Test Blu-ray / Les Blagues de Toto, réalisé par Pascal Bourdiaux

LES BLAGUES DE TOTO réalisé par Pascal Bourdiaux, disponible en DVD et Blu-ray le 9 décembre 2020 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Gavril Dartevelle, Guillaume de Tonquédec, Anne Marivin, Ramzy Bédia, Daniel Prévost, Pauline Clément, Jean-François Cayrey, Isabelle Candelier…

Scénario : Mathias Gavarry, Gaël Leforestier & Julien Leimdorfer, d’après la bande-dessinée de Thierry Coppée

Photographie : Stéphane Le Parc

Musique : Romain Trouillet

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

C’est la rentrée des classes ! Toto, petit blagueur, a hâte de retrouver tous ses copains d’école. Pendant l’inauguration d’un musée, alors qu’une sculpture s’effondre et détruit sur son passage toutes les œuvres exposées, la réputation de Toto le précède : il est immédiatement désigné coupable et risque l’internat. Avec l’aide de tous ses amis, il va mener l’enquête pour prouver son innocence aux adultes.

L’année 2017 n’a pas été simple pour le réalisateur Pascal Bourdiaux ! Deux échecs commerciaux et critiques très importants avec Mes trésors en janvier et Boule & Bill 2 en avril ! Avant de mettre en scène son premier long métrage en 2010, Le Mac, 1,5 millions d’entrées, Pascal Bourdiaux a d’abord fait ses classes sur la shortcom Un gars, une fille en réalisant près de 500 épisodes ! Il était aussi l’un des premiers à offrir à Kev Adams la tête d’affiche d’un film avec Fiston, dans lequel le jeune comédien donnait la réplique à Franck Dubosc. Porté par une critique positive et un bon bouche à oreille, près de deux millions de spectateurs avaient accueillis favorablement cette très bonne comédie. Pour ses films suivants, c’était une autre affaire et le scénariste de Stars 80 (bah oui) se fourvoyait définitivement avec une mise en scène en pilotage automatique, des scènes qui s’enchaînaient à la va-comme-je-te-pousse, en cumulant les gags mous, les dialogues au rabais et une action de pacotille. Après ces deux fours impressionnants avec d’un côté 140.000 entrées pour Mon trésor (pour 11 millions d’euros de budget) et 487.000 entrées pour Boule & Bill 2 (16 millions d’euros), on pouvait penser que le réalisateur serait envoyé dans un cul de basse-fosse, mais que nenni ! V’là-t’y pas que le sieur Bourdiaux se retrouve aux manettes de l’adaptation live de la bande-dessinée de Thierry Coppée vendue à plus de 5 millions d’exemplaires, Les Blagues de Toto, qui compte à ce jour 15 albums et dont le succès ne s’est jamais démenti depuis 2004. Alors, comment transposer ce genre de BD dans lesquelles une page représente une histoire unique et indépendante ? Disons-le tout de go, Les Blagues de Toto n’est pas la catastrophe annoncée ici et là sur les réseaux sociaux, probablement par des internautes qui n’ont pas vu le film d’ailleurs, et s’avère plus convaincant à l’écran que les deux Boule & Bill, les trois Ducobu, Les Bidochon de Serge Korber (vous vous souvenez ? Arthur jouait dedans et il n’aime pas qu’on le lui rappelle), Benoît Brisefer : Les Taxis rouges de Manuel Pradal (ouh là la), Gaston Lagaffe de Pierre-François Martin-Laval (pfiooooou !) et Les Aventures de Spirou et Fantasio d’Alexandre Coffre (bah bah bah…) et d’autres fleurons du genre.

Si le début fait particulièrement peur avec le jeune Toto qui balance vanne sur vanne, chacune étant immédiatement suivie des rires de la classe et qui renvoient à ceux enregistrés d’une sitcom AB, le film trouve ensuite un rythme de croisière, pépère certes, mais qui fonctionne malgré tout, surtout grâce à l’abattage des comédiens professionnels, en particulier la lumineuse Anne Marivin, Guillaume De Tonquédec (très à l’aise), Ramzy Bedia (parfait en mec odieux) et Daniel Prévost qui à 80 balais s’avère le plus jeune de la troupe. Toujours est-il que Les Blagues de Toto est une comédie familiale honnête, qui a le mérite de captiver les jeunes spectateurs dans la première partie et de réveiller leurs parents dans la seconde quand le film commence à s’agiter et que les (grands) acteurs ont enfin quelque chose à jouer. Et puis n’oublions pas que Les Blagues de Toto aura réussi à attirer plus d’un million de français dans les salles après le premier confinement, et clôt d’ailleurs le top 10 au cinéma de cette étrange année 2020.

Attention, on ne dit pas que Les Blagues de Toto est une réussite hein, on dit juste que le travail est correct, que les couleurs du directeur de la photographie Stéphane Le Parc (Divorce club, Brice 3, Le Crocodile du Botswanga) sont pétillantes, la musique de Romain Trouillet amusante et que les comédiens ont l’air de passer du bon temps. Bon aller, on ne cachera pas qu’on a souvent eu envie de baffer le petit Gavril Dartevelle, mixe improbable entre Muriel Pénicaud et Nicole Belloubet, surtout durant la première demi-heure où Toto fait rire ses pototos zigototos en se foutant de la maîtresse. Bref, c’est pas du gatoto pour les spectateurs, mais après comme on le disait, même si ce n’est pas perfectoto, ça se laisse voir quoi. Vous en avez marre des jeux de mots ? Alors vous n’êtes pas prêts et vous risquez de souffrir…

Pascal Bourdiaux se rattrape de ses deux dernières ignominies et se révèle plus sobre derrière la caméra, même si sa réalisation est et demeure uniquement technique, mais on reste quand même dubitatifs sur le fait que trois scénaristes, dont Mathias Gavarry (Les Profs 1 et 2, mais aussi l’excellent Volontaire) et Gaël Leforestier (le chroniqueur cinéma insupportable de Studio Gabriel, toute une époque) ont dû suer et galérer pour trouver un moyen de faire tenir ces blagues que même Carambar n’auraient pas imprimé sur leurs barres au nougat (les plus mauvaises). Mais bon, c’est Noël, il faut être indulgent, et franchement, on a déjà vu bien pire et désespérant que Les Blagues de Toto, comme le fait de constater que Tenet sera le plus gros succès de l’année au cinéma par exemple.

LE BLU-RAY

Après son beau succès dans les salles, Les Blagues de Toto débarque dans les bacs et le fera probablement dans les chaumières pour Noël, chez M6 Vidéo. La jaquette, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, reprend le visuel de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Anne Marivin, Guillaume De Tonquédec et Gavril Dartevelle se sont prêtés au jeu de l’interview promotionnelle à la sortie du film (7’30), en racontant l’histoire et en présentant les personnages. Quelques images dévoilent le casting passé par Gavril Dartevelle.

Si vous désirez en savoir plus sur la success story – 16 tomes, 5 millions d’exemplaires vendus – de la bande-dessinée des Blagues de Toto (chez Delcourt), alors l’interview croisée de Guy Delcourt (éditeur) et Thierry Coppée (auteur et dessinateur) devrait vous intéresser (29’). Les deux associés reviennent sur l’origine de la BD et même du personnage de Toto (qui serait apparu à la fin du XIXè siècle), sur la création des personnages. Mais Thierry Coppée se souvient aussi de ses années de galère pour pouvoir vivre de son art, expliquant qu’il avait même été obligé de redevenir instituteur, en attendant qu’un éditeur veuille bien lui donner sa chance. Jusqu’à ce que Delcourt, souhaitant exploiter un personnage populaire qui ne l’avait pas encore été en BD, l’appelle et lui expose ce projet. Le succès des Blagues de Toto fut immédiat, trouvant sa place dans les cours de récré et même à la télévision à travers une adaptation en série animée. Puis, les deux intervenants s’expriment sur la transposition live au cinéma. Thierry Coppée déclare sans langue de bois que la version « film » de sa bande-dessinée l’a laissé longtemps dubitatif, avant d’être finalement séduit (peut-être avec quelques 0 sur un chèque), même s’il avoue tout de même qu’il n’aurait sans aucun doute pas fait le même film si on le lui avait confié.

L’Image et le son

Ce transfert HD s’avère soigné, l’univers de la BD est bien retranscrit avec une prédominance de couleurs vives et pétillantes (les teintes bleues surtout), les contrastes sont au beau fixe et le piqué agréable. La définition est au top et ce master demeure un bel objet avec un relief omniprésent et des séquences diurnes aussi magnifiques qu’étincelantes.

Dès la première séquence des Blagues de Toto, la piste DTS-HD Master Audio 5.1 sollicite l’ensemble des enceintes et offre une petite spatialisation soignée. Les dialogues se détachent sans mal sur la centrale, le caisson de basses délivre quelques effets sympathiques tandis que les ambiances naturelles des scènes en extérieur demeurent constantes. La DTS-HD Master Audio 2.0 est évidemment plus « plate » mais le spectacle acoustique est tout autant assuré. L’éditeur joint également les sous-titres destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste en Audiodescription.

Crédits images : © M6 Vidéo / SND / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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