Test 4K UHD / Le Rayon Bleu – Blue Sunshine, réalisé par Jeff Lieberman

LE RAYON BLEU (Blue Sunshine) réalisé par Jeff Lieberman, disponible en Combo 2 Blu-ray + 4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Zalman King, Deborah Winters, Mark Goddard, Robert Walden, Charles Siebert, Ann Cooper, Ray Young, Stefan Gierasch…

Scénario : Jeff Lieberman

Photographie : Don Knight

Musique : Charles Gross

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Jerry Zipkin, la trentaine, ancien diplômé de Stanford en 1968, participe à une fête avec d’anciens condisciples. Tout bascule quand Frannie, l’un d’entre eux, après avoir brusquement perdu ses cheveux, tue un à un les participants de la soirée. Jerry parvient à se défendre et tue Frannie avant de s’enfuir. Il est aussitôt soupçonné par la police d’être l’auteur des meurtres. Bien décidé à prouver son innocence, il fait appel à son ami David Blume, chirurgien, pour prouver son innocence. Après enquête, Jerry découvre que les participants de la soirée avaient tous autrefois pris du «rayon bleu», un psychotrope proche du LSD…

Avec son premier long-métrage La Nuit des vers géants Squirm, le réalisateur Jeff Lieberman (1976) se fait un nom et se trouve vite repéré autant par les amateurs de fantastique que d’épouvante. Il passe la vitesse supérieure avec Blue Sunshine, connu en France sous le titre Le Rayon Bleu, qu’il écrit et met en scène dès l’année suivante. Plus ambitieux que son précédent film, cet opus démontre le bagage technique de Jeff Lieberman, ainsi que son talent pour raconter des histoires étranges, à la frontière entre deux genres. Il s’inspire ici des études réalisées par les chercheurs à l’époque où le LSD faisait fureur. Dans Blue Sunshine, il imagine ce que les drogues expérimentales déclencheraient chez des individus dix ans après, en particulier un stupéfiant appelé Rayon Bleu, qu’auraient consommé d’anciens étudiants. Ceux-ci commencent chacun leur tour à percevoir des effets secondaires, perdant leurs cheveux, souffrant de migraine carabinée et entrant dans un état de transe psychotique voire dangereux. Le Rayon Bleu repose sur une mise en scène maîtrisée, sobre, qui contraste avec le (sur)jeu halluciné et le charisme aussi magnétique que singulier – entre Gaspard Proust, Sean Penn et Louis Garrel – de Zalman King (1942-2012), plus connu pour avoir écrit et produit 9 semaines 1/2 Nine 1/2 Weeks (1986) d’Adrian Lyne. Film culte pour de nombreux spectateurs, qui ont été longtemps traumatisés par ces assassins psychopathes avec leurs touffes de cheveux épars sur le crâne, Blue Sunshine a bien mérité son statut aujourd’hui et demeure une valeur sûre.

En cette année 1977, la Cité des Anges est confrontée à une vague de meurtres sauvages et inexplicables, guidés par la folie. La police porte rapidement ses soupçons sur un jeune homme : Jerry Zipkin. Afin de prouver son innocence, ce dernier, aidé par son amie Alicia Sweeney, mène alors son enquête et constate que les divers assassins présentent pour points communs d’être chauves et d’avoir fréquenté dix ans plus tôt l’Université de Stanford. À cette époque, ils ont absorbé une drogue expérimentale baptisée Blue Sunshine, dont les effets dévastateurs se déclenchent à retardement. Face à cette menace, Jerry pourra-t-il se disculper avant qu’il ne soit trop tard ?

Blue Sunshine interpelle d’emblée par son générique d’ouverture divisé en plusieurs « chapitres », qui présente une poignée de personnages, séparés, compartimentés par une partie des credits, étalés sur plus de sept minutes. Nous n’en reverrons que certains décédés, ou tout du moins on apprendra qu’ils le sont. Mais le protagoniste principal du Rayon Bleu (ce n’est pas une suite au Rayon Vert d’Éric Rohmer hein) reste Jerry Zipkin, interprété par Zalman King, qui aura écumé moult séries télévisées (Bonanza, Des agents très spéciaux, Gunsmoke, L’Homme de fer…), qui trouve probablement ici le rôle de sa vie. Également réalisateur (L’Orchidée sauvage avec Mickey Rourke et Jacqueline Bisset, A fleur de peau avec Sherilyn Fenn et Richard Tyson), Zalman King, totalement en roues libres (du propre aveu de Jeff Lieberman lui-même, qui lui avait demandé d’appuyer son jeu…), donne à Blue Sunshine un cachet surréaliste, comme si le comédien était – comme les acteurs de Coeur de verre de Werner Herzog – sous hypnose durant tout le film. Si l’on a tout d’abord très peur en voyant son jeu, Zalman King apporte une fragilité inattendue à son personnage, une réelle sensibilité, notamment quand Jerry se retrouve en compagnie d’Alicia (Deborah Winters), celle qu’il aime, qu’il souhaite protéger et qu’il est heureux de retrouver. Cela passe par des regards et des gestes simples, mais bel et bien présents et touchants.

Blue Sunshine est un thriller paranoïaque qui a de la gueule, avec une très belle photo de Don Knight, les décors sont très soignés et originaux (impossible de dire dans quelle ville se déroule l’action), la musique de Charles Gross (Air America, Turner & Hooch) participe au caractère particulier et étouffant du film et le rythme, qui paraît ensablé pourrait-on dire dans la première partie, tend à s’accélérer à mesure que le récit avance, jusqu’au dénouement final vraiment prenant, qui prend parfois des accents cronenbgergiens, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Au final, peu d’effets spéciaux, quelques maladresses, mais une histoire qui tient rudement bien la route et le poids des années, qui fait toujours autant son effet et dont le charme demeure aussi plaisant, si ce n’est plus qu’au premier jour.

LE COMBO ULTRA HD / DOUBLE BLU-RAY

Attention, vous avez entre les mains l’un des plus beaux objets Collector de cette fin d’année 2021. Disposés dans un Digipack à trois volets, le Blu-ray et le 4K UHD de Blue Sunshine, ainsi que l’édition Blu-ray de Meurtres en VHS (également à la vente à l’unité) vous tendent les bras. L’ensemble est glissé dans un magnifique fourreau cartonné, limité à 1000 exemplaires. Le menu principal est animé et musical sur les trois galettes. A noter que Blue Sunshine disposait jusqu’ici d’une édition DVD française, sortie chez Bac Films il y a une quinzaine d’années.

Il vous faudra un petit peu de temps pour aller au bout des suppléments de cette édition, mais quand on aime, on ne compte pas…

On démarre par l’intervention de Jeff Lieberman enregistrée en 1980 dans l’émission Fantasy Film Festival, animée par Mick Garris (12’). Au cours de ce show, le réalisateur revenait sur l’attrait des spectateurs pour les films d’horreur, genre qu’il rapprochait étrangement de la comédie, qui possédait selon-lui les mêmes ingrédients. Jeff Lieberman y aborde aussi ses débuts au cinéma, l’origine de Blue Sunshine, ainsi que son prochain film, Survivance Just Before Dawn.

L’éditeur a ensuite mis la main sur une rencontre avec Jeff Lieberman, qui s’est déroulée en juillet 2015 au Jumpcut Cafe de Los Angeles (15’). Même chose que précédemment, mais 35 ans plus tard, le cinéaste revient ici sur la genèse de Blue Sunshine après une projection du film, tout en répondant aux questions de l’animateur et des spectateurs complices. Quand on l’interroge sur son processus créatif, Jeff Lieberman répond pince-sans-rire « Je me contente de fumer un joint et d’écrire ». Il indique également avoir pris de l’acide, ce qui l’a aidé à écrire sur ce sujet, évoque le casting, critique le jeu souvent outrancier de Zalman King, avant de raconter une anecdote au sujet de La Fièvre du samedi soir, qu’on lui avait proposé, et qu’il avait rejeté en prétextant que cela ne fonctionnerait jamais…

Jeff Lieberman suite, puisqu’on le retrouve dans une autre interview récente (6’30), de 2016 plus précisément. Il se confie un peu plus ici, en évoquant ses parents, son père surtout, dont il a hérité le rejet de l’autorité. Le metteur en scène y aborde aussi son premier trip sous acide, ses effets, tout en riant du fait que Blue Sunshine ait été perçu comme un film contre la drogue, son ironie (« J’ai adopté un point de vue réac ») n’ayant pas été perçue par la critique et une grande partie des spectateurs à sa sortie.

Place au comédien Robert Walden (10’), qui a souvent joué les docteurs à la télévision, notamment dans la série Médecins d’aujourd’hui. Apparu aussi au cinéma dans Les Hommes du président (1976) d’Alan J. Pakula, Audrey Rose (1977) de Robert Wise et Capricorn One (1977) de Peter Hyams, Robert Walden parle de sa rencontre avec Jeff Lieberman, qui l’a facilement convaincu de jouer une fois de plus un toubib dans Blue Sunshine, emporté alors par sa détermination, sa vision et sa passion. Il aborde aussi le casting, surtout Zalman King, qu’il trouvait impressionnant et puissant. Enfin, il avoue avoir beaucoup de respect pour ce film, qui n’a sans doute pas eu la reconnaissance qu’il méritait à sa sortie.

Le module suivant est un entretien avec Richard Crystal (7’), frère du célèbre Billy, qui dans Blue Sunshine interprète Frannie Scott, le premier à être victime du Rayon Bleu et qui assassine les jeunes femmes dans le chalet, avant d’attaquer Jerry. Il parle ici de ses débuts à New York, du casting de Blue Sunshine, de son maquillage, des conditions de tournage, de Zalman King…

Puis, nous trouvons une interview de Sandy King, script supervisor sur Blue Sunshine (9’30). Celle qui officiera également sur Le Gang des frères James de Walter Hill, Le Solitaire de Michael Mann, Rusty James de Francis Ford Coppola, Seize bougies pour Sam de John Hughes, Starman, Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, Prince des ténèbres et Invasion Los Angeles de John Carpenter, partage des anecdotes liées à l’un de ses premiers boulots pour le cinéma. Elle passe en revue les différentes missions confiées à un script, emploi souvent oublié quand on évoque le septième art, lié entre autres à la continuité d’un film. Si Sandy King explique qu’elle faisait à l’époque passer les heures supplémentaires « à coups d’Heineken et de coke », elle conserve de bons souvenirs de Blue Sunshine, du réalisateur Jeff Lieberman, tout en critiquant le fait que le cinéma contemporain se contente de plagier et qu’il n’a plus aucune audace.

On découvre ensuite une poignée de scènes de Blue Sunshine commentées (en VOSTF) par le comédien Mark Goddard, qui dans le film de Jeff Lieberman interprète Edward Flemming. Il y parle des hauts et des bas de sa carrière, qui reste avant tout marquée par le rôle de Don West dans la série Perdus dans l’espace. Il s’agit ici du bonus le plus anecdotique, car Mark Goddard n’a finalement pas grand-chose à raconter, à part le fait que ses allures d’homme politique l’ont sûrement aidé à obtenir le rôle, quelque peu inspiré des Kennedy.

Accompagné par une petite équipe de tournage, Jeff Lieberman revient sur les lieux de tournage de Blue Sunshine à Los Angeles (8’30). Le réalisateur est souvent étonné du changement survenu en près de quarante ans et évoque quelques souvenirs liés aux prises de vue.

Nous découvrons avec plaisir le premier court-métrage The Ringer (1971-16mm, 20’) de Jeff Lieberman. Ce dernier y montre frontalement la valeur des stratégies de marketing. Le produit (un piercing, une drogue, une musique) est évalué en termes commercialisables et la promotion est planifiée en conséquence. « La société te mène par le bout du nez, alors arbore tes idées et tes opinions ! », indique hypocritement le slogan du Ringer, créé par quelques commerciaux qui se lèchent les babines en attendant les royalties, tout en faisant croire aux gamins que l’idée vient d’eux. Le film est disponible avec les commentaires audio (VOSTF) de Jeff Lieberman en option, durant lesquels il se penche sur sa genèse, les conditions de tournage (qui s’est déroulé sur 4 ou 5 jours, avec un budget de 20.000 dollars), ses intentions (faire un film anti-drogue, mais différent, « parler aux jeunes là où les autres œuvres du genre avaient échoué »), ainsi que sur son apparition à l’écran.

Sur le Blu-ray et le disque 4K, vous trouverez un commentaire audio de Jeff Lieberman sur Blue Sunshine, réservé uniquement aux plus anglophones, étant donné que les sous-titres français ne sont pas proposés.

L’interactivité consacrée à Blue Sunshine se clôt sur la bande-annonce.

Plus qu’un supplément, le deuxième Blu-ray de cette édition contient le film Meurtres en VHS (1988).

Cosmo, employé d’un vidéo-club dans le quartier de San Pedro, à Los Angeles, découvre que l’une des cassettes en location dans le magasin – un film de science-fiction intitulé Remote Control – provoque des pulsions meurtrières chez tous ceux qui la visionnent. Avec l’aide de son ami Georgie, Cosmo mène alors son enquête, et finit par mettre au jour un complot d’origine extraterrestre.

Personne n’emmerde cette planète !

A la fin des années 1980, Jeff Liberman n’a rien tourné pour le cinéma depuis Survivance Just Before Dawn, avec George Kennedy. Après avoir écrit moult scénarios pour le compte de différents studios, qui ne seront d’ailleurs jamais tournés, le réalisateur fait son retour en 1988 avec Meurtres en VHS Remote Control, son quatrième long-métrage, qu’il écrit, produit et met en scène, pour lequel il dirige un certain Kevin Dillon (frère de Matt), qu’il préfère à Johnny Depp, qui avait aussi passé le casting. Une bonne décision, car le jeune acteur, qui avait fait ses débuts dans Platoon d’Oliver Stone et que l’on verra plus tard dans Le Blob de Chuck Russell, est impeccable dans la peau de Cosmo. Ce dernier interprète un employé d’un petit vidéoclub à succès (quelle nostalgie avec ces présentoirs promotionnels gigantesques), qui reçoit deux cassettes vidéo d’un film d’horreur d’un genre étrange. En effet, les clients ayant visionné cette V.H.S., un film de science-fiction des années 1950 meurent tous dans d’étranges circonstances. Cosmo, aidé par son pote Georgie (Christopher Wynne, un des membres du clan Buford Tannen dans le troisième Retour vers le futur) et de la jolie Belinda (Deborah Goodrich), qu’ils ont pu sauver à temps, se rendent compte du caractère maléfique de ces cassettes qui prennent le contrôle de ceux qui les regardent en les transformant en tueurs. Ils se lancent dans une course contre-la-montre pour mettre la main sur tous les exemplaires de la VHS afin d’arrêter la folie meurtrière qui gagne toute la ville. Ce qu’ils vont découvrir dépasse l’entendement, puisqu’il s’agirait d’un plan mis au point par des aliens, visant à conquérir la planète ! Le réalisateur appuie volontairement ce qui fait « tâche » durant cette décennie. Le fluo, le lycra, les séances d’aérobic, les coupes de cheveux choucroutées ou fixées par Stu-stu-stu-Studio Line de L’Oréal sont improbables, donnant au film un cachet encore plus science-fiction. Mais Meurtres en VHS reste avant tout une comédie d’horreur bien emballée malgré un budget somme toute limité (et malgré tout le plus important alloué à Jeff Lieberman), drôle, intelligente, novatrice (on est ici dix ans avant Ring d’Hideo Nakata), menée à un rythme endiablé, qui se double aujourd’hui d’un hommage vibrant à l’ère du magnétoscope. Atypique et faisant toujours son petit effet, Remote Control, dans lequel on reconnaîtra Jennifer Tilly à ses débuts, traite également du pouvoir des images sur la psyché d’une audience avide de frissons. Certes, on est loin d’Halloween III : Le Sang du Sorcier de Tommy Lee Wallace et de Vidéodrome de David Cronenberg qui l’ont précédé, on frôle parfois le nanar fait de bric-à-brac, mais cela fonctionne à plein régime une fois le délire accepté. Amateurs de séries B-Z, vous allez adorer, surtout que le film est présenté dans un très beau master HD, qui a su conserver l’aspect « grindhouse » avec ses quelques poussières et « tâches de cigarettes » qui indiquaient les raccords de changements de bobines. La VF est même au programme.

L’Image et le son

Vraisemblablement, Le Chat qui fume reprend le même master 4K sorti en Allemagne chez Camera Obscura en 2015. Blue Sunshine a été restauré à partir des négatifs originaux (qui semblaient avoir été perdus) et le film semble avoir été entièrement ré-étalonné, sous la supervision de Jeff Lieberman. Le travail de « nettoyage » a dû être conséquent, mais le résultat est éloquent. Les poussières, rayures et résidus ont dû être minutieusement enlevés image par image. Celles endommagées ont été réparées et les problèmes de densité et de stabilité ont été considérablement améliorés. Tout au long du processus de restauration, un soin particulier a été apporté afin que la texture originale du film, les détails, la structure du grain ne soient pas affectés par le traitement numérique. Ce nouveau transfert, aussi bien en HD qu’en UHD permet de redécouvrir Blue Sunshine sous toutes ses coutures avec une magnifique patine argentique. Cette élévation HD offre à la colorimétrie un nouveau lifting et retrouve pour l’occasion une nouvelle vivacité. Si la gestion du grain demeure aléatoire et plus altérée sur les séquences sombres, au moins est-il respecté sans réduction de bruit inutile, les détails et le piqué impressionnent (le rendu des visages des comédiens est très pointilleux) surtout sur les séquences diurnes, les contrastes sont solides et la clarté de mise. N’oublions pas la propreté impressionnante et la stabilité de la copie.

La version originale bénéficie d’un remixage DTS-HD Master Audio 5.1. Au premier abord on pouvait craindre le pire. Il n’en est rien, bien au contraire. Cette option acoustique séduisante permet à la composition de Charles Gross d’environner le spectateur pour mieux le plonger dans l’atmosphère du film. Les effets latéraux ajoutés ne tombent jamais dans la gratuité ni dans l’artificialité, tandis que le caisson de basses rugit aux moments opportuns. De plus, les dialogues ne sont jamais noyés et demeurent solides, la balance frontale assurant de son côté le spectacle acoustique, riche et dynamique. Mais que les puristes se rassurent, un excellent mixage DTS-HD Master Audio 2.0 est également disponible. Cette piste se révèle d’ailleurs percutante et propre. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Le Chat qui fume / Jeff Lieberman / Captures du Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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