Test Blu-ray / Atlantique, réalisé par Mati Diop

ATLANTIQUE réalisé par Mati Diop, disponible le 4 février 2020 en DVD et Blu-ray chez Ad Vitam.

Acteurs : Abdou Balde, Aminata Kane, Ibrahima Mbaye, Amadou Mbow, Mame Bineta Sane, Diankou Sembene, Nicole Sougou, Babacar Sylla…

Scénario : Mati Diop, Olivier Demangel

Photographie : Claire Mathon

Musique : Fatima Al Qadiri

Durée : 1h44

Année de sortie : 2019

LE FILM

Ada, qui va bientôt se marier avec Omar, immigré régulier en Italie, est amoureuse de Souleiman. Tous deux doivent se retrouver ce soir-là, avec les autres garçons et filles, dans une boîte de nuit de bord de mer. Mais Souleiman décide de quitter le pays en embarquant sur l’océan.

Pour son premier long métrage en tant que réalisatrice, la comédienne Mati Diop, vue dans 35 rhums (2008) de Claire Denis est repartie avec le Grand Prix au Festival de Cannes en 2019. Une récompense prestigieuse qui est venue distinguer très justement cette œuvre quasi-inclassable, mais néanmoins engagée, à la frontière de plusieurs genres, qui a des choses à dire, mais qui préfère en même temps faire confiance au ressenti du spectateur, pour ne pas lui servir un discours politique tout cuit dans le bec. Tout cela en flattant une audience cinéphile et même cinéphage en plaçant son histoire dans le film de genre, et plus particulièrement dans le film de zombies. Atlantique est typique d’une première œuvre, riche, peut-être et sans doute trop, dans laquelle Mati Diop place tout ce dont elle a envie de parler. En résulte un film qui peut parfois sembler bancal, traversé néanmoins par de remarquables fulgurances dramatiques, magnifiquement photographié et surtout interprété par une jeune comédienne en état de grâce, la révélation Mame Bineta Sané, en lice pour obtenir le César du Meilleur espoir féminin.

Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers d’un chantier, sans salaire depuis des mois, décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur. Parmi eux se trouve Souleiman, qui laisse derrière lui celle qu’il aime, Ada, promise à un autre homme. Quelques jours après le départ en mer des garçons, un incendie dévaste la fête de mariage d’Ada et de mystérieuses fièvres s’emparent des filles du quartier. Issa, jeune policier, débute une enquête, loin de se douter que les esprits des noyés sont revenus. Si certains viennent réclamer vengeance, Souleiman, lui, est revenu faire ses adieux à Ada.

Bien après le visionnage d’Atlantique, le film ne cesse de revenir sans cesse en tête, le spectateur essayant de recomposer certaines scènes, pour comprendre là où Mati Diop a bien voulu le mener et ce qu’elle a souhaité lui dire. Tout d’abord, la beauté plastique d’Atlantique est indéniable avec ses couleurs pastel concoctées par la grande directrice de la photographie Claire Mathon, dernièrement à l’oeuvre sur Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma et Rester vertical d’Alain Guiraudie. La mise en scène élégante de Mati Diop agit comme une véritable séance d’hypnose du début à la fin, impression renforcée par cette fièvre étrange qui s’empare de quelques habitants et qui ranime momentanément les esprits des noyés, ceux qui étaient partis en espérant trouver un futur plus prometteur. A la fois documentaire, pour tout ce qui tourne autour du chantier de cette incroyable tour futuriste (inspirée par un projet abandonné imaginé par l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade et Mouammar Kadhafi en 2009) qui apparaît comme un mirage en plein désert, ainsi que la situation sociale des habitants (des acteurs non-professionnels pour la plupart) et des ouvriers (les migrations subsahariennes, le désœuvrement de la jeunesse africaine), drame politico-psychologique et conte fantastique où les vivants, ceux qui sont restés, portent en eux les disparus, Atlantique perturbe les repères et emmène là où s’y attendait le moins.

Si toutes les réponses ne sont données à la fin, le film de Mati Diop reste suffisamment limpide pour accrocher. Coécrit par la réalisatrice et Olivier Demangel (consultant sur la série Baron Noir), Atlantique est en fait la version en long métrage du court-métrage de Mati Diop, Atlantiques, réalisé à Dakar en 2009, qui surfait déjà sur le fil tendu entre le documentaire et la fiction. En fait, Atlantiques était un prologue d’Atlantique et les deux films restent désormais indubitablement liés.

Sur un montage lent, languissant, mais toujours maîtrisé, Atlantique avance par vagues (!) successives, comme un ressac qui emporte l’audience dans un flot d’émotions, un univers méconnu, palpable, mais qui conserve son étrangeté et son ambiguïté, et avant tout son charme poétique.

LE BLU-RAY

Le DVD et le Blu-ray d’Atlantique sont disponibles chez Ad Vitam. La jaquette de l’édition HD reprend le visuel de la superbe affiche d’exploitation, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue. Le menu principal est animé et musical.

Nous en parlions plus, le court-métrage Atlantiques (16’) réalisé par Mati Diop en 2009 dans le cadre de ses études, est proposé comme unique supplément sur cette édition. On y suit Serigne, un jeune homme qui raconte à ses amis sa traversée en mer. “C’est l’époque « Barcelone ou la Mort » où des milliers de jeunes quittent les côtes sénégalaises pour un avenir meilleur en tentant de rejoindre l’Espagne” raconte la réalisatrice.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Après son triomphe à Cannes, Ad Vitam prend soin d’Atlantique pour son arrivée dans les salons et en Haute Définition. Un master HD quasi-irréprochable au transfert immaculé. Respectueux des volontés artistiques originales, la copie se révèle un petit bijou technique alliant des teintes chaudes, avec l’horizon bleuté, le tout étant soutenu par un encodage AVC de haute volée. Le piqué, tout comme les contrastes, sont tranchants, seuls les arrière-plans auraient pu être un peu plus détaillés, surtout sur les plans d’ensemble. Les gros plans sont ciselés à souhait, la colorimétrie est joliment laquée, le relief très présent. Un service après-vente remarquable et élégant.

La très belle musique composée par Fatima Al Qadiri est admirablement délivrée et spatialisée par le mixage DTS-HD Master Audio 5.1. Wolof et Français. Les voix des comédiens s’imposent sans mal sur la centrale, toujours clairs et distincts. Quelques ambiances naturelles parviennent à percer sur les latérales, la balance gauche-droite est dynamique, même si le caisson de basses reste souvent au point mort. La piste Stéréo instaure également un très bon confort acoustique.

Crédits images : © Ad Vitam / Roch Deniau / Silenzio / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Le Temps du châtiment, réalisé par John Frankenheimer

LE TEMPS DU CHÂTIMENT (The Young Savages) réalisé par John Frankenheimer, disponible en DVD et Blu-ray le 18 février 2020 chez Rimini Editions.

Acteurs : Burt Lancaster, Dina Merrill, Edward Andrews, Vivian Nathan, Shelley Winters, Larry Gates, Telly Savalas, Pilar Seurat…

Scénario : Edward Anhalt, J.P. Miller d’après un roman d’Evan Hunter

Photographie : Lionel Lindon

Musique : David Amram

Durée : 1h43

Année de sortie : 1961

LE FILM

Dans un quartier populaire d’une grande ville américaine, la guerre des gangs vient de faire une nouvelle victime : un jeune aveugle portoricain a été assassiné par trois adolescents d’origine italienne. L’opinion publique exige un châtiment exemplaire. Hank Bell, adjoint du procureur, mène l’enquête.

Le Temps du châtimentThe Young Savages (1961) est la première des cinq collaborations entre Burt Lancaster et le réalisateur John Frankenheimer (1930-2002). Cinq longs-métrages, tous tournés dans les années 1960. Suivront Le Prisonnier d’AlcatrazBirdman of Alcatraz (1962), Sept jours en maiSeven Days in May (1964), Le TrainThe Train (1964) et Les Parachustistes arriventThe Gypsy Moths (1969). Si l’entente entre les deux hommes a été particulièrement rude au début des prises de vues, Le Temps du châtiment a pourtant scellé l’une des associations les plus importantes de leurs carrières respectives. Le Temps du châtiment, second film pour le cinéma de John Frankenheimer, cinq ans après son premier coup d’essai Mon père, cet étrangerThe Young Stranger (1957), rend compte de l’aisance technique du cinéaste et de sa solide direction d’acteurs. Forcément, Burt Lancaster écrase la distribution par son charisme imposant et de son talent, mais comme à son habitude l’acteur ne tire jamais la couverture et laisse une belle place à ses partenaires, parmi lesquels Shelley Winters et Telly Savalas dans son premier rôle au cinéma. Au-delà de sa beauté plastique et de sa réalisation d’une folle modernité, Le Temps du châtiment interpelle toujours sur son étude de la délinquance juvénile. Un film coup de poing.

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Test DVD / Le Maître du gang, réalisé par Joseph H. Lewis

LE MAÎTRE DU GANG (The Undercover Man) réalisé par Joseph H. Lewis, disponible en DVD le 18 février 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Glenn Ford, Nina Foch, James Whitmore, Barry Kelley, David Wolfe, Frank Tweddell, Howard St. John, John F. Hamilton…

Scénario : Jack Rubin, Sydney Boehm d’après l’article de Frank J. Wilson

Photographie : Burnett Guffey

Musique : George Duning

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 1949

LE FILM

Agents du Trésor américain, Frank Warren et George Pappas se lancent dans une mission sous couverture afin de confondre un parrain de la mafia de Chicago. Frank n’hésite pas à mettre en péril son mariage, et même sa vie, dans l’espoir de faire tomber pour fraude fiscale celui qui, jusqu’alors, a toujours échappé à toute poursuite, malgré ses nombreux crimes…

Mais qui est ce fameux « Maître du gang » qui donne son titre français au film de Joseph H. Lewis ? Il s’agit bien évidemment d’Al Capone, qui en juin 1931 est inculpé pour fraude fiscale et infraction aux lois sur la Prohibition. Sorti en 1949, deux ans après la mort du plus célèbre gangster américain du XXe siècle, The Undercover Man est un petit bijou discret dans la carrière du réalisateur du Calvaire de Julia RossMy Name Is Julia Ross (1945) et Le Démon des armesGun Crazy (1950), qui rend hommage aux petites gens qui ont réussi à coincer celui que l’on croyait alors intouchable. Loin de la représentation habituelle d’Eliot Ness et des Incorruptibles, Le Maître du gang montre des petits fonctionnaires coincés dans quelques bureaux surchargés de paperasse, des agents qui délaissent leurs familles respectives et leurs compagnes, travaillant jour et nuit pour trouver l’élément qui fera basculer la balance en leur faveur, dans le but de clouer le « grand patron » au pilori. La réussite du film provient une fois de plus de Glenn Ford, décidément un comédien à redécouvrir, qui comme à son habitude livre une performance exceptionnelle, dans le rôle d’un type obstiné, persévérant, mais aussi fatigué, rêvant de passer du temps avec sa compagne, bref, toujours très attachant.

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Test DVD / Traquée, réalisé par Richard Wallace

TRAQUÉE (Framed) réalisé par Richard Wallace, disponible en DVD le 18 février 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Glenn Ford, Janis Carter, Barry Sullivan, Edgar Buchanan, Karen Morley, Jim Bannon, Stanley Andrews, Walter Baldwin…

Scénario : Ben Maddow d’après une histoire de John Patrick

Photographie : Burnett Guffey

Musique : Marlin Skiles

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1947

LE FILM

Stephen Prince, qui est banquier, et sa maîtresse Paula Craig décident de partir en emportant 250 000 dollars. Voulant faire croire à la disparition de Stephen, ils jettent leur dévolu sur Mike Lambert, qu’ils décident de tuer pour faire passer son corps pour celui de Stephen…

Sorti en 1947, TraquéeFramed, est l’un des derniers films mis en scène par le méconnu Richard Wallace (1894-1951), ancien collaborateur de Laurel & Hardy, à qui l’on doit quelques petites pépites comme Nid d’espionsThe Fallen Sparrow (1943) avec John Garfield et Maureen O’Hara. Traquée, titre français étrange car aucune femme ne l’est dans le film, est un polar comme on les aime, un film noir typique de la Columbia, avec sa durée resserrée, son intrigue signée Ben Maddow (Quand la ville dort, Le Vent de la plaine) menée sans aucun temps mort, son casting soigné, sa succession de rebondissements de la première à la dernière scène et sa photographie très élégante.

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Test Blu-ray / Mandico – Box 2 – Hormona et vanités

MANDICO – BOX 2 – HORMONA ET VANITÉS réalisé par Bertrand Mandico, disponible en combo Blu-ray+DVD le 11 février 2020 chez Malavida Films.

Acteurs : Elina Löwensohn, Nathalie Richard…

Scénario : Bertrand Mandico, Elina Löwensohn

Durée du programme : 1h50

Année de sortie : 2013-2016

LE PROGRAMME

Un peu plus de deux ans après la sortie dans les bacs de Mandico In The Box, qui rassemblait près de quinze ans de ses foisonnantes créations, le prolifique réalisateur Bertrand Mandico (né en 1971) est une fois de plus à l’honneur chez Malavida Films, qui donne une suite à cette exceptionnelle édition limitée avec un deuxième « Box », sobrement intitulé Mandico – Box 2 et sous-titré Hormona et vanités. C’est une invitation au voyage, une expérience, immense quand on décide lâcher prise, ou qui peut également rebuter si le spectateur ne parvient pas d’emblée à trouver une accroche suffisante. Mais pour celles et ceux qui accepteront de se laisser porter, le cinéma de Bertrand Mandico ne ressemble à aucun autre, à part peut-être à celui de David Lynch avec lequel il partage ce goût unique pour l’étrange, la vaporeux, l’inclassable. L’audience perd alors ses repères et plonge dans un univers inconnu, aux teintes souvent rosées, chaque court-métrage agissant comme une séance d’hypnose. L’ancien diplômé de l’école de cinéma d’animation des Gobelins possède une griffe aujourd’hui reconnaissable et inimitable, internationalement reconnue. Au-delà de ses films très organiques et surréalistes, il y a aussi ses innombrables collaborations avec la comédienne américaine d’origine roumaine Elina Löwensohn, vue dans La Liste de Schindler (1993) de Steven Spielberg, La Sagesse des crocodiles (2000) de Po-Chih Leong aux côtés de Jude Law, ou bien encore Laissez bronzer les cadavres ! de Hélène Cattet et Bruno Forzani qui marquent cet univers insolite et radical, très largement récompensé dans les festivals de cinéma du monde entier.

La première partie du DVD et du Blu-ray est consacré au programme Hormona, sorti en salle en 2015 et regroupant :

Notre-Dame des hormones (30′ – 2014) : Deux actrices (Elina Löwensohn et Nathalie Richard) passent un week-end dans une maison de campagne afin de répéter une pièce de théâtre. Lors d’une promenade dans les bois, l’une d’entre elles déterre une chose étrange. Une créature sans orifices, sans membres, de la taille d’un phoque. Une masse de chair et de peau, couverte de poils, qui respire bruyamment. Cette créature devient un objet de convoitise pour les deux femmes. Les rapports entre les deux actrices s’enveniment. Les deux femmes sont prêtes à tout pour posséder la chose. Cet enjeu débouche sur une succession de situations où se mêlent burlesque et violence. Les deux actrices sont loin de se douter qu’elles ont déterré Notre-Dame des hormones.

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Test Blu-ray / Lola Montès, réalisé par Max Ophüls

LOLA MONTÈS réalisé par Max Ophüls, disponible en Blu-ray le 19 février 2020 chez Carlotta Films.

Acteurs : Martine Carol, Peter Ustinov, Anton Walbrook, Henri Guisol, Lise Delamare, Oscar Werner, Paulette Dubost, Ivan Desny…

Scénario : Annette Wademant, Max Ophüls d’après le roman de Cécil Saint-Laurent

Photographie : Christian Matras

Musique : Georges Auric

Durée : 1h55

Année de sortie : 1955

LE FILM

Réduite à la déchéance, la scandaleuse Lola Montès est contrainte de donner en représentation sa fabuleuse destinée sous le chapiteau d’un cirque gigantesque.

Après avoir longuement planché sur une adaptation de l’opérette Mam’zelle Nitouche, puis débarqué du projet à cause de Fernandel qui ne souhaitait pas jouer avec son image comme le désirait Max Ophüls, le réalisateur du Plaisir jette finalement son dévolu sur le roman La Vie extraordinaire de Lola Montes de Cécil Saint Laurent. Ce sera son dernier film. Devant l’ampleur du projet (une véritable superproduction), le producteur Albert Caraco impose à Max Ophüls le cadre large, la couleur via Eastmancolor, le procédé Stéréophonique et la comédienne Martine Carol, consacrée star internationale depuis Caroline chérie déjà adapté du roman de Cécil Saint Laurent.

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Test Blu-ray / Paris est toujours Paris, réalisé par Luciano Emmer

PARIS EST TOUJOURS PARIS (Parigi è sempre Parigi) réalisé par Luciano Emmer, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret chez Coin de mire Cinéma.

Acteurs : Aldo Fabrizi, Henri Guisol, Ave Ninchi, Jeannette Batt, Hélène Rémy, Henri Génès, Marcello Mastroianni, Lucia Bosè, Carlo Sposito …

Scénario : Sergio Amidei, Luciano Emmer, Jean Ferry, Ennio Flaiano, Giulio Macchi, Francesco Rosi, Jacques Rémy

Photographie : Henri Alekan

Musique : Roman Vlad

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1951

LE FILM

A l’occasion d’un match de football de la Squadra Azzura, un groupe d’italiens débarque à Paris. Leurs chemins se séparent à la descente du train, et tous vont vivre des moments surprenants dans la capitale…

Ah, Paris ! La Tour Eiffel, les Champs-Elysées, la place de la Concorde, le Louvre…mais aussi les petites femmes de Pigalle ou celles qui arpentent le bitume détrempé de Montmartre, ses cabarets enfumés et tout et tout…Paris sera toujours Paris, mais pour l’heure, Paris est toujours Paris Parigi è sempre Parigi est le second long métrage du méconnu Luciano Emmer (1918-2009), qui a essentiellement oeuvré comme documentariste de 1941 à 2008. Une très longue carrière, prolifique, dont les films consacrés à l’art (Goya, Leonardo da Vinci, Picasso) ont unanimement été salués par la critique. En 1996, le Centre Georges Pompidou lui a même consacré une rétrospective. Son travail dans le domaine de la fiction reste cependant confidentiel. Son premier long métrage, Dimanche d’aoûtDomenica d’agosto (1950), se focalisait sur des habitants de Rome, qui se rendaient en masse vers la plage d’Ostie, un dimanche de la fin août en 1949. La ville était alors désertée. Puis, le soir, tout un chacun retournait chez soi, prêt à reprendre ses occupations professionnelles le lendemain. Paris est toujours Paris est comme qui dirait une fausse suite, dans laquelle Luciano Emmer se tient encore une fois sur le fil tenu entre le documentaire (le film est un vrai témoignage du Paris de 1950) et la fiction (très belle photo d’Henri Alekan), en se moquant gentiment des circuits touristiques alors en pleine explosion.

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Test Blu-ray / Ça : chapitre 2, réalisé par Andrés Muschietti

ÇA : chapitre 2 (It Chapter Two) réalisé par Andrés Muschietti, disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra HD chez Warner Bros. le 15 janvier 2020

Avec : Jessica Chastain, James McAvoy, Bill Hader, Isaiah Mustafa, Jay Ryan, James Ransone, Andy Bean, Bill Skarsgård, Jaeden Martell, Wyatt Oleff, Jack Dylan Grazer, Finn Wolfhard, Sophia Lillis, Chosen Jacobs, Jeremy Ray Taylor, Teach Grant, Nicholas Hamilton, Javier Botet, Xavier Dolan…

Scénario : Gary Dauberman d’après le roman Ça de Stephen King

Photographie : Checco Varese

Musique : Benjamin Wallfisch

Durée : 2h43

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

27 ans après la victoire du Club des Ratés sur Grippe-Sou, le sinistre Clown est de retour pour semer la terreur dans les rues de Derry. Désormais adultes, les membres du Club ont tous quitté la petite ville pour faire leur vie. Cependant, lorsqu’on signale de nouvelles disparitions d’enfants, Mike, le seul du groupe à être demeuré sur place, demande aux autres de le rejoindre. Traumatisés par leur expérience du passé, ils doivent maîtriser leurs peurs les plus enfouies pour anéantir Grippe-Sou une bonne fois pour toutes. Mais il leur faudra d’abord affronter le Clown, devenu plus dangereux que jamais…

Tout d’abord, revenons en arrière. C’est une madeleine pour beaucoup de (télé)spectateurs, une mini-série culte qui compte des millions de fans à travers le monde et qui en gagne sans cesse de nouveaux, notamment en France où elle est très régulièrement diffusée sur la TNT après avoir été programmée pendant des années sur M6, sa première diffusion à la télé française remontant à octobre 1993 : Ça, plus connu en France sous le titre « Il » est revenu. Périodiquement, la ville de Derry dans le Maine est hantée par une terrible créature, un clown pervers capable de changer à loisir d’apparence afin de personnifier les peurs les plus intimes de ses victimes. Dans les années 1950, des événements tragiques se produisent à nouveau. S’attaquant uniquement aux enfants, qui disparaissent ou qui sont retrouvés morts dépecés, «Ça» est un jour vaincu par un groupe de sept jeunes amis de onze ans, six garçons et une fille, ayant fait la promesse de toujours poursuivre l’odieuse entité, qui a disparu dans les égouts abandonnés. Trente ans plus tard, alors que chacun mène une vie paisible aux quatre coins du pays, «Ça» réapparaît à nouveau à Derry. Conformément à leur promesse, le groupe des sept devra se reformer à l’âge de 40 ans pour affronter ses peurs d’enfants.

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Test Blu-ray / Portrait de la jeune fille en feu, réalisé par Céline Sciamma

PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU réalisé par Céline Sciamma, disponible en DVD et Blu-ray le 18 février 2020 chez Pyramide Vidéo.

Acteurs : Adèle Haenel, Noémie Merlant, Luàna Bajrami, Valeria Golino, Christel Baras, Armande Boulanger, Guy Delamarche, Clément Bouyssou…

Scénario : Céline Sciamma

Photographie : Claire Mathon

Musique : Jean-Baptiste de Laubier, Arthur Simonini

Durée : 2h01

Année de sortie : 2019

LE FILM

1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

Depuis Bande de filles en 2014, qui avait quelque peu déçu surtout après l’immense réussite du superbe Tomboy (2011), Céline Sciamma a remporté en 2017 le César de la meilleure adaptation pour le long métrage d’animation Ma vie de Courgette de Claude Barras, puis écrit Quand on a 17 ans d’André Téchiné. On attendait de pied ferme son grand retour derrière la caméra et le moins que l’on puisse dire, c’est que notre patience est largement récompensée avec le sublime Portrait de la jeune fille en feu, indéniablement son plus grand film et même son premier chef d’oeuvre. Lauréate du Prix du scénario au Festival de Cannes en 2019, Céline Sciamma aurait pu remporter la Palme d’or pour ce film, ou voir ses deux comédiennes principales, Adèle Haenel et Noémie Merlant, être récompensées par le Prix d’interprétation. Merveilleusement photographié, divinement écrit, passionnant, sensuel, Portrait de la jeune fille en feu est un drame doublé d’une histoire d’amour au rythme languissant, qui foudroie le coeur et ravit les sens. Assurément le plus grand film français de l’année 2019.

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Test DVD / Midi, gare centrale, réalisé par Rudolph Maté

MIDI, GARE CENTRALE (Union Station) réalisé par Rudolph Maté, disponible en DVD et Blu-ray le 18 février 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : William Holden, Nancy Olson, Barry Fitzgerald, Lyle Bettger, Jan Sterling, Allene Roberts, Herbert Heyes, Don Dunning…

Scénario : Sydney Boehm d’après le roman de Thomas Walsh

Photographie : Daniel L. Fapp

Musique : Heinz Roemheld

Durée : 1h17

Date de sortie initiale : 1950

LE FILM

Lorna Murchison, dont le père possède une immense fortune, est enlevée par des kidnappeurs qui espèrent obtenir, en échange de la jeune fille, qui est aveugle, une importante rançon. Mr Murchison est prêt à obéir aux ordres des ravisseurs mais la police découvre le drame. La gare centrale est dès lors sous une constante surveillance…

Avant de passer à la mise en scène, le polonais Rudolf Mayer, plus connu sous le nom de Rudolph Maté (1898-1964) avait fait ses classes en tant que directeur de la photographie en travaillant avec Carl Theodor Dreyer sur La Passion de Jeanne d’Arc, Louise Brooks sur Prix de beauté, Fritz Lang sur Liliom, Leo McCarey sur la première version de Elle et lui, sans oublier Alfred Hitchcock sur Correspondant 17, René Clair sur Le Dernier Milliardaire et La Belle ensorceleuse, Ernst Lubitsch sur To Be or Not To Be, Charles Vidor sur Gilda, jusqu’à La Dame de Shanghai d’Orson Welles en 1947. Réalisé en 1950, Midi, gare centraleUnion Station, demeure un de ses films les plus célèbres, au même titre que Le Souffle de la violenceThe Violent Men (1955). Très prolifique, Rudolph Maté enchaînera trois films en 1950, Mort à l’arrivée D.O.A., La Flamme qui s’éteint No Sad Songs for Me et Midi, gare centrale, immense polar, bien sec, nerveux et brutal, qui réunit William Holden et Nancy Olson, qui venaient de tourner Boulevard du crépusculeSunset Boulevard, chef d’oeuvre de Billy Wilder.

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