Test Blu-ray / Le Terroriste, réalisé par Gianfranco De Bosio

LE TERRORISTE (Il Terrorista) réalisé par Gianfranco De Bosio, disponible en Édition Blu-ray + DVD + Livret depuis le 4 juin 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Gian Maria Volontè, Philippe Leroy, Giulio Bosetti, Raffaella Carrà, José Quaglio, Cesarino Miceli Picardi, Carlo Bagno, Roberto Seveso, Anouk Aimée…

Scénario : Gianfranco De Bosio & Luigi Squarzina

Photographie : Lamberto Caimi & Alfio Contini

Musique : Piero Piccioni

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Venise, hiver 1943. La Résistance italienne prépare une attaque contre le siège de la Kommandantur. Un homme, surnommé l’Ingénieur, joue un rôle central dans ce plan.

Le Terroriste Il Terrorista, réalisé par Gianfranco De Bosio (1924-2022) et sorti en 1963, est spécial à plus d’un titre. En effet, le scénariste et metteur en scène est on ne peut mieux placé puisqu’il a connu et même vécu ce dont il parle, en Vénétie. Méconnu en France, peu se souviennent de son MoïseMoses the Lawgiver (1975) avec Burt Lancaster dans le rôle-titre, dans lequel il croisait Ingrid Thulin, Anthony Quayle, Irène Papas et Laurent Terzieff (le tout sur une musique d’Ennio Morricone), Gianfranco De Bosio a fait essentiellement sa carrière dans le domaine de l’opéra et surtout du théâtre. Mais il a aussi connu la Résistance en Italie, au moment de son lancement et a donc été au centre des discussions qui réunissaient les représentants du Parti Communiste, la Démocratie Chrétienne, le Parti Socialiste, le Parti Libéral et le Parti d’Action au sein des Comités de Libération Nationale. Alors que le régime fasciste s’est écroulé, une crise politique s’installe en Italie, les tensions s’exacerbent, l’incertitude conduit à l’envie d’action et d’affronter l’ennemi. Dans l’ensemble des films de guerre, la Résistance est montrée comme organisée de main de maître, avec les montres synchronisées, les plans pensés sans qu’un grain de sable puisse se glisser dans les rouages d’une mécanique huilée comme il se doit. Le Terroriste désacralise cela et son arrivée inopinée dans le cinéma italien d’après-guerre, où il était tabou d’évoquer le fascisme, les Partisans et la Résistance, va ruer dans les brancards. Comment le pouvoir a-t-il été regagné par les Italiens ? Comment la Deuxième Guerre mondiale a été le nouveau départ de l’organisation politique ? Beaucoup de questions auxquelles Le Terroriste souhaite répondre, avec une légitimité originale et une unique authenticité. Un bel et édifiant objet de cinéma, qui évite le spectaculaire, pour entrer dans les engrenages, dans les coulisses, un peu à la façon d’un John le Carré ou d’un Len Deighton, qui allaient procéder de façon similaire dans leur peinture des arcanes de la guerre froide.

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Test Blu-ray / La Strada, réalisé par Federico Fellini

LA STRADA réalisé par Federico Fellini, disponible en Édition Blu-ray + Blu-ray bonus + Livret depuis le 6 mai 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Anthony Quinn, Giulietta Masina, Richard Basehart, Aldo Silvani, Marcella Rovena, Livia Venturini, Pietro Ceccarelli, Giovanna Galli…

Scénario : Federico Fellini, Ennio Flaiano & Tullio Pinelli

Photographie : Otello Martelli & Carlo Carlini

Musique : Nino Rota

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 1954

LE FILM

Gelsomina, une jeune femme naïve et généreuse, a été vendue par sa mère à un bateleur de foire brutal et obtus, Zampano, qui présente un numéro de briseur de chaînes sur les places publiques. À bord d’un étrange équipage – une moto à trois roues aménagée en roulotte – le couple sillonne les routes d’Italie, menant la rude vie des forains. Surgit Il Matto (le fou), violoniste et poète, qui seul sait parler à Gelsomina.

C’est pour ainsi dire là que tout a vraiment commencé pour Federico Fellini. La Strada est le troisième film et demi (et cela a son importance) du réalisateur, après Les Feux du music-hall Luci del varietà (1950), co-réalisé avec Alberto Lattuada, Le Cheik blancLo Sceicco bianco (1952, un échec commercial) et Les Vitelloni I vitelloni (1953). Ce dernier, grand succès, assure à Federico Fellini d’avoir carte blanche pour son prochain long-métrage, quand bien même les producteurs font la fine bouche devant le choix de Giulietta Masina, épouse du cinéaste, qu’il souhaite imposer pour tenir le rôle principal, là où les investisseurs (Carlo Ponti et Dino dDe Laurentiis) auraient largement préféré Sophia Loren ou Silvana Mangano. Le réalisateur a tenu bon, La Strada sera interprété par Anthony Quinn (qui la même année en Italie campera aussi le Hun Attila dans Attila, fléau de Dieu de Pietro Francisci) et donc Giulietta Masina. Point de barrière de la langue, la star américaine dira ses dialogues en anglais, tandis que sa partenaire verra ses répliques réduites au maximum, son époux privilégiant son visage et ses expressions dignes du cinéma muet. Résultat des courses, La Strada sera récompensé par le Lion d’argent à la Biennale de Venise, le Ruban d’argent de la meilleure réalisation, le Bodil du meilleur film européen, le: NYFCC Award du meilleur film étranger et pour couronner le tout, par l’Oscar du meilleur film étranger. Plus grand succès de son auteur dans nos contrées avec plus de 4,5 millions d’entrées (encore plus qu’en Italie où le film restera juste sous la barre des quatre millions), triomphe international, La Strada demeure sans doute le film le plus accessible de Federico Fellini, le plus universel, celui dont les personnages touchent le plus et bouleversent même à jamais.

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Test 4K UHD / La Règle du jeu, réalisé par Jean Renoir

LA RÈGLE DU JEU réalisé par Jean Renoir, disponible en Édition collector – 4K Ultra HD + Blu-ray + Blu-ray bonus + Livre depuis le 4 juin 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Roland Toutain, Nora Gregor, Marcel Dalio, Jean Renoir, Paulette Dubost, Mila Parély, Julien Carette, Gaston Modot…

Scénario : Jean Renoir & Carl Koch

Photographie : Jean Bachelet

Musique : Joseph Kosma

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 1939

LE FILM

En 1939, à Paris et en Sologne, un aviateur amoureux d’une femme du monde, ne respecte pas la règle du jeu qui consiste à sauver les apparences dans une société où maîtres et domestiques ont la même nature, de chaque côté de la barrière des classes.

Incompris lors de sa sortie en 1939, La Règle du jeu de Jean Renoir, son 24e long-métrage, est aujourd’hui considéré comme l’un des films les plus importants de l’histoire du cinéma. Encensé par tous les réalisateurs du monde entier, Bertrand Tavernier, Peter Bogdanovich, Alain Resnais, Robert Altman, Olivier Assayas, mais aussi en particulier par François Truffaut qui lui vouait un véritable culte (« le crédo des cinéphiles de sa génération » disait-il), le chef d’oeuvre de Jean Renoir, le plus grand « drame fantaisiste » de tous les temps ne peut laisser indifférent et s’avère une étape indispensable pour tous les cinéphiles du monde entier. Dense, passionnant, remarquablement mis en scène et interprété par toute une ribambelle d’extraordinaires comédiens qui campent TOUS le rôle principal, La Règle du jeu est un film exceptionnel (dont Jean Renoir lui-même dans la peau d’Octave), magistralement photographié par Jean Bachelet (Nous, les gosses), qui comme la plupart des films de Jacques Tati est encore de nos jours passionnant à analyser, tant sur le fond que sur la forme.

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Test Blu-ray / Les Cavaliers, réalisé par John Ford

LES CAVALIERS (The Horse Soldiers) réalisé par John Ford, disponible en édition Blu-ray + DVD + Livre depuis le 6 novembre 2024 chez Rimini Éditions.

Acteurs : John Wayne, William Holden, Constance Towers, Althea Gibson, Judson Pratt, Hoot Gibson, Ken Curtis, Willis Bouchey…

Scénario : John Lee Mahin & Martin Rackin, d’après le roman de Harold Sinclair

Photographie : William H. Clothier

Musique : David Buttolph

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1959

LE FILM

Durant la guerre de Sécession, un détachement de cavalerie nordiste, sous les ordres du colonel Marlowe, est envoyé derrière les lignes ennemies, pour détruire les voies de chemin de fer. À ses côtés, le major Kendall. Les deux hommes, que tout oppose, sont contraints d’emmener avec eux Hannah Hunter, une aristocrate sudiste.

S’il n’est indubitablement pas le film le plus célèbre de John Ford, et pour cela dresser une liste serait sans doute non exhaustif, Les CavaliersThe Horse Soldiers restera toujours l’un de ceux que la critique et les spectateurs n’ont eu de cesse de réhabiliter. Oeuvre « malade », dans le sens où le cinéaste entreprit le film avec un scénario qu’il jugeait mauvais, voire inachevé, Les Cavaliers marque le retour au western de John Ford, genre qu’il avait « mis de côté » depuis trois ans et quatre films emballés depuis La Prisonnière du désert The Searchers. Juste après l’extraordinaire La Dernière fanfareThe Last Hurrah, son film le plus personnel (c’est dire son importance), le cinéaste retrouve John Wayne, qui de son côté paraît plus préoccupé par Alamo, qu’il s’apprête à produire, à réaliser et à interpréter. La star du western sort de Rio Bravo de Howard Hawks, alors tout va pour le mieux pour lui. Si John Ford accepte de récupérer Les Cavaliers, c’est que ce projet lui permet d’aborder frontalement un des sujets qui le passionnent le plus, la guerre de Sécession. Son expertise ne sera donc pas de trop, surtout pour rattraper l’écriture de John Lee Mahin (Le Grand Sam, Dieu seul le sait, Quo Vadis) et Martin Rackin (Les Aventures du Capitaine Wyatt, Violence à Jericho), également producteurs, basé sur un roman de Harold Sinclair, dont le travail restera vilipendé par le réalisateur. Bien sûr, Les Cavaliers ne saurait rivaliser avec les monuments de John Ford, d’autant plus que le western qui le liera à nouveau avec John Wayne sera L’Homme qui tua Liberty ValanceThe Man Who Shot Liberty Valance, néanmoins le divertissement est intact et total, tandis que le tandem John Wayne-William Holden crève l’écran.

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Test 4K UHD / 1984, réalisé par Michael Radford

1984 (Nineteen Eighty-Four) réalisé par Michael Radford, disponible en Combo 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret depuis le 18 décembre 2024 chez Rimini Éditions.

Acteurs : John Hurt, Richard Burton, Suzanna Hamilton, Cyril Cusack, Gregor Fisher, James Walker, Andrew Wilde, David Trevena…

Scénario : Michael Radford, d’après le roman de George Orwell

Photographie : Roger Deakins

Musique : Dominic Muldowney & Eurythmics

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 1984

LE FILM

Manipulant et contrôlant les moindres détails de la vie de ses sujets, Big Brother est le chef spirituel d’Oceania, l’un des trois États dont la capitale est Londres. Le bureaucrate Winston Smith travaille dans l’un des départements. Mais un jour il tombe amoureux de Julia, ce qui est un crime. Tous les deux vont tenter de s’échapper, mais dans ce monde cauchemardesque divisé en trois, tout être qui se révolte est brisé.

Dans toute bibliothèque normalement constituée trône habituellement un roman, 1984 écrit par George Orwell (1903-1950), dystopie publiée en le 8 juin 1949, sans doute l’un des livres les plus commentés et analysés de tous les temps. Nul besoin de disséquer cet ouvrage, d’ailleurs, nous n’aurons pas l’outrecuidance de contredire ou de seulement affirmer que nous sommes d’accord avec les théories d’un tel ou un autre. Nous nous focaliserons ici sur l’adaptation cinématographique la plus célèbre du roman, à savoir celle réalisée par Michael Radford en…1984. Avant cette transposition, 1984 aura déjà inspiré la petite lucarne et ce dès 1954 avec un téléfilm signé Rudolph Cartier, qui fit scandale outre-Manche par sa radicalité. Deux ans plus tard, c’est sur le grand écran que 1984 fait son apparition dans le film cette fois encore éponyme mis en scène par Michael Anderson (Le Tour du monde en quatre-vingts jours, Le Secret du rapport Quiller, L’Âge de cristal, Orca), dans lequel on reconnaît Michael Redgrave et Donald Pleasence. D’autres moutures plus tard et nous voilà revenus à celle qui nous intéresse aujourd’hui. Michael Radford s’empare du livre de George Orwell et s’approprie seul le propos dense de l’écrivain, pour livrer son point de vue, sa vision, son interprétation. Et le résultat est magistral du début à la fin, immersif, anxiogène, inoubliable, sur le plan formel, ainsi que par l’interprétation virtuose de John Hurt, qui dans la peau de Winston Smith, signe l’une de ses plus grandes prestations. L’épilogue de 1984 version Radford, est de ceux qu’on n’oublie pas.

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Test Blu-ray / Ailleurs, l’herbe est plus verte, réalisé par Stanley Donen

AILLEURS, L’HERBE EST PLUS VERTE (The Grass is Greener) réalisé par Stanley Donen, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 1er juillet 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Cary Grant, Deborah Kerr, Robert Mitchum, Jean Simmons, Moray Watson…

Scénario : Hugh Williams & Margaret Vyner, d’après leur pièce de théâtre

Photographie : Christopher Challis

Musique : Noel Coward

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Lord et Lady Rhyall ont dû ouvrir au public leur manoir anglais pour arrondir les fins de mois. Ils vivent avec leurs deux enfants dans quelques pièces du château, pendant que les touristes se bousculent dans le reste de l’immense demeure. Lady Rhyall cultive des champignons qu’elle vend au village, et le majordome supplie qu’on le renvoie pour faire des économies. Un jour, un millionnaire américain, Charles Delacro, pousse la porte marquée « privé » et tombe sous le charme de Lady Rhyall. Elle part à Londres, sous couvert d’habiter chez son amie Hattie et vit quelques jours de rêve avec l’Américain. Lord Rhyall n’est pas dupe, mais tient à garder sa femme sans se montrer jaloux. Il organise un week-end au manoir où les quatre protagonistes vont redistribuer les cartes.

C’est toujours un petit jeu sympa entre cinéphiles. Citez au moins cinq films réalisés par Stanley Donen ! Chantons sous la pluie Singin’ in the Rain (1952), oui évidemment. Drôle de frimousse Funny Face (1957), certes, avec Audrey Hepburn ! On continue ? Charade (1953) ! Bravo, ensuite ? Euh…Voyage à deux Two for the Road (1967) ? Évidemment, un de ses plus beaux d’ailleurs ? Et ? Ah oui, ça coince hein ? Pourtant, Stanley Donen aura signé près de trente longs-métrages en 35 ans. Alors, en regardant sa filmographie on peut aussi citer IndiscretIndiscreet (1958) et Arabesque (1966), mais c’est après que cela devient vraiment très difficile. Ailleurs, l’herbe est plus verteThe Grass Is Greener apparaît au mitan de la carrière du cinéaste. Cette troisième collaboration avec Cary Grant, après Embrasse-la pour moiKiss Them for Me (1957), Indiscret (1958) et trois ans avant Charade (1963), demeure étonnamment oubliée et ce malgré son casting quatre étoiles, qui comprend aussi Deborah Kerr, Robert Mitchum et Jean Simmons. Comédie dite de « remariage », Ailleurs, l’herbe est plus verte est une sucrerie acidulée, qui vaut essentiellement pour ses quatre têtes d’affiche prestigieuse, qui se renvoient la balle avec une dextérité forcément virtuose, même si l’histoire n’a il faut bien le dire rien de transcendant. À l’instar d’Indiscret, Stanley Donen reste enfermé dans un théâtre filmé, d’ailleurs le film est la transposition d’une pièce à succès signée Hugh et Margaret Vyner créée à Londres en 1956, et tout cela s’avère quelque peu étouffant, étant donné que l’action est la plupart du temps enfermée dans le manoir des Rhyall. Mais les cinéphiles ne manqueront pas de se pencher sur The Grass Is Greener, car passer 1h40 en compagnie de tels monstres, cela ne se refuse évidemment pas.

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Test Blu-ray / Les Fuyards du Zahrain, réalisé par Ronald Neame

LES FUYARDS DU ZAHRAIN (Escape from Zahrain) réalisé par Ronald Neame, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 9 juillet 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Yul Brynner, Sal Mineo, Jack Warden, Madlyn Rhue, Anthony Caruso, Leonard Strong, Jay Novello…

Scénario : Robin Estridge, d’après le roman de Michael Barrett

Photographie : Ellsworth Fredericks

Musique : Lyn Murray

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

Dans une dictature du Moyen-Orient, un leader politique est libéré par de jeunes partisans qui décident de traverser le désert pour rejoindre un pays voisin. Le voyage s’annonce périlleux…

Il y a des films dont on aurait ignoré l’existence, s’il n’y avait pas eu le travail acharné de certains éditeurs, qui résistent encore et toujours pour nous faire découvrir quelques pépites complètement oubliées. C’est le cas des Fuyards du ZahrainEscape From Zahrain, sorti en 1962 qui vaut assurément le coup d’oeil et ce pour plusieurs raisons. D’une part, le film est réalisé par Ronald Neame (1911-2010), ancien scénariste et producteur de David Lean (Heureux Mortels, Brève rencontre, Les Grandes espérances) et même parfois directeur de la photographie, entré dans l’histoire du cinéma avec L’Aventure du Poséidon (1972), encore aujourd’hui LA référence du film catastrophe, d’autre part pour son casting mené par un Yul Brynner, tout juste consacré star internationale après le triomphe des Sept Mercenaires de John Sturges. Non seulement cela, Les Fuyards du Zahrain s’avère un road-movie rempli de rebondissements, mené sans temps mort, qui réserve de nombreuses surprises (y compris l’apparition non créditée d’un monstre du septième art…), qui rappelle parfois furieusement Le Désert de la peurIce Cold in Alex (1958) de J. Lee Thompson…

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Test Blu-ray / Rêves sanglants, réalisé par Roger Christian

RÊVES SANGLANTS (The Sender) réalisé par Roger Christian, disponible en Édition Blu-ray + DVD + Livret le 12 juillet 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Kathryn Harrold, Zeljko Ivanek, Shirley Knight, Paul Freeman, Sean Hewitt, Harry Ditson, Olivier Pierre, Marsha Hunt, Angus MacInnes…

Scénario : Thomas Baum

Photographie : Roger Pratt

Musique : Trevor Jones

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1972

LE FILM

Après avoir tenté de se noyer, un jeune homme amnésique est interné en hôpital psychiatrique. Rapidement, le médecin qui s’occupe de lui et certains patients sont victimes d’hallucinations. Le patient semble posséder un curieux pouvoir : il aurait la possibilité de transmettre ses rêves et cauchemars à d’autres personnes…

L’auteur de ces mots n’avait jamais entendu parler de ce film avant son édition en DVD-Blu-ray chez Rimini en juillet 2025. Il s’agit de Rêves sanglants aka The Sender en version originale, premier long-métrage réalisé par Roger Christian. Jusqu’à présent décorateur de plateau (Mon ‘Beau’ légionnaire de Marty Feldman, Star Wars: Épisode IV – Un nouvel espoir de George Lucas, qui lui vaudra un Oscar), directeur artistique (Alien, le 8ème passager de Ridley Scott, Monty Python : La Vie de Brian de Terry Jones), celui-ci passe derrière la caméra avec un court-métrage, Black Angel, qu’il écrit, produit et met en scène en 1980. Cinéphile (il est passionné par Andreï Tarkovski et Ingmar Bergman) et cinéphage (les films d’épouvante s’enchaînent devant ses yeux), Roger Christian a l’opportunité de signer une première œuvre destinée au grand écran avec Rêves sanglants, d’après un scénario de Thomas Baum, visiblement inspiré par sa propre mère, mais aussi par Carrie de Brian De Palma et Patrick de Richard Franklin. S’il n’est pas passé à la postérité, The Sender est finalement resté dans le coeur de beaucoup d’amateurs de cinéma d’horreur et le découvrir aujourd’hui permet de se rendre compte à quel point Roger Christian, auréolé d’un Oscar en 1981 pour son court-métrage The Dollar Bottom en 1981, en avait sous le capot.

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Test Blu-ray / Dernier été à Tanger, réalisé par Alexandre Arcady

DERNIER ÉTÉ À TANGER réalisé par Alexandre Arcady, disponible en DVD & Blu-ray le 3 juin 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Valeria Golino, Thierry Lhermitte, Roger Hanin, Vincent Lindon, Jean Bouise, Julien Guiomar, Jacques Villeret, Anna Karina…

Scénario : Alexandre Arcady, Alain Le Henry, Tito Topin d’après le roman Au diable son dû (The Devil His Due) de William O’Farrell

Photographie : Robert Alazraki

Musique : Serge Franklin

Durée : 2h04

Année de sortie : 1987

LE FILM

L’été 1956 à Tanger : Richard Corrigan dans son bureau de détective privé rêve d’Amérique. Quand un avocat suisse lui propose une forte somme pour porter une enveloppe à quelques mètres de là au bar de l’hôtel Minzah. Là, Claudia, magnifique Italienne de vingt ans l’attend. Pour Corrigan c’est le début de la fortune, mais aussi le commencement des ennuis. De nombreux crimes suivent le sillage de la pulpeuse Claudia.

Rétrospectivement, Dernier été à Tanger est le premier revers commercial d’Alexandre Arcady. Abonné au succès depuis son premier film Le Coup de Sirocco, le réalisateur met pourtant tous les atouts de son côté dans ce cinquième long métrage aux décors fastes et à la reconstitution soignée. Il peut se permettre ce luxe grâce à ce qui restera ses deux plus grands triomphes, Le Grand pardon (1982) avec 2,2 millions d’entrées et Hold-up (1985) avec Jean-Paul Belmondo qui attire 2,4 millions de spectateurs. Avec Dernier été à Tanger, le cinéaste revient à une œuvre plus personnelle, réunit un casting impressionnant devant la caméra et livre une histoire où plane l’ombre du cinéma classique hollywoodien. Si le projet est ambitieux, le résultat n’est pas à la hauteur des espérances, même si Dernier été à Tanger n’a rien de honteux et reste un divertissement très honnête.

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Test Blu-ray / Le Coup de Sirocco, réalisé par Alexandre Arcady

LE COUP DE SIROCCO réalisé par Alexandre Aracady, disponible en DVD & Blu-ray le 3 juin 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Roger Hanin, Michel Auclair, Marthe Villalonga, Patrick Bruel, Philippe Sfez, Marie-Anne Chazel, Gérard Jugnot, Lucien Layani…

Scénario : Alexandre Arcady, Daniel Saint-Hamont, Jan Saint-Hamont d’après le roman éponyme de Daniel Saint-Hamont

Photographie : Jean-François Robin

Musique : Serge Franklin

Durée : 1h45

Année de sortie : 1978

LE FILM

Paul Narboni se souvient de son enfance heureuse à Oran en Algérie avant de quitter le pays suite aux événements de 1954. Avec sa famille, il arrive alors à Marseille avant de monter à Paris. Épicier, son père Albert va devoir s’adapter à ce nouveau pays. Paul est alors adolescent : c’est le temps des premiers amours. La famille rencontre d’aimables gens qui se révéleront être des escrocs. Ensemble, ils vont malgré tout s’intégrer peu à peu et s’habituer à leur nouvelle vie…

C’est de là que tout est parti pour Alexandre Arcady. Dans son premier long métrage, Le Coup de Sirocco, le réalisateur de 32 ans se penche sur un événement qu’il a connu personnellement avec ses parents et ses quatre frères, l’exil en métropole à la fin de la guerre d’Algérie. Après une carrière avortée de comédien, puis de metteur en scène de théâtre, Alexandre Arcady est attiré par le cinéma et réalise quelques courts métrages. Avec sa compagne Diane Kurys, il crée une société de production, Alexandre Films et coproduit Diabolo menthe, immense succès de l’année 1977 avec plus de 3 millions d’entrées. De son côté, Alexandre Arcady découvre la première ébauche du roman Le Coup de Sirocco de Daniel Saint-Hamont, dans lequel il y voit une résonance avec sa propre histoire. Les deux hommes s’associent et adaptent le livre pour le grand écran. C’est un grand succès. Non seulement le film est l’un des premiers à évoquer le rapatriement des familles Pieds-noirs en métropole, mais il est également largement autobiographique et a aussi contribué à relancer la carrière de Roger Hanin. Quarante ans après sa sortie, Le Coup de Sirocco reste un film très frais, joliment mis en scène avec des personnages très attachants.

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