Test Blu-ray / Willy’s Wonderland, réalisé par Kevin Lewis

WILLY’S WONDERLAND réalisé par Kevin Lewis, disponible en DVD et Blu-ray le 2 novembre 2021 chez Program Store.

Acteurs : Nicolas Cage, Emily Tosta, Beth Grant, Ric Reitz, Chris Warner, Kai Kadlec, Caylee Cowan, Jonathan Mercedes…

Scénario : G.O. Parsons

Photographie : David Newbert

Musique : Émoi

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Un mystérieux vagabond accepte un travail de concierge dans un parc d’attractions pour enfants abandonné, appelé Willy’s Wonderland. Il va découvrir qu’il est pris au piège et qu’il a été désigné comme sacrifice humain pour d’étranges créatures. Le parc se transforme alors en cauchemar vivant peuplé d’animatroniques possédés par des démons…

Ceux qui nous lisent savent à quel point nous vouons un culte à Nicolas Cage. Ces dernières années, nous avons passé en revue USS Indianapolis de Mario Van Peebles, Dog Eat Dog de Paul Schrader, Vengeance de Johnny Martin, Arsenal de Steven C. Miller, Usurpation de Jonathan Baker, Code 211 de York Alec Shackleton, Grand Isle, piège mortel de Stephen S. Campanelli, Froide vengeance de Shawn Ku, Running with the Devil de Jason Cabell, Kill Chain de Ken Sanzel, Primal de Nick Powell et Jiu Jitsu de Dimitri Logothetis. Il ne chôme pas le Nicky et nous donne toujours de quoi nous sustenter. Et croyez-le ou non, la plupart de ces DTV sont très recommandables, le comédien rappelant qu’on peut encore compter sur lui et qu’il s’investira totalement même dans les productions les plus fauchées ou improbables. C’est ce qu’on appelle le génie. Revoyez Army of One de Larry Charles, Mandy de Panos Cosmatos et Color Out of Space de Richard Stanley, ses prestations y sont complètement hallucinantes. Alors que Pig de Michael Sarnoski, porté par des critiques élogieuses, est actuellement dans les salles et que Prisoners of the Ghostland de Sion Sono se fait attendre en France, Nicolas Cage se retrouve cette fois enfermé dans un parc d’attractions quelque peu délabré et y affronte les mascottes du parc qui ont décidé de prendre vie et la mauvaise idée de s’en prendre à lui. Tenant grâce à des boissons énergétiques Punch Pop qu’il prend à heure fixe, notre héros, que rien ni personne ne semble impressionner, va passer une folle nuit et ce pour notre plus grand plaisir. Willy’s Wonderland est un savoureux divertissement, un poil redondant certes, mais ô combien jouissif, dans lequel notre Nicky Cage est «iconisé » à chaque instant. Cela faisait d’ailleurs bien longtemps que ce dernier n’avait pas été aussi bien filmé et l’on sent constamment l’amour que lui porte le réalisateur Kevin Lewis. Bref, vous cherchez un gros délire assumé, un mélange d’horreur liant le sang et l’huile et d’humour frappadingue ? Alors précipitez-vous sur Willy’s Wonderland, chaînon manquant entre Jeu d’enfant – Child’s Play et La Nuit au musée – Night at the Museum !

Lorsque sa voiture crève sur une route de campagne isolée, un vagabond silencieux se retrouve bloqué près de Hayesville, dans le Nevada. Jed, le mécanicien de la petite bourgade débarque et remorque sa voiture en ville, mais le vagabond est incapable de payer les réparations. Un certain Tex Macadoo lui propose alors un deal, travailler comme concierge de nuit à Willy’s Wonderland, un centre de divertissement familial abandonné autrefois prospère, en échange de la réparation complète de son véhicule. Tex et Jed l’enferment dans le bâtiment. Pendant ce temps, l’adolescente Liv Hawthorne est menottée à son domicile par la shérif de Hayesville, Eloise Lund, en raison de ses précédentes tentatives d’incendier Willy’s Wonderland. Durant l’absence de Lund, les amis de Liv viennent la libérer. Alors que le concierge commence ses fonctions, les huit mascottes animatroniques du restaurant – Willy Weasel, Arty Alligator, Cammy Chameleon, Ozzie Ostrich, Knighty Knight, Tito Turtle, Gus Gorilla et Siren Sara – se « réveillent » et s’en prennent à lui. Pendant que ses amis arrosent le périmètre d’essence, Liv décide d’entrer dans Willy’s Wonderland par les bouches d’aération pour faire sortir le concierge, qu’elle sait en danger. Pendant ce temps, la lutte continue entre le concierge et les créatures démoniaques.

Autant le dire d’emblée, Nicolas Cage – également producteur – ne décroche pas la mâchoire une seule fois dans Willy’s Wonderland. Une première pour l’acteur, qui pour le coup s’est inspiré du jeu de Buster Keaton, de Harpo Marx et de Charles Bronson dans Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone pour créer son personnage. Lunettes de soleil miroir, barbe taillée au pochoir, coiffure sobre, notre bon vieux Nicky est impeccable et furieusement bad-ass à l’écran dans cette comédie horrifique, dans laquelle il a l’air de prendre son pied du début à la fin. Nicolas Cage n’a rien perdu de sa folie, du feu qui l’a souvent animé à l’écran. Le voir fracasser des grosses bébêtes poilues à coup de manche à balai ou tout ce qui lui passe par la main comme un débouche-chiotte, en poussant des hurlements primaires et se prenant des litres de fluides étranges dans la tronche crée un vrai sentiment de bonheur chez le spectateur. Surtout si celui-ci a toujours suivi le comédien dans ses bons comme dans ses mauvais films. La séquence où le Concierge entreprend une partie de flipper, sous l’emprise de ses boissons énergisantes et se met à réaliser une petite chorégraphie, a des chances de rester et s’avère d’ores et déjà comme l’une des préférées de ceux qui ont vu et aimer le film. A ses côtés, les personnages « réels » et donc ses partenaires ont un peu de mal à exister. On notera tout de même la bonne participation de la jeune Emily Tosta, celle de l’excellente Beth Grant (qui aurait pu trôner dans la rubrique de Première « On ne sait jamais comment ils s’appellent »), sans oublier Caylee Cowan, que certains connaissent peut-être pour se montrer peu avare de ses charmes rebondis sur la toile. Nous vous laissons un petit temps pour revenir vers nous, car nous savons que vous êtes allés voir directement de quoi il en retournait petits coquins.

D’après un scénario de G.O. Parsons, Willy’s Wonderland apparaît pour ainsi dire comme une attraction de fête foraine, un train-fantôme quelque peu déglingué, mais grâce auquel on se tape des barres de rire. Il s’agit du huitième long-métrage de Kevin Lewis, réalisateur d’un certain The Drop (2006) avec Sean Young et John Savage, qui n’avait rien tourné depuis 2007. Le décor, la photographie de David Newbert et la musique d’Émoi (compositeur qui prête aussi sa voix à Willy) sont soignés et participent à la réussite de Willy’s Wonderland. Alors, prenez votre balai-brosse et votre serpillière pour aller botter le cul de Willy le furet, Ozzie l’autruche, Gus le gorille, Arty l’alligator, Sara la sirène, Knighty le chevalier, Camy le caméléon et Tito la tortue mexicaine ! Bien accueilli, le film de Kevin Lewis pourrait connaître une suite très prochainement…

LE BLU-RAY

Program Store aime Nicolas Cage ! En effet, après Possession Between Worlds de Maria Pulera et Grand Isle, piège mortel de Stephen S. Campanelli, Willy’s Wonderland est le troisième titre avec le comédien à intégrer le catalogue de l’éditeur. La jaquette, glissée dans un boîtier de couleur bleue, reprend l’un des visuels américains du film. Le menu principal est animé et musical.

En plus de la bande-annonce (VF et VO non sous-titrées), Program Store nous gratifie d’un petit making of sympathique de 11 minutes. L’occasion d’entendre enfin la voix de Nicolas Cage, qui s’exprime ici sur Willy’s Wonderland, en indiquant « c’est un scénario absurde, mais j’adore tout ce qui l’est ». Il évoque également un mélange de Pale Rider et des Clowns tueurs venus d’ailleurs, « un récit à la fois terrifiant et hilarant, ridicule et sublime », ainsi que ses inspirations pour créer le rôle du « Concierge ». De son côté, le réalisateur Kevin Lewis s’exprime sur la création de l’univers du parc d’attractions, en laissant aussi la parole aux créateurs, animateurs et aux comédiens du film.

L’Image et le son

Le Blu-ray est au format 1080p. Alors, tout n’est pas parfait, mais cette édition HD s’en tire néanmoins agréablement avec notamment de belles couleurs désaturées, en extérieur comme dans le parc d’attractions. Les noirs sont denses, le piqué affûté, les détails acérés (voir la pilosité faciale de sieur Cage ou même ses cheveux où l’on peut percevoir la frontière entre ses vrais cheveux et sa moumoute) sur le cadre large, la clarté élégante. Si les couleurs sont volontairement atténuées, celles-ci sont également plus vives lors des séquences où le Concierge réalise une partie de flipper pour se calmer les nerfs, tout en reflétant l’état d’esprit du personnage, dont le sang est sans arrêt mêlé aux boissons énergétiques. Les protagonistes baignent dans des teintes rosées du début à la fin. En revanche, les séquences agitées sont plus hétérogènes et la définition flanche quelques secondes lors de chaque affrontement en raison de la mise en scène tremblante (euphémisme) et du montage stroboscopique. Mais ce Blu-ray demeure très convaincant.

Les versions française et anglaise sont présentées en Dolby Digital 5.1 et bien sûr en DTS-HD Master Audio 5.1. Les mixages vous plongent délicatement mais sûrement dans l’atmosphère du film. Toutes les enceintes sont exploitées, les voix sont très imposantes sur la centrale et se lient à merveille avec la balance frontale, riche et dense, ainsi que les enceintes latérales qui distillent des ambiances naturelles. Le caisson de basses se mêle également à la partie avec quelques montées bienvenues, y compris bien sûr quand l’action se déchaîne. Notons que la version originale l’emporte sur la piste française, se révèle plus homogène, y compris du point de vue de la spatialisation musicale.

Crédits images : © Program Store / LSG2020 / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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