Test DVD / Bataille sans merci, réalisé par Raoul Walsh

BATAILLE SANS MERCI (Gun Fury) réalisé par Raoul Walsh, disponible en DVD et Combo Blu-ray + DVD + Livret le 7 avril 2023 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Rock Hudson, Donna Reed, Philip Carey, Roberta Haynes, Leo Gordon, Lee Marvin, Neville Brand, Ray Thomas…

Scénario : Irving Wallace & Roy Huggins, d’après le roman de Kathleen B., George et Robert A. Granger

Photographie : Lester White

Musique : Mischa Bakaleinikoff & Arthur Morton

Durée : 1h19

Date de sortie initiale: 1953

LE FILM

Au lendemain de la guerre de Sécession, en Arizona. Ancien militaire, Ben Warren et sa fiancée Jennifer Ballard font route vers la Californie où ils voudraient s’établir. Chemin faisant, leur diligence est attaquée par les soldats supposés la convoyer et protéger l’or qu’elle transporte. Des bandits en réalité, membres de la bande de Frank Slayton. Laissé pour mort, Warren n’a dès lors plus qu’une idée en tête : retrouver sa compagne que les hors-la-loi enlèvent pour couvrir leur fuite…

C’est un « petit » Raoul Walsh, mais bien divertissant tout de même. S’il ne paye pas de mine, Bataille sans merciGun Fury, production Columbia, condense en 79 minutes ce que certains films ne parviennent même pas à faire sur 2h30. Rétrospectivement, ce western se situe entre Un lion dans les ruesA Lion Is in the Streets et La Brigade héroïqueSaskatchewan et a pour particularité d’avoir été tourné en 3D (rappelons au passage que le cinéaste était borgne), afin d’essayer de rameuter un public qui désertait alors les salles, au profit de la télévision trônant fièrement dans le salon. Un procédé qu’utiliseront également André de Toth pour L’Homme au masque de cire et Jack Arnold pour Lé Météore de la nuit la même année. Mais pour l’heure, Bataille sans merci manque justement de relief, même si encore une fois, le spectacle est assuré du début à la fin. C’est juste que l’ensemble paraît parfois redondant et que le cowboy non-violent incarné par Rock Hudson, dans sa quatrième et dernière collaboration avec le réalisateur après Les Géants du ciel Fighter Squadron (le premier long-métrage du comédien, pour lequel il n’est même pas crédité), Victime du destinThe Lawless Breed et La Belle EspionneSea Devils, manque cruellement de chair. L’essentiel est donc ailleurs, dans une mise en scène dynamique, des décors naturels fantastiques et la participation toujours impeccable de Leo Gordon.

Quelques années après la guerre de Sécession, en Arizona, Jennifer Ballard, venue de Géorgie, va rejoindre dans l’Ouest son fiancé Ben Warren, et voyage dans la même diligence que Frank Slayton, un homme distingué, et son associé Burgess. Lors d’une halte, Slayton et Ben, qui les a rejoints, évoquent la guerre, car ils sont tous deux sudistes. Ben veut oublier le passé et le bruit des armes, pour ne penser qu’à son bonheur et à sa terre. Slayton, par ailleurs attiré par Jennifer, n’accepte pas la défaite et n’imagine pas un retour à la vie normale. Le voyage reprend; Slayton et Burgess sont en fait des hors-la-loi et ex-Confédérés qui attaquent la diligence avec des complices, volent une caisse d’or et prennent Jennifer en otage. Ben, laissé pour mort, revient à lui et se lance à leur poursuite. Burgess, en désaccord avec Slayton sur l’enlèvement de Jennifer, est abandonné, blessé et ligoté. Ben le délivre, s’associe à lui et à Johash, un Indien croisé en chemin, dont Slayton a massacré la famille. Jennifer repousse les avances de Slayton et comprend que Ben va tenter de la délivrer. La poursuite est sans merci.

Adapté du roman Ten Against Caesar de George Granger, Robert A. Granger et Kathleen B. Granger, Bataille sans merci repose sur un scénario d’Irving Wallace (Natchez d’Henry Levin, Le Joyeux charlatan de Douglas Sirk) et Roy Huggins (Du plomb pour l’inspecteur de Richard Quine et réalisateur du Relais de l’or maudit). Raoul Walsh, ne bénéficiant manifestement pas d’un grand budget, se concentre beaucoup sur ses acteurs, en particulier Philip Carey (L’Étreinte du destin, Le Massacre des Sioux) et Leo Gordon (L’Arme à gauche, The Intruder, La Malédiction d’Arkham), qui campent (et de loin) les personnages les plus intéressants du film, complexes à souhait. Loin de la quasi-mièvrerie de celui interprété par Rock Hudson, pas mauvais non plus, mais qui a nettement moins à défendre, encore moins d’ailleurs que Lee Marvin (au tout début de sa carrière), qui est pourtant au second plan.

Les actrices s’en tirent aussi pas trop mal, même si cette fois encore, Roberta Haynes, qui joue Estella, la compagne jalouse de Slayton, est mieux servie que la « gentille » Jennifer, jouée par Donna Reed (La Vie est belle, Les Yeux dans les ténèbres, Tant qu’il y aura des hommes). Gun Fury n’est pas avare en poursuites, en bagarres et en gunfights. Certaines scènes et de multiples plans sont clairement destinés à l’exploitation du film en 3D (un serpent lancé vers les spectateurs par exemple), les paysages sont toujours bien en valeur par Raoul Walsh et son directeur de la photographie Lester White.

Seules les séquences en intérieur trahissent évidemment le recours au studio et s’avèrent assez pauvres. Si tout paraît rester en surface tout du long, il serait dommage de bouder son plaisir, car Bataille sans merci, même s’il s’agit d’un Raoul Walsh tout ce qu’il y a de plus mineur, demeure finalement au-dessus du tout-venant.

LE DVD

Nous n’aurons pas eu accès au Blu-ray de Bataille sans merci. Mais peu importe finalement, puisque Sidonis Calysta ne propose pas non plus la version 3D sur l’édition HD contrairement à l’édition américaine. Aucun regret donc. En 2005, Gun Fury appartenait au catalogue Sony Pictures, avant d’intégrer celui de Sidonis, qui avait tout d’abord présenté le film de Raoul Walsh dans un coffret western, avant de le placer dans les bacs en DVD et Combo Blu-ray + DVD dans la collection Silver. Le menu principal est animé et musical.

Le DVD contient une présentation de Jean-François Giré (12’). Peu d’informations à glaner ici, ce dernier se contentant de raconter le film une bonne partie de ce module. Le complice de Sidonis Calysta indique tout de même que Bataille sans merci est « un film étrange, qui dénote, considéré comme mineur car ayant quelques faiblesses, mais le scénario n’est pas inintéressant ». Des indications sur le scénariste Roy Huggins, sur les lieux de tournage, la psychologie des personnages et les conditions de prises de vue en 3D. Enfin, Jean-François Giré conclut en disant « Bataille sans merci est un western sans aucun temps mort, agréable à voir, mouvementé, à redécouvrir et vivement conseillé ».

C’est mieux du côté de Patrick Brion (12’), qui donne tout d’abord une liste de westerns sortis en 1954, avant d’en venir directement à ceux de Raoul Walsh, et plus précisément à celui qui nous intéresse aujourd’hui. Les personnages, leur évolution, les décors naturels, le tournage en 3D, le casting sont passés au peigne fin.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Bon…C’est pas reluisant tout ça. On peut même dire que c’est très moche, même si l’ensemble reste propre. N’attendez surtout pas un Technicolor éclatant, tout ici est terne, plat, sans aucun relief (une frustration pour un film tourné en relief), la texture argentique étant même aux abonnés absents à de nombreuses reprises et qui disparaît même parfois au cours d’une même séquence. Le générique donne déjà le ton avec ses couleurs fanées, délavées. On se dit que ça va s’améliorer après, mais malheureusement il n’en est rien. Si l’on ajoute à cela une compression médiocre, un piqué émoussé, un teint cireux des acteurs, un environnement marronnasse, des plans flous, nous avons devant les yeux l’un des pires masters vus ces dernières semaines.

En VF comme en VO (avec sous-titres français non imposés), les mixages DTS-HD Master Audio 2.0 (point de remixage superflu à l’horizon), l’écoute demeure fort appréciable, avec une excellente restitution de la musique, des effets annexes et des voix très fluides et aérées. Léger souffle constaté dans la langue de Molière, ainsi que des répliques parfois couvertes, mais rien de gênant. Le changement de langue n’est pas verrouillé.

Crédits images : © Sidonis Calysta / Columbia Pictures / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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