Test DVD / Roofman, réalisé par Derek Cianfrance

ROOFMAN réalisé par Derek Cianfrance, disponible en DVD le 16 janvier 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Channing Tatum, Kirsten Dunst, Peter Dinklage, Juno Temple, Ben Mendelsohn, Uzo Aduba, Emory Cohen, LaKeith Stanfield…

Scénario : Derek Cianfrance & Kirt Gunn

Photographie : Andrij Parekh

Musique : Christopher Bear

Durée : 2h

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

L’histoire vraie de Jeffrey Manchester, le voleur de McDonald’s qui a vécu dans un Toys ‘R Us pendant six mois.

Roofman, parfois exploité en France sous le titre Un voleur sur le toit, est une incroyable histoire vraie prise en main par Derek Cianfrance. Le réalisateur, révélé en 2010 avec Blue Valentine, porté aux nues par la critique avec The Place Beyond the Pines deux ans plus tard, avait déçu (euphémisme) en 2016 avec Une vie entre deux océansThe Light Between Oceans, avant de revenir avec une mini-série, chef d’oeuvre instantané et définitif, I Know This Much Is True, dans laquelle Mark Ruffalo interprétait deux frères jumeaux, rôle(s) qui lui avai(en)t valu le Golden Globe. Derek Cianfrance délaisse le spleen de ses précédents longs-métrages, avec Roofman, quand bien même subsiste une mélancolie dans l’itinéraire et le destin de son personnage principal, Jeffrey Manchester, qui a donc réellement existé. Tout ce qui est narré est dingue, mais vrai. Et c’est Channing Tatum qui incarne cet anti-héros en or, certainement le plus beau rôle du comédien. Il en a fait du chemin depuis Sexy DanceStep Up de Anne Fletcher, c’était d’ailleurs il y a vingt ans et peu misaient alors sur ses capacités d’acteur. Pourtant, les propositions intéressantes se sont multipliées, chez Michael Mann (Public Ennemies), Steven Soderbergh (Piégée, Magic Mike, Effets secondaires, Logan Lucky), Bennett Miller (Foxcatcher), Quentin Tarantino (Les Huit Salopards), les frères Coen (Ave, César!). S’il n’a jamais vraiment cassé la baraque au box-office avec un film qu’il portait sur ses épaules, les deux G.I. Joe, 21 Jump Street et sa suite, Jupiter : Le Destin de l’univers, White House Down ayant tous été de beaux succès, mais sans plus, Channing Tatum n’a eu de cesse d’étonner et conserve une cote de sympathie qui ne s’est jamais démentie. C’est encore le cas dans Roofman, dans lequel il crève l’écran comme jamais auparavant. Tour à tour drôle et pathétique, il compose un fabuleux personnage, un pauvre type revenu de l’armée, un oublié du rêve américain, qui a composé avec ce qu’il avait (un don d’observation hors du commun), pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Comédie-dramatique qui rappelle celles de l’âge d’or hollywoodien, Roofman subjugue du début à la fin et s’avère un magnifique portrait de mec lambda (ou presque), reflet d’une Amérique malade où ses habitants survivent comme ils le peuvent, avec les moyens du bord. Un immense coup de coeur.

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Test DVD / Sorry, Baby, réalisé par Eva Victor

SORRY, BABY réalisé par Eva Victor, disponible en DVD depuis le 5 décembre 2025 chez Wild Side Video.

Acteurs : Eva Victor, Naomi Ackie, Louis Cancelmi, Kelly McCormack, Lucas Hedges, John Carroll Lynch, Hettienne Park, E.R. Fightmaster…

Scénario : Eva Victor

Photographie : Mia Cioffi Henry

Musique : Lia Ouyang Rusli

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Quelque chose est arrivé à Agnès. Tandis que le monde avance sans elle, son amitié avec Lydie demeure un refuge précieux. Entre rires et silences, leur lien indéfectible lui permet d’entrevoir ce qui vient après.

Comme chaque année, une « bombe » du cinéma indépendant américain débarque dans les salles, fait quasiment l’unanimité auprès de la critique et parvient à toucher le coeur du public. En 2025, cela aurait été le cas pour Sorry, Baby, premier long-métrage d’Eva Victor, habituellement comédienne, vue dans la série Billions, qui contient divers éléments autobiographiques. Comme son personnage Agnès, la réalisatrice a elle aussi été victime d’une agression, puis connu la guérison, et enfin une résilience inespérée. Forcément dramatique, Sorry, Baby est aussi étrangement une comédie décalée, parcourue d’un humour pince-sans-rire (qui sera toujours une bouée de sauvetage contre la folie et la violence du monde), qui apparaît comme une soupape de sécurité, nécessaire pour évacuer la pression, le mal-être, la douleur. Nous sommes ici en pleine histoire de reconstruction, thème intemporel et universel, déjà maintes fois traité au cinéma certes, mais Eva Victor parvient à tirer son épingle du jeu par son immense sensibilité. Celle-ci évite tout pathos, trouve ce parfait équilibre entre la noirceur et la gravité de son sujet, et pourtant sa forme, lumineuse, marquée par un soleil hivernal étincelant, symbolique de l’espoir, de la vie qui doit continuer, qui l’emporte sur la violence. Produit par Barry Jenkins (Moonlight, Mufasa : Le Roi Lion), Sorry, Baby est présenté en première mondiale au Festival du film de Sundance, où il remporte le prix Waldo Salt du meilleur scénariste du festival. Une autrice est née.

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Test DVD / Une place pour Pierrot, réalisé par Hélène Médigue

UNE PLACE POUR PIERROT réalisé par Hélène Médigue, disponible en DVD et Blu-ray le 20 janvier 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Grégory Gadebois, Marie Gillain, Patrick Mille, Mathilde Labarthe, Vincent Elbaz, François Vincentelli, Marianne Basler, Hélène Médigue…

Scénario : Stéphane Cabel & Hélène Médigue

Photographie : George Lechaptois

Musique : Philippe Kelly

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Pierrot, quarante-cinq ans, est autiste et vit dans un foyer médicalisé. Déterminée à lui offrir une vie digne, sa sœur Camille le prend chez elle et se met en quête d’un endroit mieux adapté à sa différence. Le chemin est long mais c’est la promesse d’une nouvelle vie, au sein de laquelle chacun trouvera sa place.

Il n’arrête pas de tourner Grégory Gadebois ! Depuis le César du meilleur espoir masculin obtenu pour sa magistrale interprétation dans Angèle et Tony (2011) d’Alix Delaporte, le comédien aura enchaîné plus de cinquante longs-métrages. Une boulimie qui rappelle souvent celle d’un Gérard Depardieu. Benoît Jacquot, François Dupeyron, Raphaël Jacoulot, Emmanuel Courcol, Michel Hazanavicius, Anne Fontaine, Philippe Le Guay, Fred Cavayé, Jeanne Herry, Roman Polanski, François Ozon, Jean-Paul Salomé et même Woody Allen l’ont fait tourner. Le problème dans ces cas-là, c’est que l’on commence sérieusement à comparer les prestations et à confondre les rôles, d’autant plus que Grégory Gadebois a une fâcheuse tendance à s’installer dans une sorte de non-jeu depuis quelques années et sa performance dans Une place pour Pierrot n’a malheureusement rien de transcendant par rapport à ce qu’il a déjà eu l’occasion de faire. Ainsi, si le rôle d’une personne atteinte d’autisme était très prisé dans le cinéma, surtout depuis Rain Man (Oscar du meilleur acteur pour Dustin Hoffman), et que beaucoup sont tombés dans le piège en voulant en faire des caisses (Sean Penn dans l’affreux Sam je suis Sam), ce genre devenu pour ainsi dire « banal » au cinéma, n’a plus rien de surprenant. C’est le cas d’Une place pour Pierrot, qui bien que sympathique et – on n’en doute pas – sincère, peine à se démarquer du tout-venant.

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Test DVD / Libre échange, réalisé par Michael Angelo Covino

LIBRE ÉCHANGE (Splitsville) réalisé par Michael Angelo Covino, disponible en DVD le 16 janvier 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Michael Angelo Covino, Dakota Johnson, Adria Arjona, Kyle Marvin, Simon Webster, Charlie Gillespie, David Castañeda, O-T Fagbenle…

Scénario : Michael Angelo Covino & Kyle Marvin

Photographie : Adam Newport-Berra

Musique : Dabney Morris & David Wingo

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Alors que Carey voit sa femme demander le divorce, il se réfugie auprès de ses amis Julie et Paul pour trouver du réconfort. Il découvre alors que ceux-ci sont dans une relation libre. Et si cela était la clé du bonheur ?

Remarqué en 2019 avec The Climb, lauréat du Coup de Coeur du Jury dans la section Un Certain regard au Festival de Cannes, mais également du Prix du Jury au Festival du film américain de Deauville la même année, le réalisateur, producteur, scénariste et comédien Michael Angelo Covino revient avec Libre échangeSplitsville, une comédie de mœurs, elle aussi présentée sur la Croisette en 2025. Et cette fois encore il s’associe avec Kyle Marvin, qui lui aussi combinait les casquettes de coscénariste, coproducteur, tout en partageant l’affiche avec son ami. Les deux compères sont de retour avec Libre échange, qui par son histoire rappelle certains thèmes déjà évoqués dans The Climb. Dans ce dernier, deux types voient leur amitié mise à mal quand l’un apprend que l’autre a couché avec sa fiancée. Ce qui change bien sûr leur relation pour la première fois de leur existence. Dans Libre échange, quasiment le même topo, si ce n’est que cette fois, le sujet principal est celui de l’amour libre. Mais cette façon de vivre n’est-elle qu’un leurre ? Une façon de calfeutrer ce qui ne va pas dans une véritable relation amoureuse ? Dans Libre échange, l’amitié de deux couples se transforme en conflit, lorsque le mari d’un couple en instance de divorce couche avec la femme d’un couple pratiquant le « mariage libre ». Sur ce postulat de départ, Michael Angelo Covino et Kyle Marvin ont concocté un petit bijou de comédie, burlesque et survoltée, surtout dans son hilarante première moitié, qui avait tout pour devenir un vrai modèle du genre, si la seconde partie, plus douce-amère ne laissait pas autant de place aux bons sentiments, qui finissent par reprendre le dessus. Néanmoins, Libre échange demeure hautement jubilatoire, l’écriture est fine et le tout servi par un merveilleux quatuor d’acteurs, les deux têtes d’affiche étant magnifiquement épaulés par deux divines créatures, Dakota Johnson et Adria Arjona. Un excellent moment.

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Test 4K UHD / Si Versailles m’était conté…, réalisé par Sacha Guitry

SI VERSAILLES M’ÉTAIT CONTÉ… réalisé par Sacha Guitry, disponible en Édition Collector – 4K Ultra HD + Blu-ray + Blu-ray bonus depuis le 5 décembre 2025 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michel Auclair, Jean-Pierre Aumont, Jean-Louis Barrault, Bourvil, Pauline Carton, Gino Cervi, Claudette Colbert, Nicole Courcel, Danièle Delorme, Jean Desailly, Daniel Gélin, Pierre Larquey, Jean Marais, Georges Marchal, Gaby Morlay, Gérard Philipe, Édith Piaf, Micheline Presle, Jean Richard, Tino Rossi, Louis Seigner, Raymond Souplex, Charles Vanel, Orson Welles, Annie Cordy, Howard Vernon, Brigitte Bardot, Michel Bouquet…

Scénario : Sacha Guitry

Photographie : Pierre Montazel

Musique : Jean Françaix

Durée : 2h56

Année de sortie : 1954

LE FILM

L’histoire du château de Versailles, depuis Louis XIV jusqu’à nos jours.

C’est un véritable blockbuster des années 1950. Entièrement tourné sur les lieux mêmes du Château de Versailles, Sacha Guitry réunit rien de moins que Michel Auclair, Jean-Pierre Aumont, Jean-Louis Barrault, Bourvil, Pauline Carton, Gino Cervi, Claudette Colbert, Nicole Courcel, Danièle Delorme, Jean Desailly, Daniel Gélin, Pierre Larquey, Jean Marais, Georges Marchal, Gaby Morlay, Gérard Philipe, Édith Piaf, Micheline Presle, Jean Richard, Tino Rossi, Louis Seigner, Raymond Souplex, Charles Vanel, Orson Welles (qui ressemble au Bossu que Jean Marais interprétera plus tard), Annie Cordy, Howard Vernon, Brigitte Bardot, Michel Bouquet et tellement d’autres…Cent rôles principaux, cent rôles secondaires, plus de mille figurants (certains parlent même du double), tous apparaissant devant la caméra de Sacha Guitry (qui s’est également réservé le rôle de Louis XIV à la fin de son règne), pendant près de trois heures de spectacle, dont rien que sept minutes pour présenter la distribution. Si Versailles m’était conté… relate l’histoire du château de Versailles vue par Sacha Guitry donc, au travers de quelques épisodes et portraits des personnages historiques qui y ont vécu. La distribution est pléthorique et luxueuse, aucune vedette de l’époque ne manque, quand bien même certains n’apparaissent que dans de très petits rôles ou même parfois pour déclamer une ou deux répliques. Sacha Guitry devait alors connaître le plus grand succès de son illustre carrière, avec près de sept millions d’entrées rien qu’en France, triomphe qui incitera son auteur à réaliser l’année suivante un second long-métrage du même modèle sur l’histoire de la capitale française, intitulée Si Paris nous était conté, qui cependant ne connaîtra pas le même engouement. C’est un monument devant lequel on ne peut que s’extasier, qui flatte les sens, aussi bien l’oeil que l’ouïe (quels dialogues, une vraie succession de punchlines), qui fait du bien, qui revigore l’âme et qui nous rappelle à quel point la langue française est somptueuse quand elle sort de la plume ou lorsqu’elle est déclamée par un vrai artiste, qui jonglait avec les mots comme rarement d’autres « saltimbanques », à part peut-être Marcel Pagnol et Michel Audiard, ont pu le faire. Une valeur sûre, un chef d’oeuvre.

On nous dit que nos rois dépensaient sans compter,
Qu’ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils.
Mais quand ils construisaient de semblables merveilles,
Ne nous mettaient-ils pas notre argent de côté ?

Sacha Guitry jouit donc à nouveau des faveurs du public depuis le début des années 1950, quand il reçoit la proposition du Secrétariat d’État aux Beaux-Arts, de tourner une superproduction au Château de Versailles (dont il souhaitait raconter l’histoire depuis longtemps), en contrepartie d’une partie des recettes financières du film, qui sera alors réinvestie dans la restauration du domaine, dont certaines parties tombaient carrément en ruines. Sacha Guitry, 68 ans, prend en charge cette commande, respecte les conditions et pourtant s’approprie l’Histoire et ses protagonistes, qui s’intègrent parfaitement, complètement à son univers, à son phrasé, à son immense sensibilité, à sa vision du monde. Ce qui bien sûr a pu faire sortir de leurs gonds de nombreux historiens et politiques, devant la liberté (parfois) prise par le dramaturge (rien sur la Régence, ni sur la comtesse du Barry, la dernière favorite de Louis XV), scénariste, producteur, interprète et metteur en scène, qui conscient que certaines célèbres citations passeraient mal à l’écran, les arrange afin d’obtenir un effet plus percutant.

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Test Blu-ray / Les Jeunes années d’une reine, Sissi, Sissi Impératrice & Sissi face à son destin, réalisés par Ernst Marischka

LES JEUNES ANNÉES D’UNE REINE, SISSI, SISSI IMPÉRATRICE & SISSI FACE À SON DESTIN (Mädchenjahre einer Königin, Sissi, Sissi, die junge Kaiserin &
Sissi, Schicksalsjahre einer Kaiserin)
réalisés par Ernst Marischka, disponible en Coffret Blu-ray depuis le 18 novembre 2025 chez Rimini Editions & Arcadès.

Acteurs : Romy Schneider, Karlheinz Böhm, Magda Schneider, Uta Franz, Gustav Knuth, Vilma Degischer, Josef Meinrad, Erich Nikowitz, Walther Reyer, Senta Wengraf, Iván Petrovich, Helene Lauterböck…

Scénario : Ernst Marischka

Photographie : Bruno Mondi

Musique : Anton Profes

Durée : 1h45, 1h40, 1h41 & 1h44

Année de sortie : 1954, 1955, 1956 & 1957

LES FILMS

Les Jeunes années d’une reine (1954): Londres en 1837, panique au palais royal ! La jeune souveraine Victoria a disparu sans souci du protocole. Lors de cette fugue, elle vit la première romance de sa vie… Dans une somptueuse et fort colorée reconstitution de la cour d’Angleterre, voici le film qui précéda et inspira la célèbre série des « Sissi ».

Sissi (1955) :
La jeune Sissi accompagne à la cour impériale d’Autriche sa mère et sa soeur aînée Hélène promise au futur empereur. Comme à son habitude Sissi profite d’un moment en solitaire pour partir en promenade au cours de laquelle elle va rencontrer sans le savoir l’héritier impérial…


Sissi impératrice (1956):
Sissi est maintenant l’impératrice d’Autriche-Hongrie après son mariage avec l’empereur François-Jospeh. Toutefois, le pesant protocole et la sévérité de l’archiduchesse Sophie contraignent fortement sa nature spontanée. Quand la jeune femme met au monde une petite fille, sa joie est de courte durée puisque Sophie décide de lui en retirer la garde. Désabusée, Sissi se réfugie en Bavière chez ses parents.



Sissi face à son destin (1957) :
L’Empire est agité par des révolutionnaires hongrois mécontents de leurs attachements à la Maison d’Autriche. Sissi décide son époux à partir en Hongrie afin de calmer les esprits…

C’est peu dire que le réalisateur autrichien Ernst Marischka (1893-1963) a eu une intuition…En 1953, Rosemarie Magdalena Albach n’a que quinze ans. Elle quitte le pensionnat et rejoint sa mère, Magda Schneider, pour le tournage de Quand refleuriront les lilas blancsWenn der weiße Flieder wieder blüht de Hans Deppe, pour lequel elle avait passé des essais concluants et sur lequel elle est ensuite engagée comme actrice, pour la première fois de sa vie. C’est un succès immédiat, les spectateurs se prennent d’affection pour cette merveilleuse jeune comédienne à la photogénie renversante, au point où celle-ci éclipse sa propre génitrice. C’est sur le plateau de son second film, Feu d’artifice Feuerwerk de Kurt Hoffmann, que Romy Schneider (qui gardera désormais ce pseudonyme) rencontre Ernst Marischka. Il lui offre le rôle principal des Jeunes Années d’une reineMädchenjahre einer Königin, qu’il avait pourtant décidé de confier à Sonja Ziemann. C’est une nouvelle étape pour l’actrice, qui incarne la reine d’Angleterre Victoria à l’âge de 18 ans, l’action se déroulant en 1837, lors de son accession au trône. Peu de temps avant le décès de son oncle, la jeune Victoria apprend qu’elle est l’héritière du trône britannique. Commence alors pour elle l’apprentissage de sa nouvelle fonction avec l’aide du Premier ministre whig Lord Melbourne. Dans le même temps, sa mère, son oncle le roi des Belges et même Lord Melbourne se donnent pour mission de marier la jeune reine, chacun imposant son prétendant. Lasse, Victoria quitte Londres le soir de son repas d’anniversaire pour aller à Paris, là où elle pense pouvoir faire une étude approfondie de tous les jeunes gens. Seulement, le mauvais temps la contraint à s’arrêter dans une auberge à Douvres, là où se trouve également le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, un des trois prétendants sur la liste. Les jeunes gens vont alors faire connaissance, chacun cachant soigneusement son identité…

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Test DVD / L’Épreuve du feu, réalisé par Aurélien Peyre

L’ÉPREUVE DU FEU réalisé par Aurélien Peyre, disponible en DVD le 16 décembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Félix Lefebvre, Anja Verderosa, Suzanne Jouannet ,Victor Bonnel, Sarah Henochsberg, Nolan Masraf, Marie Bucas-Français, Jules Porier…

Scénario : Aurélien Peyre & Charlotte Sanson

Photographie : Inès Tabarin

Musique : Maud Geffray

Durée : 1h42

Année de sortie : 2025

LE FILM

Hugo, 19 ans, passe les vacances d’été sur l’île de Noirmoutier dans la petite maison de son grand-père, pour la première fois en compagnie de sa petite amie Queen, esthéticienne à Paris, originaire de Toulon, au style flamboyant. Lors d’une balade, il retrouve une bande d’amis d’enfance qu’il n’a pas vus depuis longtemps. Après quelques jours sur l’île, le couple doit se rendre chez la grand-mère de Queen, à Toulon.

Décidément, le cinéma français se porte bien, contrairement à celles et à ceux qui déclarent (au premier degré) que « c’est de la m*rde ! ». L’Épreuve du feu, premier long-métrage d’Aurélien Peyre, directement issu de Coqueluche (2018), précédent moyen-métrage du réalisateur, est l’une des plus belles révélations de 2025. Le metteur en scène et scénariste reprend le même point de départ, autrement dit une fille qui débarque sur une île située sur l’Atlantique, afin de rejoindre son petit copain, qui comme d’habitude y passe ses vacances d’été et ce depuis sa plus tendre enfance. Aurélien Peyre s’intéresse au regard amoureux de l’adolescent, qui se transforme au contact de ceux qu’il considère comme étant ses « amis », qui n’hésitent pas à critiquer ouvertement le milieu social de ceux qui n’ont pas « les mêmes valeurs ». Pour son passage au format long, il reprend ainsi les personnages, les retravaille, récupère la matière brute et première, pour la sculpter avec une nouvelle maturité, lui donner une nouvelle densité. Pour cela, Aurélien Peyre bénéficie de concours de Charlotte Sanson (Un vrai bonhomme de Benjamin parent, Comment je suis devenu super-héros de Douglas Attal) pour dresser le portrait de Hugo. Récit initiatique, situé entre Conte d’été de Eric Rohmer et Le Blé en herbe de Colette, L’Épreuve du feu, porté par la sublime interprétation de son duo vedette, subjugue de la première à la dernière seconde. On en reparle aux prochains César ?

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Test Blu-ray / Week-end de terreur, réalisé par Fred Walton

WEEK-END DE TERREUR (April Fool’s Day) réalisé par Fred Walton, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 16 janvier 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Jay Baker, Pat Barlow, Lloyd Berry, Deborah Foreman, Deborah Goodrich, Tom Heaton, Leah Pinsent, Mike Nomad, Thomas F. Wilson…

Scénario : Danilo Bach

Photographie : Charles Minsky

Musique : Charles Bernstein

Durée : 1h29

Année de sortie : 1986

LE FILM

Muffy St. John, riche héritière, invite plusieurs de ses amis étudiants à passer le week-end du 1er avril dans un luxueux manoir situé sur une île privée que possèdent ses parents. La fête s’annonce grandiose et Muffy a préparé quelques poissons d’avril. Mais la plaisanterie vire au cauchemar lorsque les invités disparaissent l’un après l’autre…

Passé à la postérité pour avoir écrit et réalisé Terreur la ligne When a Stranger Calls (1979), thriller devenu culte très vite auprès des cinéphiles et des spectateurs avides du genre, le réalisateur Fred Walton (né en 1949) est pourtant l’homme d’un autre film aujourd’hui très prisé, Week-end de terreur April Fool’s Day. Sorti en 1986, en queue de comète du slasher, la même année que Vendredi 13, chapitre VI : Jason le mort-vivantFriday the 13th Part VI: Jason Lives de Tom McLoughlin (l’un des meilleurs opus de la franchise) et Body CountCamping del terrore de Ruggero Deodato, tandis que Freddy Krueger se préparait à apparaître pour la troisième fois au cinéma, Week-end de terreur préfigure ce que deviendra le genre avec dix ans d’avance. Car même si Scream est encore loin et relancera le slasher dans les années 1990, le film de Fred Walton joue déjà intelligemment la carte méta, s’interroge sur la notion d’épouvante, sur le rapport avec la peur qu’entretient le spectateur, tout en essayant d’insuffler du sang neuf au thriller horrifique alors en quasi-perdition. Et ça marche. Week-end de terreur est assurément un bon ride et même si le second visionnage passera sans doute moins bien en raison du twist final (“Hey what did you expect ?”), la mise en scène tient encore bien le coup et les décors naturels ravissent les pupilles.

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Test DVD / Certains l’aiment chauve, réalisé par Camille Delamarre

CERTAINS L’AIMENT CHAUVE réalisé par Camille Delamarre, disponible en DVD depuis le 5 décembre 2025 chez UGC.

Acteurs : Kev Adams, Michaël Youn, Rayane Bensetti, Chantal Ladesou, Tony Garcia Lewis, Phil Krazuki, Shane Woodward, Manon Sabrier…

Scénario : Antonin Fourlon

Musique : Alexandre Azaria

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Lorsque Zak perd sa petite, puis son travail, c’est le début de la déprime. Mais lorsqu’il s’aperçoit qu’il perd ses cheveux à tout juste trente ans c’est la panique totale. Sur les conseils de son oncle qui est passé par là il y a plusieurs années, il entame plusieurs traitements pour échapper à la calvitie…

Aaaah, celui-là il est beau. Parce qu’il en faut bien quelques-uns qui se distinguent chaque année, Certains l’aiment chauve rejoint ainsi Toutes pour une de Houda Benyamina, Le Grand déplacement de Jean-Pascal Zadi, Alpha de Julia Ducournau dans le genre bide atomique largement mérité. 10 millions de budget (WTF!!) et 210.000 entrées au compteur, ça fait mal au fondement quand même. Un des pires scores au cinéma pour Kev Adams, qui a d’ailleurs connu une double peine en 2025 avec un autre four commercial, Le Jour J de Claude Zidi Jr. On ne sait pas encore ce que vaut le second, mais en ce qui concerne Certains l’aiment chauve, on est ici dans le gratin de navet fumant. À la barre, on retrouve l’inénarrable Camille Delamarre (né en 1979), réalisateur, monteur, scénariste, producteur et même acteur, tout droit sorti de l’écurie Luc Besson, pour lequel il a essentiellement officié au découpage, ou au charcutage c’est selon, épileptique du Transporteur 3, de L’Immortel, de Taken 2, de Colombiana…un cador on vous dit ! Il passe « logiquement » derrière la caméra avec Brick Mansions…remake de l’affreux Banlieue 13, interprété par Paul Walker, alors dans son dernier rôle. Non, nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il a perdu le contrôle de sa voiture en repensant au premier montage du film, mais c’est une idée qui se tient. Anyway, Camille Delamarre revient sur le devant de la scène, dix ans après Le Transporteur : Héritage, qui avait plutôt bien fonctionné dans les salles, sans toutefois connaître le même engouement que la trilogie avec Jason Statham. Mais le verdict est sans appel pour Certains l’aiment chauve, qui devait quitter les salles de cinéma, quatre semaines seulement après la sortie du film et ce malgré une combinaison confortable de plus de 500 salles dans l’Hexagone. Avec à peine 19.000 spectateurs comptabilisés le premier jour (108.000 la première semaine, plaçant le film à la neuvième place du classement hebdo), il était certain qu’on allait se retrouver devant un nouveau cas d’étude du cinéma français. Car où sont passés les millions d’euros, si ce n’est dans la poche des deux comédiens principaux ? Entrez donc si vous l’osez, amateurs de comédies qui sentent le gros rouge qui tâche, qui renvoie aux plus mauvais films (car tout n’est pas à jeter, loin s’en faut) de Philippe Clair et de Max Pécas, qui paraissent ana(l)chroniques, issues d’un autre univers…On vous aura prévenu, pervers que vous êtes.

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Test DVD / Fêlés, réalisé par Christophe Duthuron

FÊLÉS réalisé par Christophe Duthuron, disponible en DVD le 3 décembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Pierre Richard, Charlotte De Turckheim, Bernard Le Coq, François Berléand, Émilie Caen, Patrick de Valette, Arthur Jugnot, Méliane Marcaggi…

Scénario : Christophe Duthuron, Alfred Lot & Christophe Carrière

Photographie : Pierric Gantelmi d’Ille

Durée : 1h27

Année de sortie : 2025

LE FILM

L’Arc-en-ciel est un authentique lieu associatif à Marmande (Lot-et-Garonne) qui accueille des personnes ordinaires mais violentées par la vie. Ses adhérents se soutiennent mutuellement dans leur lutte contre les difficultés quotidiennes. Quand on menace de les expulser, un élan de solidarité s’organise autour de Pierre, le fondateur, pour sauver cette maison d’accueil unique.

Entre Pierre Richard et Christophe Duthuron, c’est une grande histoire d’amitié. En 1991, alors étudiant en lettres et âgé de 17 ans, le second, grand admirateur du premier, monte à Paris et parvient à trouver où le comédien résidait alors, autrement dit la fameuse péniche amarrée quai de la Concorde. Le jeune homme parvient à attirer son attention, au point où Pierre Richard l’invite à prendre un café chez lui. Les deux hommes ne se quitteront plus. Christophe Duthuron obtient un petit rôle dans Droit dans le mur (1997), signe la mise en scène et parfois même le texte de ses spectacles (Détournement de mémoire, Pierre et fils), participe au scénario du Bonheur de Pierre (de Robert Ménard), avant de le diriger enfin dans Les Vieux fourneaux (2018), gros succès au box-office adapté de la bande dessinée de Lupano et Cauuet, qui connaîtra une suite en 2022, dont l’accueil ne sera pas du tout du même acabit. Après l’édition de Souvenirs d’un distrait (avec Pierre Richard), disponible chez Le Cherche midi, les deux refont équipe avec Fêlés, ou l’histoire de la véritable association Arc-en-ciel située à Marmande, fondée par le psychiatre et psychanalyste François Tosquelles dans les années 1970, qui accueille des personnes atteintes de troubles psychiques. Un lieu qui aura inspiré Christophe Duthuron et ses co-scénaristes Alfred Lot (metteur en scène de l’excellent La Chambre des morts, adapté de Franck Thilliez) et le journaliste Christophe Carrière. Il en résulte une comédie sociale, proche de l’univers des films anglais à la The Full Monty et Les Virtuoses, sympathique et reposant essentiellement sur son casting. Car on ne peut pas dire que l’histoire passionne plus que cela et l’on a même souvent l’impression que le récit a été improvisé pendant le tournage, avec son intrigue qui part dans tous les sens, pour finalement ne plus savoir où aller en fin de parcours. Il n’en restera sûrement rien après quelques heures, si ce n’est l’énergie toujours contagieuse de Pierre Richard, qui à plus de 90 ans passés continue encore et toujours de nous enchanter.

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