Test Blu-ray / Le Relais de l’or maudit, réalisé par Roy Huggins

LE RELAIS DE L’OR MAUDIT (Hangman’s Knot) réalisé par Roy Huggins, disponible en DVD et Blu-ray le 10 août 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Randolph Scott, Donna Reed, Claude Jarman Jr., Frank Faylen, Glenn Langan, Richard Denning, Lee Marvin, Jeanette Nolan…

Scénario : Roy Huggins

Photographie : Charles Lawton Jr.

Musique : Mischa Bakaleinikoff

Durée : 1h21

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

Commandés par le major Matt Stewart, des soldats sudistes attaquent un convoi nordiste transportant de l’or. Si une de leurs victimes leur apprend que la guerre est terminée depuis un mois, il est trop tard. Désormais considérés comme des bandits, ils se rendent à l’évidence qu’ils ont été manipulés par leur officier supérieur. En gardant le butin pour eux, ils deviennent à leur tour des proies, prises en chasse par tous les hors la loi de l’état, ainsi que par les représentants de la loi…

Le Relais de l’or maudit – Hangman’s Knot (1952) est l’unique film écrit et réalisé par Roy Huggins, habituellement scénariste pour le cinéma et la télévision, qui a surtout fait une immense carrière en tant que producteur de séries télévisées. L’une d’elles connaît un grand succès dans les années 60 et sera adaptée au cinéma trente ans plus tard, Le Fugitif – The Fugitive (1993) avec Harrison Ford et Tommy Lee Jones, réalisé par Andrew Davis et toujours produit par Roy Huggins. Le Relais de l’or maudit est un western qui commence avec une scène époustouflante, celle de l’attaque d’un convoi rempli d’or par un groupe de soldats confédérés. Des explosions à la dynamite et des tirs de fusils entraînent la mort de plusieurs personnes. 70 ans après la sortie du film, la mise en scène et le montage de cette séquence d’ouverture n’ont pas pris une seule ride.

Malheureusement, la guerre est finie depuis un mois. Trahis, ces soldats deviennent des criminels, plutôt que des héros. Autour d’un feu de camp, le soir-même, ils discutent et prennent la décision de garder l’or pour eux. Ils sont pris en chasse par un groupe d’hommes, qui agissent au nom de la loi. Leur but est de les pendre. La poursuite à cheval offre des cascades impressionnantes. Il n’y a évidemment aucun fond vert, contrairement au cinéma d’aujourd’hui. Les cascadeurs connaissaient leur métier et prenaient parfois beaucoup de risques. Le résultat est incroyable.

Même si le scénario n’est pas d’une folle originalité pour un western, le film a un bon rythme et la dose d’action nécessaire pour entretenir un suspense haletant. La réalisation, avec des plans d’ensemble ou larges, permet de profiter des paysages magnifiques. Après la poursuite, les soldats se réfugient dans une maison, le film plonge alors dans un huis clos. Les deux clans tentent de trouver une solution, à travers des négociations, avec un otage contre l’or. Le long-métrage devient plus calme, les soldats, après avoir été méfiants, sympathisent avec les occupants de la maison, une histoire d’amour voit même le jour. Mais ils semblent pris au piège entre les murs de l’habitation encerclée, faits comme de rats. Il semble impossible qu’ils réussissent à sortir sans sacrifier l’or. Parviendront-ils à s’échapper ?

Une tension pèse sur le groupe et une bagarre extraordinaire éclate entre deux soldats. Des coups de poing sont échangés, tous les objets qui se trouvent sur leur passage, tables ou chaises, sont complètement détruits. C’est une grande scène, mais le seul souci est que les acteurs sont doublés et les visages des cascadeurs nettement visibles. Cette illusion cinématographique était sans doute infaillible dans les années 50, mais ne fonctionne plus de nos jours.

Le casting est intéressant, on retrouve par exemple Randolph Scott (1898-1987), populaire dans les années 50, qui a joué des héros de western dans des films réalisés par André de Toth ou Budd Boetticher. Donna Reed célèbre pour avoir joué dans La Vie est belle – It’s a Wonderful Life, Le Portrait de Dorian Gray – The Picture of Dorian Gray ou Tant qu’il y aura des hommes – From Here to Eternity apporte la touche féminine dans ce monde d’hommes. Lee Marvin, à ce moment-là au début de sa carrière, crève l’écran dans le rôle d’un salopard. Le reste de la distribution se compose d’habitués du western comme Claude Jarman Jr., qui a interprété Jeff York dans Rio Grande aux côtés de John Wayne.

Le Relais de l’or maudit – Hangman’s Knot est un western dont le récit est certes classique, mais efficace et bien rythmé. Le film arrive à être prenant bien que la moitié se déroule dans un espace restreint. Les amateurs de western seront ravis d’avoir leur part d’action souhaitée. Il est assez étonnant de constater qu’il s’agit du seul mis en scène par Roy Huggins, dont le savoir-faire en la matière était certain.

LE BLU-RAY

Le DVD et le Blu-ray du film Le Relais de l’or maudit – Hangsman’s Knot sont disponibles chez Sidonis Calysta, dans la collection Western de légende. Le visuel de la jaquette est soigné, avec Randolph Scott tenant un fusil dans les mains, un paysage montagneux et un convoi. Le menu est animé par des extraits du film et musical avec la bande originale.

Les bonus comportent deux présentations du film. La première est celle de Jean-François Giré (13′), un grand spécialiste des westerns, qui nous propose une analyse passionnante du film. A travers des extraits, il revient sur certaines séquences, le scénario, les cascades, les acteurs, les personnage, la réalisation ou encore la carrière du réalisateur.

La deuxième est celle de Patrick Brion (7′), historien du cinéma, connu pour être le présentateur de l’émission Cinéma de minuit depuis 1976. Sa présentation est beaucoup plus classique, mais tout aussi intéressante. Il nous donne les informations principales du film et revient plus en détails sur la carrière du réalisateur, analyse la réalisation, les acteurs et donne des anecdotes.

L’interactivité se termine par la bande-annonce non restaurée en version originale.

L’image et le son

La superbe restauration se remarque dès le générique, un plan d’ensemble avec un convoi se déplaçant dans un gigantesque paysage montagneux. Tourné à l’époque en Technicolor, les couleurs sont magnifiques, avec une belle luminosité. Il n’y a aucune poussière, les traces qui peuvent affecter l’image sont assez rares.

Le son est en DTS-HD. La version française est légèrement étouffée, ce qui oblige à augmenter le volume afin que le film soit audible. Le doublage est réussi, avec notamment la présence de la merveilleuse voix de Bernard Dhéran. Cependant, la version anglaise est supérieure, surtout au niveau des voix et de la musique. Les sous-titres français non imposés sont disponibles en deux versions : l’une pour traduire les écrits anglais visibles dans le film et l’autre pour l’intégralité des dialogues.

Crédits images : © Sidonis Calysta / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr / Critique du film et chronique du Blu-ray réalisées par Jérémy Joly

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