Test Blu-ray / Zatoïchi – Les Années Daiei – Volume 1, réalisés par Kazuo Mori, Kenji Misumi & Tokuzo Tanaka

Les Origines de Zatoïchi – Le Bandit aveugle, La Légende de Zatoïchi – Le Masseur aveugle, La Légende de Zatoïchi – Le Secret, La Légende de Zatoïchi – Un nouveau voyage, La Légende de Zatoïchi – Le Fugitif (Shiranui kengyo + Zatoichi monogatari + Zoku Zatoichi monogatari + Shin Zatoichi monogatari + Zatoichi kyojo-tabi – 不知火検校 + 座頭市物語 + 続・座頭市物語 + 新・座頭市物語 + 座頭市兇状旅) réalisés par Kazuo Mori, Kenji Misumi & Tokuzo Tanak, disponibles en Blu-ray – Édition collector limitée le 18février 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Shintaro Katsu, Tamao Nakamura, Mieko Kondo, Masayo Banri, Ryuzo Shimada, Hajime Mitamura, Yaeko Mizutani, Tomisaburo Wakayama, Mikiko Tsubouchi, Seizaburo Kawazu, Fujio Suga, Miwa Takada…

Scénario : Minoru Inuzuka & Seiji Hoshikawa

Photographie : Soichi Aisaka, Chikashi Makiura & Shozo Honda

Musique : Ichiro Saito & Akira Ifukube

Durée : 1h31, 1h16, 1h12, 1h31, 1h26

Date de sortie initiale : 1960, 1962, 1963

LES FILMS

À peine foule-t-il pour la première fois le sol poussiéreux d’une petite ville lacustre, que le masseur aveugle répondant au nom de Zatoichi, errant dans le Japon gangrené de l’ère Edo, doit d’emblée faire face aux tricheries, aux féminicides et aux guerres de gangs. Mais ses ennuis ne font que commencer : poursuivi par des ennemis toujours plus nombreux à chaque étape de son voyage, il deviendra malgré lui le bras armé d’une justice qui se fait fort de protéger les faibles contre les daimyos indignes, les yakuzas sans honneur et les samurais sans gloire.

Sans doute, par convention, devrait-on d’abord présenter le personnage à ceux qui ne le connaissent pas encore. Puis les premiers cinéastes qui ont traduit ses hauts faits en images. Rendre compte de leurs principes esthétiques. Et puis, à un moment donné, se fendre d’une formule type : « L’évocation de Zatoichi ne saurait être complète sans revenir sur son interprète à l’écran, Katsu Shintarō », et cetera. Sauf c’est bel et bien par Katsu qu’il faut commencer ! Dans une épopée cinématographique qui nous a offert, en une grosse dizaine d’années, le même nombre de films que James Bond depuis soixante-cinq ans, celui qui en incarna le héros tragique et débonnaire du début à la fin ne saurait être relégué aux à-côtés. D’autant que Katsu, loin de se cantonner à son interprétation, finira par en assurer lui-même la production à partir du vingtième opus (suite au déclin de la Daiei) et même la réalisation par deux fois, obtenant peu à peu une mainmise sur le personnage qu’il convoitait peut-être depuis toujours. Issu d’une famille de théâtre kabuki, également musicien, Katsu fut autant une calamité à gérer sur le plan humain (ses problèmes d’alcoolisme et de drogue qui retardèrent certaines productions ; son insistance à combattre avec de vrais sabres lors de scènes aux chorégraphies périlleuses…) qu’une véritable bénédiction pour la série B japonaise de son temps : sa présence physique, sa voix, son charisme, sans compter cette démarche expérimentale qui le fit aussi bien produire la saga Baby Cart que celle, plus déviante encore, de Hanzo The Razor… Autant de choses à porter au crédit de sa contribution au chambara des années 1960-70. Et si Zatoichi est devenu une telle institution auprès des fans de genre, c’est d’abord du fait de la gestuelle, de la diction, de l’abattage passionné de Katsu Shintarō : le cinéma populaire nous fait redevenir des enfants et, de fait, l’incarnation du héros prime sur toute autre chose. Tournée de 1962 à 1973, flanquée d’une « odyssée finale » en 1989, la légende de Zatoichi ne pourra que continuer de séduire irrésistiblement le jeune public, génération après génération.

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Test Blu-ray / Trilogie Majin : Majin, Le Retour de Majin, Le Combat final de Majin, réalisés par Kimiyoshi Yasuda, Kenji Misumi & Kazuo Mori

MAJIN, LE RETOUR DE MAJIN, LE COMBAT FINAL DE MAJIN (Daimajin, Daimajin ikaru, Daimajin gyakushū) réalisés par Kimiyoshi Yasuda, Kenji Misumi et Kazuo Mori, disponible en combo Blu-ray/DVD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Miwa Takada, Yoshihiko Aoyama, Jun Fujimaki, Ryūtarō Gomi, Kōjirō Hongō, Shiho Fujimura, Tarō Marui, Takashi Kanda, Riki Hashimoto, Hideki Ninomiya, Shinji Hori, Masahide Iizuka…

Scénario : Tetsurō Yoshida

Photographie : Fujio Morita

Musique : Akira Ifukube

Durée : 1h24 / 1h19 / 1h27

Année de sortie : 1966

LA TRILOGIE

Les trois longs métrages de la série Daimajin (dans l’ordre : Majin, Le Retour de Majin, Le Combat final de Majin) furent tournés simultanément durant l’année 1966. Cette trilogie, affiliée aux genres Kaiju Eiga (films de monstres géants, dont Godzilla demeure le précurseur) et Jidai Geki (en rapport avec l’histoire du Japon médiéval, et notamment le chanbara – film de sabre), développe une thématique commune en fil conducteur. Ainsi, dans chacun de ces films, Daimajin, un géant de pierre, vient aider des villageois opprimés par un seigneur tyrannique. Sorte d’équivalence au Golem issu de la mythologie juive, Daimajin (traduction littérale : « Grand Démon ») est une divinité de pierre endormie, ne se réveillant que pour porter secours au peuple et châtier l’oppresseur. Et ce dernier, qu’il soit chambellan ou monarque, peut alors trembler, car la vengeance de Daimajin n’a aucune limite !

Ou quand la Daiei, société de production cinématographique japonaise fondée en janvier 1942, décide de mélanger les genres, le film historique et le film fantastique, tout en surfant sur le grand succès rencontré par Gamera, réalisé par Noriaki Yuasa et sorti en 1965. Ainsi naît Majin, de Kimiyoshi Yasuda (1911-1983), bien connu des cinéphiles pour avoir mis en scène six des vingt-six films de la série Zatoichi interprétée par Shintarō Katsu. Ici, point de monstre préhistorique ressemblant à une tortue, mais une statue de pierre avoisinant les dix mètres de haut ! En avril 1966, le triomphe de Majin est suivi de deux suites, en fait tournées en même temps, Le Retour de Majin de Kenji Misumi et Le Combat final de Majin de Kazuo Mori, qui sortent respectivement en août 1966 et en décembre 1966. Chaque opus de cette trilogie reprend peu ou prou la même trame (les trois films ont été écrits par Tetsurō Yoshida), mais transposée chaque fois dans une atmosphère différente. Aujourd’hui, revoir les trois épisodes à la suite s’apparente à un récit composé de trois chapitres qui se reflètent et se complètent tout en même temps. Produits par Masaichi Nagata (président de la Daiei), tournés dans de magnifiques décors, naturels ou reconstitués en studio, Majin, Le Retour de Majin et Le Combat final de Majin sont de véritables merveilles cinématographiques, pleines de magie, d’aventures, de combats au sabre, de belles valeurs et de bons sentiments.

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