Test Blu-ray / Les Jeunes années d’une reine, Sissi, Sissi Impératrice & Sissi face à son destin, réalisés par Ernst Marischka

LES JEUNES ANNÉES D’UNE REINE, SISSI, SISSI IMPÉRATRICE & SISSI FACE À SON DESTIN (Mädchenjahre einer Königin, Sissi, Sissi, die junge Kaiserin &
Sissi, Schicksalsjahre einer Kaiserin)
réalisés par Ernst Marischka, disponible en Coffret Blu-ray depuis le 18 novembre 2025 chez Rimini Editions.

Acteurs : Romy Schneider, Karlheinz Böhm, Magda Schneider, Uta Franz, Gustav Knuth, Vilma Degischer, Josef Meinrad, Erich Nikowitz, Walther Reyer, Senta Wengraf, Iván Petrovich, Helene Lauterböck…

Scénario : Ernst Marischka

Photographie : Bruno Mondi

Musique : Anton Profes

Durée : 1h45, 1h40, 1h41 & 1h44

Année de sortie : 1954, 1955, 1956 & 1957

LES FILMS

Les Jeunes années d’une reine (1954): Londres en 1837, panique au palais royal ! La jeune souveraine Victoria a disparu sans souci du protocole. Lors de cette fugue, elle vit la première romance de sa vie… Dans une somptueuse et fort colorée reconstitution de la cour d’Angleterre, voici le film qui précéda et inspira la célèbre série des « Sissi ».

Sissi (1955) :
La jeune Sissi accompagne à la cour impériale d’Autriche sa mère et sa soeur aînée Hélène promise au futur empereur. Comme à son habitude Sissi profite d’un moment en solitaire pour partir en promenade au cours de laquelle elle va rencontrer sans le savoir l’héritier impérial…


Sissi impératrice (1956):
Sissi est maintenant l’impératrice d’Autriche-Hongrie après son mariage avec l’empereur François-Jospeh. Toutefois, le pesant protocole et la sévérité de l’archiduchesse Sophie contraignent fortement sa nature spontanée. Quand la jeune femme met au monde une petite fille, sa joie est de courte durée puisque Sophie décide de lui en retirer la garde. Désabusée, Sissi se réfugie en Bavière chez ses parents.



Sissi face à son destin (1957) :
L’Empire est agité par des révolutionnaires hongrois mécontents de leurs attachements à la Maison d’Autriche. Sissi décide son époux à partir en Hongrie afin de calmer les esprits…

C’est peu dire que le réalisateur autrichien Ernst Marischka (1893-1963) a eu une intuition…En 1953, Rosemarie Magdalena Albach n’a que quinze ans. Elle quitte le pensionnat et rejoint sa mère, Magda Schneider, pour le tournage de Quand refleuriront les lilas blancsWenn der weiße Flieder wieder blüht de Hans Deppe, pour lequel elle avait passé des essais concluants et sur lequel elle est ensuite engagée comme actrice, pour la première fois de sa vie. C’est un succès immédiat, les spectateurs se prennent d’affection pour cette merveilleuse jeune comédienne à la photogénie renversante, au point où celle-ci éclipse sa propre génitrice. C’est sur le plateau de son second film, Feu d’artifice Feuerwerk de Kurt Hoffmann, que Romy Schneider (qui gardera désormais ce pseudonyme) rencontre Ernst Marischka. Il lui offre le rôle principal des Jeunes Années d’une reineMädchenjahre einer Königin, qu’il avait pourtant décidé de confier à Sonja Ziemann. C’est une nouvelle étape pour l’actrice, qui incarne la reine d’Angleterre Victoria à l’âge de 18 ans, l’action se déroulant en 1837, lors de son accession au trône. Peu de temps avant le décès de son oncle, la jeune Victoria apprend qu’elle est l’héritière du trône britannique. Commence alors pour elle l’apprentissage de sa nouvelle fonction avec l’aide du Premier ministre whig Lord Melbourne. Dans le même temps, sa mère, son oncle le roi des Belges et même Lord Melbourne se donnent pour mission de marier la jeune reine, chacun imposant son prétendant. Lasse, Victoria quitte Londres le soir de son repas d’anniversaire pour aller à Paris, là où elle pense pouvoir faire une étude approfondie de tous les jeunes gens. Seulement, le mauvais temps la contraint à s’arrêter dans une auberge à Douvres, là où se trouve également le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, un des trois prétendants sur la liste. Les jeunes gens vont alors faire connaissance, chacun cachant soigneusement son identité…

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Test DVD / L’Épreuve du feu, réalisé par Aurélien Peyre

L’ÉPREUVE DU FEU réalisé par Aurélien Peyre, disponible en DVD le 16 décembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Félix Lefebvre, Anja Verderosa, Suzanne Jouannet ,Victor Bonnel, Sarah Henochsberg, Nolan Masraf, Marie Bucas-Français, Jules Porier…

Scénario : Aurélien Peyre & Charlotte Sanson

Photographie : Inès Tabarin

Musique : Maud Geffray

Durée : 1h42

Année de sortie : 2025

LE FILM

Hugo, 19 ans, passe les vacances d’été sur l’île de Noirmoutier dans la petite maison de son grand-père, pour la première fois en compagnie de sa petite amie Queen, esthéticienne à Paris, originaire de Toulon, au style flamboyant. Lors d’une balade, il retrouve une bande d’amis d’enfance qu’il n’a pas vus depuis longtemps. Après quelques jours sur l’île, le couple doit se rendre chez la grand-mère de Queen, à Toulon.

Décidément, le cinéma français se porte bien, contrairement à celles et à ceux qui déclarent (au premier degré) que « c’est de la m*rde ! ». L’Épreuve du feu, premier long-métrage d’Aurélien Peyre, directement issu de Coqueluche (2018), précédent moyen-métrage du réalisateur, est l’une des plus belles révélations de 2025. Le metteur en scène et scénariste reprend le même point de départ, autrement dit une fille qui débarque sur une île située sur l’Atlantique, afin de rejoindre son petit copain, qui comme d’habitude y passe ses vacances d’été et ce depuis sa plus tendre enfance. Aurélien Peyre s’intéresse au regard amoureux de l’adolescent, qui se transforme au contact de ceux qu’il considère comme étant ses « amis », qui n’hésitent pas à critiquer ouvertement le milieu social de ceux qui n’ont pas « les mêmes valeurs ». Pour son passage au format long, il reprend ainsi les personnages, les retravaille, récupère la matière brute et première, pour la sculpter avec une nouvelle maturité, lui donner une nouvelle densité. Pour cela, Aurélien Peyre bénéficie de concours de Charlotte Sanson (Un vrai bonhomme de Benjamin parent, Comment je suis devenu super-héros de Douglas Attal) pour dresser le portrait de Hugo. Récit initiatique, situé entre Conte d’été de Eric Rohmer et Le Blé en herbe de Colette, L’Épreuve du feu, porté par la sublime interprétation de son duo vedette, subjugue de la première à la dernière seconde. On en reparle aux prochains César ?

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Test Blu-ray / Week-end de terreur, réalisé par Fred Walton

WEEK-END DE TERREUR (April Fool’s Day) réalisé par Fred Walton, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 16 janvier 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Jay Baker, Pat Barlow, Lloyd Berry, Deborah Foreman, Deborah Goodrich, Tom Heaton, Leah Pinsent, Mike Nomad, Thomas F. Wilson…

Scénario : Danilo Bach

Photographie : Charles Minsky

Musique : Charles Bernstein

Durée : 1h29

Année de sortie : 1986

LE FILM

Muffy St. John, riche héritière, invite plusieurs de ses amis étudiants à passer le week-end du 1er avril dans un luxueux manoir situé sur une île privée que possèdent ses parents. La fête s’annonce grandiose et Muffy a préparé quelques poissons d’avril. Mais la plaisanterie vire au cauchemar lorsque les invités disparaissent l’un après l’autre…

Passé à la postérité pour avoir écrit et réalisé Terreur la ligne When a Stranger Calls (1979), thriller devenu culte très vite auprès des cinéphiles et des spectateurs avides du genre, le réalisateur Fred Walton (né en 1949) est pourtant l’homme d’un autre film aujourd’hui très prisé, Week-end de terreur April Fool’s Day. Sorti en 1986, en queue de comète du slasher, la même année que Vendredi 13, chapitre VI : Jason le mort-vivantFriday the 13th Part VI: Jason Lives de Tom McLoughlin (l’un des meilleurs opus de la franchise) et Body CountCamping del terrore de Ruggero Deodato, tandis que Freddy Krueger se préparait à apparaître pour la troisième fois au cinéma, Week-end de terreur préfigure ce que deviendra le genre avec dix ans d’avance. Car même si Scream est encore loin et relancera le slasher dans les années 1990, le film de Fred Walton joue déjà intelligemment la carte méta, s’interroge sur la notion d’épouvante, sur le rapport avec la peur qu’entretient le spectateur, tout en essayant d’insuffler du sang neuf au thriller horrifique alors en quasi-perdition. Et ça marche. Week-end de terreur est assurément un bon ride et même si le second visionnage passera sans doute moins bien en raison du twist final (“Hey what did you expect ?”), la mise en scène tient encore bien le coup et les décors naturels ravissent les pupilles.

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Test DVD / Certains l’aiment chauve, réalisé par Camille Delamarre

CERTAINS L’AIMENT CHAUVE réalisé par Camille Delamarre, disponible en DVD depuis le 5 décembre 2025 chez UGC.

Acteurs : Kev Adams, Michaël Youn, Rayane Bensetti, Chantal Ladesou, Tony Garcia Lewis, Phil Krazuki, Shane Woodward, Manon Sabrier…

Scénario : Antonin Fourlon

Musique : Alexandre Azaria

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Lorsque Zak perd sa petite, puis son travail, c’est le début de la déprime. Mais lorsqu’il s’aperçoit qu’il perd ses cheveux à tout juste trente ans c’est la panique totale. Sur les conseils de son oncle qui est passé par là il y a plusieurs années, il entame plusieurs traitements pour échapper à la calvitie…

Aaaah, celui-là il est beau. Parce qu’il en faut bien quelques-uns qui se distinguent chaque année, Certains l’aiment chauve rejoint ainsi Toutes pour une de Houda Benyamina, Le Grand déplacement de Jean-Pascal Zadi, Alpha de Julia Ducournau dans le genre bide atomique largement mérité. 10 millions de budget (WTF!!) et 210.000 entrées au compteur, ça fait mal au fondement quand même. Un des pires scores au cinéma pour Kev Adams, qui a d’ailleurs connu une double peine en 2025 avec un autre four commercial, Le Jour J de Claude Zidi Jr. On ne sait pas encore ce que vaut le second, mais en ce qui concerne Certains l’aiment chauve, on est ici dans le gratin de navet fumant. À la barre, on retrouve l’inénarrable Camille Delamarre (né en 1979), réalisateur, monteur, scénariste, producteur et même acteur, tout droit sorti de l’écurie Luc Besson, pour lequel il a essentiellement officié au découpage, ou au charcutage c’est selon, épileptique du Transporteur 3, de L’Immortel, de Taken 2, de Colombiana…un cador on vous dit ! Il passe « logiquement » derrière la caméra avec Brick Mansions…remake de l’affreux Banlieue 13, interprété par Paul Walker, alors dans son dernier rôle. Non, nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il a perdu le contrôle de sa voiture en repensant au premier montage du film, mais c’est une idée qui se tient. Anyway, Camille Delamarre revient sur le devant de la scène, dix ans après Le Transporteur : Héritage, qui avait plutôt bien fonctionné dans les salles, sans toutefois connaître le même engouement que la trilogie avec Jason Statham. Mais le verdict est sans appel pour Certains l’aiment chauve, qui devait quitter les salles de cinéma, quatre semaines seulement après la sortie du film et ce malgré une combinaison confortable de plus de 500 salles dans l’Hexagone. Avec à peine 19.000 spectateurs comptabilisés le premier jour (108.000 la première semaine, plaçant le film à la neuvième place du classement hebdo), il était certain qu’on allait se retrouver devant un nouveau cas d’étude du cinéma français. Car où sont passés les millions d’euros, si ce n’est dans la poche des deux comédiens principaux ? Entrez donc si vous l’osez, amateurs de comédies qui sentent le gros rouge qui tâche, qui renvoie aux plus mauvais films (car tout n’est pas à jeter, loin s’en faut) de Philippe Clair et de Max Pécas, qui paraissent ana(l)chroniques, issues d’un autre univers…On vous aura prévenu, pervers que vous êtes.

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Test DVD / Fêlés, réalisé par Christophe Duthuron

FÊLÉS réalisé par Christophe Duthuron, disponible en DVD le 3 décembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Pierre Richard, Charlotte De Turckheim, Bernard Le Coq, François Berléand, Émilie Caen, Patrick de Valette, Arthur Jugnot, Méliane Marcaggi…

Scénario : Christophe Duthuron, Alfred Lot & Christophe Carrière

Photographie : Pierric Gantelmi d’Ille

Durée : 1h27

Année de sortie : 2025

LE FILM

L’Arc-en-ciel est un authentique lieu associatif à Marmande (Lot-et-Garonne) qui accueille des personnes ordinaires mais violentées par la vie. Ses adhérents se soutiennent mutuellement dans leur lutte contre les difficultés quotidiennes. Quand on menace de les expulser, un élan de solidarité s’organise autour de Pierre, le fondateur, pour sauver cette maison d’accueil unique.

Entre Pierre Richard et Christophe Duthuron, c’est une grande histoire d’amitié. En 1991, alors étudiant en lettres et âgé de 17 ans, le second, grand admirateur du premier, monte à Paris et parvient à trouver où le comédien résidait alors, autrement dit la fameuse péniche amarrée quai de la Concorde. Le jeune homme parvient à attirer son attention, au point où Pierre Richard l’invite à prendre un café chez lui. Les deux hommes ne se quitteront plus. Christophe Duthuron obtient un petit rôle dans Droit dans le mur (1997), signe la mise en scène et parfois même le texte de ses spectacles (Détournement de mémoire, Pierre et fils), participe au scénario du Bonheur de Pierre (de Robert Ménard), avant de le diriger enfin dans Les Vieux fourneaux (2018), gros succès au box-office adapté de la bande dessinée de Lupano et Cauuet, qui connaîtra une suite en 2022, dont l’accueil ne sera pas du tout du même acabit. Après l’édition de Souvenirs d’un distrait (avec Pierre Richard), disponible chez Le Cherche midi, les deux refont équipe avec Fêlés, ou l’histoire de la véritable association Arc-en-ciel située à Marmande, fondée par le psychiatre et psychanalyste François Tosquelles dans les années 1970, qui accueille des personnes atteintes de troubles psychiques. Un lieu qui aura inspiré Christophe Duthuron et ses co-scénaristes Alfred Lot (metteur en scène de l’excellent La Chambre des morts, adapté de Franck Thilliez) et le journaliste Christophe Carrière. Il en résulte une comédie sociale, proche de l’univers des films anglais à la The Full Monty et Les Virtuoses, sympathique et reposant essentiellement sur son casting. Car on ne peut pas dire que l’histoire passionne plus que cela et l’on a même souvent l’impression que le récit a été improvisé pendant le tournage, avec son intrigue qui part dans tous les sens, pour finalement ne plus savoir où aller en fin de parcours. Il n’en restera sûrement rien après quelques heures, si ce n’est l’énergie toujours contagieuse de Pierre Richard, qui à plus de 90 ans passés continue encore et toujours de nous enchanter.

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Test Blu-ray / L’Accident de piano, réalisé par Quentin Dupieux

L’ACCIDENT DE PIANO réalisé par Quentin Dupieux, disponible en DVD et Blu-ray le 4 novembre 2025 chez Diaphana.

Acteurs : Adèle Exarchopoulos, Jérôme Commandeur, Sandrine Kiberlain, Karim Leklou, Clara Choï, Gabin Visona, Georgia Scalliet, Sava Lolov…

Scénario : Quentin Dupieux

Photographie : Quentin Dupieux

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Magalie est une star du web sans empathie et sans morale, qui gagne des fortunes en postant des contenus durs et violents sur les réseaux. Un grave accident survenu sur le tournage de l’une de ses vidéos la pousse à s’isoler à la montagne avec son assistant personnel afin de faire un break. Mais l’obstination d’un fan local et le chantage mené par une journaliste vont faire basculer sa vie…

C’est un rendez-vous quasi-annuel, puisqu’en près de vingt piges, Quentin Dupieux aura livré pas moins de quatorze long-métrages, dont la moitié tournée et sortie ces cinq dernières années. On attend patiemment la nouvelle cuvée en se demandant quel goût aura le nectar. L’Accident de piano est apparu dans les salles un peu plus d’un an après Le Deuxième acte, qui en frôlant la barre du demi-million d’entrées était devenu le plus grand succès du réalisateur au box-office. Pour son dernier opus en date, Mr Oizo collabore pour la troisième fois avec Adèle Exarchopoulos, qui se voit confier ici le rôle principal, après le génial Mandibules (dans lequel elle volait toutes les scènes) et Fumer fait tousser, l’un des gros échecs du metteur en scène. Du point de vue dégustation, L’Accident de piano pique en bouche et s’apparente à du gros rouge qui tâche. Rien de péjoratif là-dedans, puisque la critique amère de l’âme humaine est percutante, défonce le palais et s’avère même gouleyante dès la première gorgée. Et en ce qui concerne la couleur évoquée, il s’agit bien sûr de celle du sang qui coule dans la dernière partie de ce conte de la folie ordinaire comme l’écrivait Charles Bukowski. Comédie noire, surréaliste, d’horreur aussi donc, où trône la comédienne, totalement métamorphosée à cette occasion, L’Accident de piano est à nouveau une savoureuse attraction pensée et conduite par le plus forain des cinéastes français en activité.

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Test Blu-ray / La Taverne de l’irlandais, réalisé par John Ford

LA TAVERNE DE L’IRLANDAIS (Donovan’s Reef) réalisé par John Ford, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 14 novembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : John Wayne, Lee Marvin, Elizabeth Allen, Jack Warden, Cesar Romero, Dick Foran, Dorothy Lamour, Marcel Dalio…

Scénario : Frank Nugent & James Edward Grant

Photographie : William H. Clothier

Musique : Cyril J. Mockridge

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Guns et Boats, deux anciens combattants du Pacifique se sont installés en Polynésie. La fille d’un troisième camarade, élévée dans la société puritaine de Boston, vient à la recherche de son père. Alors qu’ils se retrouvent, comme chaque année, dans l’île de Haleakaloa, où habite Guns, pour une rituelle bagarre, cet ancien marin irlandais va donner à la jeune héritière prude et pleine de préjugés une leçon de charité et de joie de vivre.

Le dernier baroud d’honneur ! La Taverne de l’irlandaisDonovan’s Reef est en effet l’ultime collaboration avec John Ford et John Wayne. On serait tenté de dire que le comédien doit tout au cinéaste, mais ce serait franchement réducteur, d’autant plus que Raoul Walsh avant lui avait confié son premier grand rôle au Duke dans La Piste des géants The Big Trail (1930). Cette association fut néanmoins décisive, marquée par un respect réciproque, des engueulades, des beuveries à n’en plus finir, mais aussi et surtout par un amour incommensurable qui devait lier à jamais les deux hommes. Environ 20 films, cela compte dans une carrière. Si John Wayne avait fait quelques panouilles chez John Ford de 1928 (Maman de mon coeur Mother Machree) à Born Reckless (1930), La Chevauchée fantastique Stagecoach va changer la donne en 1939. Suivront Les Hommes de la mer The Long Voyage Home (1940), Les Sacrifiés They Were Expendable (1945), Le Massacre de Fort Apache Ford Apache et Le Fils du désert3 Godfathers en 1948, La Charge héroïqueShe Wore a Yellow Ribbon (1949), Rio Grande (1950), L’Homme tranquille The Quiet Man (1952), La Prisonnière du désertThe Searchers (1956), L’Aigle vole au soleilThe Wings of Eagles (1957), Les CavaliersThe Horse Soldiers (1959), L’Homme qui tua Liberty ValanceThe Man Who Shot Liberty Valance et La Conquête de l’OuestHow the West Was Won en 1962, puis enfin La Taverne de l’irlandais en 1963. Et comme il s’agit plus ou moins d’une œuvre « testamentaire » sur leur relation et association, autant que cela finisse en beauté. Certes, Donovan’s Reef n’a pas et n’aura jamais l’aura, le prestige des monuments susmentionnés, mais le film agit comme un dernier verre avant que les deux John ne voient leur chemin se séparer. Si Wayne continuera encore d’incarner le cowboy pendant plus de dix ans, à quelques exceptions près (Le Plus Grand Cirque du monde de Henry Hathaway, Première victoire d’Otto Preminger, Les Feux de l’enfer d’Andrew V. McLaglen, Brannigan de Douglas Hickox), La Taverne de l’irlandais est l’antépénultième opus du réalisateur. Après celui-ci, John Ford ne reviendra derrière la caméra que pour Les CheyennesCheyenne Autumn (1964) et Frontière chinoiseSeven Women (1965). Grand succès au box-office, contrairement à ce qui a longtemps été dit, histoire d’enfoncer le clou sur le fait qu’il ne s’agissait que d’un « simple divertissement », La Taverne de l’irlandais, au-delà de son évidente légèreté, contient tout de même d’immenses séquences et mérite d’être largement redécouvert. D’autant plus que plastiquement, on en prend plein les mirettes. Alors pourquoi faire la fine bouche ?

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Test DVD / La Tournée, réalisé par Florian Hessique

LA TOURNÉE réalisé par Florian Hessique, disponible en DVD le 19 novembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Patrick Chesnais, Florian Hessique, Richard Berry, Thierry Lhermitte, Martin Lamotte, Aurore Planas, Hélène Bizot, Roland Marchisio, Dominique Frot, Vincent Desagnat, Alexandre Pesle…

Scénario : Florian Hessique

Photographie : Julia Escobar

Musique : Raphaël Dargent

Durée : 2h

Année de sortie : 2025

LE FILM

Marius de Villeduc est un acteur vieillissant, endetté et dont la carrière a décliné. Il accepte à contre-cœur de tenir le rôle principal d’un film réalisé par Richard Favard, un acteur-réalisateur prometteur, mais qu’il ne connaît pas du tout. Une fois le film tourné, Marius doit — pour obtenir l’intégralité de son cachet — participer à la tournée promotionnelle du film. Ainsi, accompagné du metteur en scène et de Colette et Lulu, Marius va devoir participer à de nombreuses avant-premières dans toute la France.

Soyons réalistes une minute. Quand on la curiosité d’aller lire les avis des spectateurs postés sur Allociné concernant La Tournée de Florian Jessique, on se rend compte que 50 supposés abonnés sur les 80 critiques postées sur ce long-métrage, ne se sont inscrits que pour encenser uniquement ce film, en lui donnant quatre étoiles, quand ce n’est pas carrément la note maximale. C’est louche. Et cela se vérifie sur d’autres sites, comme sur SensCritique, sur La Fnac, etc…Cela s’est déjà vu, cela se reverra encore. De là à dire qu’il y a plus de critiques publiées que de spectateurs ayant vu le film dans les salles (autrement dit 18.000 seulement)…En l’état, La Tournée n’a rien de transcendant sur le papier, mais repose sur un casting sympathique, mené par l’impérial Patrick Chesnais. D’ailleurs, si l’on réussit à aller jusqu’au bout de ces deux longues heures, c’est essentiellement grâce à son abattage habituel, son formidable cabotinage grincheux et son côté bourru. Mais il est bien entouré, par Roland Marchisio, visage récurrent de la télévision (en gros toutes les séries policières de TF1, Plus belle la vie) et finalement peu vu au cinéma (dans quelques films de Gérard Jugnot), la belle Aurore Planas (jolie découverte) et l’excellente Hélène Bizot, dont on connaît principalement la voix, qu’elle prête habituellement à Naomi Watts. Si l’on a plus de mal avec l’interprétation paresseuse de Florian Hessique, ce bémol est compensé par l’apparition amicale (et qu’on imagine rémunérée au minimum syndical vu le budget) et marquante de Thierry Lhermitte (génial), Martin Lamotte (impeccable en distributeur dépassé par les événements et déjà dans L’Instant présent du même réalisateur), Richard Berry (toujours convaincant en mec odieux), Vincent Desagnat (burlesque et lunaire à souhait)…Si le rythme est en dents de scie, pour ne pas dire pépère (tiens au passage, Papy Drucker fait une énième apparition dans son propre rôle), La Tournée, malgré son aspect téléfilm France 3 Picardie, possède un charme anachronique et l’alchimie entre les comédiens fonctionne assez pour qu’on aille jusqu’au bout de cette comédie d’un autre temps.

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Test Blu-ray / All Ladies Do It, réalisé par Tinto Brass

ALL LADIES DO IT (Così fan tutte) réalisé par Tinto Brass, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 4 novembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Claudia Koll, Paolo Lanza, Franco Branciaroli, Isabella Deiana, Renzo Rinaldi, Ornella Marcucci, Marco Marciani, Maurizio Martinoli…

Scénario : Tinto Brass, Francesco Costa & Bernardino Zapponi, d’après l’opéra de Mozart

Photographie : Massimo Di Venanzo & Silvano Ippoliti

Musique : Pino Donaggio

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

Si, au terme de cinq ans de mariage, Diana aime toujours Paolo, elle rêve aussi de nouvelles expériences dans les bras d’autres hommes. Un séduisant antiquaire français, un premier flirt sur le retour… Les amants vont et viennent dans un tourbillon de liaisons scandaleuses. Plutôt que de cacher la vérité de ses infidélités à Paolo, Diana les lui raconte, toutes. Autant de récits qui ajoutent du piment à une vie de couple pourtant pas à l’abri des démons de la jalousie…

Quand il tourne Così fan tutte, l’amico Tinto Brass trône depuis dix ans comme étant le « Sergio Leone du cul » et ce dès le succès monstre rencontré par La ClefLa Chiave (1983), porté par la sublime Stefania Sandrelli. Après celui-ci, le cinéaste a mis les bouchées doubles avec le génial Miranda (1985) et l’envoûtant Paprika (1991). Le tournant des années 1990 n’a rien changé pour Tinto Brass, qui continue sur sa lancée, quand bien même nombreux sont ses détracteurs qui jugent son cinéma ana(l)chroNique. All Ladies Do It, autre titre de Così fan tutte, est une autre comédie érotique, qui met cette fois en vedette l’actrice Claudia Koll, nom de scène de Claudia Maria Rosaria Colacione, alors âgée de 27 ans au moment du tournage et qui deviendra par la suite une diva érotique dans l’Italie de la première moitié des années 1990. Visage récurrent de la télévision transalpine, Claudia Koll, présentera le célèbre festival de Sanremo, donnera la réplique au monstre Nino Manfredi dans la série Linda e il brigadiere, jouera pour Lamberto Bava, avant de se tourner vers Dieu et les associations caritatives. Mais pour l’heure, elle n’est sûrement pas avare de ses charmes dans All Ladies Do It et détient une place particulière dans le cheptel du maestro. Loin d’avoir les formes rebondies des autres héroïnes brassiennes, Claudia Koll étonne, détonne même et marque donc les esprits, ainsi que le bas-ventre des spectateurs. Ôde à la sodomie, All Ladies Do It est aussi une radiographie ironique du couple et de ses conventions, dans laquelle Tinto Brass met les femmes à égalité avec les hommes et montre d’ailleurs que ces derniers font pâle figure à côté des premières, qui quand elles ont décidé d’être libres, le sont vraiment et totalement. Tinto Brass, réalisateur féministe, vous en doutiez ?

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Test Blu-ray / Paprika, réalisé par Tinto Brass

PAPRIKA réalisé par Tinto Brass, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 4 novembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Debora Caprioglio, Stéphane Ferrara, Martine Brochard, Stéphane Bonnet, Rossana Gavinel, Renzo Rinaldi, Conte Bastiano…

Scénario : Tinto Brass & Bernardino Zapponi, d’après le roman Fanny Hill de John Cleland

Photographie : Silvano Ippoliti

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 1991

LE FILM

Belle à croquer et encore jeunette, Mimma aime follement Nino, au point qu’elle vend son corps pour ses beaux yeux. Devenue, sous le nom de Paprika, la pensionnaire la plus populaire de la maison close de Mme Colette, la jeune femme oublie vite son premier amour pour se consoler dans les bras d’un beau marin. D’un établissement de plaisir à l’autre, de la France à l’Italie, où prêtres et politiciens se bousculent à sa porte, Paprika fait tourner les têtes et valser les caleçons.

Aaaah Paprika…c’est tout un poème comme le chantait Yves Montand. Assurément l’une des plus grandes héroïnes de Tinto Brass, Mimma, surnommée Paprika en raison de sa nature caliente, fait partie des « meneuses » dans le cheptel de son auteur. Incarnée par l’impressionnante Debora Caprioglio, excessivement généreuse, plantureuse (euphémisme) créature, Paprika marque le retour du maestro à un érotisme encore plus exacerbé. Superbe portrait de femme libre, qui fait ce qu’elle veut de son cul (qu’elle a comme une mandoline) et qui ne s’en prive pas, Paprika se double cette fois d’un « hommage » aux maisons closes, que le sieur Brass a toujours fréquenté dans sa vie. D’où une vision fantasmée, idéalisée, rêvée et donc mise en scène de façon stylisée à travers des décors que l’on imagine tout droit sortis d’un rêve (mouillé). Rétrospectivement, Paprika, sorti en 1991, est l’un des plus beaux longs-métrages du Maestro del Culo, un des plus passionnants aussi, comme un mix entre Salon Kitty et Miranda. Inoubliable.

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