Test Blu-ray / Romance, réalisé par Catherine Breillat

ROMANCE réalisé par Catherine Breillat, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Caroline Ducey, Sagamore Stévenin, François Berléand, Rocco Siffredi, Reza Habuhossein, Ashley Wanninger, Emma Colberti, Fabien de Jomaron…

Scénario : Catherine Breillat

Photographie : Giorgos Arvanitis

Musique : Raphäel Tidas & DJ Valentin

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1999

LE FILM

Une jeune femme, Marie, vit avec son compagnon, Paul, une relation frustrante sur les plans émotionnel et sexuel. Elle a une relation sexuelle avec Paolo, un homme rencontré dans un bar. Son désir d’apaiser sa frustration la conduit ensuite à une série de relations, souvent éphémères, jusqu’à entamer un rapport sadomasochiste avec un homme plus âgé.

Avec Romance, Catherine Breillat connaît son plus grand succès public avec près de 350.000 entrées. Aujourd’hui pourtant, le film s’avère l’un des plus critiqués, pour ne pas dire rejetés de la part des spectateurs. Si ce sixième long-métrage de la cinéaste a surtout bénéficié d’un phénomène de curiosité, qui a poussé les spectateurs à découvrir cet opus dans les salles, il est dur de nos jours d’émettre un bon avis, d’autant plus que celui-ci se trouve entaché par la déclaration en 2024 de son actrice principale, Caroline Ducey (par ailleurs très bien), qui accuse la réalisatrice (qui l’a aussi dirigée dans l’excellent Une vieille maîtresse) d’avoir organisé un viol sur le tournage et de l’avoir manipulée. Catherine Breillat a démenti les propos de la comédienne, qui affirmait que son actrice avait été prévenue que les scènes de sexe ne seraient pas simulées. Si l’on reste concentré sur le film proprement dit, difficile de ne pas rire devant Romance avec ses dialogues pompeux que l’on penserait élaborés en intelligence artificielle (les répliques sont idéales pour une partie de Kamoulox entre amis), le jeu embarrassé de Rocco Siffredi, qui se demande quels propos il est en train dé-bite-r, sans oublier les apparitions de François Berléand, dont le personnage entreprend d’éduquer Marie au bondage. La chair est souvent triste chez Catherine Breillat, exposée comme des morceaux barbaque sur l’étalage d’un boucher-charcutier, dans le but d’essayer de comprendre pourquoi on en fait tout un foin, pourquoi c’est bon, pourquoi « on ne pense qu’à ça ». Rétrospectivement, Romance est une fausse route pour son auteure, qui se perd ici dans tous les clichés, dans ses névroses personnelles, au point que ce drame psychologique mute involontairement en comédie…

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Romance, réalisé par Catherine Breillat »

Test Blu-ray / L’Esclave, réalisé par Radley Metzger

L’ESCLAVE (The Image) réalisé par Radley Metzger, disponible en DVD & Blu-ray le 11 février 2026 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Mary Mendum, Carl Parker, Marilyn Roberts, Valerie Marron, Michelle Vence, Estelle McNalley, Nicole Rochambeau…

Scénario : Radley Metzger, d’après le roman L’Image de Catherine Robbe-Grillet

Photographie : Robert Lefebvre

Musique : George Craig

Durée : 1h31

Date de diffusion initiale : 1975

LE FILM

Lors d’une soirée mondaine Jean rencontre Claire, une vieille amie qu’il n’avait pas vue depuis longtemps. Elle est accompagnée d’une belle et jeune femme, Anne, qui ne dit mot, lui obéit au doigt et à l’oeil et qui fait forte impression à Jean. Rapidement Jean va être impliqué dans la relation de domination/soumission qui lie les deux femmes.

Il est parfois bon de se rincer l’oeil. Et quoi de mieux que de se replonger dans le cinéma érotico-porno des années 1970. L’Esclave ou The Image en version originale, connu aussi sous les titres The Punishment of Anne ou The Mistress and the Slave est réalisé par Radley Metzger (1929-2017). Si ce nom ne vous dit rien ou pas grand-chose, nous avions déjà parlé d’un de ses opus les plus célèbres, Le Chat et le canariThe Cat and the Canary (1978), sorti chez Rimini dans sa collection Angoisse. Cette adaptation d’une pièce de théâtre de John Willard, étrange, mais passionnant mélangeait les genres, en combinant à la fois le film d’horreur (plusieurs meurtres y sont commis), l’enquête policière (un assassin se cache dans une demeure) et le whodunit (le meurtrier en question est peut-être dissimulé parmi les personnages principaux). L’Esclave est la transposition de L’Image (éditions de Minuit, 1956) de Catherine Robbe-Grillet, femme de lettres, à ses heures actrice chez son conjoint Alain Robbe-Grillet, connue pour son œuvre abordant frontalement le sujet du BDSM et également comme maîtresse de cérémonie sadomasochiste. Il faut bien arrondir ses fins de mois. Publié sous le pseudonyme de Jean de Berg, L’Image connaît de sérieux problèmes avec la censure, au point d’être refusé à deux reprises. L’ouvrage détonne dans la France de René Coty. 1969, année érotique. 1974, Emmanuelle de Just Jaeckin sort au cinéma. 9 millions d’entrées en France, 4 millions en Allemagne, 3,7 millions en Espagne. Les producteurs s’engouffrent dans la brèche. Sans métaphore. 1975, Radley Metzger met en scène L’Esclave et respecte le roman original en situant son action à Paris. À la production, un certain Max Pécas via sa société Les Films du Griffon, qui avait déjà à son actif Club privé, Sexuellement vôtre, Je suis frigide…pourquoi ?, Les Liaisons particulières…Sa griffe est indéniable dans L’Esclave, où on y retrouve cette esthétique ouatée du film érotique ou film « de charme ». Mais il s’agit en fait d’un deal entre Max Pécas et Radley Metzger, puisque le second assurait en réalité la distribution des films du premier sur le sol américain. Beau à regarder, The Image est le formidable représentant d’un genre éculé, aujourd’hui décrié par les plus « sensibles », qui ravit pourtant les sens, notamment par son esthétique léchée. Non, nous ne ferons pas de jeux de mots.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / L’Esclave, réalisé par Radley Metzger »

Test Blu-ray / All Ladies Do It, réalisé par Tinto Brass

ALL LADIES DO IT (Così fan tutte) réalisé par Tinto Brass, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 4 novembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Claudia Koll, Paolo Lanza, Franco Branciaroli, Isabella Deiana, Renzo Rinaldi, Ornella Marcucci, Marco Marciani, Maurizio Martinoli…

Scénario : Tinto Brass, Francesco Costa & Bernardino Zapponi, d’après l’opéra de Mozart

Photographie : Massimo Di Venanzo & Silvano Ippoliti

Musique : Pino Donaggio

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

Si, au terme de cinq ans de mariage, Diana aime toujours Paolo, elle rêve aussi de nouvelles expériences dans les bras d’autres hommes. Un séduisant antiquaire français, un premier flirt sur le retour… Les amants vont et viennent dans un tourbillon de liaisons scandaleuses. Plutôt que de cacher la vérité de ses infidélités à Paolo, Diana les lui raconte, toutes. Autant de récits qui ajoutent du piment à une vie de couple pourtant pas à l’abri des démons de la jalousie…

Quand il tourne Così fan tutte, l’amico Tinto Brass trône depuis dix ans comme étant le « Sergio Leone du cul » et ce dès le succès monstre rencontré par La ClefLa Chiave (1983), porté par la sublime Stefania Sandrelli. Après celui-ci, le cinéaste a mis les bouchées doubles avec le génial Miranda (1985) et l’envoûtant Paprika (1991). Le tournant des années 1990 n’a rien changé pour Tinto Brass, qui continue sur sa lancée, quand bien même nombreux sont ses détracteurs qui jugent son cinéma ana(l)chroNique. All Ladies Do It, autre titre de Così fan tutte, est une autre comédie érotique, qui met cette fois en vedette l’actrice Claudia Koll, nom de scène de Claudia Maria Rosaria Colacione, alors âgée de 27 ans au moment du tournage et qui deviendra par la suite une diva érotique dans l’Italie de la première moitié des années 1990. Visage récurrent de la télévision transalpine, Claudia Koll, présentera le célèbre festival de Sanremo, donnera la réplique au monstre Nino Manfredi dans la série Linda e il brigadiere, jouera pour Lamberto Bava, avant de se tourner vers Dieu et les associations caritatives. Mais pour l’heure, elle n’est sûrement pas avare de ses charmes dans All Ladies Do It et détient une place particulière dans le cheptel du maestro. Loin d’avoir les formes rebondies des autres héroïnes brassiennes, Claudia Koll étonne, détonne même et marque donc les esprits, ainsi que le bas-ventre des spectateurs. Ôde à la sodomie, All Ladies Do It est aussi une radiographie ironique du couple et de ses conventions, dans laquelle Tinto Brass met les femmes à égalité avec les hommes et montre d’ailleurs que ces derniers font pâle figure à côté des premières, qui quand elles ont décidé d’être libres, le sont vraiment et totalement. Tinto Brass, réalisateur féministe, vous en doutiez ?

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / All Ladies Do It, réalisé par Tinto Brass »

Test Blu-ray / Paprika, réalisé par Tinto Brass

PAPRIKA réalisé par Tinto Brass, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 4 novembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Debora Caprioglio, Stéphane Ferrara, Martine Brochard, Stéphane Bonnet, Rossana Gavinel, Renzo Rinaldi, Conte Bastiano…

Scénario : Tinto Brass & Bernardino Zapponi, d’après le roman Fanny Hill de John Cleland

Photographie : Silvano Ippoliti

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 1991

LE FILM

Belle à croquer et encore jeunette, Mimma aime follement Nino, au point qu’elle vend son corps pour ses beaux yeux. Devenue, sous le nom de Paprika, la pensionnaire la plus populaire de la maison close de Mme Colette, la jeune femme oublie vite son premier amour pour se consoler dans les bras d’un beau marin. D’un établissement de plaisir à l’autre, de la France à l’Italie, où prêtres et politiciens se bousculent à sa porte, Paprika fait tourner les têtes et valser les caleçons.

Aaaah Paprika…c’est tout un poème comme le chantait Yves Montand. Assurément l’une des plus grandes héroïnes de Tinto Brass, Mimma, surnommée Paprika en raison de sa nature caliente, fait partie des « meneuses » dans le cheptel de son auteur. Incarnée par l’impressionnante Debora Caprioglio, excessivement généreuse, plantureuse (euphémisme) créature, Paprika marque le retour du maestro à un érotisme encore plus exacerbé. Superbe portrait de femme libre, qui fait ce qu’elle veut de son cul (qu’elle a comme une mandoline) et qui ne s’en prive pas, Paprika se double cette fois d’un « hommage » aux maisons closes, que le sieur Brass a toujours fréquenté dans sa vie. D’où une vision fantasmée, idéalisée, rêvée et donc mise en scène de façon stylisée à travers des décors que l’on imagine tout droit sortis d’un rêve (mouillé). Rétrospectivement, Paprika, sorti en 1991, est l’un des plus beaux longs-métrages du Maestro del Culo, un des plus passionnants aussi, comme un mix entre Salon Kitty et Miranda. Inoubliable.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Paprika, réalisé par Tinto Brass »

Test Blu-ray / Les Rites sexuels du Diable, réalisé par José Ramón Larraz

LES RITES SEXUELS DU DIABLE (Los Ritos sexuales del diablo) réalisé par José Ramón Larraz, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 2 septembre 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Helga Liné, Vanessa Hidalgo, Jeffrey Healey, Alfred Lucchetti, Manuel Gómez-Álvarez, Carmen Carriónn, Julia Caballero, Tito Valverde…

Scénario : José Ramón Larraz

Photographie : Juan Mariné

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1982

LE FILM

Après la mort brutale de son frère, Carol se rend en Angleterre avec son fiancé chez sa belle-sœur. Très vite, elle découvre que cette dernière s’adonne à des pratiques de messes noires, au sein d’une secte d’adorateurs du Diable. L’aversion de Carol devant ces orgies de sexe et de débauche vire au cauchemar lorsque son fiancé est entraîné dans le groupe.

Les Rites sexuels du diable ou Los Ritos sexuales del diablo en version originale, ou bien encore Black Candles comme il a été vendu et exploité un peu partout dans le monde à sa sortie en 1982 (on a même eu droit à Orgía diabólica au Mexique, ainsi qu’à Hot Fantasies et Naked Dreams aux States pour sa sortie en VHS) n’est pas – comme son titre l’indique – un drame existentiel. Le produit correspond à l’étiquette, pas besoin de regarder les ingrédients, il y a donc plusieurs cérémonials à caractère libidinal réalisés par quelques adorateurs de l’antichrist qui se succèdent à l’écran durant 85 minutes. Écrit et mis en scène par José Ramón Larraz, dont il s’agit du premier titre proposé en DVD & Blu-ray en France, Les Rites sexuels du diable est un pur produit d’exploitation remontant à 1982, qui compile parties de jambes en l’air, ambiance à la Rosemary’s Baby et décors de la campagne anglaise que n’auraient pas renié Pete Walker (Mortelles confessions, Flagellations et Frightmare) ou certaines pointures provenant des écuries Hammer ou Amicus. Mais nous sommes également proches d’un autre opus ibérique sorti quatre ans plus tôt, Escalofrio, signé Carlos Puerto, autre huis clos qui voyait un couple, qui acceptait une invitation chaleureuse à passer un moment dans une magnifique demeure, où les choses se déroulaient bizarrement, avant de tomber purement et simplement dans la magie noire. Plus déséquilibré, Les Rites sexuels du diable multiplie les scènes érotiques, comme s’il fallait combler d’autres trous (ceux du récit bien sûr), même si certaines séquences, à l’instar de la branlette d’un bouc qu’on échauffe avant que la bête se glisse entre les cuisses d’une demoiselle élue par l’assemblée, étonnent par leur audace, pour ne pas dire par leur beauté formelle. Une vraie curiosité.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Les Rites sexuels du Diable, réalisé par José Ramón Larraz »

Test Blu-ray / Vénus en fourrure, réalisé par Massimo Dallamano

VÉNUS EN FOURRURE (Venere in peliccia – Le Malizie di Venere) réalisé par Massimo Dallamano, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 4 mars 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Laura Antonelli, Régis Vallée, Loren Ewing, Renate Kasché, Werner Pochath, Mady Rahl, Wolf Ackva, Peter Heeg, Josil Raquel…

Scénario : Fabio Massimo, d’après l’oeuvre de Leopold von Sacher-Masoch

Photographie : Sergio d’Offizi

Musique : Gianfranco Reverberi

Durée : 1h23

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Le romancier Séverin, en quête d’un sujet pris sur le vif, assiste par un trou aménagé dans le mur au spectacle des plaisirs de Wanda, une célèbre call-girl arrivée pour se reposer dans l’auberge où il séjourne. Repris alors par une obsession érotique qui remonte à sa plus tendre enfance, Séverin décide de posséder Wanda.

Laura Antonelli begins…enfin, pas vraiment. En effet, la belle (euphémisme) avait déjà dévoilé ses charmes en 1966 dans l’improbable et frappadingue L’Espion qui venait du surgelé Le spie vengono dal semifreddo de Mario Bava, dans lequel, alors âgée de 25 ans, elle illuminait le film de son sex-appeal en passant quasiment tout le métrage en petite nuisette affriolante. 1969, année érotique, mais pas que(eue). Alors qu’elle apparaît dans Exécutions Un detective de Romolo Guerrieri, distribué dans les salles italiennes, Laura Antonelli tient le rôle-titre de Vénus en fourrure Venere in peliccia de Massimo Dallamano (1917-1976), coproduction germano-helvético-italienne, qui n’aura pas l’honneur de sortir de l’autre côté des Alpes, ou tout du moins dans une combinaison de salles restreintes, avant d’être rapidement retiré de la circulation en raison de la censure. Elle y fait pourtant sensation en s’affichant pour la première fois dans le simple appareil et ce à de multiples reprises (et dès les premières secondes), dans quelques scènes érotiques assez osées pour l’époque. C’est en découvrant ce film (et sa prestation) dans quelques copies qui circulaient sous le manteau, que des producteurs et réalisateurs italiens décident de l’engager peu de temps après, jusqu’à exploser littéralement avec les triomphes successifs de Ma femme est un violon Il merlo maschio de Pasquale Festa Campanile et du mythique MaliciaMalizia de Salvatore Samperi. Une star est née, ou est sur le point de naître dans Vénus en fourrure, romance dramatique évidemment inspirée de l’oeuvre de Leopold von Sacher-Masoch (le « masochisme » vient de son nom) publiée en 1870, mais librement et qui donne matière au réalisateur Massimo Dallamano, pour expérimenter le cadre et ses remarquables recherches plastiques. Ainsi, Laura Antonelli apparaît comme étant un fascinant « objet » à sculpter et si la comédienne est parfois maladroite dans son jeu, elle reste encore aujourd’hui l’une des plus fascinantes créatures de l’histoire du cinéma.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Vénus en fourrure, réalisé par Massimo Dallamano »

Test Blu-ray / Une nuit mouvementée, réalisé par Mario Bava

UNE NUIT MOUVEMENTÉE (Quante volte… quella notte) réalisé par Mario Bava, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Daniela Giordano, Brett Halsey, Dick Randall, Valeria Sabel, Rainer Basedow, Brigitte Skay, Calisto Calisti, Pascale Petit…

Scénario : Mario Moroni, Charles Ross & Guido Leoni

Photographie : Antonio Rinaldi

Musique : Coriolano Gori

Durée : 1h23

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Dragueur invétéré, Gianni Prada sillonne les rues de Rome, à la recherche de quelques jolies filles. Il finit par repérer, puis aborder dans un parc une jeune femme attrayante, Tina. Le soir même, il passe la chercher chez sa mère qui, malgré quelques réticences, les laisse sortir en discothèque. Après quoi, Gianni prend l’initiative de la ramener chez lui, prétextant un coup de fil important. Le couple passe la nuit ensemble dans l’appartement du jeune homme. Au matin, Tina retourne chez sa mère, la robe déchirée. Elle affirme que Gianni a tenté de la violer.

Qui parmi les fans (et Dieu sait s’il y en a) de Mario Bava (1914-1980) se souvient encore d’Une nuit mouvementée Quante volte…quelle notte ? Cette comédie érotique dissimulée entre La Baie sanglante Reazione a catena, Baron vampire Gli orrori del castello di Norimberga et Lisa et le diable Lisa e il diavolo est la seule incursion dans ce genre du maître italien, qui ne portait pas le registre humoristique dans son coeur et qu’il n’hésitait pas à renier par la suite, au même titre que l’improbable (mais recommandé) L’Espion qui venait du surgeléLe Spie vengono dal semifreddo (1966). Pourtant, même si effectivement Une nuit mouvementée ne restera pas dans les annales et a peu marqué les mémoires, il y a toujours quelque chose de bon à prendre dans cet opus et la star du film demeure incontestablement Mario Bava. Ce dernier fait honneur à la couleur dans Quante volte…quelle notte et s’associe une fois de plus avec le chef opérateur Antonio Rinaldi pour « peindre » directement sur la pellicule et ce dès le générique qui rappelle celui de La Panthère rose de Blake Edwards. Cette explosion de couleurs est l’un des gros points forts d’Une nuit mouvementée, bel objet cinématographique à étudier pour les amateurs et les passionnés de Mario Bava. Mais l’autre atout, non négligeable, est la présence en haut de l’affiche de la sublime Daniela Giordano, miss Italie 1966, très convoitée par les réalisateurs, qui porte le film sur ses belles épaules dénudées. Assurément une curiosité dans la carrière du cinéaste.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Une nuit mouvementée, réalisé par Mario Bava »

Test Blu-ray / Une vraie jeune fille, réalisé par Catherine Breillat

UNE VRAIE JEUNE FILLE réalisé par Catherine Breillat, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Charlotte Alexandra, Hiram Keller, Rita Maiden, Bruno Balp, Georges Guéret, Shirley Stoler…

Scénario : Catherine Breillat, d’après son roman Le Soupirail

Photographie : Pierre Fattori & Patrick Godaert

Musique : Mort Shuman

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1976

LE FILM

Alice Bonnard vient passer ses vacances chez ses parents dans les Landes. Ils possèdent une scierie ou ils emploient un jeune garcon, Jim. Alice se sent très attirée par le jeune homme.

Nous sommes à la moitié des années 1970 et Catherine Breillat se voit offrir l’opportunité de réaliser l’adaptation de son quatrième roman intitulé Le Soupirail (éditions Guy Authier, 1974). Ce premier long-métrage, intitulé Une vraie jeune fille ne pourra pas sortir sur les écrans comme prévu (classé X, le film perd son distributeur et son producteur fait faillite) et devra pour cela attendre une vingtaine d’années. Quand on découvre Une vraie jeune fille quasiment cinquante ans après sa confection, on se rend compte que TOUT Breillat est déjà dans cette première œuvre coup de poing (certains diront même un fist), redoutablement transgressive, (dé)culottée, qui s’inscrit de façon indélébile dans la mémoire des cinéphiles, trop heureux de pouvoir enfin analyser, vivre, ressentir cette pierre fondatrice, matricielle d’une des filmographies les plus singulières du cinéma hexagonal.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Une vraie jeune fille, réalisé par Catherine Breillat »

Test Blu-ray / Anatomie de l’enfer, réalisé par Catherine Breillat

ANATOMIE DE L’ENFER réalisé par Catherine Breillat, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Amira Casar, Rocco Siffredi, Alexandre Belin, Manuel Taglang, Jacques Monge, Claudio Carvalho, Carolina Lopes, Diego Rodrigues…

Scénario : Catherine Breillat, d’après son roman Pornocratie

Photographie : Giorgos Arvanitis & Guillaume Schiffman

Musique : D’Julz

Durée : 1h17

Date de sortie initiale : 2004

LE FILM

Au bord de l’ennui, une femme seule et déprimée paie un homosexuel pour qu’il se joigne à elle pour une exploration audacieuse de la sexualité qui durera quatre jours et au cours de laquelle tous deux rejetteront toutes les conventions et briseront toutes les frontières, enfermés à l’écart de la société dans un domaine isolé. Ce n’est qu’en affrontant les aspects les plus inavouables de leur sexualité que l’homme et la femme parviendront à une compréhension pure de la façon dont les sexes se perçoivent l’un l’autre.

Anatomie de l’enfer est le dixième long-métrage de Catherine Breillat et sa seconde collaboration avec Rocco Siffredi, cinq ans après Romance, avec lequel la star du porno faisait ses premiers dans le cinéma dit « traditionnel ». La réalisatrice profite du charisme indéniable de sa tête de bite d’affiche et lui offre un rôle étonnant, évidemment à mille lieues de ce qu’il exécute habitetuellement (décidément), avec lequel il prouve une fois de plus un vrai talent dramatique. Le pari était pourtant risqué, d’autant plus qu’il donne la (douloureuse) réplique à Amira Casar, comédienne éclectique, aussi à l’aise chez Thomas Gilou (les trois premiers volets de La Vérité si je mens!) que chez Anne Fontaine (Comment j’ai tué mon père). Celle-ci commençait à prendre un virage dans sa carrière, se tournant de plus en plus vers le cinéma d’auteur (Carlos Saura, Gaël Morel, les frères Larrieu), Anatomie de l’enfer marquant définitivement un carrefour, une rupture dans sa filmographie. On pourra cette fois encore reprocher à la cinéaste un côté hermétique de certains dialogues (« La fragilité des chairs féminines impose le dégoût et la brutalité »), partis-pris qui pourront faire rire de nombreux spectateurs peu habitués à l’univers de Catherine Breillat, mais aussi cette mauvaise habitude de montrer du doigt les hommes qui salissent tout ce qu’ils touchent, les femmes en particulier et même en premier lieu. Mais Anatomie de l’enfer, film à la durée ramassée (1h15 montre en main) parvient sans mal à créer un état d’hypnose, un engourdissement (pour ne pas une dire une léthargie pour certains), pour que l’on puisse aller au bout de cette « expérience » menée à la fois par la réalisatrice, mais aussi de ses personnages-marionnettes.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Anatomie de l’enfer, réalisé par Catherine Breillat »

Test Blu-ray / Péché véniel, réalisé par Salvatore Samperi

PÉCHÉ VÉNIEL (Peccato veniale) réalisé par Salvatore Samperi, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD le 5 décembre 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Laura Antonelli, Alessandro Momo, Orazio Orlando, Lilla Brignone, Tino Carraro, Monica Guerritore, Lino Toffolo, Stefano Amato, Lino Banfi…

Scénario : Ottavio Jemma & Alessandro Parenzo

Photographie : Tonino Delli Colli

Musique : Fred Bongusto

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Dans la station balnéaire de Versilia où il passe ses vacances, le jeune Sandro passe le plus clair de son temps à feuilleter des revues érotiques et à observer les filles sur la plage. Son frère ainé contraint de s’absenter, il porte toute son attention sur Laura, sa belle-sœur, une femme terriblement attirante dont il est chargé de prendre soin. Et, effectivement, Sandro se montre tout particulièrement attentionné à l’égard de la belle Laura…

Aujourd’hui encore, Malicia (ou Malizia pour les puristes) de Salvatore Samperi, figure dans le top 20 des plus grands succès de l’histoire du cinéma en Italie, avec plus de 11,7 millions de spectateurs, ce qui lui avait valu la même année la troisième marche sur le podium, juste derrière les 21,7 millions d’entrées du Parrain et les 15,6 millions du Dernier Tango à Paris. Ce triomphe international allait faire de son actrice, Laura Antonelli, l’un des sex-symbols les plus célèbres des années 1970. La comédienne, peu avare de ses charmes (et quels charmes!) depuis le bandant (mais pas queue) Ma femme est un violon Il merlo maschio de Pasquale Festa Campanile, enfonce le clou avec le tordant (et turgescent) Sexe fou Sessomatto de Dino Risi. Mais Salvatore Samperi (1944-2009) a de la suite dans les idées, ou presque, autrement dit réunir les deux têtes d’affiche de Malicia, Laura Antonelli et Alessandro Momo, les mêmes auteurs, Ottavio Jemma (La Fille de Trieste, La Proie de l’autostop, Sacco et Vanzetti, L’Amour à cheval) et Alessandro Parenzo (Les Chiens enragés, Qui l’a vue mourir?), y compris le même compositeur, Fred Bongusto (Les Ordres sont les ordres, Venez donc prendre le café chez nous, Exécutions, L’Homme à la Ferrari). Toujours sous la houlette du producteur Silvio Clementelli (Les Adolescentes, Il Bidone), le réalisateur surfe bien sûr sur son hit précédent, prolonge les thèmes qu’il abordait précédemment. Intensément sensuel, Péché véniel est avant tout le récit d’apprentissage, sentimental et sexuel d’un adolescent de seize ans, qui n’est en aucun cas un copier-coller de Malicia, mais à (re)voir plutôt comme une version alternative, par ailleurs nullement redondante. Les deux longs-métrages se complètement parfaitement et Péché véniel repose aussi bien sur l’extraordinaire beauté de son actrice principale, mais aussi et surtout sur son jeu beaucoup plus fin, intelligent et pertinent qu’on avait bien trop souvent tendance à sous-estimer. Une très grande réussite.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Péché véniel, réalisé par Salvatore Samperi »