Test Blu-ray / La Vénus électrique, réalisé par Pierre Salvadori

LA VÉNUS ÉLECTRIQUE réalisé par Pierre Salvadori, disponible en DVD et Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons, Gustave Kervern, Romain Lefebvre, Pätrice Tepasso, Charline Cerri…

Scénario : Pierre Salvadori, Benoît Graffin & Benjamin Charbit, d’après une idée de Robin Campillo & Rebecca Zlotowski

Photographie : Julien Poupard

Musique : Camille Bazbaz

Durée : 2h02

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Paris, 1928. Exploitée par Titus, Suzanne est la “Vénus electrificata” dans une foire. Un soir, alors qu’elle s’est glissée dans une caravane de voyante, un homme ivre mort, le peintre Antoine Balestro, lui demande de le mettre en contact avec sa défunte femme, Irène. Elle le fait. Il y croit, et promet beaucoup d’argent pour une autre séance. Suzanne se rend chez lui. Armand, qui est à la fois l’ami et le vendeur d’Antoine, surprend l’imposture. Choqué, il congédie Suzanne… puis la rattrape quand il s’aperçoit qu’Antoine s’est remis à peindre. Il l’embauche pour continuer.

Soyons honnêtes, cela fait longtemps qu’un film de Pierre Salvadori (né en 1964) n’est plus « attendu au tournant », si tant est que son cinéma l’ait été un jour. Les Apprentis a déjà plus de trente ans au compteur, son plus grand hit (Hors de prix, 2,2 millions d’entrées) affiche deux décennies au compteur et ses opus suivants n’ont guère laissé de souvenirs, même aux cinéphiles les plus aguerris. En liberté ! peut-être, qui avait frôlé la barre des 800.000 spectateurs, mais il n’en reste pas grand-chose aujourd’hui. Après avoir connu l’un de ses plus gros échecs en 2022 (La Petite bande, 115.000 entrées, aïe), le réalisateur revient avec un projet plus ambitieux, La Vénus électrique, dont le budget n’a pas été rendu public, mais avoisine sûrement les 15 millions d’euros. Pour son premier film dit historique, Pierre Salvadori convoque quatre comédiens français au nom porteur, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Pio Marmaï et Vimala Pons, casting royal qui a permis à ce onzième long-métrage d’aller jusque sur la Croisette, où il allait avoir les honneurs d’ouvrir le Festival de Cannes en 2026. La Vénus électrique compile tout ce qui a fait la renommée et parfois même le succès de son auteur, dont les œuvres ont souvent comme dénominateur commun le mensonge, les faux-semblants et la dissimulation. Cependant, le résultat est cette fois en demi-teinte. Rien à redire du point de vue formel, la photographie de Julien Poupard (Le Prix du succès, Les Ogres, Divines, L’Innocent) est clinquante à souhait, la reconstitution très convaincante, les décors superbes, les costumes éclatants, mais la mécanique tourne quelque peu à vide, ou plutôt disons que l’on connaît assez la ritournelle pour savoir constamment où le metteur en scène va nous mener dans la scène suivante. L’enchaînement des scènes se fait façon poussive, un ennui poli s’installe. Attention, La Vénus électrique n’est assurément pas un film déplaisant à regarder, mais de la part d’un cinéaste chevronné comme Pierre Salvadori, la déception est de mise en raison aussi de son manque d’émotion, du manque de naturel des scènes dramatiques. Si la critique s’est emballée, l’accueil du public a été beaucoup plus mitigé et le résultat au box-office a été là encore significatif, puisque seulement 645.000 spectateurs auront répondu présent, ce qui compte tenu de son coût de production reste bien en-dessous des espérances.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / La Vénus électrique, réalisé par Pierre Salvadori »

Test Blu-ray / Romería, réalisé par Carla Simón

ROMERÍA réalisé par Carla Simón, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Ad Vitam.

Acteurs : Tristán Ulloa, José Ángel Egido, Llúcia Garcia, Mitch Martín, Celine Tyll, León Romagosa, Hans Romagosa, Marina Troncoso…

Scénario : Carla Simón

Photographie : Hélène Louvart

Musique : Ernest Pipó

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

La jeune étudiante Marina, enfant adoptée, recherche des papiers administratifs pour s’inscrire à l’université, en école de cinéma. S’ensuit alors la longue histoire de la vie de sa famille d’origine, ses secrets et ses drames, qu’elle découvre au fur et à mesure de ses recherches, dans un voyage initiatique sur les traces de sa propre histoire, dans la ville galicienne de Vigo.

C’est un coup d’éclat, un coup de foudre, un coup au coeur et à l’âme que ce troisième long-métrage de Carla Simón (née en 1986), révélée en 2017 avec Été 93, largement récompensé à travers le monde. À l’instar de ses œuvres précédentes, la réalisatrice s’inspire de ses parents biologiques, décédés du sida, leur disparition prématurée ayant forcément laissé de nombreuses questions, qui n’auront sans doute jamais de réponse. À travers son art, Carla Simón n’a eu de cesse d’aller à la recherche de ce qui lui manque, de recréer un passé qu’elle n’a pas connu, celui de ceux qui lui ont donné la vie et qui sont morts quand elle avait trois ans (pour son père) et six ans (en ce qui concerne sa mère). Romería cristallise tout ce que la cinéaste avait fait jusqu’à présent et apparaît comme un film-somme définitif, comme une conclusion cohérente après Été 93 – Estiu 1993 et Nos soleils – Alcarràs (2022, récompensé par l’Ours d’or), mais aussi quelques-uns de ses courts-métrages, notamment Llacunes (2016), qui est plus ou moins « intégré » à Romería et ce dès l’introduction. La réalisatrice catalane atteint les sommets avec Romería, sélectionné en compétition officielle de la 78e édition du Festival de Cannes en 2025, chef d’oeuvre de 2026, cadeau pour les cinéphiles, expérience sensorielle à part entière, qui révèle une jeune actrice exceptionnelle, Llúcia Garcia (née en 2006), dont on entendra très certainement parler dans le futur. Retenez bien ce nom.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Romería, réalisé par Carla Simón »

Test Blu-ray / Deux mâles pour Alexa, réalisé par Juan Logar

DEUX MÂLES POUR ALEXA (Fieras sin jaula) réalisé par Juan Logar, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 octobre 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Juan Luis Galiardo, Curd Jürgens, Rosalba Neri, Emma Cohen, Eduardo Calvo, Franco Marletta, Mario Della Vigna, Manolo Otero…

Scénario : Francesco Campitelli & Juan Logar

Photographie : José F. Aguayo & Igino Fiorentini

Musique : Piero Piccioni

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

La jeune et jolie Alexa accepte d’épouser le riche et vieillissant Roland selon un pacte tacite : il entretient son oisiveté et elle le laisse profiter de sa jeunesse. Mais lorsque Alexa entame une relation torride avec le vigoureux Pierre, Roland prépare sa vengeance. Il invite les deux amants dans une de ses villas en Normandie.

Depuis dix ans, si vous nous suivez (et nous vous en remercions grandement), nous n’avons jamais caché notre admiration pour la comédienne Rosalba Neri (née en 1939), vue dans À la recherche du plaisir de Silvio Amadio, Furie au Missouri d’Alfonso Brescia, Hercule contre les vampires de Mario Bava, Opération Re Mida (Lucky l’intrépide) et 99 femmes de Jess Franco, Lady Frankenstein de Mel Welles et Ursus l’invincible de Gianfranco Parolini…Aussi bien demandée en Italie qu’en Espagne, la comédienne, qui a tout de même tourné avec Roberto Rossellini, Raoul Walsh, Anthony Mann, Lucio Fulci et bien d’autres, s’en va cette fois de l’autre côté des Pyrénées pour un thriller domestique, faussement vendu sous l’étiquette d’un giallo de machination ibérique. Deux mâles pour Alexa, connu également sous les titres Fauves en liberté ou Prison de fauves, ou bien encore Fieras sin jaula (« fauves sans cage ») et Due Maschi per Alexa, est une ode à Rosalba Neri, qui crève l’écran, le pulvérise par son talent, sa beauté, son érotisme insolent. Le scénario malin coécrit par le réalisateur et Francesco Campitelli, habituellement production manager (La Grosse pagaille, Devilman le diabolique), se concentre essentiellement sur un trio de personnages, pris dans une spirale sexuelle, dont personne ne sortira indemne. Grosse surprise, alors que le premier tiers du film n’est pas encore terminé, énorme rebondissement qui rebat les cartes. Le cinéaste entreprend de raconter ce qui s’est déroulé quelques mois auparavant, pour expliquer comment les protagonistes en sont arrivés là. On retiendra quelques scènes bien perverses, ainsi que le corps nu de Rosalba Neri, excellemment photographié par Igino Fiorentini (Maintenant, on l’appelle Plata, Cul et chemise) et José F. Aguayo (Le Couteau de glace, El Pico et sa suite), qui demeure la grande attraction de ces Deux mâles pour Alexa.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Deux mâles pour Alexa, réalisé par Juan Logar »

Test Blu-ray / Les Mains dans les poches, réalisé par Stephen Verona & Martin Davidson

LES MAINS DANS LES POCHES (The Lords of Flatbush) réalisé par Stephen Verona & Martin Davidson, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 3 décembre 2025 chez Colored Films.

Acteurs : Perry King, Sylvester Stallone, Henry Winkler, Paul Mace, Susan Blakely, Maria Smith, Renee Paris, Paul Jabara…

Scénario : Stephen Verona, Gayle Gleckler & Martin Davidson

Photographie : Joseph Mangine & Edward Lachman

Musique : Joseph Brooks

Durée : 1h24

Année de sortie : 1974

LE FILM

Des jeunes d’un quartier de Brooklyn se réunissent et forment un gang. S’ils réussissent à affronter les problèmes ensemble plus facilement, ils doivent néanmoins surmonter de nouveaux obstacles.

On a tendance à penser que Les Mains dans les poches –The Lords of Flatbush marque la première apparition au cinéma de Sylvester Stallone, le film étant vendu sous cet argument depuis longtemps. En réalité non, puisque le comédien avait fait quelques panouilles dans Bananas de Woody Allen (voir la scène dans le métro), dansait dans The Sidelong Glances of a Pigeon Kicker de John Dexter et dans Klute d’Alan J. Pakula. Mais en dehors d’autres rôles non crédités (comme dans La Descente infernale de Michael Ritchie et Lune de miel aux orties de Cy Howard), Sylvester Stallone démarre les années 1970 par The Party at Kitty and Stud’s, qui sera rebaptisé L’Étalon italien – The Italian Stallion après le triomphe de Rocky. Un film cu-culte qui était loin de laisser penser que la carrière de l’acteur allait prendre son envol quelques années plus tard. 1973, il obtient le rôle principal de Rebel – No Place to Hide de Robert Allan Schnitzer, thriller qui passe inaperçu et qui sera lui aussi réexploité au début des années 1980, dans un nouveau montage, histoire de mettre Sly encore plus en avant. On arrive alors aux Mains dans les poches, qui pour le coup est ce qu’on pourrait vraiment qualifier de vrai premier rôle dramatique pour Stallone, qui a plus à défendre dans ce film que dans tout ce qu’il avait pu faire jusqu’à présent. Coréalisé par Martin Davidson et Stephen Verona, inconnus au bataillon et qui signaient là leur premier film, The Lords of Flatbush est souvent comparé à American Graffiti de George Lucas, sorti l’année précédente, mais anticipe aussi étrangement Grease de Randal Kleiser avec sa bande de gominés, les épaules serrées dans leur blouson de cuir, la clope au bout du bec. Loin de l’expression populaire « C’était mieux avant », Les Mains dans les poches est parcouru par un vrai spleen et montre des jeunes nés durant la Seconde Guerre mondiale, qui sont pour ainsi dire incapables d’être heureux, de se contenter de ce qu’ils ont, qui se montrent impatients envers tout et tout le monde, qui multiplient les plaisirs éphémères, sans penser au lendemain, ni même à l’heure d’après. Jusqu’à ce que la réalité les rattrape petit à petit et les mette face à leurs responsabilités. The Lords of Flatbush est une chronique sur la perte de l’innocence de jeunes adultes, qui sortent à peine de l’adolescence (oui bon, les acteurs avaient entre 26 et 30 ans) et doivent faire avec le peu qu’ils ont dans la caboche. Une curiosité, mais aussi une vraie découverte que ces Mains dans les poches.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Les Mains dans les poches, réalisé par Stephen Verona & Martin Davidson »

Test Blu-ray / La Femme de, réalisé par David Roux

LA FEMME DE réalisé par David Roux, disponible en DVD & Blu-ray le 20 août 2026 chez Jour2Fête.

Acteurs : Mélanie Thierry, Éric Caravaca, Arnaud Valois, Jérôme Deschamps, Jérémie Renier, Sarah Le Picard, Jeanne Rosa, Lila Gueneau…

Scénario : David Roux & Gaëlle Macé, d’après le roman Son nom d’avant d’Hélène Lenoir

Photographie : Aurélien Marra

Musique : Quentin Sirjacq

Durée : 1h35

Année de sortie : 2026

LE FILM

Marianne est mariée avec Antoine, avec lequel elle a eu une fille, Laure, adolescente, et un garçon, Tim, encore petit. Dans la demeure de son beau père, qui vient d’enterrer sa femme, elle se réfugie dans les bras de son beau frère, Franck, et se garde bien de se mêler des questions de succession. Une certaine tension s’installe d’ailleurs entre son mari et l’une de ses deux belles-sœurs, Lili, qui trouve qu’Antoine décide de tout sans consulter personne. Alors qu’elle ne voulait pas s’installer dans la maison, Marianne se retrouve à s’occuper de son beau père, qui la prend pour une domestique. Et quand surgit dans leur vie un photographe qu’elle a croisé par le passé, elle va devoir faire des choix…

Nous étions sans nouvelle du réalisateur David Roux (né en 1977), dont le premier long-métrage L’Ordre des médecins nous avait particulièrement enthousiasmés en 2019. Deux bonnes nouvelles. La première c’est qu’il fait enfin son retour derrière la caméra. Quant à la seconde, La Femme de est une nouvelle réussite. Il adapte le roman d’Hélène Lenoir, Son nom d’avant et dresse le portrait d’une femme de 40 ans, qui arrive à un carrefour de son existence, qui se résume à incarner l’épouse dévouée la meilleure mère, en la ramenant le moins possible, dans une famille bourgeoise et catholique de province, dans laquelle son mari, le fils aîné, s’impose une fois de plus face à ses cadets au moment de la mort de leur mère, quand bien même leur père est encore en vie. David Roux se place dans la droite lignée de Claude Chabrol, tout comme Sébastien Marnier le faisait en 2022 avec L’Origine du mal, dans le genre drame social se déroulant dans un cadre feutré, loin de l’agitation de la grande ville. Il offre à Mélanie Thierry l’un de ses plus beaux rôles (on a l’impression de dire cela à chacun de ses films), comme dernièrement La Chambre de Mariana et La Douleur d’Emmanuel Finkiel et La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet. Passionné par le mélodrame hollywoodien des années 1950 comme ceux de Douglas Sirk (All I Desire, Le Secret magnifique), le cinéaste observe son personnage principal piégé dans sa cage dorée, souvent perdue au milieu d’une immense pièce, observant par la fenêtre, rêvant peut-être de s’évader, de s’envoler. Formidable objet de cinéma à disséquer sur le plan formel, magnifiquement photographié par Aurélien Marra (Un monde merveilleux), La Femme de confirme le talent d’un metteur en scène précieux, sur lequel il faudra désormais compter.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / La Femme de, réalisé par David Roux »

Test Blu-ray / Provincia violenta, réalisé par Mario Bianchi

PROVINCIA VIOLENTA réalisé par Mario Bianchi, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Calogero Caruana, Antonella Dogan, Alicia Leoni, Spartaco Battisti, Al Cliver, Richard Harrison, Simonetta Marini, Daniela Codini…

Scénario : Mario Bianchi

Photographie : Umberto Galeassi

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

Franco Sereni, capitaine de carabiniers, est démis de ses fonctions pour avoir défendu « la loi des armes ». Il est chargé de mener une enquête privée sur plusieurs cas de chantage de femmes fortunées. Sereni découvre bientôt qu’il y a bien plus que cela.

Il y a un peu plus d’un an, nous parvenions à défendre L’Enfant de Satan – La Bimba di Satana (1977), réalisé par Mario Bianchi (1939-2022) et ce malgré ses défauts apparents. Ce ne sera pas le cas pour Provincia violenta (1978), dernier baroud d’honneur du metteur en scène dans le genre poliziottesco, qui commençait d’ailleurs sérieusement à battre de l’aile à la fin des années 1970. Rien, absolument rien ne fonctionne dans cet opus qui sent le réchauffé, qui est moche à regarder, pénible à suivre et interprété par des comédiens dépourvus du moindre charisme. C’est bien simple, on a l’impression que tous se sont donné rendez-vous afin d’offrir au public ce qui pouvait se faire de pire dans le genre, en espérant pouvoir ainsi se démarquer du tout-venant. Écrit et mis en scène par Mario Bianchi, avant qu’il prenne les pseudos de Jim Reynolds, Arthur Wolf, Mark B. Light, Nicholas Moore, Martin White et bien d’autres pour signer des œuvres aux titres aussi explicites que Francesca: Sinfonia anale, Doppio contatto anale, La clinica delle ispezioni anali), Provincia violenta devient une comédie involontaire, qui rappelle un épisode de Derrick, tant sur le fond que sur la forme. Pris ainsi, ce « thriller » fauché, extrêmement maladroit, neurasthénique et aux couleurs aussi éteintes que les papiers peints et la moquette murale qui ornaient les murs remplit son contrat et fera le bonheur des adeptes de mauvais films sympathiques.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Provincia violenta, réalisé par Mario Bianchi »

Test Blu-ray / La Cité des dangers, réalisé par Robert Aldrich

LA CITÉ DES DANGERS (Hustle) réalisé par Robert Aldrich, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 11 septembre 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Burt Reynolds, Catherine Deneuve, Ben Johnson, Paul Winfield, Eileen Brennan, Eddie Albert, Ernest Borgnine, Catherine Bach…

Scénario : Steve Shagan, d’après son roman City of Angels

Photographie : Joseph F. Biroc

Musique : Frank De Vol

Durée : 2h

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Gloria Hollinger est retrouvée morte sur une plage de Los Angeles. La police conclut rapidement à un suicide et le père de cette dernière ne l’accepte pas. Poussé par ce dernier, le lieutenant Phil Gaines, flic cynique et désabusé, décide de creuser l’affaire. Ses investigations le font remonter aux intouchables de la ville, dont le puissant avocat qui emploie la call-girl de luxe avec qui Gaines entretient une liaison passionnée. Pris au piège entre un père assoiffé de vengeance et une élite corrompue et ses propres contradictions morales, Gaines s’enfonce dans les ténèbres du rêve californien.

Au début des années 1970, Robert Aldrich cumule les échecs cuisants au box-office (Trop tard pour les héros, Pas d’orchidées pour miss Blandish, Fureur apache, L’Empereur du Nord), ce qui contrarie son désir d’indépendance. Il doit donc se refaire au niveau des studios et accepte de réaliser Plein la gueule – The Longest Yard (1974) avec la star Burt Reynolds, qui lui vient d’enchaîner les triomphes de Délivrance de John Boorman et Les Bootleggers – White Lightning de Joseph Sargent. C’est un immense succès pour le réalisateur, son plus gros depuis Les 12 Salopards – The Dirty Dozen, puisque produit pour 3 millions de dollars, le film en rapporte près de 45 millions uniquement sur le sol américain. Cette affaire très lucrative va donner envie au cinéaste et au comédien de renouveler immédiatement leur collaboration et pour cela ils créent leur société de production, la RoBurt Productions. Si celle-ci sera éphémère, leur deuxième long-métrage, La Cité des dangers – Hustle est une nouvelle réussite commerciale, certes moins conséquente que Plein la gueule avec « seulement » dix millions de dollars de recette aux États-Unis, mais cela conforte encore la position de Robert Aldrich dans l’industrie. Le tandem délaisse la comédie sportive et plonge cette fois dans le polar néo-noir, sombre, désabusé, cynique, dont le tournage a été marqué par de vives frictions, mais aussi par des désaccords artistiques entre le metteur en scène et Burt Reynolds. À l’écran, La Cité des dangers est un quasi-chant du cygne, puisque Robert Aldrich ne tournera plus que quatre longs-métrages, qui ne rencontreront pas le public. Hustle est un très grand film pessimiste où les personnages semblent englués dans la fange, celle de Los Angeles, un monde à part entière, pourri jusqu’à l’os. Un mirage d’espoir apparaît à travers un calendrier décoré des monuments de Rome, mais la réalité rattrape toujours les personnages déjà condamnés. Le personnage de Catherine Deneuve, que Burt Reynolds était allé convaincre lui-même d’aller tourner de l’autre côté de l’Atlantique, rappelle celui qu’elle campait chez Jean-Pierre Melville dans Un flic. Une beauté solaire qui contraste avec le monde dans lequel elle évolue et qui représente également une possibilité de rédemption. Et Burt Reynolds est somptueux. On pense à un chaînon manquant entre Les Flics ne dorment pas la nuit – The New Centurions de Richard Fleischer et The Offence de Sidney Lumet. C’est dire si La Cité des dangers est une œuvre importante dans la carrière de Robert Aldrich, le dernier sommet d’une impressionnante chaîne de hautes montagnes.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / La Cité des dangers, réalisé par Robert Aldrich »

Test Blu-ray / Le Destin du fugitif – 3000$ mort ou vif, réalisé par Alfred E. Green

LE DESTIN DU FUGITIF- 3000$ MORT OU VIF (Four Faces West) réalisé par Alfred E. Green, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 11 septembre 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Joel McCrea, Frances Dee, Charles Bickford, Joseph Calleia, William Conrad, Martin Garralaga, Raymond Largay, John Parrish…

Scénario : C. Graham Baker, Teddi Sherman, William Brent & Milarde Brent, d’après la nouvelle d’Eugene Manlove Rhodes

Photographie : Russell Harlan

Musique : Paul Sawtell

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1948

LE FILM

Ross McEwen arrive à Santa Maria, petite ville du Sud au Nouveau-Mexique. À ce moment l’on fête l’installation du nouveau quartier général du célèbre Marshall Pat Garrett. Ross se rend à la banque où il demande à se faire prêter la somme de 2 000 dollars. Le banquier refuse. Ross sort alors son arme et l’oblige à lui donner les billets en lui promettant de les lui rembourser. Il s’enfuit, poursuivi par Pat Garrett et la milice que ce dernier vient de lever.

La carrière du réalisateur Alfred E. Green (1889-1960) est inégale. Néanmoins, parmi la centaine de titres répertoriés sur IMDB, celle-ci contient quelques bons titres à réhabiliter, ce que les historiens du cinéma n’ont pas manqué de faire depuis plusieurs décennies. On pourra citer Badlands of Dakota (1941) avec Robert Stack, Baby Face (1933), drame percutant se déroulant durant la Prohibition et l’un des grands rôles de Barbara Stanwyck, mais aussi le film qui nous intéresse aujourd’hui, Le Destin du fugitif (1948), connu sous un autre titre 3000$ mort ou vif, ou bien encore sous son titre original sous lequel il est le plus souvent répertorié, Four Faces West. Un western étrange, original, unique peut-être, qui doit sa renommée en raison de l’absence totale de coups de feu. Loué par la critique des deux côtés de l’Atlantique, Bertrand Tavernier et Patrick Brion ayant été dithyrambiques sur cet opus après leur découverte tardive (le film n’ayant pas été distribué dans nos contrées), Le Destin du fugitif (nous utiliserons ce titre, lié à sa dernière sortie en Blu-ray) rappelle quelque part Le Bandit – The Naked Dawn (1955) d’Edgar G. Ulmer par sa simplicité (apparente), ses fulgurances, son humanisme. On est captivé par cette histoire de rédemption, magistralement écrite par C. Graham Baker (Femme de feu d’André de Toth, J’ai le droit de vivre de Fritz Lang) et Teddi Sherman (Tout près de Satan de Robert Aldrich, Tornade sur la ville de Jack Arnold), par ailleurs auteur du formidable Le Mariage est pour demain (ou Le Bagarreur du Tennessee) d’Allan Dwan, un des meilleurs westerns de ce dernier. Mais de cette adaptation du roman Pasó por aquí de Eugene Mallove Rhodes, on retiendra aussi et surtout la prestation du souvent oublié Joel McCrea (Le Juge Thorne fait sa loi, Coups de feu dans la Sierra, Le Shérif aux mains rouges, Pacific Express), qui apporte à son personnage une sensibilité inattendue. Difficile à voir dans les années 1950-70 en France, Le Destin du fugitif s’offre enfin aux spectateurs dans les meilleures conditions techniques à ce jour.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Le Destin du fugitif – 3000$ mort ou vif, réalisé par Alfred E. Green »

Test Blu-ray / Le Masque de cire, réalisé par Sergio Stivaletti

LE MASQUE DE CIRE (Maschera di cera) réalisé par Sergio Stivaletti, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Édition limitée le 11 septembre 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Robert Hossein, Valery Raymond, Romina Mondello, Riccardo Serventi Longhi, Aldo Massasso, Gabriella Giorgelli, Umberto Balli, Gianni Franco, Antonello Murru…

Scénario : Dario Argento, Lucio Fulci & Daniele Stroppa

Photographie : Sergio Salvati

Musique : Maurizio Abeni

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1997

LE FILM

Au début des années 1910, d’étranges événements surviennent à Rome, dans un musée de cire. Après la mort suspecte d’un jeune homme dans l’établissement, toutes les personnes qui vont venir observer de trop près les statues de cire ultra-réalistes, commencent à disparaître sans jamais laisser de trace.

À la fin des années 1980, Lucio Fulci (1927-1996), gravement malade, doit s’éloigner des plateaux. Quand il se sent assez costaud pour reprendre la caméra, c’est pour réaliser des téléfilms ou diverses productions à petit budget, qui passent plus ou moins inaperçus. 1990, il joue, écrit et met en scène Nightmare Concert – Un gatto nel cervello, plongée dans les méandres de l’esprit du cinéaste, à voir comme un petit bonus sympathique pour ses très nombreux admirateurs. Quelques mois avant de passer de vie à trépas, Dario Argento, la même année que Le Syndrome de Stendhal – La Sindrome di Stendhal, propose à Lucio Fulci de produire son retour à la mise en scène, ce dernier n’ayant rien signé depuis Le Porte del silenzio en 1991. Ce sera une nouvelle approche du thème du musée de cire, qui a déjà inspiré le cinéma et ce dès 1924 avec Le Cabinet des figures de cire, classique de l’expressionnisme allemand signé Paul Leni, suivi des Masques de cire en 1933 par Michael Curtiz, ainsi que, le légendaire L’Homme au masque de cire – House of Wax (1953), remake du précédent, interprété par Vincent Price et réalisé par André de Toth, qui a pour particularité d’avoir été conçu en relief stéréoscopique. Ainsi, avant l’excellent House of Wax – La Maison de cire de Jaume Collet-Serra (2005), le cinéma italien revenait à ce « sous-genre ». Mais décédé avant d’avoir pu entamer les prises de vues, Lucio Fulci est finalement remplacé par Sergio Stivaletti, concepteur d’effets visuels (Dellamorte Dellamore de Michele Soavi, Atomic Cyborg de Sergio Martino), maquilleur (Phenomena de Dario Argento, Démons et la série La Caverne de la rose d’or de Lamberto Bava), qui avait plus que largement avancé sur la création des (horribles) images de synthèse. Le réalisateur improvisé s’en sort pas trop mal (l’amico Dario l’aurait tout de même largement épaulé) et son premier opus est un savoureux hommage au cinéma d’épouvante transalpin des années 1950 à 1980, et plus globalement au genre européen qui a fait le bonheur des salles durant plusieurs décennies. Si l’on est souvent pas loin du nanar, dans lequel le long-métrage se vautre plus que de raison dans le dernier acte, Le Masque de cire ravit les yeux et convainc avec ses couleurs baroques (très belle photo de Sergio Salvati, Les Quatre de l’apocalypse, L’Emmurée vivante, L’Enfer des zombies), le charisme de l’actrice Romina Mondello (peu avare de ses rondeurs dans la dernière partie) et la présence inattendue de Robert Hossein (Robert Englund aurait été envisagé, mais trop cher), qui prend un malin plaisir à jouer les savants fous. Conspué par la critique il y a trente ans, Le Masque de cire possède pourtant moult qualités, y compris celle d’aller au bout de son délire et de ses meurtres très gores (qui font penser à un roman graphique) et mérite pour cela d’être réhabilité.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Le Masque de cire, réalisé par Sergio Stivaletti »

Test Blu-ray / Les Spécialistes, réalisé par Guy Ritchie

LES SPÉCIALISTES (In the Grey) réalisé par Guy Ritchie, disponible en DVD & Blu-ray le 7 août 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Henry Cavill, Jake Gyllenhaal, Eiza González, Carlos Bardem, Fisher Stevens, Rosamund Pike, Michael Vu, Mohammed Al Turki…

Scénario : Guy Ritchie

Photographie : Ed Wild

Musique : Christopher Benstead

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Quand un baron du crime dépouille une firme puissante, une avocate déploie ses deux meilleurs « fixers », Sid et Bronco, pour récupérer le magot. Mais sur cette île corrompue, les alliances volent en éclats. Entre trahisons et manipulations, la chasse est ouverte. Le plus dur ne sera pas de reprendre l’argent… ce sera d’en sortir vivant.

Guy Ritchie dans la colle…Il tourne beaucoup l’« amigaille », trop sans aucun doute. Parfois ça marche auprès du public (les deux Sherlock Holmes, Aladdin, The Gentlemen, Un homme en colère), mais depuis quelques films, ça ne va pas fort pour le britannique. Ainsi, après les échecs rencontrés par Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E. (de loin son meilleur film), Le Roi Arthur, The Covenant : Mission en Afghanistan, Opération Fortune : Ruse de guerre et Le Ministère de la Sale Guerre, ça sentait mauvais pour Les Spécialistes – In the Grey, que le cinéaste a écrit seul et mis en scène…Coincé depuis au moins trois ans dans quelques tiroirs, ce thriller à mi-chemin entre le film de guerre et le film de braquage est, disons-le l’un des pires opus de Guy Ritchie, comme si ce dernier avait voulu faire la démonstration de ce qu’il ne faut absolument pas faire au cinéma. Le premier gros point négatif provient des comédiens, qui avaient déjà collaboré avec le réalisateur, Henry Cavill, Jake Gyllenhaal et Eiza González. Les deux stars masculines font jeu égal dans le genre constipé, même si à ce titre, Henry Cavill, repoussant probablement toutes les dragées Fuca proposées, ne saurait être détrôné. Alors que certains zinzins prient encore pour qu’il reprenne le costume (moche) du Man of Steel sous la direction de Zack Snyder, sa carrière au cinéma (oui, heureusement il y avait The Witcher à la télé) est complètement partie en sucette. Sa participation à Mission impossible : Fallout de Christopher McQuarrie est déjà loin et seul son caméo en Wolverine dans le dernier Deadpool a su marquer les esprits. Ce n’est assurément pas avec Les Spécialistes qu’il se refera une place au sommet du box-office, film qu’il traverse comme s’il était atteint de neurasthénie. Même chose pour Jake Gyllenhaal, dont la réputation désastreuse auprès de la profession (pour résumer, tout le monde s’accorde à dire qu’il est fou à lier) et de sérieux problèmes d’ego l’ont conduit à accepter des trucs comme le remake de Road House (le deuxième est même en cours de tournage) et des trucs bourrés de testostérone (Ambulance de Michael Bay). On se demande à plusieurs reprises s’il n’est pas en train de dormir, ayant les yeux dissimulés derrière des lunettes noires durant quasiment tout le film. On ajoute à ce tandem sans saveur la présence de la mexicaine Eiza González, vue dans Baby Driver d’Edgar Wright et Bienvenue à Marwen – Welcome to Marwen de Robert Zemeckis, qui avait déjà joué avec les deux acteurs auparavant, qui traverse tout le récit comme si elle était en train de défiler sur les podiums. Avec un récit déglingué qui part dans tous les sens, qui ne sait pas où il va ni même ce qu’il a à raconter en fait, on obtient au final l’un des longs-métrages les plus soporifiques de l’année. Guy Ritchie s’est encore surpassé donc. Fuyez pauvres fous.

Continuer la lecture de « Test Blu-ray / Les Spécialistes, réalisé par Guy Ritchie »