Test Blu-ray / Hold-up, réalisé par Alexandre Arcady

HOLD-UP, réalisé par Alexandre Arcady, disponible en Blu-ray le 3 juin 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Kim Cattrall, Guy Marchand, Jean-Pierre Marielle, Jacques Villeret, Jean-Claude de Goros, Tex Konig, Raymond Aquilon…

Scénario : Alexandre Arcady, Daniel Saint-Hamont & Francis Veber, d’après le roman Quick Change de Jay Cronley

Photographie : Richard Ciupka

Musique : Serge Franklin

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Afin de dévaliser une grande banque à Montréal, un voleur professionnel décide de se déguiser en clown. Grâce à deux complices à l’intérieur de la banque, il réussit son coup. Pourtant, alors qu’il croyait que le plus dur était fait, les ennuis vont s’amonceler.

Au début des années 1980, le succès est toujours au rendez-vous pour Jean-Paul Belmondo. Le Guignolo (2,9 millions d’entrées), Le Professionnel (5,2 millions), L’As des as (5,5 millions), Le Marginal (4,9 millions), Les Morfalous (3,6 millions) et Joyeuses Pâques (3,4 millions) confirment encore l’engouement des spectateurs pour Bebel. En 1985, le comédien rompt son association avec René Chateau au moment du tournage de Joyeuses Pâques. C’est un nouveau départ pour la star du cinéma français. C’est là que déboule le scénario de Hold-up, adaptation du roman Quick Change (publié en français sous le titre La Java des loquedus en 1982) de Jay Cronley, co-écrit par Alexandre Arcady et Daniel Saint-Hamont, qui avaient signé Le Grand Pardon (1981) et Le Grand Carnaval (1983). Belmondo se voit proposer Hold-up par Alexandre Mnouchkine, mais l’acteur demande de nombreuses modifications, trouvant que son personnage disparaît quelque peu dans la deuxième partie. C’est là que Francis Veber, qui sort du triomphe de La Chèvre, débarque, remanie le scénario, ajoute quelques mots d’auteur, ainsi qu’une nouvelle dynamique à l’ensemble. Cela n’était pas arrivé depuis 1977 avec L’Animal de Claude Zidi, Jean-Paul Belmondo se voit diriger pour la première fois par un autre metteur en scène que Georges Lautner, Henri Verneuil, Jacques Deray et Gérard Oury qui l’ont tous fait tourner précédemment à plusieurs reprises. Résultat des courses, Hold-up est une comédie policière et d’action rudement menée, dépaysante avec son décor canadien, la présence de la divine Kim Cattrall, tout juste sortie du carton planétaire de Police Academy de Hugh Wilson et avant Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du MandarinBig Trouble in Little China de John Carpenter. L’auteur de ces mots conserve une immense affection pour Hold-up, l’un des films avec Belmondo qui a sûrement tourné le plus dans le magnétoscope quand il était gamin. Aujourd’hui encore, le plus grand succès au box-office d’Alexandre Arcady demeure un savoureux divertissement dans lequel Bebel semble prendre beaucoup de plaisir à se déguiser, à donner la réplique à Guy Marchand, à jouer le gentleman braqueur avec sa belle partenaire canadienne et à s’adonner à quelques cascades, qui seront d’ailleurs parmi les dernières de son illustre carrière.

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Test Blu-ray / Stalag 17, réalisé par Billy Wilder

STALAG 17 réalisé par Billy Wilder, disponible en Blu-ray + DVD + Livret le 3 juin 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : William Holden, Don Taylor, Otto Preminger, Robert Strauss, Harvey Lembeck, Richard Erdman, Peter Graves, Neville Brand…

Scénario : Billy Wilder & Edwin Blum, d’après la pièce de théâtre de Donald Bevan & Edmund Trzinski

Photographie : Ernest Laszlo

Musique : Franz Waxman

Durée : 1h56

Année de sortie : 1953

LE FILM

Durant la Deuxième Guerre mondiale dans le Stalag 17, deux prisonniers tentent de s’évader mais sont abattus. De plus, les Allemands découvrent l’existence du tunnel où tous les prisonniers devaient s’évader. Il y a donc un traître parmi les détenus… Sefton, un officier magouilleur et adepte du marché noir, est soupçonné.

Après l’échec commercial cuisant du Gouffre aux chimères Ace in the Hole ou The Big Carnival, Billy Wilder est à la recherche d’un nouveau projet pour se refaire au box-office. C’est alors qu’il tombe sous le charme de la pièce Stalag 17 de Donald Bevan et Edmund Trzcinski (anciens prisonniers de guerre au Stalag 17B, qui s’inspirent de leur vécu), qui triomphe à Broadway, où elle sera jouée près de 500 fois sans interruption. Déjà refusée à plusieurs reprises par la Paramount, cette création est finalement imposée au studio par le cinéaste, qui s’empresse de l’adapter personnellement avec l’aide d’Edwin Blum (Rendez-vous avec une ombre de Joseph Pevney). De leur travail, essentiellement imputable à Billy Wilder, il ne restera pour ainsi dire rien ou pas grand-chose de la pièce originale. À peine huit ans après la fin des hostilités, le réalisateur se permet de rire en racontant un épisode méconnu de la Deuxième Guerre mondiale. La voix d’un narrateur bègue (trouble étant apparu que ce soldat se soit planté, avant d’être capturé en emprisonné) donne le ton en disant « Je suis las des films de guerre où l’on ne voit qu’aviateurs au combat, hommes-grenouilles aux Philippines, alors qu’on n’a jamais rien fait sur les prisonniers de guerre ! ». C’est désormais chose faite et Stalag 17 demeure et restera LA référence d’un sous-genre à part entière aux côtés de La Grande évasion de John Sturges et Le Pont de la rivière Kwai de David Lean. Cinq ans après La Scandaleuse de Berlin A Foreign Affair, Billy Wilder revient donc au conflit armé, mais s’empare d’un microscope, pour observer avec son œil d’entomologiste, un camp de prisonniers planté quelque part sur le Danube, constitué de 40.000 détenus, américains, russes, polonais et tchèques, dont 630 aviateurs venus du pays de l’Oncle Sam. Il questionne ainsi l’individu, la somme d’êtres humains qui créent un tandem, un trio, puis un groupe, tout en s’interrogeant de la place de chacun au sein de cette communauté. Stalag 17 est une véritable œuvre chorale, où chaque prisonnier s’apparenterait à un instrument spécifique qui jouerait sa partition personnelle au sein d’un orchestre. Une seule fausse note suffirait à désaccorder, à déséquilibrer l’ensemble alors bien soudé au départ. Quand une brebis galeuse paraît fricoter avec l’ennemi, c’est tout le camp qui est menacé…Immense succès populaire à sa sortie, qui a aidé Billy Wilder à éponger ses dettes contractées suite au bide du Gouffre aux chimères, Stalag 17 a même réussi à débarquer aux Oscars et valu à sa tête d’affiche William Holden, la statuette dorée du meilleur acteur.

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Test Blu-ray / Les Échos du passé, réalisé par Mascha Schilinski

LES ÉCHOS DU PASSÉ (In die Sonne schauen) réalisé par Mascha Schilinski, disponible en DVD et Blu-ray le 19 mai 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Hanna Heckt, Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler, Susanne Wuest, Luise Heyer, Lea Drinda, Florian Geißelmann, Gode Benedix…

Scénario : Mascha Schilinski & Louise Peter

Photographie : Fabian Gamper

Musique : Michael Fiedler, Eike Hosenfeld, Jakob Hüffell

Durée : 2h35

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Quatre jeunes filles à quatre époques différentes. Alma, Erika, Angelika et Lenka passent leur adolescence dans la même ferme, au nord de l’Allemagne. Alors que la maison se transforme au fil du siècle, les échos du passé résonnent entre ses murs. Malgré les années qui les séparent, leurs vies semblent se répondre.

Mais…mais…D’où sort ce film ? De quel cerveau est sorti ce long-métrage sobrement intitulé en français Les Échos du passé ou In die Sonne schauen en version originale, qui signifie en allemand En regardant le soleil ? À la barre, une femme, une réalisatrice, Mascha Schilinski, qui a remporté le Prix du jury ex aequo avec Sirāt d’Óliver Laxe au festival de Cannes en 2025, avant de représenter l’Allemagne aux Oscars dans la catégorie Meilleur film international. Drame dit historique, Les Échos du passé nous fait perdre tous nos repères. Pour son deuxième film, huit ans après Die Tochter (encore inédit dans nos contrées), la cinéaste se penche sur la mémoire des murs, ceux d’une ferme isolée dans l’Altmark, qui voit se succéder plusieurs générations, où certains, certaines plutôt, paraissent ressentir ce qui s’est déroulé dans le passé. Les drames silencieux, les non-dits familiaux, les cicatrices jamais refermées, s’inscrivent dans la pierre, dans les meubles, dans les photographies. Alors qu’elles parcourent leur propre présent, les traces du passé se révèlent à ces quatre protagonistes. Dans cette merveille visuelle, chaque scène, pour ne pas dire chaque plan fait penser à un tableau, magnifiquement photographié par Fabian Gamper, collaborateur fidèle de Mascha Schilinski, dont le travail renvoie à celui de certains peintres (on pense à James Abbott McNeill Whistler), même si ce sont surtout les clichés de la photographe américaine Francesca Woodman qui auraient servi de référence. Notamment en ce qui concerne la position des corps (flous) dans des lieux insolites et souvent inhabités, qui rappellent une présence spectrale. Les Échos du passé est une véritable expérience de cinéma, mais pas que. C’est une expérience sensorielle totale, qui demande beaucoup d’attention de la part du spectateur, qui lui demande beaucoup de patience, un investissement, mais aussi de se détendre, de se laisser aller aux images, mais aussi au son (immense travail acoustique). Cet engagement sera alors récompensé, peut-être pas pour tout le monde ceci dit, car Les Échos du passé s’adresse tout de même en priorité aux cinéphiles pointus, mais le résultat est sans appel, le film devant lequel vous allez peut-être poser les yeux ne ressemble à aucun autre. C’est déjà en soi un miracle, un événement. Et donc cela est rare et largement conseillé.

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Test Blu-ray / Father Mother Sister Brother, réalisé par Jim Jarmusch

FATHER MOTHER SISTER BROTHER réalisé par Jim Jarmusch, disponible en DVD & Blu-ray le 2 juin 2026 chez Blaq Out.

Acteurs : Tom Waits, Adam Driver, Mayim Bialik, Charlotte Rampling, Cate Blanchett, Vicky Krieps, Sarah Greene, Indya Moore…

Scénario : Jim Jarmusch

Photographie : Frederick Elmes & Yorick Le Saux

Musique : Annika Henderson & Jim Jarmusch

Durée : 1h46

Année de sortie : 2025

LE FILM

Trois histoires. Un frère et une sœur rendent visitent à leur père, dont ils se demandent comment il vit. Une mère accueille comme d’habitude, une fois par an, ses deux filles, aux caractères très différents. Un frère et un sœur, jumeaux, reviennent dans la maison de leurs parents, décédés…

Tiens, revoilà le dandy du cinéma indépendant américain ! Titre qu’il pourrait d’ailleurs partager avec Wes Anderson. Il s’agit bien sûr de Jim Jarmusch (né en 1953), l’auteur d’une multitude de films cultes pour beaucoup de cinéphiles (européens surtout), comme…bah en fait ils le sont quasiment tous devenus, soit instantanément, à l’instar de Down by Law (1986), Dead Man (1995), Ghost Dog : La Voie du samouraï (1999), Broken Flowers (2005, son plus gros carton avec plus d’un million d’entrées chez nous), soit en très peu de temps (Permanent Vacation, Mystery Train, Coffee and Cigarettes, Paterson, Only Lovers Left Alive)…Rares ont été les sorties de pistes pour le réalisateur et l’on pourrait dire qu’en dehors du lénifiant The Limits of Control (2009) et The Dead Don’t Die (2019, même s’il a très bien marché en France), Jim Jarmusch a toujours eu la cote auprès des amateurs de septième art et détient un statut privilégié dans nos contrées, où ses opus sont toujours très bien accueillis par la critique et le public. Cela faisait presque sept ans que nous n’avions plus de nouvelles de Jim Jarmusch. Pour son comeback au cinéma, il passe par la case du film à sketches comme à la grande époque de Mystery Train, de Night on Earth et de Coffee and Cigarettes, tourné entre les États-Unis, l’Irlande et la France. Si Father Mother Sister Brother n’a indubitablement pas la même force, pour ne pas dire la même inspiration que les « monuments » cités plus haut, le charme est indéniable, les comédiens sont tous magnifiques, l’humour sophistiqué fonctionne, tandis que la mélancolie et l’émotion s’invitent au rendez-vous, notamment dans le troisième et dernier segment, qui se déroule à Paris. Les spectateurs ont répondu présents une fois de plus dans l’Hexagone, puisque près de 300.000 spectateurs auront eu la bonne idée d’aller voir Father Mother Sister Brother dans les salles en ce début d’année 2026.

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Test Blu-ray / 7 jours en juin, réalisé par David Aboucaya

7 JOURS EN JUIN réalisé par David Aboucaya, disponible en DVD & Blu-ray le 10 avril 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Manuel Goncalves, Laurent Guiot, Franck Rasamison, Anthony Wauters, Noé Aboucaya, Alain Marseglia, David Aboucaya, Laurent Aboucaya…

Scénario : David Aboucaya

Musique : David Aboucaya

Durée : 2h18

Année de sortie : 2025

LE FILM

Le 6 Juin 1944, un groupe de parachutistes américains atterrit en Normandie avec une mission spécifique à accomplir contre l’envahisseur nazi. Problème, leur largage les a déposés à une certaine distance de leur destination. Les soldats sont contraints de se réfugier dans un petit village du nom de Graignes. Ils ne le savent pas encore, mais avec le soutien de la population locale, Graignes va se transformer rapidement en dernier rempart contre l’armée allemande…

Vous ne le connaissez sans doute pas, mais David Aboucaya est un réalisateur (entre autres) indépendant, qui a plusieurs films à son actif aux titres aussi obscurs que Enfer 44 : Les soldats de la liberté, Winter War, 1945 Great War, Piège de guerre…Autant dire qu’il y a un dénominateur commun à tous ces opus. Et ce n’est pas son dernier en date, 7 jours en juin qui va changer la donne. David Aboucaya est un passionné de la Seconde Guerre mondiale et pour son nouveau film, tourné en quinze jours avec les moyens du bord (autofinancé donc), il se penche sur un épisode méconnu, tout du moins en France, survenu le 6 juin 1944.

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Test Blu-ray / Dreams, réalisé par Michel Franco

DREAMS réalisé par Michel Franco, disponible en DVD & Blu-ray le 5 juin 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Jessica Chastain, Isaac Hernández, Rupert Friend, Marshall Bell, Mercedes Hernández, Eligio Meléndez, Lee Braithwaite, Eduardo Gonzalez…

Scénario : Michel Franco

Photographie : Yves Cape

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Fernando, un jeune danseur de ballet originaire du Mexique, rêve de reconnaissance internationale et d’une vie meilleure aux États-Unis. Convaincu que sa maîtresse, Jennifer, une Américaine mondaine et philanthrope influente, l’aidera à réaliser ses ambitions, il quitte clandestinement son pays, échappant de justesse à la mort. Cependant, son arrivée vient bouleverser le monde soigneusement construit de Jennifer. Elle est prête à tout pour protéger leur avenir à tous deux, mais ne veut rien concéder de la vie qu’elle s’est construite.

À peine Memory venait de sortir sur les écrans, que l’on apprenait que Jessica Chastain et Michel Franco avaient d’ores et déjà tourné un autre film, Dreams, dont on ne savait quasiment rien, si ce n’est que les prises de vue remontaient déjà à l’été 2023 et s’étaient déroulées secrètement. Et ce neuvième long-métrage du réalisateur mexicain de débarquer dans les salles françaises en janvier 2026. Une nouvelle grande réussite à inscrire au palmarès d’un des plus grands cinéastes contemporains, dont chaque film fait l’effet d’un uppercut et s’inscrit dans la mémoire des cinéphiles, qui auront la bonne idée de se pencher sur une œuvre dure mais indubitablement humaine. Dreams est donc la seconde collaboration entre le metteur en scène et Jessica Chastain, qui agit également ici comme productrice exécutive, et s’avère diamétralement opposé à Memory, qui était l’une des œuvres les plus accessibles pour le grand public de Franco et qui touchait par la beauté et l’hyper-sensibilité de ses deux têtes d’affiche. Dans Dreams, il est difficile de s’attacher aux protagonistes, dont les rôles sont bien définis et qui jouent plus ou moins à la comédie de l’amour, avant que les masques finissent définitivement par tomber et que chacun reprenne sa place. Porté par des interprétations intenses, qui contrastent avec le caractère clinique de l’ensemble, Dreams est comme qui dirait un huis clos, où les êtres semblent se mélanger, même s’ils n’ont rien à faire ensemble, mais qui demeurent malgré tout renfermés sur eux-mêmes, impitoyables, prêts à écraser l’autre s’il lui barre la route. Le résultat est à nouveau captivant, cohérent avec le reste de la filmographie de Michel Franco. On en ressort exténué, avec un goût de fer dans la bouche asséchée, tandis que résonne encore ce cri de douleur final, qui signifie autant la souffrance physique que psychologique d’un jeune homme dont le rêve vient de se briser en même temps que le tibia. Hypnotique et envoûtant.

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Test Blu-ray / Zoulou, réalisé par Cy Endfield

ZOULOU (Zulu) réalisé par Cy Endfield, disponible en Édition limitée 2 Blu-ray + Livret le 3 juin 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michael Caine, Stanley Baker, Jack Hawkins, Ulla Jacobsson, James Booth, Patrick Magee, Nigel Green, Ivor Emmanuel…

Scénario : Cy Endfield, d’après un article de John Prebble

Photographie : Stephen Dade

Musique : John Barry

Durée : 2h18

Année de sortie : 1964

LE FILM

En janvier 1879, au Natal en Afrique du Sud, une petite garnison établie près d’une mission, commandée par les lieutenants John Chard et Broomhead, est attaquée par quelque quatre mille zoulous entrés en guerre contre l’oppresseur britannique. Après deux jours de bataille, alors que tout semblait perdu, les zoulous se retirent et rendent hommage à la vaillance de leurs ennemis.

En Angleterre, c’est un film culte, du genre à être diffusé à la télévision chaque année durant les fêtes de Noël. Zoulou ou Zulu en version originale, est considéré comme étant le chef d’oeuvre entre le réalisateur Cyril R. Endfield (1914-1995), plus communément appelé Cy Endfield, et le comédien Stanley Baker (1928-1976). Pour leur cinquième et avant-dernière collaboration, le second devient producteur et les deux associés cofondent la société Diamond Films. Zoulou est une œuvre pour laquelle les deux hommes se sont battus et ont tout fait pour que leur rêve puisse devenir réalité. Cy Endfield fut entre autres inspiré pour réaliser le film après avoir lu un article de John Prebble sur la bataille de Rorke’s Drift. C’est lui qui soumet le sujet à Stanley Baker, connaissant le souhait de ce dernier de passer à la production. Endfield et Prebble rédigèrent un scénario que Baker montra à Joseph E. Levine pendant le tournage de Sodome et Gomorrhe (1962) en Italie. Levine accepta de financer le film, produit par la société de Baker, Diamond Films. Le film fut tourné en Super Technirama 70 et distribué par Paramount Pictures dans tous les pays, à l’exception des États-Unis, où il fut distribué par Embassy Pictures. Et c’est un triomphe international. Si à sa sortie Zoulou est surtout le film de Cy Endfield et de Stanley Baker, il est surtout aujourd’hui reconnu comme étant le film qui a révélé Michael Caine aux yeux du monde. Tout juste âgé de trente ans, le comédien britannique enchaînait les apparitions au cinéma, la plupart du temps non créditées, ainsi qu’au théâtre. Zoulou allait changer définitivement sa vie et sa carrière, puisque suite à ce « big hit », l’acteur allait enchaîner immédiatement avec Ipcress, danger immédiat The Ipcress File de Sidney J. Furie, dans lequel il endossait pour la première fois le costume d’Harry Palmer, puis Alfie le dragueur Alfie de Lewis Gilbert. L’alchimie à l’écran entre Stanley Baker et Michael Caine participe à la grande réussite de Zoulou, qui s’apparente à un huis clos à ciel ouvert, comme une relecture d’Alamo de John Wayne, sorti quelques années auparavant. Un drame de guerre touchant au western qui a su toucher le public international et dont l’aura ne s’est jamais éteinte aux yeux des cinéphiles. Et la composition mythique de John Barry de rentrer dans toutes les mémoires.

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Test Blu-ray / Ave Maria, réalisé par Jacques Richard

AVE MARIA réalisé par Jacques Richard, disponible en DVD & Blu-ray le 15 janvier 2025 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Anna Karina, Féodor Atkine, Isabelle Pasco, Pascale Ogier, Dora Doll, Bernard Freyd, Philippe Castelli, Balthazar Clémenti…

Scénario : Jacques Richard & Paul Gégauff

Photographie : Dominique Brenguier

Musique : Jorge Arriagada

Durée : 1h44

Date de diffusion initiale : 1984

LE FILM

Ursula, 15 ans, subit dans un petit village de la France profonde, une éducation morale et religieuse fanatique. Dans la vaste demeure, baptisée « Sainte oeuvre » par Adolphe Eloi, un prêtre défroqué, Ursula sera jugée par les membres de la secte villageois.

Soyons honnêtes d’emblée, si Ave Maria avait parlé de lui avant même sa sortie, c’est en raison de son affiche, qui avait déclenché quelques polémiques. Sur celle-ci, Isabelle Pasco, à peine 18 ans (et juste avant Hors-la-loi de Robin Davis), est seulement vêtue d’un pagne et surtout crucifiée, la poitrine découverte, photographie réalisée par Bettina Rheims qui allait entraîner quelques procès pour injure ou diffamation envers une religion. Le réalisateur Jacques Richard sera d’ailleurs poursuivi par la Fraternité Saint-Pie-X et par près d’une dizaine d’autres associations catholiques, qui demandaient l’interdiction pure et simple de l’affiche. La justice donnera finalement raison aux plaignants et l’affiche sera interdite sur la voie publique. Mais au-delà de ce scandale (identique à celui que connaîtra aussi l’affiche de Larry Flynt de Milos Forman en 1996), Ave Maria est un excellent long-métrage, un drame psychologique à la frontière du fantastique, un récit que n’aurait pas renié un certain Stephen King. Car Ave Maria, mis en scène par Jacques Richard (né en 1954), traite du fanatisme religieux, celui qui gangrène les campagnes les plus reculées, qui abuse des âmes sensibles, qui les suce jusqu’à la moelle. En dehors de quelques digressions et diverses baisses de rythme, Ave Maria reste une œuvre OVNI dans le cinéma français et peut encore aujourd’hui perturber et décontenancer une bonne partie du public, plus de quarante ans après sa sortie.

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Test Blu-ray / La Guerre des gangs, réalisé par Lucio Fulci

LA GUERRE DES GANGS (Luca il contrabbandiere) réalisé par Lucio Fulci, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livre + CD bande originale le 21 avril 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Fabio Testi, Marcel Bozzuffi, Ivana Monti, Enrico Maisto, Guido Alberti, Saverio Marconi, Ferdinando Murolo, Fabrizio Jovine, Daniele Dublino, Venantino Venantini…

Scénario : Ettore Sanzò, Gianni De Chiara, Giorgio Mariuzzo & Lucio Fulci

Photographie : Sergio Salvati

Musique : Fabio Frizzi

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Luca est contrebandier de cigarettes à Naples avec son frère Micky. Malgré les risques encourus, cette activité lui assure une vie confortable avec sa femme et son fils, loin de la misère milanaise qu’ils ont fuie quelques années auparavant. Mais un jour, lors d’une opération, Luca et ses camarades sont pris en chasse par la Garde des finances. À la suite d’une course poursuite en bateau, les contrebandiers parviennent à s’échapper après avoir sacrifié leur cargaison. Micky pense alors que Sciarrino, un autre contrebandier, les a dénoncés. Peu de temps après, il est sauvagement abattu au bord d’une route. Luca n’a alors qu’une idée en tête : retrouver l’assassin de son frère. Durant son enquête, il va apprendre l’arrivée du  » Marseillais « , un redoutable trafiquant de drogue qui souhaite s’installer dans la ville…

Quand Lucio Fulci (1927-1996) décide de réaliser La Guerre des gangs Luca il contrabbandiere, L’Enfer des zombies Zombi 2 n’est pas encore sorti sur les écrans. Celui qui allait devenir définitivement « le poète du macabre » ou « le parrain du gore » emballe donc son unique poliziottesco, genre qu’il n’affectionnait pas du tout, qui était en plus à bout de souffle, mais qu’il parasite, infecte, gangrène, explose de l’intérieur en y apposant sa griffe à chaque séquence, pour ne pas dire à chaque plan. Excessivement violent, La Guerre des gangs n’est assurément pas à mettre devant tous les yeux et demeure encore aujourd’hui réservé à un public averti. Car on ne peut pas dire que le signore Fulci y va avec le dos de la cuillère et montre tour à tour une demoiselle se faire griller le visage au bec bunsen (et la scène de durer), des sbires se faire trucider (la gorge et le crâne explosés, une bombe posée ici et là), une autre femme se faire violer (par sodomie), pendant que son compagnon écoute, impuissant, le drame au téléphone…Bref, le cinéaste n’est pas là pour rigoler et montre que le monde de la Camorra non plus. Thriller dramatique sanglant (le gore s’invite à la partie), psychologique, anxiogène, La Guerre des gangs (à ne pas confondre avec le film d’Umberto Lenzi) offre à Fabio Testi, qui retrouvait le réalisateur cinq ans après le formidable Les Quatre de l’apocalypseI quattro dell’apocalisse, l’un de ses meilleurs rôles. On ressort lessivé, éreinté de Luca il contrabbandiere, référence ultime du néopolar, devant lequel les opus contemporains font bien grise mine. Capolavoro.

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Test Blu-ray / Valeur sentimentale, réalisé par Joachim Trier

VALEUR SENTIMENTALE (Affeksjonsverdi) réalisé par Joachim Trier, disponible en DVD et Blu-ray le 3 mars 2026 chez Memento Distribution.

Acteurs : Renate Reinsve, Stellan Skarsgård, Inga Ibsdotter Lilleaas, Elle Fanning, Anders Danielsen Lie, Jesper Christensen, Lena Endre, Cory Michael Smith…

Scénario : Joachim Trier & Eskil Vogt

Photographie : Kasper Tuxen

Musique : Hania Rani

Durée : 2h08

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

À la mort de leur mère, Agnès et Nora voient leur père débarquer après de longues années d’absence. Réalisateur de renom, celui-ci propose à Nora, comédienne de théâtre confirmée, de jouer dans son prochain film, mais celle-ci refuse avec défiance. Il propose alors le rôle à une jeune star hollywoodienne, ravivant des souvenirs de famille douloureux.

En l’espace de cinq longs-métrages, Reprise (Nouvelle donne) (2006), Oslo, 31 août (2011), Back Home (2015), Thelma (2017) et Julie (en 12 chapitres), le dano-norvégien Joachim Trier est devenu l’un des réalisateurs européens (pour ne pas dire internationaux) les plus importants de sa génération. Né en 1974 à Copenhague, le cinéaste, qui avait explosé il y a quinze ans avec son somptueux second opus, foudroie une fois de plus avec son dernier film en date, Valeur sentimentaleSentimental Value, ou bien encore Affeksjonsverdi, pour lequel il retrouve la magnifique Renate Reinsve, précédemment récompensée au Festival de Cannes par le prix d’interprétation féminine pour Julie (en 12 chapitres). Également sélectionné en compétition officielle sur la Croisette, Valeur sentimentale est reparti avec le Grand Prix du Jury, même si on lui aurait remis personnellement la Palme d’or. Car c’est un nouveau sommet dans l’oeuvre magistrale de Joachim Trier, qui se penche sur l’héritage émotionnel et culturel, sur la notion du foyer, avec comme épicentre une maison familiale qui regorge de souvenirs, de rancoeurs, de témoignages, de secrets, où la mémoire des murs subsiste. Joachim Trier fait de la maison un personnage à part entière, une matrice, dans laquelle les générations se sont succédé. C’est dans cette habitation que l’émotion, la sensibilité, les fantasmes, les regrets, la colère, la tristesse se sont transmis. Avec son fidèle coscénariste Eskil Vogt, le metteur en scène multiplie les points de vue et s’éloigne de ses partis-pris habituels, une narration dite chorale, qui peut tout d’abord intriguer, voire déstabiliser les spectateurs habitués à la grammaire de Joachim Trier, qui s’en tire de façon virtuose. Les comédiens sont extraordinaires, à fleur de peau, bouleversants, en premier lieu Renate Reinsve, récompensée à de nombreuses reprises pour sa prestation, qui l’a même portée jusqu’aux Oscars en 2026. Chef d’oeuvre instantané, lauréat (entre autres) du BAFTA du Meilleur film en langue étrangère et par l’Oscar du Meilleur film International.

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