Test 4K UHD / La Proie de l’autostop, réalisé par Pasquale Festa Campanile

LA PROIE DE L’AUTOSTOP (Autostop rosso sangue) réalisé par Pasquale Festa Campanile, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Franco Nero, Corinne Cléry, David Hess, Joshua Sinclair, Carlo Puri, Ignazio Spalla, Mónica Zanchi, Leonardo Scavino…

Scénario : Ottavio Jemma, Aldo Crudo & Pasquale Festa Campanile, d’après le roman « The Violence and the Fury » de Peter Kane

Photographie : Franco Di Giacomo & Giuseppe Ruzzolini

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Eve et Walter partent sur les routes de Californie en espérant redorer leur couple au bord de l’effondrement. Après avoir passé une nuit dans un camp de hippies, ils prennent en stop Adam. Ce dernier les retient vite en otage et une relation tendue s’engage entre eux. Usant de sa force et de sa cruauté, il va s’amuser avec eux jusqu’à la limite du sadisme. Sans compter que ses deux complices sont sur le point de les rejoindre.

En 1972, le réalisateur Wes Craven signe son premier long-métrage, La Dernière maison sur la gauche – The Last House on the Left. Film d’horreur d’une extrême violence, cette histoire d’assassins qui séquestrent et torturent à mort deux jeunes filles fait polémique à travers le monde, ce qui ne l’empêche pas d’être un très grand succès. Avide de reprendre une recette qui fonctionne, le cinéma italien s’engouffre dans la brèche et participe alors à ce sous-genre controversé du cinéma d’exploitation baptisé Rape & Revenge, autrement dit le viol et la vengeance. La Proie de l’autostop – Autostop rosso sangue en Italie et Hitch-Hike pour le marché anglo-saxon, est un des rares films de genre réalisés par Pasquale Festa Campanile (1927-1986), cinéaste habituellement connu pour ses comédies grivoises centrées sur le couple comme L’Amour à cheval – La Matriarca (1968) et Ma femme est un violon – Il Merlo maschio (1971) avec les sublimes Catherine Spaak et Laura Antonelli. Mais avant de devenir lui-même réalisateur, Pasquale Festa Campanile avait signé les scénarios de Rocco et ses frères (1961) et Le Guépard (1963) de Luchino Visconti, L’Assassin d’Elio Petri (1961) et La Viaccia de Mauro Bolognini (1961), des films évidemment plus graves. Il n’est donc pas si étonnant de le retrouver derrière la caméra du « Rape & Revenge » La Proie de l’autostop (1977), avec l’immense Franco Nero (formidablement exécrable), la superbe Corinne Cléry (révélation d’Histoire d’O de Just Jaeckin) et future James Bond Girl dans Moonraker et l’inquiétant David Hess (le mythique Krug Stillo de La Dernière maison sur la gauche).

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Test Blu-ray / La Maison au fond du parc, réalisé par Ruggero Deodato

LA MAISON AU FOND DU PARC (La Casa sperduta nel parco) réalisé par Ruggero Deodato, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : David Hess, Annie Belle, Christian Borromeo, Giovanni Lombardo Radice, Marie Claude Joseph, Gabriele Di Giulio, Lorraine De Selle, Karoline Mardeck, Brigitte Petronio…

Scénario : Gianfranco Clerici & Vincenzo Mannino

Photographie : Sergio D’Offizi

Musique : Riz Ortolani

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Alex, voyou et violeur, tient sous sa coupe Ricky, un peu simplet. Tous deux travaillent dans un garage aux affaires douteuses. Alors qu’ils s’apprêtent à sortir en boîte, ils dépannent la voiture d’un couple de jeunes bourgeois qui, pour les remercier, les invite à une soirée dans leur villa. Si Ricky s’y amuse, Alex réalise vite que l’assemblée cherche à les humilier. Énervé, il sort son rasoir et prend la soirée en main…

La Maison au fond du parc – La Casa sperduta nel parco est né de l’argent qui restait à disposition aux deux producteurs Franco Di Nunzio et Franco Palaggi, après le tournage de Cannibal Holocaust. En effet, le réalisateur Ruggero Deodato ayant été encore plus radical et rapide que prévu en Colombie, celui-ci se voit proposer d’emballer un autre film avec ce qui reste alors dans la tirelire mise à disposition. Seule recommandation, le metteur en scène doit filmer lui-même quelques scènes à New York, afin d’y ancrer l’histoire de son nouvel opus, les scènes d’intérieur étant prévues en studio en Italie. Le montage prendra le relais pour faire croire que tout se déroule à New York et dans ses environs. Gianfranco Clerici (La Longue nuit de l’exorcisme, MurderRock, L’Éventreur de New York) et Vincenzo Mannino (Formule pour un meurtre, Les Prédateurs du futur, L’Antéchrist), se mettent à l’écriture et livrent ce qui sera La Maison au fond du parc, qui appartient au genre rape & revenge, tout droit hérité de La Dernière maison sur la gauche (1972) de Wes Craven. Non seulement la trame narrative et l’intrigue sont très proches de ce film devenu immédiatement une référence et un modèle à plagier, mais David Hess, qui incarnait le fameux Krug Stillo, tient également le haut de l’affiche dans cette Casa sperduta nel parco. Le sieur Deodato devait démarrer les prises de vue alors que son odyssée sanglante dans la forêt amazonienne n’était pas encore sortie sur les écrans, avec le scandale qui allait l’accompagner. Rétrospectivement, La Maison au fond du parc est sans doute l’un des meilleurs opus du maestro. Impeccablement emballé, ce thriller demeure une oeuvre très violente, sans concession, morbide, cruelle, dérangeante, à l’érotisme malsain, mais génialement réalisée, photographiée, cadrée, montée et interprétée, le tout en trois semaines seulement et dont la rapidité (pour ne pas dire l’urgence) d’exécution se ressent à l’écran. À ne pas mettre devant tous les yeux toutefois. Il faut dire que Ruggero Deodato n’y va pas de main-morte et met souvent tout humour de côté, aucune soupape permettant au spectateur de reprendre son souffle devant ce spectacle transgressif, sulfureux et subversif. Un chaînon manquant, toutes proportions gardées bien sûr, ne hurlez pas, entre La Maison des otages – The Desperate Hours (1955) de William Wyler (que refera Michael Cimino au début des années 1990) et Orange mécanique – A Clockwork Orange (1971) de Stanley Kubrick.

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