Test Blu-ray / L’Oasis des tempêtes, réalisé par Virgil W. Vogel

L’OASIS DES TEMPÊTES (The Land Unknown) réalisé par Virgil W. Vogel, disponible en DVD et Blu-ray le 11 avril 2023 chez Elephant Films.

Acteurs : Jock Mahoney, Shirley Patterson, William Reynolds, Henry Brandon, Douglas Kennedy, Phil Harvey…

Scénario : William N. Robson & Laszlo Gorog, d’après une histoire originale de Charles Palmer

Photographie : Ellis W. Carter

Musique : Henry Mancini, Heinz Roemheld, Hans J. Salter & Herman Stein

Durée : 1h18

Date de sortie initiale: 1957

LE FILM

Maggie Hathaway, reporter, accompagne trois scientifiques pour une expédition en Antarctique. En survolant la zone en hélicoptère, ils sont pris dans une tempête qui les emporte dans un cratère. Ils vont y découvrir un monde totalement nouveau, au climat tropical et extrêmement dangereux…

Depuis Le Monde perduThe Lost World (1925) de Harry O. Hoyt et King Kong (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, les producteurs et les réalisateurs se sont engouffrés dans la brèche pour offrir aux spectateurs un bestiaire divers et varié grâce à la stop-motion, avec une prédilection pour les dinosaures. L’univers de la série B, voire Z, regorge de titres ayant exploité le filon, Le Monstre des temps perdus (1953) d’Eugène Lourié, King Dinosaur (1955) de Bert I. Gordon, L’île inconnue (1948) de Jack Bernhard, La Montagne mystérieuse (1956) d’Edward Nassour et Ismael Rodriguez, Le Continent perdu (1951) de Sam Newfield, Two Lost Worlds (1951) de Norman Dawn. Autant dire que quand sort sur les écrans L’Oasis des tempêtesThe Land Unknown en 1957, également connu sous le titre de L’Oasis de la terreur, le public connaît la formule et commence à se lasser. Tout d’abord prévu comme un spectacle de classe A, en couleur et avec un casting de renom, L’Oasis des tempêtes est rétrogradé en raison des résultats jugés décevants au box-office des Survivants de l’infiniThis Island Earth de Joseph M. Newman. Le film se fera tout de même, mais en N&B, avec une distribution moins prestigieuse, même si le CinemaScope est maintenu. Réalisé par Virgil W. Vogel, ancien monteur de Douglas Sirk, William Castle, Joseph Pevney, Kurt Neumann, Budd Boetticher, King Vidor et Orson Welles, The Land Unknown est un divertissement sympathique, qui a su conserver un charme forcément vintage, porté par des acteurs charismatiques et des effets spéciaux amusants.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / L’Oasis des tempêtes, réalisé par Virgil W. Vogel »

Test Blu-ray / La Passion du docteur Hohner, réalisé par George Waggner

LA PASSION DU DOCTEUR HOHNER (The Climax) réalisé par George Waggner, disponible en DVD et Blu-ray le 11 avril 2023 chez Elephant Films.

Acteurs : Boris Karloff, Susanna Foster, Turhan Bey, Gale Sondergaard, Thomas Gomez, June Vincent, George Dolenz, Ludwig Stössel…

Scénario : Curt Siodmak & Lynn Starling, d’après la pièce d’Edward Locke

Photographie : W. Howard Greene & Hal Mohr

Musique : Edward Ward

Durée : 1h26

Date de sortie initiale: 1944

LE FILM

Le Docteur Hohner conçoit une passion absolue et maladive pour sa maîtresse, cantatrice à l’Opéra de Vienne qu’il assassine dans un accès de folle jalousie. Dix ans plus tard, l’arrivée d’une nouvelle cantatrice réveille à la fois le souvenir de son amante et ses vieux démons…

Les amateurs de cinéma SF/fantastique rétro/vintage connaissent le réalisateur George Waggner (1894-1984), du moins quelques-uns de ses meilleurs fleurons aux titres explicites comme L’Échappé de la chaise électriqueMan Made Monster (1941) et surtout Le Loup-garouThe Wolf Man (1941) avec les illustres Lon Chaney et Claude Rains, monument des Universal Monsters. Celui qui dirigera aussi John Wayne à deux reprises (Le Bagarreur du Kentucky The Fighting Kentuckian et Opération dans le PacifiqueOperation Pacific) adapte librement une pièce de théâtre d’Edward Locke et signe La Passion du Docteur HohnerThe Climax, pensé au départ comme une suite au Fantôme de l’OpéraPhantom of the Opera, immense succès critique et public d’Arthur Lubin sorti en 1943. Mais la plupart de la distribution est prise ailleurs, alors le projet mute. Subsistent seulement la comédienne Susanna Foster, qui obtient cette fois encore le rôle principal, tandis qu’on retrouve le même compositeur, les mêmes directeurs de la photographie, le même monteur, les mêmes décorateurs (qui ont repris l’opéra)…Mais la grosse « pièce rapportée » et qui tient le rôle-titre n’est autre que le légendaire Boris Karloff, alors entre La Maison de FrankensteinHouse of Frankenstein d’Erle C. Kenton et Le Récupérateur de cadavres The Body snatcher de Robert Wise. L’éternel monstre de Frankenstein, tournant parfois près de dix films par an, est impérial ici et sa prestation vaut bien à elle-seule qu’on accorde 85 minutes à cette Passion du Docteur Hohner.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / La Passion du docteur Hohner, réalisé par George Waggner »

Test Blu-ray / Les Bonnes Étoiles, réalisé par Hirokazu Kore-eda

LES BONNES ÉTOILES (Beurokeo – 브로커) réalisé par Hirokazu Kore-eda, disponible en DVD & Blu-ray le 7 avril 2023 chez HK Vidéo

Acteurs : Song Kang-ho, Gang Dong-won, Bae Doona, Lee Ji-eun, Lee Joo-young, Kang Gil-woo, Park Hae-joon, Im Seung-soo…

Scénario : Hirokazu Kore-eda

Photographie : Hong Kyung-pyo

Musique : Jung Jae-il

Durée : 2h10

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Par une nuit pluvieuse, une jeune femme abandonne son bébé. Il est récupéré illégalement par deux hommes, bien décidés à lui trouver une nouvelle famille. Lors d’un périple insolite et inattendu à travers le pays, le destin de ceux qui rencontreront cet enfant sera profondément changé.

Le japonais Hirokazu Kore-eda est de retour ! Après son escapade parisienne pour La Vérité, qui réunissait Catherine Deneuve, Juliette Binoche et Ethan Hawke, le réalisateur ne revient pas dans son pays natal, mais bifurque pour la première fois en Corée du Sud. Les Bonnes Étoiles, n’atteint sans doute pas la réussite d’Une affaire de famille (Palme d’or à Cannes en 2018) ou de Tel père, tel fils (Prix du jury à Cannes en 2013), mais touche cette fois encore en plein coeur les spectateurs, grâce à un récit toujours délicat, une mise en scène élégante et surtout un casting exceptionnel, mené par l’immense Song Kang-ho, récompensé sur la Croisette par le Prix d’interprétation masculine. Également Prix du jury œcuménique, on ressort comblés, bouleversés et parcouru d’un sentiment de plénitude de cette comédie-dramatique, oui on rit aussi souvent, dont certaines images (splendides) et séquences reviennent en mémoire bien après la projection. Le maître nippon a encore frappé.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Les Bonnes Étoiles, réalisé par Hirokazu Kore-eda »

Test Blu-ray / J’ai le droit de vivre, réalisé par Fritz Lang

J’AI LE DROIT DE VIVRE (You Only Live Once) réalisé par Fritz Lang, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 29 mars 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Sylvia Sidney, Henry Fonda, Barton MacLane, Jean Dixon, William Gargan, Jerome Cowan, Charles ‘Chic’ Sale, Margaret Hamilton, Warren Hymer, Guinn ‘Big Boy’ Williams, John Wray, Walter De Palma…

Scénario : Gene Towne & C. Graham Baker

Photographie : Leon Shamroy

Musique : Alfred Newman

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1937

LE FILM

Après sa sortie de prison, Eddie Taylor ne peut profiter d’un répit. Accusé d’un braquage de banque meurtrier qu’il n’a pas commis, il est emprisonné à tort. Alors que la justice se rend compte de son erreur, Eddie Taylor s’évade. Il devient un véritable meurtrier en abattant accidentellement un aumônier. Il doit partir en cavale avec sa femme Joan et son bébé. Sa fuite éperdue se finit par sa mort, abattu par la police.

Ensemble, nous avons déjà eu l’occasion de revenir à plusieurs reprises sur les débuts et la carrière de Fritz Lang en Allemagne à travers nos chroniques sur Les Trois Lumières, Le Testament du Dr. Mabuse et M Le Maudit, ainsi que sur son passage aux États-Unis après avoir fui le nazisme, pour les sorties en Blu-ray des Pionniers de la Western Union, Espions sur la Tamise et Les Bourreaux meurent aussi. 1936, sort FurieFury, pamphlet sur le lynchage produit par Joseph L. Mankiewicz pour le compte de la MGM. Sur cette lancée, Fritz Lang se lance dans J’ai le droit de vivre You Only Live Once, qui déboule sur les écrans dès l’année suivante, dans lequel le réalisateur dirige à nouveau la magnifique Sylvia Sidney, qui tenait l’affiche de son précédent long-métrage. Considéré comme le second volet d’une trilogie dite judiciaire voulue « réaliste et sociale » à laquelle viendra se greffer Casier judiciaireYou and Me, toujours avec la même comédienne, J’ai le droit de vivre est une tragédie centrée sur un couple pourchassé par la police, qui serait inspirée par l’histoire de Bonnie et Clyde. Pas étonnant que Fritz Lang donne cette impression d’inventer « le Nouvel Hollywood » trente ans avant, surtout durant la dernière partie et la violence inédite de son dénouement. Ce serait un cliché de dire que « tout Fritz Lang se trouve » dans J’ai le droit de vivre, mais puisque c’est le cas…le thème du faux coupable ou plutôt de la culpabilité est le noyau central de You Only Live Once, merveilleux film porté par un casting exceptionnel mené par le couple Henry Fonda-Sylvia Sidney, le tout sublimement photographié par Leon Shamroy, chef opérateur de Bravados d’Henry King et de La Planète des singes de Franklin J. Schaffner. Un monument intemporel.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / J’ai le droit de vivre, réalisé par Fritz Lang »

Test Blu-ray / Plancha, réalisé par Éric Lavaine

PLANCHA réalisé par Éric Lavaine, disponible en DVD et Blu-Ray le 1er mars 2023 chez Studiocanal.

Acteurs : Lambert Wilson, Franck Dubosc, Guillaume de Tonquédec, Jérôme Commandeur, Caroline Anglade, Lionel Abelanski, Lysiane Meis, Sophie Duez, Valérie Crouzet, Alice Llenas…

Scénario : Éric Lavaine & Héctor Cabello Reyes

Photographie : Antoine Roch

Musique : Lucas Lavaine & Grégory Louis

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Huit ans après leur précédente aventure, la bande d’amis se retrouve pour fêter les 50 ans d’Yves. Tous se retrouvent à l’aéroport, masquant les yeux d’Yves pour lui faire la surprise, avant de décoller pour la Grèce ; deux semaines de bonheur, de soleil et de fêtes. Malheureusement pour eux, le voyage est annulé au dernier moment.

Éric Lavaine a de la suite dans les idées. Ou pas. Abonné au succès depuis son premier long-métrage, Poltergay en 2006, le réalisateur qui avait fait ses classes sur la série H, aura très souvent dépassé le million d’entrées comme avec l’excellent Incognito (2009), de loin son meilleur film, Bienvenue à bord (2011), Barbecue (2014), et surtout Retour chez ma mère (2016), son plus gros hit avec 2,2 millions de spectateurs. Après l’échec commercial colossal d’Un tour chez ma fille en 2021 (la suite de Retour chez ma mère donc), Éric Lavaine a eu cette étonnante idée de retrouver les personnages de Barbecue pour Plancha, en « délocalisant » son groupe des Cévennes en Bretagne. Mal lui en a pris, car son dixième long-métrage s’est lui aussi tapé un méchant bide au box-office avec un peu plus d’un demi-million d’entrées, soit trois fois moins que le premier. Est-ce en raison de l’absence de Florence Foresti, qui participait grandement à la sympathie que l’on pouvait éprouver pour Barbecue ? Pas seulement évidemment, car Plancha est comme qui dirait l’exemple type de la comédie montée uniquement sur son casting, sur l’engouement rencontré par l’épisode précédent, qui ne raconte ABSOLUMENT rien ou qui devient au contraire foncièrement antipathique quand elle essaye de le faire. On en vient à se demander si l’enjeu principal de Plancha ne se résume pas à la météo qui fera le jour suivant et il est difficile de s’attacher ne serait-ce qu’un peu à des protagonistes cyniques, pétés de tune, qui se plaignent à longueur de temps. Et puis la question qui se pose aussi en permanence est comment ceux-ci peuvent considérer être amis, tant ces aigris n’ont de cesse de se tirer dans les pattes, de se foutre de la tronche des autres, de jalouser celui ou celle qui est assis(e) à côté. Au secours.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Plancha, réalisé par Éric Lavaine »

Test Blu-ray / The Enforcer, réalisé par Richard Hughes

THE ENFORCER réalisé par Richard Hughes, disponible en DVD et Blu-ray le 2 mars 2023 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Antonio Banderas, Mojean Aria, Kate Bosworth, Alexis Ren, Zolee Griggs, 2 Chainz, Mark Rhino Smith, Luke Bouchier…

Scénario : W. Peter Iliff

Photographie : Callan Green

Musique : Giorgio Giampà

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Stray, un combattant adepte de fight clubs illégaux, est recruté pour ses talents martiaux par une cheffe mafieuse de Miami. Il doit faire équipe avec Cuda, un collecteur de cash expérimenté. Les affaires tournent mal lorsque Cuda découvre qu’une jeune fille qu’il a pris sous son aile est menacée par son propre employeur. Il va être prêt à tout pour la sauver quitte à devoir affronter les siens.

Entre deux grosses machines comme Indiana Jones et le Cadran de la DestinéeIndiana Jones and the Dial of Destiny de James Mangold, Uncharted de Ruben Fleischeret Le Voyage du Docteur Dolittle de Stephen Gaghan, Antonio Banderas cachetonne dans quelques obscures séries B voire Z pour payer ses arriérés d’impôts ou tout simplement pour se faire des liasses de billets verts pour sa retraite (un sujet d’actualité). Certaines de ces récréations s’avèrent très sympathiques comme Acts of Vengeance d’Isaac Florentine ou Security d’Alain Desrochers, dans lesquelles il surfe allègrement sur le terrain de Liam Neeson en mode Taken. Sa dernière production Millenium en date s’intitule The Enforcer (oui oui, comme le titre original de L’inspecteur ne renonce jamais), réalisé par un certain Richard Hughes (frère de Patrick, qui avait dirigé Banderas dans le navrant Expendables 3 et l’improbable Hitman and Bodyguard 2), venu d’Australie, du monde de la publicité et de la mode, remarqué en 2015 pour avoir développé, mis en scène et coproduit The Viral Experiment. Cette série expérimentale en 8 épisodes avait réussi à duper la planète (dans 180 pays exactement) en faisant croire que tous les sujets abordés étaient vrais, les informations « divulguées » ayant été relayées partout, commentées un demi-million de fois, fait près de 2 millions de likes, en cumulant au final près de 300 millions de vue sur internet. The Enforcer est son premier long-métrage…et…mouarf, c’est pas bon…Pourtant, on aime ce genre de petit film calibré pour détendre les hormones des mecs qui sentent le musc et la 1664 éventée, mais l’ensemble paraît en pilotage automatique, en premier lieu ce cher Antonio dont le charisme demeure indéniable à plus de 60 balais, peu aidé ici par un scénario (écrit par W. Peter Illif, qui avait pondu celui de Point Break et de Jeux de guerre il y a plus de trente ans) qui compile des clichés en veux-tu en voilà sur un rythme lent et une mise en scène neurasthénique. Attention, cela peut rester divertissant, mais on traverse le film comme si on était anesthésiés, tant on ne ressent rien et que ce qui nous est montré semble inodore, incolore, invisible…

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / The Enforcer, réalisé par Richard Hughes »

Test Blu-ray / Monstrous, réalisé par Chris Sivertson

MONSTROUS réalisé par Chris Sivertson, disponible en DVD et Blu-ray le 7 avril 2023 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Christina Ricci, Santino Barnard, Don Durrell, Colleen Camp, Lew Temple, Carol Anne Watts, Jennifer Novak Chun, Peter Hodge…

Scénario : Carol Chrest

Photographie : Senda Bonnet

Musique : Tim Rutili

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2022

LE FILM

Dans les années 50, une femme fuit une relation abusive et emménage avec son fils de sept ans dans une charmante maison près d’un lac. Mais, sous les eaux paisibles de leur nouveau sanctuaire, se cache un danger terrifiant.

Quel plaisir de revoir Christina Ricci au cinéma ! Même si Monstrous n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un bon film, au moins elle y est quasiment de tous les plans, ou tout du moins de toutes les scènes. Remarqué avec All Cheeleaders Die en 2001, qu’il coréalise avec Lucky McKee, dont ils signeront le remake plus de dix ans après, Chris Sivertson a toujours eu un faible pour le cinéma d’horreur et le thriller. The Lost (2005), adaptation du sulfureux roman de Jack Ketchum et I Know Who Killed Me (2007) avec Lindsay Lohan et Julia Ormond seront aussi bien reçus de la part du public que de la critique, au point de devenir cultes avec les années. Si l’on jette un coup d’oeil à sa filmographie, qui contient également des téléfilms, on se rend compte que l’un des sujets de prédilection de Chris Sivertson demeure la psyché perturbée des êtres humains. Du coup, il sera difficile de parler de Monstrous sans spoiler et l’on devine pourquoi le scénario de Carol Chrest a pu attirer le cinéaste. Cependant, soyons honnêtes, il sera aisé pour le cinéphile/age de comprendre où l’histoire veut nous emmener et ce dès les CINQ premières minutes. Vous voyez où on veut en venir ? On en a déjà trop dit en fait, mais Monstrous repose sur les mêmes codes usés jusqu’à la moelle par les auteurs de films fantastico-d’épouvante nappés de drame psychologique. Sans trop vous donner la puce à l’oreille, disons que Monstrous rappelle parfois bougrement Babycall (2011) de Pål Sletaune, avec la géniale Noomi Rapace…on pourrait citer d’autres longs-métrages plus connus, mais ce serait franchement vous mettre sur la voie…Néanmoins, n’y allons pas par quatre chemins, la seule raison d’être de Monstrous et de le visionner reste Christina Ricci.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Monstrous, réalisé par Chris Sivertson »

Test Blu-ray / Les Tortionnaires du camp d’amour, réalisé par Edoardo Mulargia

LES TORTIONNAIRES DU CAMP D’AMOUR (Orinoco: Prigioniere del sesso) réalisé par Edoardo Mulargia, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 4 avril 2023 chez Artus Films.

Acteurs : Anthony Steffen, Ajita Wilson, Cristina Lay, Stelio Candelli, Luciano Rossi, Aldo Minandri, Gota Gobert, Zaira Zoccheddu…

Scénario : Sergio Chiusi, Gil Carretero & Anthony La Penna

Photographie : Manuel Mateos

Musique : Marcello Giombini

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Au cœur de la jungle amazonienne, le contrebandier Jordan utilise des femmes esclaves pour exploiter une mine d’émeraudes, leur faisant subir les pires sévices. Le révolutionnaire Laredo convoite la mine pour financer sa cause, et entreprend d’attaquer Jordan, comptant sur l’aide des prisonnières.

Tiens, revoilà nos prisonnières sexy ! Chose étrange, Les Tortionnaires du camp d’amourOrinoco: Prigioniere del sesso n’est pas du tout une suite aux Évadées du camp d’amour, contrairement à ce que son titre français pourrait nous faire penser. D’ailleurs, pour être précis, le titre d’exploitation hexagonal demeure La Fin des tortionnaires du camp d’amour n. 2. Allez comprendre. Alors oui, où nous en étions…cet opus a effectivement été tourné en même temps que Les Évadées du camp d’amour, coécrit par les mêmes scénaristes, dans les mêmes décors, avec quasiment la même distribution, par le même réalisateur, une équipe technique identique…mais il ne s’agit pas d’une sequel. En l’état, Les Tortionnaires du camp d’amour est moins attrayant que le « précédent », plus longuet, moins sexuel aussi (sans doute pour ça qu’on trouve le temps long), l’histoire reposant non pas sur une évasion cette fois, mais sur une invasion, puisque le camp central va être pris d’assaut par une bande de révolutionnaires armés jusqu’aux dents, autrement dit leur bite et leur couteau. Ces derniers sont menés par Laredo, le grand chef qui aime bien montrer son torse nu imberbe de quinquagénaire et tourné ses yeux bleus vers le soleil pour qu’on puisse les admirer. Cet être modeste et discret fomente une attaque pour s’emparer du magot du camp, les pierres précieuses récoltées par les femmes-esclaves dans des conditions inhumaines, afin d’agrandir sa petite entreprise. De leur côté, les captives aux jambes longues et fuselées, et très souvent aussi à la poitrine dénudée, qui se caressent sous la douche à côté de leurs copines…bref, celles-ci échafaudent un plan d’évasion dans l’espoir d’échapper à l’enfer du camp. Laredo va s’interposer et tout se terminera dans un joyeux bordel rempli d’explosions qui font boum et de fusillades qui font tatatata. Entre le prologue rigolo tourné dans un Center Parc romain et le final généreux en bastos, il n’y a malheureusement rien ou presque à se mettre sous la dent. Reste la curiosité de découvrir ce film après Les Évadées du camp d’amour, comme s’il s’agissait d’une version alternative.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Les Tortionnaires du camp d’amour, réalisé par Edoardo Mulargia »

Test Blu-ray / Les Évadées du camp d’amour, réalisé par Edoardo Mulargia

LES ÉVADÉES DU CAMP D’AMOUR (Femmine infernali) réalisé par Edoardo Mulargia, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 4 avril 2023 chez Artus Films.

Acteurs : Anthony Steffen, Ajita Wilson, Cristina Lay, Cintia Lodetti, Luciano Pigozzi, Serafino Profumo, Maite Nicote, Yael Forti…

Scénario : Sergio Chiusi, Gil Carretero & Edoardo Mulargia

Photographie : Manuel Mateos

Musique : Marcello Giombini

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Au cœur d’une forêt tropicale se trouve un camp de détention pour femmes. Isolés du monde, les gardiens en profitent pour abuser des prisonnières, leur faisant subir les pires sévices. Ne supportant plus la cruauté dont elles sont victimes, un groupe de jeunes femmes va tenter de s’évader, avec l’aide du médecin du camp.

Quand on fouine pour en savoir toujours plus sur le genre dit du Women In Prison, ou plus simplement WIP, on trouve bien sûr les liens avec le cinéma d’exploitation, dont les films qui s’y rattachent se focalisent la plupart du temps sur des prisonnières qui subissent des sévices dégradants afin d’exciter ou de dégoûter le spectateur. Comme la Nazisploitation et la Nonnesploitation, sauf que nous avons ici de splendides créatures chichement vêtues, leurs guenilles dévoilant fréquemment un sein généreux, passant du bon temps ensemble dans leur cellule étroite (il faut bien se consoler comme on peut), avant de retourner bosser (aux travaux forcés, mais pas trop pour ne pas gâcher la manucure) et de comploter en secret le moyen de se tirer. On retrouve tous ces ingrédients dans Les Évadées du camp d’amourFemmine infernali, ou Escape from Hell pour les anglo-saxons, avant-dernière réalisation d’Edoardo Mulargia (1925-2005). Cet habile artisan, dont les capacités techniques avaient pu être remarquées dans les excellents Viva Django ! (1971) et Tropique du Cancer (1972), fait ce qu’il peut pour Les Évadées du camp d’amour, qui n’est certes pas exceptionnel, euphémisme, mais qui n’en reste pas moins divertissant. Le spectateur devra cependant s’armer de patience en raison d’un grand manque de rythme qui finit par désintéresser de l’histoire à mi-parcours. Heureusement, la machine se relance dès que le groupe de nanas prend la poudre d’escampette dans la jungle hostile, où les serpents, les sangsues, les sables mouvants et autres réjouissances les attendent. Sympathique quoi.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Les Évadées du camp d’amour, réalisé par Edoardo Mulargia »

Test Blu-ray / Maneater, réalisé par Justin Lee

MANEATER réalisé par Justin Lee, disponible en DVD et Blu-ray le 8 mars 2023 chez Crome Films.

Acteurs : Nicky Whelan, Trace Adkins, Shane West, Jeff Fahey, Porscha Coleman, Ed Morrone, Kelly Lynn Reiter, Alex Farnham…

Scénario : Justin Lee

Photographie : Eaman Long

Musique : Daniel Figueiredo

Durée : 1h23

Année de sortie : 2022

LE FILM

Les vacances de rêve de Jessie et de ses amis sur une île se transforment en un horrible cauchemar lorsqu’ils deviennent la cible d’un grand requin blanc implacable. Cherchant désespérément à survivre, elle s’associe à un capitaine local pour arrêter le vicieux mangeur d’hommes avant qu’il ne frappe à nouveau.

Le plus grand film de requin tueur, c’eeeeeeeeeeeest ??? Bah c’est pas celui-là en tout cas ! Maneater, retenez bien ce titre, car vous le recroiserez dans quelques rubriques consacrées aux nanars, surtout qu’il risque d’y avoir une suite très prochainement, ce que promet toutefois cette ridicule fin qui ose même citer ouvertement la réplique culte de Roy Scheider dans Jaws. Vous voulez passer une soirée pépouze devant la télé, mettre votre cerveau en mode veille (pendant 77 minutes précisément, même si le rythme est inexistant), la main gauche agrippant une part de pizza, la droite ce que vous avez dans le caleçon (ou pas d’ailleurs) à chaque apparition de Neeky Wheelan et de ses copines en bikini ? Alors Maneater est fait pour vous, car cet opus Z mettant en vedette un gros poisson pas content qui tue par plaisir (et non pas pour se nourrir) est tellement mauvais qu’il en devient forcément sympathique. On ne s’ennuie pas (vraiment) et ce grâce à des dialogues nullissimes (« Quand un requin goûte quelque chose qui lui plaît, il reste dans les parages »), une photo hideuse, un casting d’habitués aux (sous-)produits destinés au marché de la VOD, sans oublier bien sûr des effets numériques d’un autre temps, une bouillie visuelle, un gloubi-boulga de CGI au rabais supposés rentre la bébête inquiétante, pour ne pas dire effrayante. C’est bien simple, on sait dès la première minute que l’on va se marrer et Maneater tient effectivement cette promesse. Rien que pour ça, ce truc mérité d’être vu.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Maneater, réalisé par Justin Lee »