Test 4K UHD / Si Versailles m’était conté…, réalisé par Sacha Guitry

SI VERSAILLES M’ÉTAIT CONTÉ… réalisé par Sacha Guitry, disponible en Édition Collector – 4K Ultra HD + Blu-ray + Blu-ray bonus depuis le 5 décembre 2025 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michel Auclair, Jean-Pierre Aumont, Jean-Louis Barrault, Bourvil, Pauline Carton, Gino Cervi, Claudette Colbert, Nicole Courcel, Danièle Delorme, Jean Desailly, Daniel Gélin, Pierre Larquey, Jean Marais, Georges Marchal, Gaby Morlay, Gérard Philipe, Édith Piaf, Micheline Presle, Jean Richard, Tino Rossi, Louis Seigner, Raymond Souplex, Charles Vanel, Orson Welles, Annie Cordy, Howard Vernon, Brigitte Bardot, Michel Bouquet…

Scénario : Sacha Guitry

Photographie : Pierre Montazel

Musique : Jean Françaix

Durée : 2h56

Année de sortie : 1954

LE FILM

L’histoire du château de Versailles, depuis Louis XIV jusqu’à nos jours.

C’est un véritable blockbuster des années 1950. Entièrement tourné sur les lieux mêmes du Château de Versailles, Sacha Guitry réunit rien de moins que Michel Auclair, Jean-Pierre Aumont, Jean-Louis Barrault, Bourvil, Pauline Carton, Gino Cervi, Claudette Colbert, Nicole Courcel, Danièle Delorme, Jean Desailly, Daniel Gélin, Pierre Larquey, Jean Marais, Georges Marchal, Gaby Morlay, Gérard Philipe, Édith Piaf, Micheline Presle, Jean Richard, Tino Rossi, Louis Seigner, Raymond Souplex, Charles Vanel, Orson Welles (qui ressemble au Bossu que Jean Marais interprétera plus tard), Annie Cordy, Howard Vernon, Brigitte Bardot, Michel Bouquet et tellement d’autres…Cent rôles principaux, cent rôles secondaires, plus de mille figurants (certains parlent même du double), tous apparaissant devant la caméra de Sacha Guitry (qui s’est également réservé le rôle de Louis XIV à la fin de son règne), pendant près de trois heures de spectacle, dont rien que sept minutes pour présenter la distribution. Si Versailles m’était conté… relate l’histoire du château de Versailles vue par Sacha Guitry donc, au travers de quelques épisodes et portraits des personnages historiques qui y ont vécu. La distribution est pléthorique et luxueuse, aucune vedette de l’époque ne manque, quand bien même certains n’apparaissent que dans de très petits rôles ou même parfois pour déclamer une ou deux répliques. Sacha Guitry devait alors connaître le plus grand succès de son illustre carrière, avec près de sept millions d’entrées rien qu’en France, triomphe qui incitera son auteur à réaliser l’année suivante un second long-métrage du même modèle sur l’histoire de la capitale française, intitulée Si Paris nous était conté, qui cependant ne connaîtra pas le même engouement. C’est un monument devant lequel on ne peut que s’extasier, qui flatte les sens, aussi bien l’oeil que l’ouïe (quels dialogues, une vraie succession de punchlines), qui fait du bien, qui revigore l’âme et qui nous rappelle à quel point la langue française est somptueuse quand elle sort de la plume ou lorsqu’elle est déclamée par un vrai artiste, qui jonglait avec les mots comme rarement d’autres « saltimbanques », à part peut-être Marcel Pagnol et Michel Audiard, ont pu le faire. Une valeur sûre, un chef d’oeuvre.

On nous dit que nos rois dépensaient sans compter,
Qu’ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils.
Mais quand ils construisaient de semblables merveilles,
Ne nous mettaient-ils pas notre argent de côté ?

Sacha Guitry jouit donc à nouveau des faveurs du public depuis le début des années 1950, quand il reçoit la proposition du Secrétariat d’État aux Beaux-Arts, de tourner une superproduction au Château de Versailles (dont il souhaitait raconter l’histoire depuis longtemps), en contrepartie d’une partie des recettes financières du film, qui sera alors réinvestie dans la restauration du domaine, dont certaines parties tombaient carrément en ruines. Sacha Guitry, 68 ans, prend en charge cette commande, respecte les conditions et pourtant s’approprie l’Histoire et ses protagonistes, qui s’intègrent parfaitement, complètement à son univers, à son phrasé, à son immense sensibilité, à sa vision du monde. Ce qui bien sûr a pu faire sortir de leurs gonds de nombreux historiens et politiques, devant la liberté (parfois) prise par le dramaturge (rien sur la Régence, ni sur la comtesse du Barry, la dernière favorite de Louis XV), scénariste, producteur, interprète et metteur en scène, qui conscient que certaines célèbres citations passeraient mal à l’écran, les arrange afin d’obtenir un effet plus percutant.

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Test Blu-ray / La Belle Américaine, réalisé par Robert Dhéry

LA BELLE AMÉRICAINE réalisé par Robert Dhéry, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 12 janvier 2021 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Louis de Funès, Robert Dhéry, Colette Brosset, Jean Richard, Jean Lefebvre, Michel Serrault, Jean-Marc Thibault, Roger Pierre, Jean Carmet…

Scénario : Pierre Tchernia, Robert Dhéry & Alfred Adam

Photographie : Ghislain Cloquet

Musique : Gérard Calvi

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1961

LE FILM

En achetant pour une somme dérisoire une superbe voiture, un petit ouvrier a fait l’affaire de sa vie. Cette « belle américaine » va néanmoins lui causer de nombreux déboires.

La Belle Américaine est le quatrième long métrage de Robert Fourrey, alias Robert Dhéry (1921-2004) en tant que scénariste et réalisateur. Sorti en 1961, soit dix ans après Bertrand coeur de lion (que Dhéry avait mis en scène) et sept ans après Ah! les belles bacchantes… (réalisé par Jean Loubignac), cette fantaisie se hisse à la neuvième place du box-office cette année-là, dominée entre autres par les dix millions d’entrées des Canons de Navarone, les sept millions des Sept Mercenaires, les cinq millions d’Un Taxi pour Tobrouk ou les 4,3 millions de Don Camillon Monseigneur. 4,1 millions de spectateurs sont venus rire et applaudir ce qui demeure un des meilleurs films de la troupe des Branquignols (fondée en 1948), et encore plus à l’étranger puisque La Belle Américaine aura connu un triomphe international. Robert Dhéry a toujours mis ses amis en avant, sans jamais tirer la couverture. Acteur, metteur en scène, dramaturge et réalisateur, cet homme de théâtre accompagné de Colette Brosset, son épouse, aura fait le bonheur des français aux côtés de Louis de Funès, Jean Lefebvre, Jean Carmet, Jacqueline Maillan, Michel Serrault, Micheline Dax, Pierre Olaf, Jacques Legras, Robert Rollis et bien d’autres encore. On en retrouve d’ailleurs une bonne partie dans La Belle Américaine, dont Louis de Funès, déchaîné dans un double-rôle magnifique et qui annonce en grande pompe Le Gendarme de Saint-Tropez (1964), notamment quand ce dernier, contremaître d’une usine, se retrouve face à un chef comptable dépassé par les évènements incarné par Jean Lefebvre. Ou comment ne pas voir le maréchal des logis-chef Cruchot face à Fougasse. Soixante ans plus tard, La Belle Américaine a vieilli, mais doucement, sagement. Si sa structure que l’on pourrait comparer à celle des œuvres de Jacques Tati sera reprise par Robert Dhéry dans Allez France! en 1964 et dans Vos gueules les mouettes! en 1974, autrement dit une succession de vignettes qui tiennent sur un fil rouge, ou une réaction en chaîne, un effet papillon qui sera la marque de fabrique de son cinéaste, La Belle Américaine est un grand classique de la comédie hexagonale, que l’on a toujours beaucoup de plaisir à revoir.

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