Test Blu-ray / Raisons d’état, réalisé par Robert De Niro

RAISONS D’ÉTAT (The Good Shepherd) réalisé par Robert De Niro, disponible en DVD & Blu-ray le 23 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Matt Damon, Angelina Jolie, Alec Baldwin, Tammy Blanchard, Billy Crudup, Robert De Niro, Michael Gambon, William Hurt, Timothy Hutton…

Scénario : Eric Roth

Photographie : Robert Richardson

Musique : Bruce Fowler & Marcelo Zarvos

Durée : 2h47

Année de sortie : 2006

LE FILM

Pour Edward Wilson, seul témoin du suicide de son père et membre de la Skull and Bones Society à l’Université de Yale, l’honneur et la discrétion sont des valeurs primordiales. Ce sont ces qualités qui poussent la CIA, l’agence gouvernementale qui vient d’être créée, à le recruter. Influencé par l’ambiance paranoïaque que provoque la Guerre Froide dans toute l’agence, Wilson se montre de plus en plus suspicieux. Son pouvoir grandit, mais il a de moins en moins confiance en ceux qui l’entourent… Son obsession du travail va lui coûter cher, l’isolant chaque jour un peu plus de ses proches et de celui qu’il était…

Il aura attendu le début des années 1990 pour passer derrière la caméra. Mais après avoir tourné pour Brian De Palma, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Bernardo Bertolucci, Elia Kazan, Michael Cimino, Sergio Leone, Terry Gilliam, Alan Parker et Martin Ritt, Robert De Niro ne partait sûrement pas sans une certaine expérience et sans bagage technique. Cependant, son Il était une fois le Bronx A Bronx Tale, sorti en 1993, demeure confidentiel. Le comédien reprend le chemin des studios et le début des années 2000 n’est pas ce qu’on pourrait qualifier de marquant dans son illustre filmographie. Euphémisme. Devenu « l’acteur » des Aventures de Rocky et Bullwinkle et de Showtime, tout en confortant son statut de star grâce aux cartons de Mon beau-père et moi Meet the Parents (2000) et de sa suite Mon beau-père, mes parents et moiMeet the Fockers (2004), Robert De Niro pense enfin pouvoir revenir à la mise en scène, avec un projet de longue date (une bonne dizaine d’années) et qui lui tient particulièrement à coeur. Décembre 2006, sort sur les écrans Raisons d’état ou The Good Shepherd (« le bon berger ») en version originale. Porté par un casting exceptionnel, sans doute l’un des plus beaux et impressionnants depuis vingt ans (même Joe Pesci y faisait son comeback après huit ans d’absence), ce film d’espionnage feutré se situe à la lisière des romans de James Ellroy et de John le Carré, ne fait pas d’esbroufe inutile et rejette tout effet spectaculaire, pour se concentrer uniquement sur la psychologie de ses personnages, notamment la déshumanisation lente et progressive de son protagoniste principal, merveilleusement incarné par Matt Damon. Si l’on pouvait penser que ce dernier paraissait trop jeune pour le rôle d’Edward Wilson (l’acteur avait beau avoir 36 ans, il en paraissait presque dix de moins), celui-ci crève l’écran et signe une de ses plus remarquables performances. Une belle année pour lui, puisque Raisons d’état sort quelques semaines après le gros carton des Infiltrés The Departed de Martin Scorsese et quelques mois avant celui de La Vengeance dans la peauThe Bourne Ultimatum de Paul Greengrass. Récit kafkaïen, mais on ne peut plus passionnant, labyrinthique, sans pour autant perdre les spectateurs dans ses dédales, Raisons d’état est un cadeau pour les cinéphiles, imprégné de prestigieuses références à de multiples classiques chéris par Robert De Niro ou interprétés par ce dernier, que l’on peut, que l’on doit même, voir et revoir encore et toujours, avec le même bonheur.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Raisons d’état, réalisé par Robert De Niro »

Test 4K UHD / L’Effaceur, réalisé par Chuck Russell

L’EFFACEUR (Eraser) réalisé par Chuck Russell, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray – Boîtier SteelBook limité le 29 juillet 2026 chez Warner Bros.

Acteurs : Arnold Schwarzenegger, James Caan, Vanessa L. Williams, James Coburn, Robert Pastorelli, James Cromwell, Danny Nucci, Andy Romano…

Scénario : Tony Puryear & Walon Green

Photographie : Adam Greenberg

Musique : Alan Silvestri

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1996

LE FILM

Lee Cullen, cadre de la Cyrez, importante société d’armement américaine, découvre par hasard que ses patrons sont impliqués dans un trafic d’armes et s’apprêtent à livrer des armes très sophistiquées à des trafiquants russes. Elle prévient aussitôt le FBI et réussit à recopier sur deux disquettes les preuves de ce trafic. Surprise, elle prend la fuite sous la protection du FBI. John Kruger, surnommé l’Effaceur, qui assure la sécurité d’informateurs impliqués dans les grandes affaires criminelles, va la prendre sous sa protection.

En 1994, Arnold Schwarzenegger sort du carton mondial de True Lies (près de 400 millions de dollars de recette). La cinquantaine se rapprochant à grands pas, le Chêne autrichien tente un petit détour par la comédie. Ce sera Junior d’Ivan Reitman, qui ne rencontre pas le même accueil que Jumeaux, malgré le duo reformé avec Danny DeVito et qui s’avère même un sacré flop aux États-Unis avec seulement 36 millions de dollars au box-office. Les fans hurlent au scandale, Arnold les rassure en disant qu’il fera bientôt son retour dans un film d’action. Le réalisateur Chuck Russell (1952-2026) vient lui de connaître un triomphe inattendu avec The Mask, faisant de Jim Carrey une star planétaire. Scénariste de Dreamscape (1984) de Joseph Ruben, metteur en scène en 1987 de Freddy 3 : Les Griffes du cauchemar A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors (le meilleur de la saga au passage) et de l’excellent remake Le Blob (1988), la Warner lui confie la direction du thriller d’action intitulé L’Effaceur Eraser, véritable véhicule de star pour Schwarzy. Doté d’un budget de 100 millions de dollars et d’un script écrit par Walon Green, le scénariste de La Horde sauvageThe Wild Bunch (1969) de Sam Peckinpah, du Convoi de la peurSorcerer (1977) de William Friedkin, du méconnu Police frontièreThe Border (1982) de Tony Richardson et même de RoboCop 2 (1990) d’Irvin Kershner, L’Effaceur, auquel John Milius aurait filé un coup de main au script, est désormais considéré comme un film culte. Trente ans après sa sortie, certains le considèrent même comme étant l’un des meilleurs films de la carrière d’Arnold Schwarzenegger. Une chose est sûre, le spectacle est encore plus que garanti et l’on prend un immense plaisir à le revoir. Vous venez d’être effacé.

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / L’Effaceur, réalisé par Chuck Russell »

Test Blu-ray / Mutations – Slugs, réalisé par Juan Piquer Simón

MUTATIONS (Slugs) réalisé par Juan Piquer Simón, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 11 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michael Garfield, Kim Terry, Philip MacHale, Alicia Moro, Santiago Álvarez, Concha Cuetos, John Battaglia, Emilio Linder…

Scénario : José Antonio Escrivá & Juan Piquer Simón, d’après le roman de Shaun Hutson

Photographie : Julio Bragado

Musique : Tim Souster

Durée : 1h26

Année de sortie : 1988

LE FILM

Dans une petite ville des États-Unis apparaissent soudain des limaces géantes et carnivores qui attaquent mortellement les humains. Mike Brady, responsable des services sanitaires de la ville devra lutter contre le scepticisme des autorités locales afin d’éradiquer le fléau.

Au cours de nos pérégrinations cinéphiles/ages, nous avons déjà parlé du señor Juan Piquer Simón (1935-2011), réalisateur des forts sympathiques Supersonic Man (1979), réponse ibérique au Superman de Richard Donner, spectacle décontracté, très drôle et mené sans temps mort, et L’Abîme The Rift (1990), série B qui vaut essentiellement pour son bestiaire sympathique et ses effets spéciaux qui ne manquent pas de charme. En 1988, après deux ou trois années d’absence, durant lesquelles il essayait de monter quelques projets qui n’ont finalement pas pu aboutir, le pape du cinéma d’exploitation en son pays à qui l’on doit aussi Le Continent fantastique (1976), Les Diables de la mer (1981) et Le Sadique à la tronçonneuse (1982), revenait avec l’adaptation d’un roman de Shawn Hutson, Slugs, publié en France sous le titre La Mort visqueuse. Oeuvre de commande, cette transposition du best-seller vendu à plus de 250.000 exemplaires outre-Manche, permet au cinéaste de se remettre en selle, en tournant des scènes aux États-Unis, du côté de New York, pour les extérieurs, tandis que les intérieurs et les effets spéciaux sont filmés à Madrid. Slugs ou Mutations pour son exploitation directe dans les bacs français du style Locatel, est une fois de plus un divertissement aussi bien mené que jubilatoire signé par l’un des grands experts du genre européen. Soyons honnêtes, on rit beaucoup devant Slugs, face au surjeu ou même le non-jeu de certains comédiens, tous inconnus au bataillon, mais qui s’évertuent à faire le job, devant la répétition de certains partis-pris qui relient deux événements (on ne compte plus le nombre de fois où la caméra suit longtemps une voiture qui arrive ou qui repart), face à certains effets gores aussi, même si ceux-ci sont plutôt bien réussis. D’ailleurs, Juan Piquer Simón est comme à son habitude fort généreux en hémoglobine et cette histoire de limaces avides de chair humaine lui donne l’occasion d’y aller encore à fond dans l’horreur, avec des individus qui se font dévorer, quand ce n’est pas littéralement une tête qui explose sous la pression de vers qui ont bouffé un type de l’intérieur. Bref, on en a pour son argent devant Slugs, mené sans aucun temps mort, qui offre au spectateur ce qu’il est venu chercher, ni plus (aucune surprise à l’horizon) ni moins (le sang coule à flot).

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Mutations – Slugs, réalisé par Juan Piquer Simón »

Test 4K UHD / La Proie de l’autostop, réalisé par Pasquale Festa Campanile

LA PROIE DE L’AUTOSTOP (Autostop rosso sangue) réalisé par Pasquale Festa Campanile, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Franco Nero, Corinne Cléry, David Hess, Joshua Sinclair, Carlo Puri, Ignazio Spalla, Mónica Zanchi, Leonardo Scavino…

Scénario : Ottavio Jemma, Aldo Crudo & Pasquale Festa Campanile, d’après le roman « The Violence and the Fury » de Peter Kane

Photographie : Franco Di Giacomo & Giuseppe Ruzzolini

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Eve et Walter partent sur les routes de Californie en espérant redorer leur couple au bord de l’effondrement. Après avoir passé une nuit dans un camp de hippies, ils prennent en stop Adam. Ce dernier les retient vite en otage et une relation tendue s’engage entre eux. Usant de sa force et de sa cruauté, il va s’amuser avec eux jusqu’à la limite du sadisme. Sans compter que ses deux complices sont sur le point de les rejoindre.

En 1972, le réalisateur Wes Craven signe son premier long-métrage, La Dernière maison sur la gauche – The Last House on the Left. Film d’horreur d’une extrême violence, cette histoire d’assassins qui séquestrent et torturent à mort deux jeunes filles fait polémique à travers le monde, ce qui ne l’empêche pas d’être un très grand succès. Avide de reprendre une recette qui fonctionne, le cinéma italien s’engouffre dans la brèche et participe alors à ce sous-genre controversé du cinéma d’exploitation baptisé Rape & Revenge, autrement dit le viol et la vengeance. La Proie de l’autostopAutostop rosso sangue en Italie et Hitch-Hike pour le marché anglo-saxon, est un des rares films de genre réalisés par Pasquale Festa Campanile (1927-1986), cinéaste habituellement connu pour ses comédies grivoises centrées sur le couple comme L’Amour à chevalLa Matriarca (1968) et Ma femme est un violon Il Merlo maschio (1971) avec les sublimes Catherine Spaak et Laura Antonelli. Mais avant de devenir lui-même réalisateur, Pasquale Festa Campanile avait signé les scénarios de Rocco et ses frères (1961) et Le Guépard (1963) de Luchino Visconti, L’Assassin d’Elio Petri (1961) et La Viaccia de Mauro Bolognini (1961), des films évidemment plus graves. Il n’est donc pas si étonnant de le retrouver derrière la caméra du « Rape & Revenge » La Proie de l’autostop (1977), avec l’immense Franco Nero (formidablement exécrable), la superbe Corinne Cléry (révélation d’Histoire d’O de Just Jaeckin) et future James Bond Girl dans Moonraker et l’inquiétant David Hess (le mythique Krug Stillo de La Dernière maison sur la gauche).

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / La Proie de l’autostop, réalisé par Pasquale Festa Campanile »

Test Blu-ray / L’Amant de 5 jours, réalisé par Philippe de Broca

L’AMANT DE 5 JOURS réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Jean Seberg, Micheline Presle, Jean-Pierre Cassel, François Périer, Carlo Croccolo, Albert Michel, Claude Mansard, Albert Mouton…

Scénario : Philippe de Broca & Daniel Boulanger, d’après le roman de Françoise Parturier

Photographie : Jean Penzer

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h26

Année de sortie : 1961

LE FILM

Madeleine, directrice d’une maison de haute couture, et Claire, mariée, deux enfants, sont très bonnes amies. Antoine, amant de Madeleine et homme entretenu, vient à rencontrer Claire. Claire et Antoine entament une relation clandestine bientôt découverte par Madeleine. Cette dernière décide d’organiser une petite vengeance en conviant Claire et son mari ainsi qu’Antoine à une petite soirée. Claire et Antoine vont tous les deux se voir d’un œil différent.

On ne change pas une équipe qui gagne, ou tout du moins qui fonctionne. Après Les Jeux de l’amour (681.000 entrées) et Le Farceur (442.000 spectateurs), sortis à sept mois d’intervalle, en juin 1960 pour le premier et en janvier 1961 pour le second, Philippe de Broca et Jean-Pierre Cassel s’unissent encore pour L’Amant de 5 jours, qui quant à lui déboule sur les écrans le 24 février 1961. Autant dire que les deux hommes n’ont pas chômé et que ce rythme effréné de tournage s’avère déjà représentatif du réalisateur. C’est un nouveau demi-succès puisque 650.000 français viendront découvrir cette nouvelle comédie dans les salles. Ce n’est pas un secret, il y a un autoportrait de Philippe de Broca dressé dans cette fausse « trilogie », chaque opus dévoilant quelques aspects de leur auteur, qui attendait sûrement un meilleur accueil de la part du public. Quand bien même le cinéaste et son coscénariste Daniel Boulanger adaptent le roman éponyme de Françoise Parturier (publié en 1959), il y a bel et bien de nombreux éléments personnels dans L’Amant de 5 jours. Si Jean-Pierre Cassel, sublime comme à son habitude, demeure le premier alter ego de Philippe de Broca à l’écran (la ressemblance physique est par ailleurs troublante, comme Truffaut avec Léaud), on peut imaginer que le second s’est également « projeté » dans le personnage merveilleusement incarné par François Périer, qui campe comme qui dirait une version mature de lui-même. Rebondissant toujours afin d’éviter de rester sur place, ce qu’il détestait et ce que l’on remarque souvent sur de nombreuses photos de tournage, Philippe de Broca a systématiquement vécu ses films comme des moyens d’évasion ou des machines à fantasmes. L’Amant de 5 jours fait la part belle aux femmes, qui même si elles tournent autour du même homme, restent les plus fortes, les plus courageuses, tandis que la gent masculine se perd dans la peur de l’engagement, de la solitude aussi. Sur des dialogues magnifiques signés Daniel Boulanger (quel plaisir, quelle poésie d’écouter ça…), un rythme incroyable et bercé par la composition de Georges Delerue qui vous transperce le coeur, L’Amant de 5 jours est un bijou méconnu, pourtant conspué par le réalisateur (sans doute parce qu’il se dévoilait trop à son goût), à voir et à revoir sans modération.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / L’Amant de 5 jours, réalisé par Philippe de Broca »

Test Blu-ray / Cadavres à la pelle, réalisé par John Landis

CADAVRES À LA PELLE (Burke and Hare) réalisé par John Landis, disponible en DVD & Blu-ray le 16 juin 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Simon Pegg, Andy Serkis, Isla Fisher, Tom Wilkinson, Michael Smiley, Stuart McQuarrie, Jessica Hynes, Christopher Lee, Gabrielle Downey…

Scénario : Piers Ashworth & Nick Moorcroft

Photographie : John Mathieson

Musique : Joby Talbot

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 2010

LE FILM

Au XIXe siècle, William Burke et William Hare sont deux amis qui tentent de survivre de leurs arnaques à Édimbourg. Par hasard, ils s’aperçoivent qu’un cadavre frais peut rapporter beaucoup d’argent : Édimbourg est à cette époque le haut lieu de la médecine européenne. Les chirurgiens cherchent désespérément des cadavres humains pour pratiquer leurs dissections pour faire avancer leur science. Appâtés par cette forte demande, Burke et Hare vont alors provoquer des « accidents » pour obtenir de plus en plus de cadavres frais.

Si l’on regarde attentivement la filmographie de John Landis, Le Flic de Beverly Hills 3 Beverly Hills Cop 3 est son dernier succès au box-office, même si celui-ci est tout de même considéré comme un échec avec « seulement » 120 millions de dollars de recettes, là où les deux précédents avaient franchi la barre des 300 millions. « Après, c’est le drame » comme on dit. Les Stupides The Stupids sort en 1996 et passe totalement inaperçu, Blues Brothers 2000 rentabilise à peine son budget de 32 millions de dollars et Susan a un plan vide carrément les salles en 1999. John Landis se tourne alors vers la télévision, emballe quelques épisodes pour les séries Les Maîtres de l’horreur Masters of Horror et Psych : Enquêteur malgré lui, tout en faisant quelques apparitions devant la caméra de ses confrères et amis (Sam Raimi, Costa-Gavras, Santiago Segura). Il faudra attendre 2010 pour que le réalisateur revienne au cinéma. Ce sera avec Cadavres à la pelle Burke and Hare, inspiré par l’histoire vraie de William Burke et William Hare, deux irlandais qui s’étaient mis en tête de gagner leur vie en vendant des cadavres (plus d’une quinzaine) à un docteur de renom Robert Knox, médecin légiste, qui étudiait l’anatomie humaine et réalisait des dissections devant ses élèves de l’Edinburgh Medical College. Un marché lucratif qui a duré une année, avant que la justice s’en mêle et découvre que les personnes disparues avaient été assassinées par les deux individus. Précédé d’une réputation désastreuse, Cadavres à la pelle est pourtant une récréation hautement jouissive, interprétée par des acteurs géniaux et animée par un humour macabre qui fait du bien. Le tout transpire également d’un amour incommensurable pour le cinéma, du muet aux classiques de l’horreur et du gothique. Assurément à (re)découvrir.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Cadavres à la pelle, réalisé par John Landis »

Test du Blu-ray / Troubles, réalisé par Wolfgang Petersen

TROUBLES (Shattered) réalisé par Wolfgang Petersen, disponible en DVD & Blu-ray le 16 juin 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Tom Berenger, Bob Hoskins, Greta Scacchi, Joanne Whalley, Corbin Bernsen, Debi A. Monahan, Bert Rosario, Jedda Jones…

Scénario : Wolfgang Petersen, d’après le roman de Richard Neely, The Plastic Nightmare

Photographie : László Kovács

Musique : Alan Silvestri

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1991

LE FILM

Dan Merrick est victime d’un grave accident de voiture lors d’une sortie de route dans une région montagneuse près de San Francisco. Rescapé, l’impact provoque des lésions cérébrales, ce qui entraîne l’amnésie totale de Dan. Après avoir subi une intervention chirurgicale pour réparer son visage défiguré par l’accident, Merrick tente progressivement de se réinsérer dans sa vie sociale, en reprenant le poste qu’il occupait et en étant aidé par son épouse Judith qui est très avenante pour lui faire retrouver un maximum de souvenirs. De sombres flashbacks lui surviennent spontanément et le dirigent vers un secret que presque tous ses proches tentent de lui cacher. De nombreux faits troublants l’incitent à mener l’enquête sur sa vie précédant l’accident.

Quand on évoque le réalisateur allemand Wolfgang Petersen (1941-2002), beaucoup de cinéphiles pensent immédiatement à sa carrière américaine, marquée par de nombreux hits au box-office, Dans la ligne de mire In the Line of Fire (1993), Alerte ! Outbreak (1995), Air Force One (1997), En pleine tempête The Perfect Storm (2000) et Troie Troy (2004, son plus grand succès dans le monde avec près d’un demi-milliard de dollars de recettes). Mais bien avant ces cartons successifs, Wolfgang Petersen s’était déjà fait un nom. La première consécration viendra dès son quatrième long-métrage, Le Bateau Das Boot (1981), qui amasse près de cent millions de dollars (convertissez en deutsche marks). Il obtient de ce fait les commandes du mythique L’Histoire sans fin Die unendliche Geschichte (1984), ou The NeverEnding Story, titre de la chanson composée par Giorgio Moroder et chantée par Limahl, grosse production de près de 30 millions de dollars, soit le film le plus cher jamais encore produit en Allemagne. Là encore, carton mondial, y compris outre-Atlantique, où Hollywood commence à se dire que le réalisateur, à l’instar d’un Paul Verhoeven, en a sérieusement sous le capot. 1985, en raison de mécontentements de la production, Wolfgang Petersen remplace au pied levé son confrère Richard Loncraine pour le tournage d’Enemy Enemy Mine, film de science-fiction porté par Dennis Quaid, alors que Terry Gilliam et David Lynch avaient été envisagés. Cela permet au cinéaste d’avoir un vrai premier pied dans la Mecque du cinéma. C’est là qu’apparaît Troubles Shattered, d’après le roman Cauchemar sous plastique de Richard Neely, projet personnel qu’il écrit seul qu’il parvient à mener du début à la fin et à faire distribuer par la MGM. Brillant exercice de style, dans lequel Wolfgang Petersen déclare tout son amour au cinéma d’Alfred Hitchcock, Troubles s’inscrit dans la veine des polars du style Sang chaud pour meurtre de sang-froid, À double tranchant, Malice, Présumé Innocent…Ou quand le thriller psychologique commençait à flirter avec l’érotisme, mais n’y plongeait pas encore tout à fait. Cela viendra pourtant peu de temps après avec Basic Instinct, Harcèlement, The Last Seduction…En dépit de son twist final qui se devine à mi-parcours, Troubles, qui rappelle aussi étrangement l’excellent Diaboliquement vôtre (1967) de Julien Duvivier, demeure un parfait représentant du genre, rempli de fausses pistes et de manipulations, magistralement mis en scène et interprété par le trio vedette Tom Berenger, Greta Scacchi et Bob Hopskins.

Continuer la lecture de « Test du Blu-ray / Troubles, réalisé par Wolfgang Petersen »

Test 4K UHD / Crocodile Dundee 2, réalisé par John Cornell

CROCODILE DUNDEE 2 réalisé par John Cornell, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Paul Hogan, Linda Kozlowski, John Meillon, Hechter Ubarry, Juan Hernandez, Charles Dutton, Kenneth Welsh, Luis Guzmán…

Scénario : Paul Hogan & Brett Hogan

Photographie : Russell Boyd

Musique : Peter Best

Durée : 1h52

Date de sortie initiale : 1988

LE FILM

Après avoir quitté la brousse pour sa belle, Mike « Crocodile Dundee » s’adapte difficilement à la jungle new-yorkaise. Sa compagne, Sue Charlton, une journaliste, enquête sur un vaste réseau de trafiquants colombiens. Malheureusement en possession de photos compromettantes, cette dernière est kidnappée. Mais, tel un chasseur, Crocodile Dundee se met à la poursuite de ses ravisseurs.

On prend les mêmes…mais on ne recommence pas vraiment, du moins pas de la même façon. En effet, Crocodile Dundee 2 (ou II, c’est selon vos envies), sort deux ans après le triomphe international du premier (328 millions de recettes, pour une mise de départ de 8 millions et quasiment six millions d’entrées en France) et présente aux spectateurs quelque chose de différent. Certes, nous retrouvons bel et bien Mike Dundee et Sue Charlton, mais cette fois, le couple est plongé dans une histoire plus « sérieuse », puisqu’ils font face à un cartel colombien très violent, dont le chef des trafiquants, le mafieux Rico (c’était soit ça ou « Sanchez » probablement), incarné par Hechter Ubarry (un clone de Frédéric François), est décidé à leur faire la peau s’il ne récupère pas un document sensible. De l’aveu de Paul Hogan lui-même, Crocodile Dundee 2 ne s’imposait pas sur le papier, mais devant l’engouement du public, qui le pressait pour renouer avec l’aventurier australien sur le grand écran, le film a été pensé et mis en route pour offrir au public une continuité, sans tomber dans le piège facile de la « suite-plagiat du premier ». Ainsi donc, il y a des assassinats dans ce second épisode, imputables aux méchants, tandis que Mike parvient constamment à les neutraliser grâce à sa ruse. Ce deuxième volet propose l’inverse du précédent, puisque toute la première partie se déroule à New York, territoire où Dundee commence à s’ennuyer ferme, avant de délocaliser le couple sur le sol natal du personnage principal, où chez lui, il pourra ainsi avoir l’avantage sur leurs ennemis. C’est pour cela que, une fois n’est pas coutume, beaucoup aiment autant cet opus, si ce n’est davantage que le premier. Si l’on peut ne pas être d’accord, une chose est sûre, Crocodile Dundee 2 est sans doute une des meilleures suites jamais réalisées et demeure un formidable divertissement.

Continuer la lecture de « Test 4K UHD / Crocodile Dundee 2, réalisé par John Cornell »

Test Blu-ray / On a volé la cuisse de Jupiter, réalisé par Philippe de Broca

ON A VOLÉ LA CUISSE DE JUPITER réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Annie Girardot, Philippe Noiret, Francis Perrin, Catherine Alric, Marc Dudicourt, Paulette Dubost, Roger Carel, Anna Gaylor…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Giorgos Hatzinasios

Durée : 1h41

Année de sortie : 1980

LE FILM

Antoine Lemercier et Lise Tanquerelle passent leur voyage de noces en Grèce. Ils y font la rencontre de Charles-Hubert Pochet, un jeune archéologue qui fait bientôt une grande découverte, mais la pièce est dérobée. Lorsque le voleur est retrouvé mort, c’est Charles-Hubert Pochet qui est accusé de meurtre avec la complicité d’Antoine Lemercier.

Devant le succès de Tendre poulet en 1978 (1,8 million d’entrées) et surtout face au semi-échec du Cavaleur (un million de spectateurs) en 1979, Philippe de Broca décide de donner une suite aux tribulations de Tanquerelle et Lemercier. Annie Girardot et Philippe Noiret sont donc de retour pour On a volé la cuisse de Jupiter, qui débute par le mariage de la commissaire de police et du professeur de grec. Cette excellente séquelle propose un angle différent. Là où Tendre poulet combinait parfaitement la comédie et la trame policière, de Broca envoie son couple principal en voyage de noces en Grèce. Si nous retrouvons bien quelques éléments policiers, le ton est ici placé sous le signe de la comédie pure et surtout de l’aventure, genre de prédilection de Philippe de Broca. Aux côtés de Girardot/Noiret, toujours aussi formidables, Catherine Alric (encore plus exquise que dans le premier), interprète un personnage différent que dans Tendre poulet grâce à une petite pirouette (« Il y avait une fille comme elle, elle lui ressemblait, même genre, même style, copie conforme ! » dit Tanquerelle), ainsi que Francis Perrin, tout aussi irrésistible qu’irritant dans la peau de Charles-Hubert Pochet qui passe tout le film à se plaindre, la jambe dans le plâtre.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / On a volé la cuisse de Jupiter, réalisé par Philippe de Broca »

Test Blu-ray / Tendre poulet, réalisé par Philippe de Broca

TENDRE POULET réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Annie Girardot, Philippe Noiret, Catherine Alric, Hubert Deschamps, Paulette Dubost, Roger Dumas, Raymond Gérôme, Guy Marchand…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard, d’après le roman Le Commissaire Tanquerelle et le Frelon de Jean-Paul Rouland et Claude Olivier

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h46

Année de sortie : 1978

LE FILM

Tanquerelle, commissaire de police, a la surprise de constater que le cyclomotoriste qu’elle vient de heurter avec sa voiture n’est autre qu’Antoine Lemercier, un ancien camarade de classe qu’elle n’a pas vu depuis 20 ans. Ces retrouvailles donnent lieu à un coup de foudre, mais Lise cache sa profession à Antoine, devenu professeur de grec et farouchement anti-police. Parallèlement à cette romance naissante, Lise doit enquêter sur une série de meurtres bizarres : trois députés assassinés successivement, un poinçon planté dans le dos.

Philippe de Broca (1933-2004) vient d’enchaîner deux gros succès avec Le Magnifique (1973, 2,8 millions d’entrées) et L’Incorrigible (1975, 2,6 millions d’entrées), mais Julie pot de colle est une déception au box-office en 1977 et n’attire que 645.000 spectateurs dans les salles. L’année suivante, le cinéaste retrouve Michel Audiard, scénariste et dialoguiste de L’Incorrigible, pour Tendre poulet, une comédie policière pour laquelle il confie les rôles principaux à Philippe Noiret, rencontré en 1970 sur le tournage des Caprices de Marie, et Annie Girardot (qui pour l’anecdote incarne ici la première commissaire de police du cinéma français), avec qui la première collaboration remonte à 1964 pour Un monsieur de compagnie. Petit bijou de scénario, interprétation divine, rythme effréné, comédie-policière (les meurtres peuvent faire leur effet sur le jeune public) à l’humour noir, tendre et dévastateur, Tendre poulet est un joyau du cinéma français des années 70, du pur Philippe de Broca.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Tendre poulet, réalisé par Philippe de Broca »