Test Blu-ray / Le Masque de cire, réalisé par Sergio Stivaletti

LE MASQUE DE CIRE (Maschera di cera) réalisé par Sergio Stivaletti, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Édition limitée le 11 septembre 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Robert Hossein, Valery Raymond, Romina Mondello, Riccardo Serventi Longhi, Aldo Massasso, Gabriella Giorgelli, Umberto Balli, Gianni Franco, Antonello Murru…

Scénario : Dario Argento, Lucio Fulci & Daniele Stroppa

Photographie : Sergio Salvati

Musique : Maurizio Abeni

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1997

LE FILM

Au début des années 1910, d’étranges événements surviennent à Rome, dans un musée de cire. Après la mort suspecte d’un jeune homme dans l’établissement, toutes les personnes qui vont venir observer de trop près les statues de cire ultra-réalistes, commencent à disparaître sans jamais laisser de trace.

À la fin des années 1980, Lucio Fulci (1927-1996), gravement malade, doit s’éloigner des plateaux. Quand il se sent assez costaud pour reprendre la caméra, c’est pour réaliser des téléfilms ou diverses productions à petit budget, qui passent plus ou moins inaperçus. 1990, il joue, écrit et met en scène Nightmare Concert – Un gatto nel cervello, plongée dans les méandres de l’esprit du cinéaste, à voir comme un petit bonus sympathique pour ses très nombreux admirateurs. Quelques mois avant de passer de vie à trépas, Dario Argento, la même année que Le Syndrome de Stendhal – La Sindrome di Stendhal, propose à Lucio Fulci de produire son retour à la mise en scène, ce dernier n’ayant rien signé depuis Le Porte del silenzio en 1991. Ce sera une nouvelle approche du thème du musée de cire, qui a déjà inspiré le cinéma et ce dès 1924 avec Le Cabinet des figures de cire, classique de l’expressionnisme allemand signé Paul Leni, suivi des Masques de cire en 1933 par Michael Curtiz, ainsi que, le légendaire L’Homme au masque de cire – House of Wax (1953), remake du précédent, interprété par Vincent Price et réalisé par André de Toth, qui a pour particularité d’avoir été conçu en relief stéréoscopique. Ainsi, avant l’excellent House of Wax – La Maison de cire de Jaume Collet-Serra (2005), le cinéma italien revenait à ce « sous-genre ». Mais décédé avant d’avoir pu entamer les prises de vues, Lucio Fulci est finalement remplacé par Sergio Stivaletti, concepteur d’effets visuels (Dellamorte Dellamore de Michele Soavi, Atomic Cyborg de Sergio Martino), maquilleur (Phenomena de Dario Argento, Démons et la série La Caverne de la rose d’or de Lamberto Bava), qui avait plus que largement avancé sur la création des (horribles) images de synthèse. Le réalisateur improvisé s’en sort pas trop mal (l’amico Dario l’aurait tout de même largement épaulé) et son premier opus est un savoureux hommage au cinéma d’épouvante transalpin des années 1950 à 1980, et plus globalement au genre européen qui a fait le bonheur des salles durant plusieurs décennies. Si l’on est souvent pas loin du nanar, dans lequel le long-métrage se vautre plus que de raison dans le dernier acte, Le Masque de cire ravit les yeux et convainc avec ses couleurs baroques (très belle photo de Sergio Salvati, Les Quatre de l’apocalypse, L’Emmurée vivante, L’Enfer des zombies), le charisme de l’actrice Romina Mondello (peu avare de ses rondeurs dans la dernière partie) et la présence inattendue de Robert Hossein (Robert Englund aurait été envisagé, mais trop cher), qui prend un malin plaisir à jouer les savants fous. Conspué par la critique il y a trente ans, Le Masque de cire possède pourtant moult qualités, y compris celle d’aller au bout de son délire et de ses meurtres très gores (qui font penser à un roman graphique) et mérite pour cela d’être réhabilité.

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Test Blu-ray / Mutations – Slugs, réalisé par Juan Piquer Simón

MUTATIONS (Slugs) réalisé par Juan Piquer Simón, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 11 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michael Garfield, Kim Terry, Philip MacHale, Alicia Moro, Santiago Álvarez, Concha Cuetos, John Battaglia, Emilio Linder…

Scénario : José Antonio Escrivá & Juan Piquer Simón, d’après le roman de Shaun Hutson

Photographie : Julio Bragado

Musique : Tim Souster

Durée : 1h26

Année de sortie : 1988

LE FILM

Dans une petite ville des États-Unis apparaissent soudain des limaces géantes et carnivores qui attaquent mortellement les humains. Mike Brady, responsable des services sanitaires de la ville devra lutter contre le scepticisme des autorités locales afin d’éradiquer le fléau.

Au cours de nos pérégrinations cinéphiles/ages, nous avons déjà parlé du señor Juan Piquer Simón (1935-2011), réalisateur des forts sympathiques Supersonic Man (1979), réponse ibérique au Superman de Richard Donner, spectacle décontracté, très drôle et mené sans temps mort, et L’Abîme – The Rift (1990), série B qui vaut essentiellement pour son bestiaire sympathique et ses effets spéciaux qui ne manquent pas de charme. En 1988, après deux ou trois années d’absence, durant lesquelles il essayait de monter quelques projets qui n’ont finalement pas pu aboutir, le pape du cinéma d’exploitation en son pays à qui l’on doit aussi Le Continent fantastique (1976), Les Diables de la mer (1981) et Le Sadique à la tronçonneuse (1982), revenait avec l’adaptation d’un roman de Shawn Hutson, Slugs, publié en France sous le titre La Mort visqueuse. Oeuvre de commande, cette transposition du best-seller vendu à plus de 250.000 exemplaires outre-Manche, permet au cinéaste de se remettre en selle, en tournant des scènes aux États-Unis, du côté de New York, pour les extérieurs, tandis que les intérieurs et les effets spéciaux sont filmés à Madrid. Slugs ou Mutations pour son exploitation directe dans les bacs français du style Locatel, est une fois de plus un divertissement aussi bien mené que jubilatoire signé par l’un des grands experts du genre européen. Soyons honnêtes, on rit beaucoup devant Slugs, face au surjeu ou même le non-jeu de certains comédiens, tous inconnus au bataillon, mais qui s’évertuent à faire le job, devant la répétition de certains partis-pris qui relient deux événements (on ne compte plus le nombre de fois où la caméra suit longtemps une voiture qui arrive ou qui repart), face à certains effets gores aussi, même si ceux-ci sont plutôt bien réussis. D’ailleurs, Juan Piquer Simón est comme à son habitude fort généreux en hémoglobine et cette histoire de limaces avides de chair humaine lui donne l’occasion d’y aller encore à fond dans l’horreur, avec des individus qui se font dévorer, quand ce n’est pas littéralement une tête qui explose sous la pression de vers qui ont bouffé un type de l’intérieur. Bref, on en a pour son argent devant Slugs, mené sans aucun temps mort, qui offre au spectateur ce qu’il est venu chercher, ni plus (aucune surprise à l’horizon) ni moins (le sang coule à flot).

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Test Blu-ray / They Will Kill You, réalisé par Kirill Sokolov

THEY WILL KILL YOU réalisé par Kirill Sokolov, disponible en DVD,Blu-ray & 4K UHD le 29 juillet 2026 chez Warner Bros.

Acteurs : Zazie Beetz, Myha’la Herrold, Paterson Joseph, Tom Felton, Heather Graham, Patricia Arquette, Armando Rivera, Gabe Gabriel…

Scénario : Alex Litvak & Kirill Sokolov

Photographie : Isaac Bauman

Musique : Carlos Rafael Rivera

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Une jeune femme doit survivre toute une nuit au Virgil, le repaire mystérieux d’une secte démoniaque qui se révèle rapidement être un piège mortel. Les adeptes, eux, comptent bien faire de la malheureuse leur prochaine offrande…

Voilà, pas plus, pas moins et l’on peut dire d’emblée qu’il n’y aura pas tromperie sur la marchandise avec They Will Kill You, troisième long-métrage du réalisateur, scénariste et monteur russe Kirill Sokolov (né en 1989). Remarqué avec ses deux précédents opus frappadingues, Why Don’t You Just Die ! et Arrache et jette, le metteur en scène fait son entrée sur la scène hollywoodienne, sous le parrainage Andrés Muschietti et de sa sœur Barbara (Mama, Ça, Ça : chapitre 2 et The Flash), avec une comédie horrifique qui vaut son pesant de cacahuètes et d’hémoglobine, puisque les décapitations diverses et variées sont innombrables et que le sang coule à gros bouillons. Au milieu de tous ces effets virevoltants et rouges écarlates, la plupart du temps réalisés en effets directs sur le plateau (ce qui ajoute au film un charme dévastateur), on est heureux de retrouver la belle et excellente Zazie Beetz, révélée il y a dix ans par la série Atlanta, puis vue au cinéma (ou pas, cela dépend des films, comme pour le premier et le quatrième de la liste) Geostorm de Dean Devlin, Deadpool 2 de David Leitch (Domino, c’était elle), Joker et Joker : Folie à deux de Todd Phillips. Dans They Will Kill You, elle est quasiment de toutes les scènes et crève l’écran de son charisme, de son énergie contagieuse et de son talent protéiforme. Kirill Sokolov s’amuse derrière la caméra et semble avoir insufflé à son équipe un mojo placé sous le signe de la déconne, avec un seul mot d’ordre, y aller à fond. À l’arrivée, on peut ressortir exténué de They Will Kill You, tant le film regorge de scènes d’action (comme le récent Boy Kills World de Moritz Mohr), de cris, de mouvements virtuoses de la caméra qui ne tient pas une seule seconde en place du début à la fin (même si l’action reste lisible), mais on finit par en redemander, tant l’expérience est enthousiasmante, décontractée, cool, fun et qui ne se prend jamais au sérieux. Assurément, un artiste à suivre de près…

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Test Blu-ray / The Stuff, réalisé par Larry Cohen

THE STUFF réalisé par Larry Cohen, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 7 août 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Garrett Morris, Scott Bloom, Paul Sorvino, Danny Aiello, Patrick O’Neal, James Dixon…

Scénario : Larry Cohen

Photographie : Paul Glickman

Musique : Anthony Guefen

Durée : 1h29

Année de sortie : 1985

LE FILM

Un nouveau produit fait fureur dans les familles américaines : The Stuff, une sorte de yaourt dont le succès touche tout le pays. Mais cette substance, à l’origine inconnue, provoque chez ceux qui la consomment une violente addiction. Un enquêteur, mandaté par des industriels de l’alimentation, va tenter d’en savoir plus.

Il a toujours eu le nez creux ce cher Larry Cohen (1936-2019), mais pour avoir eu l’idée de certains de ses films, il faut croire que cet organe avait aspiré quelques substances illicites. C’est le cas pour The Stuff, sans doute l’un de ses opus les plus funs, les plus drôles, mais aussi les plus inspirés, percutants et avant tout divertissants. Ce douzième long-métrage, treizième si l’on tient compte du téléfilm See China and Die (1981) prend place dans sa carrière après le formidable Special Effects, film absolument étourdissant doublé d’une parabole passionnante sur la création et le cinéma. Cette fois, Larry Cohen s’en prend à la société de consommation, aux grands groupes industriels qui vendent (facilement) de la m*rde en boîte à la population, en leur disant que cela a le goût de la rose, sous prétexte que le packaging de ce qu’ils sont en train d’ingurgiter en a la couleur. En s’inspirant, volontairement ou non, du Blob (ou Danger planétaire en version française), sorti en 1958, dans lequel un extraterrestre géant et gluant semait la terreur dans une petite ville de Pennsylvanie, Larry Cohen parvient à se démarquer très rapidement de cette référence en emmenant le spectateur autre part. Grand spectacle réalisé avec un budget dérisoire, un peu à la Roger Corman, d’ailleurs le film sera distribué par la New World Pictures, fondée par ce dernier, The Stuff est une comédie d’horreur et fantastique qui donne le sourire du début à la fin. Mais il fait aussi sacrément réfléchir sur la façon dont les grands groupes industriels décomplexés vendent ce qu’ils savent être du poison aux consommateurs, qui répondront toujours présents pour acheter ce qu’on leur dit d’acheter, même si cela leur pourrit les entrailles et la cervelle. Un vrai petit chef d’oeuvre qui n’a pas volé son statut culte.

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Test Blu-ray / Le Sifflet, réalisé par Corin Hardy

LE SIFFLET (Whistle) réalisé par Corin Hardy, disponible en DVD & Blu-ray le 17 juillet 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Dafne Keen, Percy Hynes White, Sophie Nélisse, Jhaleil Swaby, Michelle Fairley, Sky Yang, Ali Skovbye, Mika Amonsen…

Scénario : Owen Egerton

Photographie : Björn Charpentier

Musique : Doomphonic

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Un groupe de lycéens tombe sur un artefact oublié : un Sifflet de Mort Aztèque. Ils découvrent que souffler dedans libère un son terrifiant, capable d’invoquer leurs morts futures pour les traquer. Alors que le nombre de victimes augmente, les adolescents doivent briser la chaîne de la Mort avant que le dernier écho du sifflet ne scelle leur destin.

Franchement, on n’attendait rien du Sifflet – Whistle, nouvel opus indépendant d’épouvante signé Corin Hardy, réalisateur britannique (ou pour certains « responsable ») du Sanctuaire (2015) et de La Nonne (2018). Et puis finalement, la surprise est agréable. Venu du clip vidéo, le cinéaste, qui avait donc cartonné avec son spin-off de l’univers Conjuring (mine de rien, La Nonne avait engrangé pas loin de 400 millions de dollars, pour un budget 20 fois inférieur) et emballé près d’une dizaine d’épisodes de la série Gangs of London, se retrouve une fois de plus aux manettes d’un film d’horreur. Si l’on devait faire un comparatif ou plutôt situer Le Sifflet, on pourrait dire que celui-ci se place entre la saga Destination Finale et la désormais franchise Smile. De belles et bonnes références, d’autant plus que Corin Hardy exploite à merveille son concept horrifique, en compilant les scènes brutales et marquantes, en jouant avec les codes du teen-movie, parasité par une noirceur et même une violence qui vont crescendo. Le Sifflet permet aussi à l’excellente, charismatique et sexy Dafne Keen (qui a bien grandi depuis Logan de James Mangold) d’accéder au haut de l’affiche. L’actrice s’en tire très bien et peut prétendre à porter d’autres longs-métrages sur ses épaules. En l’état, Whistle est un divertissement efficace, une série B qui ne se prend pas au sérieux et propose même quelques moments gores inattendus. À voir et à savourer comme un tour de train fantôme !

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Test Blu-ray / Konga, réalisé par John Lemont

KONGA, réalisé par John Lemont, disponible en combo Blu-ray/DVD le 24 juin 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Michael Gough, Margo Johns, Jess Conrad, Claire Gordon, Austin Trevor, Jack Watson, George Pastell, Vanda Godsell…

Scénario : Aben Kandel & Herman Cohen

Photographie : Desmond Dickinson

Musique : Gerard Schurmann

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Le Docteur Charles Decker revient à Londres après avoir disparu pendant un an dans la jungle. Il ramène avec lui un petit chimpanzé nommé Konga et un mystérieux sérum. Decker décide d’utiliser Konga pour éliminer ses adversaires.

Fort du succès du précédent film britannique de Herman Cohen, Crimes au musée des horreurs – Horrors of the Black Museum (1959) — qui mettait également en vedette Michael Gough —, le producteur Nat Cohen, de la société Anglo-Amalgamated, demande à ce dernier de produire un nouveau film d’exploitation. Admirateur de longue date de King Kong (1933) réalisé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, Herman Cohen envisage alors un film mettant en scène un singe géant et tourné en couleurs. En raison du succès rencontré par Cohen avec I Was a Teenage Werewolf (1957), AIP adopte le titre de travail I Was a Teenage Gorilla. Ils sont allés la chercher loin celle-ci. Herman Cohen verse 25 000 dollars à RKO Pictures, rien que pour acquérir les droits d’exploitation du nom « Kong ». Mais il n’était pas au bout de ses peines. Konga allait nécessiter, en raison de ses nombreux effets spéciaux, pas moins de 18 mois de production. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des premiers longs métrages de monstres géants tournés en couleurs (procédé Eastmancolor) et les scènes les plus marquantes demeurent celles où le gorille géant déambule dans les rues de Londres, le tournage ayant eu lieu avec l’accord de la police, en plein milieu de la nuit, afin de profiter des rues désertes. Mais c’était sans compter sur les riverains, réveillés et donc mécontents des bruits de fusillades. Konga est perçu par beaucoup comme un nanar. Ce qui est faux, car le film vaut pour l’excellente interprétation du légendaire Michael Gough. Si ce nom ne vous dit rien, vous connaissez sûrement ce comédien malgré tout, qui interprétait le majordome de Bruce Wayne dans les deux Batman de Tim Burton et dans les deux autres de Joel Schumacher. Longtemps comparé à Vincent Price, il livre une solide prestation dans Konga et impressionne en savant fou suintant de prétention, qui se prend pour Dieu, persuadé d’avoir trouvé le chaînon manquant entre la vie végétale et le monde animal. Évidemment, le docteur Decker sera dépassé par les événements et sa créature lui échappera des mains…avant de terminer littéralement dans la sienne. Série B, parfois à la frontière du Z, mais suffisamment intelligente pour ne pas y sombrer, ce que beaucoup de productions du même acabit n’auraient pas réussi à faire, Konga reste un spectacle sympathique, qui en dépit d’un certain ventre mou à mi-parcours, se révèle être un divertissement au charme indéniable.

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Test Blu-ray / Les Yeux bleus de la poupée cassée, réalisé par Carlos Aured

LES YEUX BLEUS DE LA POUPÉE CASSÉE (Los Ojos azules de la muñeca rota) réalisé par Carlos Aured, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 21 avril 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Paul Naschy, Diana Lorys, Eduardo Calvo, Eva León, Inés Morales, Antonio Pica, Luis Ciges, Pilar Bardem, Maria Perschy…

Scénario : Paul Naschy & Carlos Aured, d’après une histoire originale de Paul Naschy

Photographie : Francisco Sánchez

Musique : Juan Carlos Calderón

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Récemment sorti de prison, Gilles est engagé comme à tout faire dans un domaine français tenu par trois soeurs. Claude cache sa main atrophiée sous une prothèse, tandis que Nicole est nymphomane, et Yvette en fauteuil roulant. Alors que Gilles est en proie à d’horribles cauchemars dans lesquels il étrangle des femmes, un mystérieux assassin s’en prend aux femmes blondes du canton. Elles sont énucléées, et leurs yeux déposés dans un bol.

Parmi les réalisateurs avec lesquels Paul Naschy a tourné, le nom de Carlos Aured (1937-2008) est récurrent au cours des années 1970. Leur première collaboration est L’Empreinte de Dracula –El Retorno de Walpurgis (1973), suivie de près la même année par El Espanto surge de la tumba. En 1974, les deux hommes s’éloignent du genre horrifique pour Les Yeux bleux de la poupée cassée – Los Ojos azules de la muñeca rota, qui à l’instar d’Une libellule pour chaque mort – Una libélula para cada muerto dont nous parlions hier, surfe allègrement sur la mode du giallo. L’action se déroule en France (il ne fallait pas froisser le régime franquiste en montrant que des meurtres pouvaient être commis sur le sol ibérique), où ce cher Paul Naschy débarque en faisant la tronche, car son personnage traîne un lourd et récent passé. Il stoppe dans un bar paumé où les bouseux viennent boire leur gros rouge qui tâche, commande un verre de Villageoise et un sandwich au fromage. Puis, cherchant du boulot, il apprend que trois sœurs auraient besoin d’aide dans leur grosse baraque (le titre international étant House Of Psychotic Women). Et c’est là que notre Paulo va se prendre pour Clint Eastwood dans Les Proies, se mettre à vouloir charmer les trois donzelles en détresse en coupant du bois torse-poil. Les Yeux bleus de la poupée cassée est un bel exercice de style et installe une belle atmosphère pesante et glauque. Si Paul Naschy s’en tire bien, il est également excellemment épaulé par les actrices principales, Diana Lorys (Claude), vue dans L’Horrible Docteur Orlof et Le Trône de feu – The Bloody Judge de Jesús Franco, la torride Eva León (Nicole) et Maria Perschy (Yvette), actrice internationale, aperçue chez John Huston (Freud, passions secrètes), Howard Hawks (Le Sport favori de l’homme) et Gordon Hessler (Double Assassinat dans la rue Morgue). Thriller teinté d’hémoglobine, Les Yeux bleus de la poupée cassée remplit son contrat, divertit et fait même perdre ses repères aux spectateurs en lorgnant progressivement vers le fantastique. Un très bon cru.

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Test Blu-ray / Une libellule pour chaque mort, réalisé par León Klimovsky

UNE LIBELLULE POUR CHAQUE MORT (Una libélula para cada muerto) réalisé par León Klimovsky, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 21 avril 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Paul Naschy, Erika Blanc, Ángel Aranda, María Kosty, Ricardo Merino, Susana Mayo, Eduardo Calvo, Ramón Centenero…

Scénario : Ricardo Muñoz Suay, d’après une histoire originale de Paul Naschy

Photographie : Miguel Fernández Mila

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Dans les bas-fonds de Milan, une série de meurtres est perpétrée au sein des prostituées, dealers, et homosexuels. Le tueur, qui semble investi d’une mission purificatrice, laisse, en signature, une libellule sur chacune de ses victimes. L’inspecteur Scaporella est diligenté pour mener l’enquête, aidé par sa fiancée Silvana.

À la sortie en HD de La Furie des vampires – La Noche de Walpurgis (1971), nous évoquions surtout la carrière de Jacinto Molina, plus connu sous le pseudonyme de Paul Naschy (1934-2009). Celle d’Une libellule pour chaque mort – Una libélula para cada muerto (1975) nous permet de parler du réalisateur de ces deux longs-métrages, l’argentin León Klimovsky (1906-1996), metteur en scène de quelques westerns (Le Colt du révérend avec Guy Madison, Quelques dollars pour Django avec Anthony Steffen), qui collaborera surtout à huit reprises avec Paul Naschy. Les deux hommes n’étaient pas avares de compliments quand ils s’exprimaient sur leur travail en commun, quand bien même le comédien regrettait que León Klimovsky n’accordait jamais assez de prises. Par son titre relativement explicite, Une libellule pour chaque mort est bel et bien un giallo, qui surfe allègrement sur les opus de Dario Argento et consorts. En situant l’action à Milan, bien que de nombreuses scènes aient été tournées à Madrid, Paul Naschy et León Klimovsky espèrent capturer cette atmosphère propre au film de genre italien et y parviennent de temps en temps. Mais ce thriller pâtit de l’interprétation paresseuse de sa tête d’affiche, qui prend l’air grognon durant 85 minutes, fume cigare sur cigare, écrase son gobelet en plastique après avoir ingurgité son café, souffle comme un bœuf pour montrer qu’il est stressé…Autrement dit, Paul Naschy peine à se montrer convaincant dans Une libellule pour chaque mort. Certes, celui-ci n’a jamais été le meilleur acteur du monde, mais le voir essayer de composer un nouveau type de personnage, loin de ceux qui l’ont rendu célèbre dans le cinéma d’épouvante, a quelque chose d’attendrissant, d’amusant et donc d’attachant. On ne boude pas son plaisir devant Una libélula para cada muerto, car l’ensemble tient malgré tout grâce au bon boulot du cinéaste. Récréatif, à défaut d’être marquant.

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Test Blu-ray / Les Rats de Manhattan, réalisé par Bruno Mattei & Claudio Fragasso

LES RATS DE MANHATTAN (Rats – Notte di terrore) réalisé par Bruno Mattei, disponible en Blu-ray chez Pulse Vidéo.

Acteurs : Ottaviano Dell’Acqua, Geretta Geretta, Massimo Vanni, Gianni Franco, Ann-Gisel Glass, Jean-Christophe Brétignière, Fausto Lombardi, Henry Luciani…

Scénario : Bruno Mattei, Claudio Fragasso & Hervé Piccini

Photographie : Franco Delli Colli

Musique : Luigi Ceccarelli

Durée : 1h37

Année de sortie : 1984

LE FILM

Deux cents ans après le lancement de la dernière bombe atomique, la planète n’est plus qu’un vaste champ de ruines. Guidé par la faim, un groupe de survivants s’est frayé un chemin vers la presqu’île de Manhattan. Cet ancien phare de la civilisation pourrait devenir leur ultime refuge. Mais ce qui les attend sur place dépasse l’entendement.

Quand on vous dit film d’horreur (ou pas d’ailleurs) avec des rats, vous pensez instantanément à Willard (1971) de Daniel Mann, sans doute moins à sa (minable) suite Ben (1972) de Phil Karlson, mais aussi aux très bons Soudain… les monstres – The Food of the Gods (1976) de Bert I. Gordon et Les Rats attaquent – Deadly Eyes (1982) de Robert Clouse. Mais alors, pourquoi pas aux Rats de Manhattan – Rats – Notte di terrore de Bruno Mattei ??? Tout simplement parce qu’on ne peut pas dire que cette référence ultime du nanar n’a rien d’effrayant et que dans notre inconscient de cinéphile/age cet opus demeure une comédie involontaire. Par ailleurs, Les Rats de Manhattan doit moins à Bruno Mattei (t’as beau être crédité Vincent Dawn, on sait que c’est toi!) qu’au co-scénariste Claudio Fragasso, qui de l’avis quasi-unanime (l’actrice Geretta Geretta prétend le contraire, mais elle est bien la seule) a été beaucoup plus présent sur le plateau que le premier et qui est « responsable » de la direction d’acteurs. Si le résultat n’a jamais été fameux et ce même à sa sortie en 1984, les années n’ont pas arrangé les choses, c’est le moins qu’on puisse dire. Enfin, dans un certain sens. Puisque cette Notte di terrore demeure tout de même un divertissement qui met à mal les zygomatiques et reste un sommet du mauvais film (ultra) sympathique post-nuke (le film sera exploité en Allemagne sous le titre Les Guerriers du Bronx 3!), dans lequel les « comédiens » n’ont absolument rien à défendre et passent tout le film à crier face caméra, à (sur)réagir au moindre bruit suspect, les yeux écarquillés, en hyper-ventilation. Rien, absolument rien ne fonctionne dans Les Rats de Manhattan et c’est pour cela qu’on prend un plaisir (ceux qui disent « coupable » n’ont rien à faire là) immense à visionner ce film « d’épouvante » qui a en plus l’outrecuidance d’avoir été tourné en partie dans les mêmes décors qu’Il était une fois en Amérique – Once Upon a Time in America de Sergio Leone ! Avouez que ce grand écart démembrerait même JCVD. Toujours est-il qu’on s’amuse follement à suivre les aventures de cette bande de bras cassés, plongés dans la pénombre durant 95 minutes (en dehors du générique, tout se déroule en pleine nuit), histoire de calfeutrer la misère des décors, des costumes et des accessoires…mais pas celle des coupes de cheveux, car même si le récit se déroule en l’an 225 « après la bombe », ce qui situe donc le film vers 2240, la nuque longue et la coupe choucroutée semblent être revenus à la mode…On en redemande !

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Test Blu-ray / Les Intrus: Chapitre 2, réalisé par Renny Harlin

LES INTRUS: Chapitre 2 (The Strangers: Chapter 2) réalisé par Renny Harlin, disponible en DVD & Blu-ray le 12 mars 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Madelaine Petsch, Froy Gutierrez, Rachel Shenton, Ema Horvath, Gabriel Basso, Ella Bruccoleri, Richard Brake…

Scénario : Alan R. Cohen & Alan Freedland

Photographie : José David Montero

Musique : Justin Caine Burnett

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Les Intrus sont de retour – plus brutaux et impitoyables que jamais. Lorsqu’ils découvrent que l’une de leurs victimes, Maya, a survécu, ils reviennent pour terminer ce qu’ils ont commencé. Traquée et isolée, Maya doit affronter un nouveau chapitre terrifiant alors que les tueurs insensés et inarrêtables, la traquent, prêts à éliminer quiconque se mettra en travers de leur route.

Reprenons où nous en étions. Sorti en 2018, The Strangers : Prey at Night était la suite de The Strangers de Bryan Bertino, grand succès critique et commercial de l’année 2008 (82 millions de dollars de recette pour un budget de 10 millions), même si le film était resté inédit dans les salles françaises. Dix ans plus tard, les producteurs décidaient de faire revenir leurs psychopathes masqués, qui s’en prenaient cette fois-ci à toute une famille, deux parents et leurs deux enfants étudiants, dans une unité de lieu (un parc isolé) et de temps (une nuit). Pour ce nouvel opus au budget plus conséquent, la mise en scène avait été confiée au réalisateur Johannes Roberts, remarqué en 2012 avec Storage 24 et son film à requins 47 Meters Down en 2017. S’il ne révolutionnait rien dans le genre, The Strangers : Prey at Night ne se foutait pas de la tronche des spectateurs et réservait son lot de séquences impressionnantes, violentes et graphiques, qui le plaçaient bien au-dessus de la moyenne des productions du même acabit qui pullulent encore aujourd’hui dans les salles au sol jonché de popcorn. Six ans plus tard, que faire ? Un troisième épisode ? Hum…le précédent est déjà un peu loin dans la tête des spectateurs…quelqu’un a alors eu l’idée du siècle, proposer un remake du premier épisode (bah tiens…), ou un hommage (comme le dirait Tarantino, tout en recopiant ses prédécesseurs comme un sagouin), tout en pensant ce « nouvel » opus comme une suite (ou pas), et quitte à le refaire, pourquoi ne pas présenter un reboot qui prendrait la forme d’une nouvelle trilogie ? Vous suivez ? Non ? Ce n’est pas bien grave, mais voici donc Les Intrus ou The Strangers: Chapter 1 en version originale, ce qui annonçait immédiatement le fait que d’autres chapitres devaient suivre prochainement. En fait trèèèès prochainement puisque les trois volets ont été tournés simultanément, avec le même casting et surtout le même réalisateur à la barre. Ce dernier n’est autre que ce bon vieux Renny Harlin (ou Lauri Mauritz Harjola pour les intimes), oui oui, le metteur en scène du Cauchemar de Freddy –A Nightmare On Elm Street 4: The Dream Master, de 58 minutes pour vivre – Die Hard 2, de Cliffhanger : Traque au sommet…Désormais âgé de 65 ans, le cinéaste finlandais, n’a jamais cessé de tourner et ce malgré le gouffre financier de L’Île aux pirates – Cutthroat Island. Depuis trente ans, ses films se sont succédé, parmi lesquels Au revoir à jamais – The Long Kiss Goodnight, Peur Bleue – Deep Blue Sea, Driven et…après il est difficile de citer un de ses longs-métrages, à part peut-être le bon gros nanar La Légende d’Hercule en 2014, avec l’endive Kellan Lutz. Toujours est-il que Renny Harlin s’acquitte honorablement de sa tâche avec des moyens modestes (et dans un coin paumé en Slovaquie), et livrait un bon petit survival, qui n’arrivait certes pas à la cheville de The Strangers : Prey at Night et encore moins de The Strangers, mais qui fonctionnait bien, tenait en haleine grâce à des effets efficaces (même si usés jusqu’à la corde) et à un casting solide, mené par la belle rouquine Madelaine Petsch, vedette de cette trilogie. Le second opus s’ouvre sur une des scènes les plus emblématiques du premier volet (« Is Tamara Here ? »), où l’on aperçoit cette fois le visage jusqu’alors dissimulé dans l’ombre. On comprend d’emblée que Les Intrus : Chapitre deux va accorder plus d’importance à l’identité des tueurs et peut-être expliquer la raison pour laquelle ils s’en prennent à des inconnus. Mais ce second épisode va aussi développer un peu plus le personnage de Maya, ou tout du moins la plonger dans une autre situation, qui lui permettra d’évoluer sur le terrain face à ses adversaires. Vu le budget alloué à cette production, Renny Harlin s’en sort une fois de plus très bien derrière la caméra et signe un deuxième film, certes non dénué de défauts, mais toujours aussi bien interprété par Madelaine Petsch. Une bonne surprise depuis le début cette trilogie ! Et on attend désormais le troisième et dernier chapitre…

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