Test 4K UHD / The Drama, réalisé par Kristoffer Borgli

THE DRAMA réalisé par Kristoffer Borgli, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 7 août 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Zendaya, Robert Pattinson, YaYa Gosselin, Alana Haim, Mamoudou Athie, Sydney Lemmon, Hannah Gross, Hailey Gates…

Scénario : Kristoffer Borgli

Photographie : Arseni Khachaturan

Musique : Daniel Pemberton

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Emma Harwood et Charlie Thompson s’apprêtent à s’unir pour la vie. Lors d’une ultime dégustation du menu de leur mariage, accompagnés d’un couple d’amis, les tourtereaux décident de s’avouer la pire crasse qu’ils aient commis de leur vie. L’aveu d’Emma va tellement choquer son futur mari que leur mariage pourrait être compromis…

Il nous avait subjugué avec Dream Scenario en 2023 en offrant par la même occasion à Nicolas Cage l’un de ses meilleurs rôles depuis au moins vingt ans, le cinéaste norvégien Kristoffer Borgli récidive avec son troisième long-métrage et son second réalisé pour le compte du studio A24. The Drama confirme plusieurs points. Premièrement, la place désormais importante, pour ne pas dire incontournable de la société A24 au sein de l’industrie cinématographique américaine (Backrooms, Marty Supreme, Pour l’éternité, Heretic, Iron Claw). Ensuite, que Kristoffer Borgli est assurément l’un des metteurs en scène les plus passionnants du moment. Enfin, que Zendaya n’a pas démérité sa place parmi les jeunes actrices adulées aujourd’hui et que Robert Pattinson est devenu incontestablement l’un des plus grands comédiens. Autant dire que la réussite de The Drama est totale et a tout pour devenir un futur classique. On est subjugué à la fois par la beauté, le talent et l’alchimie du couple star (également à l’affiche de L’Odyssée de Christopher Nolan et de Dune : Part Three de Denis Villeneuve), Zendaya n’ayant sans doute jamais été aussi bien filmée, tandis que son partenaire crève une fois de plus l’écran et signe l’une de ses plus impressionnantes prestations. À l’origine, le réalisateur n’avait visiblement pas envisagé The Drama comme une comédie romantique ou même un film de mariage. Kristoffer Borgli voulait aborder avant tout cet équilibre fragile entre le bonheur et la détresse qu’un homme et une femme traversent au fil de leur relation, ainsi que les inévitables compromis, qui charpentent un couple. On se souviendra longtemps de ce dîner entre amis où chaque convive s’exprime sur ce qu’ils ont pu faire de plus odieux au cours de leur existence, certains aveux étant évidemment plus graves que d’autres, dont un qui va jusqu’à remettre un mariage. The Drama n’est pas un film sympathique (ou quand le sourire désarmant devient carnassier), mais terriblement humain, où les protagonistes laissent paraître leurs failles et doivent apprendre à communiquer pour aller de l’avant. Un vrai bijou de scénario, d’une élégance folle, merveilleusement interprété, The Drama est un immense coup de coeur.

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Test Blu-ray / Peau de banane, réalisé par Marcel Ophüls

PEAU DE BANANE réalisé par Marcel Ophüls, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Jeanne Moreau, Claude Brasseur, Jean-Pierre Marielle, Gert Fröbe, Paulette Dubost, Alain Cuny, Charles Regnier…

Scénario : Marcel Ophüls, Claude Sautet & Daniel Boulanger, d’après le roman « Peaux de bananes » de Charles Williams

Photographie : Jean Rabier

Musique : Ward Swingle

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Cathy n’est pas femme à passer l’éponge… Son père ruiné par un tandem d’hommes d’affaires véreux, elle se jure de leur rendre la monnaie de leur pièce en les jetant sur la paille. Pour ça, elle recrute deux filous professionnels et Michel, son ancien mari. Si le plan semble avoir merveilleusement fonctionné, Cathy et Michel découvrent vite qu’ils se sont trompés de proie, et, souhaitant garder le butin rien que pour eux, faussent compagnie à leurs complices. Une erreur qu’ils n’entendent pas reproduire lorsqu’ils repèrent l’autre escroc qu’ils recherchaient…

Avant de devenir le réalisateur acclamé à travers le monde pour son documentaire-fleuve de plus de quatre heures Le Chagrin et la Pitié : Chronique d’une ville française sous l’Occupation (sauf en France, puisque censuré par l’ORTF et qui ne sera diffusé à la télévision qu’après l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981), par ailleurs nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film documentaire, Marcel Ophüls (1927-2025), de son vrai nom Hans Marcel Oppenheimer et fils de l’éminent Max Ophüls, avait fait ses armes dans le domaine de la fiction. À ce titre, son film le plus célèbre et son plus grand succès, demeure son premier long-métrage, Peau de banane, comédie élégante dite à « arnaque », qui donne l’occasion à Bebel de se détendre quelque peu après les tournages tendus (euphémisme) du Doulos et surtout de L’Aîné des Ferchaux de Jean-Pierre Melville, qui sortent eux aussi en 1963, à huit mois d’intervalle. Avant de passer la vitesse supérieure avec L’Homme de Rio, Jean-Paul Belmondo se détend dans les bras de Jeanne Moreau, sa partenaire de Moderato Cantabile (1960) de Peter Brook, qui n’avait guère ramené les foules dans les salles. Marcel Ophüls, qui avait mis en scène un segment du film à sketches L’amour à vingt ans, après avoir fait ses armes comme assistant auprès de Jean Dréville, John Huston, Julien Duvivier et de son paternel, s’en sort très bien avec Peau de banane, exercice de style qui s’inspire du polar américain sur la forme (tout en adaptant le roman de Charles Williams, Nothing in Her Way), mais où rien n’est sérieux, surtout pas son couple vedette, qui s’amuse, tout autant que leurs prestigieux partenaires, Claude Brasseur, Jean-Pierre Marielle et Gert Fröbe. À voir comme une savoureuse récréation, qui n’a rien perdu de son charme.

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Test Blu-ray / Aucun autre choix, réalisé par Park Chan-wook

AUCUN AUTRE CHOIX (Eojjeolsuga eobsda) réalisé par Park Chan-wook, disponible en DVD & Blu-ray le 11 juin 2026 chez ARP Sélection.

Avec : Lee Byung-Hun, Son Ye-jin, Cha Seung-Won, Park Hee-soon, Lee Sung-min, Yeom Hye-ran, Oh Dal-su, Woo Seung Kim…

Scénario : Park Chan-Wook, Lee Kyoung-mi, Lee Jahye & Don McKellar, d’après le roman Le Couperet de Donald Westlake

Photographie : Kim Woo-hyung

Musique : Cho Young-wuk

Durée : 2h15

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Yoo Man-soo, ingénieur dans une usine à papier depuis 25 ans, est soudainement licencié. Il cherche alors à tout prix un nouvel emploi, pour protéger sa femme Mi-ri et leurs deux enfants. Il tente surtout de garder leur maison familiale qu’il avait rachetée avec beaucoup de difficultés. Il n’a d’autre choix que de préparer sa propre guerre contre les potentiels candidats d’une offre d’emploi dans une usine japonaise.

Alors celle-là, on ne s’y attendait pas ! Park Chan-wook livre une nouvelle adaptation du roman Le Couperet The Ax (publié en 1997), déjà transposé en 2005 par Costa-Gavras, mais à laquelle il pensait visiblement depuis le début des années 2000. S’il dédie son film à ce dernier, le réalisateur Coréen s’offre comme qui dirait une récréation avec sa propre version. Nous sommes ici en pleine fable sociale, une satire où Park Chan-wook décide une fois de plus de pousser les curseurs à fond pour illustrer son propos, avec cet homme, chômeur de longue durée, acculé financièrement, qui en vient à éliminer, autrement dit de faire passer de vie à trépas, les postulants les plus sérieux aux mêmes emplois que lui. Le cinéaste réduit le nombre de concurrents à trois (au lieu de six chez Costa-Gavras) et donc de nouvelles victimes potentielles dans Aucun autre choix, qui parvient à être à la fois fidèle au chef d’oeuvre de Donald Westlake et en même temps différent du film de Costa-Gavras. Mais il n’est pas interdit de préférer la première mouture et de trouver le temps long (euphémisme) devant Aucun autre choix, d’autant plus que l’attachement que l’on pouvait tout de même avoir pour le personnage joué par José Garcia il y a plus de vingt ans, n’est pas le même que pour celui, pourtant brillamment incarné par Lee Byung-hun (Joint Security Area, Trois Extrêmes, Le Bon, la Brute et le Cinglé, Squid Game). Dans le roman, l’écrivain y allait déjà à fond dans le cynisme et l’ironie, partis-pris conservés par Costa-Gavras dans sa version, qui flirtait avec le surréalisme, tout en restant les pieds bien ancrés sur terre, ce qui faisait ressortir son propos implacable. Park Chan-wook n’est pas connu pour sa subtilité et Aucun autre choix va encore plus loin, ce qui dessert évidemment sa critique sociale. On retrouve plus ou moins les mêmes situations cocasses, dues la plupart du temps à la maladresse de notre antihéros, car on ne s’improvise pas assassin du jour au lendemain (thème que Westlake a par ailleurs décliné à plusieurs reprises, comme dans Le Contrat), mais une fois lancé, difficile, voire impossible de reculer. On regarde Aucun autre choix avec un ennui poli après pourtant une très bonne installation, mais le rythme tend à s’essouffler rapidement et il n’est pas aisé de rester concentrer jusqu’au bout de ces (longues) 135 minutes.

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Test Blu-ray / 24 heures d’un américain à Paris, réalisé par José Bénazéraf

24 HEURES D’UN AMÉRICAIN À PARIS réalisé par José Bénazéraf, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 11 mars 2026 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Dick Randall, Jessica Rubicon, Cosette Blanche, Agnetta Angelwall, Bonne Campbell, Nancy Holloway, Chantal Delor, Claudine Hogleneel…

Scénario : José Bénazéraf

Photographie : Alain Derobe

Musique : Louiguy

Durée : 1h16

Date de diffusion initiale : 1964

LE FILM

John Smith, homme d’affaires américain myope et maladroit, passe vingt-quatre heures à Paris avec l’intention de dilapider l’héritage laissé par son père dans les plaisirs de la capitale. Entre cabarets, concours de beauté et rencontres ratées, son humour lourd et sa gaucherie ne lui apportent que désillusions. Ivre et désabusé, il termine pourtant la nuit auprès d’une femme élégante, sans savoir que cette mystérieuse rencontre repose sur un profond malentendu.

Aaaaah José Bénazéraf (1922-2012), c’est tout un poème. Réalisateur, scénariste et producteur, parfois distributeur de ses propres longs-métrages quand personne ne les voulait, le bougre pouvait se targuer d’être complètement autodidacte quand il décide de se lancer dans le cinéma. Il connaît son premier succès après avoir acheté les droits de la chanson Les Lavandières du Portugal, grand succès populaire lui rappelant ses racines, sa mère étant portugaise. José Bénazéraf s’accorde avec Pathé pour produire « l’adaptation » du tube de l’année 1955, qui sera mise en scène par Pierre Gaspard-Huit. Résultat des courses, le film attire près de trois millions de spectateurs en 1957. Sa carrière dans le septième art est lancée. Il se retrouve au milieu de la Nouvelle vague, partage son quotidien avec le producteur Georges de Beauregard, fait une apparition dans À bout de souffle (il est même représenté dans Nouvelle vague de Richard Linklater) et prête sa Thunderbird à cette occasion, le véhicule volé par le personnage de Jean-Paul Belmondo. C’est en 1963 qu’il passe lui-même derrière la caméra avec L’Éternité pour tous, dans lequel il joue déjà avec la censure en raison de la présence hot de la sublime Sylvia Sorrente, qui marque sa passion pour les belles femmes et la représentation de la sexualité à l’écran. La même année, il signe 24 heures d’un Américain ou 24 heures d’un Américain à Paris, connu aussi sous le titre Paris Erotika ou Paris Ooh-lala !, dans lequel il mélange les partis-pris de ses deux précédents opus, un exercice de style qui rappelle les polars, le tout saupoudré d’érotisme. En fait, 24 heures d’un Américain à Paris est quasi-expérimental, puisque l’intrigue est réduite au minimum et propose essentiellement une succession de numéros dénudés filmés aux Folies-Pigalle et au Crazy Horse Saloon. Il ne faut donc pas s’attendre à une histoire proprement dite, mais plutôt à un prétexte pour se rincer l’oeil et affoler les hormones durant 75 minutes montre en main. De ce point de vue-là, c’est réussi et l’ensemble demeure en plus un témoignage unique sur le Paris interlope des sixties.

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Test DVD / Diamanti, réalisé par Ferzan Özpetek

DIAMANTI réalisé par Ferzan Özpetek, disponible en DVD le 2 juin 2026 chez Destiny Films.

Acteurs : Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Vanessa Scalera, Sara Bosi, Loredana Cannata, Geppi Cucciari, Anna Ferzetti, Aurora Giovinazzo, Nicole Grimaudo, Milena Mancini, Paola Minaccioni, Elena Sofia Ricci, Lunetta Savino, Carla Signoris, Kasia Smutniak, Mara Venier, Giselda Volodi, Milena Vukotic, Stefano Accorsi…

Scénario : Elisa Casseri, Carlotta Corradi & Ferzan Özpetek

Photographie : Gian Filippo Corticelli

Musique : Giuliano Taviani & Carmelo Travia

Durée : 2h10

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Un réalisateur de renom réunit ses actrices préférées. Il leur propose de réaliser un film sur les femmes. Il les projette alors à Rome, dans les années 1970, dans un magnifique atelier de couture pour le cinéma et le théâtre, dirigé par deux sœurs très différentes. Dans cet univers peuplé de femmes, le bruit des machines à coudre résonne, les passions et la sororité s’entremêlent…

Né à Istanbul en 1959, mais arrivé en Italie quand il avait une dizaine d’années, Ferzan Özpetek est devenu l’un des réalisateurs transalpins les plus célèbres en son pays et l’un de ceux dont les oeuvres s’exportent le mieux dans le monde. Quelques-uns de ses opus ont été exploités en France, parmi les plus connus La Fenêtre d’en face La finestra di fronte (2003, David di Donatello du meilleur film), Saturno contro (2007), Le Premier qui l’a dit Mine vaganti (2010, son plus grand succès chez nous) et Magnifica presenza (2012). Plus discrets dans les salles hexagonales depuis une quinzaine d’années, les films de Ferzan Özpetek ont toujours eu les faveurs du public en Italie (2,5 millions d’entrées pour La Fenêtre d’en face, 1,5 million pour Saturno Contro, 1,4 million pour Le Premier qui l’a dit…) et son dernier en date, Diamanti est devenu le second triomphe de sa carrière avec plus de deux millions de spectateurs, un phénomène qui a su trouver le chemin des cinémas français. Pour son quinzième film, le cinéaste convoque certaines actrices avec lesquelles il avait déjà collaboré, Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Loredana Cannata, Nicole Grimaudo, Paola Minaccioni, Elena Sofia Ricci, Lunetta Savino, Carla Signoris, Kasia Smutniak et Milena Vukotic, pour une ode à la femme, un hommage à leur courage, à leur force, à leur détermination, à leur beauté, à leur grâce. Film choral, Diamanti embarque le public dans un tourbillon d’émotions (on en ressort en miettes), étourdit les sens avec une mise en scène sans cesse en mouvement, une caméra qui capture chaque regard embué, les gestes esquissés. Il se dégage une hyper-sensibilité de Diamanti, assurément un sommet dans l’oeuvre de son auteur.

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Test Blu-ray / Mort de rire, réalisé par Álex de la Iglesia

MORT DE RIRE (Muertos de risa) réalisé par Álex de la Iglesia, disponible en Blu-ray le 24 juin 2026 chez Extralucid Films.

Acteurs : Santiago Segura, El Gran Wyoming, Álex Angulo, Carla Hidalgo, Eduardo Gómez, Jesús Bonilla, José María Íñigo, Uri Geller…

Scénario : Jorge Guerricaechevarría & Álex de la Iglesia

Photographie : Flavio Martínez Labiano

Musique : Roque Baños

Durée : 1h51

Année de sortie : 1999

LE FILM

Nino et Bruno, duo comique adulé, connaissent une ascension fulgurante. Mais plus leur succès grandit, plus la rivalité et la haine s’installent entre eux.

Voilà un résumé rapide, sec, sans fioriture. Et pourtant, là-dessus, Álex de la Iglesia signe l’un de ses films les plus riches, sans doute l’un de ses plus attachants et parallèlement l’un de ses plus politiques. Car à travers le destin et le portrait dressé de ses deux personnages principaux, le réalisateur, alors âgé de près de 35 ans et qui a déjà trois longs-métrages à son actif, livre une radiographie impitoyable de son pays qui porte encore les stigmates des quarante années de franquisme. On se remet difficilement d’un régime dictatorial et malgré la transition démocratique, l’humiliation de l’autre, les relations dominants-dominés et la violence semblent être les seuls moyens « d’expression » et l’unique mode de vie que connaissent les individus. Dans la filmographie du cinéaste, Mort de rire Muertos de risa arrive deux ans après Perdita Durango, l’un des opus les plus dérangeants, brutaux (le film avait été interdit aux moins de 16 ans en France) et extrêmes du metteur en scène, qui n’avait pas rencontré le succès espéré. Suite à cette parenthèse à vocation internationale, Álex de la Iglesia revient en sa terre natale, parle de sa patrie, des siens, ce qu’il a toujours fait le mieux et ce qui lui correspond le plus. Mort de rire est une comédie explosive, adjectif souvent lié à l’univers de son auteur, menée à cent à l’heure, de la première à la dernière seconde. On en ressort lessivé, mais revigoré, heureux, euphorique, aussi bien rassasié au niveau des tripes que de l’esprit. Du grand, du très grand Álex de la Iglesia.

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Test Blu-ray / Amour Apocalypse, réalisé par Anne Émond

AMOUR APOCALYPSE (Peak Everything) réalisé par Anne Émond, disponible en DVD & Blu-ray le 5 mai 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Patrick Hivon, Piper Perabo, Connor Jessup, Gilles Renaud, Élizabeth Mageren, Leona Son, Eric K. Boulianne, Jude Beny…

Scénario : Anne Émond

Photographie : Olivier Gossot

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Propriétaire d’un chenil, Adam, quarante-cinq ans, est éco-anxieux. Via la ligne de service après-vente de sa toute nouvelle lampe de luminothérapie, il fait la connaissance de Tina. Cette rencontre inattendue dérègle tout : la terre tremble, les cœurs explosent… c’est l’amour !

Tiens, si on allait faire un petit tour du côté du Canada, au Québéc et pourquoi pas même en Ontario ? C’est ce que nous propose la réalisatrice et scénariste Anne Émond (née en 1982), auteure de nombreux courts-métrages et dont il s’agit ici du sixième long, qui nous parvient en France, après avoir été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2025. Lauréat du Grand Prix au Festival du Film de Cabourg, proposé dans de nombreux autres festivals (en Argentine, en Pologne…), Amour Apocalypse nous dévoile l’hypersensibilité d’une cinéaste, qui s’inspire d’une dépression qui lui est tombée dessus durant le confinement de 2020, plus précisément une éco-anxiété. De là est né le personnage d’Adam, 45 piges, en pleine détresse émotionnelle, mentale et physique, persuadé que le monde est au bord du chaos. En fait, Adam, qui déclare ouvertement être profondément triste, sans pour autant savoir pourquoi, est à un carrefour de son existence. Il va consulter une psy, qui s’amuse à décrypter son prénom (« Anxieux Déprimé Atypique Médication ? », avant de remplacer le D par « Dépressif »), sans pour autant lui donner les clés pour aller mieux. Mais il repart avec beaucoup de médicaments, des anxiolytiques, des somnifères, des anti-dépresseurs…et finalement ce qui lui fait le plus de bien semble être la luminothérapie…Cela tombe bien, car sa lampe défaillante va, ironie du sort, éclairer son existence, quand il va entrer en contact avec le service client…Amour Apocalypse ou Peak Everything est une comédie existentielle qui mute en romance inattendue, qui offre à ses deux formidables têtes d’affiche, le québécois Patrick Himon (qu’on a pu voir dans Le Fils de Jean de Philippe Lioret) et la trop rare Piper Perabo (révélée il y a 25 ans dans Coyote GirlsCoyote Ugly de David McNally), de très beaux rôles, les deux comédiens étant parfaits d’alchimie et de complicité. Une jolie découverte que l’univers de cette metteuse en scène !

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Test Blu-ray / 3 hommes et un couffin, réalisé par Coline Serreau

3 HOMMES ET UN COUFFIN réalisé par Coline Serreau, disponible en Combo Blu-ray + DVD édition limitée le 17 juillet 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Roland Giraud, Michel Boujenah, André Dussollier, Dominique Lavanant, Philippine Leroy-Beaulieu, Annick Alane…

Scénario : Coline Serreau

Photographie : Jean-Yves Escoffier & Jean-Jacques Bouhon

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

« Un copain déposera un colis et passera le reprendre plus tard ». Tel est le message laissé par Jacques, avant son départ pour le Japon, à ses deux compères Pierre et Michel avec lesquels il partage un luxueux appartement. Comme prévu, le colis arrive et à la stupéfaction générale, il s’agit d’un bébé… Adieu liberté et aventures sans lendemain.

Ce film a été un phénomène mondial. Plus de dix millions d’entrées en France, 2,5 millions en Allemagne, près de 35 millions en Union Soviétique, suivi d’un remake US – Trois hommes et un bébé Three Men and a Baby – deux ans plus tard réalisé par Leonard Nimoy, qui connaîtra lui-même une suite en 1990 intitulée Tels pères, telle fille 3 Men and a Little Lady, mise en scène par Emile Ardolino, avant qu’une séquelle du film original soit finalement mise en chantier en 2002, 18 ans après, qui ne connaîtra pas du tout (euphémisme) le même engouement. Tout le monde connaît 3 hommes et un couffin, le troisième long-métrage de Coline Serreau, le plus grand succès en France au box-office de l’année 1985, très loin devant Rambo 2 : la mission (5,9 millions d’entrées) et Les Spécialistes (5,3 millions d’entrées), mais aussi et surtout le plus gros hit des années 1980, qui apparaît aujourd’hui au 22è rang de tous les temps en termes d’entrées, entre Taxi 2 de Gérard Krawczyk et Les Canons de Navarone de J. Lee Thompson. Que reste-t-il de 3 hommes et un couffin presque quarante ans après sa sortie ? Un modèle de comédie, qui parvient à faire oublier son quasi-huis clos (le film se déroulant essentiellement dans l’appartement des trois personnages principaux) par le charisme, l’immense talent et l’alchimie de ses immenses comédiens, ainsi que ce parfait équilibre fragile entre le rire et l’émotion. Succession de dialogues entrés dans le langage courant et de scènes cultes, 3 hommes et un couffin est un chef d’oeuvre universel et intemporel.

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Test Blu-ray / Croisières sidérales, réalisé par André Zwobada

CROISIÈRES SIDÉRALES, réalisé par André Zwobada, disponible en combo Blu-ray/DVD le 24 juin 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Madeleine Sologne, Jean Marchat, Julien Carette, Robert Arnoux, Simone Allain, Auguste Bovério, Violette Briet, Jean Dasté…

Scénario : Pierre Guerlais & Pierre Bost

Photographie : Jean Isnard

Musique : Georges Van Parys

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1942

LE FILM

Françoise et son mari Roger sont deux scientifiques de renom qui se préparent pour le premier voyage dans la stratosphère. Mais la veille du départ, Roger est victime d’un accident. C’est alors un technicien qui le remplace au pied levé. Pendant le voyage, ce dernier commet une erreur qui projette la navette dans l’espace. De retour sur Terre, le duo a vieilli de 25 ans.

Vous n’êtes pas prêt pour découvrir Croisières sidérales ! En voyant ce film, certains se diront « ah bah en fait Christopher Nolan n’a rien inventé… » ! Bien sûr que non, car avant Interstellar (2014), il y a eu Event Horizon, le vaisseau de l’au-delà (1997) de Paul W.S. Anderson, avec lequel il possède quelques coïncidences troublantes (y compris une scène copiée/collée liée au trou noir) et même encore plus loin dans le temps, plus d’un demi-siècle en arrière, il y avait donc ces Croisières sidérales, qui parlaient déjà de la relativité du temps, premier long-métrage à évoquer le Paradoxe de Langevin ou paradoxe des Jumeaux. On doit ce film de science-fiction à André Zwobada (1910-1994), inconnu au bataillon, mais qui possède pourtant un bagage impressionnant. Ancien assistant de Jean Renoir ( La Règle du jeu) et d’André Berthomieu (Le Mort en fuite, L’Amant de madame Vidal, Le Secret de Polichinelle), il passe à la mise en scène en 1936 avec La Vie est à nous, film collectif de propagande du Parti Communiste, coréalisé entre autres avec Jacques Becker, Henri Cartier-Bresson, Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois. Six ans plus tard, il se retrouve aux manettes du seul opus de science-fiction français mis en scène sous l’Occupation. Tourné en novembre 1941 aux studios d’Epinay-sur-Seine, Croisières sidérales se fonde, comme un carton l’indique en introduction, sur « une idée scientifique exacte ». Certes, mais les scénaristes Pierre Guerlais (dont l’oeuvre reste plutôt obscure) et Pierre Bost (grand collaborateur de Claude Autant-Lara, Jean Delannoy et de René Clément) brodent des enjeux, des quiproquos, des répliques et des rebondissements bien « français ». Ceci d’autant plus que l’on peut trouver en parallèle quelques éléments rappelant la situation de l’Hexagone sous le joug Allemand. En l’état, Croisières sidérales est un des divertissements les plus étranges, pour ne pas dire bizarroïdes, que vous pourrez voir si vous parvenez à lui accorder 90 minutes de votre temps. Ne serait-ce que pour apprécier le légendaire Julien Carette jeter sa clope par le hublot de son engin volant, créant ainsi une aspiration inattendue et donc un passage dans quelques couloirs du temps, Croisières sidérales vaut assurément le coup d’oeil du cinéphile.

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Test Blu-ray / Marcel et monsieur Pagnol, réalisé par Sylvain Chomet

MARCEL ET MONSIEUR PAGNOL réalisé par Sylvain Chomet, disponible en DVD & Blu-ray le 15 mai 2026 chez Wild Side Video.

Acteurs : Laurent Lafitte, Géraldine Pailhas, Thierry Garcia, Anaïs Petit, Vincent Fernandel…

Scénario : Sylvain Chomet, d’après l’essai Confidences de Marcel Pagnol

Photographie : Elric Lefeuvre

Musique : Stefano Bollani

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

À l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours… En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été lui apparaît soudain. Ses souvenirs resurgissent au fil des mots. Le plus grand conteur de tous les temps devient le héros de sa propre histoire.

Il y a une dizaine d’années, Nicolas Pagnol, petit-fils du grand Marcel et qui s’occupe (merveilleusement bien) du patrimoine de son aïeul, avait contacté le réalisateur Sylvain Chomet (né en 1963), pour un documentaire centré sur cette légendaire figure marseillaise. Un projet qui devait mêler images d’archives et animation. Mais plus à l’aise quand il intègre de véritables images dans un film d’animation, et non pas le contraire, le metteur en scène des Triplettes de Belleville et de L’Illusionniste (premier lauréat du César du meilleur film d’animation), revient finalement à ses premières amours. Ainsi, Sylvain Chomet pouvait laisser libre cours à sa fantaisie pour signer un magnifique biopic entièrement animé. Film biographique donc, mais aussi et surtout remarquable hommage à la vie et à l’oeuvre d’un des plus grands conteurs hexagonaux, Marcel et monsieur Pagnol condense soixante ans d’une folle existence, placée sous le signe de la création, de l’amitié, des amours contrariées aussi, où trône avant tout le souvenir d’une mère, Augustine, emportée par une pneumonie à l’âge de 36 ans, à laquelle il avait promis de devenir célèbre. Outre le plaisir de retrouver l’univers, le trait, l’humour, l’hyper-sensibilité de Sylvain Chomet, on se laisse porter et hypnotiser par ce miracle cinématographique, qui convoque le spectre de Marcel Pagnol, dialogue avec lui, pour nous offrir un très large tour d’horizon d’un de nos plus grands artistes. Passionnant chef d’oeuvre remplit de rires et d’émotions, de décors fantastiques, de personnages hauts en couleur, de tendresse injustement boudé dans les salles à sa sortie avec à peine 200.000 entrées, Marcel et monsieur Pagnol mérite donc une deuxième chance.

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