Test DVD / Jumeaux mais pas trop, réalisé par Olivier Ducray & Wilfried Méance

JUMEAUX MAIS PAS TROP réalisé par Olivier Ducray & Wilfried Méance, disponible en DVD et Blu-ray le 26 janvier 2023 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Ahmed Sylla, Bertrand Usclat, Pauline Clément, Gérard Jugnot, Isabelle Gélinas, Nicolas Marié, Jean-Luc Bideau, Claude Perron…

Scénario :Olivier Ducray, Jean-Paul Bathany & Wilfried Méance

Photographie : Denis Rouden

Musique : Alexis Rault

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

33 ans après leur naissance, deux frères jumeaux découvrent soudainement l’existence l’un de l’autre… Pour Grégoire et Anthony, la surprise est d’autant plus grande que l’un est blanc, l’autre noir ! Il y avait une chance sur un million que ce phénomène génétique survienne. Mais leur couleur de peau est loin d’être la seule chose qui les différencie ! En faisant connaissance, aucun des deux n’a l’impression d’avoir tiré le gros lot…

C’est étonnant, car à la lecture du pitch de Jumeaux mais pas trop, on pense bien sûr au film JumeauxTwins d’Ivan Reitman, mais aussi étrangement à la suite qui devait se faire (on ne sait plus si c’est encore à l’ordre du jour en raison du décès du réalisateur en 2022), dans laquelle Arnold Schwarzenegger et Danny DeVito devaient rencontrer leur frère caché interprété par…Eddie Murphy. Mais en dehors de cela, le long-métrage coréalisé par Olivier Ducray et Wilfried Méance ressemble plus à un produit calibré pour la petite lucarne, sur la forme surtout, qui s’apparente à celle d’un téléfilm TF1 avec une photographie suréclairée et une mise en scène complètement statique. Heureusement, l’ensemble est sauvé par les comédiens, tous excellents, l’émotion fonctionne, quelques répliques font mouche. Cependant, Jumeaux mais pas trop fait partie du tout-venant de la comédie française, sitôt vue, sitôt oubliée.

Après un test ADN de la justice, Anthony — âgé de 33 ans — découvre qu’il a un frère jumeau. Nés sous X, les deux frères auraient été séparés à la naissance. Anthony découvre avec d’autant plus de surprise que son frère est blanc, alors que lui est noir. De plus, il s’agit de Grégoire Beaulieu, candidat star des élections législatives à venir. Pour approcher son frère, Anthony va se faire engager comme chauffeur, sans révéler tout de suite qui il est réellement.

Le casting est franchement sympathique avec évidemment en premier lieu Ahmed Sylla (Inséparables) et Bertrand Usclat (la série Broute, qui a un gros potentiel au cinéma), impeccables, en alchimie et rivalisant d’énergie, pourtant peu aidés par une écriture peu rigoureuse et même très maladroite dans la première partie du film, qui fait d’ailleurs craindre le pire. Les personnages s’installent malgré tout doucement, mais sûrement et à ce titre, la belle révélation du film demeure la comédienne Pauline Clément, vue dans Les Blagues de Toto de Pascal Bourdiaux, L’Origine du monde de Laurent Lafitte, Les Fantasmes de David Foenkinos et Stéphane Foenkinos, pensionnaire de la Comédie-Française. Lumineuse, charmante, drôle, elle tire encore plus ses partenaires vers le haut et s’impose du début à la fin. Également au générique, la trop rare Isabelle Gélinas (Didier), Gérard Jugnot, Jean-Luc Bidault (immense, comme toujours) et Nicolas Marié (pour ne citer qu’eux) ont tous leur petit moment amusant, sans oublier la magnifique Claude Perron, bouleversante, qui arrache les larmes dans son unique scène.

Dommage que tous ces très bons acteurs doivent se contenter d’un scénario prétexte, standard, aseptisé, bien trop sage (en gros la lutte des classes pour les nuls, l’égalité des chances expliquée aux collégiens) et sans aucune surprise. Outre les deux réalisateurs, un troisième auteur est aussi responsable de ce manque d’équilibre et d’audace en la personne de Jean-Paul Bathany, fautif de quelques naufrages filmés comme Hôtel Normandy de Charles Nemes (un des pires films de tous les temps, si cela vous tente, c’est une expérience à part entière), Le Marquis de Dominique Farrugia et L’Italien d’Olivier Baroux. Mais on ne tire pas sur l’ambulance, car on a déjà vu bien pire que Jumeaux mais pas trop, et on ne peut s’empêcher d’avoir beaucoup d’affection pour sa distribution, qui a l’air de prendre beaucoup de plaisir et qui essaye, même gauchement, mais indéniablement de façon sincère, de nous faire partager leur bonne humeur.

Bien que peu aidé par une critique acerbe et globalement négative, Jumeaux mais pas trop, auréolé du Prix du public au Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez, aura tout de même attiré 430.000 spectateurs dans les salles.

LE DVD

Le test du DVD de Jumeaux mais pas trop, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche du film. Le menu principal est fixe et musical.

Un bêtisier est présenté comme supplément. Un bonus contagieux et d’une durée assez inhabituelle puisque celui-ci avoisine la demi-heure.

L’Image et le son

L’éditeur soigne le transfert de Jumeaux mais pas trop. Soutenu par une solide définition, le master est parfaitement propre. La copie est exemplaire et lumineuse tout du long, les couleurs excellemment gérées, avec une prédominance de teintes chaudes, tout comme les contrastes très élégants.

Ne vous attendez pas à un déluge d’effets surround sur la piste Dolby Digital 5.1 qui se contente seulement de faire entendre de très bonnes ambiances naturelles ou tout simplement d’offrir une forte spatialisation de la musique du film. Jumeaux mais pas trop ne se prêtant évidemment pas aux exubérances sonores, le principal de l’action se trouve canalisé sur les frontales. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, une piste Audiodescription, sans oublier une version Stéréo.

Crédits images : © M6 Vidéo / SND / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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