Test DVD / Duel sur le Mississippi, réalisé par William Castle

DUEL SUR LE MISSISSIPPI (Duel on the Mississippi) réalisé par William Castle, disponible en DVD le 19 janvier 2019 chez Sidonis Calysta

Acteurs : Lex Barker, Patricia Medina, Warren Stevens, Craig Stevens, John Dehner, Ian Keith, Chris Alcaide, John Mansfield…

Scénario : Gerald Drayson Adams

Photographie : Henry Freulich

Durée : 1h12

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

En Louisiane, en 1820, des pillards ravagent la plantation des Tulane. Le fils promet de venger l’honneur de sa famille en poursuivant les coupables.

Duel sur le Mississippi Duel on the Mississippi n’est pas un western, mais un film de pirates. Ce tout petit film de 69 minutes est typique du cinéma américain d’exploitation des années 1950, destiné à être projeté en double-programme avec un autre métrage du même acabit. Le film qui nous intéresse ici est réalisé en 1955 par le prolifique William Castle (1914-1977), connu pour Tuer n’est pas jouer (à ne pas confondre avec le premier James Bond de Timothy Dalton), La Nuit de tous les mystères, La Bataille de Rogue River. Grand spécialiste de la série B, solide artisan de la Columbia et producteur malin qui a toujours su suivre et répondre aux goûts des spectateurs, William Castle en viendra même à produire (Rosemary’s Baby) et à mettre en scène des films d’horreur (13 Ghosts, Macabre, La Meurtrière diabolique). Duel sur le Mississippi se regarde comme on lit une nouvelle. Complètement anecdotique, mais aucunement déplaisant, ce film d’aventure possède encore beaucoup de charme et reste aussi plaisant que foncièrement divertissant.

En 1820 André Tulane, colérique rejeton d’une famille de planteurs de Louisiane, a une dette avec Lili Scarlet, célèbre reine de navire-casino et la fille de Jacques Scarlet, un ancien pirate. André va aider Lili à combattre les pirates de la rivière dirigés par son ancien fiancé Hugo Marat, après qu’il eut pris contrôle du bateau de Lili.

William Castle n’est pas un simple faiseur. Duel sur le Mississippi est un film conçu pour le public et de ce point de vue-là le réalisateur assure du début à la fin malgré sa très courte durée. En guise de prologue, le cinéaste plante le décor, la Nouvelle-Orléans, et informe l’audience sur le commerce du sucre, devenu une denrée rare, prisée, précieuse et donc très convoitée par les brigands et les pirates qui rôdent le long des rives du fleuve. Cela en dépit de la grâce accordée à ces derniers par le président James Madison pour services rendus pendant la bataille de la Nouvelle-Orléans. Il faut accepter le procès très peu crédible qui condamne André Tulane à devenir l’homme à tout faire de Lili Scarlet, surtout que l’on apprend très vite que la demoiselle au décolleté avantageux n’est en réalité pas si méchante que ça, bien au contraire. D’ailleurs, la comédienne Patricia Medina se délecte de ce personnage, le meilleur du film à tout point de vue, plutôt bad-ass, érotique et pourtant prête à se soumettre à l’homme qu’elle aime à la fin du film. Sa dernière réplique en fera criser plus d’une…

Toujours est-il que Duel sur le Mississippi conserve une vraie fraîcheur. Ici, pas de duel au pistolet, mais à l’épée et même à la machette. La production est certes modeste, mais les décors sont soignés au maximum, le rythme est vif, les costumes élégants et le Technicolor apporte une petite touche supplémentaire. Lex Barker (ancien Tarzan et future vedette de la série Winnetou) joue le beau gosse de service et il le fait bien, tandis que Ian Keith, antipathique au premier abord, apporte l’humour bon enfant à l’ensemble, notamment lors d’une bonne bagarre entre femmes sur le navire. Quelques répliques qui font mouche, un décor dépaysant et vous obtenez le film idéal pour une petite soirée cinéma rétro.

LE DVD

Le test du DVD de Duel sur le Mississippi, disponible chez Sidonis Calysta, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Seul Patrick Brion a répondu à l’appel de l’éditeur pour nous présenter Duel sur le Mississippi (8’). Comme d’habitude, l’imminent historien du cinéma démarre son exposé en nous donnant les titres des plus grands westerns sortis sur les écrans en 1955, même si le film de William Castle n’en est pas un…D’ailleurs, Patrick Brion revient entre autres sur le parcours du réalisateur et producteur. Notre interlocuteur évoque ensuite le casting et essaye de défendre comme il le peut ce « petit film intéressant et sympathique de la Columbia, avec un scénario qui en vaut bien un autre et Lex Barker qui à ce moment-là tourne n’importe-quoi ».

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Le générique annonce une restauration fort satisfaisante avec des couleurs lumineuses. Cependant, les premiers plans sont constitués de stock-shots à la qualité fort médiocre qui contrastent immédiatement avec les plans tournés par William Castle, plus convaincants. Toutefois, la définition reste aléatoire avec des visages qui paraissent aussi bronzés que celui de Donald Trump. La stabilité est correcte, la propreté également, les couleurs sont chaudes. Si l’image est sans doute trop sombre à notre goût, le master n’est pas non plus déshonorant.

Seule la version originale aux sous-titres français imposés est disponible. Les dialogues sont clairs, suffisants, même si la musique est étonnamment plus sourde à quelques reprises.

Crédits images : © Columbia Pictures / Sidonis Calysta Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

 

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