Test Blu-ray / Romance, réalisé par Catherine Breillat

ROMANCE réalisé par Catherine Breillat, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Caroline Ducey, Sagamore Stévenin, François Berléand, Rocco Siffredi, Reza Habuhossein, Ashley Wanninger, Emma Colberti, Fabien de Jomaron…

Scénario : Catherine Breillat

Photographie : Giorgos Arvanitis

Musique : Raphäel Tidas & DJ Valentin

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1999

LE FILM

Une jeune femme, Marie, vit avec son compagnon, Paul, une relation frustrante sur les plans émotionnel et sexuel. Elle a une relation sexuelle avec Paolo, un homme rencontré dans un bar. Son désir d’apaiser sa frustration la conduit ensuite à une série de relations, souvent éphémères, jusqu’à entamer un rapport sadomasochiste avec un homme plus âgé.

Avec Romance, Catherine Breillat connaît son plus grand succès public avec près de 350.000 entrées. Aujourd’hui pourtant, le film s’avère l’un des plus critiqués, pour ne pas dire rejetés de la part des spectateurs. Si ce sixième long-métrage de la cinéaste a surtout bénéficié d’un phénomène de curiosité, qui a poussé les spectateurs à découvrir cet opus dans les salles, il est dur de nos jours d’émettre un bon avis, d’autant plus que celui-ci se trouve entaché par la déclaration en 2024 de son actrice principale, Caroline Ducey (par ailleurs très bien), qui accuse la réalisatrice (qui l’a aussi dirigée dans l’excellent Une vieille maîtresse) d’avoir organisé un viol sur le tournage et de l’avoir manipulée. Catherine Breillat a démenti les propos de la comédienne, qui affirmait que son actrice avait été prévenue que les scènes de sexe ne seraient pas simulées. Si l’on reste concentré sur le film proprement dit, difficile de ne pas rire devant Romance avec ses dialogues pompeux que l’on penserait élaborés en intelligence artificielle (les répliques sont idéales pour une partie de Kamoulox entre amis), le jeu embarrassé de Rocco Siffredi, qui se demande quels propos il est en train dé-bite-r, sans oublier les apparitions de François Berléand, dont le personnage entreprend d’éduquer Marie au bondage. La chair est souvent triste chez Catherine Breillat, exposée comme des morceaux barbaque sur l’étalage d’un boucher-charcutier, dans le but d’essayer de comprendre pourquoi on en fait tout un foin, pourquoi c’est bon, pourquoi « on ne pense qu’à ça ». Rétrospectivement, Romance est une fausse route pour son auteure, qui se perd ici dans tous les clichés, dans ses névroses personnelles, au point que ce drame psychologique mute involontairement en comédie…

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Test Blu-ray / Papa est en voyage d’affaires, réalisé par Emir Kusturica

PAPA EST EN VOYAGE D’AFFAIRES (Otac na sluzbenom putu) réalisé par Emir Kusturica, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 15 décembre 2025 chez Malavida Films.

Acteurs : Miki Manojlovic, Mira Furlan, Mustafa Nadarevic, Moreno D’e Bartolli, Amer Kapetanovic, Mirjana Karanovic, Predrag Lakovic, Pavle Vuisic…

Scénario : Abdulah Sidran & Emir Kusturica

Photographie : Vilko Filac

Musique : Zoran Simjanovic

Durée : 2h16

Date de sortie initiale: 1985

LE FILM

Sarajevo. Juin 1950, peu après la rupture Tito-Staline qui crée des tensions dans la société yougoslave. Mesa, un mari volage, mais attaché à sa famille et amoureux de sa femme Sena, est dénoncé pour une plaisanterie par une maîtresse délaissée et envoyé par son propre beau-frère en camp de travail. Pour les protéger, sa femme Sena dit à leurs enfants que Papa est en voyage d’affaires. À défaut de retour, une visite sur « son lieu de travail » est bientôt possible…

Aux côtés de Francis Ford Coppola (Apocalypse Now et Conversation secrète), Bille August (Pelle le Conquérant et Les Meilleures intentions), Shohei Imamura (La Ballade de Narayama et L’Anguille), les frères Dardenne (Rosetta et L’Enfant), Michael Haneke (La Pianiste et Le Ruban Blanc), Ken Loach (Le Vent se lève et Moi, Daniel Blake) et Ruben Östlund (The Square et Sans filtre), Emir Kusturica, fait partie de ces réalisateurs récompensés à deux reprises par la convoitée Palme d’Or. Dix ans avant Underground, le réalisateur yougoslave, alors âgé de 30 ans, devait être consacré pour la première fois pour Papa est en voyage d’affaires, alors que concourraient face à lui Birdy d’Alan Parker, Le Baiser de la femme araignée d’Héctor Babenco, Pale Rider, le cavalier solitaire de Clint Eastwood, Adieu Bonaparte de Youssef Chahine, Une nuit de réflexion de Nicolas Roeg, sans compter la présence de Jean-Luc Godard, Ted Kotcheff, Mario Monicelli, Dino Risi, Peter Bogdanovich, Paul Schrader, Claude Chabrol, André Téchiné…du beau monde quoi. Papa est en voyage d’affaires n’est que le second long-métrage du metteur en scène, sorti quatre ans après son premier coup d’essai, Te souviens-tu de Dolly Bell ?, lauréat du Lion d’or de la première œuvre à la Mostra de Venise en 1981, doublé du Prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique. Autant dire qu’Emir Kusturica a toujours été porté par la critique et habitué des prix. Il y a comme un parfum de cinéma italien dans Papa est en voyage d’affaires, avec cette radiographie d’une famille perdue dans la Yougoslavie communiste des années 1950, après la rupture avec l’URSS. Indéniablement, il nous manque certains codes, certaines références, culturelles, sociales, politiques, pour apprécier encore aujourd’hui pleinement ce film qui pourtant fait toujours le bonheur de la critique, surtout française, et des cinéphiles les plus pointus. S’il n’est évidemment pas déplaisant dans toute sa première partie, l’intérêt du film s’émousse dès que le père quitte son « lieu de travail ». Demeurent les acteurs, tous formidables et une belle reconstitution, mais on ne peut nier que l’ennui s’installe assez souvent, d’autant plus que le rythme est très lent. Papa est en voyage d’affaires reste une curiosité quand on se penche sur les films « palmés », mais se révèle trop hermétique sur de nombreux aspects.

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Test Blu-ray / La Ragazza, réalisé par Luigi Comencini

LA RAGAZZA (La Ragazza di Bube) réalisé par Luigi Comencini, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 28 avril 2026 chez Tamasa Distribution.

Acteurs : Claudia Cardinale, George Chakiris, Marc Michel, Dany París, Monique Vita, Carla Calò, Emilio Esposito…

Scénario : Luigi Comencini & Marcello Fondato, d’après le roman de Carlo Cassola

Photographie : Gianni Di Venanzo

Musique : Carlo Rustichelli

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 1964

LE FILM

En 1945, en Toscane, Mara fait la connaissance de Bube, un partisan qui vient rendre visite à son père. Ils tombent amoureux et se fiancent mais ne peuvent se voir qu’épisodiquement. Bube qui a tué un brigadier et son fils est contraint de s’enfuir à l’étranger. Le temps passe et Mara rencontre Stefano qui un jour lui demande de l’épouser. Elle hésite puis apprend que Bube vient d’être expulsé de son pays d’accueil et arrêté à la frontière.

Placé entre l’exceptionnel Le CommissaireIl Commissario et plusieurs films à sketches (Pour trois nuits d’amour, Ma femme et Les Poupées), La Ragazza ou La Ragazza du Bube en version originale, rend compte du caractère à la fois romantique et engagé du réalisateur Luigi Comencini (1916-2007). Si l’on devait rapprocher ce film d’un autre opus du cinéaste, ce serait indéniablement Un vrai crime d’amourDelitto d’amore (1974), plus méconnu certes, mais qui contient pour ainsi dire les mêmes éléments. La Ragazza est ni plus ni moins l’un des plus beaux, l’un des plus grands, l’un des films plus personnels de Luigi Comencini. Le réalisateur découvre le roman éponyme de Carlo Cassola, prix Strega en 1960 et en tombe littéralement amoureux, au point d’en acheter lui-même les droits. Forcément éloigné de ses comédies habituelles, y compris de ses « études de moeurs » qui l’ont rendu célèbre (les deux premiers volets de Pain, Amour, Maris en liberté, Les Surprises de l’amour, À cheval sur le tigre), le metteur en scène a également souvent montré un côté sombre, voire désespéré de l’âme humaine (La Traite des blanches), quitte à mélanger humour et gravité pour que le message « passe » auprès du public, comme un autre de ses chefs d’oeuvre, La Grande pagailleTutti a casa (1960). Mais avec La Ragazza, coécrit avec Marcello Fondato (Histoire d’aimer, Attention on va s’fâcher…, Les Complexés) il désire aborder pleinement et au premier degré une histoire d’amour teintée de politique et donc liée à l’Histoire de son pays au moment de la Libération. Raison pour laquelle les financiers ont été quelque peu frileux et ont dans un premier temps rejeté le projet de Luigi Comencini, qui réussira tout de même à monter financièrement son film grâce à Franco Cristaldi. Le producteur de Mario Monicelli (Un héros de notre temps, Le Pigeon, Les Camarades), Luchino Visconti (Nuits blanches), Francesco Rosi (Le Défi, Salvatore Giuliano) permet au maestro de concrétiser La Ragazza, qui connaîtra un immense succès dans le monde entier, avec notamment près de cinq millions d’entrées en Italie et offre à Claudia Cardinale l’un des rôles les plus emblématiques de son illustre carrière. Capolavoro.

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Test Blu-ray / Le Tueur frappe trois fois, réalisé par Massimo Dallamano

LE TUEUR FRAPPE TROIS FOIS (La Morte non ha sesso) réalisé par Massimo Dallamano, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 15 mai 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : John Mills, Luciana Paluzzi, Robert Hoffmann, Renate Kasché, Carlo Hintermann, Tullio Altamura, Enzo Fiermonte, Loris Bazzocchi…

Scénario : Giuseppe Belli, Vittoriano Petrilli, Massimo Dallamano & Audrey Nohra

Photographie : Angelo Lotti

Musique : Giovanni Fusco & Gianfranco Reverberi

Durée : 1h25

Année de sortie : 1968

LE FILM

L’inspecteur Franz Bulon dirige la brigade des stupéfiants de la police de Hambourg. Il soupçonne sa femme, Lisa, une ex-voleuse, de poursuivre ses activités criminelles. Incapable de la confondre, il propose un échange à Max Lindt, un tueur à gages qu’il vient d’arrêter. Contre sa remise en liberté, il doit supprimer Lisa.

Celles et ceux qui voudraient, à juste titre, en savoir plus sur le réalisateur Massimo Dallamano (1917-1976) et ancien chef opérateur (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus) pourront se rediriger vers nos articles consacrés à Vénus en fourrure Venere in pelicciaLe Malizie di Venere (1969), Section de chocQuelli della calibro 38 (1976) et Mais…qu’avez-vous fait à Solange ?Cosa avete fatto a Solange? (1972). Le film qui nous intéresse s’intitule Le Tueur frappe trois foisLa Morte non ha sesso et n’est que le second long-métrage du cinéaste, mis en scène un an après son premier coup d’essai Bandidos. Si on le classe aujourd’hui dans le genre giallo, Le Tueur frappe trois fois appartient surtout au Krimi, mais reprend il est vrai certains codes déjà installés dans Six femmes pour l’assassinSei donne per l’assassino (1964) de Mario Bava. Ainsi, la même année que La Mort a pondu un œufLa Morte ha fatto l’uovo de Giulio Questi, Le Sadique de la treizième heureNude… si muore d’Antonio Margheriti, mais deux ans avant l’avènement de L’Oiseau au plumage de cristal L’Uccello dalle piume di cristallo de Dario Argento, Massimo Dallamano se concentrait sur un tueur vêtu d’un imper, tenant dans sa main gantée une arme blanche dont la lame est destinée à être enfoncée dans la chair de victimes déterminées. L’intrigue est un rien poussive, mais cet opus vaut le coup d’oeil pour son trio vedette Luciana Paluzzi, Robert Hoffman et John Mills, et s’avère étonnamment plus convaincant dans sa partie dramatique que policière, qui quant à elle tend à s’essouffler.

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Test Blu-ray / La Condition, réalisé par Jérôme Bonnell

LA CONDITION réalisé par Jérôme Bonnell, disponible en DVD et Blu-ray le 7 avril 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Swann Arlaud, Galatea Bellugi, Louise Chevillotte, Emmanuelle Devos, Pierre Philippe, Aymeline Alix, François Chattot, Camille Rutherford, Jonathan Couzinié…

Scénario : Jérôme Bonnell, d’après le roman de Léonor de Récondo

Photographie : Pascal Lagriffoul

Musique : David Sztanke

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Nous sommes au début du vingtième siècle. Céleste est bonne chez un couple de bourgeois à la campagne. Dans cette maison quelque peu étouffante tenue par André, notable respecté et se voulant respectable, se joue un jeu de pouvoir dont les femmes font les frais. Par un biais inattendu, Victoire, la femme d’André, et Céleste, vont être amenées à se rapprocher…

À l’occasion de la sortie de Chère Léa en DVD & Blu-ray en avril 2022, l’auteur de ces mots rédigeait une déclaration d’amour au cinéma de Jérôme Bonnell. Quatre ans plus tard, pour l’arrivée de La Condition dans les bacs, les mots pourraient être les mêmes. Ce huitième long-métrage aura permis au réalisateur de se refaire une petite santé après l’échec de son précédent film, passé inaperçu avec seulement 44.000 entrées. La Condition est l’adaptation libre – une première pour Jérôme Bonnell – du roman Amours de Léonor de Récondo, magnifique manifeste féministe porté par la grâce de ses trois acteurs principaux, Swann Arlaud, Galatéa Bellugi et Louise Chevillotte. Ce drame en costumes, jamais poussiéreux, mais au contraire furieusement moderne, rend compte encore et toujours de l’inspiration sans limite du cinéaste quand celui-ci prend les femmes comme héroïnes de ses histoires. L’auteur du Chignon d’Olga (2002), des Yeux clairs (2010), de La Dame de trèfle (2010), sans oublier les merveilleux Le Temps de l’aventure (2013) et À trois on y va (2015), se penche sur la relation tumultueuse et surtout violente entre les personnages, en mettant en relief la « bonne conscience » masculine qui dissimule en réalité une agressivité permanente, qui se déchaîne sur les femmes, qui quant à elles doivent accepter d’être dominée, d’être au service, soumise aux pulsions, au désir de ces messieurs. Jérôme Bonnell s’intéresse aux rapports de pouvoirs et donc à l’opposition des sexes, en s’attachant ici à deux femmes opposées sur le plan social, qui contre toute attente réussissent à s’unir face au même croque-mitaine, magistralement interprété par l’immense Swann Arlaud, qui signe une fois de plus une prestation digne de tous les éloges. Assurément, La Condition est un sommet dans la carrière de Jérôme Bonnell, et disons-le, un de ses chefs d’oeuvre.

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Test Blu-ray / Ace Ventura, détective pour chiens et chats, réalisé par Tom Shadyac

ACE VENTURA, DÉTECTIVE POUR CHIENS ET CHAT (Ace Ventura, Pet Detective) réalisé par Tom Shadyac, disponible en Blu-ray le 6 mai 2026 chez ESC Films.

Acteurs : Jim Carrey, Courteney Cox, Sean Young, Tone Loc, Dan Marino, Noble Willingham, Troy Evans, Raynor Scheine, Udo Kier…

Scénario : Jack Bernstein, Tom Shadyac & Jim Carrey

Photographie : Julio Macat

Musique : Ira Newborn

Durée : 1h26

Année de sortie : 1994

LE FILM

Ace Ventura, un jeune homme décontracté à la banane arrogante et à la démarche élastique, est le Sherlock Holmes de la gent canine. Le voici à nouveau sur les dents quand le dauphin Flocon de neige, la mascotte de l’équipe de football américain de Miami, manque à l’appel.

Avant d’exploser littéralement au cinéma en 1994 avec les hits successifs (sur le sol américain déjà) de Ace Ventura, détective pour chiens et chats de Tom Shadyac, The Mask de Chuck Russell et Dumb and Dumber des frères Farrelly, Jim Carrey multipliait les apparitions depuis une dizaine d’années. On retiendra avant sa mise sur orbite sa participation à Peggy Sue s’est mariée de Francis Ford Coppola, mais aussi celles, plus rapides, dans deux films avec Clint Eastwood, La Dernière cible, dernière enquête de l’Inspecteur Harry (un nanar signé Buddy Van Horn) et Pink Cadillac, du même réalisateur, dans lequel le comédien apparaît brièvement sur scène dans une imitation d’Elvis Presley, devant le regard pincé du grand Clint. La série In Living Color de Keenen Ivory Wayans va changer la donne dans un premier temps, puisqu’il y incarne plusieurs rôles au fil de cinq saisons. Mais c’est bel et bien avec Ace Ventura, détective pour chiens et chats que sa carrière va réellement décoller. Produit pour un peu moins de 15 millions de dollars, le film rapporte cinq fois sa mise aux États-Unis. Comédie quasi-inclassable et survoltée, déjantée, hilarante, branchée sur 100.000 volts (directement sur son acteur principal donc), Ace Ventura détonne dans le paysage cinématographique d’alors et parvient à se frayer une place au milieu de Forrest Gump, Le Roi Lion, True Lies, Danger immédiat, Speed, Pulp Fiction, Entretien avec un vampire, La Liste de Schindler, Philadelphia…En 1994, la comédie américaine appartient à Jim Carrey, qui place ses trois films dans le top 20 US. En France, il faudra attendre encore un peu. C’est The Mask qui débarque en premier dans les salles au mois d’octobre. Résultat, presque 4 millions d’entrées chez nous ! Ace Ventura arrive en mars 1995 dans les cinémas hexagonaux. Porté par le triomphe de The Mask, le film de Tom Shadyac parvient à attirer 650.000 spectateurs. Une star internationale est née.

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Test Blu-ray / Animal Totem, réalisé par Benoît Delépine

ANIMAL TOTEM réalisé par Benoît Delépine, disponible en DVD & Blu-ray le 10 avril 2026 chez Ad Vitam.

Acteurs : Samir Guesmi, Olivier Rabourdin, Solène Rigot, Gérard Boucaron, Patrick Bouchitey, Jonas Dinal, Marguerite Ducroquet, Harpo Guit, Pierre Lottin, Marion Martel…

Scénario : Benoît Delépine

Photographie : Hugues Poulain

Musique : Sébastien Tellier

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

De l’aéroport de Beauvais à La Défense, accompagné de sa valise à roulettes, Darius traverse à pied campagnes et banlieues pour mener à bien, et sans empreinte carbone, une mystérieuse mission.

Première infidélité en plus de vingt ans de carrière cinématographique ! Les anciens comparses de Groland, Benoît Delépine et Gustave Kervern, c’est globalement une dizaine de longs-métrages qui sont quasiment tous devenus cultes. Aaltra, Avida, Louise-Michel, Mammuth, Le Grand Soir, Saint Amour, I Feel Good et bien d’autres. Il fallait bien que cela arrive un jour, après un nouveau projet avorté, les deux metteurs en scène ont décidé de vaquer (le temps d’un film) à leurs occupations personnelles. Ainsi, Benoît Delépine se retrouve seul à la barre d’Animal Totem, un nouveau road-movie atypique, quasi-inclassable, à la limite du western, tourné l’été 2024 dans les Hauts-de-France, région natale du réalisateur, autour d’Amiens. Animal Totem va de rencontre de rencontre, comme si le personnage principal, impeccablement campé par l’excellent Samir Guesmi (Au nom de la terre, Camille redouble), débarquait de nulle part, au beau milieu des champs, chargé d’une mission secrète, comme un étrange mélange entre Monsieur Hulot et James Bond. Son but se dévoile petit à petit, certains diront « tout ça pour ça » sûrement, mais le plus important est le voyage, pas la destination comme on dit souvent. Comme toujours poétique, surréaliste, lorgnant même ici sur le fantastique, Benoît Delépine expérimente encore sur le cadre (très large ici, du 3:55 pour être exact), signe sans doute sa meilleure réalisation à ce jour et l’une de ses œuvres les plus attachantes.

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Test Blu-ray / À ma soeur!, réalisé par Catherine Breillat

À MA SOEUR! réalisé par Catherine Breillat, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Anaïs Reboux, Roxane Mesquida, Libero De Rienzo, Romain Goupil, Laura Betti, Arsinée Khanjian, Albert Goldberg…

Scénario : Catherine Breillat

Photographie : Giorgos Arvanitis

Durée : 1h23

Date de sortie initiale : 2001

LE FILM

Anaïs, treize ans, passe ses vacances d’été à La Palmyre, une station balnéaire proche de Royan, en Charente-Maritime. Elle est accompagnée de ses parents et de sa soeur Elena, âgée de quinze ans. Celle-ci tombe amoureuse d’un jeune Italien, Fernando, qui lui fait connaître ses premiers émois sexuels. Anaïs, qui dort dans la chambre de sa soeur, est témoin de leurs ébats amoureux. Cette situation ne manque pas de perturber l’adolescente, d’autant que ses parents paraissent indifférents à son mal-être.

Au début des années 2000, Catherine Breillat enchaîne les tournages. Portée par ce qui sera alors son plus grand succès, Romance (près de 350.000 entrées), la réalisatrice signe À ma sœur !, présenté à la Berlinale et récompensée dans de nombreux autres festivals. Rétrospectivement et de l’aveu même de la réalisatrice, c’est indiscutablement ce long-métrage qui sera considéré comme culte à travers le monde. Pas étonnant, puisqu’il s’agit également d’un de ses meilleurs opus. En partant d’une image, ou plutôt d’une scène à laquelle elle a assisté – celle d’une petite fille au visage angélique, nageant dans une piscine de Taormina, chantant Tous les garçons et les filles de François Hardy, puis sortant de l’eau, exposant (visiblement) sans complexe son obésité, qui contrastait alors avec son visage hypnotique – Catherine Breillat imagine une rivalité naturelle. Celle de deux sœurs, l’une, la plus jeune, en surpoids conséquent, et celle plus âgée de deux années (qui comptent double ou triple à ce moment de l’adolescence), devant laquelle les garçons, même majeurs, se retournent, admirent ses yeux verts de reptiles, sa chevelure flamboyante et ses formes déjà sculpturales. Là-dessus, la cinéaste évoque la perte de la virginité, le désir, la jalousie, l’envie, mais aussi l’ennui qui accompagne souvent ces sentiments pour Catherine Breillat. À ma sœur !, n’est point une dédicace, mais un toast porté à Marie-Hélène Breillat, sa propre sœur donc, et l’on peut imaginer que certains points s’inspirent de la jeunesse de la réalisatrice, qui comme à son habitude aborde la sexualité frontalement, tout en la désacralisant à coups de dialogues, que certains jugeront trop écrits et verbeux, mais qui font indéniablement partie des plus beaux écrits par leur auteure.

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Test Blu-ray / Les Enfants vont bien, réalisé par Nathan Ambrosioni

LES ENFANTS VONT BIEN, réalisé par Nathan Ambrosioni, disponible en DVD & Blu-ray le 8 avril 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Camille Cottin, Juliette Armanet, Monia Chokri, Guillaume Gouix, Manoã Varvat, Nina Birman, Myriem Akheddiou, Frankie Wallach…

Scénario : Nathan Ambrosioni

Photographie : Victor Seguin

Musique : Alexandre de La Baume

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Un soir d’été, Suzanne, accompagnée de ses deux jeunes enfants, rend une visite impromptue à sa sœur Jeanne. Celle-ci est prise au dépourvu. Non seulement elles ne se sont pas vues depuis plusieurs mois, mais surtout Suzanne semble comme absente à elle-même. Au réveil, Jeanne découvre sidérée le mot laissé par sa sœur. La sidération laisse place à la colère lorsqu’à la gendarmerie, Jeanne comprend qu’aucune procédure de recherche ne pourra être engagée : Suzanne a fait le choix insensé de disparaître…

Bon, cette fois c’est confirmé et si pour être honnête nous n’avions plus aucun doute, Les Enfants vont bien confirme que le réalisateur Nathan Ambrosioni (né en 1999) est l’un des nouveaux génies du cinéma français. Il nous avait déjà subjugué avec Les Drapeaux de papier (2018), ébloui avec Toni en famille (2023), il nous hypnotise et émerveille avec Les Enfants vont bien, son cinquième long-métrage, qui fait preuve d’une maturité confondante. D’ailleurs, au passage, on aimerait vraiment découvrir ses deux premiers films, Hostile (2014) et Therapy (2016), alors, si un éditeur lit ce message…Mais pour en revenir à celui qui nous intéresse aujourd’hui, disons que le jeune metteur en scène touche ici au sublime et offre à Camille Cottin, qu’il avait déjà dirigé dans Toni en famille, le plus beau rôle de sa carrière. Incompréhensible que la comédienne n’ait pas été nommée aux César en 2026, mais peut-être que sa position de présidente de la 51è cérémonie l’en a empêché…En l’état, Les Enfants vont bien renvoie au plus grand cinéma français des années 1970-80. On pense surtout à Claude Sautet, qui n’avait pas son pareil pour écrire pour les femmes, pour les filmer, ne serait-ce que la nuque de Romy Schneider dans Les Choses de la vie, ou plus tard Emmanuelle Béart en violoniste dans Un coeur en hiver. Camille Cottin s’impose définitivement dans le cercle des plus grandes actrices de sa génération. Pas étonnant que celle-ci multiplie les projets, y compris de l’autre côté de l’Atlantique, où la série Dix pour cent lui a apporté une certaine renommée. Ainsi, avant de la retrouver aux côtés de Brad Pitt dans The Riders d’Edward Berger (Conclave), elle retrouve pour la deuxième fois Nathan Ambrosioni pour Les Enfants vont bien, drame familial proche du mélo façon Douglas Sirk (le sommet et la référence d’un genre), qui foudroie en plein coeur par sa pudeur et emporte le spectateur dans une spirale ininterrompue d’émotions. Chef d’oeuvre instantané, futur classique en devenir, ruez-vous dessus.

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Test Blu-ray / Nouvelle Vague, réalisé par Richard Linklater

NOUVELLE VAGUE réalisé par Richard Linklater, disponible en DVD & Blu-ray le 25 février 2026 chez ARP Sélection.

Avec : Guillaume Marbeck, Zoey Deutch, Aubry Dullin, Adrien Rouyard, Antoine Besson, Jodie Ruth-Forest, Bruno Dreyfürst, Benjamin Clery…

Scénario : Holly Gent, Laetitia Masson, Vincent Palmo Jr. & Michèle Pétin

Photographie : David Chambille

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Alors que tous ses amis ont déjà eu leur chance de passer derrière la caméra, Jean-Luc Godard attend toujours son tour. L’opportunité va bientôt se présenter, et le voilà embarqué dans le tournage d’À bout de souffle

Il fallait bien que cela arrive, que le tournage d’À bout de souffle de Jean-Luc Godard soit raconté au cinéma à travers une fiction, mais on ne s’attendait pas à ce que cela provienne d’un réalisateur américain. Ce dernier n’est autre qu’un des chouchous de la critique française, Richard Linklater, un des cinéastes les plus prolifiques depuis vingt ans, un des plus éclectiques aussi. Comme nous l’avions déjà dit dans notre critique du génial Bernie, il y a incontestablement ce petit truc qui rappelle les grands réalisateurs hollywoodiens du style Richard Fleischer et Robert Wise chez Richard Linklater. Une envie d’enchaîner les tournages, les projets les plus éloignés et qui pourtant forment une œuvre cohérente. Le texan se retrouve ainsi à la barre de Nouvelle Vague, son premier long-métrage français, réalisé dans la langue de Molière, avec principalement un casting hexagonal. Ainsi, entre une comédie d’action avec Glen Powell et Adria Arjona (Hit Man) et un biopic sur le compositeur Lorenz Hart (Blue Moon), Rochard Linklater pose sa caméra dans les rues de Paris (plus de vingt ans après le chef d’oeuvre Before Sunset) et, soutenu par de merveilleux effets spéciaux, plonge les spectateurs à la fin des années 1950, pour aller à la rencontre des artistes les plus prestigieux, Jean-Luc Godard, Jean Seberg, Jean-Paul Belmondo, François Truffaut, Claude Chabrol, Agnès Varda…ils sont tous là, réunis dans la salle de rédaction des Cahiers du cinéma, où les critiques commencent à voler de leurs propres ailes. C’est cette fois au tour du sieur Jean-Luc, mais pour cela, celui-ci est bien décidé à ne pas faire comme les autres. C’est là que Nouvelle Vague s’avère une œuvre romanesque, remarquablement documenté certes, mais qui laisse aussi la place au fantasme, celui d’un metteur en scène fasciné par ce cinéma, par une époque, par des images surtout, avec lesquelles il a construit sa propre cinéphilie. Il en résulte un formidable hommage, passionnant, drôle, didactique, un vrai cadeau pour les amateurs de septième art très justement récompensé par quatre César (Meilleure réalisation, Meilleurs costumes, Meilleure photographie et Meilleur montage).

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