sortie : 2021

LE FILM

Grâce à un procédé révolutionnaire, une jeune femme pénètre dans l’esprit de sa mère, condamné pour meurtres et désormais plongée dans le coma. Mais l’exploration de son inconscient tourne à l’affrontement, libérant un démon tapis dans l’ombre.

Vade retro Satana ! Hors d’ici, déguerpis, fous le camp ! Oui oui, c’est bien à Neill Blomkamp que l’on s’adresse après avoir subi son dernier foirage en date, Demonic, tourné en cachette en Colombie-Britannique durant la pandémie de 2020. Rappelez-vous, District 9 c’était pourtant sympa en 2009 et surtout prometteur, Peter Jackson l’avait compris en produisant ce premier long-métrage aussi singulier que puissant, sur le fond comme sur la forme. Malheureusement, on a très vite déchanté en découvrant ses deux opus suivants, Elysium en 2013 (Zzz zzzz) et Chappie en 2015 (reZzz zzzz…), soporifiques, emballés à la va-comme-je-te-pousse et très mal écrits. Devant la médiocrité insondable de Demonic, on en vient maintenant à se demander si Peter Jackson n’était pas lui-même l’auteur et le réalisateur de District 9. Toujours est-il, qu’on est quand même rassuré que les studios lui aient opposé un refus catégorique de lancer son épisode d’Alien ou de RoboCop sur lesquels il avait longtemps planché. De toute façon, ceux-ci étaient déjà occupés avec leurs affreux Alien Covenant et RoboCop (version 2014). Neill Blomkamp n’avait pas sorti de bidule filmé depuis cinq ans. Après ses projets avortés, le cinéaste sud-afro-canadien (né en 1979) s’est mis à écrire un nouveau « film » « original », Demonic donc, qui fait fâcheusement penser à The Cell de Tarsem Singh, une version Wish plutôt. L’ancien spécialiste des effets spéciaux, auteur de clips et de films publicitaires, n’a ici plus rien à dire et tente un coup de bluff en revenant au film de genre. Malgré un départ prometteur, c’est une catastrophe à tout point de vue, ou presque puisque l’on peut néanmoins sauver l’interprétation de la comédienne principale, la canadienne Carly Pope, qui apparaissait dans Elysium, une jolie révélation. Elle est la seule raison pour laquelle nous sommes parvenus à aller au bout de ce marasme qui reflète le manque total d’inspiration de Neill Blomkamp, aussi bien au niveau du scénario que de la mise en scène. Ratage monumental.

Carly (Carly Pope) est une jeune femme qui n’a plus aucun rapport avec sa mère Angela (Nathalie Boltt, vue dans District 9) depuis des années. Cette dernière est reconnue coupable d’avoir tué plus de 21 personnes dans une tuerie, durant laquelle elle avait incendié une maison de soins dans laquelle elle travaillait et empoisonné les fidèles d’une église. Personne ne sait pourquoi Angela s’était déchaînée ainsi. Carly a depuis évolué dans sa vie et est soutenue par sa meilleure amie Sam (Kandyse McClure). Elles ont toutes les deux coupé les ponts avec leur ami d’enfance Martin (Chris William Martin) après que celui-ci ait commencé à faire d’étranges théories sur le comportement d’Angela. Carly est en proie à des cauchemars à propos de sa mère. Un jour, elle reçoit un texto de Martin qui veut la rencontrer, pour discuter. Elle accepte. Lors de leur entrevue, Martin dit à Carly qu’il a été invité à faire partie d’un test de groupe de discussion pour une société appelée Therapol qui impliquait de vrais patients médicaux, dont Angela, alors placée dans le coma. Carly est abasourdie par cette révélation et est ensuite contactée par Therapol, qui lui demande de visiter leur établissement pour discuter d’Angela. Elle fait la connaissance des scientifiques Daniel (Terry Chen) et Michael (Michael J. Rogers) qui expliquent qu’Angela est tombée dans le coma à la suite d’une série d’épisodes violents en prison, mais que son esprit est très actif dans une « simulation », où elle appelle Carly et Martin. Ce procédé scientifique est réalisé sous la forme d’un avatar 3D contrôlé par un individu et envoyé dans l’esprit d’un autre. Ils demandent à Carly si elle est prête à entrer dans celui d’Angela pour lui parler, ce qu’elle accepte à contrecœur de faire. Dans cet univers virtuel, Carly entre dans une copie de sa maison d’enfance, où en colère elle affronte sa mère en lui parlant de ses crimes. Angela, pleinement capable de parler dans la simulation, exige que Carly parte. Après la simulation, Carly est questionnée sur son expérience par Daniel et Michael. Ils essaient de la persuader de reprendre la simulation mais Carly hésite et rentre chez elle. Cette nuit-là, elle fait un cauchemar, au cours duquel un étrange symbole pourrait avoir une importance : une carcasse de corbeau.

It’s Not a Dream, It’s Not Reality…

C’est bête car Demonic part bien. La scène d’exposition est sèche et installe une atmosphère plutôt oppressante, l’actrice Carly Pope s’impose d’emblée et le fera jusqu’à la fin. Puis le scénario se dévoile, tout se passe à peu près correctement, jusqu’au moment où Neill Blomkamp révèle l’expérience scientifique qui sera au coeur de son film et c’est là que tout ce qui venait d’être mis en place commence à s’écrouler. Le gros problème comme nous le mentionnions plus haut, c’est qu’on ne peut pas s’empêcher de penser à The Cell, classique du genre réalisé par Tarsem Singh en 2000. L’autre souci majeur de Demonic, c’est le manque d’âme de l’ensemble, tout paraît figé, sans chair, froid, comme pouvaient l’être les deux précédents longs-métrages du cinéaste. Cela est d’autant plus frustrant que Carly Pope s’avère vraiment excellente et semble être la seule à croire à ce qui se passe à l’écran. Son investissement vaut une projection, même si l’intérêt ne fait que s’émousser à mesure que le métrage avance, jusqu’au final complètement raté, éculé, risible, en plus d’être laid à regarder. Malgré sa tête d’affiche impeccable, Demonic ne redonne aucunement confiance en Neill Blomkamp, qui livre ici un vrai travail de sagouin.

Porté par une critique désastreuse lors de sa sortie aux Etats-Unis le 20 août 2021, ce thriller fantastique et d’horreur pâtit non seulement d’une absence de moyens, mais aussi et surtout d’imagination. Ce retour à un projet moins ambitieux et plus intimiste aurait pu être bénéfique pour son auteur, mais l’encéphalogramme reste plat et force est de constater que Neill Blomkamp n’a à ce jour plus aucune inspiration (sa simulation ressemble au monde des Sims mâtiné de celui du film A Scanner Darkly de Richard Linklater), ni mojo, ni vision, rien, et se contente d’emprunter désormais à droite à gauche, comme au Ça d’Andrés Muschietti pour la scène où l’amie de Carly lui rend visite à trois heures du matin (« Tiens salut qu’est-ce que tu fais là à cette heure-là ? », non mais franchement) qui débouche sur un rebondissement tellement attendu qu’on baille au moment où arrive ce que l’on avait deviné dix minutes avant. Et c’est ainsi, systématiquement, jusqu’au bout de ces pénibles et ineptes 105 minutes.

Maintenant, la toute dernière chance pour Neill Blomkamp sera District 10, la suite tardive de son premier long-métrage. Mais même cette séquelle ne nous emballe plus du tout et il est d’ores et déjà envisageable que la critique le lâche cette fois définitivement, le public s’étant fait la malle, du moins un avis sur l’intéressé, depuis pas mal de temps. Il devrait revenir aux spots de pub, pour Nova Nuit pourquoi pas, au moins il n’y aurait pas tromperie sur la marchandise. On rigole encore de son démon qui ressemble au monstre du sketch Biouman des Inconnus. Quand on voit ce que le réalisateur est capable de pondre en terme de qualité dans ses courts-métrages, on s’en mord franchement les doigts.

LE BLU-RAY

Avec Demonic, Neill Blomkamp revient comme qui dirait à la maison mère puisque District 9 était autrefois sorti en DVD et Blu-ray chez Metropolitan Video. Pas de sortie au cinéma pour le quatrième long-métrage du réalisateur, qui débarque directement dans les bacs français le 20 septembre 2021. Le menu principal, très légèrement animé et musical, reprend le visuel de l’affiche américaine.

L’éditeur ne fournit que huit petits modules étranges en guise de making of (durée totale 21’30), tournés en Super 8 et présentés sans son. Difficile de donner un avis sur ces vidéos de 2’30 en moyenne, où l’on peut reconnaître Neill Blomkamp à l’oeuvre avec ses acteurs et son équipe technique, mais franchement, on se demande encore l’intérêt d’avoir filmé le plateau dans ces conditions.

L’Image et le son

Fidèle à sa réputation, Metropolitan livre un master HD superbe de Demonic, instaurant les plus belles et élégantes conditions pour que le spectateur puisse essayer de se plonger un minimum dans le film de Neill Blomkamp. Le cadre et les contrastes sont ciselés, les détails abondent, la colorimétrie froide est magistrale avec un piqué aiguisé et des noirs denses. La copie restitue toutes les volontés artistiques du chef opérateur Byron Kopman, le relief est omniprésent et l’encodage AVC solide comme un roc.

Que votre choix se soit porté sur la version française ou la version originale DTS-HD Master Audio 5.1, le confort acoustique contentera tout le monde et la piste anglaise l’emporte du point de vue homogénéité des voix et des effets annexes. Le pourvoir immersif des deux mixages est fort plaisant. Toutes les enceintes sont intelligemment mises à contribution, les effets sont souvent percutants. La balance frontale et latérale est constante et riche, le caisson de basses souligne efficacement les séquences du film les plus agitées, tandis que les dialogues et commentaires restent fluides et solides.

Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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