Test DVD / Aux jours qui viennent, réalisé par Nathalie Najem

AUX JOURS QUI VIENNENT réalisé par Nathalie Najem, disponible en DVD le 14 novembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Zita Hanrot, Bastien Bouillon, Alexia Chardard, Marianne Basler, Aurélien Gabrielli, Henri-Noël Tabary, Salim Talbi, Anaël Guez…

Scénario : Nathalie Najem, Olivier Gorce & Mariette Désert

Durée : 1h36

Année de sortie : 2025

LE FILM

Laura, la trentaine, essaie de se reconstruire après une relation tumultueuse avec Joachim. Elle mène une vie en apparence tranquille, en élevant seule sa petite fille. Mais l’accident de Shirine, la nouvelle compagne de Joachim, va faire ressurgir son passé.

Encore un long-métrage fort prometteur et qui impose d’emblée une nouvelle réalisatrice à suivre de près. Il s’agit d’Aux jours qui viennent, mis en scène par Nathalie Najem, qui réunit Zita Hanrot et Bastien Bouillon, déjà à l’affiche de l’excellent Carnivores de Jérémie et Yannick Renier, sorti en 2018. Après deux courts-métrages, dont le déjà fort prometteur Baby Love (2016), et plusieurs scénarios de films remarqués, Ordo (2004), de Laurence Ferreira Barbosa, adapté de Donald Westlake, Le Dernier des fous (2006) de Laurent Achard, Vie sauvage (2014) de Cédric Kahn, Gaspard va au mariage (2017) de Antony Cordier et La Ligne (2022) de Ursula Meier, Nathalie Najem passe le cap du format large et signe une œuvre bouleversante, qui traite des violences conjugales, montrées comme un poison qui contamine la vie de deux femmes, distillé par un même homme, qui après avoir rendu la vie impossible de son ancienne compagne, entreprend de faire de même avec celle qui partage désormais son existence. Aux jours qui viennent est un drame viscéral, forcément et malheureusement toujours d’actualité (et ce sera éternellement le cas), qui prend aux tripes comme un thriller et qui s’avère l’une des plus belles découvertes de 2025.

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Test Blu-ray / Steel Flower, réalisé par Park Seok-Yeong

STEEL FLOWER (Seutil peullawo) réalisé par Park Seok-Yeong, disponible en Blu-ray le 30 juillet 2025 chez Badlands.

Acteurs : Jeong Ha-Dam, Kim Tae-Hee, Park Myeong-Hoon, Choi Moon-Sook, An Yu…

Scénario : Park Seok-Yeong

Photographie : Park Hyeong Ik & Oh Tae-Seung

Musique : Kim Dong-Gi

Durée : 1h23

Date de sortie initiale : 2015

LE FILM

Une sans-abri se loge dans des maisons vides pour essayer de s’en sortir. Durant l’hiver, elle quitte Séoul pour aller chercher du travail sur Busan, mais elle ne parvient pas à grand-chose sans téléphone ni adresse. Par-dessus tout, elle se fait souvent duper par les gens et n’a personne à qui parler.

Au centre de sa trilogie dite des « Fleurs », constituée de Wild Flower (2014), Steel Flower (2015) et de Ash Flower (2017), le réalisateur Park Seok-Yeong (né en 1973) place au centre une comédienne unique, Jeong Ha-dam. Née en 1994, celle-ci se fond dans un personnage, que l’on pourrait définir comme étant proche de ce qu’elle est en réalité et qui s’appelle d’ailleurs Ha-dam. À la fois portrait dressé d’une jeunesse livrée à elle-même et constat implacable d’une nouvelle génération laissée sur le carreau, Steel Flower est une plongée immersive dans le quotidien d’une jeune femme. Ha-dam tente de survivre dans la société d’aujourd’hui, en se demandant constamment où elle va pouvoir dormir la nuit prochaine et comment elle pourra se nourrir, dignement, sans avoir recours à la mendicité, en recherchant constamment un petit job qui lui permettra de se remplir le ventre et de trouver un toit au -dessus de sa tête. On suit donc Ha-dam, sans-abri, quasi-muette, qui débarque à Busan dans l’espoir de trouver du travail, mais qui se heurte à un refus à chaque étape. Ha-dam est là sans l’être, ou plutôt la plupart ferait tout pour ne pas la voir, comme s’il s’agissait d’un spectre qui fait tâche dans la société coréenne trop bien réglée et où rien ne devrait dépasser. Par sa mise en scène heurtée, chaotique, avec une caméra portée, Park Seok-Yeong implique le spectateur du début à la fin, colle au plus près de son personnage principal, qu’on ne quittera pas une seconde, qu’on accompagne dans son périple de tous les jours. Steel Flower peut se voir indépendamment des deux autres opus « Flower ». L’auteur de ces mots ne les a pas vus, mais ce second opus donne sérieusement envie de découvrir les autres. Assurément une belle découverte sensorielle que ce cinéaste coréen et formidable révélation que son actrice principale.

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Test Blu-ray / Lola, réalisé par Bigas Luna

LOLA réalisé par Bigas Luna, disponible en Coffret Combo Blu-ray + DVD + Livre le 7 octobre 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Ángela Molina, Patrick Bauchau, Féodor Atkine, Assumpta Serna, Carme Sansa, Pepa Lopez, Constantino Romero…

Scénario : Luis Hercé, Bigas Luna & Enrique Viciano

Photographie : Josep M. Civit

Musique : José Manuel Pagán

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1986

LE FILM

Lola s’éloigne de Mario, son amant alcoolique et violent à son égard. Cinq ans plus tard, elle est mariée avec Robert, un chef d’entreprise français, et vit dans son confort bourgeois avec leur fille Ana. C’est à ce moment que Mario retrouve Lola.

Dans la carrière de Bigas Luna, Lola intervient après un rapide passage par les États-Unis, où le réalisateur a tourné Reborn, connu aussi sous le titre espagnol Renacer, dans lequel il dirigeait Dennis Hopper. Un échec cinglant dans les salles. Il revient en terre ibérique et crée la série Kiu i els seus amics en 1985, qui le remet en selle. Il peut donc signer son retour au cinéma en 1986 avec Lola, qui change du tout au tout avec Bilbao et Caniche, puisque Bigas Luna joue ici avec le thriller néo-noir, teinté d’histoire d’amour « contrariée », les guillemets n’étant pas de trop. Bien sûr, Lola n’est pas un film comme les autres. Oeuvre hybride, pensée pour contenter les spectateurs en quête d’émotions fortes dans le bas-ventre et les amateurs de film de genre, Lola est avant tout un portrait de femme forte et indépendante, qui fait ce qu’elle veut de son séant et qui tente de lutter contre ses penchants sexuels teintés de violence (« consentie »), tandis que son cerveau aspire à plus de d’équilibre et de tranquillité. Autant dire que la psychologie des personnages est on ne peut plus complexe et Lola vaut non seulement pour la mise en scène toujours aspirée et frontale de Bigas Luna, mais aussi pour l’interprétation habitée de ses trois têtes d’affiche, l’espagnole Ángela Molina (dans le rôle-titre), le belge Patrick Bauchau et le français Féodor Atkine. Grand succès du réalisateur, Lola est étrangement souvent oublié aujourd’hui quand on évoque la carrière du cinéaste. Raison de plus pour le réhabiliter quarante ans après sa sortie.

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Test Blu-ray / Caniche, réalisé par Bigas Luna

CANICHE réalisé par Bigas Luna, disponible en Coffret Combo Blu-ray + DVD + Livre le 7 octobre 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Àngel Jové, Consol Tura, Linda Pérez Gallardo, Cruz Tobar, Sara Grey…

Scénario : Bigas Luna

Photographie : Pedro Aznar

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1979

LE FILM

Bernardo et sa sœur Eloisa vivent dans une grande maison héritée d’une vieille tante récemment décédée. Petit à petit, une étrange relation se met en place entre eux deux et Dani, un caniche un peu trop présent…

Bigas Luna, suite. Après le succès rencontré par Bilbao, le réalisateur enchaîne rapidement avec Caniche, inspiré par une anecdote personnelle de Salvador Dali. Celui-ci aurait confié à Bigas Luna que devant quitter l’Espagne franquiste de toute urgence, sa compagne Gala et lui auraient décidé de manger leur chien bien aimé, afin de « le garder avec eux », plutôt que de se résigner à l’abandonner. Allez savoir avec Daliiiiii si ce récit est vrai…S’il est sans doute plus vraisemblable de penser qu’il s’agissait d’un lapin, le cinéaste ibérique allait prendre ce souvenir comme point de départ de Caniche, l’un de ses films les plus controversés, et pour cause. Comme s’il pouvait enfin se permettre d’aborder encore plus frontalement certains sujets, Bigas Luna évoque rien de moins que les sujets de l’inceste et de la zoophilie. La critique de l’époque a d’ailleurs retenu uniquement les scènes plus choquantes de Caniche, et Dieu sait qu’elles le sont, sans chercher à comprendre où l’auteur souhaitait en venir. Huis clos asphyxiant où les deux personnages principaux vivent repliés sur eux-mêmes en compagnie d’un petit chien qui prend trop de place, Caniche évoque la résultante de quarante ans de régime totalitaire, qui a rendu les individus fous, déconnectés de la réalité, pervers, et qui ont survécu en s’adaptant comme ils le pouvaient, loin du monde extérieur comme ils l’étaient. Encore plus radical que Bilbao, Caniche décontenancera une bonne partie du public et le film, malgré le Prix de l’Âge d’or remporté en 1981 (récompense décernée par la Cinémathèque royale de Belgique et le musée du cinéma de Bruxelles), connaîtra un succès moindre que le précédent. Aujourd’hui, rétrospectivement, Caniche apparaît comme étant l’une des œuvres les plus dérangeantes de Bigas Luna, l’une des plus déconseillées aux âmes sensibles. En un mot, Caniche est aussi morbide qu’indispensable.

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Test Blu-ray / Bilbao, réalisé par Bigas Luna

BILBAO réalisé par Bigas Luna, disponible en Coffret Combo Blu-ray + DVD + Livre le 7 octobre 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Àngel Jové, María Martín, Isabel Pisano, Francisco Falcon, Jordi Torras, Pepita Llunell, Marta Molins…

Scénario : Bigas Luna

Photographie : Pedro Aznar

Musique : Iceberg

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

Leo qui vit avec Maria qui pourrait être sa tante avec laquelle il répond à ses fantasmes sexuels, est obsédé par Bilbao, une femme prostituée et strip-teaseuse qu’il veut posséder et transformer selon ses obsessions.

José Juan Bigas Luna (1946-2013), ou tout simplement Bigas Luna pour les intimes et cinéphiles, est l’un des réalisateurs espagnols les plus importants de l’histoire du cinéma. Réputé pour ses œuvres sulfureuses comme Jambon, jambonJamón, jamón (1992) et La Lune et le Téton La teta y la luna (1994), celui-ci n’était pourtant pas prédisposé au septième art. Après des études universitaires en économie, Bigas Luna devient designer industriel et d’intérieur, tout en s’adonnant à l’une de ses autres passions, la peinture, art où il excelle et qui lui permet d’être exposé. C’est d’ailleurs au cours d’une galerie qui lui est consacrée, qu’il rencontre Salvador Dalí, avec lequel il se lie d’amitié. Petit à petit, Bigas Luna en vient à la vidéo, toujours dans le cadre d’une de ses expositions. Grâce au format court, il expérimente sur le cadre et les corps. Cela le conduit à son premier long-métrage, TatouageTatuaje (1976), où les thèmes du fétichisme et de l’obsession sont déjà au rendez-vous. Alors que la dictature franquiste connaît ses dernières heures et que l’Espagne se réveille d’une gueule de bois qui aura duré quatre décennies, Bigas Luna est bien décidé à briser tous les tabous grâce à ce nouveau médium qui lui convient totalement et dans lequel il peut s’exprimer pleinement. 1978, Bilbao fait l’effet d’une explosion dans le cinéma ibérique. Dans la continuité de Tatouage, dans lequel le cinéaste suivait un détective privé qui menait l’enquête sur la mort d’un inconnu tatoué, Bigas Luna suit l’itinéraire d’un autre individu, perdu dans ses pensées, sauf que cette fois cet homme étrange ne pense qu’à une « chose », Bilbao. Non pas la ville située au Nord de l’Espagne, mais une prostituée, sujet principal de toutes ses réflexions. Avec sa caméra 16mm, le « director » plonge dans les rues sombres et éclairées aux néons de Barcelone, en s’attachant au milieu de la nuit, quand Bilbao entre en scène, entreprend un striptease sur scène, où elle dévoile ses charmes affriolants aux spectateurs au front perlé de sueur. Étrangement, Bilbao annonce Schizophrenia (1983) de Gerald Kargl, qui suit un psychopathe libéré de prison après avoir purgé une longue peine pour un meurtre qu’il a commis sans mobile ni préméditation. Errant en ville, il retrouve le monde avec une seule idée en tête : tuer à nouveau. Dans Bilbao, on adopte le point de vue d’un homme, à l’aube de la quarantaine, qui n’a qu’une idée fixe, « s’emparer » de Bilbao, ramenée, rabaissée à l’état de « chose » comme il la qualifie lui-même, pour la posséder, pour qu’elle ne soit qu’à lui seul. Véritable choc de l’industrie cinématographique des années 70, Bilbao demeure encore aujourd’hui une expérience rare. Bigas Luna s’associe au chef opérateur Pedro Aznar, qu’il retrouvera sur Caniche, pour proposer aux spectateurs une plongée dans les méandres d’un esprit dérangé. Pendant 1h30, le monologue intérieur omniprésent, calme et réfléchi du personnage principal, tente de relativiser le côté injustifiable de ses actes et ne laisse aucune échappatoire aux spectateurs, pris malgré eux dans cette spirale infernale placée sous le signe du sexe et de la violence.

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Test Blu-ray / Une femme est passée, réalisé par Juan Antonio Bardem

UNE FEMME EST PASSÉE (Nunca pasa nada) réalisé par Juan Antonio Bardem, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 30 septembre 2025 chez Tamasa Distribution.

Acteurs : Corinne Marchand, Antonio Casas, Jean-Pierre Cassel, Julia Gutiérrez Caba, Alfonso Godá, José Franco, Rafael Bardem, Matilde Muñoz Sampedro…

Scénario : Juan Antonio Bardem, Henry-François Rey & Alfonso Sastre

Photographie : Juan Julio Baena

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Contrainte à rester hospitalisée dans un village espagnol en raison d’une crise d’appendicite, une artiste française déchaîne les passions et les rumeurs, d’autant plus que le médecin marié qui s’occupe d’elle commence à la désirer.

S’il y a bien un réalisateur espagnol que nous n’aurons de cesse de réhabiliter, c’est assurément Juan Antonio Bardem Muñoz (1922-2002), véritable institution dans son pays, car ayant profité de son art pour lutter contre le régime franquiste. Enfant de la balle, fils de parents comédiens, lui-même le frère de l’actrice Pilar Bardem et oncle du légendaire Javier (voilà, vous avez le lien, si vous vous posiez la question), Juan Antonio Bardem (son nom d’artiste, légèrement raccourci donc) est le metteur en scène du mythique Mort d’un cycliste Muerte de un ciclista, son film le plus célèbre, récompensé par le Prix FIPRESCI au Festival de Cannes, qui traite et dénonce les mœurs bourgeoises espagnoles sous le régime de Franco. On pourra aussi citer l’étonnant La Corruption de Chris MillerLa Corrupción de Chris Miller (1973), véritable giallo ibérique avec Jean Seberg, une adaptation en mini-série de L’Île mystérieuse (1973) de Jules Verne, avec Omar Sharif en capitaine Nemo. Et ce n’est qu’une petite partie d’une filmographie aussi rare que précieuse. Aujourd’hui, nous ajoutons à celle-ci Une femme est passéeNunca pasa nada (1963), l’un de ses plus beaux et grands longs-métrages. Derrière ce drame passionnel, Juan Antonio Bardem dresse le portrait d’une petite communauté, microcosme de la société espagnole, dont les rouages trop bien huilés vont subitement grincer en raison d’un grain de sable coincé dans la mécanique. Celui-ci prend l’apparence d’une jeune femme, une étrangère, une française, artiste, libre, dont la beauté insolente et l’activité de danseuse vont devenir le sujet unique de conversation. Magistralement réalisé par un cinéaste au sommet de son art et magnifiquement interprété par une distribution franco-ibérique, Une femme est passée est un sommet, un chef d’oeuvre dans la carrière d’un auteur qu’il est important de redécouvrir.

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Test DVD / Sur la route de papa, réalisé par Nabil Aitakkaouali & Olivier Dacourt

SUR LA ROUTE DE PAPA réalisé par Nabil Aitakkaouali & Olivier Dacourt, disponible en DVD le 18 octobre 2025 chez UGC.

Acteurs : Redouane Bougheraba, Caroline Anglade, Farida Ouchani, Jean-Stan du Pac, Oussem Kadri, Anouar Akerrouach, Laura Petrone, Lisa Montiège…

Scénario : Nabil Aitakkaouali & Hakim Zouhani

Musique : Cedryck Santens

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Prêt à partir en vacances, Kamel se retrouve obligé de changer ses plans à la dernière minute pour prendre la route du Bled avec sa mère. À bord de la vieille Renault 21, un long périple commence pour Kamel et sa famille. Sur la route de son passé, les souvenirs et les rancœurs refont surface, révélant toute la beauté des liens qui les unissent.

C’est un petit film sorti en catimini juste avant l’été 2025. Une comédie traditionnelle à la française, dont l’affiche s’orne d’un sempiternel et indéboulonnable fond bleu. Pas ou peu de noms connus sur cette devanture, à part celui de la délicieuse Caroline Anglade, révélée au grand public en 2018 par Franck Dubosc, dans le génial Tout le monde debout. Ce premier long métrage aura réussi à attirer 130.000 spectateurs, conquis par la chaleur humaine qui s’en dégage et la spontanéité des comédiens. Sur la route de papa est la première œuvre de deux réalisateurs et amis depuis vingt ans, Nabil Aitakkaouali (inconnu au bataillon) et Olivier Dacourt. Étrange parcours que pour dernier, puisqu’il s’agit d’un ancien joueur de football international français (RC Lens, Leeds United, AS Rome, Inter Milan), devenu consultant, puis réalisateur de documentaire (Ma part d’ombre, Je ne suis pas un singe, Papa, Le Crépuscule des champions), avant de passer à la fiction avec Sur la route de papa. Pas étonnant qu’un certain Robert Pirès, champion du monde 1998, fasse une apparition aussi gratuite que remarquée dans le film qui nous intéresse aujourd’hui. Celui qui se démarque facilement de cette tranche de vie est sans conteste l’excellent Redouane Bougheraba, frère des comédiens Ali Bougheraba et Ichem Bougheraba, ainsi que du réalisateur Hakim Bougheraba, auteurs, scénaristes et metteurs en scène des SEGPA et des SEGPA au ski, deux cartons (mérités) au box-office. Vraie gueule de cinéma, croisée dans Taxi 5 de Franck Gastambide, La Vie scolaire de Grand Corps Malade et Mehdi Idir et 14 Jours pour aller mieux d’Édouard Pluvieux, l’humoriste accède ici au premier rôle et s’en tire merveilleusement bien. Feel Good Movie, Sur la route de papa est sans doute inspiré de souvenirs personnels et fait appel à des acteurs qui apportent une authenticité attachante à ce récit, road movie forcément existentiel, bien écrit et rempli de beaux sentiments.

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Test Blu-ray / La Vie rêvée des anges, réalisé par Érick Zonca

LA VIE RÊVÉE DES ANGES réalisé par Érick Zonca, disponible en DVD & Blu-ray le 14 mai 2025 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Élodie Bouchez, Natacha Régnier, Grégoire Colin, Jo Prestia, Patrick Mercado, Francine Massenhave…

Scénario : Érick Zonca, Robert Bohbot & Pierre Chosson

Photographie : Agnès Godard

Musique : Yann Tiersen

Durée : 1h28

Date de diffusion initiale : 1985

LE FILM

Isabelle, jeune vadrouilleuse se trouvant par hasard dans la ville de Lille, rencontre Marie, une jeune Nordiste. Elles vont d’aventure en aventure, l’une à la recherche de la vie, l’autre dans une quête difficile du bonheur.

En cette rentrée septembre 1998, l’auteur de ces mots, âgé de 17 ans, débarque devant le cinéma L’Artistic, situé Boulevard Alexandre Martin à Orléans. Nous sommes le 16 septembre et j’ai rendez-vous avec mon pote Greg pour aller voir Godzilla de Roland Emmerich. J’arrive le premier et, si le blockbuster avec Jean Reno monopolise la salle 1 THX, l’affiche du film placé dans la salle 2 annonce fièrement « La Vie rêvée des anges, réalisé par le metteur en scène orléanais Érick Zonca ». Je suis attiré par le contraste entre les deux actrices, que je ne connais absolument pas, la brune au sourire éclatant, et la blonde, qui sourit aussi, mais plus discrètement et au regard triste…Puis mon ami déboule, nous prenons notre place (50 francs, plein tarif, pour la meilleure salle de la ville), le logo THX défonce les enceintes, Godzilla commence et j’oublie le petit film qui joue de l’autre côté du mur insonorisé. Quand je découvre La Vie rêvée des anges quelques années plus tard, c’est un choc et je n’ai jamais oublié ce premier contact déjà magnétique avec le premier long-métrage d’Érick Zonca (né en 1956). Je le revois plusieurs fois, puis les années passent, deux décennies, au bas mot. C’est pour sa sortie en Blu-ray que je décide de revoir La Vie rêvée des anges, avec pas mal d’appréhensions. Le cinéma social a beaucoup évolué, muté, en France comme ailleurs, pas forcément dans le bon sens, parfois en plongeant – involontairement ou non – dans le pathos, en cherchant à émouvoir à tout prix, en oubliant souvent tout réalisme. En fait, La Vie rêvée des anges n’a pas pris une seule ride et demeure même brûlant d’actualité, intemporel, universel, inaltérable. En collant au plus près de ses deux magnifiques comédiennes, en 16mm, Érick Zonca touche parfois au (faux) documentaire et certaines scènes, qui semblent avoir été tournées clandestinement, en caméra cachée, enregistrent la réaction des passants, choqués, outrés par le comportement de ces deux nanas qui « osent » entamer un dialogue avec ceux qui se trouvent à leur portée. C’est cette liberté qui manque cruellement de nos jours dans le cinéma hexagonal et c’est ce qui fait encore la richesse de La Vie rêvée des anges, chef d’oeuvre touché par la grâce, récompensé par le double prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes et par trois Césars du cinéma (meilleur film, meilleure actrice pour Elodie Bouchez et meilleur espoir féminin pour Natacha Régnier) lors de la 24e cérémonie des César en 1999, tandis qu’1,5 million de spectateurs se déplaceront dans les salles.

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Test Blu-ray / Les Copains d’Eddie Coyle, réalisé par Peter Yates

LES COPAINS D’EDDIE COYLE (The Friends of Eddie Coyle) réalisé par Peter Yates, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Édition limitée le 22 octobre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Robert Mitchum, Peter Boyle, Richard Jordan, Steven Keats, Alex Rocco, Joe Santos, Mitchell Ryan, Peter MacLean…

Scénario : Paul Monash, d’après le roman de George V. Higgins

Photographie : Victor J. Kemper

Musique : Dave Grusin

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

Eddie Coyle est un bandit sans envergure qui vit de petits boulots, de trafic d’armes et de contrebande. Pour échapper à une condamnation et éviter de finir ses jours derrière les barreaux il accepte de travailler comme indicateur pour Dave Foley, un agent du FBI.

Peter Yates (1929-2011) n’est pas l’homme d’un seul film, quand bien même celui auquel on pense quand on évoque le réalisateur est évidemment Bullitt, son plus grand triomphe dans le monde et qui a largement contribué à consolider le mythe Steve McQueen. C’est avec Trois Milliards d’un coupRobbery (1967), polar britannique, qu’il se fait remarquer. Puis, c’est l’aventure américaine et là les années 1970 vont être aussi prolifiques que placées sous le signe du succès avec Les Quatre MalfratsThe Hot Rock (1972), adapté d’une des fabuleuses aventures de Dortmunder, personnage légendaire créé sous la plume de l’immense Donald Westlake, ou bien encore Ma Femme est dingueFor Pete’s Sake (1974), comédie avec Barbra Streisand. Si la postérité gardera aussi Les Grands fondsThe Deep (1977), tiré d’un roman de Peter Benchley, film d’action et d’aventure avec Robert Shaw, Jacqueline Bisset (et son t-shirt mouillé) et Nick Nolte, deux films demeurent obscurs, car passés inaperçus à leur sortie. Outre La Guerre de MurphyMurphy’s War (1971), dans lequel Peter O’Toole donne la réplique à Philippe Noiret, sur lequel nous sommes déjà revenus, l’autre joyau qui n’a eu de cesse de briller à nouveau aux yeux des cinéphiles n’est autre que Les Copains d’Eddie CoyleThe Friends of Eddie Coyle. Rapidement exploité dans les salles en 1973, cette chronique du crime de Boston est l’adaptation du roman éponyme de George V. Higgins, avocat et journaliste, dont l’originalité est de ne dévoiler l’intrigue qu’à travers les (fabuleux) dialogues, les divers personnages s’exprimant dans un argot du cru, ou même en langage codé, les malfrats évitant ainsi tous risques possibles s’ils sont mis sur écoute par les forces de l’ordre. Ou comment l’écrivain plonge ses lecteurs dans le petit monde des petits truands de la pègre. Grand succès dans les librairies, The Friends of Eddie Coyle voit ses droits être achetés par la Paramount, tandis que le scénariste Paul Monash (Les Vampires de Salem de Tobe Hooper), également producteur (Butch Cassidy et le Kid, Abattoir 5, Spéciale première, Carrie au bal du diable) monte le budget et transpose le best-seller pour l’écran. Robert Mitchum, au mitan de sa cinquantaine, entre La Fille de RyanRyan’s Daughter (1970) de David Lean et YakuzaThe Yakuza (1974) de Sydney Pollack, tient le rôle-titre, même si on lui avait dans un premier temps proposé celui qui sera campé par Peter Boyle. S’il n’apparaît qu’en pointillés, surtout dans la première partie, l’aura du monstre Mitchum plane sur tout le film. Longtemps oublié et même méconnu, aujourd’hui plébiscité et porté aux nues par les cinéphiles, Les Copains d’Eddie Coyle fait partie de ces trésors enfouis dans la filmographie de grands artisans – au sens noble du terme – du septième art, à l’instar des Flics ne dorment pas la nuit The New Centurions de Richard Fleischer, sorti quelques mois plus tôt. Peter Yates installe lui aussi une dimension documentaire dans son récit, dans un souci de réalisme, loin de tout romanesque ou refusant le spectaculaire (un braquage n’est après tout que le quotidien des salopards, rien de flamboyant donc), au profit d’une immersion authentique. Réhabilitons encore et toujours Les Copains d’Eddie Coyle !

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Test Blu-ray / L’Aigle à deux têtes, réalisé par Jean Cocteau

L’AIGLE À DEUX TÊTES réalisé par Jean Cocteau, disponible en Combo Blu-ray + DVD depuis le 16 septembre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Edwige Feuillère, Jean Marais, Silvia Monfort, Jacques Varennes, W. Edward Stirling, Martine de Breteuil, Maurice Nasil, Gilles Quéant, Ahmed Abdallah, Jean Debucourt…

Scénario : Jean Cocteau, d’après sa pièce

Photographie : Christian Matras

Musique : Georges Auric

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1948

LE FILM

Veuve depuis l’assassinat de son mari, la reine d’un royaume imaginaire vit recluse dans ses appartements, tandis que sa belle-mère cherche à s’emparer du trône. Un jeune anarchiste fait irruption dans sa chambre, décidé à la tuer. Contre toute attente, ils tombent amoureux l’un de l’autre, et décident de reprendre le pouvoir du royaume.

Avec plus de quatre millions d’entrées, La Belle et la Bête, premier long-métrage de Jean Cocteau, récompensé par le Prix Louis-Delluc 1946, est un triomphe aussi colossal qu’inattendu pour son auteur. Difficile donc de prévoir quel sera son second film, l’artiste touche-à-tout trouvant avec ce nouveau médium l’occasion d’explorer, d’inventer, de s’exprimer autrement sur ses obsessions, ses peurs, sa vision de l’humanité. Il jette finalement et rapidement son dévolu sur l’adaptation cinématographique de sa pièce – en trois actes – L’Aigle à deux têtes, grand succès des planches, qui s’est jouée pendant plus d’un an à guichets fermés et ce dès sa création en décembre 1946 au théâtre Hébertot à Paris. Pièce dite « historique », dans laquelle Jean Cocteau s’inspire de la mort de Louis II de Bavière (aka le roi fou) et celle de sa cousine Élisabeth d’Autriche (aka Sissi), L’Aigle à deux têtes était par essence un huis clos centré sur les liens entrecroisés et inévitables entre l’amour et le trépas. Pour sa transposition à l’écran, le dramaturge aère sa pièce en tournant quelques scènes en extérieur, afin de mieux planter son décor principal, celui du château, perdu au milieu de la campagne et dans lequel la reine vit avec le souvenir de son mari, mort le jour de leurs noces il y a dix ans, avant que le mariage ait pu être consommé. Souvent marqué par de (très) longues plages de dialogues et un manque de rythme, L’Aigle à deux têtes fascine par la prestation d’Edwige Feuillère, qui reprenait alors le rôle qu’elle avait campé sur scène. Il en est de même pour Jean Marais, étonnamment plus sobre que dans Les Parents terribles, qui sera pourtant filmé dans la foulée et sortira trois mois plus tard, fin 1948. Si l’engouement ne sera pas le même que pour celui rencontré avec La Belle et la Bête, L’Aigle à deux têtes remporte un beau succès dans les salles avec 2,4 millions d’entrées.

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