Test Blu-ray / Baïonnette au canon, réalisé par Samuel Fuller

BAÏONNETTE AU CANON (Fixes Bayonets!) réalisé par Samuel Fuller, disponible en DVD et Blu-ray le 17 juillet 2018 chez Rimini Editions

Acteurs : Richard Basehart, Gene Evans, Michael O’Shea, Richard Hylton, Craig Hill, Skip Homeier, Paul Burke, George Conrad…

Scénario : Samuel Fuller d’après le roman de John Brophy

Photographie : Lucien Ballard

Musique : Roy Webb

Durée : 1h32

Année de sortie : 1951

LE FILM

Hiver 1950. Les troupes américaines engagées dans la guerre de Corée battent en retraite. Afin de cacher ce repli à l’ennemi, une escouade d’une quarantaine d’hommes va devoir se battre dans ce qui ressemble à une mission suicide.

Samuel Michael Fuller (1912-1997) n’a que 12 ans quand il commence à travailler pour le New York Journal, devenant copy boy autrement dit garçon à tout faire. Il devient ensuite reporter criminel pour le Sun de San Diego et parcourt les Etats-Unis. Suite à la Grande Dépression, il perd son emploi et se met à écrire des récits de fiction, des petits romans, des nouvelles, tout en étant employé comme nègre pour d’autres écrivains. Il commence à être publié sous pseudonyme dans les années 1930. Son style est alors remarqué par les studios et Samuel Fuller se fait engager comme scénariste à Hollywood, avant d’être appelé dans la Première division d’infanterie américaine au cours de la Seconde Guerre mondiale, où il devient soldat et reporter de guerre. Il est témoin des débarquements en Afrique du Nord, en Normandie et en Sicile, tourne également un documentaire sur la libération du camp de Falkeneau et rentre enfin au pays.

Samuel Fuller apprend que les droits de son premier roman The Dark Page ont été achetés par Howard Hawks et Charles Feldman et qu’il est lui-même engagé pour en écrire l’adaptation pour le cinéma. Le projet n’aboutira qu’en 1952 avec la sortie de L’Inexorable enquêteScandal Sheet, réalisé par Phil Karlson. Mais avant cela, Samuel Fuller reprend son métier de scénariste, même si ses travaux ne parviennent pas à trouver preneur. Commençant à perdre espoir, il est alors approché pour mettre en scène un western qu’il a écrit, J’ai tué Jesse JamesI Shot Jesse James (1949). Le film passe relativement inaperçu, mais Samuel Fuller enchaîne tout de même l’année suivante avec Le Baron de l’ArizonaThe Baron of Arizona. Cette fois encore la reconnaissance n’est pas au rendez-vous. Pour cela, il lui faudra attendre la sortie de son troisième film, J’ai vécu l’enfer de CoréeThe Steel Helmet (1951), premier long métrage traitant de ce conflit (durant les événements) et ouvertement des camps d’internement pour les Nippo-Américains durant la Seconde Guerre mondiale. Ce grand succès critique et commercial qui remporte 20 fois sa mise initiale, fait engager Samuel Fuller à la 20th Century Fox. Désormais coproducteur de ses films en partenariat avec Darryl F. Zanuck, le cinéaste souhaite revenir à nouveau sur le thème de son film précédent. Ce sera Baïonnette au canonFixed Bayonets !. Le style de Samuel Fuller y explose littéralement.

Sur le front coréen, fin 1950. Les troupes américaines sont en partie contraintes de se retirer sous la pression des forces communistes. Le général Allen doit battre en retraite avec 15.000 hommes. Pour que Chinois et Nord-Coréens ne sachent rien de ce repli stratégique qu’ils pourraient mettre à profit pour attaquer en force, une compagnie de quarante-huit hommes, commandée par le lieutenant Gibbs, est désignée pour tenir le front et donner à l’adversaire l’impression que toute la division est encore là. Ces hommes doivent tenir bon face à l’ennemi et dans le froid. Cette arrière-garde prend position dans les escarpements enneigés qui dominent la route où peuvent s’engouffrer les chars ennemis. Des postes avancés sont camouflés dans la neige, les accès soigneusement minés et le gros de la petite troupe trouve un abri dans une caverne creusée dans le roc. Et la vie s’organise, dans le froid et l’humidité. Le feu adverse n’est pas le seul danger : il faut veiller à ne pas laisser ses pieds geler, déjouer les incursions nocturnes de soldats ennemis, connaître à fond l’emplacement de chaque mine.

Samuel Fuller connaît la guerre. Mais il connaît surtout les soldats et les hommes, leurs doutes, leurs espoirs, leurs liens, leur courage. Si Baïonnette au canon se solde par un échec au box-office, le film est une véritable bombe et n’a rien perdu de son impact presque 70 ans après sa sortie. Oeuvre méconnue et dissimulée derrière des classiques et autres films mondialement célèbres, Baïonnette au canon est à redécouvrir, autant pour son audace et sa virtuosité, que pour son propos aussi implacable qu’humaniste et foncièrement antimilitariste. Ce joyau tourné dans un N&B sec signé Lucien Ballard (Laura d’Otto Preminger, L’Ultime Razzia de Stanley Kubrick) et au format plein cadre s’avère un véritable huis clos en plein air, puisque l’action est essentiellement centrée dans un cadre spécifique (une colline) et délimité, les hommes et adversaires étant seulement séparés par un champ de mines. Samuel Fuller nous fait entrer directement dans l’action avec l’explosion d’un véhicule américain dès la première séquence. S’ensuit la présentation et la situation des personnages principaux, le contexte militaire et politique, puis le but de la mission-suicide. Le réalisateur prend ensuite le temps de se focaliser sur chacun des visages des militaires constituant la troupe.

Quasiment filmés comme une seule entité (d’ailleurs même les voix-off semblent s’entendre et se répondre) où les acteurs semblent interchangeables, les soldats (dont l’un est interprété par un certain James Dean) sont montrés sous tous les angles, dans leurs peurs et dans leurs actes de bravoure, dans leur affection commune et dans l’entraide. La question du grade est également au centre du récit, certains rêvant d’en avoir un en plus par rapport à leurs camarades, d’autres au contraire ayant la crainte du commandement et donc d’être responsables de la vie et de la mort de leurs subalternes. Samuel Fuller enchaîne les scènes intimistes, comme celles tournées dans la grotte où les hommes essayent de se réchauffer, avec comme point d’orgue la séquence des pieds gelés. Les fusillades et explosions sont brutales, mais rapides et sèches. Leur impact n’en est que plus fort. A cela s’ajoute la célèbre scène du sauvetage d’un gradé, en fâcheuse posture derrière le champ de mines. Une tension à son paroxysme où le temps semble figé, où seule la respiration de celui qui vient au secours de l’homme au danger, ainsi que les grincements de ses chaussures dans la neige se font entendre. Une séquence extraordinaire durant laquelle le spectateur retient son souffle.

Baïonnette au canon joue avec la question du temps en l’étirant dans certaines scènes pour intensifier la tension, tout en rappelant que la mission de cette arrière-garde est en réalité une course contre la montre afin que le plus gros des troupes puisse déguerpir. Les décors artificiels ne gênent en rien et rajoutent même au côté théâtre de la mort, impression renforcée par les unités de lieu, de temps et d’action. Enfin, le film étonne par ses incroyables partis pris. La mise en scène est souvent dingue avec des plans-séquences d’une fluidité remarquable, des mouvements de caméra et de grue très modernes et rares pour l’époque. Cela inscrit définitivement Baïonnette au canon dans les très grandes réussites de son auteur.

LE BLU-RAY

Baïonnette au canon était jusqu’alors disponible en DVD chez Sidonis Calysta depuis 2012. Pour son arrivée en HD dans les bacs, le film de Samuel Fuller change de camp et arrive chez Rimini Editions. Jaquette soignée, glissée dans un boîtier élégant de couleur noire, lui-même disposé dans un surétui cartonné. Le menu principal est animé et musical.

Le seul supplément disponible sur cette édition est passionnant. L’éditeur est allé à la rencontre de Frank Lafond, auteur du livre Samuel Fuller, jusqu’à l’épuisement (Rouge Profond), qui croise à la fois le fond et la forme de Baïonnette au canon (37’). Les débuts au cinéma du cinéaste sont abordés et le film replacé évidemment dans son contexte et mis en parallèle avec J’ai vécu l’enfer de Corée. Les conditions de tournage (avec anecdotes à l’appui), les thèmes, le casting, l’insolite direction d’acteurs et les intentions de Samuel Fuller, les décors et la sortie du film sont longuement abordés.

L’Image et le son

On pourra sans doute trouver le grain original bien trop atténué, mais ce master HD de Baïonnette au canon ne manque pas d’attraits. La copie restaurée (4K) est lumineuse, très propre, le N&B clair et bien contrasté. L’ensemble est stable et le cadre 1.37 est détaillé avec notamment des gros plans sur les acteurs plutôt impressionnants. Si quelques plans ayant visiblement donné du fil à retordre à l’équipe de la restauration sortent du lot avec une chute brutale de la définition, ce lifting reste de très bonne qualité.

Seule la version originale, remastérisée, est disponible sur ce titre. Le confort acoustique est assuré, propre, sans souffle, malgré quelques effets d’écho sur les dialogues. Les explosions et déflagrations sont percutantes. Les sous-titres français ne sont pas imposés, mais la police est un peu trop large à notre goût.

Crédits images : ©  Twentieh Century Fox Home Entretainment LLC All Rights Reserved / Rimini Editions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-Ray / Dieu seul le sait, réalisé par John Huston

DIEU SEUL LE SAIT (Heaven Knows, Mr. Allison) réalisé par John Huston, disponible en DVD et Blu-ray le 22 mai 2018 chez Rimini Editions

Acteurs :  Deborah Kerr, Robert Mitchum

Scénario :   John Lee Mahin, John Huston

Photographie : Oswald Morris

Musique : Georges Auric

Durée : 1h48

Année de sortie : 1957

LE FILM

Seconde Guerre mondiale. Quelque part dans le Pacifique… Seul rescapé d’un torpillage, le caporal Allison échoue sur une île qu’il croit déserte. Or, l’île a pour unique habitante soeur Angela, qui a survécu à la destruction de la mission catholique à laquelle elle appartenait. Les japonais débarquent sur l’île, les obligeant à se cacher et à s’entraider.

A peine sorti du chaos que fut le tournage de son magnifique Moby Dick, John Huston se retrouve avec une nouvelle adaptation entre les mains. Heaven Know, Mr. Allison écrit par Charles Shaw. Le projet est une commande, une transposition d’un roman à succès en Angleterre.

Malgré des échanges peu courtois avec la censure de l’époque, qui voit d’un mauvais oeil cette relation entre un marine et une femme d’église, le scénario s’écrit malgré tout et le projet est lancé. Sûrement rassuré par la modestie du projet (un budget réduit, une narration plus classique et seulement deux personnages principaux), John Huston met en place cette curieuse histoire d’amour entre un soldat et une religieuse luttant pour leur vie durant la guerre. A l’aide d’une mise en scène sublime et d’une esthétique remplie de symboles (l’arrivée de Allison sur l’ile, la chasse à la tortue, le peigne), le film se concentre sur la confusion et le rapprochement de ces personnages que tout oppose.

A quoi bon se battre contre ses principes quand on est amoureux et quand la guerre fait rage ?

Les protagonistes apprendront l’un de l’autre, se confieront sur leurs craintes, leurs peines, leurs rêves, au travers des dialogues justes et sobres qui soulignent par leur simplicité le désir interdit qu’éprouvent les deux naufragés. Robert Mitchum est sensationnel dans le rôle de cet homme enfant. Impitoyable (il n’hésitera pas à tuer pour protéger soeur Angela) mais aussi touchant, il incarne un soldat en perdition, fraichement arraché à l’enfer, pour s’échouer cette terre perdue, vue comme un jardin d’Eden, où il rencontre un ange. Cette apparition, c’est Deborah Kerr. Conscient du potentiel volcanique de l’actrice, John Huston y verra une manière de tourner le dos au manichéisme hollywoodien. A une époque où l’actrice était convoitée pour sa sensualité, le réalisateur lui préfère son jeu, enveloppant la nymphe dans son costume ecclésiastique pendant la quasi-totalité du métrage. Il remplace alors la nonne sinistre et râleuse du roman original par une femme joviale et douce, aux convictions fortes et à l’écoute de son compagnon.

Les deux acteurs n’ont donc aucun mal à nous entrainer dans leurs aventures, le flegme de Robert Mitchum et la beauté hypnotique de Deborah Kerr font des merveilles. Et de péripéties, le film en est rempli. Des moments de tension souvent très bien troussés (la scène du jeu de Go, aussi drôle que stressante) qui s’enchaînent jusqu’au final.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de Dieu Seul le Sait, disponible chez Rimini Editions, repose dans un boîtier classique de couleur noire, glissée dans un surétui cartonné. Le menu principal est animé sur quelques séquences du film. Cette édition s’accompagne également d’un très beau livret de 36 pages John HustonA la Recherche du Paradis Perdu écrit par Christophe Chavdia.

Pour ce qui est des suppléments, c’est un peu timide. Seulement une interview, mais heureusement rondement menée et souvent passionnante de Pierre Murat (Responsable cinéma à Télérama). Ce dernier nous livre durant 27 minutes de nombreuses anecdotes de tournage entourant ce très grand film de John Huston, tout en revenant sur son casting et la collaboration des comédiens avec le cinéaste.

L’Image et le son

Bon…s’il n’y a rien à redire sur la propreté et la stabilité de la copie, force est de constater que le grain original a été trop lissé. Pourtant, le générique d’ouverture est prometteur puisque la patine argentique est bel et bien présente. Les couleurs apparaissent un peu fanées, le piqué est souvent émoussé, les fondus enchaînés décrochent sensiblement, le niveau des détails est aléatoire sur le cadre large et peu de séquences sortent du lot. La restauration est évidente, mais semble avoir déjà quelques heures de vol et aurait mérité une révision. Mais ne faisons pas la fine bouche, posséder enfin Dieu seul le sait en Haute-Définition est déjà un miracle à part entière et permettra à ce joyau méconnu de John Huston de se faire une nouvelle renommée. Le Blu-ray est au format 1080p.

La version anglaise (aux sous-titres français amovibles) est proposée en DTS-HD Dual Mono 2.0. L’écoute demeure appréciable, avec une excellente restitution de la musique, des effets annexes et des voix très fluides et aérées, sans aucun souffle. En revanche, la piste française DTS-HD Master Audio Mono, s’avère plus étriquée, moins riche et dynamique.

Crédits images : ©  Twentieh Century Fox Home Entretainment LLC All Rights Reserved / Rimini Editions / Critique du film, parties généralités et suppléments : Alexis Godin / Captures Blu-ray et partie technique : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / Trahisons, réalisé par David Leveaux

TRAHISONS (The Exception) réalisé par David Leveaux, disponible en DVD et Blu-ray chez TF1 Studio le 20 février 2018

Acteurs :  Jai Courtney, Lily James, Christopher Plummer, Janet McTeer, Anton Lesser, Ben Daniels, Aubeline Barbieux, Martin Swabey…

ScénarioSimon Burke d’après le roman “The Kaiser’s Last Kiss” d’Alan Judd

Photographie : Romain Osin

Musique : Ilan Eshkeri

Durée : 1h47

Année de sortie : 2016

LE FILM

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le monarque kaiser Wilhelm vit en exil depuis 1917. Avec l’objectif de repousser l’avancée nazie aux Pays-Bas, la résistance néerlandaise s’allie avec Winston Churchill pour infiltrer un agent dans le repaire du Kaiser.

Décidément, la jeune comédienne Lily James a le vent en poupe. D’ailleurs, ce n’est pas pour nous déplaire. Lady Rose MacClare de la série Downtown Abbey a su faire sa place au cinéma, au point de devenir l’une des actrices les plus convoitées du moment. Cendrillon chez Kenneth Branagh, Elizabeth Bennet dans Orgueil et Préjugés et Zombies de Burr Steers (si si, ça existe), jeune serveuse au grand coeur dans le génial Baby Driver d’Edgar Wright et tête d’affiche des Heures sombres de Joe Wright aux côtés de l’oscarisé Gary Oldman, Lily James n’a pas fini de faire parler d’elle. On la retrouve dans TrahisonsThe Exception, premier long métrage du britannique David Leveaux, metteur en scène de théâtre très renommé. Pour son coup d’essai derrière la caméra, le nouveau cinéaste adapte le roman The Kaiser’s Last Kiss (2003) d’Alan Judd et se penche sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, à savoir l’exil du kaiser Guillaume II. Force est de constater que les années de théâtre ont forgé une solide direction d’acteurs chez David Leveaux, qui parvient même à tirer quelque chose d’intéressant chez le mal aimé Jai Courtney. On peut même dire que l’acteur australien trouve ici son meilleur rôle.

L’histoire se déroule au début de la Seconde Guerre mondiale et se concentre sur les dernières années de la vie de l’empereur Guillaume II qui vit en exil en Hollande. Wilhelm se retrouve bientôt sous la protection de Brandt, un jeune officier ambitieux et patriote de la Wehrmacht. Pendant ce temps, l’entourage du kaiser engage une nouvelle femme de chambre juive, Mieke, pour laquelle le capitaine prend un intérêt immédiat. Le chef de la gestapo en Hollande demande à Brandt de démasquer une taupe appartenant à la résistance qui s’est infiltrée dans l’entourage de l’empereur pour l’assassiner, alors qu’une visite de Heinrich Himmler, chef des SS, se prépare. Brandt découvre qu’il s’agit de Mieke, dont il est tombé secrètement amoureux…

Histoire d’amour (avec un soupçon d’érotisme), thriller de guerre, drame intimiste, film d’espionnage, Trahisons est un peu tout cela à la fois. Si le rythme est lent et que quelques longueurs se font ressentir à mi-chemin, on ne pourra pas reprocher à David Leveaux de soigner ses plans et le côté romanesque de son récit. Même si la romance va trop vite en besogne et peine à convaincre comme ça au premier abord, on se laisse autant séduire par Mieke que le capitaine Stefan Brandt, auquel Jai Courtney parvient à donner suffisamment d’ambiguïté et étonnamment beaucoup d’émotions. Habituellement cantonné dans les grosses machines hollywoodiennes souvent très mauvaises comme Die Hard : Belle journée pour mourir, Divergente, Terminator Genisys et Suicide Squad, l’acteur né en 1986 est impeccable dans l’uniforme allemand, froid, droit comme un i, dont les fêlures – son personnage est revenu blessé et traumatisé d’un champ de bataille après avoir vu des dizaines de cadavres – vont se révéler au contact de Mieke. Jeune juive hollandaise qui a perdu son père et son mari à la guerre, la jeune femme a réussi à se faire engager comme bonne auprès du kaiser et agit secrètement pour la résistance, en étant en contact avec l’Angleterre.

Alors qu’il lorgnait sur le rôle de Guillaume II, roi déchu, depuis quelques années, le comédien Christopher Plummer, né en 1929, crève l’écran une fois de plus à chaque apparition. Sa femme, la princesse Hermine, est quant à elle interprétée par Janet McTerr, immense actrice shakespearienne, vue également au cinéma dans Albert Nobbs de Rodrigo Garcia. A noter également une courte mais marquante et glaçante apparition d’Eddie Marsan dans le rôle d’Heinrich Himmler.

On se laisse prendre à ce jeu d’espions. Même si le final est attendu, Trahisons ne déçoit pas et tient en grande partie grâce à son excellent casting et la rigueur de sa mise en scène.

LE BLU-RAY

Après son passage par la VOD, Trahisons est aujourd’hui disponible en DVD et Blu-ray chez TF1 Studio. L’éditeur aurait pu soigner un peu plus la jaquette, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, dont le visuel se focalise essentiellement sur Jai Courtney. Lily James, de profil, est méconnaissable et ressemble à Anne Hathaway. Etrange décision de la part de TF1 qui aurait pu capitaliser sur la comédienne, qui commence à avoir une certaine renommée. Le menu principal est animé et musical.

Seul un making of (19’) est proposé comme prolongement au film. Les acteurs, le réalisateur et les producteurs interviennent à tour de rôle pour présenter l’histoire, les personnages, le casting et les partis pris. Diverses images filmées sur le plateau montrent le calme entre les prises et pendant les répétitions.

L’Image et le son

TF1 Studio prend soin de l’édition Blu-ray du film de David Leveaux. Voici donc un très beau master HD. Respectueuse des volontés artistiques originales concoctées par Romain Osin (The Jane Doe Identity), la copie de Trahisons se révèle un petit bijou technique avec des teintes à la fois froides dans les extérieurs et chatoyantes dans les pièces du manoir, le tout soutenu par un encodage AVC solide. Le piqué, tout comme les contrastes, sont tranchants, les arrière-plans sont bien détaillés, le relief omniprésent et les détails souvent foisonnants.

L’éditeur a également soigné le confort acoustique et livre deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 français et anglais. Les effets annexes sont systématiques dans toutes les séquences en extérieur, les voix solidement exsudées par la centrale. La spatialisation musicale est luxuriante avec un net avantage pour la version originale. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue verrouillé à la volée.

Crédits images : © Egoli Tossell Film. / TF1 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Les Oies sauvages, réalisé par Andrew V. McLaglen

LES OIES SAUVAGES (The Wild Geese) réalisé par Andrew V. McLaglen, disponible en DVD et Blu-ray chez Movinside le 10 octobre 2017

Avec :  Richard Burton, Roger Moore, Richard Harris, Hardy Krüger, Stewart Granger, Winston Ntshona, John Kani, Jack Watson, Frank Finlay…

Scénario : Reginald Rose d’après le roman de Daniel Carney

Photographie : Jack Hildyard

Musique : Roy Budd

Durée : 2h14

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

En Afrique du Sud, à la suite d’un coup d’état, le président Limbani est capturé par son rival, Ndofa. Sir Edward Matherson, un banquier londonien dont les intérêts financiers sont menacés, charge le colonel Faulkner d’aller délivrer Limbani. Faulkner s’adjoint deux amis, Shawn Fynn et Rafer Janders, et recrute une cinquantaine de mercenaires. L’opération est un succès. Limbani est libéré. Il ne reste plus qu’à le faire monter à bord d’un avion à destination de l’Europe. Mais, très vite, les choses se gâtent…

Si son nom n’est pas vraiment connu du grand public, le réalisateur anglo-américain Andrew V. McLaglen (1920-2014) a pourtant signé quelques pépites et classiques très prisés par les cinéphiles. Fils de Victor McLaglen, ancien boxeur poids lourd devenu comédien, Oscar du meilleur acteur pour Le Boxeur, chef d’oeuvre de John Ford dont il devient très proche, Andrew V. McLagen accompagne souvent son père sur les plateaux de cinéma et contracte très vite le virus du 7e art. Il grandit en côtoyant et en admirant John Ford et John Wayne, et décide très vite de devenir metteur en scène. Il est tout d’abord assistant-réalisateur, y compris sur L’Homme tranquille (1952) et passe enfin à la réalisation avec son premier long métrage, Légitime défenseGun the Man Down (1956), un western où il dirige James Arness et Angie Dickinson. Les séries télévisées Perry Mason et surtout Rawhide lui permettent de se perfectionner et de peaufiner son style. Il signe son retour au cinéma en 1963 avec le célèbre Le Grand McLintock avec John Wayne, Maureen O’Hara et Yvonne De Carlo. La consécration publique vient réellement en 1965 avec Les Prairies de l’honneurShenandoah et ce en dépit de critiques virulentes venues de la presse qui déclarent notamment que le réalisateur plagie le style de son modèle John Ford. Cela n’empêche pas le film d’être un grand succès (mérité), mais aussi de marquer le début d’une grande amitié et d’une collaboration fructueuse entre Andrew V. McLagen et le comédien James Stewart.

Dans les années 1970, le cinéaste persiste et signe dans le western avec Chisum, Le Dernier train pour Frisco, Rio Verde, Les Cordes de la potence et La Loi de la haine. Il se voit alors proposer Les Oies sauvagesThe Wild Geese, adapté de l’oeuvre de Daniel Carney par Reginald Rose, l’auteur de Douze hommes en colère, mais également scénariste de L’Homme de l’Ouest d’Anthony Mann en 1958. L’histoire est alors prétexte pour réunir quelques grands noms du cinéma pour un film d’aventures qui allait devenir alors une référence.

Le Colonel vétéran Allen Faulkner (Richard Burton), un mercenaire britannique, est embauché par Sir Edward Matherson (Stewart Granger) avec pour mission d’aller en Afrique centrale (dans un pays fictif proche du Burundi) libérer Julius Limbani, un homme censé pouvoir relever son pays. Faulkner recrute alors cinquante mercenaires, les « Oies sauvages », pour mener à bien sa mission. Parmi ces mercenaires : le pilote Shaun Fynn (Roger Moore), le Sud-Africain Pieter Coetzee (Hardy Krüger), et Rafer Janders (Richard Harris) un vieil ami de Faulkner qui prépare la mission. Avec l’accord tacite du gouvernement britannique, les mercenaires sont d’abord envoyés au Swaziland pour s’y entraîner. Ils se rendent ensuite dans leur pays de destination. Là, les Oies sauvages s’infiltrent dans la prison du Zembala et libèrent Limbani. Ils doivent ensuite s’emparer d’un aéroport pour rentrer à Londres. Pendant ce temps en Angleterre, Sir Edward Matherson négocie avec le gouvernement du Zembala et trahit les mercenaires. Ainsi l’avion qui devait les prendre est rappelé à la dernière minute, laissant les Oies sauvages seuls au milieu d’un territoire hostile.

Imaginez cette affiche ! Roger Moore cigare au bec, Richard Harris semblant crier Taïaut !, Hardy Krüger en pleine réflexion et Richard Burton prêt à défourailler ! Le quatuor star – sans compter leurs fabuleux partenaires – entouré d’explosions, de parachutistes et d’avion en fâcheuse posture ! Les aventures de ces Expendables des années 1970 restent encore jubilatoires quarante ans après. Assisté à la mise en scène par le monteur John Glen (réalisateur de cinq formidables James Bond dans les années 1980), Andrew V. McLagen signe un très bon film de guerre et d’action. Mené tambour battant durant plus de deux heures, interprété par des comédiens visiblement heureux de se donner la réplique qui ne manque pas de punchlines, Les Oies sauvages fait partie de ces films que l’on a plaisir à revoir.

S’il est évident que cette production n’est ni plus ni moins qu’une grosse série B de luxe, le casting phénoménal apporte toute la crédibilité nécessaire pour pardonner le caractère nawak de certaines séquences. Mention spéciale à Roger Moore qui campe tout de même un personnage plus « sérieux » et sombre que son James Bond plus pince-sans-rire et à qui le style sied à ravir. On en vient presque à regretter qu’il n’ait pas plus abordé cette face cachée pour l’agent 007. Roger Moore retrouvera le cinéaste pour le génial Les Loups de haute mer et Le Commando de Sa Majesté, tous deux sortis en 1980. L’alchimie avec ses partenaires est évidente, les paysages sont superbes, le récit rondement mené, les scènes d’action musclées, l’émotion et l’humour jamais oubliés, la chanson de Joan Armatrading et la musique de Roy Budd sont entêtantes, bref, Les Oies sauvages, très grand succès commercial de l’année 1978, reste un film culte au charme intact et toujours aussi divertissant. Ce ne sera pas le cas des Oies sauvages 2 réalisé sept ans plus tard, désastre artistique, mais c’est une autre histoire.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray des Oies sauvages, disponible chez Movinside, repose dans un élégant boîtier classique de couleur noire. Visuel très beau et attractif reprenant celui de l’affiche originale. Le menu principal est animé sur la chanson du film. Le film d’Andrew V. McLaglen était déjà sorti en Blu-ray chez Filmedia. Malheureusement, l’édition Movinside n’a pas repris l’intégralité des suppléments. Manquent à l’appel le commentaire audio d’Euan Lloyd, John Glen et Roger Moore, ainsi que le documentaire sur le producteur Euan Lloyd.

Nous retrouvons en revanche le documentaire d’époque (24’30), qui donne un bel aperçu du plateau, de l’ambiance et des conditions de tournage en Afrique (avec 300 techniciens et comédiens) et le travail du réalisateur avec les comédiens. Quelques propos du producteur Euan Lloyd et de Roger Moore (qui fêtait ses 50 ans avec l’équipe) s’entrecroisent avec des images filmées entre les prises.

S’ensuit un petit reportage sur la Première du film au cinéma de Leicester Square de Londres. Le gratin mondain et de têtes couronnées déambule sur le tapis rouge, tandis qu’une voix annonce les nouveaux arrivants. Le tout organisé au profit d’une association d’aide pour les enfants handicapés. Après la projection, tout ce beau monde (ou presque) se retrouve dans un grand hôtel de la ville pour s’empiffrer, boire comme des trous et danser en chemise à col pelle à tarte (7’).

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Il semble que ce master soit le même que celui précédemment sorti chez Filmedia. Le titre indique que la copie provient d’une source allemande. Points positifs : la propreté est de mise, les couleurs sont plutôt belles et chaudes, l’image stable et la clarté éloquente sur toutes les séquences africaines. Points négatifs : le DNR est encore passé par là et le grain original est bien trop lissé à notre goût. Résultat, les visages manquent de naturel et d’aspérité, les détails sont pauvres.

Point de Haute-Définition pour le son avec deux mixages LPCM 2.0 anglais et français. Si la version originale est bien supérieure, la piste française convoque des géants du doublage avec Jean-Claude Michel pour Richard Burton, Claude Bertrand pour Roger Moore, William Sabatier pour Richard Harris et Marc Cassot pour Hardy Krüger. Dans les deux cas, le confort est assuré, mais sans esbroufe, ce qui est dommage pour les scènes d’action.

Crédits images : © Victory Films MMV. All Rights reserved / Movinside /  Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / HHhH, réalisé par Cédric Jimenez

HHhH réalisé par Cédric Jimenez, disponible en DVD et Blu-ray chez TF1 Studio le 10 octobre 2017

Acteurs :  Jason Clarke, Rosamund Pike, Jack O’Connell, Jack Reynor, Mia Wasikowska, Stephen Graham, Céline Sallette, Gilles Lellouche…

Scénario : David Farr, Audrey Diwan, Cédric Jimenez, d’après le roman HHhH de Laurent Binet

Photographie : Laurent Tangy

Musique : Guillaume Roussel

Durée : 2h

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, bras droit d’Himmler et chef de la Gestapo, l’un des hommes les plus dangereux du régime. Lorsque Hitler le nomme à Prague pour diriger la Bohême-Moravie et élaborer un plan d’extermination définitif, deux jeunes soldats de la résistance, Jan Kubis et Jozef Gabcik se dressent face à lui. Leur mission : éliminer Heydrich.

HHhH, acronyme – jamais expliqué dans le film – pour Himmlers Hirn heißt Heydrich, qui signifie en allemand le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich, est l’adaptation du roman historique homonyme de Laurent Binet, publié en 2010 aux éditions Grasset, prix Goncourt du premier roman et traduit en vingt langues, relatant le véritable récit de l’Opération Anthropoid, durant laquelle deux résistants tchécoslovaques furent envoyés pour assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo et des services secrets nazis. Le cinéaste français Cédric Jimenez (Aux yeux de tous, La French), s’empare de cette histoire romanesque à part entière et convoque un casting international pour son premier long métrage en langue anglaise.

Au début des années 1930, Reinhard Heydrich, militaire déchu renvoyé de la Reichsmarine, rejoint le nazisme sur la suggestion de sa femme Lina. Il devient alors le bras droit du chef de la SS naissante, Heinrich Himmler. Celui-ci le nomme en 1939 à la tête du RSHA, l’organe principal de police secrète et judiciaire du Reich, dont l’une des sections est la célèbre Gestapo. Principal adjoint de Himmler, il est l’un des hommes les plus puissants du régime. En septembre 1941, Hitler lui donne en complément les attributions de vice-gouverneur de Bohême-Moravie, la partie occupée de la Tchécoslovaquie : pour cela, il a des bureaux à Prague où il règne en maître, car le gouverneur en titre Konstantin von Neurath est vieillissant et malade. Comme Heydrich est resté chef du RSHA, il a aussi pour mission de mener à son terme le plan déjà entamé d’extermination des Juifs d’Europe : la « solution finale de la question juive ». Par ailleurs, ayant quitté la Tchécoslovaquie en 1939, le Tchèque Jan Kubiš et le Slovaque Jozef Gabčík sont engagés depuis 1940 aux côtés de la Résistance pour lutter contre l’occupation allemande. Après un entraînement prolongé en Grande-Bretagne, les deux jeunes soldats se portent volontaires pour une mission secrète aussi importante que risquée : éliminer le général de la police SS Heydrich. La veille de la Saint-Sylvestre 1941, ils sont parachutés à proximité de Prague et, pendant plusieurs mois, sont hébergés par des familles pragoises, dont les Moravec et les Novak. Jan fait ainsi la connaissance d’Anna Novak, mais il sait que sa mission doit passer avant l’amour.

A l’instar de ses deux précédents films, Cédric Jimenez fait preuve d’un véritable savoir-faire derrière la caméra. Sa mise en scène spectaculaire démontre un vrai sens visuel. Comme pour Aux yeux de tous et pour La French, la forme l’emporte malheureusement sur le fond et demeure glacial. L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, militaire déchu, entraîné vers l’idéologie nazie par sa femme Lina est un sujet en or, mais HHhH apparaît finalement plus comme une démonstration technique, impressionnante certes, mais qui laisse quelque peu le spectateur en dehors. L’assassinat de Reinhard Heydrich avait déjà inspiré le cinéma, à l’instar de Fritz Lang avec son formidable Les Bourreaux meurent aussi, réalisé juste après la mort du Reich Protektor, ou bien encore Douglas Sirk pour Hitler’s Madman, également sorti en 1943 et même encore dernièrement Sean Ellis avec son Opération Anthropoid sorti en 2016, avec Jamie Dornan, Cillian Murphy et Charlotte Le Bon. Disposant d’un budget de près de 30 millions d’euros, Cédric Jimenez soigne chaque plan et semble finalement plus intéressé par ses effets de style (ralentis, atmosphère vaporeuse), que par l’histoire, ou plutôt les deux récits entrecroisés qu’il raconte.

Rien à redire sur les comédiens. Jason Clarke (Zero Dark Thirty, La Planète des Singes : L’Affrontement, Terminator: Genisys) joue admirablement de son regard polaire et de son terrifiant visage anguleux, tout en laissant transparaître l’homme derrière le monstre. Même chose pour Rosamund Pike avec son élégance ambigüe, dont on regrette le sacrifice du personnage à mi-temps, même si l’aura du couple principal plane sur le reste du film. Jack O’Connell (l’une des grandes révélations du cinéma britannique depuis dix ans), Jack Reynor (vu dans Detroit et Sing Street), la lumineuse Mia Wasikowska, sans oublier la participation des français Gilles Lellouche et Céline Salette, déjà présents dans La French, complètent un casting exceptionnel.

Si HHhH manque d’âme et croule sous la musique – pourtant belle – de Guillaume Roussel, l’histoire ne laisse pas indifférent, même si la seconde partie, celle consacrée aux résistants, n’a pas autant d’impact que celle centrée sur Heidrich. On se laisse finalement emporter par ce flux d’images et par des séquences d’action et d’affrontements efficaces et divertissantes.

LE BLU-RAY

Le test de l’édition Haute-Définition de HHhH, disponible chez TF1 Studio, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

On commence les suppléments par un making of (22’) essentiellement constitué d’entretiens avec le réalisateur Cédric Jimenez (in english « in ze text »), les comédiens Jason Clarke, Rosamund Pike et Jack Reynor, mais aussi de quelques images de tournage. Le metteur en scène revient sur sa découverte du roman de Laurent Binet et sur la proposition du producteur Ilan Goldman de le transposer au cinéma. Plus basiques, les acteurs interviennent sur les personnages et leurs motivations.

A cela s’ajoute un formidable et passionnant entretien (46’) de Johann Chapoutot, professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne. Ce spécialiste du nazisme explore la vie, la personnalité, la carrière, l’ascension, la mort et ses conséquences de Reinhard Heydrich, les étapes successives (montrées ou non dans le film de Cédric Jimenez) et circonstances sociales et politiques qui l’ont conduit à rejoindre la SS. Si divers extraits de HHhH illustrent parfois trop longuement cette présentation, ce module très informatif est exposé brillamment. Dans la dernière partie, Johann Chapoutot évoque l’apparition du personnage d’Heydrich au cinéma et dans le domaine littéraire. Il donne également son avis sur le livre (qu’il encense) et le film HHhH, affirmant que ce dernier est digne du livre dont il est tiré.

L’Image et le son

TF1 Studio prend soin du service après-vente du film de Cédric Jimenez. Voici donc un très beau master HD. Respectueuse des volontés artistiques originales concoctées par Laurent Tangy, qui avait précédemment signé la photographie de La French, Radiostars et 20 ans d’écart, la copie de HHhH se révèle un petit bijou technique avec des teintes vives et malgré tout réalistes, un grain argentique palpable (tournage réalisé en 35mm), le tout soutenu par un encodage AVC solide. Le piqué, tout comme les contrastes, sont tranchants, les arrière-plans sont magnifiquement détaillés, le relief omniprésent et les détails foisonnants sur le cadre large. Malgré tout, signalons que les séquences en basse lumière manquent de définition par rapport au reste, mais rien de rédhibitoire. Le Blu-ray était l’écrin tout désigné pour découvrir ce film qui mérite une seconde chance après un résultat décevant dans les salles.

L’éditeur a également soigné le confort acoustique et livre deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 français et anglais, aussi probants dans les scènes d’action et de fusillades que dans les séquences plus calmes. Les pics de violence peuvent compter sur une balance impressionnante des frontales comme des latérales. Les effets annexes sont omniprésents et dynamiques, les voix solidement exsudées par la centrale, tandis que le caisson de basses souligne efficacement chacune des séquences au moment opportun. La spatialisation musicale est luxuriante avec un net avantage pour la version originale. L’éditeur joint également une piste Audiodescription ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue verrouillé à la volée. 

Crédits images : © TF1 Studio / Mars Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Les Centurions, réalisé par Mark Robson

LES CENTURIONS (Lost Command) réalisé par Mark Robson, disponible en DVD et combo Blu-ray+DVD le 7 novembre 2017 chez Sidonis Calysta

Acteurs :  Anthony Quinn, Alain Delon, George Segal, Michèle Morgan, Claudia Cardinale, Maurice Ronet, Grégoire Aslan, Jean Servais…

ScénarioNelson Gidding d’après le roman de Jean Lartéguy

Photographie : Robert Surtees

Musique : Franz Waxman

Durée : 2h10

Date de sortie initiale : 1966

LE FILM

Fait prisonnier en Indochine en 1954, le lieutenant-colonel Raspéguy, qui avait auprès de lui les jeunes capitaines Esclavier et Boisfeuras et le lieutenant d’origine arabe Mahidi, supporte mal l’humiliation de la défaite. Relevé de son commandement pour insubordination, il obtient, grâce à la comtesse de Clairefons, un nouveau poste, cette fois-ci en Algérie…

Quand Hollywood se penche sur l’Histoire française. Si Mark Robson (1913-1978) est un réalisateur inégal, il n’en demeure pas moins un très bon artisan et technicien. Ancien monteur de Jacques Tourneur sur La Féline et Vaudou, mais aussi d’Orson Welles sur La Splendeur des Amberson, ses meilleurs opus demeurent La Septième victime, Plus dure sera la chute (l’un des plus beaux rôles d’Humphrey Bogart), Le Champion, L’Express du colonel Von Ryan, La Vallée des poupées et même Tremblement de terre, un des fleurons du genre catastrophe dans les années 1970. S’il n’est pas un grand film de guerre, Les CenturionsLost Command (1966) reste non seulement l’un des films les plus connus de Mark Robson, mais également un très bon divertissement emblématique du savoir-faire, ainsi que de l’éclectisme du cinéaste.

Après la déroute de Diên Biên Phu et quatre mois de captivité en Indochine, le lieutenant-colonel Raspeguy (Anthony Quinn), secondé par ses fidèles camarades, obtient grâce à l’influence de la comtesse de Clairefons, veuve d’un de ses hommes tué en Indochine, le commandement du dixième régiment de parachutistes en Algérie, Les Lézards, où des troubles viennent d’éclater. Mais, très vite, des conflits, tant idéologiques que stratégiques, éclatent entre ses amis de toujours. Ainsi, Ben Mahidi, l’un de ses anciens officiers passé à la rébellion, a rejoint les rangs du FLN. Il est d’ailleurs devenu le chef des rebelles terroristes.

Ainsi donc, le cinéma américain décide de s’inspirer des guerres de décolonisation. C’est sans doute pour cela que le film est encore aujourd’hui plutôt mal vu dans nos contrées, en dépit d’un gros succès populaire à sa sortie avec 4,3 millions de spectateurs. Les Centurions est la libre adaptation du roman de Jean Lartéguy publié en 1960, par le scénariste Nelson Gidding (Le Coup de l’escalier, La Maison du diable, Le Mystère Andromède). Ancien soldat volontaire en 1939, officier dans les commandos d’Afrique au sein de l’armée française de la Libération, puis blessé en Corée, plusieurs fois décoré (Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-1945, Croix de guerre TOE), Jean Lartéguy a connu la guerre de près, puis devient correspondant de guerre pour Paris Match, pour ensuite devenir grand reporter à Paris-Presse à partir de 1952. Il reçoit le Prix Albert-Londres en 1955. L’un de ses sujets de prédilection est la décolonisation, qu’il a longtemps traitée à travers de multiples reportages. Les Centurions, vendu à plus d’un million d’exemplaires, est son roman le plus célèbre et inspiré de son propre vécu en Algérie.

Le personnage du lieutenant-colonel Raspéguy est fortement inspiré de Marcel Bigeard, dont le nom reste associé aux guerres d’Indochine et d’Algérie. Qui de mieux qu’Anthony Quinn pour incarner un soldat buriné ? De par sa stature, son charisme imposant et son timbre grave, le comédien n’a que peu à faire pour incarner l’autorité. L’histoire d’un simple berger du Pays basque qui s’est fait tout seul et grimpé les échelons, en devenant un vrai meneur d’hommes. Production internationale, Les Centurions convoque quelques comédiens français prestigieux, Alain Delon, Maurice Ronet, Jean Servais, Jacques Marin, sans oublier le charme sensuel de Claudia Cardinale. Le duo Quinn-Delon fonctionne très bien, le premier dans le rôle du militaire qui obéit aveuglément aux ordres, dans le but de grimper l’échelle sociale, tandis que l’autre tombe amoureux sans le savoir de la sœur de Mahidi et supporte de moins en moins les pratiques répressives douteuses de ses compagnons d’armes, en particulier l’usage de la torture. Ou comment une histoire d’amitié est gangrenée par le sens du devoir.

Difficile pour Mark Robson de concilier à la fois le divertissement grand public et de rester attacher aux faits tels qu’ils se sont passés. Pourtant, même si le film paraît continuellement hésiter quant au point de vue à adopter, le réalisateur s’en tire fort honorablement en ne prenant finalement pas parti, mais en montrant les deux côtés de la barrière. Si l’on peut déplorer que Mahidi et ses troupes ne soient pas interprétés par des acteurs maghrébins, que le récit prenne forcément quelques libertés avec l’Histoire (mais il ne s’agit pas d’un documentaire) et bien sûr que tout ce beau monde s’exprime dans la langue de Shakespeare, Les Centurions peut compter sur une mise en scène dynamique, un montage vif et surtout de gros moyens pour plonger les spectateurs dans des scènes d’affrontements particulièrement explosifs.

Il serait dommage de ne pas saluer l’entreprise des Centurions, surtout que le personnage d’Alain Delon, qui pourrait passer pour le beau gosse de service sans conscience ni morale, se révèle être le plus humain et réfléchi, face à un Maurice Ronet jusqu’au-boutiste qui ne crache pas sur les moyens les plus abjects pour faire parler l’ennemi. On est donc loin d’un film à la gloire des paras comme certains ont pu le clamer, même si l’on est clairement dans le domaine de la série B gonflée aux hormones.

LE BLU-RAY

Le test de l’édition Haute-Définition des Centurions, disponible chez Sidonis Calysta, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Seul à bord, Patrick Brion prend la défense des Centurions au cours de sa présentation (21’). L’historien du cinéma indique que cette adaptation du roman de Jean Lartéguy, dont il dresse d’ailleurs le portrait, est encore curieusement mal considérée en France. Patrick Brion avance donc des arguments pour soutenir le film de Mark Robson en indiquant que la France est un pays qui a toujours été dans l’incapacité à regarder, à assumer et à parler de sa propre Histoire, et surtout qu’elle a toujours vu d’un mauvais œil qu’un autre pays se permette de le faire. L’historien dresse rapidement un panel de films engagés (R.A.S. d’Yves Boisset) ou plus classiques (Diên Biên Phu de Pierre Schoendoerffer), ainsi que la poignée de films sur la Première Guerre mondiale, avant de se pencher plus sur Les Centurions, dont il dit à plusieurs reprises qu’il s’agit d’un film «très juste et objectif».

L’interactivité se clôt sur une galerie de photos, la bande-annonce et un petit making of d’époque (4’30), en N&B et qualité médiocre, qui insiste sur l’investissement des comédiens dans les scènes d’action réalisées dans des conditions difficiles. C’est aussi l’occasion d’apercevoir Anthony Quinn réaliser son célèbre sirtaki de Zorba le Grec devant ses camarades.

L’Image et le son

Jusqu’alors disponible en DVD chez Sony Pictures, Les Centurions se refait une beauté en Haute-Définition grâce aux bons soins de Sidonis Calysta. Le cadre large retrouve de sa superbe, la clarté est de mise, la restauration de haut niveau et le grain original conservé. Le générique en ouverture semble plus grumeleux, mais cela s’arrange après. En revanche, les contours des visages restent flous, comme si la mise au point n’arrivait pas à se faire. Quelques baisses de la définition sporadiques émaillent cette édition, tout comme une gestion aléatoire des contrastes, ainsi que des pixels (36’40) avec une saute d’image. Le piqué est en revanche vif et acéré sur les séquences diurnes et le relief est très appréciable.

L’éditeur propose les versions anglaise et française en DTS-HD Master Audio Mono 2.0. Cette dernière bénéficie d’un doublage old-school très réussi (les acteurs français se doublent eux-mêmes), et le report des voix s’avère plus mordant qu’en version originale. Sur les deux pistes, les effets annexes sont ardents, surtout sur les séquences d’affrontements avec les rafales et les explosions à foison. Dynamiques et vives, tout comme le score de Franz Waxman, les deux options acoustiques ne déçoivent pas.

Crédits images : © Columbia Pictures / Sidonis Calysta / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / L’Homme de guerre, réalisé par Perry Lang

L’HOMME DE GUERRE (Men of War) réalisé par Perry Lang, disponible en DVD et Blu-ray le 12 septembre 2017 chez Metropolitan Vidéo

Acteurs :  Dolph Lundgren, Charlotte Lewis, B.D. Wong, Anthony John Denison, Tiny “Zeus” Lister, Tim Guinee…

Scénario :  John Sayles, Ethan Reiff, Cyrus Voris d’après une histoire originale de Stan Rogow

Photographie : Rohn Schmidt

Musique : Gerald Gouriet

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1994

LE FILM

Ne supportant plus son retour à la vie civile, Nick Gunar, un ancien mercenaire, accepte à contre-cœur un contrat très spécial : convaincre, par la force si nécessaire, les habitants d’une île paradisiaque de céder leurs terres et ses richesses à une multinationale. Nick réunit autour de lui d’anciens compagnons de combat entraînés et investit l’île. Mais au contact des indigènes de ce paradis perdu, le suédois entrevoit une nouvelle vie et renonce à sa mission. Son équipe de mercenaires ne l’entend pas ainsi et une guerre impitoyable éclate…

Ceux qui voudraient en savoir plus sur les débuts de Dolph Lundgren peuvent se tourner vers notre critique/chronique d’un de ses derniers films, l’excellente série B Don’t Kill It de Mike Mendez. L’ami Dolph est à la fête puisque l’éditeur Metropolitan Vidéo vient d’éditer un Blu-ray qui réunit deux des films les plus célèbres du comédien, L’Homme de guerre de Perry Lang et État d’urgence de Frédéric Forestier. Nous verrons le second très prochainement, pour nous concentrer uniquement sur le premier, Men of War, réalisé par Perry Lang en 1994, considéré à juste titre comme l’un des meilleurs opus de l’acteur suédois. Très bien mis en scène, écrit et photographié, L’Homme de guerre reste un très bon divertissement, généreux en scènes d’action et fusillades, en particulier durant son dernier tiers explosif et très brutal.

Nick Gunar, encore appelé « le Suédois », ancien militaire des Forces Spéciales, a loué son impressionnante force physique et son goût du meurtre sur tous les champs de carnage du monde. Il voit avec frayeur s’approcher l’heure de la retraite et, plutôt que de passer un autre Noël solitaire dans son appartement de Chicago, dans l’insupportable douceur hivernale, il décide de prêter main-forte à la Nitro Mine Corporation, qui a maille à partir avec une poignée d’indigènes récalcitrants, sur une île paradisiaque de la mer de Chine. Après avoir accepté de travailler comme mercenaire pour deux industriels, Gunar part en compagnie de six confrères et débarque sur les lieux où la bande commence à massacrer en gros. Il découvre rapidement qu’il a affaire à forte partie. La population n’est pas prête à céder ses droits. Parallèlement à sa carrière d’acteur (1941, L’Echelle de Jacob), Perry Lang passe à la mise en scène au début des années 1990 avec Little Vegas, puis signe son deuxième long métrage L’Homme de guerre quatre ans plus tard. Bien qu’il ait principalement fait sa carrière à la télévision à travers une multitude de séries (Dawson, Alias, Urgences), le réalisateur soigne vraiment son cadre et Men of War étonne par la beauté de ses plans, ce qui lui donne un cachet supplémentaire.

Le scénario de John Sayles (Piranhas, Hurlements), également script-doctor réputé, coécrit avec Ethan Reiff et Cyrus Voris (Robin des Bois de Ridley Scott), s’avère une réflexion sur les moyens utilisés par des hommes d’affaires peu scrupuleux, bien décidés à arriver à leurs fins, quitte à décimer une population entière afin de s’emparer de leurs ressources. Si le film s’ouvre une musique bien patriotique, le récit prend le temps d’installer les personnages et les enjeux, avec quelques touches d’humour et des répliques soignées (« pour cette mission ce qu’il nous faut c’est le doigté d’un poète ! »), un badguy bien cinglé (Trevor Goddard), tandis que Gunar (très bon Dolph Lundgren) constitue son équipe à l’instar des 12 Salopards, concept souvent repris dans le cinéma d’action, comme dernièrement dans le troisième opus de la franchise Expendables de Patrick Hughes.

L’histoire se resserre progressivement autour de deux bandes rivales, qui se disputent finalement la richesse ultime qui se révèle être de la fiente d’oiseaux. C’est là toute l’ironie de L’Homme de guerre, montrer des hommes qui explosent tout autour d’eux et qui déciment des autochtones qui refusent de se soumettre, afin d’acquérir…du guano. L’Homme de guerre est donc une agréable surprise, franchement divertissante avec ce festival de tronches patibulaires armées jusqu’aux dents (et le charme de Charlotte Lewis en bonus) et qui n’oublie pas de faire passer un message loin d’être idiot, sans omettre l’émotion.

LE BLU-RAY

Après une édition en DVD en 2002, L’Homme de guerre fait tout naturellement sa réapparition dans les bacs chez le même éditeur et cette fois en Haute-Définition ! Metropolitan Vidéo n’a pas fait les choses à moitié pour les amateurs de Dolph Lundgren puisque L’homme de guerre est accompagné d’État d’urgence pour une séance double-programme ! A la manière de ses récentes sorties consacrées à Jean-Claude Van Damme et Albert Pyun, deux films avec Dolph Lundgren se trouvent donc réunis sur la même galette. Le test d’ État d’urgence suivra très prochainement. En attendant, une fois le disque inséré, un menu fixe et muet nous propose de sélectionner directement le film, la langue et le supplément désiré. Notons que L’Homme de guerre est annoncé dans sa version uncut.

En ce qui concerne L’Homme de guerre, seule une présentation du film par Jérémie Damoiseau est proposée (4’). Ce spécialiste de Dolph Lundgren et auteur du livre Punisher : l’histoire secrète (Broché), explique pourquoi selon-lui L’Homme de guerre est un des meilleurs films du comédien suédois. Jérémie Damoiseau donne quelques indications sur les scénaristes, en particulier John Sayles (script-doctor chez Ron Howard, Steven Spielberg), l’histoire du film, le tout ponctué par quelques anecdotes de production et illustré de photos.

L’Image et le son

Si l’apport HD demeure parfois limité, force est de constater que le master affiche une stabilité fort plaisante. Bien que divers points, griffes et tâches subsistent (même un petit raccord de montage à la 39e minute, scène la plus abimée), la restauration est évidente, la colorimétrie retrouve une vraie vivacité, les contrastes et les détails sont bien renforcés, le grain cinéma est respecté, même si la gestion vacille sur les séquences sombres à l’instar de la séquence dans le night-club (à 15’). Certains arrière-plans fourmillent quelque peu, mais la définition contentera les grands fans de L’Homme de guerre. Un vrai plaisir de le posséder en HD, d’autant plus que le cadre large y est resplendissant ! Ce Blu-ray est au format 1080p.

En ce qui concerne le son, nous avons évidemment le choix entre la version originale et la version française en DTS-HD Master Audio 2.0 ! Le doublage français que nous connaissons tous (le grand Daniel Beretta prête son timbre grave à Dolph Lundgren) est évidemment respecté (mention aux accents asiatiques) et cette piste s’avère aussi claire et dynamique que la version originale. Les ambiances, la musique, les déflagrations et les dialogues sont aussi riches, même si la piste anglaise l’emporte probablement au niveau des effets. Les sous-titres ne sont pas imposés sur cette piste et le changement de langue n’est pas verrouillé.

Crédits images : © Dimension Films / Metropolitan Video / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Chiens, à vous de créver !, réalisé par Frank Wisbar

CHIENS, À VOUS DE CREVER ! (Hunde, wollt ihr ewig leben) réalisé par Frank Wisbar, disponible en DVD le 11 juillet 2017 chez Movinside

Acteurs : Joachim Hansen, Peter Carsten, Wolfgang Preiss, Horst Frank, Wilhelm Borchert, Carl Lange, Richard Münch, Günter Pfitzmann…

Scénario : Frank Wisbar, Frank Dimen, Fritz Wöss, Heinz Schröter

Photographie : Helmuth Ashley

Musique : Herbert Windt

Durée : 1h33

Date de sortie initiale : 1959

LE FILM

Octobre 1942. Le général Friedrich Paulus qui commande la 6ème Armée obéit aveuglement à Hitler qui exige, coûte qui coûte, qu’il tienne Stalingrad et résiste par tous les moyens à l’encerclement des troupes soviétiques. Dans les rangs allemands, les soldats privés d’armes et de vivres commencent à prendre conscience de la folie mégalomane du Führer. Parmi eux, le lieutenant Wisse, le sergent Böse, le caporal Krämer et un aumônier, redécouvrent des valeurs humaines que la guerre avait annihilé.

Hormis le film soviétique Stalingradskaja Bitva (The Battle of Stalingrad) réalisé en 1949 de Vladimir Petrov, restauré il y a une dizaine d’années par l’International Historique Films, Chiens, à vous de crever !Hunde, wollt ihr ewig leben ! de Frank Wisbar est le premier long métrage allemand à parler de la débâcle allemande lors de la bataille de Stalingrad. De son vrai nom Frank Wysbar (1899-1967), le cinéaste né à Tilsit alors en Prusse-Orientale livre un très grand film de guerre malheureusement et injustement oublié aujourd’hui. Il est donc grand temps de réhabiliter Chiens, à vous de crever ! qui aborde frontalement et avec objectivité l’une des batailles les plus sanglantes de la Seconde Guerre mondiale, qui a opposé l’armée soviétique à l’armée allemande de juillet 1942 à février 1943.

Le film adopte le point de vue de l’armée allemande et montre comment les soldats et leurs supérieurs ont été tout simplement abandonnés par Adolf Hitler, qui promettait alors de les ravitailler en nourriture, en armes et en hommes. L’histoire s’attache à une poignée de personnages livrés à eux-mêmes, affamés, démunis, rongés par le froid (on brûle les photos encadrées du Führer pour se réchauffer) et la maladie, tandis que les cadavres s’amoncellent sur leur chemin, avant de se retrouver encerclés dans la ville de Stalingrad alors à feu et à sang. Dès la première séquence, Frank Wisbar montre une armée triomphante qui défile sous les yeux brillants du Führer, tandis qu’une voix-off vient couper court à cette parade en commentant des images du front dévasté, des soldats allemands morts au combat : « Jusqu’à ce que la neige et le vent recouvrent les cadavres et fassent oublier l’entrée triomphale. Le soldat mort n’a que faire de l’issue victorieuse ou non de la guerre ». Sur un montage percutant et fluide, Chiens, à vous de crever ! intègre d’incroyables et impressionnants stockshots, parfois très difficiles et violents, qui rend compte des tensions et des divisions au sein de la 6e armée envoyée sur le front de l’Est.

Avec des moyens plutôt conséquents, Frank Wisbar rend compte de la situation sur le front qui n’a de cesse de se dégrader (un soldat allemand meurt toutes les 7 secondes), tandis que les russes mieux équipés, resserrent leurs unités jusqu’à étouffer littéralement leurs adversaires. Adolf Hitler apparaît de dos principalement, tandis que sa voix exprime clairement son désintérêt pour ces hommes qui seraient très vite remplacés s’ils devaient tous tomber. De leur côté, Goebbels déclare déjà la victoire allemande sur Stalingrad et Göring s’époumone à la radio pour célébrer le dixième anniversaire de la prise du pouvoir. Jusqu’à la reddition des troupes allemandes après plus de six mois de combats, plus de 800.000 pertes soviétiques (civils et soldats) et 400 000 militaires allemands, roumains, italiens, hongrois et croates.

S’il démarre comme un documentaire, Chiens, à vous de crever ! s’avère un film maîtrisé et épatant, aussi passionnant sur le fond que sur la forme, porté par de remarquables comédiens et qui s’avère un témoignage sans concession ni faux héroïsme, qui colle au plus près de la vérité. C’est le cas de la séquence où durant une courte trêve demandée entre les deux armées afin d’aller récupérer leurs soldats décédés sur le front, un officier allemand trouve un piano dans les décombres recouvertes de neige et commence à jouer une sonate de Beethoven.

Sorti en France en 1960, le film de Frank Wisbar attire plus d’1,2 million de spectateurs dans les salles, et se voit récompenser par de nombreux prix en Allemagne, dont le meilleur réalisateur et le Deuxième meilleur film aux Prix du film allemand. Il faudra attendre 1989 et le film russe Stalingrad de Youri Ozerov pour que le cinéma s’intéresse à nouveau à cet épisode clé de la Seconde Guerre mondiale.

LE DVD

Chiens, à vous de crever ! intègre la collection Grands films de guerre disponible chez Movinside. Aucun supplément ni de chapitrage, le menu principal, animé et musical, ne propose que le choix des langues avant le lancement du film. Si l’éditeur aurait pu proposer une présentation de Chiens, à vous de crever ! par un historien du cinéma, la grande rareté du film l’emporte sur l’absence des suppléments.

L’Image et le son

La restauration est impressionnante ! Movinside a pu mettre la main sur un master qui permet de (re)découvrir Chiens, à vous de crever ! dans de très bonnes conditions. Certes, les stockshots n’ont évidemment pas été restaurés et détonnent avec les images filmées par Frank Wisbar, mais la copie s’avère propre, stable, les contrastes sont bien gérés, les noirs sont denses et certaines séquences s’avèrent lumineuses. Quelques points blancs et rayures verticales ont pu échapper au nettoyage, mais dans l’ensemble l’image est de fort bon acabit.

La version originale est proposée dans son intégralité avec des sous-titres français non imposés. La piste est étonnamment propre, ne serait-ce que deux ou trois craquements, sans souffle parasite et sans bruits de fond. Le confort acoustique est donc assuré. Une piste française est également au programme, un peu plus sourde, mais qui ne démérite pas.

Crédits images : © BETA FILM. / Movinside / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Les Chiens sont lâchés, réalisé par Falk Harnack

LES CHIENS SONT LÂCHÉS (Unruhige Nacht) réalisé par Falk Harnack, disponible en DVD le 11 juillet 2017 chez Movinside

Acteurs : Bernhard Wicki, Ulla Jacobsson, Hansjörg Felmy, Anneli Sauli, Erik Schumann, Werner Hinz, Richard Münch…

Scénario : Horst Budjuhn, Albrecht Goes

Photographie : Friedl Behn-Grund

Musique : Hans-Martin Majewski

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

En Russie, pendant la Deuxième Guerre mondiale, un pasteur est désigné pour assister un soldat condamné à mort pour désertion. Ce soldat est un très jeune homme, presque encore un adolescent, tendre, doux et buté… Il doit être exécuté le lendemain matin. Le pasteur, en possession du dossier de Boranovski, compte passer la nuit à l’étudier, ignorant encore qu’il ne sera pas seul dans sa chambre d’auberge : un jeune capitaine. Von Arnim, doit la partager avec lui. Celui-ci lui dit qu’il vient d’être désigné pour Stalingrad, d’où on ne revient pas, et qu’il a demandé à sa fiancée, infirmière, de venir passer avec lui cette nuit-là, qui sera bien vraisemblablement leur première et aussi leur dernière nuit…

Grand succès du box-office allemand, Les Chiens sont lâchésUnruhige Nacht est l’oeuvre du réalisateur Falk Harnack (1913-1991), qui fut très actif dans la résistance allemande durant la période nazie. Il est issu d’une famille de savants, d’artistes et de scientifiques, dont plusieurs ont payé de leur vie leur résistance antinazie. En 1943, il déserte pour rejoindre la Grèce où il s’allie au Greek People’s Liberation Army, avant de cofonder plus tard et de diriger le “comité antifasciste pour une Allemagne libre”. Les Chiens sont lâchés, réalisé en 1958, est symbolique de son combat et de son cinéma. Poignant, ce drame de guerre est une véritable révélation. Falk Harnack met en scène une poignée de soldats allemands, plongés en plein coeur de la Seconde Guerre mondiale, au cours de la bataille de Stalingrad. Un pasteur militaire parcourt le dossier d’un soldat allemand condamné à mort pour désertion après être tombé amoureux d’une jeune ukrainienne.

L’aumônier Brunner est interprété par le grand acteur allemand Bernhard Wicki, vu dans La Nuit de Michelangelo Antonioni et Paris, Texas de Wim Wenders. Il est également réalisateur et on lui doit entre autres les parties allemandes du Jour le plus long ou bien encore le célèbre film Le Pont, mis en scène en 1959. Dans Les Chiens sont lâchés, sa prestation tout en colère rentrée et immense délicatesse foudroie le spectateur. Son empathie et son amour pour ce jeune homme prénommé Fedor Boranovski (Hansjörg Felmy), dont le recours en grâce a été rejeté une dernière fois, sont traités avec finesse et intelligence. Malgré l’apparente austérité des décors et la sécheresse du montage, la mise en scène est très inspirée (très beaux mouvements de caméra) et l’émotion affleure progressivement, au fur et à mesure que le pasteur découvre l’histoire de celui qu’il doit informer de son exécution, en essayant de lui apporter une tranquillité d’esprit. L’aumônier arrive sur place en fin d’après-midi et découvre que Boranovski, accusé d’avoir déserté (plus de 200.000 jeunes soldats allemands avaient déserté) en ayant profité de la confusion d’une attaque aérienne, doit se faire fusiller le lendemain matin à l’aube.

Durant la nuit, alors qu’il partage sa chambre avec un capitaine sur le point d’être envoyé sur le champ de bataille à Stalingrad et sa fiancée Melanie, Brunner découvre l’histoire de Boranovski. Falk Harnack use alors de récents flashbacks qui dressent le portrait d’un jeune homme qui n’inspirait qu’à vivre comme n’importe quel être humain, qui a rencontré l’amour auprès d’une jeune mère et veuve ukrainienne. Un petit homme moustachu à frange en a décidé autrement. Par ailleurs, ce dernier apparaît seulement en fond sonore pendant un discours, comme si sa présence, ou plutôt son omniprésence était tellement devenue banale qu’on ne faisait même plus attention à lui. Tandis qu’il s’époumone sur la victoire qu’il sent “imminente”, les soldats vaquent à leurs occupations, laissant ce chien aboyer dans le vide. Falk Harnack livre un film pacifiste, antimilitariste et antinazi, fortement engagé, beau et très attachant.

LE DVD

Les Chiens sont lâchés intègre la collection Grands films de guerre disponible chez Movinside. Aucun supplément ni de chapitrage, le menu principal, animé et musical, ne propose que le choix des langues (version originale avec ou sans sous-titres français) avant le lancement du film. Si l’éditeur aurait pu proposer une présentation des Chiens sont lâchés par un historien du cinéma, la grande rareté du film l’emporte sur l’absence des suppléments.

L’Image et le son

Movinside propose Les Chiens sont lâchés dans son format original 1.33 (4/3). Le grain original a été lissé quasiment entièrement, la copie a subi un certain dépoussiérage, même si des rayures verticales, points noirs, tâches et raccords de montages demeurent visibles. L’image est stable, divers moirages sont constatés, notamment sur les galons des officiers, sans oublier les décrochages sur les fondus enchaînés. Le N&B est lumineux, la gestion des contrastes équilibrée. Malgré les défauts énumérés, découvrir le film de Falk Harnack est une chance inespérée et nous ne pouvons que saluer l’éditeur pour cette ambitieuse sortie dans les bacs.

Seule la version originale est proposée avec des sous-titres français non imposés. La piste est étonnamment propre, ne serait-ce que deux ou trois craquements, sans souffle parasite et sans bruits de fond. Le confort acoustique est donc assuré.

Crédits images : © BETA FILM. / Movinside / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Seul dans Berlin, réalisé par Vincent Pérez

SEUL DANS BERLIN (Alone in Berlin) réalisé par Vincent Pérez, disponible en DVD le 1er juillet 2017 chez Pathé

Acteurs : Emma Thompson, Daniel Brühl, Brendan Gleeson, Mikael Persbrandt, Louis Hofmann, Katharina Schüttler, Godehard Giese, Jacob Matschenz

Scénario : Achim von Borries, Vincent Perez, Bettine von Borries d’après le roman Seul dans Berlin de Hans Fallada

Photographie : Christophe Beaucarne

Musique : Alexandre Desplat

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Berlin, 1940. Otto et Anna Quangel, un couple d’ouvriers, vivent dans un quartier modeste où, comme le reste de la population, ils tentent de faire profil bas face au parti nazi. Mais lorsqu’ils apprennent que leur fils unique est mort au front, les Quangel décident d’entrer en résistance.

Espoir du cinéma français dans les années 1990 après avoir enchaîné Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau, Le Voyage du capitaine Fracasse de Ettore Scola, Indochine de Régis Wargnier, La Reine Margot de Patrice Chéreau, Le Bossu de Philippe de Broca ou bien encore Le Temps retrouvé de Raoul Ruiz et une incursion américaine dans le rôle-titre de The Crow, la cité des anges de Tim Pope, le comédien suisse Vincent Perez a ensuite connu bien des bas. Mis à part Fanfan la Tulipe de Gérard Krawczyk, les années 2000 n’ont guère brillé pour lui. Entre les comédies navrantes (Epouse-moi, Le Libertin, Bienvenue en Suisse) et les films de genre ratés (Les Morsures de l’aube, La Reine des Damnés, Le Pharmacien de garde), Vincent Perez n’aura vraiment participé qu’à un seul bon film, le méconnu Demain dès l’aube… de Denis Dercourt (2009). Bien décidé à rebondir, il s’essaye à la mise en scène avec son premier long métrage, Peau d’ange (2002), avec Guillaume Depardieu. En 2007, il se tourne vers le genre fantastique et les Etats-Unis pour son second film en tant que réalisateur, Si j’étais toi, avec David Duchovny, Lili Taylor et Olivia Thirlby. Dix ans plus tard, il signe son troisième long métrage, Seul dans Berlin, adaptée de l’oeuvre de Hans Fallada publiée en 1947 à Berlin-Est. Ce célèbre roman – Jeder stirbt für sich allein (titre original)évoque la résistance allemande face au régime nazi et les conditions de survie des citoyens allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Déjà transposé à la télévision en 1962 et 1970, puis au cinéma en 1975, avant de faire l’objet d’un documentaire en 2013 pour France 3 (Seul contre Hitler), ce livre devenu best-seller international est fondé sur la véritable histoire d’Otto Hampel (rebaptisé Quangel dans le film de Vincent Pérez) et de sa femme Elise, exécutés le 8 avril 1943 pour des actes de résistance antinazie. Seul dans Berlin propose une version quelque peu édulcorée du roman et s’avère une adaptation trop propre, même si le film ne laisse évidemment pas indifférent. En 1940, à Berlin, ville paralysée par la peur, Anna et Otto Quangel ne vivent que pour avoir des nouvelles de leur fils, enrôlé dans l’armée allemande. Quand on leur annonce la mort de leur enfant, leur monde s’écroule. Alors que Hitler est au sommet de sa gloire, ils décident, brisés par le désespoir, d’ébranler le régime nazi à leur façon. Ils disséminent dans toute la ville des pamphlets. Les autorités, irritées par cet acte de rébellion, chargent un certain Escherich de découvrir qui se cachent derrière ces cartes postales. L’étau se resserre peu à peu autour du couple Quangel.

Alors que le roman proposait une description de la barbarie et de la cruauté du Troisième Reich et de la vie des habitants de Berlin pendant la Seconde Guerre mondiale, le film de Vincent Pérez repose sur une reconstitution classique et académique avec des rues clinquantes et des costumes flambants neufs. L’ensemble fait toc, mais ce n’est rien à côté de l’utilisation de la langue anglaise qui rend l’ensemble artificiel, même si Vincent Pérez s’est visiblement battu pour tourner son film en allemand, sans succès et à sa grande déception. Si Emma Thompson et Brendan Gleeson sont comme d’habitude excellents, Vincent Pérez aurait vraiment gagné à tourner son film avec un couple de comédiens allemands et surtout dans la langue de Goethe. Seul dans Berlin s’apparente plus à une illustration qu’à une véritable adaptation. Toutefois, après une première partie maladroite et qui peine à trouver son rythme, la seconde se montre plus passionnante puisqu’elle repose à la fois sur les actes de résistances du couple principal et l’enquête d’Escherich (Daniel Brühl dans la peau d’un agent de la Gestapo qui s’exprime en anglais en forçant l’accent teuton) qui tente de mettre la main sur l’individu qui rédige et dépose des cartes aux messages antinazis aux quatre coins de Berlin.

Seul dans Berlin échoue dans son désir d’émouvoir les spectateurs à cause de sa facture télévisuelle et de ses décors tape-à-l’oeil (le film a essentiellement été tourné à Görlitz, à la frontière polonaise), mais parvient finalement à capter l’attention du spectateur en instaurant un suspense dès l’entrée en scène du personnage d’Escherich qui commence sa chasse à l’homme. Certes, Seul dans Berlin permettra à certains de connaître l’histoire du couple Hampel, mais le film laisse toutefois un sentiment d’inachevé puisque les personnages manquent de chair et que l’empathie – l’émotion donc – peine à prendre.

LE DVD

Après un passage éclair dans les salles françaises en novembre 2016, Pathé édite le film de Vincent Pérez uniquement en DVD. Le disque repose dans un boîtier classique transparent et la jaquette reprend le visuel de l’affiche originale. Le menu principal est animé et musical.

Aucun supplément au programme.

L’Image et le son

Faites confiance à Pathé pour assurer le service après-vente ! Le film de Vincent Pérez n’a certes connu aucun succès dans les salles mais se trouve choyé par l’éditeur. Le master tient toutes ses promesses, la colorimétrie froide souvent désaturée est superbe, les contrastes denses, les détails ciselés sur le cadre large et le relief étonnant. Si la définition n’est pas optimale – certaines séquences en intérieur sont plus douces – le piqué est fort acceptable, et la photo du chef opérateur Christophe Beaucarne (Mal de pierres, La Chambre bleue) est admirablement restituée.

Comme pour l’image, l’éditeur a soigné le confort acoustique et livre deux mixages anglais et français, Dolby Digital 5.1, aussi probants dans la scène d’ouverture que dans les séquences plus calmes. La première séquence peut compter sur une balance assez percutante des frontales comme des latérales, avec des coups de feu très présents. Les effets annexes sont palpables et souvent dynamiques, les voix solidement exsudées par la centrale, tandis que le caisson de basses souligne efficacement chacune des séquences au moment opportun. La spatialisation musicale – composition d’Alexandre Desplat – est probante. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiovision. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue impossible à la volée.

Crédits images : © Christine Schroeder / Marcel Hartman / X Verleih / Pathé / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr