Test DVD / Cinq déserteurs, réalisé par R. John Hugh

CINQ DÉSERTEURS (Yellowneck) réalisé par R. John Hugh, disponible en DVD le 6 décembre 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Lin McCarthy, Stephen Courtleigh, Berry Kroeger, Harold Gordon, Bill Mason, Al Tamez, Jose Billie, Roy Nash Osceola…

Scénario : Nat S. Linden & R. John Hugh

Photographie : Charles T. O’Rork

Musique : Laurence Rosenthal

Durée : 1h20

Année de sortie : 1955

LE FILM

Un colonel sudiste démis de ses fonctions rencontre quatre déserteurs dans les Everglades. Ensemble, ils vont tenter de survivre et de s’échapper de ces marais. L’épreuve sera longue entre la nature hostile et les assauts successifs des Indiens Séminoles vivant sur ce territoire.

On ne misait pas forcément grand-chose sur ce petit film déterré on ne sait où par l’éditeur Artus Films, mais force est d’admettre que Cinq déserteursYellowneck est un survival assez épatant et ce en dépit d’un évident manque de moyens. Que signifie le titre original ? Un prologue nous indique que le film s’apprête à nous raconter l’histoire de cinq hommes, « produits » d’une longue et sanglante guerre, qui ont décidé de tourner le dos à la cause Confédérale pour fuir. Ces déserteurs pour les hommes de la Confédération sont appelés « Yellowneck ». Intégralement tourné dans les décors naturels des Everglades, Cinq déserteurs est un étonnant mélange de film de guerre, de drame psychologique, d’aventures, de western et même d’épouvante dans sa dernière partie, qui ne compte qu’une poignée de comédiens au casting, tous solidement dirigés. Produit par la Republic Pictures, Yellowneck est le premier long-métrage écrit et réalisé par le britannique R. John Hugh (1923-1985), qui ne signera que cinq longs-métrages en vingt ans de carrière, des opus indépendants qui fleurent bon ce parfum kitsch et rétro, mais qui en avaient sous le capot et qui conservent encore aujourd’hui un charme inaltérable doublé d’une envie de cinéma.

Continuer la lecture de « Test DVD / Cinq déserteurs, réalisé par R. John Hugh »

Test Blu-ray / Ursus l’invincible, réalisé par Gianfranco Parolini

URSUS L’INVINCIBLE (Gli invincibili tre) réalisé par Gianfranco Parolini, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre le 8 novembre 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Sergio Ciani, Mimmo Palmara, Rosalba Neri, Carlo Tamberlani, Gianni Rizzo, Vassili Karis, Nello Pazzafini, Enzo Maggio…

Scénario : Lionello De Felice, Arnaldo Marrosu & Gianfranco Parolini

Photographie : Francesco Izzarelli

Musique : Angelo Francesco Lavagnino

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

Usurpant l’identité d’Ursus, le tyran Théomaque a pris le trône d’Attra et impose son pouvoir. Le prince Dario, soucieux de rétablir le véritable souverain, fait alors appel à Ursus. Ce dernier, avec deux compagnons, se mettent en route pour Attra. Il faudra toute la musculature et l’ingéniosité du héros pour renverser le despote.

Ursus est un genre de mammifères carnivores de la famille des ursidés, les ours. Un ours, c’est aussi le logo de l’éditeur Artus Films. Et Artus Films nous permet de découvrir Ursus l’invincible, car Ursus est au même titre que Maciste un héros de l’antiquité, inventé dans quelques œuvres modernes et plus précisément dans Quo Vadis ? (1899) du polonais Henryk Sienkiewicz, porté à plusieurs reprises au cinéma et de ce fait transporté dans différentes contrées voire des époques complètement diverses. Certains auront à l’esprit une représentation d’Ursus en prise avec un taureau ou un boeuf sauvage, qu’il affronte naturellement à mains nues, car bien sûr le personnage est doté d’une force surhumaine. Il n’en fallait pas plus pour que le péplum, transalpin évidemment, s’empare d’Ursus pour en faire le héros d’une poignée de films au début des années 1960. Outre La Vengeance d’Ursus La Vendetta di Ursus de Luigi Capuano, La Fille des Tartares Ursus e la ragazza Tartara de Remigio Del Grosso, Ursus dans la terre de feuUrsus nella terra di fuoco de Giorgio Simonelli, Ursus le rebelle Ursus, il gladiatore ribelle de Domenico Paolella et avant Le Grand Défi : Hercule, Maciste, Samson et UrsusErcole, Sansone, Maciste e Ursus Gli invincibili de Giorgio Capitani, Gianfranco Parolini nous gratifiait d’un Ursus l’invincible Gli invincibili tre. Dans le rôle-titre, Sergio Ciani, plus connu sous le pseudonyme d’Alan Steel, apporte à ce demi-Dieu ses muscles saillants (et qui l’empêchent de bouger avec agilité, il faut bien le dire), sa belle tête de vainqueur et son jeu approximatif (euphémisme), ainsi qu’un humour bon enfant. Celui qui a aussi interprété Samson, Hercule et Maciste s’en sort « relativement » bien dans Ursus l’invincible, même s’il se fait voler facilement la vedette par le charismatique et beaucoup plus crédible Mimmo Palmara (Un flic explosif, Les Travaux d’Hercule, Les Derniers jours de Pompéi, Le Colosse de Rhodes), dans le rôle de l’usurpateur. Dans l’ensemble, on passe un bon moment devant ce péplum qui a le mérite de ne pas se prendre au sérieux.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Ursus l’invincible, réalisé par Gianfranco Parolini »

Test Blu-ray / Le Neuvième coeur, réalisé par Juraj Herz

LE NEUVIÈME COEUR (Deváté srdce) réalisé par Juraj Herz, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre le 4 octobre 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Ondrej Pavelka, Anna Malová, Julie Juristová, Josef Kemr, Juraj Kukura, Frantisek Filipovský, Premysl Kocí, Josef Somr…

Scénario : Juraj Herz & Josef Hanzlík

Photographie : Jirí Macháne

Musique : Petr Hapka

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1979

LE FILM

La jolie princesse Adriana est frappée d’un mal étrange : elle est comme absente le jour et disparaît la nuit. Après les échecs successifs de plusieurs enquêteurs, l’étudiant Martin se porte volontaire pour aider la princesse. Il va découvrir que l’astrologue Aldobrandini cherche à collecter neuf cœurs pour fabriquer son élixir de jouvence.

De Juraj Herz (1934-2018), les cinéphiles français ont pu avoir eu vent de sa version personnelle de La Belle et la Bête Panna a netvor (1978), d’après le conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, et surtout de L’Incinérateur de cadavres Spalovac mrtvol (1968), inspiré du roman de Ladislav Fuks. Deux œuvres cultes qui ont largement contribué à la renommée du cinéaste tchèque et ancien étudiant en photographie de l’École supérieure des arts de la scène de Bratislava. Après avoir fréquenté l’académie de Prague des arts du spectacle, lieu où il suivra les cours de direction de marionnettes du réalisateur surréaliste Jan Švankmajer (qui influencera entre autres Tim Burton et Terry Gilliam), il débarque dans le monde du théâtre et du cinéma, dans un premier temps comme acteur et metteur en scène sur les planches, puis en tant qu’assistant-réalisateur au cinéma, tout en continuant d’apparaître devant la caméra. Il se lance lui-même dans la réalisation au milieu des années 1960, L’Incinérateur de cadavres, alors son troisième long-métrage, lui apportant la célébrité à l’internationale. Vers la fin des années 1970, il entreprend deux films, deux contes, qui seront tournés simultanément, La Belle et la Bête, entreprise coûteuse, et Le Neuvième coeur Deváté srdce, d’après un scénario original que Juraj Herz signera avec Josef Hanzlík, bien qu’apparemment tiré des Contes nocturnes d’E.T.A. Hoffmann. Le second est une proposition moins connue, mais aussi singulière que La Belle et la Bête, de cinéma d’horreur et fantastique. Spectacle dense et généreux, Le Neuvième coeur embarque le spectateur dans un monde imaginaire et étrange teinté de magie. Cependant, s’il n’y a rien à redire sur la technique et l’interprétation, on pourra reprocher au film son rythme en dents de scie et sa difficulté à maintenir l’attention du début à la fin, surtout à mi-parcours avec ce qu’on appelle familièrement un ventre mou. Néanmoins, il y a sûrement plus d’imagination dans ce film tchèque que dans la plupart des blockbusters annuels réunis et rien que pour cela mérite qu’on s’y attarde le temps d’une projection.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Le Neuvième coeur, réalisé par Juraj Herz »

Test Blu-ray / Un flic explosif, réalisé par Stelvio Massi

UN FLIC EXPLOSIF (Un poliziotto scomodo) réalisé par Stelvio Massi, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 8 novembre 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Maurizio Merli, Olga Karlatos, Massimo Serato, Mario Feliciani, Mimmo Palmara, Marco Gelardini, Attilio Duse, Piero Gerlini…

Scénario : Gino Capone & Teodoro Corrà, d’après une histoire originale de Danilo Massi

Photographie : Sergio Rubini

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

Enquêtant sur un trafic de diamants ayant donné lieu à plusieurs meurtres crapuleux, le commissaire Olmi découvre que les commanditaires sont des membres de l’élite corrompue. Pour ses supérieurs, il fait un peu trop de zèle, et l’enquête lui est alors retirée. Il se retrouve muté en province, dans une ville paisible. Mais, face à la pègre locale, ses méthodes musclées vont vite lui revenir.

Quand on leur parle du comédien Maurizio Merli, les amateurs de Bis italien l’identifient immédiatement grâce à sa célèbre moustache et son faux-air à Franco Nero. Si certains considéreront toujours le premier comme un ersatz du second, il serait dommage de résumer ses vingt ans de carrière à cette ressemblance. Disparu prématurément en 1989 à l’âge de 49 ans des suites d’un infarctus, le romain Maurizio Merli aura essentiellement marqué les esprits dans le poliziottesco, après s’être fait connaître dans un rôle pourtant diamétralement opposé à celui qu’il tiendra dans les polars, en tenant l’affiche de la mini-série télévisée La Jeunesse de Garibaldi réalisée par Franco Rossi et diffusée sur la Rai 1 en 1974. Dès lors, les propositions se multiplient. D’emblée, il devient la vedette de films policiers sous la direction d’Umberto Lenzi (Brigade spéciale, Opération casseurs, Le Cynique, l’Infâme et le Violent, Corléone à Brooklyn), de Marino Girolami (Rome violente, Opération jaguar) et surtout de Stelvio Massi (1929-2004), réalisateur avec lequel Maurizio Merli tournera à six reprises. De SOS jaguar, opération casse gueule Poliziotto sprint (1977) à Un flic rebelle Poliziotto solitudine e rabbia (1980), les deux collaborateurs et amis surferont sur la mode d’un genre très prisé par le public de l’autre côté des Alpes (mais pas que) et connaîtront un succès retentissant. Un flic explosif Un poliziotto scomodo (que l’on pourrait traduire par « un flic mal à l’aise ») est leur second long-métrage en commun et un formidable opus comprenant de multiples scènes de règlements de comptes au flingue, le personnage qui peut être vu comme un Harry Callahan transalpin, n’hésitant pas à sortir la grosse pétoire pour affronter les salopards et les exécuter sans sommation. Il y a volontairement deux films en un dans Un flic explosif, ce qui peut décontenancer. Si notre préférence se tourne vers la première partie, polar urbain, la seconde, polar rural, ne démérite pas et le divertissement est total grâce à l’implication de son acteur principal et de l’efficacité de la mise en scène de Stelvio Massi.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Un flic explosif, réalisé par Stelvio Massi »

Test Blu-ray / Un marteau pour les sorcières, réalisé par Otakar Vávra

UN MARTEAU POUR LES SORCIÈRES (Kladivo na carodejnice) réalisé par Otakar Vávra, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 4 octobre 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Vladimír Smeral, Elo Romancik, Josef Kemr, Sona Valentová, Blanka Waleská, Lola Skrbková, Jirina Stepnicková, Marie Nademlejnská…

Scénario : Otakar Vávra & Ester Krumbachová, d’après le roman de Václav Kaplický

Photographie : Josef Illík

Musique : Jirí Srnka

Durée : 1h42

Date de sortie initiale : 1970

LE FILM

Moravie, 1670. Pour avoir dérobé une hostie, croyant soigner sa vache ne donnant plus de lait, une vieille femme se fait accuser de sorcellerie. Le seigneur du pays fait alors venir un tribunal de l’Inquisition pour la juger. L’inquisiteur, Boblig von Edelstadt, s’appuie sur le célèbre manuel Malleus Maleficarum pour mener les interrogatoires. Mais, très vite, les tortures vont succéder aux dénonciations, et les bûchers vont s’allumer, toujours plus nombreux.

Si Un Marteau pour les sorcièresKladivo na čarodějnice était sorti en 2022, il trônerait largement sur la première place du podium des films d‘horreur. Pourtant, celui-ci est bel et bien sorti il y a plus de quarante ans et n‘a rien perdu de son efficacité. On doit ce film au tchèque Otakar Vávra (1911-2011), dont la longue, prolifique et éclectique carrière s‘étendra sur plus de soixante-dix ans, une cinquantaine de courts et longs-métrages, sans oublier le documentaire, genre dans lequel il s‘est également illustré. Il adapte ici le roman Kladivo na čarodějnice de Václav Kaplický, publié en 1963 et en tire un magnifique objet de cinéma, à la fois intense film dramatique et éprouvant opus horrifique. Ancien adhérent du Parti communiste, Otakar Vávra n‘y va pas de main-morte dans Un marteau pour les sorcières, oeuvre engagée, pour dénoncer l‘Eglise ainsi que les méthodes expéditives des régimes autoritaires, et signe un chef d‘oeuvre anxiogène, qui repose sur les véritables textes issus des procédures, repris des registres authentiques des audiences d‘inquisition lors des procès de Losiny et Sumperk de 1678 à 1695.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Un marteau pour les sorcières, réalisé par Otakar Vávra »

Test Blu-ray / La Possédée du lac, réalisé par Luigi Bazzoni & Franco Rossellini

LA POSSÉDÉE DU LAC / LA FEMME DU LAC (La Donna del lago) réalisé Luigi Bazzoni & Franco Rossellini, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 20 septembre 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Peter Baldwin, Virna Lisi, Salvo Randone, Valentina Cortese, Pia Lindström, Pier Giovanni Anchisi, Ennio Balbo, Anna Maria Gherardi, Mario Laurentino…

Scénario : Giulio Questi, Luigi Bazzoni, Franco Rossellini & Ernesto Gastaldi, d’après le roman de Giovanni Comisso

Photographie : Leonida Barboni

Musique : Renzo Rossellini

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1965

LE FILM

Écrivain en manque d’inspiration, Bernard va passer un séjour dans un hôtel de montagne du nord de l’Italie. Il espère aussi y retrouver Tilde, la femme de chambre dont il est tombé amoureux lors de son précédent séjour. Une fois sur place, il apprend que celle-ci s’est suicidée, et repose dans le cimetière près du lac. Mais les allusions des villageois et surtout la discussion avec un photographe va le porter à croire qu’elle aurait été assassinée.

Ces dernières années, quand on demande à un cinéphile adepte et/ou spécialisé dans le genre de citer quelques-uns de ses gialli préférés, un titre revient fréquemment, Journée noire pour un bélier Giornata nera per l’ariete, réalisé en 1971 par Luigi Bazzoni (1929-2012), qui en 2016 avait connu une sortie en DVD en France sous les couleurs du Chat qui fume. Un titre qui restait alors totalement inédit depuis sa sortie VHS (rebaptisé Jour maléfique), l’archétype même du giallo dont il reprenait parfaitement les codes : chantage, sexe, héros suspectés, cuir et meurtres sadiques. Avant de signer ce qui restera son opus le plus connu et célébré, le cinéaste livrait en 1965 un formidable premier long-métrage, La Femme du lac La Donna del lago, chaînon manquant entre le cinéma d’art et essai, certains diront intellectuel, de Michelangelo Antonioni et de Mauro Bolognini, dont Luigi Bazzoni a d’ailleurs été l’assistant sur les sublimes Le Bel Antonio,Ça s’est passé à Rome, Le Mauvais chemin et Quand la chair succombe, et le cinéma populaire. Pour ce coup d’essai et petit coup de maître à part entière, le metteur en scène s’entoure de collaborateurs talentueux. Leonida Barboni à la photographie (chef opérateur de Divorce à l’italienne de Pietro Germi et Une vie difficile de Dino Risi), ainsi que de la mythique Virna Lisi dans un rôle secondaire, mais dont l’aura plane sur l’intégralité du film. N’oublions pas la discrète et néanmoins virtuose partition du maestro Renzo Rossellini (Où est la liberté…?, Europe 51, La Belle et le Corsaire, La Chartreuse de Parme). Tous ces atouts contribuent à la belle réussite de La Possédée du lac, officiellement co-réalisé par Franco Rossellini (futur producteur de Django, Texas Adios, Théorème, Médée, Le Décaméron), même si cela reste à prouver, une œuvre étrange, quasi-unique, à la frontière du fantastique, qui mine de rien prend le train en marche lancé par Mario Bava depuis Six Femmes pour l’assassin Sei donne per l’assassino, sorti l’année précédente.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / La Possédée du lac, réalisé par Luigi Bazzoni & Franco Rossellini »

Test Blu-ray / La Mort marche en talons hauts, réalisé par Luciano Ercoli

LA MORT MARCHE EN TALONS HAUTS / NUITS D’AMOUR ET D’ÉPOUVANTE (La Morte cammina con i tacchi alti) réalisé Luciano Ercoli, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 20 septembre 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Frank Wolff, Nieves Navarro, Simón Andreu, Carlo Gentili, George Rigaud, José Manuel Martín, Fabrizio Moresco, Luciano Rossi, Claudie Lange…

Scénario : Ernesto Gastaldi

Photographie : Fernando Arribas

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Après avoir dérobé des diamants, un homme se fait assassiner dans le train. N’ayant pas trouvé ce qu’il cherchait, le meurtrier va s’en prendre à sa fille, Nicole, strip-teaseuse à Paris. Il s’introduit chez elle et la menace, ne laissant voir que ses yeux d’un bleu étrange. Terrorisée, la jeune femme se réfugie chez son amant, Michel. Mais elle découvre chez celui-ci des lentilles de contact bleues.

Ceux qui nous suivent en savent déjà bien long sur le producteur et réalisateur Luciano Ercoli (1929-2015), sur lequel nous nous sommes penchés à deux reprises, à l’occasion de la sortie en Blu-ray en avril 2022 de La Mort caresse à minuit La Morte accarezza a mezzanotte (1972) chez Artus Films et de Photos interdites d’une bourgeoise Le foto proibite di una signora per bene (1970) chez Le Chat qui fume. Vous savez ce qui vous reste à faire pour en apprendre plus sur la carrière du cinéaste. Nous passerons donc directement au film qui nous intéresse aujourd’hui, La Mort marche en talons hauts, connu en France sous le titre Nuis d’amour et d’épouvante, ou tout simplement La Morte cammina con i tacchi alti en version originale. Deuxième long-métrage et deuxième giallo mis en scène par Luciano Ercoli, cet opus est sans aucun doute le meilleur de ses trois thrillers angoissants. S’il en reprendra certains motifs dans La Mort caresse à minuit, La Mort marche en talons hauts le surpasse avec une intrigue plus solide, cette fois encore signée Ernesto Gastaldi (Le Cynique, l’infâme, le violent, Les Rendez-vous de Satan, Je suis vivant !), pleine de mystères, de faux-semblants et de rebondissements, qui s’inscrit dans un cadre dépaysant (à Paris et en Angleterre) et qui repose en grande partie sur les belles épaules de la sublime Susan Scott (ou Nieves Navarro pour les intimes), filmée sous tous les angles par celui qui partageait alors sa vie. Un beau coup de maître que ce second giallo de Luciano Ercoli.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / La Mort marche en talons hauts, réalisé par Luciano Ercoli »

Test Blu-ray / Un citoyen se rebelle, réalisé par Enzo G. Castellari

UN CITOYEN SE REBELLE (Il Citadino si ribella) réalisé par Enzo G. Castellari, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 20 septembre 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Franco Nero, Giancarlo Prete, Barbara Bach, Renzo Palmer, Nazzareno Zamperla, Massimo Vanni, Romano Puppo, Renata Zamengo…

Scénario : Dino Maiuri & Massimo De Rita

Photographie : Carlo Carlini

Musique : Guido & Maurizio De Angelis

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Carlo Antonelli est un citoyen ordinaire, jusqu’au jour où il est brutalement agressé lors braquage. Quand la police laisse tomber l’affaire et les suspects restent libres, la patience de Carlo est poussée au-delà de son point de rupture et il va entreprendre une guerre sans merci contre les criminels dont la seule loi est celle de la rue.

Dans les années 1970, l’Italie fait face aux exigences politiques des Brigades rouges et connaît ce qui deviendra plus tard les tristement célèbres Anni di piombo, en français les « années de plomb ». En tant que vecteur de débats sociétaux (et parce qu’il est aussi opportuniste), le septième art va vite s’emparer de cette violence omniprésente et la refléter dans une multitude d’opus du cinéma de genre, notamment des thrillers urbains, forcément influencés par L’Inspecteur Harry de Don Siegel et French Connection de William Friedkin, qui sortent tous les deux en 1971. Les films policiers d’Enzo G. Castellari (tout comme ceux d’Umberto Lenzi, de Fernando Di Leo, d’Alberto De Martino, de Sergio Martino et tellement d’autres), de son vrai nom Enzo Girolami (né en 1938), vont ainsi dresser le portrait d’un pays au bord de l’asphyxie, où les habitants n’ont plus aucune foi ni confiance envers leurs élus et l’autorité, sans rien édulcorer, avec une brutalité difficile à concevoir presque cinquante ans après. La vengeance et la justice sont au coeur d’Un citoyen se rebelleIl Cittadino si ribella, deuxième collaboration d’Enzo G. Castellari avec celui qui sera son comédien fétiche, Franco Nero, un an après Le Témoin à abattre La Polizia incrimina la legge assolve, et qui s’associeront encore à quatre reprises à ce jour, les deux hommes (qui ont chacun passé la barre des 80 ans) ayant fait part de leur désir commun de se retrouver pour une suite de Keoma (1976). Sur un sujet grave, le réalisateur signe un formidable spectacle, un divertissement haut de gamme, un vigilante ultra-efficace qui rappelle évidemment Un justicier dans la ville Death Wish de Michael Winner, qui ne sortira pourtant que trois mois après Un citoyen se rebelle de l’autre côté des Alpes. Énorme succès dans les salles, Il Cittadino si ribella se démarque par le charisme magnétique de Franco Nero, la solide présence de Giancarlo Prete, le charme de Barbara Bach, un montage déchaîné et une mise en scène très nerveuse qui n’omet jamais l’émotion, des atouts grâce auxquels Un citoyen se rebelle a conservé une indéniable fraîcheur et une étonnante modernité.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Un citoyen se rebelle, réalisé par Enzo G. Castellari »

Test Blu-ray / Le Secret de l’Épervier Noir, réalisé par Domenico Paolella

LE SECRET DE L’ÉPERVIER NOIR (Il Segreto dello sparviero nero) réalisé par Domenico Paolella, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 5 juillet 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Lex Barker, Livio Lorenzon, Nadia Marlowa, Germano Longo, Walter Barnes, Pina Cornel, Loris Gizzi, Dina De Santis…

Scénario : Domenico Paolella & Sergio Solima

Photographie : Carlo Bellero

Musique : Gino Filippini

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

Au début du XVIIIème siècle, le corsaire Carlos de Herrera est missionné par le royaume d’Espagne afin de récupérer des documents commerciaux tombés entre les mains du pirate Calico Jack. Il va être en concurrence avec le sergent Rodriguez, alias l’Épervier noir, qui, lui aussi, veut s’emparer des documents.

Non, il ne s’agit pas d’un super-héros, d’ailleurs l’Épervier noir du titre n’apparaît que sporadiquement et n’est même pas le personnage principal du film qui nous intéresse aujourd’hui. À la barre d’Il segreto dello sparviero nero ? Domenico Paolella (1915-2002), que certains pourraient connaître pour Les Pirates de la côte I Pirati della costa (1960) avec Lex Barker, plusieurs opus centrés sur Maciste (Maciste à la cour du Cheik, Maciste contre les Mongols, Maciste dans l’enfer de Gengis Khan), d’autres péplums à la mode (Hercule contre les tyrans de Babylone, Goliath à la conquête de Bagdad, Hercule défie Spartacus), un Eurospy (003 agent secret), un western (Django prépare ton exécution), bref un réalisateur qui a su suivre les goûts des spectateurs et profiter de l’engouement pour les divertissements au budget modeste et au rendement élevé. Et il s’en tire pas mal du tout derrière la caméra pour ce Secret de l’Épervier Noir, film d’aventures ou de piraterie, généreux en batailles, de retournements de situation, de quiproquos, de mystères, de bagarres sur la plage sur fond de soleil couchant, de scènes étonnamment brutales, qui s’avère en réalité un film d’espionnage en costumes. Aucun ennui durant ces 95 minutes, qui filent comme un éclair grâce à un montage nerveux, parfois même surprenant car sec et marqué par des fondus en noir et de légères ellipses de temps. Un bon cru.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Le Secret de l’Épervier Noir, réalisé par Domenico Paolella »

Test DVD / La Belle et le Corsaire, réalisé par Giuseppe Maria Scotese

LA BELLE ET LE CORSAIRE (Il Corsaro della mezzaluna) réalisé par Giuseppe Maria Scotese, disponible en DVD le 5 juillet 2022 chez Artus Films.

Acteurs : John Derek, Gianna Maria Canale, Ingeborg Schöner, Alberto Farnese, Raf Mattioli, Camillo Pilotto, Gianni Rizzo, Paul Muller…

Scénario : Mario Amendola, Riccardo Pazzaglia & Giuseppe Maria Scotese

Photographie : Adalberto Albertini

Musique : Renzo Rossellini

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Les pirates barbaresques écument la Méditerranée, pillant et ravageant les côtes, menés par Nadir El Krim. Dans son château, le baron Camerlata accueille Catherine d’Autriche, la sœur de l’empereur Charles Quint. Les pirates vont assiéger le château afin d’enlever la dame et demander rançon. Mais ils séquestrent par erreur la nièce du baron, la belle Angela. Il va falloir tenir avant l’arrivée des troupes impériales.

1957 est l’année où nos amis transalpins démarrent leurs copies carbones des films de pirates anglo-saxons. Nous en avions parlé lors de la sortie en DVD du Tigre des mers de Luigi Capuano, disponible chez Artus Films, mis à part les cow-boys, les vampires, les voyous et les flics, les flibustiers ont eux aussi prospéré durant l’âge d’or des films d’exploitation italiens. La Belle et le CorsaireIl Corsaro della mezzaluna est donc l’un des premiers ersatz à voir le jour en Italie, mais sans doute pas l’un des meilleurs représentants de ce sous-genre. En effet, le film de Giuseppe Maria Scotese ne vole pas bien haut et s’avère trop sage, lisse, sans aspérité, à peine divertissant, marqué par des décors très pauvres, des costumes peu reluisants et un rythme aux oubliettes. Reste le casting, qui fait le job sans se forcer, mais grâce auquel on parvient néanmoins à aller jusqu’au bout de cette entreprise laborieuse, notamment la merveilleuse et sublime Gianna Maria Canale, qui illuminait alors moult opus du Bis italien comme La Muraille de feu La Gerusalemme liberata de Carlo Ludovico Bragaglia, Le Tigre des mers La Tigre dei sette mari et Le Lion de Saint Marc Il leone di San Marco de Luigi Capuano. Complètement anecdotique, très bavard et réservé uniquement aux complétistes purs et durs.

Continuer la lecture de « Test DVD / La Belle et le Corsaire, réalisé par Giuseppe Maria Scotese »