
JEUX DE MAINS (Hands Across the Table) réalisé par Mitchell Leisen, disponible en DVD & Blu-ray le 3 mars 2026 chez Elephant Films.
Acteurs : Carole Lombard, Fred MacMurray, Ralph Bellamy, Astrid Allwyn, Ruth Donnelly, Marie Prevost…
Scénario : Norman Krasna, Vincent Lawrence & Herbert Fields, d’après une nouvelle de Viña Delmar
Photographie : Ted Tetzlaff
Musique : Friedrich Hollaender, John Leipold & Heinz Roemheld
Durée : 1h20
Année de sortie : 1935
LE FILM
Regi Allen, manucure dans un grand hôtel, est fermement décidée à faire un mariage d’argent. Elle est persuadée que son voeu est exaucé quand Theodore Drew III l’invite à dîner. Cependant, elle ignore que son prince charmant est ruiné et n’aspire qu’à épouser l’héritière du roi des ananas.

La sortie en Blu-ray de Jeux de mains – Hands Across the Table nous permet de parler aujourd’hui du réalisateur Mitchell Leisen (1898-1972), à la base chef costumier pour des cinéastes de renom (Cecil B. DeMille, Allan Dwan, Ernest Lubitsch, Raoul Walsh) dans les années 1920-30, mais aussi chef décorateur en parallèle pour les mêmes metteurs en scène. Homme de goût (il ne saurait en être autrement en voyant son C.V.), Mitchell Leisen passe lui-même derrière la caméra dès 1933, pour le compte de la Paramount Pictures. À raison de deux, voire trois films tournés la même année, le nouveau réalisateur dirige les stars et les vedettes du moment, de Sylvia Sidney à Fredric March, en passant par Victor McLaglen. Dès 1935, le succès arrive avec Jeux de mains, conçu pour Carole Lombard, sous contrat avec le studio depuis le début de la décennie. Ainsi, après le grand succès rencontré par Train de luxe – Twentieth Century d’Howard Hawks, la comédienne tient le haut de l’affiche de Hands Across the Table, adaptation d’une nouvelle de Vina Delmar (Cette sacrée vérité et Place aux jeunes, qui seront transposés par Leo McCarey) et produit par E. Lloyd Sheldon (Les Carrefours de la ville, L’École de la beauté) et Henry Herzbrun (Annie du Klondike, Peter Ibbetson). Devenu un grand classique de l’autre côté de l’Atlantique, Jeux de mains repose sur le charme dévastateur de Carole Lombard, magnifiquement photographiée par Ted Tetzlaff (Les Enchaînés), en parfaite alchimie avec son partenaire, le légendaire Fred MacMurray, alors au tout début de sa carrière, quand bien même Cary Grant avait été envisagé. Après avoir décroché un contrat de figurant chez Paramount en 1934, il ne tarde pas à crever l’écran, puisque dès l’année suivante, Aller et Retour – The Gilded Lily de Wesley Rugglesest un hit au box-office. Comme avec Claudette Colbert, avec laquelle il tournera à sept reprises, Fred MacMurray forme un couple explosif avec Carole Lombard dans Jeux de mains. C’est le début d’une grande aventure également entre l’acteur et le cinéaste, qui collaboreront à neuf reprises de 1935 à 1947. Mais pour l’heure, Hands Across the Table est une merveilleuse comédie romantique burlesque, modèle virtuose de screwball comedy, intemporelle et qui remplit encore de joie 90 ans plus tard.



Élevée dans la pauvreté, la manucure d’hôtel Regi Allen veut épouser un mari riche. Son nouveau client, un client de l’hôtel en fauteuil roulant, Allen Macklyn, est immédiatement attiré par elle et devient son confident. Malgré sa richesse évidente, Regi ne le considère pas comme un mari potentiel et n’hésite pas à lui parler de son objectif dans la vie. En sortant de chez lui, elle rencontre dans le couloir un homme qui sautille comme s’il jouait à la marelle dans le couloir. Elle refuse son invitation à se joindre à lui. Il prend rendez-vous pour une manucure en tant que Theodore Drew III, descendant d’une illustre famille. Ignorant que les Drew ont fait en faillite pendant la Grande Dépression, elle accepte son invitation à dîner.


Vous pensez beaucoup à l’argent !
On y pense quand on n’en a pas…
Elle n’est pas difficile Regi ! Il fait juste que l’homme qui lui passera la bague au doigt soit plein aux as, intelligent et charismatique. Comme le destin est bien fait, la petite manucure aux cheveux flamboyants rencontre le séduisant playboy Theodore Drew troisième du nom. Comme le III l’indique, celui-ci est sûrement à la tête d’une immense fortune ! Une idylle naît entre eux. Un obstacle se dresse toutefois sur leur chemin : l’argent. Tous deux aspirent à la richesse, sans posséder un sou ! Lorsque Theodore a l’opportunité d’épouser une femme extrêmement riche, son cœur se tourne finalement vers Regi. L’argent ne fait peut-être pas tout, après tout. Là-dessus, Mitchell Leisen brode, signe un grand spectacle mené par les grands Carole Lombard et Fred MacMurray, qui rivalisent d’énergie, crèvent l’écran par leur complicité, au point que le réalisateur n’hésitera pas à intégrer au montage un véritable fou-rire survenu entre ses deux acteurs.


Jeux de mains est une vitrine exceptionnelle pour le talent comique de celle qui disparaîtra tragiquement sept ans plus tard, à l’âge de 33 ans, dans un accident d’avion, après avoir tourné Joies matrimoniales – Mr. & Mrs. Smith d’Alfred Hitchcock et To Be or Not to Be d’Ernst Lubitsch. Mention spéciale également au génial Ralph Bellamy (Pretty Woman, Un fauteuil pour deux), superbe dans le rôle d’Allen Macklyn, ancien aviateur privé de ses deux jambes après un accident, fou amoureux de Regi, mais qui se mettra de côté avec élégance.


Hands Across the Table sera un carton dans les salles, grâce en partie à l’osmose des deux acteurs principaux. Ceux-ci se retrouveront en 1937 face à la caméra de William K. Howard pour Une princesse à bord – The Princess Comes Across en 1937, de Mitchell Leisen pour Trompette Blues – Swing High, Swing Low et celle de Wesley Ruggles pour La Folle Confession – True Confession.


LE BLU-RAY
Sorti une première fois en coffret DVD chez Blaq Out en 2008 avec La Baronne de minuit, Jeux de mains avait ensuite été proposé en coffret Blu-ray (Portrait d’un esthète en 10 films) chez Elephant Films en décembre 2025. Il est désormais disponible chez le même éditeur, à l’unité, en DVD et Blu-ray. Visuel symbolique de l’anthologie Cinéma Master Class – La Collection des Maîtres, repris pour le menu principal, fixe et musical.



Aux côtés d’un lot conséquent de bandes-annonces issues de la collection, Elephant Films propose une présentation du film par l’excellent Frédéric Mercier (27’). Le critique évoque tout d’abord la carrière de Mitchell Leisen, avant tout chef costumier et chef décorateur de prestige, passé à la mise en scène en 1933, puis replace Jeux de mains dans sa filmographie. Frédéric Mercier indique qu’à cette époque, Ernest Lubitsch devient directeur de production pour le compte de la Paramount et que Hands Across the Table est comme qui dirait représentatif de son univers, de son esthétique. Jeux de mains, véhicule de star pour Carole Lombard, va être très bien accueilli par la critique et le public. Le casting est ensuite passé au peigne fin et la forme analysée toujours de façon passionnante.

L’Image et le son
Jeux de mains est présenté en Haute-Définition (1080p) au format original 1.33:1. La qualité d’image impressionne souvent par sa netteté et sa précision. Le transfert est d’une grande netteté, sans jamais être flou. Malgré quelques rayures, décrochages sur les fondus enchaînés et des raccords de montage toujours visibles, le résultat est globalement satisfaisant. Les noirs sont un peu faibles (avec une dominante de gris), mais la photographie de Ted Tetzlaff reste remarquable.

Pas de version française sur ce titre. Cette édition est présentée en DTS-HD Master Audio Mono et propose un confort acoustique suffisant, même si l’ensemble manque parfois de profondeur et reste marqué par un léger souffle du début à la fin. Les dialogues restent suffisamment clairs. Les sous-titres français (de couleur blanche ou jaune, faites votre choix) ne sont pas imposés. Présence aussi de sous-titres anglais.




Crédits images : © Elephant Films / Paramount Pictures / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
