Test Blu-ray / Seule contre la mafia, réalisé par Damiano Damiani

SEULE CONTRE LA MAFIA (La Moglie più bella) réalisé par Damiano Damiani, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 octobre 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Alessio Orano, Ornella Muti, Tano Cimarosa, Joe Sentieri, Enzo Andronico, Pierluigi Aprà, Salvatore Baccaro, Amerigo Tot…

Scénario : Damiano Damiani, Enrico Ribulsi & Sofia Scandurra

Photographie : Franco Di Giacomo

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1970

LE FILM

Sicile, années 1960. Don Antonino, parrain de la mafia locale, est sur le point d’être arrêté. Avant de se rendre, il adoube un jeune homme de vingt-deux ans à l’avenir très prometteur, Vito Iuvara. Seule condition : que celui-ci épouse une jeune fille vertueuse issue d’une famille pauvre. Vito jette son dévolu sur Francesca, âgée de quinze ans. D’abord flattée d’avoir été choisie, la jeune fiancée se sent vite piégée et refuse le mariage. Humilié par ce rejet, Vito décide de se venger…

C’est une filmographie qui en dit long, composée de titres aussi prestigieux que La Mafia fait la loi – Il Giorno della civetta, Confession d’un commissaire de police au procureur de la république – Confessioni di un commissario di polizia al procuratore della repubblica, Nous sommes tous en liberté provisoire – L’istruttoria è chiusa dimentichi, Comment tuer un juge – Perché si uccide un magistrato, Un homme à genoux – Un uomo in ginocchio, Goodbye et Amen…et même, poussons le bouchon en citant aussi Amityville 2 : Le Possédé, le plus frappadingue de la franchise horrifique. Ces films sont évidemment l’oeuvre du grand Damiano Damiani (1922-2013), quelque peu oublié jusque dans les années 1990, mais qui a connu depuis un merveilleux regain d’intérêt, avec entre autres une rétrospective à la Cinémathèque Française. S’il y a bien un long-métrage que l’on pourrait qualifier de matriciel chez le cinéaste, c’est incontestablement Seule contre la mafia – La Moglie più bella, qui sort en 1970 et fait l’effet d’une grenade dégoupillée lancée dans l’industrie du cinéma. Furieusement moderne, toujours d’actualité on peut même dire, ce thriller psychologique offre le rôle principal – et quel rôle ! – à une jeune adolescente de 14 ans, qui répond au nom d’Ornella Muti, qui crève, pulvérise l’écran de son talent et de son charisme flamboyant. Tâtant toujours le pouls de son pays, Damiano Damiani – et ce malgré un carton en introduction qui indique le contraire – s’inspire ici de l’affaire Franca Viola (née en 1948), italienne âgée d’une quinzaine d’années, devenue une véritable icône pour avoir été la première à refuser ce qu’on appelait alors un “mariage réparateur”, autrement dit l’union avec l’homme (issu d’une famille mafieuse) qui l’avait enlevé, puis violé. Un cas rendu public, l’affaire ayant été portée devant la justice. Seule contre la mafia est un chef d’oeuvre percutant, politique, immersif, social, engagé, sans filtre et qui pourtant n’oublie pas sa dimension divertissante, car le cinéma doit rester avant tout un spectacle. Seule contre la mafia, titre français qui fait sans doute référence à un opus précédent du cinéaste, le formidable La Mafia fait la loi, est une plongée étouffante dans la Sicile des années 1960, même si l’histoire pourrait tout aussi bien se dérouler de nos jours, un portrait de femme édifiant doublé d’un récit d’émancipation rare dans le paysage cinématographique transalpin.

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Test Blu-ray / L’Intérêt d’Adam, réalisé par Laura Wandel

L’INTÉRÊT D’ADAM réalisé par Laura Wandel, disponible en DVD et Blu-ray le 20 août 2026 chez Memento Distribution.

Acteurs : Léa Drucker, Anamaria Vartolomei, Jules Delsart, Alex Descas, Laurent Capelluto, Claire Bodson, Sonia Bekam, Max Robin…

Scénario : Laura Wandel

Photographie : Frédéric Noirhomme

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Adam, 4 ans, est hospitalisé pour malnutrition à la suite d’une décision de justice. Lucy, l’infirmière en chef autorise la mère d’Adam à rester auprès de son fils au-delà des heures de visite fixées par le juge. Mais la situation se complique quand celle-ci refuse une nouvelle fois de quitter son fils. Dans l’intérêt de l’enfant, Lucy fera tout pour venir en aide à cette mère en détresse.

Si on le pouvait, on décernerait bien un César de la meilleure actrice tous les ans à Léa Drucker. Quand bien même la comédienne a été couronnée cette année pour Dossier 137 de Dominik Moll, elle l’aurait tout autant mérité pour L’Intérêt d’Adam, sorti en septembre 2025. Deuxième long-métrage de la réalisatrice belge – comme les frères Dardenne, qui produisent d’ailleurs le film – Laura Wandel (née en 1984), remarquée en 2021 avec le superbe Un monde (Prix Fipresci Un certain regard, 7 Magritte et multi-récompensé à travers le monde), qui traitait à hauteur d’enfant du harcèlement en jeune milieu scolaire, L’Intérêt d’Adam est une autre nouvelle immersion, cette fois dans le milieu hospitalier. À l’instar d’Hippocrate de Thomas Lilti, Voir le jour de Marion Laine, Sage-homme de Jennifer Devoldère, En première ligne de Petra Volpe et Au bord du monde de Guérin van de Vorst et Sophie Muselle, sans parler de la dernière série en date The Pitt, la caméra suit le personnage principal le temps d’une nuit, en flirtant parfois avec le documentaire, avec une mise en scène – souvent composée de plans-séquences- qui épouse le rythme de celle que la caméra (portée) suit de couloir en couloir, de chambre en chambre. La cinéaste place son récit au sein d’une unité pédiatrique, où les tensions sont sans doute les plus exacerbées, les patients les plus fragiles, leurs parents à fleur de peau. Le spectateur retient son souffle durant ces folles, passionnantes et déchirantes 75 minutes. Laura Wandel filme l’hôpital comme un vaisseau, comme une entité qui regroupe les différents milieux sociaux, où le degré d’urgence doit être décidé en un quart de seconde, sachant que le personnel, réduit, en crise, doit accueillir tous ceux qui se présentent. Comme dans Un monde, Laura Wandel s’intéresse encore une fois au monde de l’enfance, à un petit garçon et donc à sa mère, que la vie est peut-être sur le point de séparer. On ressort lessivé et bouleversé de L’Intérêt d’Adam, ébloui par la performance de Léa Drucker et d’Anamaria Vartolomei et certain d’avoir assisté à l’explosion d’une immense metteuse en scène.

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Test Blu-ray / La Dernière chance, réalisé par Maurizio Lucidi

LA DERNIÈRE CHANCE (L’Ultima chance) réalisé par Maurizio Lucidi, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Fabio Testi, Ursula Andress, Eli Wallach, Massimo Girotti, Barbara Bach, Carlo De Mejo, Howard Ross…

Scénario : Maurizio Lucidi, Giovanni Fago, Fulvio Gicca Palli, Vittoria Vigorelli & Francesco Giorgi, d’après un roman de Franco Enna

Photographie : Gábor Pogány

Musique : Luis Bacalov

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

Floyd Gambino sort de prison pour vol de voiture. Son patron Joe Malcomb lui propose de se faire engager dans une bijouterie avec l’objectif de la braquer par la suite. Le vol réussit mais dans leur fuite un client se fait tuer et Floyd Gambino doit se cacher dans un motel. Michelle la femme du propriétaire de la bijouterie réussit à mettre la main sur le butin.

Si le réalisateur Maurizio Lucidi (1932-2005) détient une filmographie plutôt conséquente, peu de ses œuvres demeurent aujourd’hui commentées et valorisées, en dehors du formidable La Victime désignée. Pourtant celui-ci aura signé une trentaine de films et téléfilms en près de quarante ans. C’est tout d’abord comme monteur qu’il fait ses classes au cinéma, chez Alberto Cavalcanti (Les Noces vénitiennes), Giorgio Bianchi (En avant la musique), Vittorio Cottafavi (Les Cent Cavaliers), Luigi Vanzi (Un dollar entre les dents), Dino Risi (Le Fanfaron, Les Monstres), où son savoir-faire et son efficacité font l’unanimité auprès de ses confrères. Après avoir assisté rien de moins que Pier Paolo Pasolini sur L’Évangile selon saint Matthieu – Il vangelo secondo Matteo (1964), Maurizio Lucidi, sous le pseudonyme de Maurice A. Bright passe derrière la caméra et signe quasiment simultanément un péplum (Le Défi des géants – La Sfida dei giganti) avec Reg Park et un western (Mon nom est Pécos – 2 once di piombo) dans lequel il dirige Robert Woods. Il continue ainsi dans le domaine de « l’Ouest Américain », avant de passer au film de guerre (il faut bien suivre les modes et les goûts changeants des spectateurs), avec Les Héros ne meurent jamais – Probabilità zero (1969), d’après une histoire de Dario Argento, et le méconnu Hamisha Yamim B’Sinai, avec Franco Giornelli. Début des années 1970, le giallo, puis le poliziottesco explosent et remplissent les salles du monde entier. La Dernière chance – L’Ultima chance sort en 1973 et s’avère l’un des meilleurs opus de son auteur. Essentiellement tourné au Canada, ce thriller dramatique teinté de romance repose sur un scénario classique, mais malin, coécrit entre autres par le talentueux Fulvio Gicca Palli (Magnum Cop, Comment tuer un juge, Confession d’un commissaire de police au procureur de la République), d’après un roman de Franco Enna (La Guerre des gangs d’Umberto Lenzi). Remarquablement interprété par Fabio Testi, quasiment de toutes les scènes et dont la mise en scène épouse l’énergie, mais aussi les doutes et la fureur du personnage, La Dernière chance est un spectacle aussi prenant que beau à regarder.

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Test Blu-ray / Les Week-ends de Néron, réalisé par Steno

LES WEEK-ENDS DE NÉRON (Mio figlio Nerone) réalisé par Steno, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 15 septembre 2026 chez Tamasa Distribution.

Acteurs : Alberto Sordi, Vittorio De Sica, Gloria Swanson, Brigitte Bardot, Ciccio Barbi, Mario Carotenuto, Mino Doro…

Scénario : Sandro Continenza & Diego Fabbri, d’après une histoire de Rodolfo Sonego

Photographie : Mario Bava

Musique : Angelo Francesco Lavagnino

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1956

LE FILM

Néron, qui se rêve artiste lyrique, séjourne en vacances avec Poppée sa maîtresse, Agrippine sa mère, qui veut le voir partir à la guerre, et Sénèque son conseiller. Mais le pouvoir les dévore et les tentatives d’assassinat pullulent…

Ils sont plusieurs à avoir interprété au cinéma le cinquième et dernier empereur romain de la dynastie julio-claudienne et ce dès le début du septième art. On peut citer en vrac Charles Laughton (Le Signe de la croix – The Sign of the Cross de Cecil B. DeMille, 1932), Peter Ustinov (Quo vadis ? de Mervyn LeRoy, 1951), Ivan Triesault (Barabbas de Richard Fleischer, 1961) et même un peu plus tard Vittorio Caprioli dans Les Nuits érotiques d’une courtisane – Poppea… una prostituta al servizio dell’impero (1972) d’Alfonso Brescia. Mais s’il y a un comédien qui se distingue dans le lot, c’est bel et bien Alberto Sordi dans Les Week-ends de Néron – Mio figlio Nerone, réalisé par Stefano Vanzina, plus connu sous le nom de Steno (1917-1988), avec lequel l’Albertone devait tourner à six reprises dans son illustre carrière. N’attendez pas de nous une comparaison entre le personnage historique et sa représentation dans cette relecture fantaisiste (euphémisme) d’un épisode de la Rome antique. Cependant, nous ne sommes pas ici dans le registre de la parodie, car Les Week-ends de Néron a beau se moquer joyeusement de tout ce beau monde en toge, sandales, tuniques et jupette, la forme n’a sûrement pas été négligée. Les décors impressionnent, ainsi que les costumes, mais c’est surtout la photographie qui laisse pantois pour une comédie. Rien de moins surprenant quand on découvre qui est le chef opérateur derrière tout cela. On vous le donne en mille, il s’agit de Mario Bava, qui signe cet ouvrage (et les effets spéciaux) juste avant de passer lui-même derrière la caméra pour Les Vampires – I vampiri, remplaçant au pied levé Riccardo Freda. Quel étrange film que Mio figlio Nerone, qui vaut non seulement le détour pour son beau travail formel (superbe Scope), mais aussi pour son quatuor d’acteurs venus d’horizons différents. En effet, aux côtés d’Alberto Sordi (juste après Un héros de notre temps – Un eroe dei nostri tempi de Mario Monicelli), on retrouve Vittorio De Sica (qui dirigera d’ailleurs l’Albertone dans le merveilleux Il Boom), mais aussi Gloria Swanson (immédiatement après son comeback inattendu dans Boulevard du crépuscule – Sunset Boulevard de Billy Wilder) et même Brigitte Bardot, pétillante, avant qu’elle explose aux yeux (ainsi que les braguettes) du monde entier dans Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim. Le fait est qu’Alberto Sordi est totalement déchaîné, qu’il se livre à un concours de grimaces en permanence, qu’il ne tient pas en place une seule seconde et que son bagou à la mitraillette peut fatiguer à la longue. Mais les acteurs s’éclatent visiblement et leur énergie est contagieuse. On passe un très agréable moment devant ces Week-ends de Néron, dont certaines séquences, à l’instar du récital ou celle où chacun prépare un meurtre de son côté, sont considérées comme anthologiques dans la filmographie de notre Monstre préféré. Ah oui, autre particularité, un certain Lucio Fulci est crédité comme assistant du réalisateur. Un film Kamoulox quoi.

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Test Blu-ray / La Vénus électrique, réalisé par Pierre Salvadori

LA VÉNUS ÉLECTRIQUE réalisé par Pierre Salvadori, disponible en DVD et Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons, Gustave Kervern, Romain Lefebvre, Pätrice Tepasso, Charline Cerri…

Scénario : Pierre Salvadori, Benoît Graffin & Benjamin Charbit, d’après une idée de Robin Campillo & Rebecca Zlotowski

Photographie : Julien Poupard

Musique : Camille Bazbaz

Durée : 2h02

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Paris, 1928. Exploitée par Titus, Suzanne est la “Vénus electrificata” dans une foire. Un soir, alors qu’elle s’est glissée dans une caravane de voyante, un homme ivre mort, le peintre Antoine Balestro, lui demande de le mettre en contact avec sa défunte femme, Irène. Elle le fait. Il y croit, et promet beaucoup d’argent pour une autre séance. Suzanne se rend chez lui. Armand, qui est à la fois l’ami et le vendeur d’Antoine, surprend l’imposture. Choqué, il congédie Suzanne… puis la rattrape quand il s’aperçoit qu’Antoine s’est remis à peindre. Il l’embauche pour continuer.

Soyons honnêtes, cela fait longtemps qu’un film de Pierre Salvadori (né en 1964) n’est plus « attendu au tournant », si tant est que son cinéma l’ait été un jour. Les Apprentis a déjà plus de trente ans au compteur, son plus grand hit (Hors de prix, 2,2 millions d’entrées) affiche deux décennies au compteur et ses opus suivants n’ont guère laissé de souvenirs, même aux cinéphiles les plus aguerris. En liberté ! peut-être, qui avait frôlé la barre des 800.000 spectateurs, mais il n’en reste pas grand-chose aujourd’hui. Après avoir connu l’un de ses plus gros échecs en 2022 (La Petite bande, 115.000 entrées, aïe), le réalisateur revient avec un projet plus ambitieux, La Vénus électrique, dont le budget n’a pas été rendu public, mais avoisine sûrement les 15 millions d’euros. Pour son premier film dit historique, Pierre Salvadori convoque quatre comédiens français au nom porteur, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Pio Marmaï et Vimala Pons, casting royal qui a permis à ce onzième long-métrage d’aller jusque sur la Croisette, où il allait avoir les honneurs d’ouvrir le Festival de Cannes en 2026. La Vénus électrique compile tout ce qui a fait la renommée et parfois même le succès de son auteur, dont les œuvres ont souvent comme dénominateur commun le mensonge, les faux-semblants et la dissimulation. Cependant, le résultat est cette fois en demi-teinte. Rien à redire du point de vue formel, la photographie de Julien Poupard (Le Prix du succès, Les Ogres, Divines, L’Innocent) est clinquante à souhait, la reconstitution très convaincante, les décors superbes, les costumes éclatants, mais la mécanique tourne quelque peu à vide, ou plutôt disons que l’on connaît assez la ritournelle pour savoir constamment où le metteur en scène va nous mener dans la scène suivante. L’enchaînement des scènes se fait façon poussive, un ennui poli s’installe. Attention, La Vénus électrique n’est assurément pas un film déplaisant à regarder, mais de la part d’un cinéaste chevronné comme Pierre Salvadori, la déception est de mise en raison aussi de son manque d’émotion, du manque de naturel des scènes dramatiques. Si la critique s’est emballée, l’accueil du public a été beaucoup plus mitigé et le résultat au box-office a été là encore significatif, puisque seulement 645.000 spectateurs auront répondu présent, ce qui compte tenu de son coût de production reste bien en-dessous des espérances.

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Test Blu-ray / Romería, réalisé par Carla Simón

ROMERÍA réalisé par Carla Simón, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Ad Vitam.

Acteurs : Tristán Ulloa, José Ángel Egido, Llúcia Garcia, Mitch Martín, Celine Tyll, León Romagosa, Hans Romagosa, Marina Troncoso…

Scénario : Carla Simón

Photographie : Hélène Louvart

Musique : Ernest Pipó

Durée : 1h51

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

La jeune étudiante Marina, enfant adoptée, recherche des papiers administratifs pour s’inscrire à l’université, en école de cinéma. S’ensuit alors la longue histoire de la vie de sa famille d’origine, ses secrets et ses drames, qu’elle découvre au fur et à mesure de ses recherches, dans un voyage initiatique sur les traces de sa propre histoire, dans la ville galicienne de Vigo.

C’est un coup d’éclat, un coup de foudre, un coup au coeur et à l’âme que ce troisième long-métrage de Carla Simón (née en 1986), révélée en 2017 avec Été 93, largement récompensé à travers le monde. À l’instar de ses œuvres précédentes, la réalisatrice s’inspire de ses parents biologiques, décédés du sida, leur disparition prématurée ayant forcément laissé de nombreuses questions, qui n’auront sans doute jamais de réponse. À travers son art, Carla Simón n’a eu de cesse d’aller à la recherche de ce qui lui manque, de recréer un passé qu’elle n’a pas connu, celui de ceux qui lui ont donné la vie et qui sont morts quand elle avait trois ans (pour son père) et six ans (en ce qui concerne sa mère). Romería cristallise tout ce que la cinéaste avait fait jusqu’à présent et apparaît comme un film-somme définitif, comme une conclusion cohérente après Été 93 – Estiu 1993 et Nos soleils – Alcarràs (2022, récompensé par l’Ours d’or), mais aussi quelques-uns de ses courts-métrages, notamment Llacunes (2016), qui est plus ou moins « intégré » à Romería et ce dès l’introduction. La réalisatrice catalane atteint les sommets avec Romería, sélectionné en compétition officielle de la 78e édition du Festival de Cannes en 2025, chef d’oeuvre de 2026, cadeau pour les cinéphiles, expérience sensorielle à part entière, qui révèle une jeune actrice exceptionnelle, Llúcia Garcia (née en 2006), dont on entendra très certainement parler dans le futur. Retenez bien ce nom.

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Test Blu-ray / Deux mâles pour Alexa, réalisé par Juan Logar

DEUX MÂLES POUR ALEXA (Fieras sin jaula) réalisé par Juan Logar, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 octobre 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Juan Luis Galiardo, Curd Jürgens, Rosalba Neri, Emma Cohen, Eduardo Calvo, Franco Marletta, Mario Della Vigna, Manolo Otero…

Scénario : Francesco Campitelli & Juan Logar

Photographie : José F. Aguayo & Igino Fiorentini

Musique : Piero Piccioni

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

La jeune et jolie Alexa accepte d’épouser le riche et vieillissant Roland selon un pacte tacite : il entretient son oisiveté et elle le laisse profiter de sa jeunesse. Mais lorsque Alexa entame une relation torride avec le vigoureux Pierre, Roland prépare sa vengeance. Il invite les deux amants dans une de ses villas en Normandie.

Depuis dix ans, si vous nous suivez (et nous vous en remercions grandement), nous n’avons jamais caché notre admiration pour la comédienne Rosalba Neri (née en 1939), vue dans À la recherche du plaisir de Silvio Amadio, Furie au Missouri d’Alfonso Brescia, Hercule contre les vampires de Mario Bava, Opération Re Mida (Lucky l’intrépide) et 99 femmes de Jess Franco, Lady Frankenstein de Mel Welles et Ursus l’invincible de Gianfranco Parolini…Aussi bien demandée en Italie qu’en Espagne, la comédienne, qui a tout de même tourné avec Roberto Rossellini, Raoul Walsh, Anthony Mann, Lucio Fulci et bien d’autres, s’en va cette fois de l’autre côté des Pyrénées pour un thriller domestique, faussement vendu sous l’étiquette d’un giallo de machination ibérique. Deux mâles pour Alexa, connu également sous les titres Fauves en liberté ou Prison de fauves, ou bien encore Fieras sin jaula (« fauves sans cage ») et Due Maschi per Alexa, est une ode à Rosalba Neri, qui crève l’écran, le pulvérise par son talent, sa beauté, son érotisme insolent. Le scénario malin coécrit par le réalisateur et Francesco Campitelli, habituellement production manager (La Grosse pagaille, Devilman le diabolique), se concentre essentiellement sur un trio de personnages, pris dans une spirale sexuelle, dont personne ne sortira indemne. Grosse surprise, alors que le premier tiers du film n’est pas encore terminé, énorme rebondissement qui rebat les cartes. Le cinéaste entreprend de raconter ce qui s’est déroulé quelques mois auparavant, pour expliquer comment les protagonistes en sont arrivés là. On retiendra quelques scènes bien perverses, ainsi que le corps nu de Rosalba Neri, excellemment photographié par Igino Fiorentini (Maintenant, on l’appelle Plata, Cul et chemise) et José F. Aguayo (Le Couteau de glace, El Pico et sa suite), qui demeure la grande attraction de ces Deux mâles pour Alexa.

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Test Blu-ray / Les Mains dans les poches, réalisé par Stephen Verona & Martin Davidson

LES MAINS DANS LES POCHES (The Lords of Flatbush) réalisé par Stephen Verona & Martin Davidson, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 3 décembre 2025 chez Colored Films.

Acteurs : Perry King, Sylvester Stallone, Henry Winkler, Paul Mace, Susan Blakely, Maria Smith, Renee Paris, Paul Jabara…

Scénario : Stephen Verona, Gayle Gleckler & Martin Davidson

Photographie : Joseph Mangine & Edward Lachman

Musique : Joseph Brooks

Durée : 1h24

Année de sortie : 1974

LE FILM

Des jeunes d’un quartier de Brooklyn se réunissent et forment un gang. S’ils réussissent à affronter les problèmes ensemble plus facilement, ils doivent néanmoins surmonter de nouveaux obstacles.

On a tendance à penser que Les Mains dans les poches –The Lords of Flatbush marque la première apparition au cinéma de Sylvester Stallone, le film étant vendu sous cet argument depuis longtemps. En réalité non, puisque le comédien avait fait quelques panouilles dans Bananas de Woody Allen (voir la scène dans le métro), dansait dans The Sidelong Glances of a Pigeon Kicker de John Dexter et dans Klute d’Alan J. Pakula. Mais en dehors d’autres rôles non crédités (comme dans La Descente infernale de Michael Ritchie et Lune de miel aux orties de Cy Howard), Sylvester Stallone démarre les années 1970 par The Party at Kitty and Stud’s, qui sera rebaptisé L’Étalon italien – The Italian Stallion après le triomphe de Rocky. Un film cu-culte qui était loin de laisser penser que la carrière de l’acteur allait prendre son envol quelques années plus tard. 1973, il obtient le rôle principal de Rebel – No Place to Hide de Robert Allan Schnitzer, thriller qui passe inaperçu et qui sera lui aussi réexploité au début des années 1980, dans un nouveau montage, histoire de mettre Sly encore plus en avant. On arrive alors aux Mains dans les poches, qui pour le coup est ce qu’on pourrait vraiment qualifier de vrai premier rôle dramatique pour Stallone, qui a plus à défendre dans ce film que dans tout ce qu’il avait pu faire jusqu’à présent. Coréalisé par Martin Davidson et Stephen Verona, inconnus au bataillon et qui signaient là leur premier film, The Lords of Flatbush est souvent comparé à American Graffiti de George Lucas, sorti l’année précédente, mais anticipe aussi étrangement Grease de Randal Kleiser avec sa bande de gominés, les épaules serrées dans leur blouson de cuir, la clope au bout du bec. Loin de l’expression populaire « C’était mieux avant », Les Mains dans les poches est parcouru par un vrai spleen et montre des jeunes nés durant la Seconde Guerre mondiale, qui sont pour ainsi dire incapables d’être heureux, de se contenter de ce qu’ils ont, qui se montrent impatients envers tout et tout le monde, qui multiplient les plaisirs éphémères, sans penser au lendemain, ni même à l’heure d’après. Jusqu’à ce que la réalité les rattrape petit à petit et les mette face à leurs responsabilités. The Lords of Flatbush est une chronique sur la perte de l’innocence de jeunes adultes, qui sortent à peine de l’adolescence (oui bon, les acteurs avaient entre 26 et 30 ans) et doivent faire avec le peu qu’ils ont dans la caboche. Une curiosité, mais aussi une vraie découverte que ces Mains dans les poches.

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Test Blu-ray / La Femme de, réalisé par David Roux

LA FEMME DE réalisé par David Roux, disponible en DVD & Blu-ray le 20 août 2026 chez Jour2Fête.

Acteurs : Mélanie Thierry, Éric Caravaca, Arnaud Valois, Jérôme Deschamps, Jérémie Renier, Sarah Le Picard, Jeanne Rosa, Lila Gueneau…

Scénario : David Roux & Gaëlle Macé, d’après le roman Son nom d’avant d’Hélène Lenoir

Photographie : Aurélien Marra

Musique : Quentin Sirjacq

Durée : 1h35

Année de sortie : 2026

LE FILM

Marianne est mariée avec Antoine, avec lequel elle a eu une fille, Laure, adolescente, et un garçon, Tim, encore petit. Dans la demeure de son beau père, qui vient d’enterrer sa femme, elle se réfugie dans les bras de son beau frère, Franck, et se garde bien de se mêler des questions de succession. Une certaine tension s’installe d’ailleurs entre son mari et l’une de ses deux belles-sœurs, Lili, qui trouve qu’Antoine décide de tout sans consulter personne. Alors qu’elle ne voulait pas s’installer dans la maison, Marianne se retrouve à s’occuper de son beau père, qui la prend pour une domestique. Et quand surgit dans leur vie un photographe qu’elle a croisé par le passé, elle va devoir faire des choix…

Nous étions sans nouvelle du réalisateur David Roux (né en 1977), dont le premier long-métrage L’Ordre des médecins nous avait particulièrement enthousiasmés en 2019. Deux bonnes nouvelles. La première c’est qu’il fait enfin son retour derrière la caméra. Quant à la seconde, La Femme de est une nouvelle réussite. Il adapte le roman d’Hélène Lenoir, Son nom d’avant et dresse le portrait d’une femme de 40 ans, qui arrive à un carrefour de son existence, qui se résume à incarner l’épouse dévouée la meilleure mère, en la ramenant le moins possible, dans une famille bourgeoise et catholique de province, dans laquelle son mari, le fils aîné, s’impose une fois de plus face à ses cadets au moment de la mort de leur mère, quand bien même leur père est encore en vie. David Roux se place dans la droite lignée de Claude Chabrol, tout comme Sébastien Marnier le faisait en 2022 avec L’Origine du mal, dans le genre drame social se déroulant dans un cadre feutré, loin de l’agitation de la grande ville. Il offre à Mélanie Thierry l’un de ses plus beaux rôles (on a l’impression de dire cela à chacun de ses films), comme dernièrement La Chambre de Mariana et La Douleur d’Emmanuel Finkiel et La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet. Passionné par le mélodrame hollywoodien des années 1950 comme ceux de Douglas Sirk (All I Desire, Le Secret magnifique), le cinéaste observe son personnage principal piégé dans sa cage dorée, souvent perdue au milieu d’une immense pièce, observant par la fenêtre, rêvant peut-être de s’évader, de s’envoler. Formidable objet de cinéma à disséquer sur le plan formel, magnifiquement photographié par Aurélien Marra (Un monde merveilleux), La Femme de confirme le talent d’un metteur en scène précieux, sur lequel il faudra désormais compter.

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Test Blu-ray / Provincia violenta, réalisé par Mario Bianchi

PROVINCIA VIOLENTA réalisé par Mario Bianchi, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Calogero Caruana, Antonella Dogan, Alicia Leoni, Spartaco Battisti, Al Cliver, Richard Harrison, Simonetta Marini, Daniela Codini…

Scénario : Mario Bianchi

Photographie : Umberto Galeassi

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

Franco Sereni, capitaine de carabiniers, est démis de ses fonctions pour avoir défendu « la loi des armes ». Il est chargé de mener une enquête privée sur plusieurs cas de chantage de femmes fortunées. Sereni découvre bientôt qu’il y a bien plus que cela.

Il y a un peu plus d’un an, nous parvenions à défendre L’Enfant de Satan – La Bimba di Satana (1977), réalisé par Mario Bianchi (1939-2022) et ce malgré ses défauts apparents. Ce ne sera pas le cas pour Provincia violenta (1978), dernier baroud d’honneur du metteur en scène dans le genre poliziottesco, qui commençait d’ailleurs sérieusement à battre de l’aile à la fin des années 1970. Rien, absolument rien ne fonctionne dans cet opus qui sent le réchauffé, qui est moche à regarder, pénible à suivre et interprété par des comédiens dépourvus du moindre charisme. C’est bien simple, on a l’impression que tous se sont donné rendez-vous afin d’offrir au public ce qui pouvait se faire de pire dans le genre, en espérant pouvoir ainsi se démarquer du tout-venant. Écrit et mis en scène par Mario Bianchi, avant qu’il prenne les pseudos de Jim Reynolds, Arthur Wolf, Mark B. Light, Nicholas Moore, Martin White et bien d’autres pour signer des œuvres aux titres aussi explicites que Francesca: Sinfonia anale, Doppio contatto anale, La clinica delle ispezioni anali), Provincia violenta devient une comédie involontaire, qui rappelle un épisode de Derrick, tant sur le fond que sur la forme. Pris ainsi, ce « thriller » fauché, extrêmement maladroit, neurasthénique et aux couleurs aussi éteintes que les papiers peints et la moquette murale qui ornaient les murs remplit son contrat et fera le bonheur des adeptes de mauvais films sympathiques.

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