
LOUISE réalisé par Nicolas Keitel, disponible en DVD le 10 avril 2026 chez Blaq Out.
Acteurs : Diane Rouxel, Cécile de France, Salomé Dewaels, Noémie Lemaitre, Emma Danze, Lina El Arabi, Myriem Akheddiou, Kynan Carmeci…
Scénario : Nicolas Keitel
Photographie : Joachim Philippe
Musique : Superpoze
Durée : 1h43
Année de sortie : 2025
LE FILM
Suite à un incident, la jeune Marion décide de fuguer du domicile familial. Elle démarre alors une nouvelle vie sous une autre identité : Louise. Quinze ans plus tard, Louise retrouve la trace de sa sœur et de sa mère. Petit à petit, elle réapprend à les connaître sans leur dévoiler son identité. Alors qu’elle renoue avec son passé, un dilemme s’impose à elle : rester Louise ou redevenir Marion…

Il est toujours intéressant, pour ne pas dire passionnant, de voir de nouveaux réalisateurs émerger et surtout passer le cap du long-métrage. C’est cette fois au tour de Nicolas Keitel, remarqué avec son court-métrage Le Bon Copain (avec l’excellente Maud Wyler), qui a tourné dans les festivals en 2018. Voici Louise, drame psychologique, récit initiatique et avant tout aventure romanesque qui rappelle parfois le cinéma d’André Téchiné. Ce qui frappe avant tout dans Louise, c’est la beauté hypnotique et l’immense talent de ses trois comédiennes principales, Diane Rouxel, Cécile de France et Salomé Dewaels, qui auraient bien mérité un prix d’interprétation collectif. De l’aveu du metteur en scène, l’histoire est née d’une image, « Celle de deux petites filles recroquevillées dans un escalier, qui entendent leur mère se faire battre », suite à quoi le reste du parcours de Marion s’est déroulé simplement comme on le fait avec le fil d’une pelote de laine. Ne vous attendez pas à un film dit réaliste, Nicolas Keitel n’a pas peur d’y aller à fond dans le mélodrame et évite justement – c’est parfois limite, mais ça passe – le pathos. On peut aussi tiquer sur la trop grande présence de la musique, même si très soignée là aussi, de Superpoze. La (très) grande attraction du film demeure Diane Rouxel, révélée en 2014 dans The Smell of Us de Larry Clark. Nous avons déjà dit tout le bien que l’on pensait de la comédienne au regard laser, qui nous avait déjà subjugué dans La Terre des hommes de Naël Marandin et Le Soleil de trop près, réalisé par Brieuc Carnaille. Astre discret et pourtant l’un des plus lumineux du cinéma français aujourd’hui, Diane Rouxel pulvérise l’écran une fois de plus dans Louise. Assurément, elle trouve ici l’un de ses plus beaux rôles et rien que pour cela, le premier long-métrage de Nicolas Keitel mérite qu’on s’y attarde.


