Test Blu-ray / La Femme la plus riche du monde, réalisé par Thierry Klifa

LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE réalisé par Thierry Klifa, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 12 mars 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Isabelle Huppert, Marina Foïs, Laurent Lafitte, Raphaël Personnaz, André Marcon, Mathieu Demy, Micha Lescot, Joseph Olivennes…

Scénario : Thierry Klifa, Cédric Anger & Jacques Fieschi

Photographie : Hichame Alaouie

Musique : Alex Beaupain

Durée : 2h02

Année de sortie : 2025

LE FILM

La femme la plus riche du monde : sa beauté, son intelligence, son pouvoir. Un écrivain photographe : son ambition, son insolence, sa folie. Le coup de foudre qui les emporte. Une héritière méfiante qui se bat pour être aimée. Un majordome aux aguets qui en sait plus qu’il ne dit. Des secrets de famille Des donations astronomiques. Une guerre où tous les coups sont permis.

En guise d’introduction, un panneau annonce « Ce film est une œuvre de création très librement inspirée de faits réels. Par respect de la vie privée, de la mémoire des morts et de la réputation des vivants, les auteurs tiennent à préciser qu’à leur vision subjective d’évènements rapportés se mêlent des éléments de pure fiction issus de leur imagination. L’intimité des personnages, leurs échanges et confidences sont inventés ». Et cela fait un bien fou. Porté par une critique élogieuse et un beau succès dans les salles (le million d’entrées n’est pas passé loin), La Femme la plus riche du monde a valu à Laurent Lafitte la récompense suprême, le César du meilleur acteur. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la compression lui revenait de droit cette année, quand bien même Benjamin Voisin était tout aussi exceptionnel dans le rôle de Meursault dans L’Étranger, tout comme Pio Marmaï dans L’Attachement. Mais c’était l’heure pour Laurent Lafitte, qui crève, pulvérise l’écran dans La Femme la plus riche du monde, sixième long-métrage de Thierry Klifa, ancien journaliste au magazine Studio de 1991 à 2002, qui n’avait pas été à pareille fête depuis son premier film (Une vie à t’attendre, 2004) et qui s’est refait une belle santé après le bide atomique des Rois de la piste en 2024. Présenté hors compétition au Festival de Cannes en 2025, La Femme la plus riche du monde s’inspire évidemment de l’affaire Banier-Bettencourt, conflit juridique opposant Françoise Bettencourt-Meyers, fille de Liliane Bettencourt, au photographe François-Marie Banier, aboutissant à la condamnation de ce dernier, ainsi que de son compagnon, Martin d’Orgeval, et de Pascal Wilhelm, avocat, pour abus de faiblesse. Parallèlement au documentaire en trois épisodes diffusé sur Netflix, L’Affaire Bettencourt : Scandale chez la femme la plus riche du monde, carton plein sur la plateforme au N majuscule ayant rameuté plus de quatre millions d’abonnés, Thierry Klifa et ses coscénaristes Cédric Anger (L’Homme qu’on aimait trop, La Prochaine fois je viserai le coeur, Le Petit Lieutenant) et Jacques Fieschi (Illusions perdues, Un balcon sur la mer, L’Adversaire) donnent leur vision sur ce fait divers. Drôle, hilarant même parfois, pathétique, cynique, ironique, La Femme la plus riche du monde joue et jongle avec les ruptures de ton, les genres, l’empathie aussi et malmène les spectateurs…qui en redemandent. Car LFLPRDM (ça va plus vite) n’est pas un film gentil. Les personnages se dévoilent petit à petit dans leur (immense) complexité, tentent de maîtriser leurs pulsions, leurs fêlures, leurs ambitions…Thierry Klifa met à jour un monde insoupçonné de freaks, où chacun essaye de vivre avec le monstre qu’il s’est créé. À ce titre, la prestation d’Isabelle Huppert est peut-être celle qui réserve le moins de surprises et peu d’éléments démarquent ce rôle de certains qu’elle a interprété, surtout depuis une vingtaine d’années. En revanche, c’est la fête pour le reste de la distribution, qui mérite tous les honneurs. Assurément l’un des grands films français de l’année 2025.

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Test Blu-ray / Le Grand bain, réalisé par Gilles Lellouche

LE GRAND BAIN réalisé par Gilles Lellouche, disponible en DVD et Blu-ray le 27 février 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade, Virginie Efira, Leïla Bekhti, Marina Foïs, Philippe Katerine, Félix Moati, Alban Ivanov, Jonathan Zaccaï, Mélanie Doutey, Erika Sainte, Claire Nadeau…

Scénario : Gilles Lellouche, Ahmed Hamidi, Julien Lambroschini

Photographie : Laurent Tangy

Musique : Jon Brion

Durée : 2h02 (version cinéma) / 2h12 (version longue)

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie…

Quatorze ans après le génial Narco, qu’il avait co-réalisé avec Tristan Aurouet en 2004, Gilles Lellouche signe son premier long métrage en solo avec Le Grand bain. Depuis ce premier coup d’essai, le comédien/metteur en scène/scénariste a mûri et son cinéma s’en ressent. Vrai et grand coup de coeur de l’année 2018, Le Grand bain concilie l’humour et l’émotion de façon inattendue et dresse le portrait de quelques paumés, désenchantés, à qui la vie n’a pas fait de cadeaux, qui n’en espèrent d’ailleurs plus rien, jusqu’à ce qu’ils trouvent enfin un but et surtout une oreille attentive à laquelle se livrer, pour enfin retrouver le goût de vivre et l’estime de soi. Enfin, Le Grand bain c’est aussi et surtout un casting quatre étoiles, de magnifiques comédiens, merveilleusement dirigés, investis, en parfaite osmose, que Gilles Lellouche parvient comme qui dirait à rebooter en les présentant sans fard et avec une rare tendresse.

Huit hommes de diverses générations « cabossés » par la vie (dépression, échec professionnel ou familial…) vont reprendre goût à la vie en s’investissant dans leur équipe de natation synchronisée. En prévision des championnats du monde organisés en Norvège, ils sont pris en charge par deux coaches ex-championnes, Delphine, ancienne alcoolique, et Amanda, une sportive paraplégique.

Non, ce n’est pas un film de « potes » comme pouvait l’être Les Petits mouchoirs. Le Grand bain ne paraît jamais « forcé » et les acteurs retrouvent une authenticité qu’ils avaient pour la plupart pu perdre au fil des années. En s’inspirant du cinéma social britannique (The Full Monty entre autres), Gilles Lellouche leur offre un rôle en or, tout en restant lui-même derrière la caméra. A cette occasion, il retrouve Guillaume Canet (ici Laurent, directeur d’une aciérie), Benoît Poelvoorde (Marcus, directeur d’un magasin de piscines) et Mélanie Doutey. Si cette dernière fait plutôt une participation, le premier montre à quel point il peut être bon quand il est bien dirigé, tandis que le second est comme d’habitude immense, capable d’un humour dévastateur et d’une sensibilité à fleur de peau. Les autres membres de l’équipe ne déméritent évidemment pas avec rien de moins que Mathieu Amalric alias Bertrand (chômeur puis vendeur de meubles), Jean-Hugues Anglade (Simon, musicien raté), Philippe Katerine (Thierry, manutentionnaire de la piscine), Alban Ivanov (Basile, trentenaire sans ambition), Balasingham Thamilchelvan (le mystérieux Avanish qui ne parle pas un mot de français) et Félix Moati (John, infirmier, qui viendra renforcer la troupe). Ça c’est pour le groupe sportif. Ils sont coachés par Delphine (Virginie Efira, fragile comme du cristal) et Amanda (Leïla Bekhti, explosive en entraîneuse sadique), qui vont les encourager et les mener jusqu’à la compétition internationale.

Le réalisateur convoque et mélange tout ce beau monde, d’horizons et d’écoles divers, sans oublier les personnages satellites excellemment campés par Marina Foïs, Claire Nadeau, Jonathan Zaccaï et bien d’autres. Le Grand bain est à ce jour le projet le plus personnel de Gilles Lellouche, un film qu’il portait depuis plusieurs années, porté par une envie de parler d’individus renfermés sur eux-mêmes, qui se redécouvrent en intégrant et en étant accepté par un groupe au sein duquel la parole va progressivement se libérer. En toute honnêteté, on ne s’attendait pas à être cueilli de la sorte. Rien ne paraît exagéré ou poussif, tout y est chaleureux, sans pathos, sensible et mélancolique, très attachant. Loin des poncifs du cinéma bobo à la morale bien pensante, Le Grand bain mixe et rassemble les classes sociales, sans distinction, sans jugement, mais avec une certaine poésie. Outre la ribambelle de grands acteurs, Gilles Lellouche fait souvent preuve de virtuosité et soigne chacun de ses plans, sans tomber dans la gratuité et dans le seul but d’épater la galerie. La mise en scène, la photographie de Laurent Tangy et la géniale bande originale signée Jon Brion agrémentée de tube 80’s (Tears For Fears, Phil Collins, Imagination) emportent immédiatement l’adhésion.

Le Grand bain agit donc comme une véritable potion magique où tous les ingrédients se marient à merveille, pour le plus grand bonheur des spectateurs qui l’ont largement plébiscité puisque le film aura attiré près de 4,5 millions de spectateurs. Un succès populaire qui devrait être suivi par quelques César à la prochaine grande fête du cinéma, puisque Le Grand bain est nommé dans dix catégories : meilleurs film, réalisateur, acteur dans un second rôle (Jean-Hugues Anglade et Philippe Katerine), actrice dans un second rôle (Leïla Bekhti et Virginie Efira), scénario original, photographie, montage et son.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray du Grand bain, disponible chez Studiocanal, a été réalisé à partir d’un check-disc. Cette édition comprend deux disques. Le menu principal du premier Blu-ray est animé et musical, celui du second est fixe et musical. Les suppléments se trouvent sur le premier disques, tandis que le deuxième propose la version longue du Grand bain (2h12).

Si vous avez aimé voire adoré Le Grand bain, précipitez-vous sur le making of (35’) qui fait comme qui dirait office de film dans le film, dans le sens où les comédiens apprennent à se connaître véritablement durant leur entraînement qui aura duré sept mois, à raison d’une ou deux fois par semaine. Le tout chapeauté par Julie Fabre, ancienne entraîneuse de l’équipe de France de natation synchronisée olympique. Les acteurs se confient face caméra sur ce défi physique, qu’ils ont tous brillamment relevé. Gilles Lellouche revient quant à lui sur son « bébé », qu’il a porté durant quelques années avant de pouvoir enfin le concrétiser. A l’instar des personnages du Grand bain, tous les comédiens deviennent complices dans l’effort, dans leurs progressions et dans leurs motivations, et c’est aussi beau que dans le film. Mention spéciale au passage de la cryothérapie, où chacun passe à tour de rôle dans une pièce à -10 degrés, puis une autre à -60 degrés, pour finir à -110 degrés !

En plus d’une galerie de photos, l’éditeur joint une version longue du Grand bain, qui comprend notamment quelques scènes en plus avec Marcus, le personnage incarné par Benoît Poelvoorde, ainsi qu’une très belle scène entre Mathieu Amalric et Marina Foïs.

L’Image et le son

Les contrastes sont riches, la luminosité est omniprésente, les scènes nocturnes sont logées à la même enseigne et le relief est probant. Les visages sont détaillés à souhait, tout comme les décors, la colorimétrie est froide et hivernale, le piqué joliment aiguisé (surtout sur les scènes en extérieur), le relief est indéniable et la photo élégante du chef opérateur Laurent Tangy (Radiostars, La French, HHhH) trouve en Blu-ray un écrin idéal.

Un seul choix disponible, une piste DTS-HD Master Audio 5.1 créant d’entrée de jeu une large et puissante spatialisation musicale. La balance frontales-latérales est très dynamique, les voix solidement plantées sur la centrale. Toutes les enceintes sont mises à contribution, certains effets naturels tirent leur épingle du jeu. Les sous-titres anglais et français destinés au public sourd et malentendant sont disponibles, tout comme une piste Audiodescription pour les spectateurs aveugles et malvoyants.

Crédits images : © Studiocanal / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr