Test Blu-ray / The Last Show – A Prairie Home Companion, réalisé par Robert Altman

THE LAST SHOW (A Prairie Home Companion), réalisé par Robert Altman, disponible en combo Blu-ray/DVD le 29 juillet 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Woody Harrelson, Tommy Lee Jones, Kevin Kline, Lindsay Lohan, Virginia Madsen, John C. Reilly, Maya Rudolph, Meryl Streep, Lily Tomlin, Garrison Keillor…

Scénario : Garrison Keillor, d’après son émission de radio A Prairie Home Companion

Photographie : Edward Lachman

Musique : Richard Dworsky

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2006

LE FILM

Le samedi soir, la foule se presse à l’entrée du Fitzgerald Theater de Saint Paul, dans le Minnesota, pour assister au phénomène radiophonique hebdomadaire A Prairie Home Companion. Largement diffusée, l’émission, devenue « culte », propose un spectacle, fait de chansons soul et country, de publicités ringardes, de saynètes humoristiques et rétro, qui ont survécu à l’épreuve du temps, des modes et de la télévision. Dans les loges, les artistes s’apostrophent, se chamaillent, évoquent une fois encore leurs souvenirs, se préparent à entrer en scène, mais tous savent que la station de radio vient d’être rachetée par un groupe texan, et que ce show est donc peut-être le dernier.

The Show Must Go On…C’est ainsi que l’on pourrait résumer le dernier long-métrage du prolifique Robert Altman (1925-2006). A Prairie Home Companion ou plus souvent intitulé The Last Show (titre « français ») est l’ultime baroud d’honneur de celui qui nous a offert M*A*S*H (Palme d’or), Buffalo Bill et les Indiens (Ours d’or), The Player (Prix de la mise en scène à Cannes), Short Cuts (Lion d’or), Gosford Park (Golden Globe du meilleur réalisateur) et tant d’autres trésors du septième art. The Last Show est comme qui dirait une comédie musicale, en réalité une reconstitution fictive des coulisses d’une véritable et célèbre émission de radio publique, A Prairie Home Companion, diffusée depuis de longues années et suivie par plus de 35 millions d’auditeurs. On ne quitte pour ainsi dire jamais l’authentique Fitzgerald Theater à Saint Paul, ville du Minnesota, dans lequel se déroule l’intrigue principale et où l’on suit sa foule de personnages principaux. Et c’est peu dire qu’ils se sont tous bousculés au portillon pour apparaître dans The Last Show, de Woody Harrelson à Tommy Lee Jones, en passant par Kevin Kline, Lindsay Lohan, Virginia Madsen, John C. Reilly, Maya Rudolph, Meryl Streep et Lily Tomlin, sans oublier Garrison Keillor l’animateur de l’émission, ici dans son propre rôle et qui avait contacté lui-même Robert Altman pour savoir si cela l’intéresserait de faire un film autour de ce rendez-vous qui aura diverti les spectateurs chaque semaine le samedi soir de 17h à 19h, de 1974 à 2016 (« L’émission existait déjà quand Jésus était en maternelle ! »). Alors que l’ange de la mort, incarné par la sublime Virginia Madsen (avec son « sourire doux comme une tartine de miel »), déambule dans les couloirs labyrinthiques de ce théâtre paumé du Midwest Américain, la caméra scrute chaque artiste qui se prépare physiquement et psychologiquement pour son dernier tour de piste respectif, puisque la bâtisse a été vendue à une société texane, qui la rasera pour en faire un parking. Les larmes mouillent les regards, certaines ne peuvent être retenues, mais le rire est omniprésent, les souvenirs se partagent jusqu’à plus soif, la mélancolie submerge, la nostalgie s’empare des êtres…et le spectacle continue encore, les chansons s’enchaînent entre deux placements publicitaires incongrus. Il faut bien vivre, et surtout aller de l’avant. Robert Altman, gravement malade et par ailleurs soutenu – pour des questions d’assurance – par son confrère et ami Paul Thomas Anderson (qui aurait repris les prises de vues s’il était arrivé un drame), nous convie pour une dernière danse étourdissante avec ses comédiens extraordinaires et même si la Grande Faucheuse guette chaque recoin, l’amitié, l’amour, la tendresse et le rire subsistent. Merci monsieur Altman.

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Test Blu-ray / Où est passé Tom ?, réalisé par José Giovanni

OÙ EST PASSÉ TOM ? réalisé par José Giovanni, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Rufus, Alexandra Stewart, Jean Gaven, Paul Crauchet, Philippe March, Frédéric Santaya, Albert Augier, Lucie Arnold…

Scénario : José Giovanni, d’après le roman I Wonder What Happened to Tom de Bill Reade

Photographie : Pierre-William Glenn

Musique : François de Roubaix

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Tom Coupar, secrétaire d’une organisation pacifique vouée à la libération des prisonniers politiques, décide un jour de passer à l’action. Avec Alexandra, il parvient à assassiner le dictateur Anton Caras. Incarcéré dans une forteresse où se trouvent des prisonniers qu’il tentait de faire libérer, il prépare une évasion.

Dans la filmographie de chaque réalisateur, se cache souvent un film méconnu, voire quasiment invisible depuis sa sortie, du fait de son échec cuisant. C’est le cas de Où est passé Tom ?, écrit et mis en scène par José Giovanni, qui a fait un passage éclair dans les salles de cinéma en octobre 1971. Après les succès du Rapace (1967, 1,7 millions d’entrées) et Dernier domicile connu (1969, 2,2 millions), l’auteur du Trou et du Deuxième souffle connaît un premier revers avec Un aller simple, qui sort en mai 1971 et qui n’attire que 420.000 spectateurs. Mais ce n’est rien comparé aux 122.000 entrées que fera Mais où est passé Tom ?, produit par Jacques Rouffio. Si Un aller simple pouvait attirer le chaland avec son histoire de casse raté et la cavale d’un petit criminel, l’histoire de Mais où est passé Tom ? est comme qui dirait plus intime et son traitement parfois à la limite de l’expérimental. De plus, José Giovanni ne place pas de grands noms en haut de l’affiche de son cinquième long-métrage et offre le premier rôle à Rufus, déjà présent au générique d’Un aller simple (dans lequel il s’appelait déjà Tom), mais qui était essentiellement connu comme second voire troisième rôle. Quand il tourne ce film, le comédien est encore à ses débuts dans le cinéma, où on a pu le voir chez Christian Gion, Claude Autant-Lara, Jules Dassin, Yves Boisset, Jacques Demy, Georges Lautner, Christian de Chalonge, Gérard Pirès, tout cela en l’espace de trois ans ! Après avoir déjà tourné dans une vingtaine de films, Rufus, à peine trente ans, incarne le rôle principal pour l’une des rares fois de sa carrière dans ce thriller politique qui lorgne sur le fantastique. Si José Giovanni s’inspire d’un roman de Bill Reade (I wonder What Happened to Tom?, publié en 1969 en France dans la collection Série Noire), le récit fait étrangement, ou volontairement écho, au Rapace, adaptation du livre The Vulture de John Carrick, comme si José Giovanni souhaitait revenir à cette thématique, celle de l’homme qui n’a nulle autre mission que celle d’en tuer un autre, qui tyrannise un pays. Où est passé Tom ? est le versant psychologique du Rapace et repose sur le cheminement de son personnage principal, qui paraît détaché de tout et de tout le monde, mais qui va s’investir lui-même d’une quête, celle d’assassiner un dictateur. Le choix de Rufus est tout aussi inattendu que génial, puisque jamais le potentiel physique de l’acteur n’avait été exploité à ce point. Refusant d’être doublé dans les scènes en montagne, étant lui-même sportif et expert en grimpette, Rufus donne de sa personne et impressionne du début à la fin dans Où est passé Tom ?, petit bijou dans lequel José Giovanni tente beaucoup de choses derrière la caméra, mais n’y parvient pas systématiquement. Toutefois, on ne pourra pas lui reprocher d’être sincère et ambitieux dans son entreprise. Une des plus grandes (re)découvertes de cette année 2026.

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Test Blu-ray / Reviens Jimmy Dean, reviens, réalisé par Robert Altman

REVIENS JIMMY DEAN, REVIENS (Come Back to the 5 & Dime Jimmy Dean, Jimmy Dean) réalisé par Robert Altman, disponible en Blu-ray & DVD le 7 juillet 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Sandy Dennis, Cher, Karen Black, Kathy Bates, Marta Heflin, Caroline Aaron, Ruth Miller, Sudie Bond, Mark Patton…

Scénario : Ed Graczyk, d’après sa pièce de théâtre

Photographie : Pierre Mignot

Musique : Allan F. Nicholls

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 1982

LE FILM

Dans le bazar perdu d’une petite ville du Texas se retrouve un groupe de fans, venues évoquer la passion qui jadis les lia à l’acteur James Dean. D’abord arrive Sissy, une jeune femme dont les attitudes provocantes choquent dans sa foi naïve Juanita, la vieille gérante. Ensuite entre Mona, le leader du groupe, une femme névrosée qui prétend que l’acteur lui a donné un enfant. Lui succèdent Edna Louise, une mère de famille empotée, puis Stella May, folle de country music. Le groupe, apparemment au complet, se prépare à fêter les retrouvailles lorsqu’arrive Joanne…

Il y a des petits trésors insoupçonnés dans le cinéma. Même si l’on connaît la réputation de Robert Altman (1925-2006) et ses films les plus emblématiques comme M*A*S*H, John McCabe, Le Privé, Nashville, The Player, Short Cuts (pour ne citer que ceux-là), cette carrière hors-norme comprenant près d’une quarantaine de longs-métrages recèle forcément des œuvres plus méconnues voire obscures, parfois calfeutrées entre deux monuments. Reviens Jimmy Dean, reviens ou en version originale Come Back to the Five and Dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean intervient après son deuxième plus grand succès, Popeye, qui malgré sa réputation (qui tient plus en raison des conditions de tournage) et l’accueil catastrophique de la critique a su engranger beaucoup de dollars, environs 210 millions de billets verts en tenant compte de l’inflation. Mais Robert Altman ne va pas continuer sur cette lancée et préfère se rediriger vers des productions moins commerciales, en ciblant notamment des pièces de théâtre, qu’il va souvent adapter au cours des années 1980 comme Streamers en 1983 et Beyond Therapy (1997). C’est ainsi qu’il va jeter son dévolu sur la pièce écrite en 1976 par Ed Graczyk, créée au Players Theatre de Columbus, dans l’Ohio, dont l’intrigue s’articule autour d’un fan-club de James Dean qui se réunit dans un « five-and-dime », autrement dit un magasin populaire, ou plus communément un bazar planté et paumé au Texas. Chose étonnante, le cinéaste va à la fois mettre en scène une version pour Broadway au Martin Beck Theater, ainsi qu’une adaptation cinématographique. Avec ce film, Robert Altman souhaite se renouveler. Il collabore pour la première fois avec le chef opérateur canadien Pierre Mignot, avec lequel il tournera une demi-douzaine de fois, réduit son tournage à un seul plateau étriqué (incroyable décor principal), ce qui le force à trouver des angles de prises de vue originaux, tout en tournant en Super 16 et dans un temps record (19 jours). Ce qui fait encore aujourd’hui l’une des richesses de Reviens Jimmy Dean, reviens, ce sont les séquences de flash-back, réalisées en direct sur le set, par l’intermédiaire d’un double décor doté de miroirs sans tain gérés par un système d’éclairage spécifique. Le réalisateur est donc libre de jouer avec la temporalité, d’imbriquer le présent et le passé, tout en bouleversant les repères des spectateurs et ce jusqu’au générique de fin. Porté par d’extraordinaires comédiennes, Reviens Jimmy Dean, reviens est une valse étourdissante d’émotions, un chef d’oeuvre complètement et injustement oublié d’un des metteurs en scène les plus passionnants du cinéma américain.

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Test Blu-ray / Colossal, réalisé par Nacho Vigalondo

COLOSSAL réalisé par Nacho Vigalondo, disponible en Blu-ray & DVD le 8 juillet 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Austin Stowell, Tim Blake Nelson, Dan Stevens, Hannah Cheramy, Nathan Ellison…

Scénario : Nacho Vigalondo

Photographie : Eric Kress

Musique : Bear McCreary

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Gloria est une jeune new-yorkaise sans histoire. Mais lorsqu’elle perd son travail et que son fiancé la quitte, elle est forcée de retourner dans sa ville natale où elle retrouve Oscar, un ami d’enfance. Au même moment, à Séoul, une créature gigantesque détruit la ville, Gloria découvre que ses actes sont étrangement connectés à cette créature. Tout devient hors de contrôle, et Gloria va devoir comprendre comment sa petite existence peut avoir un effet si colossal à l’autre bout du monde…

Depuis sa sortie expédiée, pour ne pas dire bâclée, Colossal est devenu un film culte pour de nombreux spectateurs. Doté d’un budget d’une quinzaine de millions de dollars, le quatrième long-métrage du réalisateur espagnol Nacho Vigalondo (né en 1977) est arrivé devant les yeux du public par d’autres intermédiaires que les écrans de cinéma, en Blu-ray et DVD chez TF1 Studio, ou en E-Cinéma. Nommé en 2005 à l’Oscar du court-métrage pour 7:35 de la mañana, le cinéaste se fait très vite remarquer avec son coup d’essai, Timecrimes (2007), film fantastique qui reprend le thème du voyage dans le temps et ses paradoxes. Sa particularité ? Celle de traiter deux thèmes, ou plutôt deux genres en un seul opus. S’ensuivent Extraterrestre (2010), une histoire d’amour sur fond d’invasion alien, Open Windows (2014) avec Elijah Wood et une certaine Sasha Grey (nous ferons une recherche plus tard pour en savoir plus sur elle), puis c’est là que débarque Colossal, avec rien de moins qu’Anne Hathaway, alors entre le succès du Nouveau stagiaire de Nancy Meyers et le triomphe d’Ocean’s 8 de Gary Ross. Difficile à promouvoir ou à appréhender, cette comédie-dramatique fantastique semble encore aujourd’hui avoir le cul entre deux chaises et vaut surtout pour son caractère inclassable, que l’on pourrait présenter comme un “cousin” de Quelques minutes après minuit A Monster Calls de Juan Antonio Bayona, sorti étonnamment la même année et avec lequel Colossal possède quelques étonnants points communs. Mais ce dernier ne possède pas la virtuosité du premier et s’avère même maladroit dans sa mise en scène, ainsi que dans sa direction d’acteurs, avec Anne Hathaway qui paraît perdue, au point d’en faire souvent trop. Cela n’empêche pas Colossal d’être sympathique et attachant dans son côté nawak.

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Test Blu-ray / Un aller simple, réalisé par José Giovanni

UN ALLER SIMPLE réalisé par José Giovanni, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Claude Bouillon, Maurice Garrel, Rufus, Nicoletta, Ottavia Piccolo, Paola Pitagora, Jean Gaven, Alain Mottet…

Scénario : José Giovanni, d’après le roman The Chair for Martin Rome de Henry Edward Helseth

Photographie : Pierre-William Glenn

Musique : François de Roubaix

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

À la suite du meurtre d’un policier lors d’une attaque de banque ratée, un truand entame une cavale à travers la Belgique pour échapper à la police, rétablir la vérité sur un crime passé qu’il n’a pas commis et protéger son amie des manœuvres d’un avocat véreux.

Suite aux succès du Rapace (1968) et de Dernier domicile connu (1970), José Giovanni délaisse le cinéma « pour les autres », pour se consacrer pleinement à son activité de metteur en scène. C’est ainsi qu’il décide d’adapter un roman de l’auteur américain Henry Edward Helseth, The Chair for Martin Rome, publié en France en 1950 dans la mythique collection Série Noire. Chose étonnante, le livre avait déjà été l’objet d’une transposition à Hollywood en 1948, sous le titre Cry of the City (ou La Proie en version française), par Robert Siodmak, avec Victor Mature,Richard Conte, Shelley Winters et Debra Paget, rien que ça. Point de casting étincelant dans la mouture de José Giovanni et Un aller simple sera finalement tenu par le jeune Jean-Claude Bouillon, qui deviendra célèbre par la suite pour avoir campé le commissaire Valentin dans la série télévisée Les Brigades du tigre, de 1974 à 1983, au fil d’une trentaine d’épisodes. Après Made in USA (1966) de Jean-Luc Godard, dans lequel il faisait ses débuts devant la caméra, et Tout peut arriver (1969), premier long-métrage de Philippe Labro, le comédien se voit confier le premier rôle dans ce thriller méconnu qui témoigne du talent de José Giovanni comme réalisateur, en pleine possession de ses moyens, brillant formaliste et directeur d’acteurs. Un aller simple est assurément une curiosité doublée d’une réelle découverte, qui annonce l’un de ses chefs d’oeuvres à venir, Deux Hommes dans la ville, qui sortira deux ans plus tard.

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Test Blu-ray / Rue Málaga, réalisé par Maryam Touzani

RUE MÁLAGA réalisé par Maryam Touzani, disponible en DVD & Blu-ray le 7 juillet 2026 chez Ad Vitam.

Acteurs : Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane, María Alfonsa Rosso, Sanae Regragui, Miguel Garcés, La Imén, Tarik Rmili…

Scénario : Nabil Ayouch & Maryam Touzani

Photographie : Virginie Surdej

Musique : Freya Arde

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Déterminée à rester dans cette ville qui l’a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d’une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l’amour et le désir.

Maryam Touzani est tout d’abord remarquée pour son travail comme scénariste pour Much Loved (2015), réalisé par son compagnon Nabil Ayouch, interdit dans les salles marocaines par les autorités du pays en raison de son sujet brûlant, la prostitution. Elle se lance à son tour derrière la caméra pour signer son premier long-métrage comme réalisatrice, Adam, sélectionné au Festival de Cannes dans la section Un certain regard et qui remporte plus d’une vingtaine de prix dans le monde. Elle devient également la première femme marocaine à prétendre à l’Oscar en 2020. Elle revient sur la Croisette en 2022, toujours dans la même section, pour y présenter cette fois Le Bleu du caftan, qui se penche sur la vie d’un homme marié et homosexuel dans le Maroc répressif d’aujourd’hui, film qui lui vaut d’être récompensée par le prix FIPRESCI. Avec Rue Málaga elle rend hommage à sa grand-mère, tourne pour la première fois en espagnol et situe son récit à Tanger, où elle est née et a passé une bonne partie de sa jeunesse, comme beaucoup d’espagnols ayant fui le régime franquiste, qui se sont installés dans ce port marocain, pour ne plus jamais en repartir. Qui de mieux que la grande Carmen Maura pouvait le mieux incarner cette force et cette vitalité d’une « jeune » femme de 80 printemps ? Encore très active, la comédienne qui aura tourné sept fois avec Pedro Almodóvar, qui détient encore à ce jour le record du plus grand nombre de prix Goya de la meilleure actrice principale (qu’elle a obtenu à trois reprises) et qui fête bientôt ses soixante ans de carrière trouve incontestablement l’un de ses plus beaux rôles dans Rue Málaga, dans lequel elle est pour ainsi dire de toutes les scènes, de tous les plans, où elle crève l’écran une fois de plus. Maryam Touzani la filme sous tous les angles, capture sa peau, ses rides, ses tâches en gros plans, célèbre la vieillesse, la vie qui reste, l’amour, y compris la sexualité. Et c’est superbe.

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Test 4K UHD / The Drama, réalisé par Kristoffer Borgli

THE DRAMA réalisé par Kristoffer Borgli, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 7 août 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Zendaya, Robert Pattinson, YaYa Gosselin, Alana Haim, Mamoudou Athie, Sydney Lemmon, Hannah Gross, Hailey Gates…

Scénario : Kristoffer Borgli

Photographie : Arseni Khachaturan

Musique : Daniel Pemberton

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Emma Harwood et Charlie Thompson s’apprêtent à s’unir pour la vie. Lors d’une ultime dégustation du menu de leur mariage, accompagnés d’un couple d’amis, les tourtereaux décident de s’avouer la pire crasse qu’ils aient commis de leur vie. L’aveu d’Emma va tellement choquer son futur mari que leur mariage pourrait être compromis…

Il nous avait subjugué avec Dream Scenario en 2023 en offrant par la même occasion à Nicolas Cage l’un de ses meilleurs rôles depuis au moins vingt ans, le cinéaste norvégien Kristoffer Borgli récidive avec son troisième long-métrage et son second réalisé pour le compte du studio A24. The Drama confirme plusieurs points. Premièrement, la place désormais importante, pour ne pas dire incontournable de la société A24 au sein de l’industrie cinématographique américaine (Backrooms, Marty Supreme, Pour l’éternité, Heretic, Iron Claw). Ensuite, que Kristoffer Borgli est assurément l’un des metteurs en scène les plus passionnants du moment. Enfin, que Zendaya n’a pas démérité sa place parmi les jeunes actrices adulées aujourd’hui et que Robert Pattinson est devenu incontestablement l’un des plus grands comédiens. Autant dire que la réussite de The Drama est totale et a tout pour devenir un futur classique. On est subjugué à la fois par la beauté, le talent et l’alchimie du couple star (également à l’affiche de L’Odyssée de Christopher Nolan et de Dune : Part Three de Denis Villeneuve), Zendaya n’ayant sans doute jamais été aussi bien filmée, tandis que son partenaire crève une fois de plus l’écran et signe l’une de ses plus impressionnantes prestations. À l’origine, le réalisateur n’avait visiblement pas envisagé The Drama comme une comédie romantique ou même un film de mariage. Kristoffer Borgli voulait aborder avant tout cet équilibre fragile entre le bonheur et la détresse qu’un homme et une femme traversent au fil de leur relation, ainsi que les inévitables compromis, qui charpentent un couple. On se souviendra longtemps de ce dîner entre amis où chaque convive s’exprime sur ce qu’ils ont pu faire de plus odieux au cours de leur existence, certains aveux étant évidemment plus graves que d’autres, dont un qui va jusqu’à remettre un mariage. The Drama n’est pas un film sympathique (ou quand le sourire désarmant devient carnassier), mais terriblement humain, où les protagonistes laissent paraître leurs failles et doivent apprendre à communiquer pour aller de l’avant. Un vrai bijou de scénario, d’une élégance folle, merveilleusement interprété, The Drama est un immense coup de coeur.

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Test Blu-ray / Aucun autre choix, réalisé par Park Chan-wook

AUCUN AUTRE CHOIX (Eojjeolsuga eobsda) réalisé par Park Chan-wook, disponible en DVD & Blu-ray le 11 juin 2026 chez ARP Sélection.

Avec : Lee Byung-Hun, Son Ye-jin, Cha Seung-Won, Park Hee-soon, Lee Sung-min, Yeom Hye-ran, Oh Dal-su, Woo Seung Kim…

Scénario : Park Chan-Wook, Lee Kyoung-mi, Lee Jahye & Don McKellar, d’après le roman Le Couperet de Donald Westlake

Photographie : Kim Woo-hyung

Musique : Cho Young-wuk

Durée : 2h15

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Yoo Man-soo, ingénieur dans une usine à papier depuis 25 ans, est soudainement licencié. Il cherche alors à tout prix un nouvel emploi, pour protéger sa femme Mi-ri et leurs deux enfants. Il tente surtout de garder leur maison familiale qu’il avait rachetée avec beaucoup de difficultés. Il n’a d’autre choix que de préparer sa propre guerre contre les potentiels candidats d’une offre d’emploi dans une usine japonaise.

Alors celle-là, on ne s’y attendait pas ! Park Chan-wook livre une nouvelle adaptation du roman Le Couperet The Ax (publié en 1997), déjà transposé en 2005 par Costa-Gavras, mais à laquelle il pensait visiblement depuis le début des années 2000. S’il dédie son film à ce dernier, le réalisateur Coréen s’offre comme qui dirait une récréation avec sa propre version. Nous sommes ici en pleine fable sociale, une satire où Park Chan-wook décide une fois de plus de pousser les curseurs à fond pour illustrer son propos, avec cet homme, chômeur de longue durée, acculé financièrement, qui en vient à éliminer, autrement dit de faire passer de vie à trépas, les postulants les plus sérieux aux mêmes emplois que lui. Le cinéaste réduit le nombre de concurrents à trois (au lieu de six chez Costa-Gavras) et donc de nouvelles victimes potentielles dans Aucun autre choix, qui parvient à être à la fois fidèle au chef d’oeuvre de Donald Westlake et en même temps différent du film de Costa-Gavras. Mais il n’est pas interdit de préférer la première mouture et de trouver le temps long (euphémisme) devant Aucun autre choix, d’autant plus que l’attachement que l’on pouvait tout de même avoir pour le personnage joué par José Garcia il y a plus de vingt ans, n’est pas le même que pour celui, pourtant brillamment incarné par Lee Byung-hun (Joint Security Area, Trois Extrêmes, Le Bon, la Brute et le Cinglé, Squid Game). Dans le roman, l’écrivain y allait déjà à fond dans le cynisme et l’ironie, partis-pris conservés par Costa-Gavras dans sa version, qui flirtait avec le surréalisme, tout en restant les pieds bien ancrés sur terre, ce qui faisait ressortir son propos implacable. Park Chan-wook n’est pas connu pour sa subtilité et Aucun autre choix va encore plus loin, ce qui dessert évidemment sa critique sociale. On retrouve plus ou moins les mêmes situations cocasses, dues la plupart du temps à la maladresse de notre antihéros, car on ne s’improvise pas assassin du jour au lendemain (thème que Westlake a par ailleurs décliné à plusieurs reprises, comme dans Le Contrat), mais une fois lancé, difficile, voire impossible de reculer. On regarde Aucun autre choix avec un ennui poli après pourtant une très bonne installation, mais le rythme tend à s’essouffler rapidement et il n’est pas aisé de rester concentrer jusqu’au bout de ces (longues) 135 minutes.

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Test Blu-ray / Stella, réalisé par Laurent Heynemann

STELLA réalisé par Laurent Heynemann, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 3 février 2026 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Nicole Garcia, Thierry Lhermitte, Jean-Claude Brialy, Charles Denner, Victor Lanoux, Gérard Desarthe, Djelloul Beghoura, Hubert Saint-Macary, Robin Renucci…

Scénario : Laurent Heynemann & Pierre Fabre

Photographie : Jean-Francis Gondre

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h40

Date de diffusion initiale : 1983

LE FILM

Pour Yvon, peu importe qui détient le pouvoir. Alors, pour sauver de la déportation Stella, la femme de sa vie, il entre au service de la Gestapo. À la fin de la guerre, il sauve sa peau de justesse et la retrouve enfin. Mais il sait qu’il reste à la merci d’une dénonciation… Pour s’en sortir, il continue d’utiliser les méthodes des collabos : trahisons et corruption. Il tente de fuir vers l’Espagne, mettant Stella dans une situation impossible…

Laurent Heynemann. Ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant celui-ci, né en 14948, a dirigé certains monstres du cinéma français (Michel Piccoli, Michel Galabru, Philippe Noiret, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Jeanne Moreau) dans des films, aujourd’hui quelque peu oubliés, mais dont les titres font ressurgir quelques souvenirs fugaces aux cinéphiles, comme Le Mors aux dents (1979), Il faut tuer Birgitt Haas (1981), Les Mois d’avril sont meurtriers (1986) et La Vieille qui marchait dans la mer (1991). Ancien assistant d’Yves Boisset (R.A.S., Folle à tuer) et de Bertrand Tavernier (L’Horloger de Saint-Paul, Que la fête commence), oui et de Philippe Clair aussi hein (Le Grand Fanfaron), Laurent Heynemann détient un sacré bagage technique et passe derrière la caméra en 1977 avec La Question, interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, puisque traitant ouvertement et frontalement de l’usage de la torture durant la guerre d’Algérie. Passionné d’histoire, le réalisateur l’est aussi de politique, deux éléments qui deviendront récurrents au fil de son œuvre, au cinéma, comme à la télévision (René Bousquet ou le Grand Arrangement, Accusé Mendès France, Laval, le collaborateur). Après avoir parlé du terrorisme allemand dans Il faut tuer Birgit Haas, il évoque la collaboration – sujet ô combien tabou – dans son quatrième long-métrage, Stella. Le cinéaste, tout d’abord pressenti pour mettre en scène Docteur Petiot avec Michel Serrault (l’acteur refusera de tourner avec Laurent Heynemann et ne fera le film que sept ans plus tard avec Christian de Chalonge), s’investit finalement dans un récit inspiré par un court extrait tiré du livre Tu trahiras sans vergogne (1970) écrit par Philippe Aziz. Ce qui a tapé dans l’oeil (et dans le coeur du metteur en scène), c’est comment un homme, bien sous tous rapports, décide, pour faire libérer la femme qu’il aime et qui arbore l’étoile jaune depuis plusieurs semaines dans le camp de Compiègne, de s’engager dans la Gestapo durant l’été 1944, alors que la Deuxième Guerre mondiale est sur le point de se terminer. Nous en sommes en plein mélodrame romanesque et malgré quelques couacs, notamment le fait de placer l’intrigue en août 1944 alors qu’il est évident que les prises de vues ont été faites en hiver, Stella est un très beau film, magistralement interprété (et quel casting!), une romance parfois au bord de l’emphase, mais qui se retient toujours à temps pour ne pas déborder. Devenu rare et même recherché par beaucoup de cinéphiles, Stella est désormais disponible en DVD et en Blu-ray chez LCJ Éditions & Productions.

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Test Blu-ray / Un simple accident, réalisé par Jafar Panahi

UN SIMPLE ACCIDENT (Yek tasadef sadeh) réalisé par Jafar Panahi, disponible en DVD et Blu-ray le 2 juin 2026 chez Memento Distribution.

Acteurs : Vahid Mobasseri, Maryam Afshari, Ebrahim Azizi, Hadis Pakbaten, Majid Panahi, Mohamad Ali Elyasmehr, Delnaz Najafi, Georges Hashemzadeh…

Scénario : Jafar Panahi

Photographie : Amin Jafari

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

En panne après avoir heurté au volant un animal, un homme est aidé par Omid et Vahid. Entendant sa voix et sa claudication, Vahid panique. Le lendemain, il l’enlève, l’emmène dans le désert avec son van, creuse une tombe, puis observe sa prothèse : il identifie “Eghbal la Guibole” qui le tortura en prison. L’homme proteste si fort que Vahid doute. Il l’enferme dans son van et va demander à Salar, un ami intellectuel, son avis. Épouvanté, Salar l’aiguille vers Shiva, photographe de mariage qu’il trouve en séance avec un couple, Goli et Ali. Or, Goli et Shiva furent aussi les victimes d’Eghbal. Elles doutent ; ils filent voir Hamid, malgré les réserves d’Ali. Hamid tâte la prothèse : c’est leur bourreau.

Bien sûr que la Palme d’or attribuée à Un simple accident, onzième long-métrage de Jafar Panahi (né en 1960) est un geste politique, même si personnellement, on l’aurait plutôt attribué à Valeur sentimentale de Joachim Trier. Mais après tout, l’art est politique et le film qui nous intéresse aujourd’hui n’a pas démérité ce prix prestigieux, qui participera d’ailleurs à son exploitation plus large à travers le monde et donc à faire résonner son message dans les coins les plus reculés. Le « pitch » est rapide. Iran, de nos jours. Un homme croise par hasard celui qu’il croit être son ancien tortionnaire. Mais face à ce père de famille qui nie farouchement avoir été son bourreau, le doute s’installe. Là-dessus, Jafar Panahi jongle avec les genres et ce en dépit des conditions drastiques des prises de vues, puisque son film a été, une fois de plus, réalisé clandestinement. Raison pour laquelle, comme pour Taxi Téhéran, beaucoup de scènes se déroulent dans le véhicule principal, ici un van qui peut contenir tous les personnages que le destin a réunis autour d’un seul homme, celui qui les torturait. On pense à Incendies (2010) de Denis Villeneuve, inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Wajdi Mouawad, sauf que le cinéaste n’hésite pas à placer, contre toute attente, un peu d’humour ici et là, soupapes nécessaires face à un sujet ô combien difficile et anxiogène. Avec Un simple accident, qui rappelle parfois La Jeune fille et la mort Death and the Maiden (1994) de Roman Polanski, Jafar Panahi montre que la vengeance n’est pas un plat qui se mange froid, mais un plat qui ne se mange pas, que l’homme, même celui qui a connu la pire violence, sera toujours capable de résilience et trouvera les forces d’affronter la barbarie.

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