Test Blu-ray / Le Secret de l’Épervier Noir, réalisé par Domenico Paolella

LE SECRET DE L’ÉPERVIER NOIR (Il Segreto dello sparviero nero) réalisé par Domenico Paolella, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 juillet 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Lex Barker, Livio Lorenzon, Nadia Marlowa, Germano Longo, Walter Barnes, Pina Cornel, Loris Gizzi, Dina De Santis…

Scénario : Domenico Paolella & Sergio Solima

Photographie : Carlo Bellero

Musique : Gino Filippini

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Au début du XVIIIème siècle, le corsaire Carlos de Herrera est missionné par le royaume d’Espagne afin de récupérer des documents commerciaux tombés entre les mains du pirate Calico Jack. Il va être en concurrence avec le sergent Rodriguez, alias l’Épervier noir, qui, lui aussi, veut s’emparer des documents.

Non, il ne s’agit pas d’un super-héros, d’ailleurs l’Épervier noir du titre n’apparaît que sporadiquement et n’est même pas le personnage principal du film qui nous intéresse aujourd’hui. À la barre d’Il segreto dello sparviero nero ? Domenico Paolella (1915-2002), que certains pourraient connaître pour Les Pirates de la côte I Pirati della costa (1960) avec Lex Barker, plusieurs opus centrés sur Maciste (Maciste à la cour du Cheik, Maciste contre les Mongols, Maciste dans l’enfer de Gengis Khan), d’autres péplums à la mode (Hercule contre les tyrans de Babylone, Goliath à la conquête de Bagdad, Hercule défie Spartacus), un Eurospy (003 agent secret), un western (Django prépare ton exécution), bref un réalisateur qui a su suivre les goûts des spectateurs et profiter de l’engouement pour les divertissements au budget modeste et au rendement élevé. Et il s’en tire pas mal du tout derrière la caméra pour ce Secret de l’Épervier Noir, film d’aventures ou de piraterie, généreux en batailles, de retournements de situation, de quiproquos, de mystères, de bagarres sur la plage sur fond de soleil couchant, de scènes étonnamment brutales, qui s’avère en réalité un film d’espionnage en costumes. Aucun ennui durant ces 95 minutes, qui filent comme un éclair grâce à un montage nerveux, parfois même surprenant car sec et marqué par des fondus en noir et de légères ellipses de temps. Un bon cru.

En fait, Le Secret de l’Épervier Noir commence presque comme un épisode de James Bond, où le Premier ministre britannique souhaite ici confier une mission de la plus haute importance à un pirate, ce qui ne serait apparemment pas la première fois, lui-seul pouvant rendre ce service à la nation. Ce sera donc ce bandit masqué à la lame aiguisé surnommé l’Épervier Noir, de mettre la main sur quelques papiers capitaux lié au commerce, détenus par les rivaux des anglais, autrement dit les espagnols. Mais le héros, qui disons-le immédiatement n’est pas l’Épervier Noir, est interprété par Lex Barker (Le Vampire et le sang des vierges, Les Tambours de la guerre, Duel sur le Mississippi, La Trahison du capitaine Porter), qui retrouvait alors Domenico Paolella un an après Les Pirates de la côte. Partagé entre l’Italie, on le verra aussi dans La Dolce vita de Federico Fellini et dans d’innombrables séries B d’aventures (Le Fils du corsaire rouge, La Vengeance du Sarrasin, La Terreur du masque rouge, Robin des Bois et les Pirates), et l’Allemagne, dans Le Retour du docteur Mabuse et L’Invisible docteur Mabuse, avant de trouver peut-être le rôle de sa vie, celui de Old Shatterhand dans la série Winnetou, l’ancien Tarzan (qu’il aura incarné à cinq reprises) est parfait dans Le Secret de l’Épervier Noir.

Il est aussi très bien épaulé par son compatriote américain, le génial Walter Barnes, vu dans Doux, dur et dingue Any Which Way You Can (1978) de James Fargo, aux côtés de Clint Eastwood, qui l’avait d’ailleurs dirigé sept ans plus tôt dans L’Homme des hautes plaines High Plains Drifter (dans lequel il jouait le shérif), Mary la rousse, femme pirate Le Avventure di Mary Read (1961) d’Umberto Lenzi, Le Courrier de l’or Westbound (1959) de Butt Boetticher, avec Randolph Scott, qui dans le rôle de Calico Jack rappelle Bud Spencer par sa carrure imposante et son charisme. Livio Lorenzon (Fiançailles à l’italienne de Dino Risi, Texas Adios de Ferdinando Baldi, Le Chevalier du château maudit de Mario Costa) a un peu plus de mal à s’imposer face à ses partenaires plus costauds, mais s’en tire bien au final.

Spectacle on ne peut plus plaisant, Le Secret de l’Épervier Noir remplit donc efficacement son contrat, se révèle être soigné sur tous les plans (très belle photo de Carlo Bellero, expert en la matière), bourré de rebondissements (orchestrés par Sergio Solima – La Poursuite implacable, La Cité de la violence, Le Dernier face à face, Colorado – au scénario), de confrontations viriles, de beaux décors et de costumes élégants, de jolies poupées amourachées, d’humour léger et de duels.

LE COMBO BLU-RAY + DVD

Nous en parlions lors de la sortie de La Belle et le Corsaire, Le Secret de l’Épervier Noir vient compléter la collection Piraterie de l’éditeur Artus Films ! Très bel objet, qui prend la forme d’un Digipack à deux volets élégamment illustré, glissé dans un fourreau cartonné du même acabit et forcément très attractif. Le menu principal est fixe et musical.

On ne change pas une équipe qui gagne, Artus Films a tout naturellement confié la présentation de son dernier opus en date au désormais incontournable Christian Lucas (20’35). Comme d’habitude, ce dernier a bien préparé son intervention et répondra à toutes vos questions sur Le Secret de l’Épervier Noir. Ainsi, celui-ci revient sur l’histoire du film, le casting, le réalisateur, Sergio Solima (co-scénariste), les lieux de tournage, la vraie figure de Calico Jack, avant de donner son propre avis sur ce « film plein de rebondissements […] à l’histoire bien structurée et avec beaucoup d’humour ». Enfin, Christian Lucas indique aussi que la version anglaise avait été amputée de dix minutes…

L’interactivité se clôt sur un Diaporama d’affiches et de photos, sans oublier le film-annonce en italien non sous-titré.

L’Image et le son

C’est un peu la même chose que pour La Belle et le Corsaire, si l’image est propre, nous perdons au passage la texture argentique, ce qui pose quelques problèmes…Blu-ray certes, mais la HD n’a que peu d’occasions de briller, si ce n’est par un rendu plus pêchu des couleurs. En dehors de cela, les contrastes sont parfois aléatoires, tout comme le piqué d’ailleurs, les flous ne sont pas rares, quelques poils caméra se font voir, les costumes, les gros plans et les décors manquant de piqué et donc de détails. On est ici dans la moyenne +, mais rien de véritablement transcendant.

Si vous êtes nostalgiques des bons doublages français, alors n’hésitez pas à visionner Le Secret de l’Épervier Noir dans la langue de Molière, avec ses acteurs français qui prenaient leur boulot à coeur, avec toujours une petite touche d’ironie qui signifiait que rien de tout ceci n’était véritablement sérieux. Mais au jeu des comparaisons, la piste italienne s’en sort mieux avec une dynamique plus marquée, des effets plus percutants et une présence musicale mieux aérée. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Artus Films / Les Films du Camélia / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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