
SIX JOURS, CE PRINTEMPS-LÀ réalisé par Joachim Lafosse, disponible en DVD le 7 avril 2026 chez Blaq Out.
Acteurs : Eye Haïdara, Jules Waringo, Leonis Pinero Müller, Teodor Pinero Müller, Damien Bonnard, Emmanuelle Devos…
Scénario : Joachim Lafosse & Chloé Duponchelle
Photographie : Jean-François Hensgens
Musique : Reyn
Durée : 1h29
Année de sortie : 2025
LE FILM
Malgré les difficultés, Sana tente d’offrir à ses jumeaux des vacances de printemps. Comme son projet tombe à l’eau, elle décide avec eux et son nouveau petit ami, de séjourner sur la côte d’Azur dans la villa luxueuse de son ex belle-famille. En cachette. Six jours de soleil qui marqueront la fin de l’insouciance.

Mais que se passe-t-il pour Joachim Lafosse ? Avec Un silence, le réalisateur belge nous avait sacrément déçus, en raison d’une mécanique qui marchait à vide et des personnages aussi inintéressants que méprisants. Malheureusement, ce n’est pas avec Six jours, ce printemps là qu’il rectifie le tir. Ce onzième long-métrage témoigne d’une sacrée perte d’inspiration, aussi bien sur le fond que sur la forme. Sur un scénario écrit sur un papier OCB (probablement emprunté à Luc Besson), le cinéaste souhaite raconter, comme son titre l’indique, une parenthèse dans une vie, celle d’une mère, fraîchement séparée ou divorcée et de ses deux enfants, qui le temps d’une petite semaine durant les vacances de Pâques, vont « squatter » la villa des ex-beaux parents. Voilà. Bon, on comprend très vite que Joachim Lafosse souhaite parler des rapports de classes, du déclassement pour être exact, mais se contente de filmer les jours qui passent, l’ennui qui s’installe (le même que l’on ressent devant l’écran), tandis que Sana démarre une relation avec son nouveau boyfriend, essaye de cadrer ses deux fils du mieux qu’elle peut, tout en tentant de jouer la carte de la discrétion, au risque que son ancienne belle-famille apprenne leur présence. Cette fois, à juste titre, la critique n’a pas été tendre avec le dernier opus de Joachim Lafosse, qui tire trop sur la corde du minimalisme, étire volontairement, mais sans aucune raison, ses scènes et ce dès le prologue, interminable, qui ne conduit à rien, ou pas grand-chose, si ce n’est d’aller de déception en déception pour le spectateur. Mais où est passé l’auteur des merveilleux L’Économie du couple, À perdre la raison et Les Intranquilles, qui nous faisaient dire qu’il était l’un des plus grands de sa génération ???


La bonne idée de Six jours, ce printemps là est d’avoir confié le rôle principal à la formidable Eye Haïdara, qui mine de rien n’a fait que grimper les échelons depuis quinze ans, depuis sa première apparition dans le très beau Jimmy Rivière (2011) de Teddy Lussi-Modeste. Mais c’est incontestablement Le Sens de la fête (2017) d’Éric Toledano et Olivier Nakache qui a changé la donne. Le rôle d’Adèle, l’adjointe de Max (Jean-Pierre Bacri) lui a apporté une nouvelle notoriété, ainsi qu’une nomination pour le César du meilleur espoir. À partir de là, les propositions se sont multipliées. On l’a vu chez Cédric Klapisch (Deux Moi), Michel Hazanavicius (Le Prince oublié), Michel Leclerc (Les Goûts et les couleurs), tout en tenant un des rôles principaux dans la seconde saison de la série En thérapie. Depuis peu, les producteurs misent sur la comédienne pour tenir le haut de l’affiche, à l’instar d’À toute allure de Lucas Bernard. Si elle a peu de choses à défendre dans Six jours, ce printemps là, le charisme d’Eye Haïdara fait que l’on tient jusqu’au bout tout de même de l’entreprise.


D’ailleurs, rien à redire sur les comédiens, impeccables, de Jules Waringo aux deux petits Leonis et Teoudor Pinero Müller (deux véritables frères, impeccables, naturels et très spontanés), avec aussi l’apparition d’Emmanuelle Devos (présente dans Un silence) et celle plus flippante (la plus marquante) de Damien Bonnard, dans sa troisième collaboration avec Joachim Lafosse.


Mais bon, on regarde Six jours, ce printemps là avec une langueur croissante, mais aussi avec agacement, car on attend tout de même qu’il se passe quelque chose durant ces 90 (très longues) minutes, marquées par des plans-séquences (une spécialité du metteur en scène) qui ne font que rendre l’ensemble interminable. On sait qu’une menace plane sur cette famille, que tout ceci se terminera forcément mal, que quelqu’un va débarquer pour mettre fin à ces petites vacances, ce qui finit évidemment par arriver, sans surprise.


Si Joachim Lafosse a avoué que le film s’inspirait de ses propres souvenirs personnels, on espère – pour lui – que le réalisateur en a d’autres, bien plus joyeux et surtout dignes d’intérêt. Car en l’état, Six jours, ce printemps là est son plus mauvais long-métrage à ce jour.


LE DVD
Après son échec monumental dans les salles (un peu plus de 6000 entrées…), Six jours…ce printemps là parvient tout de même à se frayer une place jusque dans les bacs, sans surprise uniquement en DVD, chez Blaq Out. Le visuel reprend celui de l’affiche d’exploitation, tout comme le menu principal, fixe et musical.

Aucun supplément.
L’Image et le son
Blaq Out prend soin du film de Joachim Lafosse et livre un service après-vente tout ce qu’il y a de plus solide. Les partis-pris esthétiques sont respectés et la colorimétrie chatoyante habilement restituée. La clarté est de mise, tout comme des contrastes fermes, un joli piqué et des détails appréciables sur l’ensemble des séquences en extérieur, y compris sur les très présents gros plans des comédiens. Notons de sensibles pertes de la définition et des plans un peu flous, qui n’altèrent cependant en rien le visionnage. Un master SD élégant.

L’éditeur joint une piste Dolby Digital 5.1 qui instaure une spatialisation musicale indéniable, même si les basses manquent à l’appel. En dehors de cela, les ambiances naturelles et les effets annexes sont plutôt rares et la scène acoustique reste essentiellement frontale. De ce point de vue il n’y a rien à redire, les enceintes avant assurent tout du long, les dialogues étant quant à eux exsudés avec force par la centrale. La Stéréo n’a souvent rien à envier à la DD 5.1. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également de la partie, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © Blaq Out / Films du Losange / Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
