Test 4K UHD / Crocodile Dundee 2, réalisé par John Cornell

CROCODILE DUNDEE 2 réalisé par John Cornell, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Paul Hogan, Linda Kozlowski, John Meillon, Hechter Ubarry, Juan Hernandez, Charles Dutton, Kenneth Welsh, Luis Guzmán…

Scénario : Paul Hogan & Brett Hogan

Photographie : Russell Boyd

Musique : Peter Best

Durée : 1h52

Date de sortie initiale : 1988

LE FILM

Après avoir quitté la brousse pour sa belle, Mike « Crocodile Dundee » s’adapte difficilement à la jungle new-yorkaise. Sa compagne, Sue Charlton, une journaliste, enquête sur un vaste réseau de trafiquants colombiens. Malheureusement en possession de photos compromettantes, cette dernière est kidnappée. Mais, tel un chasseur, Crocodile Dundee se met à la poursuite de ses ravisseurs.

On prend les mêmes…mais on ne recommence pas vraiment, du moins pas de la même façon. En effet, Crocodile Dundee 2 (ou II, c’est selon vos envies), sort deux ans après le triomphe international du premier (328 millions de recettes, pour une mise de départ de 8 millions et quasiment six millions d’entrées en France) et présente aux spectateurs quelque chose de différent. Certes, nous retrouvons bel et bien Mike Dundee et Sue Charlton, mais cette fois, le couple est plongé dans une histoire plus « sérieuse », puisqu’ils font face à un cartel colombien très violent, dont le chef des trafiquants, le mafieux Rico (c’était soit ça ou « Sanchez » probablement), incarné par Hechter Ubarry (un clone de Frédéric François), est décidé à leur faire la peau s’il ne récupère pas un document sensible. De l’aveu de Paul Hogan lui-même, Crocodile Dundee 2 ne s’imposait pas sur le papier, mais devant l’engouement du public, qui le pressait pour renouer avec l’aventurier australien sur le grand écran, le film a été pensé et mis en route pour offrir au public une continuité, sans tomber dans le piège facile de la « suite-plagiat du premier ». Ainsi donc, il y a des assassinats dans ce second épisode, imputables aux méchants, tandis que Mike parvient constamment à les neutraliser grâce à sa ruse. Ce deuxième volet propose l’inverse du précédent, puisque toute la première partie se déroule à New York, territoire où Dundee commence à s’ennuyer ferme, avant de délocaliser le couple sur le sol natal du personnage principal, où chez lui, il pourra ainsi avoir l’avantage sur leurs ennemis. C’est pour cela que, une fois n’est pas coutume, beaucoup aiment autant cet opus, si ce n’est davantage que le premier. Si l’on peut ne pas être d’accord, une chose est sûre, Crocodile Dundee 2 est sans doute une des meilleures suites jamais réalisées et demeure un formidable divertissement.

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Test Blu-ray / On a volé la cuisse de Jupiter, réalisé par Philippe de Broca

ON A VOLÉ LA CUISSE DE JUPITER réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Annie Girardot, Philippe Noiret, Francis Perrin, Catherine Alric, Marc Dudicourt, Paulette Dubost, Roger Carel, Anna Gaylor…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Giorgos Hatzinasios

Durée : 1h41

Année de sortie : 1980

LE FILM

Antoine Lemercier et Lise Tanquerelle passent leur voyage de noces en Grèce. Ils y font la rencontre de Charles-Hubert Pochet, un jeune archéologue qui fait bientôt une grande découverte, mais la pièce est dérobée. Lorsque le voleur est retrouvé mort, c’est Charles-Hubert Pochet qui est accusé de meurtre avec la complicité d’Antoine Lemercier.

Devant le succès de Tendre poulet en 1978 (1,8 million d’entrées) et surtout face au semi-échec du Cavaleur (un million de spectateurs) en 1979, Philippe de Broca décide de donner une suite aux tribulations de Tanquerelle et Lemercier. Annie Girardot et Philippe Noiret sont donc de retour pour On a volé la cuisse de Jupiter, qui débute par le mariage de la commissaire de police et du professeur de grec. Cette excellente séquelle propose un angle différent. Là où Tendre poulet combinait parfaitement la comédie et la trame policière, de Broca envoie son couple principal en voyage de noces en Grèce. Si nous retrouvons bien quelques éléments policiers, le ton est ici placé sous le signe de la comédie pure et surtout de l’aventure, genre de prédilection de Philippe de Broca. Aux côtés de Girardot/Noiret, toujours aussi formidables, Catherine Alric (encore plus exquise que dans le premier), interprète un personnage différent que dans Tendre poulet grâce à une petite pirouette (« Il y avait une fille comme elle, elle lui ressemblait, même genre, même style, copie conforme ! » dit Tanquerelle), ainsi que Francis Perrin, tout aussi irrésistible qu’irritant dans la peau de Charles-Hubert Pochet qui passe tout le film à se plaindre, la jambe dans le plâtre.

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Test Blu-ray / Tendre poulet, réalisé par Philippe de Broca

TENDRE POULET réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Annie Girardot, Philippe Noiret, Catherine Alric, Hubert Deschamps, Paulette Dubost, Roger Dumas, Raymond Gérôme, Guy Marchand…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard, d’après le roman Le Commissaire Tanquerelle et le Frelon de Jean-Paul Rouland et Claude Olivier

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h46

Année de sortie : 1978

LE FILM

Tanquerelle, commissaire de police, a la surprise de constater que le cyclomotoriste qu’elle vient de heurter avec sa voiture n’est autre qu’Antoine Lemercier, un ancien camarade de classe qu’elle n’a pas vu depuis 20 ans. Ces retrouvailles donnent lieu à un coup de foudre, mais Lise cache sa profession à Antoine, devenu professeur de grec et farouchement anti-police. Parallèlement à cette romance naissante, Lise doit enquêter sur une série de meurtres bizarres : trois députés assassinés successivement, un poinçon planté dans le dos.

Philippe de Broca (1933-2004) vient d’enchaîner deux gros succès avec Le Magnifique (1973, 2,8 millions d’entrées) et L’Incorrigible (1975, 2,6 millions d’entrées), mais Julie pot de colle est une déception au box-office en 1977 et n’attire que 645.000 spectateurs dans les salles. L’année suivante, le cinéaste retrouve Michel Audiard, scénariste et dialoguiste de L’Incorrigible, pour Tendre poulet, une comédie policière pour laquelle il confie les rôles principaux à Philippe Noiret, rencontré en 1970 sur le tournage des Caprices de Marie, et Annie Girardot (qui pour l’anecdote incarne ici la première commissaire de police du cinéma français), avec qui la première collaboration remonte à 1964 pour Un monsieur de compagnie. Petit bijou de scénario, interprétation divine, rythme effréné, comédie-policière (les meurtres peuvent faire leur effet sur le jeune public) à l’humour noir, tendre et dévastateur, Tendre poulet est un joyau du cinéma français des années 70, du pur Philippe de Broca.

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Test Blu-ray / Le Cavaleur, réalisé par Philippe de Broca

LE CAVALEUR réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 20 août 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Jean Rochefort, Annie Girardot, Nicole Garcia, Danielle Darrieux, Catherine Alric, Lucienne Legrand, Carole Lixon, Jean Desailly, Lila Kedrova…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h42

Année de sortie : 1979

LE FILM

Pianiste réputé, Edouard Choiseul ne cesse de courir entre contingences professionnelles et sentimentales. Quand son épouse menace de le quitter, il décide de consacrer un peu de temps à sa famille.

Entre Tendre poulet (1978, 1,8 million d’entrées) et On a volé la cuisse de Jupiter (1980, 1,6 million d’entrées), Philippe de Broca prend le temps d’emballer Le Cavaleur, délicieuse, virtuose escapade parisienne et provinciale, trop souvent oubliée dans la filmographie du cinéaste de L’Homme de Rio. Pourtant, Le Cavaleur est un véritable trésor, un vrai chef d’oeuvre à réhabiliter de toute urgence, comme Le Roi de coeur (1966), qui lui aussi ne faisait pas partie des opus les plus diffusés du réalisateur et qui a su conquérir un nouveau public, bien après sa sortie. Jean Rochefort, pour sa quatrième et dernière collaboration avec Philippe de Broca (après Cartouche, Les Tribulations d’un chinois en Chine et Le Diable par la queue), virevoltant, accède ici au rôle principal et s’avère sensationnel, magistral, irrésistible dans le rôle-titre. Il livre probablement une de ses plus grandes prestations. Son personnage est fort bien entouré par les femmes de sa vie, interprétées par une distribution de premier ordre, de Nicole Garcia (divine et qui allait ravir réellement le coeur de Jean Rochefort, on le comprend) à Annie Girardot (entre deux volets de la saga Lise Tanquerelle), en passant par Danielle Darrieux (alors âgée de 70 ans), Catherine Alric (espiègle) et Catherine Leprince (vue dans Bilitis de David Hamilton), respectivement épouse, ex-femme, ancienne maîtresse, maîtresse du moment, sans oublier sa grande fille Pompon et ses deux enfants en bas âge.

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Test DVD / Chers parents, réalisé par Emmanuel Patron

CHERS PARENTS réalisé par Emmanuel Patron, disponible en DVD le 7 juillet 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : André Dussollier, Miou-Miou, Arnaud Ducret, Pauline Clément, Thomas Solivérès…

Scénario : Emmanuel Patron & Armelle Patron, d’après leur pièce de théâtre

Photographie : Antoine Monod

Musique : Romain Trouillet

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Pierre, Louise et Jules arrivent ensemble en panique dans un joli petit mas, résidence de leurs parents. Il faut dire que ceux-ci leur ont demandé de venir d’urgence. Mais au-lieu de leur annoncer une mauvaise nouvelle, ceux-ci leurs indiquent qu’ils vont partir s’installer au Cambodge, où ils comptent ouvrir un orphelinat. Ceci avant de leur révéler, en partie sous la contrainte, qu’ils ont en fait gagné à la loterie…

Ce n’est pas un cas isolé, Chers parents est l’adaptation d’une pièce de théâtre, ici du même nom, créée en novembre 2021 au Théâtre de Paris, qui a été vue par près d’un demi-million de spectateurs sur près de 1000 représentations. Et ça se voit, car n’y allons pas par quatre chemins, le film réalisé par Emmanuel Patron, également scénariste et acteur (aperçu dans moult séries et téléfilms), n’est qu’une banale succession ininterrompue de champs-contrechamps, le tout platement photographié par le talentueux Antoine Monod (Patients, Ma vie en l’air, Le premier jour du reste de ta vie). Nous sommes pourtant au cinéma, mais Emmanuel Patron se contente de reprendre sa pièce originale, sans jamais tenter d’y insuffler un rythme, en raison d’un montage terriblement paresseux, à tel point que l’on parvient à s’ennuyer dès la première séquence, celle où les trois frères et sœurs débarquent chez leurs parents. On faisait confiance au casting, en particulier à André Dussollier et Pauline Clément, qui tirent souvent leur épingle du jeu dans les films de médiocre qualité (il y en a dans leurs carrières respectives), mais ce n’est jamais le cas dans Chers parents. À la rigueur, c’est Arnaud Ducret qui surnage dans ce marasme, en gros bourrin de droite, qui écrase volontiers, au sens propre comme au figuré, ses cadets, mais cela ne suffit pas. La faute à l’écriture des personnages, tous foncièrement antipathiques et donc jamais attachants, ce qui n’aide jamais à s’intéresser à ce qui peut leur arriver. Étrangement, le public a répondu présent, puisque Chers parents a frôlé la barre du million d’entrées. Nous sommes habituellement « bon public », mais là il y a indéniablement quelque chose qui nous échappe.

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Test 4K UHD / Crocodile Dundee, réalisé par Peter Faiman

CROCODILE DUNDEE réalisé par Peter Faiman, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Paul Hogan, Linda Kozlowski, John Meillon, David Gulpilil, Ritchie Singer, Maggie Blinco, Steve Rackman, Gerry Skilton…

Scénario : Paul Hogan, Ken Shadie & John Cornell

Photographie : Russell Boyd

Musique : Peter Best

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1986

LE FILM

Sue Charlton, une journaliste américaine du quotidien new-yorkais Newsday, se rend pour un reportage en Australie dans le bush du Territoire du Nord. Elle y rencontre Michael J. « Crocodile » Dundee, un chasseur de crocodiles. Sue ramène ensuite ce personnage atypique dans une jungle occidentale, New York, où il rencontrera quelques difficultés pour s’adapter à la vie urbaine moderne.

On peut aisément parler de film culte quand on évoque Crocodile Dundee, tourné avec un budget dérisoire de huit millions de dollars, qui deviendra le deuxième plus grand succès de l’année 1986, entre Top Gun de Tony Scott et Aliens, le retour de James Cameron. Mais au jeu des entrées en France (où il sortira en février 1987), c’est le film de Peter Faiman qui se taille largement la part du lion avec près de six millions d’entrées, où il arrive sur la première marche du podium. Diffusé pour ainsi dire chaque année à la télévision dans les années 1990, où il battait systématiquement des records d’audience, Crocodile Dundee demeure l’un des divertissements les plus prisés, les plus sympas, les plus attachants des eighties. On doit évidemment cette immense réussite à Paul Hogan, australien pur et dur, parti de pas grand-chose et qui a su (et pu) devenir l’une des plus grandes stars en son pays, pour ne pas dire la plus connue dans le monde entier, une icône indéboulonnable. Quand on aborde Crocodile Dundee, on pense immédiatement au tandem (qui allait devenir un couple dans la vraie vie et ce jusqu’en 2014) formé par Paul Hogan (Golden Globe du meilleur acteur) et la sublime Linda Kozlowski, aux potes tarés du personnage principal, mais aussi à la beauté de la photographie de Russell Boyd (Pique-nique à Hanging Rock, Gallipoli, Tendre bonheur), qui rend hommage aux somptueux décors naturels australiens, tout en mettant en valeur les rues et les avenues à angle droit de Manhattan, où se perd notre héros au chapeau noir. Succession ininterrompue de gags (coécrits par Paul Hogan et ses complices du Paul Hogan Show, Ken Shadie et John Cornell), de répliques drôles et vachardes (mais jamais vulgaires), de scènes anthologiques (le final dans le métro, sur la magnifique musique de Peter Best fait encore dresser les poils), sans oublier chez nous un extraordinaire doublage porté par le monumental Yves Rénier (« Ça flotte, pote ! »), Crocodile Dundee, sorte de relecture des Aventures de Tarzan à New YorkTarzan’s New York Adventure de Richard Thorpe, n’a absolument rien perdu de son charme dévastateur et reste un grand spectacle familial et ce depuis quarante ans.

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Test Blu-ray / L’Ultime héritier, réalisé par John Patton Ford

L’ULTIME HÉRITIER (How to Make a Killing), réalisé par John Patton Ford, disponible en DVD & Blu-ray le 29 juillet 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Glen Powell, Margaret Qualley, Ed Harris, Jessica Henwick, Bill Camp, Zach Woods, Topher Grace, Grady Wilson, Maggie Toomey…

Scénario : John Patton Ford

Photographie : Todd Banhazl

Musique : Emile Mosseri

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Becket Redfellow n’a qu’une obsession : se venger de la famille richissime qui a renié sa mère, coupable d’être tombée enceinte trop jeune… et surtout d’un homme beaucoup trop fauché pour eux ! À la mort de sa mère, Becket décide d’exécuter son souhait : récupérer l’héritage qu’il estime lui revenir. Le problème ? Sept membres de la famille se dressent entre lui et cette fortune. Qu’à cela ne tienne : pour mener à bien son projet, Becket est prêt à les éliminer un par un… jusqu’au dernier.

Étrange carrière que celle de Glen Powell (né en 1988), qui entre deux projets avec Richard Linklater, avec lequel il a déjà collaboré à cinq reprises, se laisse vendre par quelques gros studios comme étant l’une des stars de demain. Mais en dehors du grand succès rencontré par Twisters (aux États-Unis essentiellement), remake-reboot-suite du film et classique de Jan De Bont, on ne peut pas dire que les films portés par le comédien aient été des hits au box-office. Si Tout sauf toi Anyone but You se distingue (et qui reposait plus sur la plastique parfaite de Sydney Sweeney), Running Man s’est méchamment planté, au point de devenir l’un des échecs commerciaux les plus imposants de l’année 2025. Manque de bol, L’Ultime héritierHow to Make a Killing a connu le même sort, quand bien même le budget n’égale évidemment pas celui de 110 millions du blockbuster d’Edgar Wright et a même coûté dix fois mois. Cependant, L’Ultime héritier, qui s’inspire volontairement du légendaire Noblesse obligeKind Hearts and Coronets de Robert Hamer (1949), dans lequel Alec Guinness interprétait pas moins de huit personnages différents (issus d’une même famille), demeure une agréable surprise, dans lequel le charisme lisse de l’acteur (qui remplaçait alors Shia LaBeouf) est plutôt bien exploité. Certes, il ne faut pas s’attendre à beaucoup d’originalité, mais l’humour noir fonctionne, ainsi que l’hommage aux films issus des studios Ealing. Certains (télé)spectateurs ayant très bon goût, se souviendront aussi de l’épisode 21 d’Amicalement vôtre (Regrets éternels), au cours duquel Roger Moore campait lui aussi tous les membres de sa famille passant de vie à trépas. En fait, How to Make a Killing est presque un anachronisme dans le paysage cinématographique contemporain et fait donc office de petite récréation, d’une respiration au milieu de grosses machines. On passe un bon moment, grâce notamment aux secondes rôles féminins, tenus par les superbes Margaret Qualley et Jessica Henwick.

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Test Blu-ray / The Last Show – A Prairie Home Companion, réalisé par Robert Altman

THE LAST SHOW (A Prairie Home Companion), réalisé par Robert Altman, disponible en combo Blu-ray/DVD le 29 juillet 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Woody Harrelson, Tommy Lee Jones, Kevin Kline, Lindsay Lohan, Virginia Madsen, John C. Reilly, Maya Rudolph, Meryl Streep, Lily Tomlin, Garrison Keillor…

Scénario : Garrison Keillor, d’après son émission de radio A Prairie Home Companion

Photographie : Edward Lachman

Musique : Richard Dworsky

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2006

LE FILM

Le samedi soir, la foule se presse à l’entrée du Fitzgerald Theater de Saint Paul, dans le Minnesota, pour assister au phénomène radiophonique hebdomadaire A Prairie Home Companion. Largement diffusée, l’émission, devenue « culte », propose un spectacle, fait de chansons soul et country, de publicités ringardes, de saynètes humoristiques et rétro, qui ont survécu à l’épreuve du temps, des modes et de la télévision. Dans les loges, les artistes s’apostrophent, se chamaillent, évoquent une fois encore leurs souvenirs, se préparent à entrer en scène, mais tous savent que la station de radio vient d’être rachetée par un groupe texan, et que ce show est donc peut-être le dernier.

The Show Must Go On…C’est ainsi que l’on pourrait résumer le dernier long-métrage du prolifique Robert Altman (1925-2006). A Prairie Home Companion ou plus souvent intitulé The Last Show (titre « français ») est l’ultime baroud d’honneur de celui qui nous a offert M*A*S*H (Palme d’or), Buffalo Bill et les Indiens (Ours d’or), The Player (Prix de la mise en scène à Cannes), Short Cuts (Lion d’or), Gosford Park (Golden Globe du meilleur réalisateur) et tant d’autres trésors du septième art. The Last Show est comme qui dirait une comédie musicale, en réalité une reconstitution fictive des coulisses d’une véritable et célèbre émission de radio publique, A Prairie Home Companion, diffusée depuis de longues années et suivie par plus de 35 millions d’auditeurs. On ne quitte pour ainsi dire jamais l’authentique Fitzgerald Theater à Saint Paul, ville du Minnesota, dans lequel se déroule l’intrigue principale et où l’on suit sa foule de personnages principaux. Et c’est peu dire qu’ils se sont tous bousculés au portillon pour apparaître dans The Last Show, de Woody Harrelson à Tommy Lee Jones, en passant par Kevin Kline, Lindsay Lohan, Virginia Madsen, John C. Reilly, Maya Rudolph, Meryl Streep et Lily Tomlin, sans oublier Garrison Keillor l’animateur de l’émission, ici dans son propre rôle et qui avait contacté lui-même Robert Altman pour savoir si cela l’intéresserait de faire un film autour de ce rendez-vous qui aura diverti les spectateurs chaque semaine le samedi soir de 17h à 19h, de 1974 à 2016 (« L’émission existait déjà quand Jésus était en maternelle ! »). Alors que l’ange de la mort, incarné par la sublime Virginia Madsen (avec son « sourire doux comme une tartine de miel »), déambule dans les couloirs labyrinthiques de ce théâtre paumé du Midwest Américain, la caméra scrute chaque artiste qui se prépare physiquement et psychologiquement pour son dernier tour de piste respectif, puisque la bâtisse a été vendue à une société texane, qui la rasera pour en faire un parking. Les larmes mouillent les regards, certaines ne peuvent être retenues, mais le rire est omniprésent, les souvenirs se partagent jusqu’à plus soif, la mélancolie submerge, la nostalgie s’empare des êtres…et le spectacle continue encore, les chansons s’enchaînent entre deux placements publicitaires incongrus. Il faut bien vivre, et surtout aller de l’avant. Robert Altman, gravement malade et par ailleurs soutenu – pour des questions d’assurance – par son confrère et ami Paul Thomas Anderson (qui aurait repris les prises de vues s’il était arrivé un drame), nous convie pour une dernière danse étourdissante avec ses comédiens extraordinaires et même si la Grande Faucheuse guette chaque recoin, l’amitié, l’amour, la tendresse et le rire subsistent. Merci monsieur Altman.

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Test Blu-ray / The Stuff, réalisé par Larry Cohen

THE STUFF réalisé par Larry Cohen, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 7 août 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Garrett Morris, Scott Bloom, Paul Sorvino, Danny Aiello, Patrick O’Neal, James Dixon…

Scénario : Larry Cohen

Photographie : Paul Glickman

Musique : Anthony Guefen

Durée : 1h29

Année de sortie : 1985

LE FILM

Un nouveau produit fait fureur dans les familles américaines : The Stuff, une sorte de yaourt dont le succès touche tout le pays. Mais cette substance, à l’origine inconnue, provoque chez ceux qui la consomment une violente addiction. Un enquêteur, mandaté par des industriels de l’alimentation, va tenter d’en savoir plus.

Il a toujours eu le nez creux ce cher Larry Cohen (1936-2019), mais pour avoir eu l’idée de certains de ses films, il faut croire que cet organe avait aspiré quelques substances illicites. C’est le cas pour The Stuff, sans doute l’un de ses opus les plus funs, les plus drôles, mais aussi les plus inspirés, percutants et avant tout divertissants. Ce douzième long-métrage, treizième si l’on tient compte du téléfilm See China and Die (1981) prend place dans sa carrière après le formidable Special Effects, film absolument étourdissant doublé d’une parabole passionnante sur la création et le cinéma. Cette fois, Larry Cohen s’en prend à la société de consommation, aux grands groupes industriels qui vendent (facilement) de la m*rde en boîte à la population, en leur disant que cela a le goût de la rose, sous prétexte que le packaging de ce qu’ils sont en train d’ingurgiter en a la couleur. En s’inspirant, volontairement ou non, du Blob (ou Danger planétaire en version française), sorti en 1958, dans lequel un extraterrestre géant et gluant semait la terreur dans une petite ville de Pennsylvanie, Larry Cohen parvient à se démarquer très rapidement de cette référence en emmenant le spectateur autre part. Grand spectacle réalisé avec un budget dérisoire, un peu à la Roger Corman, d’ailleurs le film sera distribué par la New World Pictures, fondée par ce dernier, The Stuff est une comédie d’horreur et fantastique qui donne le sourire du début à la fin. Mais il fait aussi sacrément réfléchir sur la façon dont les grands groupes industriels décomplexés vendent ce qu’ils savent être du poison aux consommateurs, qui répondront toujours présents pour acheter ce qu’on leur dit d’acheter, même si cela leur pourrit les entrailles et la cervelle. Un vrai petit chef d’oeuvre qui n’a pas volé son statut culte.

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Test Blu-ray / Reviens Jimmy Dean, reviens, réalisé par Robert Altman

REVIENS JIMMY DEAN, REVIENS (Come Back to the 5 & Dime Jimmy Dean, Jimmy Dean) réalisé par Robert Altman, disponible en Blu-ray & DVD le 7 juillet 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Sandy Dennis, Cher, Karen Black, Kathy Bates, Marta Heflin, Caroline Aaron, Ruth Miller, Sudie Bond, Mark Patton…

Scénario : Ed Graczyk, d’après sa pièce de théâtre

Photographie : Pierre Mignot

Musique : Allan F. Nicholls

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 1982

LE FILM

Dans le bazar perdu d’une petite ville du Texas se retrouve un groupe de fans, venues évoquer la passion qui jadis les lia à l’acteur James Dean. D’abord arrive Sissy, une jeune femme dont les attitudes provocantes choquent dans sa foi naïve Juanita, la vieille gérante. Ensuite entre Mona, le leader du groupe, une femme névrosée qui prétend que l’acteur lui a donné un enfant. Lui succèdent Edna Louise, une mère de famille empotée, puis Stella May, folle de country music. Le groupe, apparemment au complet, se prépare à fêter les retrouvailles lorsqu’arrive Joanne…

Il y a des petits trésors insoupçonnés dans le cinéma. Même si l’on connaît la réputation de Robert Altman (1925-2006) et ses films les plus emblématiques comme M*A*S*H, John McCabe, Le Privé, Nashville, The Player, Short Cuts (pour ne citer que ceux-là), cette carrière hors-norme comprenant près d’une quarantaine de longs-métrages recèle forcément des œuvres plus méconnues voire obscures, parfois calfeutrées entre deux monuments. Reviens Jimmy Dean, reviens ou en version originale Come Back to the Five and Dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean intervient après son deuxième plus grand succès, Popeye, qui malgré sa réputation (qui tient plus en raison des conditions de tournage) et l’accueil catastrophique de la critique a su engranger beaucoup de dollars, environs 210 millions de billets verts en tenant compte de l’inflation. Mais Robert Altman ne va pas continuer sur cette lancée et préfère se rediriger vers des productions moins commerciales, en ciblant notamment des pièces de théâtre, qu’il va souvent adapter au cours des années 1980 comme Streamers en 1983 et Beyond Therapy (1997). C’est ainsi qu’il va jeter son dévolu sur la pièce écrite en 1976 par Ed Graczyk, créée au Players Theatre de Columbus, dans l’Ohio, dont l’intrigue s’articule autour d’un fan-club de James Dean qui se réunit dans un « five-and-dime », autrement dit un magasin populaire, ou plus communément un bazar planté et paumé au Texas. Chose étonnante, le cinéaste va à la fois mettre en scène une version pour Broadway au Martin Beck Theater, ainsi qu’une adaptation cinématographique. Avec ce film, Robert Altman souhaite se renouveler. Il collabore pour la première fois avec le chef opérateur canadien Pierre Mignot, avec lequel il tournera une demi-douzaine de fois, réduit son tournage à un seul plateau étriqué (incroyable décor principal), ce qui le force à trouver des angles de prises de vue originaux, tout en tournant en Super 16 et dans un temps record (19 jours). Ce qui fait encore aujourd’hui l’une des richesses de Reviens Jimmy Dean, reviens, ce sont les séquences de flash-back, réalisées en direct sur le set, par l’intermédiaire d’un double décor doté de miroirs sans tain gérés par un système d’éclairage spécifique. Le réalisateur est donc libre de jouer avec la temporalité, d’imbriquer le présent et le passé, tout en bouleversant les repères des spectateurs et ce jusqu’au générique de fin. Porté par d’extraordinaires comédiennes, Reviens Jimmy Dean, reviens est une valse étourdissante d’émotions, un chef d’oeuvre complètement et injustement oublié d’un des metteurs en scène les plus passionnants du cinéma américain.

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