Test Blu-ray / Dossier 137, réalisé par Dominik Moll

DOSSIER 137 réalisé par Dominik Moll, disponible en DVD & Blu-ray le 25 mars 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Léa Drucker, Guslagie Malanda, Mathilde Roehrich, Jonathan Turnbull, Stanislas Merhar, Pascal Sangla, Claire Bodson, Julien Lilti…

Scénario : Gilles Marchand & Dominik Moll

Photographie : Patrick Ghiringhelli

Musique : Olivier Marguerit

Durée : 1h51

Année de sortie : 2025

LE FILM

Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité… Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Trois ans après le triomphe remporté par La Nuit du 12, 550.000 entrées et sept César, dont celui du meilleur film, Dominik Moll fait son retour et continue dans la même veine, à savoir celle du polar réaliste, mais non dépourvu de romanesque. La PJ de Grenoble est cette fois remplacée par l’Inspection Générale de la Police Nationale et l’immersion est totale. Dominik Moll coécrit là encore le scénario avec l’excellent Gilles Marchand (lui-même solide metteur en scène de Qui a tué Bambi ?, L’Autre monde et Dans la forêt) et les deux hommes, pour leur sixième collaboration, atteignent les sommets. Dossier 137 est un thriller passionnant, hypnotique, qui emporte le spectateur dans un monde peu aimable, ou plutôt peu aimé, car considéré comme « traître », celui des Boeuf-carottes (« Parce que quand ils t’attrapent, ils te laissent mitonner à p’tit feu » expliquait René dans Les Ripoux), qui se retrouvent face à leurs collègues, pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer au cours d’une action qui a mal tourné. Le problème, c’est que malgré les preuves en vidéo, qui accablent, chacun détient sa vérité, son point de vue, d’autant plus que les accusés étaient sur le terrain et avaient un angle, des arguments, le devoir d’agir. Dossier 137, au-delà d’être un extraordinaire exercice de style, c’est aussi un écrin pour une comédienne exceptionnelle, qui depuis dix ans avec Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, s’est métamorphosée, comme si ce rôle lui avait permis de réaliser sa chrysalide. Ainsi, sept années après ce chef d’oeuvre instantané, Léa Drucker devait être à nouveau récompensée par le César de la meilleure actrice pour Dossier 137. Son discours, l’un des plus beaux de cette cérémonie, résume tout « En tournant ce film, j’ai pu comprendre de façon plus intime ce qui se joue dans cette zone de tension entre l’institution policière et les citoyens. Et à la difficulté du maintien de l’ordre. La vérité qui est parfois étouffée, et surtout la négation du statut des victimes. Nous sommes dans une période où la vérité est malmenée, où elle est abîmée. Très fragilisée. Où la profusion d’images et d’informations ne nous permettent pas toujours d’y voir clair. Je réalise plus que jamais combien le cinéma et les films nous offrent une respiration nécessaire, un temps pour vivre l’expérience de l’intérieur, pour adopter le point de vue de l’autre. Où la complexité peut exister, et où les nuances et les paradoxes nourrissent notre intelligence humaine et collective ». Dossier 137 ne juge pas, il montre, il écoute, donne à réfléchir, prend le temps de disséquer les rapports humains, le dialogue, ou l’incommunicabilité. Tout cela en deux heures, 120 minutes de grand spectacle, car Dossier 137 est aussi et avant tout – cela a souvent été oublié à sa sortie – un divertissement. Un film d’auteur, une attraction, un documentaire, un mélodrame, une étude sociologique, politique. C’est somptueux.

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Test Blu-ray / La Femme la plus riche du monde, réalisé par Thierry Klifa

LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE réalisé par Thierry Klifa, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 12 mars 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Isabelle Huppert, Marina Foïs, Laurent Lafitte, Raphaël Personnaz, André Marcon, Mathieu Demy, Micha Lescot, Joseph Olivennes…

Scénario : Thierry Klifa, Cédric Anger & Jacques Fieschi

Photographie : Hichame Alaouie

Musique : Alex Beaupain

Durée : 2h02

Année de sortie : 2025

LE FILM

La femme la plus riche du monde : sa beauté, son intelligence, son pouvoir. Un écrivain photographe : son ambition, son insolence, sa folie. Le coup de foudre qui les emporte. Une héritière méfiante qui se bat pour être aimée. Un majordome aux aguets qui en sait plus qu’il ne dit. Des secrets de famille Des donations astronomiques. Une guerre où tous les coups sont permis.

En guise d’introduction, un panneau annonce « Ce film est une œuvre de création très librement inspirée de faits réels. Par respect de la vie privée, de la mémoire des morts et de la réputation des vivants, les auteurs tiennent à préciser qu’à leur vision subjective d’évènements rapportés se mêlent des éléments de pure fiction issus de leur imagination. L’intimité des personnages, leurs échanges et confidences sont inventés ». Et cela fait un bien fou. Porté par une critique élogieuse et un beau succès dans les salles (le million d’entrées n’est pas passé loin), La Femme la plus riche du monde a valu à Laurent Lafitte la récompense suprême, le César du meilleur acteur. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la compression lui revenait de droit cette année, quand bien même Benjamin Voisin était tout aussi exceptionnel dans le rôle de Meursault dans L’Étranger, tout comme Pio Marmaï dans L’Attachement. Mais c’était l’heure pour Laurent Lafitte, qui crève, pulvérise l’écran dans La Femme la plus riche du monde, sixième long-métrage de Thierry Klifa, ancien journaliste au magazine Studio de 1991 à 2002, qui n’avait pas été à pareille fête depuis son premier film (Une vie à t’attendre, 2004) et qui s’est refait une belle santé après le bide atomique des Rois de la piste en 2024. Présenté hors compétition au Festival de Cannes en 2025, La Femme la plus riche du monde s’inspire évidemment de l’affaire Banier-Bettencourt, conflit juridique opposant Françoise Bettencourt-Meyers, fille de Liliane Bettencourt, au photographe François-Marie Banier, aboutissant à la condamnation de ce dernier, ainsi que de son compagnon, Martin d’Orgeval, et de Pascal Wilhelm, avocat, pour abus de faiblesse. Parallèlement au documentaire en trois épisodes diffusé sur Netflix, L’Affaire Bettencourt : Scandale chez la femme la plus riche du monde, carton plein sur la plateforme au N majuscule ayant rameuté plus de quatre millions d’abonnés, Thierry Klifa et ses coscénaristes Cédric Anger (L’Homme qu’on aimait trop, La Prochaine fois je viserai le coeur, Le Petit Lieutenant) et Jacques Fieschi (Illusions perdues, Un balcon sur la mer, L’Adversaire) donnent leur vision sur ce fait divers. Drôle, hilarant même parfois, pathétique, cynique, ironique, La Femme la plus riche du monde joue et jongle avec les ruptures de ton, les genres, l’empathie aussi et malmène les spectateurs…qui en redemandent. Car LFLPRDM (ça va plus vite) n’est pas un film gentil. Les personnages se dévoilent petit à petit dans leur (immense) complexité, tentent de maîtriser leurs pulsions, leurs fêlures, leurs ambitions…Thierry Klifa met à jour un monde insoupçonné de freaks, où chacun essaye de vivre avec le monstre qu’il s’est créé. À ce titre, la prestation d’Isabelle Huppert est peut-être celle qui réserve le moins de surprises et peu d’éléments démarquent ce rôle de certains qu’elle a interprété, surtout depuis une vingtaine d’années. En revanche, c’est la fête pour le reste de la distribution, qui mérite tous les honneurs. Assurément l’un des grands films français de l’année 2025.

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Test DVD / Cervantès avant Don Quichotte, réalisé par Alejandro Amenábar

CERVANTÈS AVANT DON QUICHOTTE (El cautivo) réalisé par Alejandro Amenábar, disponible en DVD le 25 mars 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Julio Peña Fernández, Alessandro Borghi, José Manuel Poga, Roberto Álamo, Miguel Rellán, Luis Callejo, Fernando Tejero, Norberto Morán…

Scénario : Alejandro Amenábar & Alejandro Hernández

Photographie : Alex Catalán

Musique : Alejandro Amenábar

Durée : 2h09

Année de sortie : 2025

LE FILM

Alger, 1575. Captif et blessé, Miguel de Cervantes feint d’être noble pour n’être pas tué. Il est détenu avec d’autres nobles chrétiens chez le pacha Hassan. Il se lie avec le père Antonio de Sosa, auteur, qui a été séparé de son neveu, capturé avec lui. Les Maures exigent une forte rançon pour Miguel. Dorador, un détenu, renie sa foi. Il est libéré. Miguel captive ses codétenus en racontant une histoire. Hassan convoque Miguel pour savoir la suite. Conquis, il lui accorde une journée de liberté dans Alger. Miguel rencontre un barbier renégat chez qui se réunissent des “garçons”, jeunes efféminés.

Réalisateur, scénariste, écrivain, monteur, acteur, producteur et compositeur né à Santiago du Chili en 1972, Alejandro Amenábar grandit à Madrid après la fuite de ses parents, réfugiés en Espagne après le coup d’état de Pinochet. Il abandonne ses études scientifiques pour se consacrer à sa grande passion, le cinéma. Véritable autodidacte, fan d’Alfred Hitchcock, Brian de Palma et Stanley Kubrick, Alejandro Amenábar commence par mettre en musique certaines nouvelles qu’il a écrites, avant de saisir une caméra. À 20 ans, il réalise son premier court-métrage Himenóptero, puis Luna en 1995. Sa rencontre avec le grand réalisateur José Luis Cuerda est déterminante. Ce dernier l’encourage à mettre en scène son premier long métrage. Ce sera Tesis, un thriller horrifique qui reflète les inspirations du jeune cinéaste (23 ans) et son genre de prédilection en tant que spectateur. C’est une révélation. Alejandro Amenábar n’aura de cesse de confirmer son immense talent à travers des oeuvres aussi brillantes qu’éclectiques comme Ouvre les yeux – Abre los ojos 1997), Les Autres (2001), Mar adentro (2004) et le sous-estimé Agora (2009). L’une des plus belles et grandes carrière du cinéma ibérique, avec une seule fausse note, mais de taille (et qui porte bien son titre), Regression, marqué entre autres par la calamiteuse prestation (habituelle) d’Emma Watson. Le film qui nous intéresse aujourd’hui est le huitième long-métrage du cinéaste, Cervantès avant Don Quichotte – El cautivo, qui s’intègre dans la partie de sa filmographie consacrée aux figures historiques. Ainsi, six ans après Lettre à Franco – Mientras dure la guerra, Alejandro Amenábar se penche sur l’un des moments clés de la vie de Miguel de Cervantes, quand celui-ci prend réellement conscience de son talent d’écrivain et surtout de conteur. Contrairement à ce que l’on pouvait penser au premier regard, Cervantès avant Don Quichotte, qui pourrait aussi intituler « Cervantès Begins », est peut-être l’un des films les plus faciles d’accès de son auteur. Nullement poussiéreux, c’était d’ailleurs sans compter la virtuosité du réalisateur pour conduire un récit, ce film historique s’avère étonnamment moderne dans son traitement et ce portrait d’un artiste en herbe reste universel. Une belle et élégante surprise, qui démontre qu’Alejandro Amenábar, même si ses derniers ouvrages ont eu moins d’impacts depuis quinze ans, en a encore sérieusement sous le capot.

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Test Blu-ray / The Chronology of Water, réalisé par Kristen Stewart

THE CHRONOLOGY OF WATER réalisé par Kristen Stewart, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Imogen Poots, Thora Birch, James Belushi, Tom Sturridge, Charlie Carrick, Michael Epp, Earl Cave, Jeremy Ang Jones…

Scénario : Kristen Stewart & Andy Mingo, d’après le roman autobiographique « La Mécanique des fluides » (« The Chronology of Water : A Memoir ») de Lidia Yuknavitch

Photographie : Corey C. Waters

Musique : Paris Hurley

Durée : 2h08

Année de sortie : 2025

LE FILM

Ayant grandi dans un environnement ravagé par la violence et l’alcool, la jeune Lidia peine à trouver sa voie. Elle parvient à fuir sa famille et entre à l’université, où elle trouve refuge dans la littérature. Peu à peu, les mots lui offrent une liberté inattendue…

Il fallait bien que ça arrive un jour…On sentait que ça la démangeait d’ailleurs. Kristen Stewart passe derrière la caméra pour réaliser son premier long-métrage. Après quelques clips et divers courts, elle se lance définitivement avec The Chronology of Water, adaptation du livre autobiographique La Mécanique des fluides de Lidia Yuknavitch. Si l’on ne doute pas un seul instant du caractère personnel de ce coup d’essai, force est d’admettre que ce film compile tous les clichés, toutes les tares, tous les poncifs du cinéma indépendant américain. Kristen Stewart a déjà traversé un quart de siècle de cinéma et pioche un peu chez tout le beau monde qu’elle a pu côtoyer. Malheureusement, The Chronology of Water s’avère au final un gloubi-boulga indigeste, qui fait penser à du sous Terrence Malick, plus dans la période soporifique du bonhomme (À la merveille, Knight of Cups) que dans la première partie de la carrière du bonhomme. En partant d’un roman jugé à la base inadaptable, Kristen Stewart se prend les pieds dans le tapis, livre un manifeste bourré de tics formels que l’on croirait provenir d’une exposition vidéo arty destinée aux bobos du Marais. Il faut véritablement s’armer de patience (euphémisme) pour aller au bout de cette exténuante entreprise (d’autant plus que cela dure plus de deux heures) et même l’interprétation pourtant habitée de l’excellente Imogen Poots (même si on a du mal à croire que la donzelle a 17 ans au début du film) tape rapidement sur le système. Faussement punk et rebelle, Kristen Stewart, bien intégrée dans l’industrie du septième art, livre un caillou – et non pas un pavé – dans la mare et se révèle par exemple à mille lieues du Livre de Jérémie d’Asia Argento, auquel on pense souvent. Il s’agit ni plus ni moins de cinéma aseptisé, qui voudrait s’affranchir des conventions et parler d’un sujet grave, mais qui anéantit son message par trop de manières éculées, risibles et surtout insupportables à visionner.

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Test Blu-ray / Escape From the 21st Century réalisé par Li Yang

ESCAPE FROM THE 21ST CENTURY (Cong 21 Shi Ji an Quan Che Li) réalisé par Li Yang, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 14 février 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Zhang Ruoyun, Yang Song, Zhu Yanmanzi, Elane Zhong, Leon Lee, Wu Xiaoliang, Wen Zhengrong, Shi Liang…

Scénario : Li Yang

Photographie : Saba Mazloum

Musique : Hu Xiao’ou

Durée : 1h38

Année de sortie : 2024

LE FILM

En 1999, trois adolescents se retrouvent plongés dans des déchets chimiques qui leur confèrent une capacité unique : lorsqu’ils éternuent, leur conscience voyage 20 ans dans le futur. C’est pour eux le début d’une vertigineuse aventure dont l’enjeu n’est ni plus ni moins que la survie du monde…

Il y a des films dont les « pitchs » (goût fraise, les meilleurs) font envie quand on les lit. C’est le cas pour Escape from the 21st Century, le premier long-métrage réalisé en solo par le cinéaste Yang Li. Puis, le générique envoie du lourd et l’on se dit que la promesse va être tenue. Le film démarre (voix de journaliste grolandais) « Et là, c’est le drame ! ». Si beaucoup ont toujours eu beaucoup de mal à rester plus de deux heures devant un film de Michael Bay, dites-vous qu’à côté de Yang Li, le réalisateur d’Armageddon et de Transformers c’est Robert Bresson. C’est bien simple, on ne comprend rien, absolument plus rien, alors que le film n’a commencé que depuis…cinq minutes. Et cela n’ira pas en s’arrangeant. Sur un montage frénétique, débridé (non, n’y voyez aucun jeu de mots qui pourrait être mal interprété), hystérique, les images se succèdent comme si un individu atteint de la maladie de Parkinson s’emparait d’une télécommande pour zapper et échapper à Quotidien et TBT9. Si vous avez moins de vingt piges (ce qui est loin d’être le cas si vous lisez cette critique, vous seriez déjà passé à autre chose), vous y trouverez peut-être votre compte. 25 ans à la rigueur, après quelques shots de vodka. Si vous avez atteint la trentaine, il est fort possible que vous ressentiez quelques relâchements du sphincter. Au-delà, ce n’est même plus permis. Vos yeux se révulsent, votre bouche se met en O et laisse couler la bave à gros bouillons, vos muscles sont tétanisés et vous tentez par tous les moyens possibles d’arrêter le massacre. Vous voilà prévenus…

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Test DVD / L’Épreuve du feu, réalisé par Aurélien Peyre

L’ÉPREUVE DU FEU réalisé par Aurélien Peyre, disponible en DVD le 16 décembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Félix Lefebvre, Anja Verderosa, Suzanne Jouannet ,Victor Bonnel, Sarah Henochsberg, Nolan Masraf, Marie Bucas-Français, Jules Porier…

Scénario : Aurélien Peyre & Charlotte Sanson

Photographie : Inès Tabarin

Musique : Maud Geffray

Durée : 1h42

Année de sortie : 2025

LE FILM

Hugo, 19 ans, passe les vacances d’été sur l’île de Noirmoutier dans la petite maison de son grand-père, pour la première fois en compagnie de sa petite amie Queen, esthéticienne à Paris, originaire de Toulon, au style flamboyant. Lors d’une balade, il retrouve une bande d’amis d’enfance qu’il n’a pas vus depuis longtemps. Après quelques jours sur l’île, le couple doit se rendre chez la grand-mère de Queen, à Toulon.

Décidément, le cinéma français se porte bien, contrairement à celles et à ceux qui déclarent (au premier degré) que « c’est de la m*rde ! ». L’Épreuve du feu, premier long-métrage d’Aurélien Peyre, directement issu de Coqueluche (2018), précédent moyen-métrage du réalisateur, est l’une des plus belles révélations de 2025. Le metteur en scène et scénariste reprend le même point de départ, autrement dit une fille qui débarque sur une île située sur l’Atlantique, afin de rejoindre son petit copain, qui comme d’habitude y passe ses vacances d’été et ce depuis sa plus tendre enfance. Aurélien Peyre s’intéresse au regard amoureux de l’adolescent, qui se transforme au contact de ceux qu’il considère comme étant ses « amis », qui n’hésitent pas à critiquer ouvertement le milieu social de ceux qui n’ont pas « les mêmes valeurs ». Pour son passage au format long, il reprend ainsi les personnages, les retravaille, récupère la matière brute et première, pour la sculpter avec une nouvelle maturité, lui donner une nouvelle densité. Pour cela, Aurélien Peyre bénéficie de concours de Charlotte Sanson (Un vrai bonhomme de Benjamin parent, Comment je suis devenu super-héros de Douglas Attal) pour dresser le portrait de Hugo. Récit initiatique, situé entre Conte d’été de Eric Rohmer et Le Blé en herbe de Colette, L’Épreuve du feu, porté par la sublime interprétation de son duo vedette, subjugue de la première à la dernière seconde. On en reparle aux prochains César ?

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Test DVD / The Return, le retour d’Ulysse, réalisé par Uberto Pasolini

THE RETURN, LE RETOUR D’ULYSSE (The Return) réalisé par Uberto Pasolini, disponible en DVD le 3 décembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Ralph Fiennes, Juliette Binoche, Charlie Plummer, Marwan Kenzari, Claudio Santamaria, Roberto Serpi, Chris Corrigan…

Scénario : John Collee & Edward Bond, d’après le poème L’Odyssée de Homère

Photographie : Marius Panduru

Musique : Rachel Portman

Durée : 1h56

Année de sortie : 2025

LE FILM

De retour de la guerre de Troie après vingt ans d’absence, Ulysse échoue sur les côtes d’Ithaque, son ancien royaume. Sa femme Pénélope, restée fidèle, y vit prisonnière dans sa propre demeure, repoussant tous les prétendants à la couronne. Télémaque, leur fils, qui n’a jamais connu son père, devient, lui, un obstacle pour ceux qui veulent s’emparer du pouvoir.

A travers les cieux
L’espace et le temps
Un vaisseau s’en vient
Ulysse
Contrôlés des Dieux
Les pièges géants
C’est l’Odysseus
Ulysse

Ulysse revient
Et c’est un bien long chemin
Ulysse revient
Il lutte pour son destin
(air connu)

L’Odyssée d’Homère a inspiré la littérature, la poésie, le théâtre, la danse, la musique, la peinture, le dessin animé, la bande dessinée et bien sûr le cinéma et la télévision. En 1954, sort le péplum sobrement intitulé Ulysse, réalisé par Mario Camerini, avec Kirk Douglas dans le rôle titre. Triomphe en Italie, le film reste encore aujourd’hui le quinzième plus grand succès au box office transalpin avec plus de 13 millions d’entrées, entre Le Petit monde de Don Camillo de Julien Duvivier et Le Guépard de Luchino Visconti. Depuis, le mythe a été abordé librement, entre autres par les frères Coen dans O’Brother (2000). Si 2026 sera marqué par L’Odyssée de Christopher – Zzz Zzzz – Nolan, un cinéaste italien vient lui aussi de s’emparer d’Homère. Il s’agit d’Uberto Pasolini, neveu, non pas de Pier Paolo Pasolini comme on pouvait peut-être le penser, mais de Luchino Visconti, producteur du légendaire The Full Monty, remarqué aussi lui-même derrière la caméra avec Une belle fin – Still Life en 2013, qui relate ici le retour d’Ulysse à Ithaque, ainsi que son affrontement contre les prétendants de Pénélope. Contrairement à ce que la bande-annonce essayait de nous faire croire, point ou peu d’action dans The Return, le retour d’Ulysse, qui s’avère plutôt une proposition dite réaliste, contemplative, psychologique, doublée du portrait d’un homme blessé, meurtri, traumatisé, exténué, loin du héros mythologique. Uberto Pasolini dall’Onda, de son véritable nom, signe une œuvre crépusculaire, pourtant tournée sous un soleil de plomb, entre la Grèce et l’Italie, et propose sa version « resserrée » en condensant les chants I à XXIV en deux heures de temps, soit les prétendants qui attendent que Pénélope choisisse l’un deux, leur complot contre Télémaque, pendant qu’Ulysse, recueilli après son naufrage, raconte ses aventures, rentré à Ithaque, se fait reconnaître de ses proches, avant de massacrer ses rivaux et de ramener la paix dans l’île. Et cela fonctionne, séduit les yeux, le coeur et l’âme. Une très belle réussite.

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Test DVD / Fêlés, réalisé par Christophe Duthuron

FÊLÉS réalisé par Christophe Duthuron, disponible en DVD le 3 décembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Pierre Richard, Charlotte De Turckheim, Bernard Le Coq, François Berléand, Émilie Caen, Patrick de Valette, Arthur Jugnot, Méliane Marcaggi…

Scénario : Christophe Duthuron, Alfred Lot & Christophe Carrière

Photographie : Pierric Gantelmi d’Ille

Durée : 1h27

Année de sortie : 2025

LE FILM

L’Arc-en-ciel est un authentique lieu associatif à Marmande (Lot-et-Garonne) qui accueille des personnes ordinaires mais violentées par la vie. Ses adhérents se soutiennent mutuellement dans leur lutte contre les difficultés quotidiennes. Quand on menace de les expulser, un élan de solidarité s’organise autour de Pierre, le fondateur, pour sauver cette maison d’accueil unique.

Entre Pierre Richard et Christophe Duthuron, c’est une grande histoire d’amitié. En 1991, alors étudiant en lettres et âgé de 17 ans, le second, grand admirateur du premier, monte à Paris et parvient à trouver où le comédien résidait alors, autrement dit la fameuse péniche amarrée quai de la Concorde. Le jeune homme parvient à attirer son attention, au point où Pierre Richard l’invite à prendre un café chez lui. Les deux hommes ne se quitteront plus. Christophe Duthuron obtient un petit rôle dans Droit dans le mur (1997), signe la mise en scène et parfois même le texte de ses spectacles (Détournement de mémoire, Pierre et fils), participe au scénario du Bonheur de Pierre (de Robert Ménard), avant de le diriger enfin dans Les Vieux fourneaux (2018), gros succès au box-office adapté de la bande dessinée de Lupano et Cauuet, qui connaîtra une suite en 2022, dont l’accueil ne sera pas du tout du même acabit. Après l’édition de Souvenirs d’un distrait (avec Pierre Richard), disponible chez Le Cherche midi, les deux refont équipe avec Fêlés, ou l’histoire de la véritable association Arc-en-ciel située à Marmande, fondée par le psychiatre et psychanalyste François Tosquelles dans les années 1970, qui accueille des personnes atteintes de troubles psychiques. Un lieu qui aura inspiré Christophe Duthuron et ses co-scénaristes Alfred Lot (metteur en scène de l’excellent La Chambre des morts, adapté de Franck Thilliez) et le journaliste Christophe Carrière. Il en résulte une comédie sociale, proche de l’univers des films anglais à la The Full Monty et Les Virtuoses, sympathique et reposant essentiellement sur son casting. Car on ne peut pas dire que l’histoire passionne plus que cela et l’on a même souvent l’impression que le récit a été improvisé pendant le tournage, avec son intrigue qui part dans tous les sens, pour finalement ne plus savoir où aller en fin de parcours. Il n’en restera sûrement rien après quelques heures, si ce n’est l’énergie toujours contagieuse de Pierre Richard, qui à plus de 90 ans passés continue encore et toujours de nous enchanter.

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Test DVD / Miroirs No. 3, réalisé par Christian Petzold

MIROIRS NO. 3 réalisé par Christian Petzold, disponible en DVD le 2 décembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Paula Beer, Barbara Auer, Matthias Brandt, Philip Froissant, Enno Trebs, Victoire Laly, Christian Koerner, Marcel Heuperman…

Scénario : Christian Petzold

Photographie : Hans Fromm

Durée : 1h23

Année de sortie : 2025

LE FILM

Lors d’un week-end à la campagne, Laura, étudiante à Berlin, survit miraculeusement à un accident de voiture. Physiquement épargnée mais profondément secouée, elle est recueillie chez Betty, qui a été témoin de l’accident et s’occupe d’elle avec affection. Peu à peu, le mari et le fils de Betty surmontent leur réticence, et une quiétude quasi familiale s’installe. Mais bientôt, ils ne peuvent plus ignorer leur passé, et Laura doit affronter sa propre vie.

Et de quatre ! Le réalisateur Christian Petzold et la comédienne Paula Beer s’associent pour la quatrième fois après Transit (2018), Ondine – Undine (2020), Ours d’argent de la meilleure actrice à la Berlinale, Le Ciel rouge – Roter Himmel (2023) et Miroirs n°3 (2025). Petit à petit, le cinéaste a quelque peu délaissé sa première muse Nina Hoss, pour un temps sûrement (on l’espère), après six œuvres en commun tournées sur près de quinze ans, pour collaborer avec sa deuxième égérie née en 1995. Il en résulte une trilogie fondée sur les mythes dont Miroirs No. 3 serait le dernier volet. Rétrospectivement, ce dix-neuvième opus est comme qui dirait un film-somme du chef de file de la « nouvelle nouvelle-vague allemande ». On y retrouve ainsi des éléments de Yella, de Jerichow, de Barbara et bien d’autres (le deuil, une relation sur le déclin, l’espoir d’une nouvelle vie, les échos du passé, un drame teinté de fantastique, des personnages solitaires, taciturnes et méfiants, les sentiments qui s’expriment essentiellement qu’à travers le regard, les intentions, les non-dits) et évidemment un nouveau portrait de femme, ici un double portrait. Avec Miroirs No. 3, drame intimiste, Christian Petzold retrouve l’univers dépouillé, clinique et fantomatique de ses premiers films, et offre une fois de plus un rôle hyper-sensible à Paula Beer, qu’on ne quitte jamais, dont le regard hypnotique foudroie du début à la fin et transporte le spectateur. Cependant, ce dernier un tant soit peu habitué à l’univers du metteur en scène, devinera bien à l’avance où celui-ci désire l’emmener et, une fois n’est pas coutume, il n’est pas rare de trouver le temps long, pour ne pas dire de s’ennuyer quelque peu…

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Test DVD / Ange, réalisé par Tony Gatlif

ANGE réalisé par Tony Gatlif, disponible en DVD le 18 novembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Arthur H., Suzanne Aubert, Mathieu Amalric, Maria de Medeiros, Christine Citti, Dominique Maurin, La Caita, Juliette Minvielle…

Scénario : Tony Gatlif, Patricia Mortagne & Valentin Dahmani

Photographie : Lazare Pedron

Musique : Tony Gatlif, Arthur H., Delphine Mantoulet & Fiona Monbet

Durée : 1h34

Année de sortie : 2025

LE FILM

Ange, musicien sans attache, ressent le besoin vital de retrouver et faire la paix avec son vieil ami Marco. Solea, fille de son ancien amour, en pleine révolte contre son époque, s’invite dans ce voyage. À eux deux, ils vont retrouver le chemin de la joie.

Tony Gatlif (né en 1948), de son vrai nom Boualem Dahmani, tourne beaucoup, trop sans doute diront certains et ils n’auront peut-être pas tout à fait tort. Depuis maintenant un demi-siècle, son premier long-métrage La Tête en ruine remontant à 1975, le réalisateur, scénariste, compositeur, acteur et producteur, fils d’un père kabyle et d’une mère gitane a toujours, ou tout du moins très souvent concilié la musique et le cinéma. En fait, le cinéaste de Gadjo dilo (1997), Je suis né d’une cigogne (1998), Exils (2004), Transylvania (2006), Geronimo (2014), n’a jamais vraiment su se renouveler et c’est ce qui fait pencher Ange du mauvais côté de la balance. Tony Gatlif a déjà plus d’une vingtaine de films à son actif et connaît une sérieuse perte d’inspiration depuis presque vingt ans. Dans Ange, il décide de repartir sur les routes, pour s’échapper du monde actuel et de ses problématiques. Un projet qui lui aura demandé tout de même quatre années d’écriture et près de 80 moutures différentes de scénario…pour arriver à un film qui semble pourtant faire du surplace. Cette fois encore, un électron libre est au centre de l’histoire d’Ange, incarné par Arthur H. Ce dernier a peu touché au cinéma et Tony Gatlif lui offre ici le premier rôle, ce qui ne lui était pas arrivé depuis Maman de Romain Goupil, il y a de cela 35 ans. Depuis, le chanteur, compositeur, auteur et musicien a pris de la bouteille (il approche les 60 piges) et possède une vraie gueule qui a inspiré le metteur en scène. Si Arthur H. s’en tire bien, on ne peut pas en dire autant de ses camarades de jeu, peu aidés il est vrai par des dialogues pauvres, qui frôlent l’amateurisme. On peut se laisser embarquer par cet homme « du voyage », qui a vraisemblablement fait plusieurs fois le tour du monde, qui avait disparu douze ans sans donner de nouvelles à ses proches, et qui a décidé de rentrer (pendant combien de temps?) au bercail, pour une mission précise, qu’il s’est lui-même fixée. Mais le temps passe lentement devant Ange, devant lequel il n’est pas interdit de ressentir un certain ennui. On espère que Tony Gatlif reprendra un jour du poil de la bête et sortira d’un sentier bien trop balisé, qu’il n’a eu de cesse d’arpenter en long en large.

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