Test Blu-ray / Le Chant des forêts, réalisé par Vincent Munier

LE CHANT DES FORÊTS réalisé par Vincent Munier, disponible en DVD, Blu-ray et édition collector limitée Blu-ray + DVD le 5 mai 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Michel Munier, Simon Munier & Vincent Munier

Scénario : Vincent Munier

Photographie : Vincent Munier, Antoine Lavorel & Laurent Joffrion

Musique : Warren Ellis, Dom La Nena & Rosemary Standley

Durée : 1h39

Année de sortie : 2025

LE FILM

Dans la forêt vosgienne, Vincent Munier et son père observent les animaux, se faisant invisibles, et tentent de transmettre leur passion au fils de Vincent, Simon. Leur regard nous permettra de voir les bois autrement et de redécouvrir une faune diverse, entre chouettes, écureuils, blaireaux, cerfs, et oiseaux. Avec toujours en ligne de mire l’oiseau qui a tout déclenché chez le grand-père : le Grand Tétras et son cri si particulier, un oiseau qui « appelle le jour »…

C’est un des grands succès inattendus de l’année 2025 au cinéma. Porté par une critique élogieuse et un bouche-à-oreille dithyrambique, Le Chant des forêts aura attiré plus d’1,3 millions de spectateurs, avant d’être récompensé à deux reprises lors de la 51e cérémonie des César. On doit cet extraordinaire documentaire à Vincent Munier (né en 1976), photographe animalier, qui avait déjà reçu la compression du meilleur film documentaire en 2022 pour La Panthère des neiges (630.000 entrées, co-réalisé avec Marie Amiguet), qui apparaît comme un devoir de mémoire, un passage de témoin entre trois générations, puisque le réalisateur filme son père Michel, naturaliste qui aura passé un demi-siècle dans la forêt, et son propre fils, Simon, âgé de douze ans. Véritable expérience cinématographique immersive, Le Chant des forêts propose au public de se laisser guider à travers les forêts du massif des Vosges, de prendre le temps d’observer et même de seulement écouter parfois, pour communier avec la nature, la vie animale et le monde végétal. Nos trois protagonistes observent la forêt lors d’affûts, célèbrent la beauté mais aussi la fragilité de la nature, symbolisée par le Grand Tétras, ou Grand Coq de bruyère, longtemps présent, mais aujourd’hui disparu des Vosges, notamment en raison du réchauffement climatique. Ils quittent alors momentanément les Vosges, pour se rendre en Norvège, dans l’espoir d’en voir un. Si Vincent Munier a parcouru le monde pour y photographier la nature, il revient dans les Vosges, sa région natale, où il a tout appris auprès de son paternel et où il est désormais temps de transmettre à son tour. Trois regards, une hyper-sensibilité faite du même bois, une même fascination pour la vie sauvage. C’est maintenant votre tour de tendre l’oreille et de scruter le moindre recoin, car dans la forêt, comme partout ailleurs, la vie est là.

La forêt paraît endormie, mais il y a tout de même des petits coeurs qui battent. Une fois le nôtre mis à l’unisson avec ceux de la nature, on parvient à entendre les hululements, les chants d’oiseaux, les cris de certains animaux, les arbres qui craquent, les bruissements les plus discrets. Le chant du troglodyte mignon, de la bécasse, le chant du Grand Tétras (plus grand oiseau forestier d’Europe), le cri du pic noir, celui du pinson du nord, des corbeaux, de la gélinotte des bois, des oies, des sarcelles d’hiver, de la bergeronnette des ruisseaux, du martin pêcheur, de la mésange n’auront plus aucun secret pour vous. Mais il faut pour cela s’investir pleinement dans Le Chant des forêts, tout mettre au ralenti, oublier tout le reste, pour se concentrer sur cet essentiel. Puis, l’oeil prend le relais, débusque les sapins, les hêtres, les érables, les sorbiers. Un retour à la nature sauvage s’impose, s’avère vital, histoire de se reconnecter, de rebooter, tout en alertant sur les espèces animales menacées, mais en évitant le matraquage. Nul besoin d’enfoncer le message au marteau piqueur dans le crâne, il suffit tout simplement d’éveiller les consciences par une voix douce et posée, celle de ceux qui connaissent leur sujet (qui ne s’improvisent pas expert « en tout » et qui gesticulent comme sur les chaînes d’infos en continu), qui souhaitent exposer des faits, montrer, témoigner (en connaissance de cause), enseigner (sans prendre de haut), communiquer en retenant l’attention, sans doute le plus difficile à faire de nos jours.

Le Chant des forêts est un documentaire à fleur de peau, qui flatte les sens, réveille ceux qui étaient endormis, appelle à la concentration, à profiter de l’instant, pour ne rien rater de ce qui peut s’offrir à l’être humain, trop souvent déconnecté de la réalité. Le Chant des forêts est le fruit de dix années de tournage, ou comment extirper 1h40 parmi des milliers d’heures de rushes.

On est émerveillé, subjugué par la beauté des images. Nul besoin d’artifices ou de recours à un drone parasite, le spectaculaire est là, visible à qui sait attendre. On plonge dans ce brouillard surréaliste, mais pourtant réel, qui ouvre le film, pour profiter chaque seconde de ce somptueux, intime et envoûtant rêve éveillé.

LE BLU-RAY

Trois éditions au choix pour (re)voir Le Chant des forêts. Pour l’un de ses titres les plus importants de l’année, Blaq Out présente le film de Vincent Munier en DVD, en Blu-ray, mais aussi en Combo Blu-ray + DVD (édition collector limitée, comprenant aussi un livret de 24 pages, ainsi que cinq cartes postales). Le visuel reprend systématiquement celui de la sublime affiche d’exploitation. Même chose pour le menu principal, fixe et musical.

Ne manquez surtout pas l’interview de Vincent Munier (28’), présente sur chacune des éditions du Chant des forêts. Posément, le réalisateur revient sur l’origine de son premier film réalisé en solo, né de son désir de revenir dans sa région natale, dans les forêts, où il avait cumulé beaucoup d’images depuis une dizaine d’années, où son père l’avait initié à la nature, où il avait envie de passer lui-même le flambeau à son fils âgé de douze ans. Vincent Munier développe ici ses intentions (montrer les merveilles de la nature, tout en évitant la recherche artificielle du spectaculaire), ses partis-pris (ou comment le film n’a eu de cesse d’être «réécrit » au montage), les multiples conditions de tournage, la recherche d’immersion en continu…Une immense sensibilité se dégage de cet entretien, qui ne manque pas d’anecdotes liées aux prises de vues, notamment celle liée à l’apparition du lynx.

L’éditeur fournit aussi trois séquences coupées (16’), dont subsistent quelques bribes dans le montage final. « Il n’y a pas plus vivant qu’un arbre mort » indique la première, montrant ainsi toute la faune qui trouve refuge dans un tronc desséché, au fil des saisons, certaines espèces différentes cohabitant sans difficulté. Les autres scènes intégrales montrent aussi plus longuement le Grand Tétras en Norvège en 2019, ainsi que la migration de plus d’un million de pinsons, qui dansent dans le ciel.

L’Image et le son

On espérait, on rêvait, on fantasmait que Le Chant des forêts soit disponible en 4K UHD…Mais il faudra se contenter d’une édition Blu-ray traditionnelle. Attention cependant, le master proposé par Blaq Out est sans conteste l’un des plus beaux que vous trouverez dans les bacs en 2026. L’univers visuel foisonnant du réalisateur sied à merveille au support Blu-ray, indispensable pour (re)découvrir les richesses de son long-métrage. Le résultat est magnifique. Les sublimes partis pris esthétiques passent remarquablement le cap du « petit » écran et les détails foisonnent aux quatre coins du cadre large. Les contrastes affichent une densité impressionnante, le piqué est tranchant comme un scalpel y compris sur les scènes sombres. La profondeur de champ est abyssale, les détails se renforcent et abondent en extérieur jour, le relief demeure palpable tout du long. Un transfert estomaquant de beauté, une clarté voluptueuse, le tout conforté par un encodage AVC solide comme un roc, voilà un nouveau Blu-ray de démonstration.

Expérience cinématographique sensorielle et hypnotique, la palette d’émotions est aussi instaurée par le son dans Le Chant des forêts. Autant dire que le mixage DTS-HD Master Audio 5.1 remplit aisément son contrat du point de vue harmonie des commentaires, des effets, des cris, des glapissements, du tonnerre et de la musique. L’immersion est instantanée, de chaque instant, du début à la fin. Le confort acoustique est largement assuré, la balance frontales-latérales demeure brillante et quelques basses se révèlent frappantes. À noter la présence d’une Stéréo, ainsi que d’une piste Audiodescription et des sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Blaq Out / Haut et Court / Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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