Test Blu-ray / White Elephant, réalisé par Jesse V. Johnson

WHITE ELEPHANT réalisé par Jesse V. Johnson, disponible en DVD et Blu-ray le 22 février 2023 chez AB Vidéo.

Acteurs : Bruce Willis, Olga Kurylenko, Michael Rooker, John Malkovich, Michael Rose, Lorenzo Antonucci, Eric Buarque, Vadhir Derbez…

Scénario : Erik Martinez, Jesse V. Johnson & Katharine Lee McEwan

Photographie : Jonathan Hall

Musique : Sean Murray

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Un ancien marine devenu exécuteur pour la mafia, doit faire face à sa conscience et à son code d’honneur lorsqu’il est obligé d’aider à nettoyer un assassinat bâclé par son protégé, Carl.

On découvre désormais les tous derniers longs-métrages tournés par Bruce Willis, avant que celui-ci ne mette fin à son illustre carrière pour cause d’aphasie et démence fronto-temporale. Si l’on en croit IMDB, White Elephant, dont nous allons parler, apparaît entre Vendetta (disponible dans les bacs en mai 2023) et Wrong Place (toujours inédit et sans date de sortie). Et honnêtement, cet opus réalisé par le cascadeur Jesse V. Johnson, réalisateur d’un Triple Threat avec Tony Jaa, de Killers Game avec Steve Austin face à Dolph Lundgren et de Hooligans 2 est loin d’être mauvais et s’avère même sympathique, toutes proportions gardées bien sûr. L’ami Bruce ne fait que quelques brèves apparitions ici et là, dix minutes au total à peu près, mais s’en sort pas trop mal. S’il est cloué sur une chaise (une habitude dans ses ultimes DTV), il prend quand même la pétoire au cours d’un règlement de comptes dans un restaurant, rapide, mais efficace. Mais la véritable vedette de White Elephant est l’excellent Michael Rooker, dont on avait quasiment oublié le visage, habitués que nous étions depuis des années à le voir la peau bleue et le crâne arborant la crête rouge de Yondu Udonta dans Les Gardiens de la Galaxie. Si Jesse V. Johnson n’est évidemment pas le plus grand directeur d’acteurs, Michael Rooker s’en tire remarquablement bien dans le rôle de Gabriel Tancredi, vieux briscard et homme de main, veuf inconsolable, qui envisage de raccrocher, sans se douter que le contrat qu’il doit exécuter risque de le faire rejoindre son épouse décédée plus tôt que prévu. Également interprété par Olga Kurylenko et John Malkovich, White Elephant est un thriller qui à défaut d’originalité y va à fond dans la violence graphique des gunfights, bien nourris, rythmés, chorégraphiés et bourrins, particulièrement sanglants (ça bouillonne même à plusieurs reprises), dont un dernier acte où la boucherie est reine avec des têtes et des membres qui volent au contact des grosses bastos. On en garde un bon souvenir et White Elephant peut donc se targuer d’être une des meilleures « Williseries » de fin de parcours, avec La Proie Midnight in the Switchgrass de Randall Emmett et Detective Knight: Rogue d’Edward John Drake.

Gabriel Tancredi, ancien marine recyclé en tueur à gages respecté pour la mafia, se prépare enfin à prendre une retraite bien méritée. Sa dernière mission est supposée être simple. Il est chargé par son ami et boss, le mafieux Arnold Solomon, de réduire au silence deux témoins gênants, une flic, Vanessa Flynn, et son coéquipier qui ont assisté à une transaction qui s’est mal terminée. Mais rien ne va se passer comme prévu… Alors qu’il a toujours suivi les ordres, Gabriel, partagé entre sa conscience et son code d’honneur, décide contre toute attente de sauver la policière. Il se retrouve alors pourchasser par le cartel pour lequel il a travaillé toute sa vie.

Dans le lot, John Malkovich, bientôt 70 piges et qui a pris un gros coup sur la cafetière, se permet d’apparaître encore moins longtemps que Bruce Willis. Son personnage d’avocat véreux ne sert absolument à rien et on oublie presque sa présence dans le film quand vient le générique de fin. Bruce Willis fait de la figuration, mais le fait bien, sobrement, autant que faire se peut en « parrain » qui regarde son reflet dans la vitre, de profil (sans doute pour y lire ses répliques accrochées dans un coin), en parlant de la vie passée, du monde qui a changé et des saloperies qu’il faut encore faire pour y survivre. Le montage parvient à donner le change, même s’il a été révélé par la suite que les dialogues de l’acteur avaient été réduits au maximum, puis accélérés, du fait qu’il ne comprenait pas ce qu’il était en train de dire. À l’écran, ça passe. Le charisme de Bruce Willis subsiste malgré tout.

Aux côtés de Michael Rooker, Olga Kurylenko, qui elle aussi aura enchaîné une poignée de produits destinés directement au marché de la vidéo (La Baie du silence, The Courier, The Room), tire son épingle du jeu en héroïne que n’aurait pas reniée Luc Besson, surtout quand elle s’empare d’un gros calibre à la fin pour dézinguer une armée avec l’aide de Michael Rooker, qui lui se prend pour John Rambo dans le quatrième opus de la saga, même s’il a du mal à lever le jambe et à bouger sa petite bedaine. Il n’empêche que l’émotion pointe le bout de son nez quand son personnage se rend au columbarium, pour se recueillir devant la case contenant l’urne funéraire de sa femme, morte d’un cancer quelques années auparavant. Mine de rien, il s’agit d’un beau rôle pour Michael Rooker, qui devait retrouver immédiatement Bruce Willis sur un autre film, Corrective Measures Mutants surpuissants, adaptation du roman graphique éponyme de Grant Chastain, dont nous parlerons très prochainement. En l’état, White Elephant est largement recommandable pour une soirée pépouze devant sa télévision et c’est déjà pas mal.

LE BLU-RAY

Bruce Willis est bien servi par AB Vidéo puisque l’éditeur aura sorti en DVD et Blu-ray dans un temps très rapproché American Siege, Apex, Cosmic Sin et Deadlock, puis a d’ores et déjà annoncé Paradise City de Chuck Russell et avec John Travolta (le 5 avril 2023) et Vendetta de Jared Cohn, avec Thomas Jane (le 3 mai 2023). La jaquette au visuel attractif (la photo de Bruce Willis semble dater du début des années 2000 ceci dit) repose dans un boîtier classique de couleur bleue. Le menu principal est animé et musical.

Seule la bande-annonce est disponible comme supplément.

L’Image et le son

Le Blu-ray est au format 1080p. Très belle copie HD (master français) que celle éditée par AB Vidéo et qui restitue des couleurs chaudes du chef opérateur Jonathan Hall, habituel collaborateur de Jesse V. Johnson. Le piqué est aiguisé, les contrastes sont denses, le cadre large fourmille de détails aux quatre coins. C’est superbe, c’est lumineux, on en prend plein les yeux.

Vous pouvez compter sur les mixages DTS-HD Master Audio 5.1 anglais et français pour vous plonger dans l’ambiance du film, surtout au moment des fusillades qui mettra à mal votre installation, dans la dernière partie notamment. Toutes les enceintes sont exploitées, les voix sont très imposantes sur la centrale et se lient à merveille avec la balance frontale, riche et dense, ainsi que les enceintes latérales qui distillent les effets naturels. Le caisson de basses se mêle également à la partie. Notons que la version originale l’emporte sur la piste française, se révèle plus naturelle et homogène, y compris du point de vue de la spatialisation musicale. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue verrouillé à la volée.

Crédits images : © AB Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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