Test Blu-ray / Deux moi, réalisé par Cédric Klapisch

DEUX MOI réalisé par Cédric Klapisch, disponible en DVD et Blu-ray le 15 janvier 2020 chez Studiocanal

Acteurs : François Civil, Ana Girardot, Camille Cottin, François Berléand, Simon Abkarian, Eye Haidara, Rebecca Marder, Pierre Niney…

Scénario : Santiago Amigorena, Cédric Klapisch

Photographie : Élodie Tahtane

Musique : Loïc Dury, Christophe Minck

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu’il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction… celle d’une histoire amour ?

Treizième long métrage de Cédric Klapisch, Deux moi marque le comeback du réalisateur dans sa chère capitale. Après New York dans Casse-tête chinois (2013) et la Bourgogne dans Ce qui nous lie (2017), le cinéaste a décidé de filmer à nouveau la Ville lumière et ses habitants comme il a toujours su le faire. On y retrouve les petits quartiers oubliés de Paris comme à l’époque de Chacun cherche son chat (1996) où Cédric Klapisch filmait le XIe arrondissement, même si Deux moi se partage essentiellement entre le XVIIIe et le XIXe, dans le quartier de la Chapelle-Marx Dormoy ou près du boulevard Macdonald. Un vrai retour aux sources très réussi pour cette chronique à la fois dramatique et poétique, douce-amère, ultra-sensible sur la solitude dans les grandes villes, où rayonne le couple vedette Ana Girardot et François Civil, déjà présents à l’affiche de Ce qui nous lie.

Réalisateur intergénérationnel, Cédric Klapisch livre un très beau film coécrit avec son comparse de toujours Santiago Amigorena. Cependant, ce dernier étant argentin, semble s’être largement inspiré du merveilleux Medianeras (2011), réalisé par Gustavo Taretto, même si rien ne l’indique au générique. Dans Medianeras, Martin (Javier Drolas) est phobique mais se soigne. Petit à petit, il parvient à sortir de son isolement, de son studio et de sa réalité virtuelle. Il est web designer. Mariana (magnifique Pilar López de Ayala) sort d’une relation longue. Elle est perdue et confuse, à l’image du désordre qui règne dans son appartement. Martin et Mariana vivent dans la même rue, dans des immeubles l’un en face de l’autre mais ne se sont jamais rencontrés. Ils fréquentent les mêmes endroits mais ne se remarquent pas. Comment peuvent-ils se rencontrer dans une ville de trois millions d’habitants, en l’occurrence Buenos Aires ? L’histoire de Deux moi est donc foncièrement la même, évidemment à quelques exceptions près.

A l’instar du film argentin, les murs mitoyens cloisonnent les habitants de Paris. Derrière ces murs, les réseaux sociaux rapprochent les gens du monde mais les éloignent de leurs propres voisins. Comédie-romantique sociologique, Deux moi se focalise sur deux êtes solitaires, en manque d’amour et de communication. La première travaille dans un laboratoire. Elle a du mal à se remettre d’une rupture et passe trop de temps à dormir, tandis que l’autre, manutentionnaire rescapé d’une compression de personnel qui a été muté dans un horrible open-space où il devient télévendeur, traîne un mal-être depuis sa plus tendre enfance et devient insomniaque. Quelque peu apeurés par l’extérieur, ils tentent de mettre le nez dehors grâce notamment à un soutien psychologique, interprété d’un côté par Camille Cottin, et de l’autre par François Berléand. Ces deux personnages terriblement attachants se croisent sans cesse sans se voir, dans le métro, chez l’épicier du coin (Simon Abkarian, sublime), dans la rue, jusqu’au jour où…

Léger, intelligent, passionnant, drôle et émouvant, bourré d’imagination et de charme, Deux moi est un véritable tourbillon de sentiments, qui agit comme une percée au microscope d’un quartier particulier d’une ville tentaculaire, ouverte sur l’extérieur mais où le désordre architectural finit par faire perdre leurs repères à ses habitants qui préfèrent finalement demeurer sur place. Véritable humaniste, Cédric Klapisch observe ses protagonistes avec une infinie tendresse contagieuse. Les acteurs sont beaux, très bien filmés, avec douceur, sans pathos, avec une empathie non feinte et qui donne envie d’aller à leur rencontre ou de les aider à se rapprocher. La mise en scène, très élégante, participe grandement à ce véritable bonheur filmé, cette fable légère et séduisante sur la vie moderne et ses tourments, qui interpelle autant qu’elle réjouit.

On en sort avec un grand sourire et le coeur gros. Et aussi une grosse pensée pour Renée Le Calm, actrice fétiche de Cédric Klapisch vue dans six de ses films, disparue à l’âge de cent ans et qui fait ici sa dernière apparition à l’écran.

LE BLU-RAY

Comme pour l’ensemble des films de Cédric Klapisch, à quelques exceptions près, Deux moi fait son apparition dans les bacs sous la bannière de Studiocanal. Le menu principal est animé et musical.

Est-ce en raison du succès timide de Deux moi dans les salles ? Toujours est-il que l’éditeur ne propose pas les scènes coupées au montage, mais juste un mini-reportage sur le tournage du film (5’). Quelques propos du réalisateur et des acteurs sont glanés ici et là, ainsi que diverses images de plateau.

L’Image et le son

L’éditeur livre un master HD de haute volée, lumineux, détaillé, élégant, formidablement contrasté et au piqué vif. Toutefois, si la définition n’est pas optimale avec des scènes sombres un peu trop douces, force est de constater le soin apporté au transfert. Le cadre bénéficie d’un beau traitement de faveur, les détails abondent sur les lumineuses séquences extérieures diurnes, Paris apparaît dans toute sa splendeur, les contrastes sont riches, la colorimétrie est bigarrée, la profondeur probante et la compression AVC consolide l’ensemble.

Sur ce Blu ray, Deux moiest disponible en DTS HD Master Audio 5.1 qui fait fondamentalement la part belle à la composition entêtante de Loïc Dury et Christophe Minck sur l’ensemble des enceintes. Les notes électro sont saisissantes. L’exploitation des latérales demeure néanmoins limitée sur les séquences en intérieur en se focalisant sur les dialogues, mais les surround s’animent dès que les personnages mettent le bout du nez dehors. Les ambiances naturelles sont aussi éclatantes. Il n’y a rien à redire concernant les frontales qui demeurent dynamiques et fluides. Le film est également disponible en 2.0 d’une pureté absolue et qui n’a souvent rien à envier à son homologue DTS HD Master Audio 5.1 du point de vue vigueur et ouverture des enceintes. Notons enfin que l’éditeur joint également une piste en audiodescription ainsi que des sous-titres français destinés au public sourd et malentendant et les sous-titres anglais.

Crédits images : © Studiocanal / Emmanuelle Jacobson-Roques / Ce qui me meut / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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