Test Blu-ray / Stella, réalisé par Laurent Heynemann

STELLA réalisé par Laurent Heynemann, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 3 février 2026 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Nicole Garcia, Thierry Lhermitte, Jean-Claude Brialy, Charles Denner, Victor Lanoux, Gérard Desarthe, Djelloul Beghoura, Hubert Saint-Macary, Robin Renucci…

Scénario : Laurent Heynemann & Pierre Fabre

Photographie : Jean-Francis Gondre

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h40

Date de diffusion initiale : 1983

LE FILM

Pour Yvon, peu importe qui détient le pouvoir. Alors, pour sauver de la déportation Stella, la femme de sa vie, il entre au service de la Gestapo. À la fin de la guerre, il sauve sa peau de justesse et la retrouve enfin. Mais il sait qu’il reste à la merci d’une dénonciation… Pour s’en sortir, il continue d’utiliser les méthodes des collabos : trahisons et corruption. Il tente de fuir vers l’Espagne, mettant Stella dans une situation impossible…

Laurent Heynemann. Ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant celui-ci, né en 14948, a dirigé certains monstres du cinéma français (Michel Piccoli, Michel Galabru, Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Jeanne Moreau) dans des films, aujourd’hui quelque peu oubliés, mais dont les titres font ressurgir quelques souvenirs fugaces aux cinéphiles, comme Le Mors aux dents (1979), Il faut tuer Birgitt Haas (1981), Les Mois d’avril sont meurtriers (1986) et La Vieille qui marchait dans la mer (1991). Ancien assistant d’Yves Boisset (R.A.S., Folle à tuer) et de Bertrand Tavernier (L’Horloger de Saint-Paul, Que la fête commence), oui et de Philippe Clair aussi hein (Le Grand Fanfaron), Laurent Heynemann détient un sacré bagage technique et passe derrière la caméra en 1977 avec La Question, interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, puisque traitant ouvertement et frontalement de l’usage de la torture durant la guerre d’Algérie. Passionné d’histoire, le réalisateur l’est aussi de politique, deux éléments qui deviendront récurrents au fil de son œuvre, au cinéma, comme à la télévision (René Bousquet ou le Grand Arrangement, Accusé Mendès France, Laval, le collaborateur). Après avoir parlé du terrorisme allemand dans Il faut tuer Birgit Haas, il évoque la collaboration – sujet ô combien tabou – dans son quatrième long-métrage, Stella. Le cinéaste, tout d’abord pressenti pour mettre en scène Docteur Petiot avec Michel Serrault (l’acteur refusera de tourner avec Laurent Heynemann et ne fera le film que sept ans plus tard avec Christian de Chalonge), s’investit finalement dans un récit inspiré par un court extrait tiré du livre Tu trahiras sans vergogne (1970) écrit par Philippe Aziz. Ce qui a tapé dans l’oeil (et dans le coeur du metteur en scène), c’est comment un homme, bien sous tous rapports, décide, pour faire libérer la femme qu’il aime et qui arbore l’étoile jaune depuis plusieurs semaines dans le camp de Compiègne, de s’engager dans la Gestapo durant l’été 1944, alors que la Deuxième Guerre mondiale est sur le point de se terminer. Nous en sommes en plein mélodrame romanesque et malgré quelques couacs, notamment le fait de placer l’intrigue en août 1944 alors qu’il est évident que les prises de vues ont été faites en hiver, Stella est un très beau film, magistralement interprété (et quel casting!), une romance parfois au bord de l’emphase, mais qui se retient toujours à temps pour ne pas déborder. Devenu rare et même recherché par beaucoup de cinéphiles, Stella est désormais disponible en DVD et en Blu-ray chez LCJ Éditions & Productions.

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Test Blu-ray / Un simple accident, réalisé par Jafar Panahi

UN SIMPLE ACCIDENT (Yek tasadef sadeh) réalisé par Jafar Panahi, disponible en DVD et Blu-ray le 2 juin 2026 chez Memento Distribution.

Acteurs : Vahid Mobasseri, Maryam Afshari, Ebrahim Azizi, Hadis Pakbaten, Majid Panahi, Mohamad Ali Elyasmehr, Delnaz Najafi, Georges Hashemzadeh…

Scénario : Jafar Panahi

Photographie : Amin Jafari

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

En panne après avoir heurté au volant un animal, un homme est aidé par Omid et Vahid. Entendant sa voix et sa claudication, Vahid panique. Le lendemain, il l’enlève, l’emmène dans le désert avec son van, creuse une tombe, puis observe sa prothèse : il identifie “Eghbal la Guibole” qui le tortura en prison. L’homme proteste si fort que Vahid doute. Il l’enferme dans son van et va demander à Salar, un ami intellectuel, son avis. Épouvanté, Salar l’aiguille vers Shiva, photographe de mariage qu’il trouve en séance avec un couple, Goli et Ali. Or, Goli et Shiva furent aussi les victimes d’Eghbal. Elles doutent ; ils filent voir Hamid, malgré les réserves d’Ali. Hamid tâte la prothèse : c’est leur bourreau.

Bien sûr que la Palme d’or attribuée à Un simple accident, onzième long-métrage de Jafar Panahi (né en 1960) est un geste politique, même si personnellement, on l’aurait plutôt attribué à Valeur sentimentale de Joachim Trier. Mais après tout, l’art est politique et le film qui nous intéresse aujourd’hui n’a pas démérité ce prix prestigieux, qui participera d’ailleurs à son exploitation plus large à travers le monde et donc à faire résonner son message dans les coins les plus reculés. Le « pitch » est rapide. Iran, de nos jours. Un homme croise par hasard celui qu’il croit être son ancien tortionnaire. Mais face à ce père de famille qui nie farouchement avoir été son bourreau, le doute s’installe. Là-dessus, Jafar Panahi jongle avec les genres et ce en dépit des conditions drastiques des prises de vues, puisque son film a été, une fois de plus, réalisé clandestinement. Raison pour laquelle, comme pour Taxi Téhéran, beaucoup de scènes se déroulent dans le véhicule principal, ici un van qui peut contenir tous les personnages que le destin a réunis autour d’un seul homme, celui qui les torturait. On pense à Incendies (2010) de Denis Villeneuve, inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Wajdi Mouawad, sauf que le cinéaste n’hésite pas à placer, contre toute attente, un peu d’humour ici et là, soupapes nécessaires face à un sujet ô combien difficile et anxiogène. Avec Un simple accident, qui rappelle parfois La Jeune fille et la mort – Death and the Maiden (1994) de Roman Polanski, Jafar Panahi montre que la vengeance n’est pas un plat qui se mange froid, mais un plat qui ne se mange pas, que l’homme, même celui qui a connu la pire violence, sera toujours capable de résilience et trouvera les forces d’affronter la barbarie.

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Test Blu-ray / La Guerre des prix, réalisé par Anthony Dechaux

LA GUERRE DES PRIX réalisé par Anthony Dechaux, disponible en DVD et Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Ana Girardot, Olivier Gourmet, Julien Frison, Jonas Bloquet, Aurélia Petit, Yannick Choirat, Camille Moutawakil, Catherine Vinatier, Grégoire Oestermann, Chad Chenouga…

Scénario : Anthony Dechaux, Maël Piriou, Benjamin Charbit & Mathilde Belin

Photographie : Pierre Dejon

Musique : Benjamin Grossman

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Audrey, fille d’agriculteurs et cheffe de rayon dans un hypermarché en province, se retrouve propulsée à la centrale d’achat de son enseigne afin d’y défendre la filière bio et locale. Alors qu’elle fait équipe avec un négociateur aux méthodes redoutables, Audrey va devoir se battre pour faire exister ses convictions au sein d’un système impitoyable. L’envers du décor de la grande distribution.

Devant La Guerre des prix, on ne peut s’empêcher de penser qu’il serait peut-être temps de décerner un César de la meilleure actrice à Ana Girardot. Elle en a fait du chemin cette comédienne apparue en 2010 dans l’excellent Simon Werner a disparu… de Fabrice Gobert et qui compte depuis près d’une trentaine de longs-métrages à actif. S’il lui manque assurément un grand succès au box-office, quand bien même elle avait participé au biopic Cloclo de Florent-Emilio Siri en 2012 (ça remonte déjà), la comédienne a toujours été impressionnante, parfaite, juste, dans tous les registres. C’est encore le cas dans La Guerre des prix, remarquable premier long-métrage de l’acteur et donc nouveau réalisateur Anthony Dechaux, dans lequel elle est quasiment de toutes les scènes, pour ne pas dire de tous les plans, où son immense talent et sa beauté incomparable enflamment l’écran. On pourrait placer La Guerre des prix entre Au nom de la terre d’Edouard Bergeon, Petit paysan d’Hubert Charuel et La Terre des hommes de Naël Marandin. Et la réussite est totale. Le film est mené comme un thriller et le metteur en scène parvient à captiver les spectateurs en évitant le jargon hermétique qui aurait pu en laisser plus d’un sur le carreau. On est littéralement happé du début à la fin dans cette spirale infernale qui fait partie d’un quotidien que nous ignorons, et qui pourtant régit plus ou moins notre vie de tous les jours, avec des « requins-tueurs » qui décident ce qu’on doit manger ou non. Effrayant, fascinant et implacable !

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Test Blu-ray / La Maison des femmes, réalisé par Mélisa Godet

LA MAISON DES FEMMES réalisé par Mélisa Godet, disponible en DVD & Blu-ray le 8 juillet 2026 chez Pathé.

Acteurs : Karin Viard, Lætitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amamra, Pierre Deladonchamps, Juliette Armanet, Jean-Charles Clichet, Laurent Stocker, Aure Atika, Jeanne Rosa, Amandine Dewasmes, Marie Matheron…

Scénario : Mélisa Godet & Catherine Paillé

Photographie : Fabien Faure

Musique : Audrey Ismaël

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner dans leur reconstruction les femmes victimes de violences. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.

Que voilà un premier long-métrage prometteur ! À l’origine de ce film, il y a un témoignage diffusé à la radio en 2016, celui de la gynécologue obstétricienne Ghada Hatem, qui venait de créer La Maison des Femmes à Saint Denis, structure associative venant en aide aux femmes victimes de violences physiques et sexuelles. Mélisa Godet n’a jamais oublié cette intervention. Venue de l’INA, puis chargée de développement au sein des Productions du Trésor, elle devient coscénariste (Comment je suis devenu super-héros de Douglas Attal), puis signe enfin son premier film comme metteuse en scène, sobrement et tout simplement intitulé La Maison des femmes. Véritable film choral, la jeune réalisatrice s’entoure de magnifiques comédiennes, Karin Viard (la soixantaine épanouie), Lætitia Dosch (éblouissante), Eye Haïdara (radieuse), Oulaya Amamra (lumineuse), Juliette Armanet (poignante) et Aure Atika (impériale), pour ne citer que les plus célèbres, sans oublier les actrices incarnant les victimes et les trois acteurs principaux, Pierre Deladonchamps, Jean-Charles Clichet et Laurent Stocker, qui ne sont pas oubliés dans ce typhon où toute la distribution est logée à la même enseigne. Humaniste, sans jamais tomber dans le pathos ou le tire-larmes gratuit, d’utilité publique, réalisé avec autant de force que de pudeur, La Maison des femmes est un drame solaire, une batterie chargée à bloc d’optimisme, mené à cent à l’heure, bouleversant, mais aussi drôle, où le spectateur rit avec les personnages pour décompresser entre deux récits poignants de femmes meurtries dans leur corps, dans leur chair, dans leur âme. Si l’on pense forcément et indubitablement au somptueux Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry, avec lequel il détient de nombreux points communs, La Maison des femmes demeure l’un des plus beaux films français de l’année 2026.

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Test Blu-ray / Christy, réalisé par David Michôd

CHRISTY réalisé par David Michôd, disponible en DVD & Blu-ray le 17 juillet 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Sydney Sweeney, Ben Foster, Merritt Wever, Katy O’Brian, Ethan Embry, Coleman Pedigo, Jess Gabor, Chad Coleman…

Scénario : Mirrah Foulkes & David Michôd

Photographie : Germain McMicking

Musique : Antony Partos

Durée : 2h15

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Au début des années 90, Christy Martin se découvre par hasard un talent pour la boxe. Elle accède rapidement au titre de championne du monde et domine le circuit pendant près d’une décennie. Mais entre un mari violent et une mère castratrice, son combat le plus difficile sera celui de l’affirmation de son homosexualité…

Non seulement Sydney Sweeney est probablement l’actrice la plus sexy aujourd’hui, mais elle se permet surtout d’être avant tout une excellente comédienne doublée d’une productrice ambitieuse. Avec les deux cartons successifs de Tout sauf toi (220 millions de dollars de recettes, 600.000 entrées en France) et de La Femme de ménage – The Housemaid (près de 400 millions de dollars amassés dans le monde, 4,5 millions de spectateurs dans nos contrées), elle sait comment mener sa barque, y compris à la télévision (Euphoria). Mais c’était sans compter aussi le cinéma moins « grand public », à l’instar du remarquable Immaculée – Immaculate de Michael Mohan, qui a ravi les amateurs de frissons. Christie, qu’elle coproduit également, appartient à la seconde catégorie. Sydney Sweeney se glisse dans la peau de Christy Martin aka The Coal Miner’s Daughter (la fille du mineur de charbon), figure légendaire de la boxe professionnelle, qui a officié sur le ring entre la fin des années 1980 et le début des années 2010. Christy est donc un biopic, une histoire vraie, celle d’une sportive débarquée de nulle part, qui s’est emparée du titre WBC féminin des super mi-moyens en 2009. C’est une Sydney Sweeney métamorphosée, dissimulant son regard bleu laser sous des lentilles sombres, le cheveu filasse et décoloré, la peau grasse, qui a pris du poids et du muscle, afin de coller à son modèle, autant avec les gants aux poings que dans son morne quotidien où elle subissait la violence de son compagnon et entraîneur. Classique dans son déroulé, Christy est pourtant un formidable spectacle doublé d’un drame psychologique souvent éprouvant, où la violence va crescendo, jusqu’à l’explosion finale, inattendue, qui met particulièrement mal à l’aise et laisse un goût de fer dans la bouche. Brillamment interprété par la star qui a de bon gènes, mais aussi par l’extraordinaire Ben Foster (le meilleur acteur de sa génération), monstrueux en mentor-bourreau sadique, Christy s’est soldé par un échec aussi cuisant qu’injustifié, l’un des plus gros de l’année 2025 avec à peine 2,5 millions de billets verts recueillis dans le monde, pour une mise de départ de 15 millions de dollars. Il est plus que conseillé de lui donner enfin la chance qu’il mérite.

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Test DVD / Coutures, réalisé par Alice Winocour

COUTURES réalisé par Alice Winocour, disponible en DVD le 24 juin 2026 chez Pathé.

Acteurs : Angelina Jolie, Anyier Anei, Ella Rumpf, Louis Garrel, Vincent Lindon, Garance Marillier, Grégoire Colin, Aurore Clément, Nicolas Avinée, Finnegan Oldfield…

Scénario : Alice Winocour & Jean-Stéphane Bron

Photographie : André Chemetoff

Musique : Filip Leyman & Anna von Hausswolff

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

À Paris, dans le tumulte de la Fashion Week, Maxine, une réalisatrice américaine, apprend une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Elle croise alors le chemin d’Ada, une jeune mannequin sud‐soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant à une autre vie. Entre ces trois femmes aux horizons pourtant si différents se tisse une solidarité insoupçonnée. Sous le vernis glamour se révèle une forme de révolte silencieuse : celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire.

C’est peu dire qu’on attendait avec impatience le cinquième long-métrage d’Alice Winocour, réalisatrice qui avait jusqu’à présent effectué un sans-faute depuis Augustine (2012), un des plus surprenants premiers longs-métrages depuis vingt ans, l’étonnant Maryland (2015), le chef d’oeuvre Proxima (2019, le plus beau rôle d’Eva Green) et le bouleversant Revoir Paris (2022), qui a valu à Virginie Efira le César de la meilleure actrice. Depuis l’annonce de la présence de la star américaine Angelina Jolie comme premier rôle dans Coutures, tous les regards étaient tournés vers le nouveau film de la cinéaste, qui disposait alors d’un budget confortable de près de 12 millions d’euros. Malheureusement, le résultat est loin d’être au niveau des espérances. Certes, on comprend où Alice Winocour veut en venir avec ce récit dispersé et patchwork. En ciblant trois femmes arrivées chacune à un tournant de leur existence, l’une à même pas vingt ans, l’autre à trente et la dernière à 40 ans (quand bien même Angelina Jolie a déjà passé la barre du demi-siècle, mais cela ne se voit pas), l’auteure a tout simplement voulu raconter une part d’elle-même. Quand elle hésitait entre une carrière artistique ou juridique (elle avait fait des études de droit), puis quand elle oscillait entre l’écriture et la mise en scène (avant de se lancer finalement derrière la caméra à 36 ans), puis…C’est là qu’on arrive au sujet de la maladie, qui demeure obscur, mais on sait qu’Alice Winocour a connu un drame, un cancer sans doute, qui a comme qui dirait redistribué les cartes. Et The Show Must Go On. Le problème, c’est que l’histoire de Coutures ne tient pas en raison de personnages pour la plupart inintéressants, qui déambulent dans des décors peu reluisants et surtout dans un univers aussi artificiel qu’antipathique, celui de la mode. Qui plus est, on ne voit pas assez Angelina Jolie (même si investie, jusqu’à coproduire le film) à notre goût et l’attente est bien trop longue entre deux scènes où elle apparaît. C’est donc une étonnante et inattendue première sortie de piste pour l’une des plus grandes réalisatrices françaises d’aujourd’hui. Chacun a le droit à l’erreur évidemment et il est certain qu’Alice Winocour rectifiera le tir au prochain rendez-vous.

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Test DVD / Diamanti, réalisé par Ferzan Özpetek

DIAMANTI réalisé par Ferzan Özpetek, disponible en DVD le 2 juin 2026 chez Destiny Films.

Acteurs : Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Vanessa Scalera, Sara Bosi, Loredana Cannata, Geppi Cucciari, Anna Ferzetti, Aurora Giovinazzo, Nicole Grimaudo, Milena Mancini, Paola Minaccioni, Elena Sofia Ricci, Lunetta Savino, Carla Signoris, Kasia Smutniak, Mara Venier, Giselda Volodi, Milena Vukotic, Stefano Accorsi…

Scénario : Elisa Casseri, Carlotta Corradi & Ferzan Özpetek

Photographie : Gian Filippo Corticelli

Musique : Giuliano Taviani & Carmelo Travia

Durée : 2h10

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Un réalisateur de renom réunit ses actrices préférées. Il leur propose de réaliser un film sur les femmes. Il les projette alors à Rome, dans les années 1970, dans un magnifique atelier de couture pour le cinéma et le théâtre, dirigé par deux sœurs très différentes. Dans cet univers peuplé de femmes, le bruit des machines à coudre résonne, les passions et la sororité s’entremêlent…

Né à Istanbul en 1959, mais arrivé en Italie quand il avait une dizaine d’années, Ferzan Özpetek est devenu l’un des réalisateurs transalpins les plus célèbres en son pays et l’un de ceux dont les oeuvres s’exportent le mieux dans le monde. Quelques-uns de ses opus ont été exploités en France, parmi les plus connus La Fenêtre d’en face – La finestra di fronte (2003, David di Donatello du meilleur film), Saturno contro (2007), Le Premier qui l’a dit – Mine vaganti (2010, son plus grand succès chez nous) et Magnifica presenza (2012). Plus discrets dans les salles hexagonales depuis une quinzaine d’années, les films de Ferzan Özpetek ont toujours eu les faveurs du public en Italie (2,5 millions d’entrées pour La Fenêtre d’en face, 1,5 million pour Saturno Contro, 1,4 million pour Le Premier qui l’a dit…) et son dernier en date, Diamanti est devenu le second triomphe de sa carrière avec plus de deux millions de spectateurs, un phénomène qui a su trouver le chemin des cinémas français. Pour son quinzième film, le cinéaste convoque certaines actrices avec lesquelles il avait déjà collaboré, Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Loredana Cannata, Nicole Grimaudo, Paola Minaccioni, Elena Sofia Ricci, Lunetta Savino, Carla Signoris, Kasia Smutniak et Milena Vukotic, pour une ode à la femme, un hommage à leur courage, à leur force, à leur détermination, à leur beauté, à leur grâce. Film choral, Diamanti embarque le public dans un tourbillon d’émotions (on en ressort en miettes), étourdit les sens avec une mise en scène sans cesse en mouvement, une caméra qui capture chaque regard embué, les gestes esquissés. Il se dégage une hyper-sensibilité de Diamanti, assurément un sommet dans l’oeuvre de son auteur.

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Test Blu-ray / Mort de rire, réalisé par Álex de la Iglesia

MORT DE RIRE (Muertos de risa) réalisé par Álex de la Iglesia, disponible en Blu-ray le 24 juin 2026 chez Extralucid Films.

Acteurs : Santiago Segura, El Gran Wyoming, Álex Angulo, Carla Hidalgo, Eduardo Gómez, Jesús Bonilla, José María Íñigo, Uri Geller…

Scénario : Jorge Guerricaechevarría & Álex de la Iglesia

Photographie : Flavio Martínez Labiano

Musique : Roque Baños

Durée : 1h51

Année de sortie : 1999

LE FILM

Nino et Bruno, duo comique adulé, connaissent une ascension fulgurante. Mais plus leur succès grandit, plus la rivalité et la haine s’installent entre eux.

Voilà un résumé rapide, sec, sans fioriture. Et pourtant, là-dessus, Álex de la Iglesia signe l’un de ses films les plus riches, sans doute l’un de ses plus attachants et parallèlement l’un de ses plus politiques. Car à travers le destin et le portrait dressé de ses deux personnages principaux, le réalisateur, alors âgé de près de 35 ans et qui a déjà trois longs-métrages à son actif, livre une radiographie impitoyable de son pays qui porte encore les stigmates des quarante années de franquisme. On se remet difficilement d’un régime dictatorial et malgré la transition démocratique, l’humiliation de l’autre, les relations dominants-dominés et la violence semblent être les seuls moyens « d’expression » et l’unique mode de vie que connaissent les individus. Dans la filmographie du cinéaste, Mort de rire – Muertos de risa arrive deux ans après Perdita Durango, l’un des opus les plus dérangeants, brutaux (le film avait été interdit aux moins de 16 ans en France) et extrêmes du metteur en scène, qui n’avait pas rencontré le succès espéré. Suite à cette parenthèse à vocation internationale, Álex de la Iglesia revient en sa terre natale, parle de sa patrie, des siens, ce qu’il a toujours fait le mieux et ce qui lui correspond le plus. Mort de rire est une comédie explosive, adjectif souvent lié à l’univers de son auteur, menée à cent à l’heure, de la première à la dernière seconde. On en ressort lessivé, mais revigoré, heureux, euphorique, aussi bien rassasié au niveau des tripes que de l’esprit. Du grand, du très grand Álex de la Iglesia.

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Test Blu-ray / El lute I : Marche ou crève – El lute II : Demain, je serai libre, réalisés par Vicente Aranda

EL LUTE I: MARCHE OU CRÈVE – EL LUTE II: DEMAIN, JE SERAI LIBRE (El Lute – camina o revienta – El Lute II: mañana seré libre) réalisés par Vicente Aranda, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 16 juin 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Imanol Arias, Victoria Abril, Antonio Valero, Carlos Tristancho, Diana Peñalver, Margarita Calahorra, Raúl Fraire, Manuel de Blas Jorge Sanz, Pastora Vega, Ángel Pardo, Blanca Apilánez, Silvia Rodríguez, Montserrat Tey, Terele Pávez…

Scénario : Joaquim Jordà & Vicente Aranda, d’après les mémoires d’Eleuterio Sánchez

Photographie : José Luis Alcaine

Musique : José Nieto

Durée : 1h58 + 2h

Date de sortie initiale : 1987 – 1988

LES FILMS

Dans les années 60, au sein de sa famille nomade et des mercheros, le jeune Eleuterio apprend la délinquance. Du vol de poulets jusqu’à l’attaque d’une bijouterie, il va finir en prison pour vite s’y évader et devenir la cible de la Guardia Civil. Après une cavale longue et pénible, Eleuterio est rattrapé par la Guardia Civil. Condamné à mort, sa peine est commuée en détention à perpétuité. Il va alors entreprendre la rédaction de ses mémoires.

El Lute : marche ou crève – El Lute : Camina o revienta et El Lute II : Demain, je serai libre – El Lute II: mañana seré libre, sortis respectivement en 1987 et 1988, écrits et réalisés par Vicente Aranda (1926-2015), s’inspirent des mémoires d’Eleuterio Sánchez Rodríguez (né en 1942), alias « El Lute », un jeune condamné pour meurtre devenu une figure légendaire en Espagne grâce à son évasion de prison dans les années 1960. Le premier long-métrage retrace les débuts de la carrière criminelle d’El Lute et est adapté du premier tome de ses mémoires, publié en 1977 alors qu’il était encore en prison. Le second volet, qui n’était pas prévu à la base et qui a été écrit, tourné et exploité dans la foulée du triomphe rencontré par le premier épisode (nommé pour quatre prix Goya, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleure actrice), poursuit son histoire et s’inspire logiquement du deuxième tome de ses mémoires, paru en 1979. Eleuterio Sánchez devait alors obtenir une libération conditionnelle en 1981. Vicente Aranda délaisse les adaptations d’oeuvres littéraires et donc de fiction, pour aborder le genre autobiographique. Il offre ainsi au comédien Imanol Arias le rôle de sa vie et devient une vedette très convoitée du cinéma ibérique. Révélé en 1982 dans Le Labyrinthe des passions – Laberinto de pasiones de Pedro Almodóvar, qu’il retrouvera en 1995 pour La Fleur de mon secret – La flor de mi secreto, il deviendra l’acteur fétiche de Vicente Aranda, en tournant avec lui à cinq reprises au cours de son illustre carrière. La réalité dépasse la fiction dans EL Lute, dont on appréciera surtout la première partie de ses aventures, forcément romanesques, mais aussi étonnamment violentes et frontales, et pas à mettre devant tous les yeux, en raison notamment de quelques scènes de torture particulièrement difficiles. On pense au diptyque Mesrine de Jean-François Richet, avec cette approche différente d’un opus à l’autre et même si El Lute II peine à insuffler le même intérêt que la première partie, le cinéphile curieux saura accueillir ce personnage méconnu de ce côté des Pyrénées, charismatique et évidemment cinégénique, comme il se doit grâce au travail éditorial d’Artus Films.

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Test Blu-ray / Amour Apocalypse, réalisé par Anne Émond

AMOUR APOCALYPSE (Peak Everything) réalisé par Anne Émond, disponible en DVD & Blu-ray le 5 mai 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Patrick Hivon, Piper Perabo, Connor Jessup, Gilles Renaud, Élizabeth Mageren, Leona Son, Eric K. Boulianne, Jude Beny…

Scénario : Anne Émond

Photographie : Olivier Gossot

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Propriétaire d’un chenil, Adam, quarante-cinq ans, est éco-anxieux. Via la ligne de service après-vente de sa toute nouvelle lampe de luminothérapie, il fait la connaissance de Tina. Cette rencontre inattendue dérègle tout : la terre tremble, les cœurs explosent… c’est l’amour !

Tiens, si on allait faire un petit tour du côté du Canada, au Québéc et pourquoi pas même en Ontario ? C’est ce que nous propose la réalisatrice et scénariste Anne Émond (née en 1982), auteure de nombreux courts-métrages et dont il s’agit ici du sixième long, qui nous parvient en France, après avoir été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2025. Lauréat du Grand Prix au Festival du Film de Cabourg, proposé dans de nombreux autres festivals (en Argentine, en Pologne…), Amour Apocalypse nous dévoile l’hypersensibilité d’une cinéaste, qui s’inspire d’une dépression qui lui est tombée dessus durant le confinement de 2020, plus précisément une éco-anxiété. De là est né le personnage d’Adam, 45 piges, en pleine détresse émotionnelle, mentale et physique, persuadé que le monde est au bord du chaos. En fait, Adam, qui déclare ouvertement être profondément triste, sans pour autant savoir pourquoi, est à un carrefour de son existence. Il va consulter une psy, qui s’amuse à décrypter son prénom (« Anxieux Déprimé Atypique Médication ? », avant de remplacer le D par « Dépressif »), sans pour autant lui donner les clés pour aller mieux. Mais il repart avec beaucoup de médicaments, des anxiolytiques, des somnifères, des anti-dépresseurs…et finalement ce qui lui fait le plus de bien semble être la luminothérapie…Cela tombe bien, car sa lampe défaillante va, ironie du sort, éclairer son existence, quand il va entrer en contact avec le service client…Amour Apocalypse ou Peak Everything est une comédie existentielle qui mute en romance inattendue, qui offre à ses deux formidables têtes d’affiche, le québécois Patrick Himon (qu’on a pu voir dans Le Fils de Jean de Philippe Lioret) et la trop rare Piper Perabo (révélée il y a 25 ans dans Coyote Girls – Coyote Ugly de David McNally), de très beaux rôles, les deux comédiens étant parfaits d’alchimie et de complicité. Une jolie découverte que l’univers de cette metteuse en scène !

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