
LE VOLEUR DE CRIMES réalisé par Nadine Trintignant, disponible en Blu-ray le 3 juin 2026 chez Inser and Cut Production Collection L’Oeil du témoin N° 4.
Acteurs : Jean-Louis Trintignant, Florinda Bolkan, Robert Hossein, Giorgia Moll, Bernadette Lafont, Serge Marquand, Lucienne Hamon, Antoine Ouvrier…
Scénario : Nadine Trintignant
Photographie : Pierre Willemin
Musique : Jack Arel
Durée : 1h30
Date de diffusion initiale : 1969
LE FILM
Jean Girod est un homme ordinaire, marié et sans histoires, qui s’ennuie dans cette France de l’après 68. Au hasard d’une déambulation, il est témoin du suicide d’une jeune femme. Fasciné par cette mort violente, il décide d’envoyer des lettres anonymes pour revendiquer le « meurtre » et, sous cette nouvelle identité, menace d’en commettre d’autres. Les médias relaient ses affabulations. À la faveur de ce jeu de dupes, le « voleur de crimes » délaisse peu à peu sa vie terne et sombre dans une forme de folie.

Ancienne monteuse et assistante chez Jules Dassin (Du rififi chez les hommes), Sacha Guitry (Si Paris nous était conté), Jean-Pierre Melville (Léon Morin, prêtre), Michel Boisrond (Une parisienne), Jacques Doniol-Valcroze (Le Coeur battant) et Jean-Luc Godard (Le Petit Soldat), Nadine Trintignant (née en 1934), passe derrière la caméra en 1965 avec le court-métrage Fragilité, ton nom est femme. Elle y dirige déjà son époux, Jean-Louis Trintignant, comme elle le fera deux ans plus tard en passant le cap du long-métrage Mon amour, mon amour, qui se retrouve en compétition officielle du Festival de Cannes 1967. 1969, Nadine Trintignant coproduit, écrit et met en scène Le Voleur de crimes, thriller psychologique, mais aussi drame existentiel. Le film peut également se voir comme un essai sur le jeu de Jean-Louis Trintignant lui-même, une radiographie d’un comédien dans l’exercice de ses fonctions, où l’on sent une réalisatrice fascinée par la matière brute qu’elle a entre les mains et devant son objectif. Partageant sa carrière entre l’Italie (Le Fanfaron, En cinquième vitesse, La Mort a pondu un œuf, Le Grand silence, L’Amour à cheval) et la France (Pleins feux sur l’assassin, Le Combat dans l’île, Compartiment tueurs, Un homme et une femme), l’acteur protéiforme, à l’aube de ses quarante ans, crée un nouveau personnage. Celui-ci se caractérise par un visage fermé, qui contraste avec un regard brillant reflétant un bouillonnement mental et intérieur, un chamboulement, un trauma, une dépression, un ennui. Dans Le Voleur de crimes, le protagoniste Jean Girod est arrivé au point de rupture, à tel point que pour se sentir encore « en vie » il se fait passer pour un criminel, dans l’espoir de devenir un homme traqué, de redevenir un être vivant. Quasiment de toutes les scènes, pour ne pas dire de tous les plans, Jean-Louis Trintignant pulvérise l’écran de sa présence, de son charisme, de son talent. Sa prestation magnétique subjugue, le sujet foudroie, son ambiance glace les sangs. Voilà une des plus grandes découvertes de l’année 2026 !











































