Test Blu-ray / Raisons d’état, réalisé par Robert De Niro

RAISONS D’ÉTAT (The Good Shepherd) réalisé par Robert De Niro, disponible en DVD & Blu-ray le 23 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Matt Damon, Angelina Jolie, Alec Baldwin, Tammy Blanchard, Billy Crudup, Robert De Niro, Michael Gambon, William Hurt, Timothy Hutton…

Scénario : Eric Roth

Photographie : Robert Richardson

Musique : Bruce Fowler & Marcelo Zarvos

Durée : 2h47

Année de sortie : 2006

LE FILM

Pour Edward Wilson, seul témoin du suicide de son père et membre de la Skull and Bones Society à l’Université de Yale, l’honneur et la discrétion sont des valeurs primordiales. Ce sont ces qualités qui poussent la CIA, l’agence gouvernementale qui vient d’être créée, à le recruter. Influencé par l’ambiance paranoïaque que provoque la Guerre Froide dans toute l’agence, Wilson se montre de plus en plus suspicieux. Son pouvoir grandit, mais il a de moins en moins confiance en ceux qui l’entourent… Son obsession du travail va lui coûter cher, l’isolant chaque jour un peu plus de ses proches et de celui qu’il était…

Il aura attendu le début des années 1990 pour passer derrière la caméra. Mais après avoir tourné pour Brian De Palma, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Bernardo Bertolucci, Elia Kazan, Michael Cimino, Sergio Leone, Terry Gilliam, Alan Parker et Martin Ritt, Robert De Niro ne partait sûrement pas sans une certaine expérience et sans bagage technique. Cependant, son Il était une fois le Bronx – A Bronx Tale, sorti en 1993, demeure confidentiel. Le comédien reprend le chemin des studios et le début des années 2000 n’est pas ce qu’on pourrait qualifier de marquant dans son illustre filmographie. Euphémisme. Devenu « l’acteur » des Aventures de Rocky et Bullwinkle et de Showtime, tout en confortant son statut de star grâce aux cartons de Mon beau-père et moi – Meet the Parents (2000) et de sa suite Mon beau-père, mes parents et moi – Meet the Fockers (2004), Robert De Niro pense enfin pouvoir revenir à la mise en scène, avec un projet de longue date (une bonne dizaine d’années) et qui lui tient particulièrement à coeur. Décembre 2006, sort sur les écrans Raisons d’état ou The Good Shepherd (« le bon berger ») en version originale. Porté par un casting exceptionnel, sans doute l’un des plus beaux et impressionnants depuis vingt ans (même Joe Pesci y faisait son comeback après huit ans d’absence), ce film d’espionnage feutré se situe à la lisière des romans de James Ellroy et de John le Carré, ne fait pas d’esbroufe inutile et rejette tout effet spectaculaire, pour se concentrer uniquement sur la psychologie de ses personnages, notamment la déshumanisation lente et progressive de son protagoniste principal, merveilleusement incarné par Matt Damon. Si l’on pouvait penser que ce dernier paraissait trop jeune pour le rôle d’Edward Wilson (l’acteur avait beau avoir 36 ans, il en paraissait presque dix de moins), celui-ci crève l’écran et signe une de ses plus remarquables performances. Une belle année pour lui, puisque Raisons d’état sort quelques semaines après le gros carton des Infiltrés – The Departed de Martin Scorsese et quelques mois avant celui de La Vengeance dans la peau – The Bourne Ultimatum de Paul Greengrass. Récit kafkaïen, mais on ne peut plus passionnant, labyrinthique, sans pour autant perdre les spectateurs dans ses dédales, Raisons d’état est un cadeau pour les cinéphiles, imprégné de prestigieuses références à de multiples classiques chéris par Robert De Niro ou interprétés par ce dernier, que l’on peut, que l’on doit même, voir et revoir encore et toujours, avec le même bonheur.

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Test Blu-ray / Mutations – Slugs, réalisé par Juan Piquer Simón

MUTATIONS (Slugs) réalisé par Juan Piquer Simón, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 11 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michael Garfield, Kim Terry, Philip MacHale, Alicia Moro, Santiago Álvarez, Concha Cuetos, John Battaglia, Emilio Linder…

Scénario : José Antonio Escrivá & Juan Piquer Simón, d’après le roman de Shaun Hutson

Photographie : Julio Bragado

Musique : Tim Souster

Durée : 1h26

Année de sortie : 1988

LE FILM

Dans une petite ville des États-Unis apparaissent soudain des limaces géantes et carnivores qui attaquent mortellement les humains. Mike Brady, responsable des services sanitaires de la ville devra lutter contre le scepticisme des autorités locales afin d’éradiquer le fléau.

Au cours de nos pérégrinations cinéphiles/ages, nous avons déjà parlé du señor Juan Piquer Simón (1935-2011), réalisateur des forts sympathiques Supersonic Man (1979), réponse ibérique au Superman de Richard Donner, spectacle décontracté, très drôle et mené sans temps mort, et L’Abîme – The Rift (1990), série B qui vaut essentiellement pour son bestiaire sympathique et ses effets spéciaux qui ne manquent pas de charme. En 1988, après deux ou trois années d’absence, durant lesquelles il essayait de monter quelques projets qui n’ont finalement pas pu aboutir, le pape du cinéma d’exploitation en son pays à qui l’on doit aussi Le Continent fantastique (1976), Les Diables de la mer (1981) et Le Sadique à la tronçonneuse (1982), revenait avec l’adaptation d’un roman de Shawn Hutson, Slugs, publié en France sous le titre La Mort visqueuse. Oeuvre de commande, cette transposition du best-seller vendu à plus de 250.000 exemplaires outre-Manche, permet au cinéaste de se remettre en selle, en tournant des scènes aux États-Unis, du côté de New York, pour les extérieurs, tandis que les intérieurs et les effets spéciaux sont filmés à Madrid. Slugs ou Mutations pour son exploitation directe dans les bacs français du style Locatel, est une fois de plus un divertissement aussi bien mené que jubilatoire signé par l’un des grands experts du genre européen. Soyons honnêtes, on rit beaucoup devant Slugs, face au surjeu ou même le non-jeu de certains comédiens, tous inconnus au bataillon, mais qui s’évertuent à faire le job, devant la répétition de certains partis-pris qui relient deux événements (on ne compte plus le nombre de fois où la caméra suit longtemps une voiture qui arrive ou qui repart), face à certains effets gores aussi, même si ceux-ci sont plutôt bien réussis. D’ailleurs, Juan Piquer Simón est comme à son habitude fort généreux en hémoglobine et cette histoire de limaces avides de chair humaine lui donne l’occasion d’y aller encore à fond dans l’horreur, avec des individus qui se font dévorer, quand ce n’est pas littéralement une tête qui explose sous la pression de vers qui ont bouffé un type de l’intérieur. Bref, on en a pour son argent devant Slugs, mené sans aucun temps mort, qui offre au spectateur ce qu’il est venu chercher, ni plus (aucune surprise à l’horizon) ni moins (le sang coule à flot).

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Test Blu-ray / L’Amant de 5 jours, réalisé par Philippe de Broca

L’AMANT DE 5 JOURS réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Jean Seberg, Micheline Presle, Jean-Pierre Cassel, François Périer, Carlo Croccolo, Albert Michel, Claude Mansard, Albert Mouton…

Scénario : Philippe de Broca & Daniel Boulanger, d’après le roman de Françoise Parturier

Photographie : Jean Penzer

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h26

Année de sortie : 1961

LE FILM

Madeleine, directrice d’une maison de haute couture, et Claire, mariée, deux enfants, sont très bonnes amies. Antoine, amant de Madeleine et homme entretenu, vient à rencontrer Claire. Claire et Antoine entament une relation clandestine bientôt découverte par Madeleine. Cette dernière décide d’organiser une petite vengeance en conviant Claire et son mari ainsi qu’Antoine à une petite soirée. Claire et Antoine vont tous les deux se voir d’un œil différent.

On ne change pas une équipe qui gagne, ou tout du moins qui fonctionne. Après Les Jeux de l’amour (681.000 entrées) et Le Farceur (442.000 spectateurs), sortis à sept mois d’intervalle, en juin 1960 pour le premier et en janvier 1961 pour le second, Philippe de Broca et Jean-Pierre Cassel s’unissent encore pour L’Amant de 5 jours, qui quant à lui déboule sur les écrans le 24 février 1961. Autant dire que les deux hommes n’ont pas chômé et que ce rythme effréné de tournage s’avère déjà représentatif du réalisateur. C’est un nouveau demi-succès puisque 650.000 français viendront découvrir cette nouvelle comédie dans les salles. Ce n’est pas un secret, il y a un autoportrait de Philippe de Broca dressé dans cette fausse « trilogie », chaque opus dévoilant quelques aspects de leur auteur, qui attendait sûrement un meilleur accueil de la part du public. Quand bien même le cinéaste et son coscénariste Daniel Boulanger adaptent le roman éponyme de Françoise Parturier (publié en 1959), il y a bel et bien de nombreux éléments personnels dans L’Amant de 5 jours. Si Jean-Pierre Cassel, sublime comme à son habitude, demeure le premier alter ego de Philippe de Broca à l’écran (la ressemblance physique est par ailleurs troublante, comme Truffaut avec Léaud), on peut imaginer que le second s’est également « projeté » dans le personnage merveilleusement incarné par François Périer, qui campe comme qui dirait une version mature de lui-même. Rebondissant toujours afin d’éviter de rester sur place, ce qu’il détestait et ce que l’on remarque souvent sur de nombreuses photos de tournage, Philippe de Broca a systématiquement vécu ses films comme des moyens d’évasion ou des machines à fantasmes. L’Amant de 5 jours fait la part belle aux femmes, qui même si elles tournent autour du même homme, restent les plus fortes, les plus courageuses, tandis que la gent masculine se perd dans la peur de l’engagement, de la solitude aussi. Sur des dialogues magnifiques signés Daniel Boulanger (quel plaisir, quelle poésie d’écouter ça…), un rythme incroyable et bercé par la composition de Georges Delerue qui vous transperce le coeur, L’Amant de 5 jours est un bijou méconnu, pourtant conspué par le réalisateur (sans doute parce qu’il se dévoilait trop à son goût), à voir et à revoir sans modération.

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Test Blu-ray / On a volé la cuisse de Jupiter, réalisé par Philippe de Broca

ON A VOLÉ LA CUISSE DE JUPITER réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Annie Girardot, Philippe Noiret, Francis Perrin, Catherine Alric, Marc Dudicourt, Paulette Dubost, Roger Carel, Anna Gaylor…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Giorgos Hatzinasios

Durée : 1h41

Année de sortie : 1980

LE FILM

Antoine Lemercier et Lise Tanquerelle passent leur voyage de noces en Grèce. Ils y font la rencontre de Charles-Hubert Pochet, un jeune archéologue qui fait bientôt une grande découverte, mais la pièce est dérobée. Lorsque le voleur est retrouvé mort, c’est Charles-Hubert Pochet qui est accusé de meurtre avec la complicité d’Antoine Lemercier.

Devant le succès de Tendre poulet en 1978 (1,8 million d’entrées) et surtout face au semi-échec du Cavaleur (un million de spectateurs) en 1979, Philippe de Broca décide de donner une suite aux tribulations de Tanquerelle et Lemercier. Annie Girardot et Philippe Noiret sont donc de retour pour On a volé la cuisse de Jupiter, qui débute par le mariage de la commissaire de police et du professeur de grec. Cette excellente séquelle propose un angle différent. Là où Tendre poulet combinait parfaitement la comédie et la trame policière, de Broca envoie son couple principal en voyage de noces en Grèce. Si nous retrouvons bien quelques éléments policiers, le ton est ici placé sous le signe de la comédie pure et surtout de l’aventure, genre de prédilection de Philippe de Broca. Aux côtés de Girardot/Noiret, toujours aussi formidables, Catherine Alric (encore plus exquise que dans le premier), interprète un personnage différent que dans Tendre poulet grâce à une petite pirouette (« Il y avait une fille comme elle, elle lui ressemblait, même genre, même style, copie conforme ! » dit Tanquerelle), ainsi que Francis Perrin, tout aussi irrésistible qu’irritant dans la peau de Charles-Hubert Pochet qui passe tout le film à se plaindre, la jambe dans le plâtre.

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Test Blu-ray / Tendre poulet, réalisé par Philippe de Broca

TENDRE POULET réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Annie Girardot, Philippe Noiret, Catherine Alric, Hubert Deschamps, Paulette Dubost, Roger Dumas, Raymond Gérôme, Guy Marchand…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard, d’après le roman Le Commissaire Tanquerelle et le Frelon de Jean-Paul Rouland et Claude Olivier

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h46

Année de sortie : 1978

LE FILM

Tanquerelle, commissaire de police, a la surprise de constater que le cyclomotoriste qu’elle vient de heurter avec sa voiture n’est autre qu’Antoine Lemercier, un ancien camarade de classe qu’elle n’a pas vu depuis 20 ans. Ces retrouvailles donnent lieu à un coup de foudre, mais Lise cache sa profession à Antoine, devenu professeur de grec et farouchement anti-police. Parallèlement à cette romance naissante, Lise doit enquêter sur une série de meurtres bizarres : trois députés assassinés successivement, un poinçon planté dans le dos.

Philippe de Broca (1933-2004) vient d’enchaîner deux gros succès avec Le Magnifique (1973, 2,8 millions d’entrées) et L’Incorrigible (1975, 2,6 millions d’entrées), mais Julie pot de colle est une déception au box-office en 1977 et n’attire que 645.000 spectateurs dans les salles. L’année suivante, le cinéaste retrouve Michel Audiard, scénariste et dialoguiste de L’Incorrigible, pour Tendre poulet, une comédie policière pour laquelle il confie les rôles principaux à Philippe Noiret, rencontré en 1970 sur le tournage des Caprices de Marie, et Annie Girardot (qui pour l’anecdote incarne ici la première commissaire de police du cinéma français), avec qui la première collaboration remonte à 1964 pour Un monsieur de compagnie. Petit bijou de scénario, interprétation divine, rythme effréné, comédie-policière (les meurtres peuvent faire leur effet sur le jeune public) à l’humour noir, tendre et dévastateur, Tendre poulet est un joyau du cinéma français des années 70, du pur Philippe de Broca.

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Test Blu-ray / Le Cavaleur, réalisé par Philippe de Broca

LE CAVALEUR réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 20 août 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Jean Rochefort, Annie Girardot, Nicole Garcia, Danielle Darrieux, Catherine Alric, Lucienne Legrand, Carole Lixon, Jean Desailly, Lila Kedrova…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h42

Année de sortie : 1979

LE FILM

Pianiste réputé, Edouard Choiseul ne cesse de courir entre contingences professionnelles et sentimentales. Quand son épouse menace de le quitter, il décide de consacrer un peu de temps à sa famille.

Entre Tendre poulet (1978, 1,8 million d’entrées) et On a volé la cuisse de Jupiter (1980, 1,6 million d’entrées), Philippe de Broca prend le temps d’emballer Le Cavaleur, délicieuse, virtuose escapade parisienne et provinciale, trop souvent oubliée dans la filmographie du cinéaste de L’Homme de Rio. Pourtant, Le Cavaleur est un véritable trésor, un vrai chef d’oeuvre à réhabiliter de toute urgence, comme Le Roi de coeur (1966), qui lui aussi ne faisait pas partie des opus les plus diffusés du réalisateur et qui a su conquérir un nouveau public, bien après sa sortie. Jean Rochefort, pour sa quatrième et dernière collaboration avec Philippe de Broca (après Cartouche, Les Tribulations d’un chinois en Chine et Le Diable par la queue), virevoltant, accède ici au rôle principal et s’avère sensationnel, magistral, irrésistible dans le rôle-titre. Il livre probablement une de ses plus grandes prestations. Son personnage est fort bien entouré par les femmes de sa vie, interprétées par une distribution de premier ordre, de Nicole Garcia (divine et qui allait ravir réellement le coeur de Jean Rochefort, on le comprend) à Annie Girardot (entre deux volets de la saga Lise Tanquerelle), en passant par Danielle Darrieux (alors âgée de 70 ans), Catherine Alric (espiègle) et Catherine Leprince (vue dans Bilitis de David Hamilton), respectivement épouse, ex-femme, ancienne maîtresse, maîtresse du moment, sans oublier sa grande fille Pompon et ses deux enfants en bas âge.

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Test Blu-ray / Le Bossu, réalisé par Philippe de Broca

LE BOSSU réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 20 août 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Daniel Auteuil, Marie Gillain, Fabrice Luchini, Vincent Perez, Philippe Noiret, Yann Collette, Jean-François Stévenin, Didier Pain…

Scénario : Jean Cosmos, Jérôme Tonnerre & Philippe de Broca, d’après le roman de Paul Féval

Photographie : Jean-François Robin

Musique : Philippe Sarde

Durée : 2h08

Année de sortie : 1997

LE FILM

« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! ». Telles sont les paroles en forme de serment lancées par Lagardère au comte de Gonzague, qui a ourdi un complot contre son ami, le brillant duc de Nevers, pour capter la fortune de son riche cousin. Il faudra seize ans au chevalier de Lagardère pour venger son ami, faire triompher la morale, sauver l’honneur et trouver l’amour.

Le début des années 1990 est difficile pour le cinéaste Philippe de Broca dont les deux derniers films, Les 1001 nuits (255.000 entrées) et Les Clés du paradis (300.000 spectateurs) ont été de sérieux échecs au box-office. Il se tourne alors vers la télévision et signe Regarde-moi quand je te quitte (1993), avec Isabelle Gélinas et Patrick Chesnais, Le Jardin des plantes (1994), sa seule collaboration avec Claude Rich, Les Hommes et les femmes sont faits pour vivre heureux… mais pas ensemble (1995), comédie-romantique avec Bernard Le Coq et Fanny Cottençon, et Le Veilleur de nuit (1996), sa sixième collaboration avec Philippe Noiret. En 1997, le producteur Patrick Godeau (Un héros très discret, Baxter) lui offre l’opportunité de revenir au cinéma avec une nouvelle adaptation du Bossu. Le roman de cape et d’épée écrit par Paul Féval en 1857, avait déjà connu plusieurs transpositions, en 1944 par Jean Delannoy avec Pierre Blanchar dans le rôle de Lagardère, et bien sûr en 1959 par André Hunebelle avec Jean Marais et Bourvil. Avec son budget conséquent de 143 millions de francs, soit plus de 20 millions d’euros aujourd’hui, Philippe de Broca revient à ses premières amours, le film d’aventures et le divertissement populaire, pour lequel il écrit le scénario avec Jean Cosmos (Le Colonel Chabert, La Fille de d’Artagnan) et Jérôme Tonnerre (Chouans !). Réalisé avec un panache contagieux, génialement interprété, Le Bossu est le chant du cygne du réalisateur des mythiques L’Homme de Rio, Les Tribulations d’un chinois en Chine, Le Diable par la queue, Tendre poulet et bien d’autres classiques et chefs d’oeuvres gravés dans les mémoires.

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Test Blu-ray / The Stuff, réalisé par Larry Cohen

THE STUFF réalisé par Larry Cohen, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 7 août 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Garrett Morris, Scott Bloom, Paul Sorvino, Danny Aiello, Patrick O’Neal, James Dixon…

Scénario : Larry Cohen

Photographie : Paul Glickman

Musique : Anthony Guefen

Durée : 1h29

Année de sortie : 1985

LE FILM

Un nouveau produit fait fureur dans les familles américaines : The Stuff, une sorte de yaourt dont le succès touche tout le pays. Mais cette substance, à l’origine inconnue, provoque chez ceux qui la consomment une violente addiction. Un enquêteur, mandaté par des industriels de l’alimentation, va tenter d’en savoir plus.

Il a toujours eu le nez creux ce cher Larry Cohen (1936-2019), mais pour avoir eu l’idée de certains de ses films, il faut croire que cet organe avait aspiré quelques substances illicites. C’est le cas pour The Stuff, sans doute l’un de ses opus les plus funs, les plus drôles, mais aussi les plus inspirés, percutants et avant tout divertissants. Ce douzième long-métrage, treizième si l’on tient compte du téléfilm See China and Die (1981) prend place dans sa carrière après le formidable Special Effects, film absolument étourdissant doublé d’une parabole passionnante sur la création et le cinéma. Cette fois, Larry Cohen s’en prend à la société de consommation, aux grands groupes industriels qui vendent (facilement) de la m*rde en boîte à la population, en leur disant que cela a le goût de la rose, sous prétexte que le packaging de ce qu’ils sont en train d’ingurgiter en a la couleur. En s’inspirant, volontairement ou non, du Blob (ou Danger planétaire en version française), sorti en 1958, dans lequel un extraterrestre géant et gluant semait la terreur dans une petite ville de Pennsylvanie, Larry Cohen parvient à se démarquer très rapidement de cette référence en emmenant le spectateur autre part. Grand spectacle réalisé avec un budget dérisoire, un peu à la Roger Corman, d’ailleurs le film sera distribué par la New World Pictures, fondée par ce dernier, The Stuff est une comédie d’horreur et fantastique qui donne le sourire du début à la fin. Mais il fait aussi sacrément réfléchir sur la façon dont les grands groupes industriels décomplexés vendent ce qu’ils savent être du poison aux consommateurs, qui répondront toujours présents pour acheter ce qu’on leur dit d’acheter, même si cela leur pourrit les entrailles et la cervelle. Un vrai petit chef d’oeuvre qui n’a pas volé son statut culte.

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Test Blu-ray / Reviens Jimmy Dean, reviens, réalisé par Robert Altman

REVIENS JIMMY DEAN, REVIENS (Come Back to the 5 & Dime Jimmy Dean, Jimmy Dean) réalisé par Robert Altman, disponible en Blu-ray & DVD le 7 juillet 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Sandy Dennis, Cher, Karen Black, Kathy Bates, Marta Heflin, Caroline Aaron, Ruth Miller, Sudie Bond, Mark Patton…

Scénario : Ed Graczyk, d’après sa pièce de théâtre

Photographie : Pierre Mignot

Musique : Allan F. Nicholls

Durée : 1h50

Date de sortie initiale : 1982

LE FILM

Dans le bazar perdu d’une petite ville du Texas se retrouve un groupe de fans, venues évoquer la passion qui jadis les lia à l’acteur James Dean. D’abord arrive Sissy, une jeune femme dont les attitudes provocantes choquent dans sa foi naïve Juanita, la vieille gérante. Ensuite entre Mona, le leader du groupe, une femme névrosée qui prétend que l’acteur lui a donné un enfant. Lui succèdent Edna Louise, une mère de famille empotée, puis Stella May, folle de country music. Le groupe, apparemment au complet, se prépare à fêter les retrouvailles lorsqu’arrive Joanne…

Il y a des petits trésors insoupçonnés dans le cinéma. Même si l’on connaît la réputation de Robert Altman (1925-2006) et ses films les plus emblématiques comme M*A*S*H, John McCabe, Le Privé, Nashville, The Player, Short Cuts (pour ne citer que ceux-là), cette carrière hors-norme comprenant près d’une quarantaine de longs-métrages recèle forcément des œuvres plus méconnues voire obscures, parfois calfeutrées entre deux monuments. Reviens Jimmy Dean, reviens ou en version originale Come Back to the Five and Dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean intervient après son deuxième plus grand succès, Popeye, qui malgré sa réputation (qui tient plus en raison des conditions de tournage) et l’accueil catastrophique de la critique a su engranger beaucoup de dollars, environs 210 millions de billets verts en tenant compte de l’inflation. Mais Robert Altman ne va pas continuer sur cette lancée et préfère se rediriger vers des productions moins commerciales, en ciblant notamment des pièces de théâtre, qu’il va souvent adapter au cours des années 1980 comme Streamers en 1983 et Beyond Therapy (1997). C’est ainsi qu’il va jeter son dévolu sur la pièce écrite en 1976 par Ed Graczyk, créée au Players Theatre de Columbus, dans l’Ohio, dont l’intrigue s’articule autour d’un fan-club de James Dean qui se réunit dans un « five-and-dime », autrement dit un magasin populaire, ou plus communément un bazar planté et paumé au Texas. Chose étonnante, le cinéaste va à la fois mettre en scène une version pour Broadway au Martin Beck Theater, ainsi qu’une adaptation cinématographique. Avec ce film, Robert Altman souhaite se renouveler. Il collabore pour la première fois avec le chef opérateur canadien Pierre Mignot, avec lequel il tournera une demi-douzaine de fois, réduit son tournage à un seul plateau étriqué (incroyable décor principal), ce qui le force à trouver des angles de prises de vue originaux, tout en tournant en Super 16 et dans un temps record (19 jours). Ce qui fait encore aujourd’hui l’une des richesses de Reviens Jimmy Dean, reviens, ce sont les séquences de flash-back, réalisées en direct sur le set, par l’intermédiaire d’un double décor doté de miroirs sans tain gérés par un système d’éclairage spécifique. Le réalisateur est donc libre de jouer avec la temporalité, d’imbriquer le présent et le passé, tout en bouleversant les repères des spectateurs et ce jusqu’au générique de fin. Porté par d’extraordinaires comédiennes, Reviens Jimmy Dean, reviens est une valse étourdissante d’émotions, un chef d’oeuvre complètement et injustement oublié d’un des metteurs en scène les plus passionnants du cinéma américain.

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Test Blu-ray / Colossal, réalisé par Nacho Vigalondo

COLOSSAL réalisé par Nacho Vigalondo, disponible en Blu-ray & DVD le 8 juillet 2026 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Austin Stowell, Tim Blake Nelson, Dan Stevens, Hannah Cheramy, Nathan Ellison…

Scénario : Nacho Vigalondo

Photographie : Eric Kress

Musique : Bear McCreary

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 2017

LE FILM

Gloria est une jeune new-yorkaise sans histoire. Mais lorsqu’elle perd son travail et que son fiancé la quitte, elle est forcée de retourner dans sa ville natale où elle retrouve Oscar, un ami d’enfance. Au même moment, à Séoul, une créature gigantesque détruit la ville, Gloria découvre que ses actes sont étrangement connectés à cette créature. Tout devient hors de contrôle, et Gloria va devoir comprendre comment sa petite existence peut avoir un effet si colossal à l’autre bout du monde…

Depuis sa sortie expédiée, pour ne pas dire bâclée, Colossal est devenu un film culte pour de nombreux spectateurs. Doté d’un budget d’une quinzaine de millions de dollars, le quatrième long-métrage du réalisateur espagnol Nacho Vigalondo (né en 1977) est arrivé devant les yeux du public par d’autres intermédiaires que les écrans de cinéma, en Blu-ray et DVD chez TF1 Studio, ou en E-Cinéma. Nommé en 2005 à l’Oscar du court-métrage pour 7:35 de la mañana, le cinéaste se fait très vite remarquer avec son coup d’essai, Timecrimes (2007), film fantastique qui reprend le thème du voyage dans le temps et ses paradoxes. Sa particularité ? Celle de traiter deux thèmes, ou plutôt deux genres en un seul opus. S’ensuivent Extraterrestre (2010), une histoire d’amour sur fond d’invasion alien, Open Windows (2014) avec Elijah Wood et une certaine Sasha Grey (nous ferons une recherche plus tard pour en savoir plus sur elle), puis c’est là que débarque Colossal, avec rien de moins qu’Anne Hathaway, alors entre le succès du Nouveau stagiaire de Nancy Meyers et le triomphe d’Ocean’s 8 de Gary Ross. Difficile à promouvoir ou à appréhender, cette comédie-dramatique fantastique semble encore aujourd’hui avoir le cul entre deux chaises et vaut surtout pour son caractère inclassable, que l’on pourrait présenter comme un “cousin” de Quelques minutes après minuit– A Monster Calls de Juan Antonio Bayona, sorti étonnamment la même année et avec lequel Colossal possède quelques étonnants points communs. Mais ce dernier ne possède pas la virtuosité du premier et s’avère même maladroit dans sa mise en scène, ainsi que dans sa direction d’acteurs, avec Anne Hathaway qui paraît perdue, au point d’en faire souvent trop. Cela n’empêche pas Colossal d’être sympathique et attachant dans son côté nawak.

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