
KONGA, réalisé par John Lemont, disponible en combo Blu-ray/DVD le 24 juin 2026 chez Studiocanal.
Acteurs : Michael Gough, Margo Johns, Jess Conrad, Claire Gordon, Austin Trevor, Jack Watson, George Pastell, Vanda Godsell…
Scénario : Aben Kandel & Herman Cohen
Photographie : Desmond Dickinson
Musique : Gerard Schurmann
Durée : 1h26
Date de sortie initiale : 1961
LE FILM
Le Docteur Charles Decker revient à Londres après avoir disparu pendant un an dans la jungle. Il ramène avec lui un petit chimpanzé nommé Konga et un mystérieux sérum. Decker décide d’utiliser Konga pour éliminer ses adversaires.

Fort du succès du précédent film britannique de Herman Cohen, Crimes au musée des horreurs – Horrors of the Black Museum (1959) — qui mettait également en vedette Michael Gough —, le producteur Nat Cohen, de la société Anglo-Amalgamated, demande à ce dernier de produire un nouveau film d’exploitation. Admirateur de longue date de King Kong (1933) réalisé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, Herman Cohen envisage alors un film mettant en scène un singe géant et tourné en couleurs. En raison du succès rencontré par Cohen avec I Was a Teenage Werewolf (1957), AIP adopte le titre de travail I Was a Teenage Gorilla. Ils sont allés la chercher loin celle-ci. Herman Cohen verse 25 000 dollars à RKO Pictures, rien que pour acquérir les droits d’exploitation du nom « Kong ». Mais il n’était pas au bout de ses peines. Konga allait nécessiter, en raison de ses nombreux effets spéciaux, pas moins de 18 mois de production. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des premiers longs métrages de monstres géants tournés en couleurs (procédé Eastmancolor) et les scènes les plus marquantes demeurent celles où le gorille géant déambule dans les rues de Londres, le tournage ayant eu lieu avec l’accord de la police, en plein milieu de la nuit, afin de profiter des rues désertes. Mais c’était sans compter sur les riverains, réveillés et donc mécontents des bruits de fusillades. Konga est perçu par beaucoup comme un nanar. Ce qui est faux, car le film vaut pour l’excellente interprétation du légendaire Michael Gough. Si ce nom ne vous dit rien, vous connaissez sûrement ce comédien malgré tout, qui interprétait le majordome de Bruce Wayne dans les deux Batman de Tim Burton et dans les deux autres de Joel Schumacher. Longtemps comparé à Vincent Price, il livre une solide prestation dans Konga et impressionne en savant fou suintant de prétention, qui se prend pour Dieu, persuadé d’avoir trouvé le chaînon manquant entre la vie végétale et le monde animal. Évidemment, le docteur Decker sera dépassé par les événements et sa créature lui échappera des mains…avant de terminer littéralement dans la sienne. Série B, parfois à la frontière du Z, mais suffisamment intelligente pour ne pas y sombrer, ce que beaucoup de productions du même acabit n’auraient pas réussi à faire, Konga reste un spectacle sympathique, qui en dépit d’un certain ventre mou à mi-parcours, se révèle être un divertissement au charme indéniable.











































