Test Blu-ray / Où est passé Tom ?, réalisé par José Giovanni

OÙ EST PASSÉ TOM ? réalisé par José Giovanni, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Rufus, Alexandra Stewart, Jean Gaven, Paul Crauchet, Philippe March, Frédéric Santaya, Albert Augier, Lucie Arnold…

Scénario : José Giovanni, d’après le roman I Wonder What Happened to Tom de Bill Reade

Photographie : Pierre-William Glenn

Musique : François de Roubaix

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Tom Coupar, secrétaire d’une organisation pacifique vouée à la libération des prisonniers politiques, décide un jour de passer à l’action. Avec Alexandra, il parvient à assassiner le dictateur Anton Caras. Incarcéré dans une forteresse où se trouvent des prisonniers qu’il tentait de faire libérer, il prépare une évasion.

Dans la filmographie de chaque réalisateur, se cache souvent un film méconnu, voire quasiment invisible depuis sa sortie, du fait de son échec cuisant. C’est le cas de Où est passé Tom ?, écrit et mis en scène par José Giovanni, qui a fait un passage éclair dans les salles de cinéma en octobre 1971. Après les succès du Rapace (1967, 1,7 millions d’entrées) et Dernier domicile connu (1969, 2,2 millions), l’auteur du Trou et du Deuxième souffle connaît un premier revers avec Un aller simple, qui sort en mai 1971 et qui n’attire que 420.000 spectateurs. Mais ce n’est rien comparé aux 122.000 entrées que fera Mais où est passé Tom ?, produit par Jacques Rouffio. Si Un aller simple pouvait attirer le chaland avec son histoire de casse raté et la cavale d’un petit criminel, l’histoire de Mais où est passé Tom ? est comme qui dirait plus intime et son traitement parfois à la limite de l’expérimental. De plus, José Giovanni ne place pas de grands noms en haut de l’affiche de son cinquième long-métrage et offre le premier rôle à Rufus, déjà présent au générique d’Un aller simple (dans lequel il s’appelait déjà Tom), mais qui était essentiellement connu comme second voire troisième rôle. Quand il tourne ce film, le comédien est encore à ses débuts dans le cinéma, où on a pu le voir chez Christian Gion, Claude Autant-Lara, Jules Dassin, Yves Boisset, Jacques Demy, Georges Lautner, Christian de Chalonge, Gérard Pirès, tout cela en l’espace de trois ans ! Après avoir déjà tourné dans une vingtaine de films, Rufus, à peine trente ans, incarne le rôle principal pour l’une des rares fois de sa carrière dans ce thriller politique qui lorgne sur le fantastique. Si José Giovanni s’inspire d’un roman de Bill Reade (I wonder What Happened to Tom?, publié en 1969 en France dans la collection Série Noire), le récit fait étrangement, ou volontairement écho, au Rapace, adaptation du livre The Vulture de John Carrick, comme si José Giovanni souhaitait revenir à cette thématique, celle de l’homme qui n’a nulle autre mission que celle d’en tuer un autre, qui tyrannise un pays. Où est passé Tom ? est le versant psychologique du Rapace et repose sur le cheminement de son personnage principal, qui paraît détaché de tout et de tout le monde, mais qui va s’investir lui-même d’une quête, celle d’assassiner un dictateur. Le choix de Rufus est tout aussi inattendu que génial, puisque jamais le potentiel physique de l’acteur n’avait été exploité à ce point. Refusant d’être doublé dans les scènes en montagne, étant lui-même sportif et expert en grimpette, Rufus donne de sa personne et impressionne du début à la fin dans Où est passé Tom ?, petit bijou dans lequel José Giovanni tente beaucoup de choses derrière la caméra, mais n’y parvient pas systématiquement. Toutefois, on ne pourra pas lui reprocher d’être sincère et ambitieux dans son entreprise. Une des plus grandes (re)découvertes de cette année 2026.

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Test Blu-ray / Un aller simple, réalisé par José Giovanni

UN ALLER SIMPLE réalisé par José Giovanni, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Claude Bouillon, Maurice Garrel, Rufus, Nicoletta, Ottavia Piccolo, Paola Pitagora, Jean Gaven, Alain Mottet…

Scénario : José Giovanni, d’après le roman The Chair for Martin Rome de Henry Edward Helseth

Photographie : Pierre-William Glenn

Musique : François de Roubaix

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

À la suite du meurtre d’un policier lors d’une attaque de banque ratée, un truand entame une cavale à travers la Belgique pour échapper à la police, rétablir la vérité sur un crime passé qu’il n’a pas commis et protéger son amie des manœuvres d’un avocat véreux.

Suite aux succès du Rapace (1968) et de Dernier domicile connu (1970), José Giovanni délaisse le cinéma « pour les autres », pour se consacrer pleinement à son activité de metteur en scène. C’est ainsi qu’il décide d’adapter un roman de l’auteur américain Henry Edward Helseth, The Chair for Martin Rome, publié en France en 1950 dans la mythique collection Série Noire. Chose étonnante, le livre avait déjà été l’objet d’une transposition à Hollywood en 1948, sous le titre Cry of the City (ou La Proie en version française), par Robert Siodmak, avec Victor Mature,Richard Conte, Shelley Winters et Debra Paget, rien que ça. Point de casting étincelant dans la mouture de José Giovanni et Un aller simple sera finalement tenu par le jeune Jean-Claude Bouillon, qui deviendra célèbre par la suite pour avoir campé le commissaire Valentin dans la série télévisée Les Brigades du tigre, de 1974 à 1983, au fil d’une trentaine d’épisodes. Après Made in USA (1966) de Jean-Luc Godard, dans lequel il faisait ses débuts devant la caméra, et Tout peut arriver (1969), premier long-métrage de Philippe Labro, le comédien se voit confier le premier rôle dans ce thriller méconnu qui témoigne du talent de José Giovanni comme réalisateur, en pleine possession de ses moyens, brillant formaliste et directeur d’acteurs. Un aller simple est assurément une curiosité doublée d’une réelle découverte, qui annonce l’un de ses chefs d’oeuvres à venir, Deux Hommes dans la ville, qui sortira deux ans plus tard.

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Test Blu-ray / La Menace, réalisé par Alain Corneau

LA MENACE réalisé par Alain Corneau, disponible en DVD et Blu-ray depuis le 21 novembre 2021 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Yves Montand, Carole Laure, Marie Dubois, Jean-François Balmer, Marc Eyraud, Roger Muni, Jacques Rispal, Michel Ruhl, Gabriel Gascon…

Scénario : Daniel Boulanger & Alain Corneau

Photographie : Pierre-William Glenn

Musique : Gerry Mulligan

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Dominique gère une société de transports routiers près de Bordeaux. Elle est assistée de son compagnon Henri. Mais leur relation tourne court lorsque le quinquagénaire s’éprend de Julie, une jeune Canadienne. Un soir, apprenant qu’Henri a rendez-vous avec Julie, Dominique s’y rend à sa place. Elle propose de l’argent à sa rivale pour qu’elle quitte la région. Le ton monte. Julie s’enfuit. Folle de jalousie, Dominique se suicide…

Après un premier long-métrage – France société anonyme – complètement foutraque, à la fois fascinant et terriblement assommant (euphémisme), Alain Corneau change son fusil d’épaule et signe un vrai coup de maître deux ans plus tard, Police Python 357, polar implacable et froid comme le platine, qui connaît un beau succès public, en attirant près d’1,5 million de spectateurs dans les salles en mars 1976. Metteur en scène et scénariste cinéphile, mais aussi cinéphage, Alain Corneau profite de cet engouement pour surfer sur la même recette et décide de remettre le couvert dès l’année suivante avec La Menace, également interprété par Yves Montand. Avec ce troisième film, le cinéaste prolonge ce qu’il avait entrepris avec Police Python 357, en poussant les curseurs, en asséchant aussi bien le fond que la forme, à la limite de l’abstraction. Moins ou mal considéré, c’est selon, La Menace n’en reste pas moins représentatif du cinéma « mathématiques », pour ne pas dire scientifique d’Alain Corneau, où tout y est carré, symétrique, glacé et pourtant fragile, car souvent fatal ou sans espoir de retour. Redoutablement pessimiste, ce polar sombre demeure essentiellement connu pour son dernier acte, quasiment dépourvu de dialogues, reposant entièrement sur le cadre, l’ambiance, une claustrophobie qui serre la gorge du spectateur jusqu’au dénouement entré dans l’histoire du cinéma.

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