Test Blu-ray / Le Monstre attaque, réalisé par Ciro Ippolito

LE MONSTRE ATTAQUE (Alien 2 – Sulla Terra) réalisé par Ciro Ippolito, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Belinda Mayne, Mark Bodin, Roberto Barrese, Benedetta Fantoli, Michele Soavi, Valeria Perilli, Danilo Micheli, Claudio Falanga…

Scénario : Ciro Ippolito

Photographie : Silvio Fraschetti

Musique : Guido & Maurizio De Angelis

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Tandis que toutes les radios et télés de San Diego commentent la mystérieuse disparition de deux astronautes lors de leur retour sur Terre, et que d’étranges pierres bleues font leur apparition sur la côte Est, Thelma Joyce s’apprête à une nouvelle exploration souterraine avec son équipe de six spéléologues. Parmi ceux-ci, Burt ramasse un de ces jolis cailloux qu’il offre à sa collègue Jill. Bientôt, les spéléologues s’enfoncent sous terre, hors de portée du monde, loin d’imaginer que la pierre renferme une entité qui les contaminera l’un après l’autre…

Du réalisateur Ciro Ippolito (né en 1947), on connaissait surtout son boulot comme scénariste et de producteur (l’excellent Les Contrebandiers de Santa Lucia I contrabbandieri di Santa Lucia, d’Alfonso Brescia), mais moins son œuvre comme metteur en scène. C’est effectivement lui que l’on retrouve derrière le pseudonyme de Sam Cromwell, exportation oblige, et donc à la barre du Monstre attaque (même si le tournage a été commencé par Biagio Proietti, parti au bout de deux semaines), sorti de façon opportuniste sous le titre Alien 2 sulla Terra. Le film se présente comme une « séquelle » d’Alien, le huitième passager de Ridley Scott, triomphe de l’année précédente. En bon italien qui se respecte dans le monde du cinéma, Ciro Ippolito a immédiatement voulu s’engouffrer dans la brèche et profiter de l’engouement des spectateurs pour la science-fiction. Autant dire que Le Monstre attaque ne joue pas du tout dans la même catégorie que son modèle, reste un outsider mal élevé (car zieutant honteusement sur la copie de son voisin), mais n’en reste pas moins attachant dans ses innombrables défauts. Toutefois, dire que le film est raté serait également mentir, car cet Alien 2 sulla Terra comporte aussi quelques points forts, notamment ses superbes décors naturels, capturés dans les Pouilles, où ont été trouvées les grottes de Castellana, lieu d’action principal de l’intrigue. Résultat des courses, malgré les tentatives de la Fox et des producteurs (dont Walter Hill) d’empêcher sa distribution en menaçant Ciro Ippolito d’attaques en justice (restées sans suite), Le Monstre attaque a connu son petit succès dans le circuit du cinéma Bis, en devenant même un petit film culte. De là à déclarer comme certains qu’il s’agit d’une matrice – à sa façon – d’un autre désormais classique comme The Descent de Neil Marshall, il y a un pas que nous ne franchirons pas et préférons même reculer pour rire tout bas. En l’état, cette production horrifique remplit son contrat et on ne s’ennuie pas devant cette boucherie qui se déroule à 400 mètres de profondeur. Dans le gouffre, personne ne vous entendra rire.

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Test Blu-ray / Effraction, réalisé par Daniel Duval

EFFRACTION réalisé par Daniel Duval, disponible en Blu-ray depuis le 18 novembre 2025 chez Arcadès éditions.

Acteurs : Marlène Jobert, Jacques Villeret, Bruno Cremer, Jean-Pierre Dravel, Robert Darame, Denise Filiatrault, Robert Kramer, Florent Pagny…

Scénario : Daniel Duval & Francis Ryck, d’après le roman de Francis Ryck

Photographie : Michel Cénet

Musique : Maurice Vander

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Lors d’un hold-up qui tourne mal, Valentin tue plusieurs personnes. Il s’enfuit avec un butin confortable et, pourchassé par la police, rencontre un couple dont la femme l’attire irrémédiablement.

Dans le genre polar français passé plus ou moins inaperçu à sa sortie, peu diffusé à la télévision et donc indéniablement oublié aujourd’hui, Effraction est un spécimen. Pourtant, tout était réuni pour que le film connaisse un beau succès dans les salles ou fasse parler de lui plus tard si cela n’avait pas été le cas. Avec une affiche aussi prestigieuse réunissant Bruno Cremer, Marlène Jobert et Jacques Villeret, dirigés par Daniel Duval, Effraction faisait plus qu’envie…Échec cuisant avec à peine 250.000 entrées, Effraction ne méritait assurément pas ce désintérêt du public et même ce rejet dont il a fait l’objet ultérieurement. Nous sommes en avril 1983 et en cette belle année où Arnold Schwarzenegger devient officiellement citoyen américain, Les Dieux sont tombés sur la tête de James Ulys a attiré près de six millions de spectateurs (il restera d’ailleurs sur la première marche du podium), Tootsie fait le plein, Banzaï est un triomphe pour Coluche (même chose pour Tchao Pantin, qui sortira quelques mois après), Le Ruffian sera le dernier pour Lino Ventura, tandis que Sylvester Stallone vient de signer un doublé avec Rambo et Rocky III, L’Oeil du Tigre, qui ont dépassé tous les deux les trois millions d’entrées. Autant dire que le cinéma se porte bien, alors que d’autres mastodontes pointent déjà le bout de leur nez (Les Compères, L’Été meurtrier, Le Marginal, Flashdance, Papy fait de la résistance, Le Retour du Jedi, Octopussy…). Effraction n’apparaît qu’à la 112è place du box-office en 1983, coincé entre La Petite Bande de Michel Deville et Vive la sociale ! de Gérard Mordillat. Il est temps désormais de réhabiliter ce cinquième long-métrage mis en scène par Daniel Duval, qui quatre ans auparavant avait connu un succès international avec La Dérobade, 2,8 millions d’entrées et valu à Miou-Miou le César de la meilleure actrice. Pour Effraction, il adapte le roman éponyme de Francis Ryck, sorti dans la collection Série Noire en 1975, en collaboration avec celui-ci. Ce polar sombre et violent offre à Jacques Villeret l’un de ses rôles les plus inattendus, celui d’un type frappadingue, qui pour donner quelques exemples tue tout le monde à la mitraillette, tète le sein de Marlène Jobert et donne une raclée à Bruno Cremer, tout en faisant un hold-up, grimé avec postiche et fausse moustache et même en escaladant la corniche d’un hôtel comme Bebel. Oui, vous avez bien lu, et en plus le comédien apparaît très crédible dans toutes ces situations, ce qu’on était loin d’imaginer au premier abord. Également thriller psychologique, Effraction joue sur la tension et le malaise qui s’installent une fois que les trois personnages principaux sont réunis au mitan du film. De plus, on y retrouve un romantisme emphatique, exacerbé, propre à l’artiste hyper-sensible qu’était Daniel Duval. C’est tout cela Effraction, une œuvre hybride, qui semble ne pas savoir sur quel pied danser ni où se diriger, mais qui reflète justement ce sentiment de perte de repères des protagonistes. Une belle et grande réussite.

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Test Blu-ray / La Petite, réalisé par Louis Malle

LA PETITE (Pretty Baby) réalisé par Louis Malle, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 14 février 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Brooke Shields, Keith Carradine, Susan Sarandon, Frances Faye, Antonio Fargas, Matthew Anton, Diana Scarwid, Barbara Steele…

Scénario : Louis Malle & Poly Platt

Photographie : Sven Nykvist

Musique : Gerald Wexler

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

1917, Nouvelle-Orléans, dans l’une des maisons de tolérance du quartier chaud de Storyville. Après avoir assisté à l’accouchement de Hattie, sa mère prostituée, la jeune Violet fait la connaissance de Bellocq, un artiste qui arrache à la patronne de l’établissement où elle vit l’autorisation d’y photographier ses pensionnaires. Bien que celui-ci se lie d’amitié avec Violet, il n’en garde pas moins ses distances avec elle.

La Petite ou Pretty Baby est le premier film américain de Louis Malle (1932-1995). Après la polémique qui a accompagné la sortie de Lacombe Lucien, pour lequel le cinéaste était accusé (aussi bien par la droite que par la gauche) de légitimer les actions d’un collabo, Louis Malle commence à recevoir quelques propositions provenant d’outre-Atlantique. Avant cela, il signe l’étrange Black Moon, coproduit avec l’Allemagne de l’Ouest, qui déconcerte le public et se solde par un échec cuisant dans les salles, par ailleurs le premier du réalisateur. Celui-ci reçoit alors une offre sérieuse de la Paramount, qui lui accorde les « pleins pouvoirs » et carte blanche pour sa première aventure aux États-Unis. Ce sera donc La Petite, d’après un scénario de l’éclectique Polly Platt, tour à tour costumière (Les Anges sauvages de Roger Corman et sur quelques films de son mari Peter Bogdanovich), productrice et autrice (La Cible). Polly Platt développe l’idée du film après avoir rencontré Louis Malle et appris son amour pour la musique jazz de la Nouvelle-Orléans, qui faisait partie intégrante de Storyville, quartier historique du centre-ville, au début du 20e siècle. Platt base son récit sur la vie d’une jeune fille forcée à la prostitution par sa mère, racontée dans le livre de l’historien Al Rose de 1974, Storyville, New Orleans: Being an Authentic Illustrated Account of the Notorious Red-Light District, ainsi que sur la vie du photographe Ernest Bellocq, qui a photographié diverses prostituées de la Nouvelle-Orléans au début du 20e siècle à la même période. Suite à sa performance remarquée dans Taxi Driver, le studio souhaite ardemment confier le rôle de Violet à Jodie Foster. Cependant, Malle rejette l’idée, estimant que le rôle ne pouvait être interprété que par une jeune fille de 12 ans, alors que Foster en avait 14. Brooke Shields, jeune mannequin qui avait fait ses débuts au cinéma l’année précédente dans Alice, Sweet Alice, fait la rencontre de Louis Malle et de la scénariste du film, au cours de laquelle ils lui posent principalement des questions sur sa vie. Afin de s’assurer que la jeune fille était capable de comprendre le sujet, Louis Malle et Polly Platt lui demandent également si elle sait ce qu’est la prostitution. Brooke Shields de répondre qu’elle avait grandi à New York et avait observé des prostituées à Times Square. La Petite ne serait rien sans l’extraordinaire composition de la jeune comédienne. Louis Malle, visiblement fasciné par sa photogénie, la filme sous tous les angles (ce qui lui sera reproché) et s’avère quasiment de tous les plans, ou tout du moins de toutes les scènes. Sublime objet de cinéma, La Petite est un véritable voyage dans le temps, marqué par la beauté incommensurable de la photographie signée par le virtuose Sven Nykvist (Le Facteur sonne toujours deux fois, Le Locataire, L’Oeuf du serpent, Persona), qui sur le papier a tout pour instaurer le malaise, mais qui se révèle être un chef d’oeuvre bienveillant, ambitieux, sulfureux évidemment, mais suprêmement élégant et surtout passionnant.

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Test Blu-ray / La Créature du cimetière, réalisé par Ralph S. Singleton

LA CRÉATURE DU CIMETIÈRE (Graveyard Shift) réalisé par Ralph S. Singleton, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 14 février 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : David Andrews, Kelly Wolf, Stephen Macht, Andrew Divoff, Vic Polizos, Brad Dourif, Robert Alan Beuth, Ilona Margolis…

Scénario : John Esposito, d’après la nouvelle Poste de nuit de Stephen King

Photographie : Peter Stein

Musique : Brian Banks & Anthony Marinelli

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1990

LE FILM

Le propriétaire d’une vieille usine de textile décide d’engager quelques ouvriers pour nettoyer la cave, encombrée d’un bric-à-brac et envahie par les rats. Mais l’un des travailleurs, effrayé par quelque chose, trébuche et périt broyé dans une machine. Un singulier dératiseur, Tucker Cleveland, entre alors en action…

Où se place La Créature du cimetièreGraveyard Shift dans les adaptations de Stephen King au cinéma et à la télévision ? Nous sommes en 1990 et Simetierre Pet Semetary de Mary Lambert vient de remporter un très grand succès dans le monde entier. Alors que Ça / « Il » est revenuStephen King’s It, mini-série en deux parties réalisée par Tommy Lee Wallace est sur le point d’être diffusée sur ABC et de traumatiser la première génération de téléspectateurs, une autre transposition du maître de l’horreur voit le jour, celle de la nouvelle Poste de nuit, tirée du recueil Danse macabre, mais écrite en 1970, ce qui en fait une œuvre de jeunesse de l’auteur, qui s’inspirait de son expérience dans une filature de textile infestée par les rats. Surfant ouvertement sur le triomphe de Simetierre, Graveyard Shift, autre production Paramount, ne connaîtra pas le même engouement, de la critique comme du public. Remboursant tout juste son budget de 10 millions de dollars, La Créature du cimetière passe plus ou moins inaperçu et le film restera obscur, même encore aujourd’hui. Pourtant, il s’agit d’une honnête série B, emballée par Ralph S. Singleton, alors solide assistant-réalisateur ayant oeuvré sur quelques films de prestige (Un justicier dans la ville, Les 3 jours du Condor, Taxi Driver, Le Prête-nom, Network : Main basse sur la TV), mais également comme assistant de production (Klute, French Connection) et surtout en tant que producteur à succès (Cagney et Lacey, Kojak). Une belle carte de visite qui lui permet de prendre les manettes de La Créature du cimetière, d’autant plus qu’il était lui-même producteur associé sur…Simetierre. Ralph S. Singleton signe son unique long-métrage comme metteur en scène, après s’être fait la main sur deux épisodes de Cagney et Lacey. Si la réalisation ne brille pas de mille feux dans La Créature du cimetière, ce petit film d’épouvante remplit son contrat, sans se forcer, mais avec une certaine efficacité, en exploitant habilement un décor réduit, renforçant ainsi une impression d’étouffement qui se resserre sur les personnages dans une deuxième partie assez généreuse en hémoglobine. S’il n’est assurément pas indispensable, Graveyard Shift saura contenter les aficionados du King, toujours curieux de voir les écrits de leur auteur favori prendre vie sur le petit comme sur le grand écran.

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Test Blu-ray / Escape From the 21st Century réalisé par Li Yang

ESCAPE FROM THE 21ST CENTURY (Cong 21 Shi Ji an Quan Che Li) réalisé par Li Yang, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 14 février 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Zhang Ruoyun, Yang Song, Zhu Yanmanzi, Elane Zhong, Leon Lee, Wu Xiaoliang, Wen Zhengrong, Shi Liang…

Scénario : Li Yang

Photographie : Saba Mazloum

Musique : Hu Xiao’ou

Durée : 1h38

Année de sortie : 2024

LE FILM

En 1999, trois adolescents se retrouvent plongés dans des déchets chimiques qui leur confèrent une capacité unique : lorsqu’ils éternuent, leur conscience voyage 20 ans dans le futur. C’est pour eux le début d’une vertigineuse aventure dont l’enjeu n’est ni plus ni moins que la survie du monde…

Il y a des films dont les « pitchs » (goût fraise, les meilleurs) font envie quand on les lit. C’est le cas pour Escape from the 21st Century, le premier long-métrage réalisé en solo par le cinéaste Yang Li. Puis, le générique envoie du lourd et l’on se dit que la promesse va être tenue. Le film démarre (voix de journaliste grolandais) « Et là, c’est le drame ! ». Si beaucoup ont toujours eu beaucoup de mal à rester plus de deux heures devant un film de Michael Bay, dites-vous qu’à côté de Yang Li, le réalisateur d’Armageddon et de Transformers c’est Robert Bresson. C’est bien simple, on ne comprend rien, absolument plus rien, alors que le film n’a commencé que depuis…cinq minutes. Et cela n’ira pas en s’arrangeant. Sur un montage frénétique, débridé (non, n’y voyez aucun jeu de mots qui pourrait être mal interprété), hystérique, les images se succèdent comme si un individu atteint de la maladie de Parkinson s’emparait d’une télécommande pour zapper et échapper à Quotidien et TBT9. Si vous avez moins de vingt piges (ce qui est loin d’être le cas si vous lisez cette critique, vous seriez déjà passé à autre chose), vous y trouverez peut-être votre compte. 25 ans à la rigueur, après quelques shots de vodka. Si vous avez atteint la trentaine, il est fort possible que vous ressentiez quelques relâchements du sphincter. Au-delà, ce n’est même plus permis. Vos yeux se révulsent, votre bouche se met en O et laisse couler la bave à gros bouillons, vos muscles sont tétanisés et vous tentez par tous les moyens possibles d’arrêter le massacre. Vous voilà prévenus…

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Test Blu-ray / Les Keufs, réalisé par Josiane Balasko

LES KEUFS réalisé par Josiane Balasko, disponible en DVD & Blu-ray le 17 février 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Josiane Balasko, Isaach De Bankolé, Jean-Pierre Léaud, Ticky Holgado, Jean-Marie Marion, Patrick Pérez, Florent Pagny, Patrick Olivier…

Scénario : Christian Biegalski, Jean-Bernard Pouy & Josiane Balasko

Photographie : Dominique Chapuis

Musique : Francis Agbo, Raoul Agbo, Manu Dibango & Stéphane Sirkis

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1987

LE FILM

Mireille Molyneux, inspectrice de police, traque sans relâche les proxénètes. Avec la complicité de Yasmine, une prostituée, elle arrête Charlie, son souteneur. Pour se venger de Mireille, Jean-Pierre, un autre proxénète, l’accuse de corruption. Elle fait alors l’objet d’une enquête de deux inspecteurs de l’IGS : Blondel et Lacroix. Peu après, Charlie est relâché, faute de preuves. Pour garder Yasmine, il enlève son fils et menace de le tuer.

Si elle n’avait pas prévu de retourner derrière la caméra, du moins jusqu’à présent et ce malgré le joli score rencontré par Sac de nœuds dans les salles (près de 650.000 entrées), Josiane Balasko accepte finalement de réaliser Les Keufs, son second long-métrage. D’après un scénario qu’elle a coécrit avec Christian Biegalski (Scout toujours…), avec le concours de l’auteur Jean-Bernard Pouy (le créateur du Poulpe), la metteuse en scène parvient à trouver cet équilibre délicat entre la comédie et l’intrigue policière. On retrouve donc ce réalisme – on y parle d’addiction à la drogue, du Sida, du racisme – déjà à l’oeuvre dans Pinot simple flic, auquel Christian Biegalski avait d’ailleurs participé, ainsi que le côté polar populaire de gauche qui a fait la marque de fabrique de Jean-Bernard Pouy. À cela s’ajoutent la gouaille et l’énergie dévastatrice de Josiane Balasko, qui soigne comme d’habitude chacun de ses seconds rôles, tous plus marquants les uns que les autres. Mais Les Keufs repose il est vrai sur l’alchimie explosive avec son partenaire, le génial Isaach de Bankolé, tout juste révélé par Black Mic-Mac de Thomas Gilou, qui venait de cartonner avec 1,2 million de spectateurs. S’il est un peu difficile d’en résumer l’intrigue, qui au final importe peu, Les Keufs reste un savoureux moment, ponctué par de fabuleux mots d’auteur et qui compile de formidables numéros de comédiens. À ce titre, Jean-Pierre Léaud, très justement nommé pour le César du meilleur second rôle, emporte facilement la mise. On ne l’avait jamais vu ainsi et on ne le reverra plus jamais comme cela après Les Keufs, dans lequel il incarne l’explosif commissaire Bouvreuil. Joli succès à sa sortie (la barre du million d’entrées ayant été dépassé), Les Keufs, dont le titre paraissait obscur à une bonne partie du public à l’époque, n’a pas volé son statut de petit film culte.

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Test Blu-ray / Signes extérieurs de richesse, réalisé par Jacques Monnet

SIGNES EXTÉRIEURS DE RICHESSE réalisé par Jacques Monnet, disponible en DVD & Blu-ray le 17 février 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Claude Brasseur, Josiane Balasko, Jean-Pierre Marielle, Roland Giraud, Xavier Saint-Macary, Jean-François Rémi, Hélène Arié, Eva Harling, Pascale Ogier, Charlotte de Turckheim …

Scénario : Alain Godard & Jacques Monnet

Photographie : Philippe Welt

Musique : Eric Bouad & Johnny Hallyday

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Patron d’une clinique vétérinaire parisienne de renom, Jean-Jacques Lestrade habite un luxueux appartement et fréquente le Tout-Paris en compagnie de jeunes femmes, s’en remettant à son comptable Jérôme Bouvier, pour gérer ses finances. Tout va bien jusqu’au jour où débarque dans sa clinique Béatrice Flamand, une inspectrice des impôts.

Un mois après avoir fait une apparition rapide dans Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré, Josiane Balasko revient au cinéma, cette fois en haut de l’affiche, qu’elle partage avec Claude Brasseur, pour Signes extérieurs de richesse. La comédienne tourne ce film entre Le Père Noël est une ordure et La Smala, et retrouve Jacques Monnet (né en 1934) pour la seconde fois après le très beau Clara et les chics types, dans lequel elle donnait – entre autres – la réplique à Christian Clavier et Thierry Lhermitte. Elle continue de s’affranchir du Splendid et s’empare avec talent de ce rôle formidable, tout en tenant la dragée haute à son illustre partenaire. Celui-ci multiplie alors les tournages avec parfois quatre ou cinq films par an, donne volontiers et généreusement la réplique à la nouvelle génération, le box-office étant plus moins stable, surtout depuis le triomphe des deux épisodes de La Boum de Claude Pinoteau. Signes extérieurs de richesse, qui a franchi la barre du million de spectateurs, témoigne de l’alchimie entre Claude Brasseur et Josiane Balasko, merveilleusement soutenus par un Jean-Pierre Marielle au top de sa forme et d’une ribambelle de seconds rôles solidement écrits par Jacques Monnet et Alain Godard (Dracula père et fils, Je suis timide mais je me soigne, Coup de tête, C’est pas moi, c’est lui). Un classique de la comédie française, diffusé moult fois à la télévision et qui demeurait jusqu’à présent inédit en DVD et en Blu-ray !

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Test Blu-ray / Le Cri des ténèbres, réalisé par William Fruet

LE CRI DES TÉNÈBRES (Cries in the Night – Funeral Home) réalisé par William Fruet, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 14 février 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Kay Hawtrey, Lesleh Donaldson, Barry Morse, Stephen E. Miller, Dean Garbett, Alf Humphreys, Peggy Mahon, Harvey Atkin…

Scénario : Ida Nelson

Photographie : Mark Irwin

Musique : Jerry Fielding

Durée : 1h28

Année de sortie : 1980

LE FILM

Heather, 18 ans, va passer l’été chez sa grand-mère, qu’elle n’a pas revue depuis longtemps. Celle-ci vient de transformer sa demeure, située près d’un lac, en maison d’hôtes. Les clients commencent à arriver. Certains disparaissent, tandis que d’autres sont assassinés.

Alfred Hitchcock n’a eu de cesse et continue d’ailleurs d’inspirer les metteurs en scène. David Fincher, Clint Eastwood, Roman Polanski, Brian De Palma, Curtis Hanson, Claude Chabrol, François Truffaut, René Clément et bien d’autres ont tous un peu voire beaucoup de « Hitch » dans l’ADN de leur cinéma. Mais s’il y a bien une œuvre à laquelle on revient très souvent, et ce peu importe le type de productions (séries A, B et Z confondues donc), c’est bel et bien PsychosePsycho (1960). Le Cri des ténèbresCries in the Night, également connu sous le titre Funeral Home, n’y échappe pas. La même année que Vendredi 13Friday the 13th de Sean S. Cunningham, Le Bal de l’horreurProm Night de Paul Lynch et Le Monstre du trainTerror Train de Roger Spottiswoode, un certain William Fruet prenait les manettes de ce Cri des ténèbres, accompagné de critiques très mitigées à sa sortie (qui lui reprochaient justement de trop plagier Psychose) et qui s’est soldé par un échec commercial retentissant. Bon, il est vrai que la révélation finale fait pschitt et se devine quasiment instantanément si le spectateur possède les codes (ou même s’il n’est pas beurré) et qu’il ne se passe pas grand-chose durant 85 minutes…Néanmoins, on ne peut que constater que le réalisateur William Fruet, connu pour Week-end sauvageDeath Weekend (1976), L’Exterminateur Search and Destroy (1979) et SpasmesSpasms (1983) avec Peter Fonda et Oliver Reed, soigne ses plans et sait surtout diriger ses comédiens, tous excellents et même bien meilleurs que ceux qui peuplaient habituellement les slashers et autres films d’épouvante de l’époque. Anecdotique, mais Le Cri des ténèbres reste un divertissement honnête.

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Test Blu-ray / Les Sables du Kalahari, réalisé par Cy Endfield

LES SABLES DU KALAHARI (Sands of the Kalahari) réalisé par Cy Endfield, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 21 janvier 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Stanley Baker, Stuart Whitman, Susannah York, Harry Andrews, Theodore Bikel, Nigel Davenport, Nigel Kingsley, Barry Lowe…

Scénario : Cy Endfield, d’après le roman de William Mulvihill

Photographie : Erwin Hillier

Musique : John Dankworth

Durée : 1h59

Année de sortie : 1965

LE FILM

En Afrique du Sud, un bimoteur contenant sept personnes s’écrase dans le désert du Kalahari. L’entraide devient alors la principale motivation de survie pour les survivants. Mais les vivres vont bientôt se raréfier et le moment de faire un choix de conscience va devoir s’imposer…

C’est ce qui s’appelle un choc, un uppercut, qui nous laisse chaos et dans cet état second bien longtemps après la projection, pour ne pas dire définitivement. Les Sables du KalahariSands of the Kalahari est l’un des films les plus percutants et les plus inoubliables du réalisateur Cyril Raker Endfield aka Cy Endfield (1914-1995), scénariste, metteur en scène de théâtre et de cinéma, écrivain, magicien, et inventeur américain. Une longue carte de visite pour cet artiste méconnu dont les films les plus célèbres restent Train d’enferHell Drivers (1957), Jet Storm (1959), L’Île mystérieuseMysterious Island (1961), avec les merveilleux effets spéciaux de Ray Harryhausen, et ZoulouZulu (1964), tous ayant presque pour point commun le comédien britannique Stanley Baker (1928-1976), également vu chez Lucio Fulci (Le Venin de la peur), Peter Hall (L’Arnaqueuse), Joseph Losey (Accident, Eva, Les Criminels) et Peter Yates (Robbery). Suite au triomphe international de Zoulou, le cinéaste et son acteur fétiche prennent le contre-pied de cette superproduction avec Les Sables du Kalahari, survival concentré uniquement sur une demi-douzaine de personnages et ce durant quasiment l’intégralité du long-métrage. Cette nouvelle production Joseph E. Levine (Les Travaux d’Hercule, Les Mille et une nuits, Nevada Smith) est indéniablement l’un des films les plus ambitieux des années 1960 et livre une vision complètement pessimiste sur la nature humaine. À l’origine de cette adaptation du roman de William Mulvihill, Stanley Baker, co-producteur, souhaitait donner la réplique à son ami d’enfance Richard Burton, et à l’épouse de ce dernier, Elizabeth Taylor. Cela aurait pu se faire, si celle-ci, alors réticente à l’idée de tourner en Afrique, n’avait pas demandé un cachet bien trop supérieur à ce que le producteur était prêt à débourser. Exit donc le couple star, puis George Peppard, qui a le vent en poupe depuis Diamants sur canapéBreakfast at Tiffany’s de Blake Edwards est engagé, auprès de Susannah York. Cependant, après une journée de tournage, l’acteur est remercié (il part tourner Le Crépuscule des aiglesThe Blue Max de John Guillermin), puis se voit remplacer par Stuart Whitman. Tourné dans le véritable désert du Kalahari, situé entre le Botswana, la Namibie et l’Afrique du Sud, et dans les studios (plus confortables) Shepperton à Londres et dans ceux d’Almeria en Espagne, Les Sables du Kalahari est une expérience immersive et inoubliable, où l’homme réduit à sa condition d’animal, est prêt à tout pour survivre et donc à tuer son semblable. Celles et ceux qui ont vu cette dernière collaboration Endfield-Baker ne l’ont jamais oublié et pour cause, Sands of the Kalahari s’inscrit de manière indélébile dans la mémoire des cinéphiles.

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Test Blu-ray / Les Jeunes années d’une reine, Sissi, Sissi Impératrice & Sissi face à son destin, réalisés par Ernst Marischka

LES JEUNES ANNÉES D’UNE REINE, SISSI, SISSI IMPÉRATRICE & SISSI FACE À SON DESTIN (Mädchenjahre einer Königin, Sissi, Sissi, die junge Kaiserin &
Sissi, Schicksalsjahre einer Kaiserin)
réalisés par Ernst Marischka, disponible en Coffret Blu-ray depuis le 18 novembre 2025 chez Rimini Editions & Arcadès.

Acteurs : Romy Schneider, Karlheinz Böhm, Magda Schneider, Uta Franz, Gustav Knuth, Vilma Degischer, Josef Meinrad, Erich Nikowitz, Walther Reyer, Senta Wengraf, Iván Petrovich, Helene Lauterböck…

Scénario : Ernst Marischka

Photographie : Bruno Mondi

Musique : Anton Profes

Durée : 1h45, 1h40, 1h41 & 1h44

Année de sortie : 1954, 1955, 1956 & 1957

LES FILMS

Les Jeunes années d’une reine (1954): Londres en 1837, panique au palais royal ! La jeune souveraine Victoria a disparu sans souci du protocole. Lors de cette fugue, elle vit la première romance de sa vie… Dans une somptueuse et fort colorée reconstitution de la cour d’Angleterre, voici le film qui précéda et inspira la célèbre série des « Sissi ».

Sissi (1955) :
La jeune Sissi accompagne à la cour impériale d’Autriche sa mère et sa soeur aînée Hélène promise au futur empereur. Comme à son habitude Sissi profite d’un moment en solitaire pour partir en promenade au cours de laquelle elle va rencontrer sans le savoir l’héritier impérial…


Sissi impératrice (1956):
Sissi est maintenant l’impératrice d’Autriche-Hongrie après son mariage avec l’empereur François-Jospeh. Toutefois, le pesant protocole et la sévérité de l’archiduchesse Sophie contraignent fortement sa nature spontanée. Quand la jeune femme met au monde une petite fille, sa joie est de courte durée puisque Sophie décide de lui en retirer la garde. Désabusée, Sissi se réfugie en Bavière chez ses parents.



Sissi face à son destin (1957) :
L’Empire est agité par des révolutionnaires hongrois mécontents de leurs attachements à la Maison d’Autriche. Sissi décide son époux à partir en Hongrie afin de calmer les esprits…

C’est peu dire que le réalisateur autrichien Ernst Marischka (1893-1963) a eu une intuition…En 1953, Rosemarie Magdalena Albach n’a que quinze ans. Elle quitte le pensionnat et rejoint sa mère, Magda Schneider, pour le tournage de Quand refleuriront les lilas blancsWenn der weiße Flieder wieder blüht de Hans Deppe, pour lequel elle avait passé des essais concluants et sur lequel elle est ensuite engagée comme actrice, pour la première fois de sa vie. C’est un succès immédiat, les spectateurs se prennent d’affection pour cette merveilleuse jeune comédienne à la photogénie renversante, au point où celle-ci éclipse sa propre génitrice. C’est sur le plateau de son second film, Feu d’artifice Feuerwerk de Kurt Hoffmann, que Romy Schneider (qui gardera désormais ce pseudonyme) rencontre Ernst Marischka. Il lui offre le rôle principal des Jeunes Années d’une reineMädchenjahre einer Königin, qu’il avait pourtant décidé de confier à Sonja Ziemann. C’est une nouvelle étape pour l’actrice, qui incarne la reine d’Angleterre Victoria à l’âge de 18 ans, l’action se déroulant en 1837, lors de son accession au trône. Peu de temps avant le décès de son oncle, la jeune Victoria apprend qu’elle est l’héritière du trône britannique. Commence alors pour elle l’apprentissage de sa nouvelle fonction avec l’aide du Premier ministre whig Lord Melbourne. Dans le même temps, sa mère, son oncle le roi des Belges et même Lord Melbourne se donnent pour mission de marier la jeune reine, chacun imposant son prétendant. Lasse, Victoria quitte Londres le soir de son repas d’anniversaire pour aller à Paris, là où elle pense pouvoir faire une étude approfondie de tous les jeunes gens. Seulement, le mauvais temps la contraint à s’arrêter dans une auberge à Douvres, là où se trouve également le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, un des trois prétendants sur la liste. Les jeunes gens vont alors faire connaissance, chacun cachant soigneusement son identité…

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