
COUTURES réalisé par Alice Winocour, disponible en DVD le 24 juin 2026 chez Pathé.
Acteurs : Angelina Jolie, Anyier Anei, Ella Rumpf, Louis Garrel, Vincent Lindon, Garance Marillier, Grégoire Colin, Aurore Clément, Nicolas Avinée, Finnegan Oldfield…
Scénario : Alice Winocour & Jean-Stéphane Bron
Photographie : André Chemetoff
Musique : Filip Leyman & Anna von Hausswolff
Durée : 1h39
Date de sortie initiale : 2026
LE FILM
À Paris, dans le tumulte de la Fashion Week, Maxine, une réalisatrice américaine, apprend une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Elle croise alors le chemin d’Ada, une jeune mannequin sud‐soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant à une autre vie. Entre ces trois femmes aux horizons pourtant si différents se tisse une solidarité insoupçonnée. Sous le vernis glamour se révèle une forme de révolte silencieuse : celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire.

C’est peu dire qu’on attendait avec impatience le cinquième long-métrage d’Alice Winocour, réalisatrice qui avait jusqu’à présent effectué un sans-faute depuis Augustine (2012), un des plus surprenants premiers longs-métrages depuis vingt ans, l’étonnant Maryland (2015), le chef d’oeuvre Proxima (2019, le plus beau rôle d’Eva Green) et le bouleversant Revoir Paris (2022), qui a valu à Virginie Efira le César de la meilleure actrice. Depuis l’annonce de la présence de la star américaine Angelina Jolie comme premier rôle dans Coutures, tous les regards étaient tournés vers le nouveau film de la cinéaste, qui disposait alors d’un budget confortable de près de 12 millions d’euros. Malheureusement, le résultat est loin d’être au niveau des espérances. Certes, on comprend où Alice Winocour veut en venir avec ce récit dispersé et patchwork. En ciblant trois femmes arrivées chacune à un tournant de leur existence, l’une à même pas vingt ans, l’autre à trente et la dernière à 40 ans (quand bien même Angelina Jolie a déjà passé la barre du demi-siècle, mais cela ne se voit pas), l’auteure a tout simplement voulu raconter une part d’elle-même. Quand elle hésitait entre une carrière artistique ou juridique (elle avait fait des études de droit), puis quand elle oscillait entre l’écriture et la mise en scène (avant de se lancer finalement derrière la caméra à 36 ans), puis…C’est là qu’on arrive au sujet de la maladie, qui demeure obscur, mais on sait qu’Alice Winocour a connu un drame, un cancer sans doute, qui a comme qui dirait redistribué les cartes. Et The Show Must Go On. Le problème, c’est que l’histoire de Coutures ne tient pas en raison de personnages pour la plupart inintéressants, qui déambulent dans des décors peu reluisants et surtout dans un univers aussi artificiel qu’antipathique, celui de la mode. Qui plus est, on ne voit pas assez Angelina Jolie (même si investie, jusqu’à coproduire le film) à notre goût et l’attente est bien trop longue entre deux scènes où elle apparaît. C’est donc une étonnante et inattendue première sortie de piste pour l’une des plus grandes réalisatrices françaises d’aujourd’hui. Chacun a le droit à l’erreur évidemment et il est certain qu’Alice Winocour rectifiera le tir au prochain rendez-vous.












































