Test Blu-ray / Le Monstre attaque, réalisé par Ciro Ippolito

LE MONSTRE ATTAQUE (Alien 2 – Sulla Terra) réalisé par Ciro Ippolito, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Belinda Mayne, Mark Bodin, Roberto Barrese, Benedetta Fantoli, Michele Soavi, Valeria Perilli, Danilo Micheli, Claudio Falanga…

Scénario : Ciro Ippolito

Photographie : Silvio Fraschetti

Musique : Guido & Maurizio De Angelis

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Tandis que toutes les radios et télés de San Diego commentent la mystérieuse disparition de deux astronautes lors de leur retour sur Terre, et que d’étranges pierres bleues font leur apparition sur la côte Est, Thelma Joyce s’apprête à une nouvelle exploration souterraine avec son équipe de six spéléologues. Parmi ceux-ci, Burt ramasse un de ces jolis cailloux qu’il offre à sa collègue Jill. Bientôt, les spéléologues s’enfoncent sous terre, hors de portée du monde, loin d’imaginer que la pierre renferme une entité qui les contaminera l’un après l’autre…

Du réalisateur Ciro Ippolito (né en 1947), on connaissait surtout son boulot comme scénariste et de producteur (l’excellent Les Contrebandiers de Santa Lucia I contrabbandieri di Santa Lucia, d’Alfonso Brescia), mais moins son œuvre comme metteur en scène. C’est effectivement lui que l’on retrouve derrière le pseudonyme de Sam Cromwell, exportation oblige, et donc à la barre du Monstre attaque (même si le tournage a été commencé par Biagio Proietti, parti au bout de deux semaines), sorti de façon opportuniste sous le titre Alien 2 sulla Terra. Le film se présente comme une « séquelle » d’Alien, le huitième passager de Ridley Scott, triomphe de l’année précédente. En bon italien qui se respecte dans le monde du cinéma, Ciro Ippolito a immédiatement voulu s’engouffrer dans la brèche et profiter de l’engouement des spectateurs pour la science-fiction. Autant dire que Le Monstre attaque ne joue pas du tout dans la même catégorie que son modèle, reste un outsider mal élevé (car zieutant honteusement sur la copie de son voisin), mais n’en reste pas moins attachant dans ses innombrables défauts. Toutefois, dire que le film est raté serait également mentir, car cet Alien 2 sulla Terra comporte aussi quelques points forts, notamment ses superbes décors naturels, capturés dans les Pouilles, où ont été trouvées les grottes de Castellana, lieu d’action principal de l’intrigue. Résultat des courses, malgré les tentatives de la Fox et des producteurs (dont Walter Hill) d’empêcher sa distribution en menaçant Ciro Ippolito d’attaques en justice (restées sans suite), Le Monstre attaque a connu son petit succès dans le circuit du cinéma Bis, en devenant même un petit film culte. De là à déclarer comme certains qu’il s’agit d’une matrice – à sa façon – d’un autre désormais classique comme The Descent de Neil Marshall, il y a un pas que nous ne franchirons pas et préférons même reculer pour rire tout bas. En l’état, cette production horrifique remplit son contrat et on ne s’ennuie pas devant cette boucherie qui se déroule à 400 mètres de profondeur. Dans le gouffre, personne ne vous entendra rire.

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Test Blu-ray / La Créature du cimetière, réalisé par Ralph S. Singleton

LA CRÉATURE DU CIMETIÈRE (Graveyard Shift) réalisé par Ralph S. Singleton, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 14 février 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : David Andrews, Kelly Wolf, Stephen Macht, Andrew Divoff, Vic Polizos, Brad Dourif, Robert Alan Beuth, Ilona Margolis…

Scénario : John Esposito, d’après la nouvelle Poste de nuit de Stephen King

Photographie : Peter Stein

Musique : Brian Banks & Anthony Marinelli

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1990

LE FILM

Le propriétaire d’une vieille usine de textile décide d’engager quelques ouvriers pour nettoyer la cave, encombrée d’un bric-à-brac et envahie par les rats. Mais l’un des travailleurs, effrayé par quelque chose, trébuche et périt broyé dans une machine. Un singulier dératiseur, Tucker Cleveland, entre alors en action…

Où se place La Créature du cimetièreGraveyard Shift dans les adaptations de Stephen King au cinéma et à la télévision ? Nous sommes en 1990 et Simetierre Pet Semetary de Mary Lambert vient de remporter un très grand succès dans le monde entier. Alors que Ça / « Il » est revenuStephen King’s It, mini-série en deux parties réalisée par Tommy Lee Wallace est sur le point d’être diffusée sur ABC et de traumatiser la première génération de téléspectateurs, une autre transposition du maître de l’horreur voit le jour, celle de la nouvelle Poste de nuit, tirée du recueil Danse macabre, mais écrite en 1970, ce qui en fait une œuvre de jeunesse de l’auteur, qui s’inspirait de son expérience dans une filature de textile infestée par les rats. Surfant ouvertement sur le triomphe de Simetierre, Graveyard Shift, autre production Paramount, ne connaîtra pas le même engouement, de la critique comme du public. Remboursant tout juste son budget de 10 millions de dollars, La Créature du cimetière passe plus ou moins inaperçu et le film restera obscur, même encore aujourd’hui. Pourtant, il s’agit d’une honnête série B, emballée par Ralph S. Singleton, alors solide assistant-réalisateur ayant oeuvré sur quelques films de prestige (Un justicier dans la ville, Les 3 jours du Condor, Taxi Driver, Le Prête-nom, Network : Main basse sur la TV), mais également comme assistant de production (Klute, French Connection) et surtout en tant que producteur à succès (Cagney et Lacey, Kojak). Une belle carte de visite qui lui permet de prendre les manettes de La Créature du cimetière, d’autant plus qu’il était lui-même producteur associé sur…Simetierre. Ralph S. Singleton signe son unique long-métrage comme metteur en scène, après s’être fait la main sur deux épisodes de Cagney et Lacey. Si la réalisation ne brille pas de mille feux dans La Créature du cimetière, ce petit film d’épouvante remplit son contrat, sans se forcer, mais avec une certaine efficacité, en exploitant habilement un décor réduit, renforçant ainsi une impression d’étouffement qui se resserre sur les personnages dans une deuxième partie assez généreuse en hémoglobine. S’il n’est assurément pas indispensable, Graveyard Shift saura contenter les aficionados du King, toujours curieux de voir les écrits de leur auteur favori prendre vie sur le petit comme sur le grand écran.

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Test 4K UHD / Le Dernier Monde cannibale, réalisé par Ruggero Deodato

LE DERNIER MONDE CANNIBALE (Ultimo mondo cannibale) réalisé par Ruggero Deodato, disponible en Digibook 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 16 janvier 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Massimo Foschi, Me Me Lai, Ivan Rassimov, Sheik Razak Shikur, Judy Rosly…

Scénario : Renzo Genta, Tito Carpi & Gianfranco Clerici

Photographie : Marcello Masciocchi

Musique : Ubaldo Continiello

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Sur l’île de Mindanao, en 1975, trois hommes et une femme échouent en avion. Attaqués par les indigènes, deux d’entre eux sont tués. Rowland et Harper s’enfuient. Le premier disparaît dans les rapides, le second est fait prisonnier par une tribu d’anthropophages.

Il y a eu plusieurs étapes dans le cinéma d’épouvante faisant la part belle à l’anthropophagie. On peut remonter à 1963, année de la sortie d’Orgie sanglanteBlood Feast de Herschell Gordon Lewis (premier film gore de l’histoire), puis l’on passe directement à 1972 avec Au pays de l’exorcismeIl paese del sesso selvaggio, réalisé par Umberto Lenzi. Alors que ce dernier aurait dû enchaîner avec Le Dernier Monde cannibaleUltimo mondo cannibale, le producteur Giorgio Carlo Rossi (Qui l’a vue mourir ?), qui souhaitait collaborer de nouveau avec le cinéaste, décide finalement de passer les manettes à un metteur en scène moins gourmand en matière de lires, à savoir Ruggero Deodato. Celui-ci venait de signer le poliziottesco Deux Flics à abattre Uomini si nasce poliziotti si muore, et accepte de s’envoler pour la Malaisie, puis pour les Philippines, pour un tournage qui ne sera assurément pas de tout repos. Le Dernier Monde cannibale s’impose comme l’un des films d’épouvante cannibales italiens les plus réussis, une référence qui ne s’est jamais démentie, qui a su marquer les spectateurs du monde entier, mais aussi les réalisateurs, qui l’ont très souvent mentionné. Pour ce qui sera le premier opus de sa Trilogie Cannibale, qui sera suivi de Cannibal Holocaust (1980) et d’Amazonia, La Jungle Blanche – Inferno in diretta (1985), Ruggero Deodato joue avec le rythme et l’attente de son public, avant de lui offrir ce qu’il est venu chercher (à savoir un bon barbecue improvisé) dans le quasi-dernier acte de son film. Mais avant cela, Ultimo mondo cannibale agit comme une séance d’hypnose (toutes les scènes dans la caverne sont à tomber de beauté) et repose sur le jeu littéralement habité de Massimo Foschi (Holocaust 2000), présent dans toutes les scènes et qui passe presque les trois quarts du récit nu comme un ver. Si ça c’est pas se donner tout entier à son art tout de même…

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Test Blu-ray / Le Cri des ténèbres, réalisé par William Fruet

LE CRI DES TÉNÈBRES (Cries in the Night – Funeral Home) réalisé par William Fruet, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 14 février 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Kay Hawtrey, Lesleh Donaldson, Barry Morse, Stephen E. Miller, Dean Garbett, Alf Humphreys, Peggy Mahon, Harvey Atkin…

Scénario : Ida Nelson

Photographie : Mark Irwin

Musique : Jerry Fielding

Durée : 1h28

Année de sortie : 1980

LE FILM

Heather, 18 ans, va passer l’été chez sa grand-mère, qu’elle n’a pas revue depuis longtemps. Celle-ci vient de transformer sa demeure, située près d’un lac, en maison d’hôtes. Les clients commencent à arriver. Certains disparaissent, tandis que d’autres sont assassinés.

Alfred Hitchcock n’a eu de cesse et continue d’ailleurs d’inspirer les metteurs en scène. David Fincher, Clint Eastwood, Roman Polanski, Brian De Palma, Curtis Hanson, Claude Chabrol, François Truffaut, René Clément et bien d’autres ont tous un peu voire beaucoup de « Hitch » dans l’ADN de leur cinéma. Mais s’il y a bien une œuvre à laquelle on revient très souvent, et ce peu importe le type de productions (séries A, B et Z confondues donc), c’est bel et bien PsychosePsycho (1960). Le Cri des ténèbresCries in the Night, également connu sous le titre Funeral Home, n’y échappe pas. La même année que Vendredi 13Friday the 13th de Sean S. Cunningham, Le Bal de l’horreurProm Night de Paul Lynch et Le Monstre du trainTerror Train de Roger Spottiswoode, un certain William Fruet prenait les manettes de ce Cri des ténèbres, accompagné de critiques très mitigées à sa sortie (qui lui reprochaient justement de trop plagier Psychose) et qui s’est soldé par un échec commercial retentissant. Bon, il est vrai que la révélation finale fait pschitt et se devine quasiment instantanément si le spectateur possède les codes (ou même s’il n’est pas beurré) et qu’il ne se passe pas grand-chose durant 85 minutes…Néanmoins, on ne peut que constater que le réalisateur William Fruet, connu pour Week-end sauvageDeath Weekend (1976), L’Exterminateur Search and Destroy (1979) et SpasmesSpasms (1983) avec Peter Fonda et Oliver Reed, soigne ses plans et sait surtout diriger ses comédiens, tous excellents et même bien meilleurs que ceux qui peuplaient habituellement les slashers et autres films d’épouvante de l’époque. Anecdotique, mais Le Cri des ténèbres reste un divertissement honnête.

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Test 4K UHD / Bambi – La Vengeance, réalisé par Dan Allen

BAMBI: LA VENGEANCE (Bambi: The Reckoning) réalisé par Dan Allen, disponible en DVD & 4K Ultra HD + Blu-ray le 6 janvier 2026 chez Arcadès éditions.

Acteurs : Roxanne McKee, Samira Mighty, Nicola Wright, Tom Mulheron, Catherine Adams, Russell Geoffrey Banks, Joseph Greenwood, Alex Cooke…

Scénario : Rhys Warrington, d’après le roman de Felix Salten

Photographie : Vince Knight

Musique : Greg Birkumshaw

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Après avoir vu sa mère tuée par un chasseur alors qu’il n’était qu’un faon, Bambi, un jeune cerf, perd sa compagne Faline, renversée par un camion qui transportait des déchets radioactifs. Lorsqu’il boit l’eau de la rivière, contaminé par les déchets toxiques, Bambi se transforme en une créature puissante, déterminée à se venger. Peu de temps après, Xana et son fils Benji prennent un taxi pour rejoindre le reste de leur famille pour Thanksgiving. Le véhicule est sauvagement attaqué par Bambi. Trois chasseurs se lancent alors dans la traque du grand cerf…

« Quand rien n’est pire de mourir de la peur de mourir de la mort… Quand la mort de mourir de la peur de mourir fait plus peur de périr de la mort de pourrir… de la mort… ». Réplique tirée des Dents de la mouche IV, mythique sketch des Inconnus, qui pourrait sortir tout droit de Bambi : The Recknoning ou tout simplement chez nous Bambi : La Vengeance. Il est là le nouvel opus provenant de l’univers Twisted Childhood (le TCU pour faire vite, ce qui ressemble à un virus), parfois baptisé aussi Bambi : Le Jugement, adaptation horrifique (« lol » comme disent les jeunes vieux) du roman de Felix Salten, Bambi, une vie dans les bois. Rien à voir évidemment avec le classique de Disney sorti en 1942, qui néanmoins avait réussi à traumatiser plusieurs générations de spectateurs en raison de la scène où Bambi perd sa maman… Bambi : La Vengeance intègre logiquement la franchise TCU et rejoint ainsi Winnie-the-Pooh : Blood and Honey, qui malgré des critiques très négatives avait remporté un beau succès (près de 8 millions de dollars de recette pour un budget de seulement 100.000 dollars), récolté cinq Golden Raspberry Awards (oui, bon) et donné naissance à une suite Winnie-the-Pooh: Blood and Honey 2 (qui a connu le même engouement commercial). Mais la Jagged Edge Productions et ITN Studios n’allaient pas en rester là, puisque Peter Pan’s Neverland Nightmare devait lui aussi ruer dans les brancards en 2025, tandis que Bambi préparait doucement, mais sûrement sa vengeance contre les humains qui ont tué sa môman. Et comme les épisodes précédents, Bambi : La Vengeance propose une variation monstrueuse du personnage original, qui devient un mutant sombre et meurtrier, en raison de produits toxiques déversés dans la nature. N’y allons pas par quatre chemins, nous sommes ici à mi-chemin entre le navet de compétition et le nanar anachronique, qui oscille entre la série B et la série Z, qui endort plus qu’elle ne divertit, une série BZ pour résumer. At the secours.

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Test Blu-ray / Week-end de terreur, réalisé par Fred Walton

WEEK-END DE TERREUR (April Fool’s Day) réalisé par Fred Walton, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 16 janvier 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Jay Baker, Pat Barlow, Lloyd Berry, Deborah Foreman, Deborah Goodrich, Tom Heaton, Leah Pinsent, Mike Nomad, Thomas F. Wilson…

Scénario : Danilo Bach

Photographie : Charles Minsky

Musique : Charles Bernstein

Durée : 1h29

Année de sortie : 1986

LE FILM

Muffy St. John, riche héritière, invite plusieurs de ses amis étudiants à passer le week-end du 1er avril dans un luxueux manoir situé sur une île privée que possèdent ses parents. La fête s’annonce grandiose et Muffy a préparé quelques poissons d’avril. Mais la plaisanterie vire au cauchemar lorsque les invités disparaissent l’un après l’autre…

Passé à la postérité pour avoir écrit et réalisé Terreur la ligne When a Stranger Calls (1979), thriller devenu culte très vite auprès des cinéphiles et des spectateurs avides du genre, le réalisateur Fred Walton (né en 1949) est pourtant l’homme d’un autre film aujourd’hui très prisé, Week-end de terreur April Fool’s Day. Sorti en 1986, en queue de comète du slasher, la même année que Vendredi 13, chapitre VI : Jason le mort-vivantFriday the 13th Part VI: Jason Lives de Tom McLoughlin (l’un des meilleurs opus de la franchise) et Body CountCamping del terrore de Ruggero Deodato, tandis que Freddy Krueger se préparait à apparaître pour la troisième fois au cinéma, Week-end de terreur préfigure ce que deviendra le genre avec dix ans d’avance. Car même si Scream est encore loin et relancera le slasher dans les années 1990, le film de Fred Walton joue déjà intelligemment la carte méta, s’interroge sur la notion d’épouvante, sur le rapport avec la peur qu’entretient le spectateur, tout en essayant d’insuffler du sang neuf au thriller horrifique alors en quasi-perdition. Et ça marche. Week-end de terreur est assurément un bon ride et même si le second visionnage passera sans doute moins bien en raison du twist final (“Hey what did you expect ?”), la mise en scène tient encore bien le coup et les décors naturels ravissent les pupilles.

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Test 4K UHD / Dracula, réalisé par Luc Besson

DRACULA (Dracula: A Love Tale) réalisé par Luc Besson, disponible en DVD, Blu-ray, 4K UHD et Édition Spéciale FNAC 4K Ultra HD + Blu-ray depuis le 2 décembre 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Christoph Waltz, Caleb Landry Jones, Matilda De Angelis, Zoë Bleu, Salomon Passariello, Ewens Abid, Raphael Luce, Guillaume de Tonquédec…

Scénario : Luc Besson, d’après le roman de Bram Stoker

Photographie : Colin Wandersman

Musique : Danny Elfman

Durée : 2h08

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Au XVe siècle, le Prince Vladimir renie Dieu après la perte brutale et cruelle de son épouse. Il hérite alors d’une malédiction : la vie éternelle. Il devient Dracula. Condamné à errer à travers les siècles, il n’aura plus qu’un seul espoir : celui de retrouver son amour perdu.

Le succès lui échappant depuis une dizaine d’années (son dernier hit étant Lucy en 2014) et cumulant les déboires judiciaires, Luc Besson tente tout de même de rester dans la place…Et pour cela, sans doute par manque d’inspiration, il jette son dévolu sur Dracula de Bram Stoker, roman déjà maintes fois transposé (dans tous les domaines), dont il souhaite donner sa propre vision. Il retrouve le génial Caleb Landry Jones, avec lequel il avait tourné le thriller psychologique Dogman (très lourd échec commercial), qui se voit confier le rôle-titre. Ainsi après Béla Lugosi, Max Schreck, Udo Kier, Christopher Lee, Jack Palance, Frank Langella et Gary Oldman (on peut s’arrêter là, surtout que Dracula apparaît dans plus de 200 films), le comédien texan se glisse dans le bel habit du légendaire vampire, dont le nom n’a d’égal que celui de Michael Jackson et celui de Jésus (oh, blasphème), et livre une formidable prestation. Attention, cela ne veut pas dire que Dracula version Besson est réussi, celui-ci comporte de multiples défauts (nous y reviendrons plus bas), mais on ne pourra pas dire que le réalisateur ait mis de côté son désir de divertir avant tout le public, ce qu’il réussit haut la main avec cette proposition pour le moins originale. Mais avant toute chose, non, il ne s’agit pas d’un remake du Dracula de Francis Ford Coppola, comme le laisser penser la bande-annonce, hormis la composition de Danny Elfman qui pour le coup rappelle beaucoup celle de Wojciech Kilar. Certaines séquences peuvent fortement y faire penser, Luc Besson arrivant quelque peu après la bataille (euphémisme), mais il s’agit bel et bien d’une approche personnelle, cohérente avec les partis-pris et intentions des précédents opus du cinéaste. Une curiosité, très fortement critiquée à sa sortie, pas forcément à juste titre, toujours gratuitement quand il s’agit de Luc Besson d’ailleurs, mais qui peut se targuer d’être devenu le film français le plus cher, le plus vu et qui a engrangé le plus de recettes à l’étranger en 2025.

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Test Blu-ray / Together, réalisé par Michael Shanks

TOGETHER réalisé par Michael Shanks, disponible en DVD & Blu-ray le 16 janvier 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Dave Franco, Alison Brie, Damon Herriman, Mia Morrissey, Karl Richmond, Jack Kenny, Francesca Waters, Aljin Abella…

Scénario : Michael Shanks

Photographie : Germain McMicking

Musique : Cornel Wilczek

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Tim et Millie sont ensemble depuis des années quand ils décident de tout abandonner pour s’installer à la campagne. Alors que les tensions sont déjà vives, une force surnaturelle transforme leur rêve en cauchemar, menaçant leur relation, leur amour… et jusqu’à leur intégrité physique.

C’est un vrai coup de coeur. Together est un premier long-métrage on ne peut plus prometteur, un petit coup de maître, qui a tout pour devenir un film culte. À la barre, un certain Michael Shanks, australien, homme-orchestre, aux manettes de la chaîne YouTube The Wizards of Aus (sous le pseudo de timtimfed), tour à tour acteur, scénariste, monteur, compositeur, producteur, créateur d’effets spéciaux et donc bien sûr réalisateur. Après quelques courts-métrages, des épisodes de séries télévisées et un clip vidéo, celui-ci se lance dans l’aventure du grand format avec un film de genre, produit et interprété par le couple (à l’écran comme à la ville) Alison Brie et Dave Franco. Mais bien plus qu’un nouvel opus d’épouvante, Together est avant tout une vraie réflexion sur l’amour, sur ce qui fait l’osmose ou au contraire ce qui le délite. Le spectateur à la recherche de sensations fortes sera on ne peut plus comblé avec une succession de scènes aussi fortes que marquantes, parfois même inédites dans leur rendu, mais l’émotion n’est jamais oubliée. Mieux que ça, elle reste le moteur des séquences horrifiques et fantastiques. Le scénario, entièrement écrit par Michael Shanks, rappelle le genre d’histoires que l’on pouvait retrouver dans Les Contes de la crypte, tout en lorgnant sur Stephen King, le tout saupoudré par un humour noir omniprésent et même quelques éléments burlesques. Un must de 2025, accompagné d’une excellente presse et qui produit pour un peu plus de 15 millions de dollars (et tourné en seulement trois semaines), en aura rapporté plus du double dans le monde, quand bien même le résultat en France demeure décevant avec 78.000 entrées. Si vous devez donner une seconde chance à un film de l’année dernière, n’hésitez pas et réservez-la pour Together.

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Test Blu-ray / Les Démons du maïs – La Trilogie d’origine, réalisés par Fritz Kiersch, David F. Price & James D.R. Hickox

LES DÉMONS DU MAÏS – LES DÉMONS DU MAÏS 2 : LE SACRIFICE FINAL – LES DÉMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR (Children of the Corn – Children of the Corn II: The Final Sacrifice – Children of the Corn III: Urban Harvest) réalisé par Fritz Kiersch, David F. Price & James D.R. Hickox, disponible en Combo Coffret DVD ou Blu-ray depuis le 16 octobre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Peter Horton, Linda Hamilton, R.G. Armstrong, John Franklin, Robby Kiger, Courtney Gains, Anne Marie McEvoy, Julie Maddalena, Terence Knox, Paul Scherrer, Ryan Bollman, Ned Romero, Christie Clark, Rosalind Allen, Ed Grady, John Bennes, Daniel Cerny, Ron Melendez, Jim Metzler, Nancy Lee Grahn, Jon Clair, Mari Morrow, Michael Ensign, Duke Stroud…

Scénario : George Goldsmith, A.L. Katz, Gil Adler, Dode B. Levenson, d’après la nouvelle de Stephen King

Photographie : João Fernandes, Levie Isaacks, Gerry Lively

Musique : Jonathan Elias, Daniel Licht

Durée : 1h32, 1h33 & 1h31

Date de sortie initiale : 1984, 1993 & 1995

LES FILMS

Les Démons du maïsChildren of the Corn (1984) réalisé par Fritz Kiersch Galtin :

Une petite ville du Nebraska, est le théâtre d’une horreur sans nom lorsqu’un jeune prédicateur de 12 ans, Isaac, avec l’aide de son âme damnée Malachi, convint les enfants d’assassiner tous les adultes. Ses ordres démoniaques sont exécutés, les jeunes se retrouvent alors rois et maîtres des lieux et se réfugient dans un immense champ de maïs. Trois ans plus tard, Burt Stansor et sa fiancée Vicky Baxter traversent le village désert à la recherche du shérif, croyant avoir renversé quelqu’un sur la route. Dans cette ville fantôme, le jeune couple égaré rencontre deux enfants qui désirent échapper au culte de Isaac. Bientôt pris au piège de cet enfer, l’horrible vérité se précise et ils se rendent compte que leurs vies sont menacées. La lutte sera terrible, car ils doivent affronter la force démoniaque dissimulée au milieu des champs de maïs…

Les Démons du maïs 2 : Le Sacrifice final Children of the Corn 2: The Final Sacrifice (1992) réalisé par David F. Price :

Après les macabres découvertes qui avaient mis en émoi la petite ville de Gatlin, le journaliste John Garrett se rend sur les lieux, espérant relancer sa carrière grâce à ce terrifiant fait divers. Il s’installe avec son fils Danny chez Angela, propriétaire du Bed & Breakfast local. Micah, un orphelin recueilli par Angela, relance le sanguinaire culte du maïs : à nouveau, des adultes sont assassinés dans d’horribles conditions…

Les Démons du maïs 3 : Les Moissons de la terreurChildren of the Corn 3: Urban Harvest (1995) réalisé par James D. R. Hickox en 1995 :

Gatlin, petite bourgade campagnarde de l’ouest américain… Après l’étrange et dramatique mort du fermier Earl Hutch, ses deux fils, Joshua et Eli, sont placés dans une famille adoptive à Chicago, dont le chef de famille est négociant en maïs. Les deux enfants découvrent alors un monde entièrement nouveau, un monde de gangs, de tags et de musique rap à l’image de la vie urbaine. Peu à peu, Joshua s’adapte à cette nouvelle vie, tandis qu’Eli s’y refuse complètement. Doué d’étranges pouvoirs, il parvient à rallier d’autres enfants à sa terrifiante façon de penser, n’hésitant pas à tuer tous ceux qui s’opposent à lui…

Tout est parti d’une nouvelle de Stephen King, publiée pour la première fois en mars 1977 dans le magazine Penthouse, avant de rejoindre l’anthologie intitulée Danse macabre, sortie l’année suivante. Une adaptation sous forme de court-métrage, quasi-invisible, emballé par John Woodward sous le titre des Disciples du corbeauDisciples of the Crow, est mise en scène en 1983 et distribuée en VHS en 1986 aux côtés de deux autres histoires rebaptisées à cette occasion Contes macabresNight Shift Collection. Une cassette aujourd’hui très recherchée, puisque retirée des bacs en raison de problèmes de droits d’exploitation. La transposition officielle de l’écrit du King sort en 1984, un an après celles de Cujo (par Lewis Teague), Dead Zone (par David Cronenberg) et Christine (par John Carpenter). La même année que CharlieFirestarter de Mark L. Lester, cette petite production de trois millions de dollars trouve immédiatement son public et remporte un joli succès avec près de 15 millions de recette, rien que sur le sol américain. Aux commandes, Fritz Kiersch s’en tire fort honorablement et c’est surtout sa sobriété, ce que ne retiendront pas ses successeurs dans les innombrables suites qui s’enchaîneront, qui participe à l’immersion du spectateur dans cette histoire étouffante, en privilégiant le hors-champ, plutôt que le gore et les effets spéciaux, qui n’interviennent d’ailleurs que dans la dernière partie.

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Test DVD / Alpha, réalisé par Julia Ducournau

ALPHA réalisé par Julia Ducournau, disponible en DVD et Blu-ray le 6 janvier 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Mélissa Boros, Tahar Rahim, Golshifteh Farahani, Emma Mackey, Finnegan Oldfield, Louai El Amrousy, Jean-Charles Clichet, Ninon Le Henry…

Scénario : Julia Ducournau

Photographie : Ruben Impens

Musique : Jim Williams

Durée : 2h03

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Lors d’une soirée, Alpha, 13 ans, se fait tatouer le bras. Au matin sa mère, infirmière, s’inquiète qu’elle ait pu, à cause de l’aiguille, être contaminée par un virus mortel, qui se propage dans la population. Au collège, Alpha est ostracisée. En rentrant chez elle, elle trouve, installé dans le salon, son oncle Amin, qu’elle n’avait plus vu depuis l’enfance. Il est toxicomane, atteint par le virus, et est venu pour se sevrer. 

Qu’elle semble loin la réussite de Grave…Il y avait pourtant tellement de promesses dans ce premier long-métrage. Certes, Titane a remporté la Palme d’or en 2021, mais cette récompense suprême n’était en rien justifiée. Tant mieux pour Julia Ducournau (née en 1983), tant pis pour nous. Immédiatement après le Festival de Cannes, la réalisatrice écrit un nouveau scénario pendant des mois…mais l’abandonne finalement au profit (ou au détriment) de ce qui sera finalement Alpha, son troisième opus, annoncé comme étant un body horror…Hélàs, cette fois encore, la cinéaste déçoit (euphémisme) et livre une œuvre ronflante, prétentieuse, pesante, interminable et glaciale, saupoudré de dialogues pauvres qui feraient passer ceux de Luc Besson pour du Modiano. Julia Ducournau est une brillante formaliste…mais il faudrait qu’elle se mette au service du scénario d’un autre, plutôt que de livrer des films vides ou plutôt qui croulent sous des métaphores, les allégories, une musique OMNIPRÉSENTE, une hystérie jamais contenue, assourdissante, tandis que le montage alambiqué, aux pâquerettes, finit ici de nous achever dans un va-et-vient constant entre le passé et le présent, pour au final ne rien raconter. Mais si Julia Ducournau est satisfaite…En l’état, Alpha a bien eu du mal à dépasser la barre des 100.000 entrées, la réception a été catastrophique sur la Croisette où il était en compétition officielle, tandis que l’accueil critique et public a sans doute été le plus virulent de 2025, au même titre que Toutes pour une de Houda Benyamina.

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