Test Blu-ray / Spasmo, réalisé par Umberto Lenzi

SPASMO réalisé par Umberto Lenzi, disponible en DVD et Blu-ray le 5 mars 2020 chez BQHL Editions.

Acteurs : Robert Hoffmann, Suzy Kendall, Ivan Rassimov, Adolfo Lastretti, Franco Silva, Mario Erpichini, Maria Pia Conte, Luigi Antonio Guerra…

Scénario : Massimo Franciosa, Umberto Lenzi, Pino Boller, Luisa Montagnana

Photographie : Guglielmo Mancori

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Playboy et fils d’un riche industriel décédé, Christian tombe sous le charme de Barbara, une jeune et jolie femme qu’il découvre évanouie sur une plage. Lorsque, peu après, il la retrouve sur un yacht, celle-ci l’entraîne dans un maelström d’événements étranges et cruels, de meurtres et de faux-semblants. Avec le sentiment d’être pris au piège d’une gigantesque toile d’araignée, Christian croit trouver la clef de l’énigme en se faisant passer pour mort, y compris auprès de son propre frère, quelqu’un qui paraît beaucoup plus stable que lui sur le plan psychologique…

Umberto Lenzi (1931-2017) est l’exemple typique du réalisateur qui a su suivre la mode, les goûts et les préférences des spectateurs, en passant successivement du film de pirates (Mary la rousse, femme pirate, Les Pirates de la Malaisie) au péplum (Maciste contre Zorro, Hercule contre les mercenaires) dans les années 1960, puis du giallo (Le Tueur à l’orchidée) au poliziottesco (Brigade spéciale, La Rançon de la peur, Le Cynique, l’Infâme et le Violent) dans les années 1970, pour terminer sa carrière dans le genre épouvante (La Secte des cannibales, L’Avion de l’apocalypse). Un cinéaste prolifique, diplômé du Centro Sperimentale di Cinematografia, avec plus de 60 films à son actif réalisés en 35 ans de carrière. Spasmo (1974) apparaît tout juste au milieu de sa carrière. Formidable thriller qui s’éloignait alors du giallo traditionnel, comme le réalisateur l’avait déjà fait avec Le Couteau de glaceIl Coltello di ghiaccio deux ans auparavant, Spasmo est un pur film de mise en scène, reposant sur un scénario machiavélique, intrigant, tortueux et pervers, kafkaïen en diable et incroyablement sombre, qui démontre une fois de plus toute la virtuosité d’Umberto Lenzi que la critique avait coutume de qualifier de simple faiseur.

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Test Blu-ray / Le Couteau de glace, réalisé par Umberto Lenzi

LE COUTEAU DE GLACE (Il Coltello di ghiaccio) réalisé par Umberto Lenzi, disponible en combo Blu-ray/DVD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Carroll Baker, Alan Scott, Evelyn Stewart, Eduardo Fajardo, Silvia Monelli, George Rigaud, Franco Fantasia, Dada Gallotti, Lorenzo Robledo, Mario Pardo…

Scénario : Umberto Lenzi, Luis G. de Blain

Photographie : José F. Aguayo

Musique : Marcello Giombini

Durée : 1h31

Année de sortie : 1972

LE FILM

Adolescente, Martha Caldwell a réchappé d’une catastrophe ferroviaire dans laquelle elle a vu mourir ses parents, traumatisme qui l’a rendue muette. Quinze ans ont passé quand Martha, qui vit désormais avec son oncle Ralph, féru d’occultisme, dans une propriété située à Montseny, dans les Pyrénées espagnoles, reçoit la visite de sa cousine Jenny Ascot, célèbre chanteuse résidant en Angleterre. Cette dernière est mortellement poignardée durant la nuit. La police mène son enquête, tandis que d’autres meurtres surviennent. Les soupçons se portent vers une secte sataniste, à moins qu’il ne s’agisse d’un tueur en série isolé. Dans un cas comme dans l’autre, Martha pourrait bien être la prochaine victime…

Umberto Lenzi (1931-2017) est l’exemple typique du réalisateur qui a su suivre la mode, les goûts et les préférences des spectateurs, en passant successivement du film de pirates (Mary la rousse, femme pirate, Les Pirates de la Malaisie) au péplum (Maciste contre Zorro, Hercule contre les mercenaires) dans les années 1960, puis du giallo (Le Tueur à l’orchidée, Spasmo) au poliziottesco (Brigade spéciale, La Rançon de la peur, Le Cynique, l’Infâme et le Violent) dans les années 1970, pour terminer sa carrière dans le genre épouvante (La Secte des cannibales, L’Avion de l’apocalypse). Un cinéaste prolifique, diplômé du Centro Sperimentale di Cinematografia, avec plus de 60 films à son actif réalisés en 35 ans de carrière. Le Couteau de glaceIl Coltello di ghiaccio (1972) apparaît tout juste au milieu de sa carrière. Pour la quatrième et dernière fois, Umberto Lenzi retrouve la comédienne Carroll Baker, qu’il avait déjà dirigé dans Une folle envie d’aimer Orgasmo (1969), Si douces, si perversesCosì dolce… così perversa (1969), avec Jean-Louis Trintignant et Paranoia (1970), trois gialli au succès international. Pour cette ultime collaboration, l’ex-star hollywoodienne vue chez George Stevens (Géant), Elia Kazan (Baby Doll), William Wyler (Les Grands espaces), Edward Dmytryk (Les Ambitieux), John Ford (Les Cheyennes) signe une remarquable prestation, tandis qu’Umberto Lenzi assure comme d’habitude derrière la caméra. En dehors d’un final quelque peu abracadabrant, Le Couteau de glace est non seulement un excellent fleuron du genre, mais traverse aussi les années sans prendre trop de rides. Le divertissement est toujours au rendez-vous.

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Test Blu-ray / Chats rouges dans un labyrinthe de verre, réalisé par Umberto Lenzi

CHATS ROUGES DANS UN LABYRINTHE DE VERRE (Gatti rossi in un labirinto di vetro) réalisé par Umberto Lenzi, disponible en combo Blu-ray/DVD chez Le Chat qui fume

Acteurs :  Martine Brochard, John Richardson, Ines Pellegrini, Andrés Mejuto, Mirta Miller, Daniele Vargas, George Rigaud, Silvia Solar, Raf Baldassarre…

Scénario : Umberto Lenzi, Félix Tusell

Photographie : Antonio Millán

Musique : Bruno Nicolai

Durée : 1h32

Année de sortie : 1975

LE FILM

Lors d’un voyage organisé à Barcelone, un groupe de touristes américains est attaqué par un tueur en série vêtu de rouge qui égorge les jeunes femmes puis leur arrache l’œil gauche. Alors que l’enquête policière patine, l’un des leurs, le publiciste Mark Burton, est soupçonné d’être le maniaque. Bien décidé à prouver son innocence, il décide d’enquêter avec l’aide de sa maîtresse, une certaine Paulette Stone.

Umberto Lenzi (1931-2017) est l’exemple typique du réalisateur qui a su suivre la mode, les goûts et les préférences des spectateurs, en passant successivement du film de pirates (Mary la rousse, femme pirate, Les Pirates de la Malaisie) au péplum (Maciste contre Zorro, Hercule contre les mercenaires) dans les années 1960, puis du giallo (Le Tueur à l’orchidée, Spasmo) au poliziottesco (Brigade spéciale, La Rançon de la peur, Le Cynique, l’Infâme et le Violent) dans les années 1970, pour terminer sa carrière dans le genre épouvante (La Secte des cannibales, L’Avion de l’apocalypse). Un cinéaste prolifique, diplômé du Centro Sperimentale di Cinematografia, avec plus de 60 films à son actif réalisés en 35 ans de carrière. Chats rouges dans un labyrinthe de verreGatti rossi in un labirinto di vetro apparaît tout juste au milieu de sa carrière.

Ce giallo traditionnel s’inscrit dans la droite lignée du genre avec son lot de crimes réalisés par un tueur ganté et filmés en caméra subjective. Ce qu’il y a d’original ici, c’est que le film est tourné quasi-intégralement à Barcelone, sous un soleil radieux, loin des villes froides et angoissantes, habituellement le terrain de jeu traditionnel des tueurs masqués transalpins. Les victimes trépassent presque au milieu de la foule sur La Rambla, en plein jour. A côté de ça, Chats rouges dans un labyrinthe de verre n’a rien de vraiment miraculeux ou d’original, mais reste un bon moment pour les amateurs d’un genre qui connaissait déjà une sérieuse baisse de régime en 1975.

Des vacanciers venus du Vermont parcourent les routes en car lors d’un voyage organisé en Espagne. Au cours d’une escale à Barcelone, une jeune femme du cru est assassinée. Quand on la découvre, l’oeil gauche énucléé, l’image saisissante renvoie les touristes à un crime identique commis un an plus tôt à Burlington. Bientôt, c’est l’une des américaines qui succombe sous les coups du maniaque. Pour le commissaire Tudela, le groupe de touristes est forcément lié aux crimes. Mark Burton, quant à lui, commence petit à petit à soupçonner que sa femme puisse être la coupable. Insaisissable, le tueur continue à frapper…

Soyons honnêtes, les indices laissés par le metteur en scène (également coscénariste) et Félix Tusell sont tellement énormes que l’on parvient à deviner l’identité du maniaque au bout d’une demi-heure. Une fois cette découverte faite, le but est donc de s’amuser à voir comme il/elle parvient à donner le change à ses petits camarades et surtout de savoir pourquoi il/elle s’en prend à eux ainsi. Et pourquoi cet œil crevé systématiquement ?

Umberto Lenzi n’est heureusement pas un amateur derrière la caméra. Son film se suit sans déplaisir, grâce à un montage plutôt nerveux, une belle photo ensoleillée, une visite carte-postale de la ville, ainsi que des meurtres assez brutaux ou inattendus comme lors de la séquence du train-fantôme. Si la musique est signée Bruno Nicolai, son omniprésence agace en revanche prodigieusement. Le thème revient constamment alors que Lenzi aurait gagné en tension en laissant certains moments reposer uniquement sur les bruitages et les cris.

Du point de vue interprétation, la frenchie Martine Brochard (Polices parallèles de Sergio Martino) tire aisément son épingle du jeu, ainsi que l’argentin George Rigaud (Les Rendez-vous de Satan de Giuliano Carnimeo) dans la peau d’un prêtre au regard perçant, sans oublier le charme sexy d’Ines Pellegrini (vue dans Les Mille et Une Nuits de Pier Paolo Pasolini) et la tronche cramée aux UV – sorte de rejeton de Donald Trump et de Valentino – d’Andrés Mejuto dans le rôle du commissaire chargé de l’enquête (à une semaine de la retraite) qui aimerait bien mettre la main sur le tueur avant d’aller pêcher la truite. Le reste du casting, dont le falot John Richardson et les acteurs en majeure partie espagnols, co-production oblige, marque peu les esprits.

Malgré ses points faibles, Chats rouges dans un labyrinthe de verre, ou Eyeball pour son exportation, conserve son charme désuet. Nous sommes ici en plein cinéma d’exploitation et le réalisateur ne s’en cache pas. Tout est fait ici pour attirer le chaland, pour lui faire acheter un billet de cinéma et Umberto Lenzi n’était sûrement pas le dernier à vouloir faire rentabiliser son ticket au spectateur venu là pour être diverti. Gatti rossi in un labirinto di vetro est une œuvre généreuse, parfois maladroite certes, mais animée par une envie de bien faire et de faire plaisir à une audience toujours partante pour quelques émotions fortes.

LE BLU-RAY

Chats rouges dans un labyrinthe de verreGatti rossi in un labirinto di vetro est le second giallo édité par Le Chat qui fume en novembre 2018. Ce superbe combo Blu-ray/DVD, proposé sous la forme d’un Digipack 3 volets avec étui cartonné, est disponible en édition limitée à 1000 exemplaires.Le menu principal est animé et musical.

Nous commençons les suppléments par un entretien d’Umberto Lenzi, décédé en octobre 2017 (23’). En introduction, un carton indique que cette interview dévoile plusieurs fins des gialli du réalisateur comme Paranoia (1970), Spasmo (1974) et bien sûr Chats rouges dans un labyrinthe de verre. Umberto Lenzi indique que son giallo avait tout d’abord été pensé dans le but de sortir un ami metteur en scène de la faillite, le cinéaste étant prêt à faire le film gratuitement. Ensuite, le réalisateur aborde le film qui nous intéresse en revenant sur les conditions de tournage à Barcelone, sur l’explication du titre, sur le casting, sur la musique de Bruno Nicolai et sur l’évolution du travail du metteur en scène.

Après Olivier Père, Jean-François Rauger, Fathi Beddiar et Philippe Chouvel, c’est au tour du journaliste Francis Barbier du site DeVilDead.com de nous donner la liste de ses trois gialli préférés (14’), vus sous « l’angle du plaisir ». Non seulement l’invité du Chat qui fume indique quels sont ses gialli de prédilection, Le Chat a neuf queues de Dario Argento, La Dame rouge tua sept fois d’Emilio Miraglia et La Queue du scorpion de Sergio Martino, mais Francis Barbier dresse également en parallèle l’histoire du genre dans les années 1970, avec ses codes, son évolution et sa fin.

Ne manquez pas la délicieuse rencontre avec la comédienne Martine Brochard (17’). Douce, accueillante et chaleureuse, l’actrice revient sur sa carrière en mettant en parallèle son parcours professionnel et sa vie personnelle. De ses débuts en tant que danseuse dans les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, en passant par ses premiers pas devant la caméra dans Baisers volés de François Truffaut, jusqu’à son arrivée en Italie, Martine Brochard est visiblement très heureuse d’évoquer ses plus belles rencontres. Elle y raconte également à quel point « le cinéma italien était grisant » et évoque le tournage de Chats rouges dans un labyrinthe de verre, son personnage dans le film ainsi que sa collaboration avec Umberto Lenzi qu’elle a toujours aimé et admiré. Les anecdotes de tournage s’enchaînent, souvent teintées d’émotion. La comédienne est également ravie de constater que ces films intéressent aujourd’hui autant si ce n’est plus les spectateurs, surtout les plus jeunes. Notons également que Martine Brochard réalise une petite présentation de Chats rouges dans un labyrinthe de verre juste lors du lancement du film.

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces.

L’Image et le son

La copie est très propre, lumineuse et les couleurs profitent de cette élévation en Haute-Définition. Malgré tout, nous dénotons divers fourmillements, le piqué est peu acéré et la gestion des contrastes est parfois aléatoire. Celle du grain est en revanche bien gérée, certaines séquences sortent du lot (toutes celles tournées en extérieur) et le bilan est au final positif.

Seule la version originale aux sous-titres français est imposés est disponible. L’omniprésente musique de Bruno Nicolai est bien délivrée avec une ardeur souvent étonnante, tandis que les dialogues, entièrement réalisés en post-synchronisation sont également dynamiques. Un léger souffle se fait entendre, mais l’ensemble est clair, net, précis.

Crédits images : © LE CHAT QUI FUME / Variety / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr