Test DVD / L’Arnaqueuse, réalisé par Wilfried Méance

L’ARNAQUEUSE réalisé par Wilfried Méance, disponible en DVD le 11 septembre 2026 chez Wild Side Video.

Acteurs : Fadily Camara, Josiane Balasko, Jean-Pascal Zadi, Tiphaine Daviot, Denis Mpunga, Pablo Pauly, Bertrand Usclat, Amaury de Crayencour…

Scénario : Stéphane Landowski, Michaël Souhaité & Jean-Pascal Zadi

Photographie : Stéphen Méance

Musique : Sylvain Goldberg & Guy Waku

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Fanny, tout juste enceinte, se voit mal élever son futur enfant dans l’appartement de son père, chez qui elle habite avec son compagnon Virgil. Elle veut un appartement à eux, et plutôt à Paris que dans leur banlieue. Elle croit avoir trouvé la bonne affaire lorsqu’elle visite l’appartement proposé en viager par Mme Masséna.

Bon…On est bon public hein, on a même défendu depuis dix ans, depuis plus de vingt ans en réalité – si l’on compte les années Allociné et DVDfr – des bouses innommables devant lesquelles on parvenait à tirer des éléments que certains, la plupart sans doute, rejetaient en blocs. C’est le jeu et c’est pour cela que c’est amusant. Mais quand on se retrouve devant une « comédie » comme L’Arnaqueuse, que dire…Alors si, peut-être, il y a Josiane Balasko, aujourd’hui âgée de 76 ans. En fait, à l’instar de ce que nous disions sur Christian Clavier sur notre critique de Cocorico 2, la comédienne s’en est toujours tirée, y compris sur ses plus mauvais films. Néanmoins, si celle-ci a moins de choses à se faire pardonner que son ancien comparse du Splendid, quand elle se retrouve sur une production inexcusable, injustifiable et (osons le dire) insoutenable, Josiane Balasko ne fait pas les choses à moitié et L’Arnaqueuse est assurément un des pires opus de son illustre carrière. Nous l’avons déjà dit, mais quand une affiche est estampillée « Festival de l’Alpe d’Huez », l’un des pires festivals sur le marché, on sait que l’on va se retrouver quasi-systématiquement (il existe des exceptions) devant une série Z et que ce sceau n’est destiné qu’à essayer d’attirer l’oeil du chaland qui se retrouve un cinéma et qui n’aurait peut-être pas encore décidé ce qu’il allait voir. L’Arnaqueuse a été pensé pour placer en haut de l’affiche l’humoriste Fadily Camara, repérée par, on vous le donne en mille, le Jamel Comedy Club bien sûr. C’était il y a une dizaine d’années et depuis Fadily Camara a fait son premier stand-up (diffusé sur Netflix, une première pour une standuppeuse française), est apparue à la télévision (Mytho, HF, En place) puis logiquement au cinéma (Selfie, Tout simplement noir, Les Méchants, Pas de vagues, Le Grand déplacement)…Un dénominateur commun récurrent ? Jean-Pascal Zadi, qui joue également dans L’Arnaqueuse et qui interprète ici le compagnon de Fadily Camara. On ne sait pas si l’acteur porte la poisse aux réalisateurs avec lesquels il collabore, mais toujours est-il que L’Arnaqueuse s’est mangé un gros bide à sa sortie fin avril 2026 et n’aura attiré (péniblement) que 81.000 spectateurs. Un échec on peut dire mérité tant nous nous trouvons dans le fond, le double-fond du panier même de la comédie, cette fameuse partie du cabas qui cumule les restes des légumes du marché, qu’on ne voit pas, mais dont l’odeur pique les narines. Fuyez pauvres fous.

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Test DVD / Une fille en or, réalisé par Jean-Luc Gaget

UNE FILLE EN OR réalisé par Jean-Luc Gaget, disponible en DVD le 7 août 2026 chez Nour Films.

Acteurs : Pauline Clément, Arthur Dupont, Émilie Caen, Loïc Legendre, Quentin Dolmaire, Karin Viard, Bruno Podalydès, Jean-Noël Brouté…

Scénario : Raphaële Moussafir & Jean-Luc Gaget

Photographie : Mathilde Cathelin

Musique : Frédéric Norel

Durée : 1h22

Année de sortie : 2026

LE FILM

Un jour, Clémence prend conscience que personne ne l’a jamais admirée. Bercée par les illusions d’une enfance chaotique, elle croise un certain Paul, petit patron autoritaire que rien ni personne n’impressionne. Elle se dit alors qu’il est temps pour elle de se poser la seule question qui vaille : « Et si je valais plus que je ne le crois ? ».

Jean-Luc Gaget (né en 1958) est un couteau Suisse. Scénariste, dialoguiste, romancier, monteur, acteur et réalisateur, il écrit pour les autres, de Fabien Onteniente (Tom est tout seul) à Blandine Lenoir (Aurore, Zouzou), mais surtout pour la cinéaste Sólveig Anspach, disparue en 2015. L’ombre de cette dernière (à qui le film est d’ailleurs dédié), avec laquelle il avait signé Back Soon, Queen of Montreuil, Louise Michel (pour la télévision), L’Effet aquatique (César du Meilleur scénario original) et le magnifique Lulu femme nue, plane sur Une fille en or, dans lequel on retrouve toute la folie et la fantaisie de Jean-Luc Gaget, qui repasse à son tour derrière la caméra. Petite bulle de savon, légère et pétillante, Une fille en or ne révolutionne certes pas la comédie française, mais s’inscrit dans un burlesque qui n’est pas sans rappeler les premières œuvres de Pierre Richard, à l’instar du Distrait ou Les Malheurs d’Alfred. Un aspect quasi-anachronique qui possède un charme fou, comme celui de ses deux interprètes principaux, avec tout d’abord la merveilleuse Pauline Clément, qui après ses apparitions remarquées dans Le Sens de la fête de Nakache & Toledano et Heureux gagnants de Maxime Govar, accède enfin en haut de l’affiche ici, comme dernièrement avec le triomphe de De la Comédie-Française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat. C’est aussi le cas pour le trop rare (au cinéma du moins) Arthur Dupont (Bus Palladium, Normandie nue, Grand froid, la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie), parfait dans la peau du type psychorigide et bourré de tocs, personnage auquel il apporte une ambiguïté et donc une humanité qui le rendent très attachant. Si vous en avez l’occasion, assistez à la rencontre inattendue entre Paul et Clémence durant cette petite récréation de 80 minutes.

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Test DVD / La Barrière, réalisé par Jerzy Skolimowski

LA BARRIÈRE (Bariera) réalisé par Jerzy Skolimowski, disponible en DVD le 2 septembre 2026 chez Malavida Films.

Acteurs : Joanna Szczerbic, Jan Nowicki, Tadeusz Lomnicki, Maria Malicka, Zdzislaw Maklakiewicz, Ryszard Pietruski, Bogdan Baer, Henryk Bak…

Scénario : Jerzy Skolimowski

Photographie : Jan Laskowski

Musique : Krzysztof Komeda

Durée : 1h17

Date de sortie initiale: 1966

LE FILM

Sur un coup de tête, un jeune homme laisse tout tomber pour partir à la conquête du monde. Le choc des générations dans la Pologne des années 60, au travers des méandres capricieux des amours d’une jeune conductrice de tramway et d’un étudiant en rupture d’université.

Vous aurez beau lire le résumé ci-dessus, rien ne vous prépare à La Barrière – Bariera, troisième long-métrage du mythique Jerzy Skolimowski (né en 1938). Après le succès rencontré par ses deux précédents opus, Signe particulier : néant (1964) et Walkover (1965), le cinéaste polonais enchaîne très vite avec une nouvelle histoire surréaliste, impossible à raconter, destinée à un public investi, mais surtout véritable cadeau aux cinéphiles. Expérience de septième art à part entière, La Barrière fait perdre tous ses repères au spectateur, qui, s’il est un minimum impliqué et prêt à s’en remettre totalement au cinéaste, sera constamment surpris, décontenancé, comme s’il était tombé au beau milieu d’un cyclone dévastateur. En 78 minutes montre en main, Jerzy Skolimowski dresse le portrait d’une jeunesse paumée, tiraillée entre la liberté et le fait d’accepter de se mettre dans le rang. Dès la première séquence, les personnages sont étrangement cadrés, comme s’ils ne voulaient pas se glisser dans le moule qui leur est destiné, et s’adonnent encore à quelques jeux futiles pour savoir qui remportera la timbale, autrement dit une grosse tirelire en forme de cochon. Pourtant, le premier plan montre qu’ils ont tous les mains liées dans le dos, comme si leur destin leur était imposé et qu’ils devaient avancer, se jeter dans le vide, même s’ils ne l’ont pas voulu ainsi. Néanmoins, notre héros, dont on ne saura jamais le nom et que l’on appellera donc « le jeune homme », en a décidé autrement. Il va explorer « le monde », autrement la ville, aller de rencontre en rencontre, histoire de profiter du peu de jeunesse qui lui reste à vivre.

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Test DVD / Ceux qui comptent, réalisé par Jean-Baptiste Leonetti

CEUX QUI COMPTENT, réalisé par Jean-Baptiste Leonetti, disponible en DVD le 7 août 2026 chez UGC.

Acteurs : Sandrine Kiberlain, Pierre Lottin, Louise Labeque, Frans Boyer, Alexis Rosenstiehl, Melissa Izquierdo, Alma Ngoc, Kevin Marvinio, Anne-Lise Zanidache…

Scénario : Jean-Baptiste Leonetti

Photographie : David Nissen

Musique : Fred Avril & Pierre Lottin

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Rose élève seule ses trois enfants dans son hôtel restaurant qu’ils sont obligés de squatter parce que la banque l’a saisi. Pour nourrir sa famille, elle doit voler dans les supermarchés. Le jour où elle se fait prendre, elle est secourue par Jean, un solitaire désabusé qui vit en ermite dans sa camionnette. Il ne pensait pas que ce geste de compassion allait chambouler son existence tranquille, car Rose a encore besoin de lui pour se faire passer pour son mari aux yeux des services sociaux…

Remarqué en 2011 avec son ambitieux premier long-métrage, Carré Blanc, inspiré de l’univers de George Orwell, Jean-Baptiste Leonetti avait été tout de suite repéré par Hollywood. Cela lui a valu d’être dépêché outre-Atlantique pour diriger rien de moins que Michael Douglas dans Hors de portée – Beyond the Reach, adaptation de la nouvelle Deathwatch de Robb White. Après, dix ans ont passé, durant lesquels le réalisateur avait plus ou moins disparu. Le premier sursaut pour le cinéma arrive en 2023 avec le court-métrage Tondex 2000, récompensé plus d’une vingtaine de fois dans divers festivals. 2026, retour au long-métrage avec Ceux qui comptent, pour lequel s’octroie le talent de Sandrine Kiberlain et celui de Pierre Lottin, comédie dramatique qu’il écrit et met en scène donc. Étonnant de le retrouver aux manettes d’un tel film, qui s’apparente à une première œuvre, comme si Jean-Baptiste Leonetti souhaitait retrouver la fraîcheur de ses débuts, ou tout du moins repartir sur de nouvelles bases. Ceux qui comptent ne révolutionne sans doute rien, mais repose sur l’alchimie de ses deux acteurs principaux, eux-mêmes solidement épaulés par les trois jeunes acteurs qui campent les enfants de la première. Nous retiendrons d’ailleurs la prestation d’Alexis Rosenstiehl, grande découverte de Juste une illusion du duo Nakache & Toledano, que l’on devrait revoir et qui semble destiné à une belle carrière. Même chose en ce qui concerne Louise Labèque, qui a déjà une filmographie plus conséquente (Roulez jeunesse, Zombi Child, Coma, En thérapie, Toni en famille), assurément l’un des espoirs de demain. Tout ce beau petit monde semble prendre beaucoup de plaisir à se renvoyer la (belle) réplique et Ceux qui comptent fait partie de ces jolis films qui n’en finissent pas de trotter en tête bien après la projection.

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Test 4K UHD / Vicky Cristina Barcelona, réalisé par Woody Allen

VICKY CRISTINA BARCELONA réalisé par Woody Allen, disponible en Combo Blu-ray & 4K UHD le 7 août 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Rebecca Hall, Scarlett Johansson, Javier Bardem, Penélope Cruz, Chris Messina, Patricia Clarkson, Kevin Dunn, Julio Perillán…

Scénario : Woody Allen

Photographie : Javier Aguirresarobe

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 2008

LE FILM

À Barcelone, Vicky et Cristina, deux Américaines, sont hébergées au sein de la famille de Vicky pour l’été, l’une pour achever son master en identité catalane avant son mariage, l’autre pour se remettre de sa dernière rupture et continuer à chercher des expériences sensuelles et amoureuses. C’est alors que Juan Antonio, artiste peintre charmeur, leur propose de venir passer un week-end à Oviedo, pour passer du bon temps ensemble, et éventuellement faire l’amour. Malgré une première réticence de Vicky, les deux amies s’envolent avec lui. Des problèmes apparaissent, les deux femmes ayant une vision diamétralement opposée de ce que peut être l’amour et son approche. La situation se complique plus tard quand réapparaît María Elena, l’ex-femme de Juan Antonio, avec laquelle il entretient une relation encore violente après un divorce où elle a manqué de le tuer…

Au début des années 2000, à 65 ans, on ne donnait pas cher de la peau de Woody Allen, après les échecs d’Accord et désaccords (1999), du Sortilège du Scorpion de Jade (2001), d’Hollywood Ending (2002), d’Anything Else : La Vie et tout le reste (2003)…Puis, après le petit sursaut au box-office de Melinda et Melinda début 2005, débarque Match Point en octobre de la même année en France et là, critique dithyrambique, coup de coeur des spectateurs, le 35è long-métrage du réalisateur flirte avec la barre des cent millions de dollars de recette, tandis que plus d’1,5 million de spectateurs se ruent dans les salles hexagonales. Woody Allen n’avait pas été à pareille fête depuis Manhattan, un quart de siècle auparavant. Le cinéaste trouve un second souffle inespéré en Europe et ses opus suivants connaîtront encore l’engouement du public, jusqu’à son apogée en 2011 avec Minuit à Paris, véritable « blockbuster » qui engrange plus de 150 millions de dollars. Mais pour l’heure, Woody Allen retrouve Scarlett Johansson pour Scoop en 2006, la délaisse un temps pour Le Rêve de Cassandre (2007), puis clôt sa « trilogie » avec la comédienne et nouvelle muse, avec Vicky Cristina Barcelona, qui demeure et restera probablement son second plus grand hit en France avec 1,9 million d’entrées, derrière les 2,4 millions de spectateurs pour Manhattan. S’il est aujourd’hui « autorisé » de lui préférer Match Point (on se souviendra toujours de Scarlett, chemise mouillée, dans les champs fouettés par la pluie) et peut-être même Scoop, plus léger, une friandise (on se souviendra toujours de Scarlett, en maillot de bain rouge), Vicky Cristina Barcelona se situe à mi-chemin des deux précédents. Woody Allen trouve une nouvelle jeunesse, mais sa maturité transparaît à travers ses dialogues, dans sa direction d’acteurs aussi. On imagine mal parfois des personnages de cet âge parler avec autant d’esprit, de verve et d’ironie, mais cela fonctionne, car comme tous les autres films de leur auteur, nous sommes dans l’esprit de ce dernier, dans ses fantasmes, dans ses projections. Vicky Cristina Barcelona c’est une nouvelle démonstration des différentes équations de l’amour, sur le désir, transposées par un cinéaste qui a encore des choses à dire sur les sentiments humains, sur des alter egos « rajeunis », lui permettant ainsi de s’adresser à une nouvelle génération de spectateurs, tout en convoquant la sensibilité et la complicité de son public acquis depuis de longues années. On ne parlera pas de chef d’oeuvre pour Vicky Cristina Barcelona, qualificatif que l’on avait entendu partout dès sa présentation en compétition sur la Croisette, mais il s’agit d’un des films les plus représentatifs de Woody Allen que l’on voit et revoit sans se lasser.

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Test DVD / Cocorico 2, réalisé par Julien Hervé

COCORICO 2 réalisé par Julien Hervé, disponible en DVD & Blu-ray le 6 août 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Christian Clavier, Didier Bourdon, Sylvie Testud, Marianne Denicourt, Julien Pestel, Patrick Préjean, Albert Goldberg, Hamed Souna, Chloé Coulloud, Renaud Calvet…

Scénario : Julien Hervé

Photographie : Emmanuel Soyer

Musique : Matei Bratescot

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Le calvaire n’est pas fini pour Frédéric Bouvier-Sauvage et Gérard Martin, qui vont à nouveau découvrir des secrets à propos de leurs origines, bouleversant ce qu’ils croyaient savoir sur leur famille. Leurs réactions un brin excessives et mélodramatiques ne sont pas de tout repos pour leurs épouses respectives, ainsi que pour leurs enfants dont la préparation du mariage entre dans la dernière ligne droite…

Contre toute attente, Cocorico avait su réunir près de deux millions de spectateurs à sa sortie en février 2024, confortant encore et toujours la place privilégiée de Christian Clavier au box-office, qui connaissait alors son plus gros succès depuis la trilogie Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?. Même chose pour Didier Bourdon, qui était quelque peu à la peine depuis Les 3 frères, le retour, qui d’ailleurs n’avait pas convaincu, et qui connaissait enfin un vrai hit, deux mois après l’autre gros carton, celui de Chasse gardée. C’est peu dire que nous n’attendions pas du tout une suite…quand bien même la fin de Cocorico laissait envisager un nouveau rebondissement, juste avant le générique de fin. Le réalisateur et scénariste Julien Hervé, auteur (ou responsable, c’est selon) des quatre derniers opus des Tuche et l’un des coupables (cette fois, pas d’excuse) d’Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu de Guillaume Canet reprend donc là où on avait laissé ses personnages, Frédéric Bouvier-Sauvage (Christian Clavier) et sa femme Catherine (Marianne Denicourt), Gérard Martin (Didier Bourdon) et sa femme Nicole (Sylvie Testud), sans oublier Alice (Chloé Coulloud), la fille des premiers, et François (Julien Pestel), le fils des seconds. Les présentations ayant été faites dans Cocorico, cette suite marche étonnamment mieux, comme si toute l’équipe était plus détendue, notamment le tandem principal, qui semblait se renifler en permanence. Qui plus est, Cocorico 2 s’avère moins étouffant que le précédent, dont la première partie se déroulait quasi-intégralement dans la demeure des Bouvier-Sauvage. Les personnages sont plus dynamiques, les décors plus variés et l’alchimie entre Didier Bourdon et Christian Clavier plus évidente. Attention, cette séquelle reste tout de même bien pépère et certains risquent de criser encore une fois sur l’attention portée à ce qu’on pourrait appeler l’identité française, surtout lors d’une scène qui célèbre la gastronomie bien de chez nous et les divers alcools ambrés de notre vieux pays, mais ça passe grâce à l’abattage des deux comédiens principaux.

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Test DVD / Plus forts que le diable, réalisé par Graham Guit

PLUS FORTS QUE LE DIABLE réalisé par Graham Guit, disponible en DVD le 20 août 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Melvil Poupaud, Asia Argento, Marine Vacth, Nahuel Pérez Biscayart, Raïka Hazanavicius, Julie Chen, Harpo Guit, Alexandra Celestin…

Scénario : Graham Guit

Photographie : Sylvestre Vannoorenberghe

Musique : Samuel Potin

Durée : 1h21

Année de sortie : 2026

LE FILM

Valentin, un homme paumé et fauché, retrouve son fils Joseph après vingt ans d’absence et le précipite, lui et sa femme Alice, dans un chaos total. Avec JP, Mila et Gigi, le diable n’a qu’à bien se tenir…

Celui-là on ne l’avait pas vu venir ! Cela faisait 18 ans que nous n’avions plus de nouvelles du réalisateur Graham Guit. Non pas qu’il nous avait manqué, sa filmographie ressemble bougrement à un casier judiciaire, mais on se demande toujours où et comment certains artistes peuvent disparaître toutes ces années. À son actif, quatre longs-métrages, qui ont tous connu un échec cinglant, Le Ciel est à nous (son plus grand « succès », 120.000 entrées en 1997), Les Kidnappeurs (1998, 56.000 entrées), Le Pacte du silence (2003, 58.000 entrées) et Hello Goodbye (2008, 64.000 entrées). Le voilà de retour avec Plus forts que le diable…enfin, retour c’est vite dit, puisque ce cinquième film n’aura engrangé en tout et pour tout qu’environ 700 entrées. Oui, vous avez bien lu. Pourtant, franchement, Plus forts que le diable est sans doute le meilleur opus du cinéaste. Pour cette comédie bien sanglante et décomplexée, Graham Guit retrouve Melvil Poupaud, avec lequel il avait déjà collaboré sur ses deux premiers films. C’est peu dire que l’acteur s’éclate dans ce rôle de paumé magnifique, loin de ses personnages dramatiques qu’il a souvent enchaîné, comme dans les années 2020, chez François Ozon, Carine Tardieu, Arnaud Desplechin, Mia Hansen-Løve, Lucie Borleteau, Valérie Donzelli…Avec sa moustache crasseuse et sa tronche à la Gérard Blanc (mais ça c’est une autre histoire) mâtiné de Philippe Bruneau (la bacchante de la bande à Stéphane Collaro), loque humaine en jogging des années 1990, cerveau grillé par quelques substances illicites, il trône de façon impériale sur une distribution où tout le monde s’en donne aussi à coeur joie. Récréatif, régressif, très violent, méchamment drôle !

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Test Blu-ray / L’Amant de 5 jours, réalisé par Philippe de Broca

L’AMANT DE 5 JOURS réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Jean Seberg, Micheline Presle, Jean-Pierre Cassel, François Périer, Carlo Croccolo, Albert Michel, Claude Mansard, Albert Mouton…

Scénario : Philippe de Broca & Daniel Boulanger, d’après le roman de Françoise Parturier

Photographie : Jean Penzer

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h26

Année de sortie : 1961

LE FILM

Madeleine, directrice d’une maison de haute couture, et Claire, mariée, deux enfants, sont très bonnes amies. Antoine, amant de Madeleine et homme entretenu, vient à rencontrer Claire. Claire et Antoine entament une relation clandestine bientôt découverte par Madeleine. Cette dernière décide d’organiser une petite vengeance en conviant Claire et son mari ainsi qu’Antoine à une petite soirée. Claire et Antoine vont tous les deux se voir d’un œil différent.

On ne change pas une équipe qui gagne, ou tout du moins qui fonctionne. Après Les Jeux de l’amour (681.000 entrées) et Le Farceur (442.000 spectateurs), sortis à sept mois d’intervalle, en juin 1960 pour le premier et en janvier 1961 pour le second, Philippe de Broca et Jean-Pierre Cassel s’unissent encore pour L’Amant de 5 jours, qui quant à lui déboule sur les écrans le 24 février 1961. Autant dire que les deux hommes n’ont pas chômé et que ce rythme effréné de tournage s’avère déjà représentatif du réalisateur. C’est un nouveau demi-succès puisque 650.000 français viendront découvrir cette nouvelle comédie dans les salles. Ce n’est pas un secret, il y a un autoportrait de Philippe de Broca dressé dans cette fausse « trilogie », chaque opus dévoilant quelques aspects de leur auteur, qui attendait sûrement un meilleur accueil de la part du public. Quand bien même le cinéaste et son coscénariste Daniel Boulanger adaptent le roman éponyme de Françoise Parturier (publié en 1959), il y a bel et bien de nombreux éléments personnels dans L’Amant de 5 jours. Si Jean-Pierre Cassel, sublime comme à son habitude, demeure le premier alter ego de Philippe de Broca à l’écran (la ressemblance physique est par ailleurs troublante, comme Truffaut avec Léaud), on peut imaginer que le second s’est également « projeté » dans le personnage merveilleusement incarné par François Périer, qui campe comme qui dirait une version mature de lui-même. Rebondissant toujours afin d’éviter de rester sur place, ce qu’il détestait et ce que l’on remarque souvent sur de nombreuses photos de tournage, Philippe de Broca a systématiquement vécu ses films comme des moyens d’évasion ou des machines à fantasmes. L’Amant de 5 jours fait la part belle aux femmes, qui même si elles tournent autour du même homme, restent les plus fortes, les plus courageuses, tandis que la gent masculine se perd dans la peur de l’engagement, de la solitude aussi. Sur des dialogues magnifiques signés Daniel Boulanger (quel plaisir, quelle poésie d’écouter ça…), un rythme incroyable et bercé par la composition de Georges Delerue qui vous transperce le coeur, L’Amant de 5 jours est un bijou méconnu, pourtant conspué par le réalisateur (sans doute parce qu’il se dévoilait trop à son goût), à voir et à revoir sans modération.

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Test Blu-ray / Cadavres à la pelle, réalisé par John Landis

CADAVRES À LA PELLE (Burke and Hare) réalisé par John Landis, disponible en DVD & Blu-ray le 16 juin 2026 chez L’Atelier d’Images.

Acteurs : Simon Pegg, Andy Serkis, Isla Fisher, Tom Wilkinson, Michael Smiley, Stuart McQuarrie, Jessica Hynes, Christopher Lee, Gabrielle Downey…

Scénario : Piers Ashworth & Nick Moorcroft

Photographie : John Mathieson

Musique : Joby Talbot

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 2010

LE FILM

Au XIXe siècle, William Burke et William Hare sont deux amis qui tentent de survivre de leurs arnaques à Édimbourg. Par hasard, ils s’aperçoivent qu’un cadavre frais peut rapporter beaucoup d’argent : Édimbourg est à cette époque le haut lieu de la médecine européenne. Les chirurgiens cherchent désespérément des cadavres humains pour pratiquer leurs dissections pour faire avancer leur science. Appâtés par cette forte demande, Burke et Hare vont alors provoquer des « accidents » pour obtenir de plus en plus de cadavres frais.

Si l’on regarde attentivement la filmographie de John Landis, Le Flic de Beverly Hills 3 – Beverly Hills Cop 3 est son dernier succès au box-office, même si celui-ci est tout de même considéré comme un échec avec « seulement » 120 millions de dollars de recettes, là où les deux précédents avaient franchi la barre des 300 millions. « Après, c’est le drame » comme on dit. Les Stupides – The Stupids sort en 1996 et passe totalement inaperçu, Blues Brothers 2000 rentabilise à peine son budget de 32 millions de dollars et Susan a un plan vide carrément les salles en 1999. John Landis se tourne alors vers la télévision, emballe quelques épisodes pour les séries Les Maîtres de l’horreur – Masters of Horror et Psych : Enquêteur malgré lui, tout en faisant quelques apparitions devant la caméra de ses confrères et amis (Sam Raimi, Costa-Gavras, Santiago Segura). Il faudra attendre 2010 pour que le réalisateur revienne au cinéma. Ce sera avec Cadavres à la pelle – Burke and Hare, inspiré par l’histoire vraie de William Burke et William Hare, deux irlandais qui s’étaient mis en tête de gagner leur vie en vendant des cadavres (plus d’une quinzaine) à un docteur de renom Robert Knox, médecin légiste, qui étudiait l’anatomie humaine et réalisait des dissections devant ses élèves de l’Edinburgh Medical College. Un marché lucratif qui a duré une année, avant que la justice s’en mêle et découvre que les personnes disparues avaient été assassinées par les deux individus. Précédé d’une réputation désastreuse, Cadavres à la pelle est pourtant une récréation hautement jouissive, interprétée par des acteurs géniaux et animée par un humour macabre qui fait du bien. Le tout transpire également d’un amour incommensurable pour le cinéma, du muet aux classiques de l’horreur et du gothique. Assurément à (re)découvrir.

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Test 4K UHD / Crocodile Dundee 2, réalisé par John Cornell

CROCODILE DUNDEE 2 réalisé par John Cornell, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Paul Hogan, Linda Kozlowski, John Meillon, Hechter Ubarry, Juan Hernandez, Charles Dutton, Kenneth Welsh, Luis Guzmán…

Scénario : Paul Hogan & Brett Hogan

Photographie : Russell Boyd

Musique : Peter Best

Durée : 1h52

Date de sortie initiale : 1988

LE FILM

Après avoir quitté la brousse pour sa belle, Mike « Crocodile Dundee » s’adapte difficilement à la jungle new-yorkaise. Sa compagne, Sue Charlton, une journaliste, enquête sur un vaste réseau de trafiquants colombiens. Malheureusement en possession de photos compromettantes, cette dernière est kidnappée. Mais, tel un chasseur, Crocodile Dundee se met à la poursuite de ses ravisseurs.

On prend les mêmes…mais on ne recommence pas vraiment, du moins pas de la même façon. En effet, Crocodile Dundee 2 (ou II, c’est selon vos envies), sort deux ans après le triomphe international du premier (328 millions de recettes, pour une mise de départ de 8 millions et quasiment six millions d’entrées en France) et présente aux spectateurs quelque chose de différent. Certes, nous retrouvons bel et bien Mike Dundee et Sue Charlton, mais cette fois, le couple est plongé dans une histoire plus « sérieuse », puisqu’ils font face à un cartel colombien très violent, dont le chef des trafiquants, le mafieux Rico (c’était soit ça ou « Sanchez » probablement), incarné par Hechter Ubarry (un clone de Frédéric François), est décidé à leur faire la peau s’il ne récupère pas un document sensible. De l’aveu de Paul Hogan lui-même, Crocodile Dundee 2 ne s’imposait pas sur le papier, mais devant l’engouement du public, qui le pressait pour renouer avec l’aventurier australien sur le grand écran, le film a été pensé et mis en route pour offrir au public une continuité, sans tomber dans le piège facile de la « suite-plagiat du premier ». Ainsi donc, il y a des assassinats dans ce second épisode, imputables aux méchants, tandis que Mike parvient constamment à les neutraliser grâce à sa ruse. Ce deuxième volet propose l’inverse du précédent, puisque toute la première partie se déroule à New York, territoire où Dundee commence à s’ennuyer ferme, avant de délocaliser le couple sur le sol natal du personnage principal, où chez lui, il pourra ainsi avoir l’avantage sur leurs ennemis. C’est pour cela que, une fois n’est pas coutume, beaucoup aiment autant cet opus, si ce n’est davantage que le premier. Si l’on peut ne pas être d’accord, une chose est sûre, Crocodile Dundee 2 est sans doute une des meilleures suites jamais réalisées et demeure un formidable divertissement.

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