Test 4K UHD / La Règle du jeu, réalisé par Jean Renoir

LA RÈGLE DU JEU réalisé par Jean Renoir, disponible en Édition collector – 4K Ultra HD + Blu-ray + Blu-ray bonus + Livre depuis le 4 juin 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Roland Toutain, Nora Gregor, Marcel Dalio, Jean Renoir, Paulette Dubost, Mila Parély, Julien Carette, Gaston Modot…

Scénario : Jean Renoir & Carl Koch

Photographie : Jean Bachelet

Musique : Joseph Kosma

Durée : 1h47

Date de sortie initiale : 1939

LE FILM

En 1939, à Paris et en Sologne, un aviateur amoureux d’une femme du monde, ne respecte pas la règle du jeu qui consiste à sauver les apparences dans une société où maîtres et domestiques ont la même nature, de chaque côté de la barrière des classes.

Incompris lors de sa sortie en 1939, La Règle du jeu de Jean Renoir, son 24e long-métrage, est aujourd’hui considéré comme l’un des films les plus importants de l’histoire du cinéma. Encensé par tous les réalisateurs du monde entier, Bertrand Tavernier, Peter Bogdanovich, Alain Resnais, Robert Altman, Olivier Assayas, mais aussi en particulier par François Truffaut qui lui vouait un véritable culte (« le crédo des cinéphiles de sa génération » disait-il), le chef d’oeuvre de Jean Renoir, le plus grand « drame fantaisiste » de tous les temps ne peut laisser indifférent et s’avère une étape indispensable pour tous les cinéphiles du monde entier. Dense, passionnant, remarquablement mis en scène et interprété par toute une ribambelle d’extraordinaires comédiens qui campent TOUS le rôle principal, La Règle du jeu est un film exceptionnel (dont Jean Renoir lui-même dans la peau d’Octave), magistralement photographié par Jean Bachelet (Nous, les gosses), qui comme la plupart des films de Jacques Tati est encore de nos jours passionnant à analyser, tant sur le fond que sur la forme.

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Test Blu-ray / Tracking, réalisé par Pierre B. Reinhard

TRACKING réalisé par Pierre B. Reinhard, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Marie-Isabelle Heck, Geneviève Lesourd, Laurence Molinatti, Natasha Davidson, Annick Chatel…

Scénario : Jean-Philippe Berger

Photographie : Henry Froger

Musique : Christian Bonneau

Durée : 1h19

Date de sortie initiale : 1987

LE FILM

Trois copines – Lisa, Nathalie et Stéphanie – sont réunies dans un grand manoir appartenant aux parents de Lisa. Après une soirée arrosée à se raconter des histoires, le trio commence à être victime d’hallucinations dans lesquelles elles sont violées et torturées par le fantôme d’un militaire. Mais s’agit-il vraiment d’une illusion ou de la réalité ?

La même année que La Revanche des mortes-vivantes, le réalisateur Pierre B. Reinhard (né en 1951) se voit proposer un nouveau long métrage, non pas pornographique, domaine dans lequel il multipliait aussi les ré-jouissances (Délires sodos, Chattes salées prêtes à baiser, Le marteau-pilon anal, Profondes Sodomies pour fêlées du cul) sous le pseudonyme de Mike Strong, mais un thriller psychologique et paranoïaque intitulé Tracking. Certes, les trois jeunes comédiennes sont dénudées à la moindre occasion, mais le tournage emballé avec trois francs six sous (150.000 francs exactement) et les étonnantes ambitions que ce film affiche le rendent éminemment sympathique. Marie-Isabelle Heck, Laurence Molinatti et Natasha Davidson sont les trois vedettes (éphémères) de Tracking. Sorties de nulle part, elles s’en sortent très bien et se voient plonger dans un quasi-huis clos, se déroulant dans une maison trouvée dans la Sarthe, où un homme vêtu en soldat s’en prend au trio, en les violant tour à tour. Mais tout ceci n’est-il qu’une hallucination collective ? Sur un scénario de Jean-Philippe Berger (Le Diable Rose du même metteur en scène), Pierre B. Reinhard brouille les pistes, les repères, prend des risques en perdant les spectateurs, qui ne s’attendaient sûrement pas à ce qu’on leur raconte cette histoire, tout en flattant leurs hormones. Une indéniable découverte, qu’une voix-off « certifie » être inspirée d’une histoire vraie.

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Test Blu-ray / Deux soeurs, réalisé par Mike Leigh

DEUX SOEURS (Hard Truths) réalisé par Mike Leigh, disponible en DVD et Blu-ray le 19 août 2025 chez Diaphana.

Acteurs : Marianne Jean-Baptiste, Michele Austin, David Webber, Tuwaine Barrett, Ani Nelson, Sophia Brown, Jonathan Livingstone, Samantha Spiro…

Scénario : Mike Leigh

Photographie : Dick Pope

Musique : Gary Yershon

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Pansy est rongée par la douleur physique et mentale, et son rapport au monde ne passe que par la colère et la confrontation. Son mari Curtley ne sait plus comment la gérer, tandis que son fils Moses vit dans son propre monde. Seule sa sœur, Chantelle, la comprend et peut l’aider.

Quel plaisir de revoir le grand Mile Leigh (né en 1943) à l’oeuvre ! Sept ans après Peterloo, qui n’avait pas eu l’honneur d’être distribué dans les salles françaises, le réalisateur britannique revient à une veine plus intimiste dans la droite lignée d’Another Year (2010) et Be Happy Happy-Go-Lucky (2008), retrouvant à cette occasion Marianne Jean-Baptiste, sa comédienne de Secrets et mensongesSecret ans Lies, Palme d’or de l’année 1996. Tourné avec peu de moyens et pendant un mois et demi seulement, Deux sœursHard Truths permet au cinéaste de s’adonner à nouveau au drame psychologique contemporain, en se focalisant sur le caractère diamétralement opposé de deux frangines, qui ne vieillissent pas de la même façon dirons-nous. Alors, quand vient le jour de la Fête des Mères, le passé ressurgit, certaines tensions s’exacerbent et il est sans doute temps de parler. Si l’entière réussite de Deux sœurs ne nous a pas sauté aux yeux, le film n’a de cesse de retourner le cerveau, de le triturer, d’infuser, preuve s’il en est que Hard Truths ne laisse sûrement pas indifférent, que le temps fera son affaire et que le film deviendra à coup sûr un autre petit classique d’un des plus grands metteurs en scène anglais.

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Test Blu-ray / In Bed with Madonna, réalisé par Alex Keshishian

IN BED WITH MADONNA (Madonna: Truth or Dare) réalisé par Alex Keshishian, disponible en Édition Blu-ray + DVD + Livret & Édition Collector FNAC Blu-ray + DVD depuis le 28 mai 2025 chez Bubbel Pop’ Édition.

Acteurs : Madonna, Antonio Banderas, Warren Beatty, Pedro Almodóvar, Kevin Costner, Ingrid Casares, Sandra Bernhard, Luis Camacho, Matt Dillon….

Musique : Madonna

Durée : 2h00

Date de sortie initiale : 1991

LE FILM

Plongée très intime dans l’univers de la chanteuse Madonna, à travers les différentes étapes de la tournée mondiale « The Blonde ambition tour » de 1990.

Au début des années 1990, les documentaires musicaux sont encore rares à être distribués au cinéma et ce depuis Don’t Look Back (1967) avec Bob Dylan. On peut toutefois penser à One + OneSympathy for the Devil (1968) de Jean-Luc Godard, avec les Rolling Stones, Pink Floyd : Live at Pompeii (1972), Let It Be (avec les Beatles bien sûr), La Dernière Valse The Last Waltz de Martin Scorsese, Let’s Get Lost (1988) sur Chet Baker…Après cela devient difficile d’en trouver, si ce n’est la captation de concerts devenus mythiques, Ziggy Stardust and the Spiders from Mars (1979), Woodstock (1970)…Puis, il y a eu Rattle and Hum, documentaire original sur le périple américain de U2, qui n’a pas connu le succès escompté. Néanmoins, Madonna a de la suite dans les idées. Après quatre albums, Madonna (1983), Like a Virgin (1984), True Blue (1986) et Like a Prayer (1989), la star veut tourner la page de cette décennie qui l’a portée au firmament, tout en préparant déjà la sortie du cinquième album studio qui sera le sulfureux Erotica. Et quoi de mieux pour se mettre en avant de proposer au public et à ses aficionados de la première heure, une plongée dans son intimité, non pas anatomique (quoique…), mais dans son quotidien et ce dès le lendemain du dernier concert de la tournée mondiale Blond Ambition. Dans sa chambre d’hôtel, Madonna se remémore la tournée et l’impact que son achèvement aurait sur elle. Filmé avec une poignée de cameramen qui se fondaient dans le décor ou capturant la chanteuse, installés derrière un miroir sans tain (ou comment annoncer l’émission qui commençait par le jingle « Onze célibataires coupés du monde… »), In Bed with Madonna est assurément l’un des meilleurs films-documentaires jamais sortis, marqué par une excellente mise en scène, qui colle au plus près d’un personnage fascinant, riche, complexe, énervant, attachant. Chef d’oeuvre du genre.

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Test Blu-ray / Au revoir…à lundi, réalisé par Maurice Dugowson

AU REVOIR…À LUNDI réalisé par Maurice Dugowson, disponible en DVD et Blu-ray le 12 mars 2025 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Carole Laure, Miou-Miou, David Birney, Claude Brasseur, Frank Moore, Gabriel Arcand, Raymond Cloutier, Renée Girard…

Scénario : Jacques & Maurice Dugowson, d’après le roman de Roger Fournier

Photographie : François Protat

Musique : Lewis Furey & Jean-Daniel Mercier

Durée : 1h43

Date de diffusion initiale : 1979

LE FILM

À Montréal, Lucie la Canadienne et Nicole la Française partagent le même appartement. Chacune a un amant, marié, qui la quitte en fin de semaine sur l’inévitable « Au revoir, à lundi… ». Lucie s’aperçoit qu’elle est enceinte et décide de garder son bébé, dans l’espoir que Julien divorcera enfin pour l’épouser. Mais Julien préfère prendre la poudre d’escampette. Nicole, quant à elle, excédée par cette relation « à mi-temps », va provoquer son amant chez lui, le soir de Noël…

On ne connaît pas grand-chose de la carrière de Maurice Dugowson (1938-1991), qui a essentiellement oeuvré pour la télévision, comme assistant sur de nombreux épisodes de la série Les Cinq dernières minutes dans les années 1960, avant de passer lui-même réalisateur pour la petite lucarne, puis logiquement pour le cinéma en 1975 avec Lily, aime-moi, suivi de près par F…comme Fairbanks (1976), deux longs-métrages avec Patrick Dewaere et Miou-Miou, deux honnêtes succès et dont le second vaut une nomination à la comédienne pour le César de la meilleure actrice. Pour son troisième opus, adapté ici d’un roman de Roger Fournier, Maurice Dugowson souhaite à nouveau réunir l’ancien couple, dont la rupture était déjà consommée sur F…comme Fairbanks, mais sans succès. Au revoir…à lundi sera essentiellement un film de femmes, Miou-Miou donc, qui a alors le vent en poupe et enchaîne les tournages chez Georges Lautner, Claude Miller, Joseph Losey et Luigi Comencini, et Carole Laure, qui sort tout juste de Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier et de La Menace d’Alain Corneau. Le tandem fait des étincelles à l’écran et l’action se déroulant à Montréal apporte un cadre dépaysant à cette histoire de jeunes de pré-trentenaires arrivées à un carrefour de leur existence, qui recherchent enfin une stabilité qui leur échappait jusqu’alors. Si l’on a tout d’abord un peu de mal avec certaines séquences visiblement reprises en postsynchronisation médiocre (comprenez pas là que le résultat manque cruellement de naturel), soit parce que les scènes ont été tournées en anglais et ont nécessité un doublage français, soit parce que ces passages ont eu un souci technique au moment des prises de vue ou ont été jugées à reprendre pour obtenir une meilleure prise a posteriori, Au revoir…à lundi mérite d’être (re)découvert. Car cette tendre comédie-dramatique renvoie à un cinéma français de qualité, en apparence « simple », porté par des acteurs somptueux et marqué par des dialogues magnifiques. Qu’est-ce que ça manque…

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Test DVD / La Cache, réalisé par Lionel Baier

LA CACHE réalisé par Lionel Baier, disponible en DVD le 19 juillet 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Michel Blanc, Dominique Reymond, William Lebghil, Liliane Rovère, Adrien Barazzone, Larisa Faber, Aurélien Gabrielli, Ethan Chimienti…

Scénario : Lionel Baier & Catherine Charrier, d’après le roman de Christophe Boltanski

Photographie : Patrick Lindenmaier

Musique : Diego, Lionel & Nora Baldenweg

Durée : 1h28

Année de sortie : 2025

LE FILM

Christophe, 9 ans, observe la vie de sa famille au travers de l’appartement de ses grands parents, rue de Grenelle à Paris, alors que nous sommes début mai 1968…

Pour l’auteur de ces mots, le réalisateur suisse Lionel Baier (né en 1975) est l’auteur d’un film devenu instantanément culte, Les Grandes ondes (à l’ouest), comédie géniale, road movie désopilant, tendre, à la fois réaliste et poétique, portée par l’explosive interprétation de Michel Vuillermoz et Valérie Donzelli. C’était déjà il y a plus de dix ans. Depuis, le cinéaste s’est penché sur le thème du suicide assisté (La Vanité, 2015), avant de bifurquer vers la télévision en 2018 avec le téléfilm Prénom: Mathieu, consacré à la dernière victime du sadique de Romont. 2022, il signe La Dérive des continents (au sud), troisième volet d’une tétralogie annoncée dès 2006 avec Comme des voleurs (à l’est). Ce qui nous amène à La Cache, adaptation personnelle et originale du roman autobiographique de Christophe Boltanski (Prix Femina 2015), qui lui permet d’aborder le thème de la Shoah (il est d’origine polonaise), sans recourir au film historique proprement dit. Un projet de longue date, que Lionel Baier a pu enfin concrétiser en trouvant l’approche qu’il recherchait alors, qui lui permettrait d’inclure également quelques éléments personnels liés à sa propre famille. Toutefois, si La Cache mérite d’être vu, c’est aussi parce qu’il s’agit de l’une des dernières apparitions de Michel Blanc au cinéma, mais surtout de son ultime film emballé avant sa disparition en octobre 2024. On regarde forcément La Cache avec un point de vue « faussé », avec sans doute plus d’empathie que de raison, quand bien même le comédien s’avère bouleversant. Qui plus est, la dernière scène du film, étant aussi la dernière à avoir été filmée par Michel Blanc, renvoie directement au Cirque, ou plutôt aux Temps modernes de Chaplin. Une très belle sortie de scène donc.

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Test Blu-ray / Les Clairons sonnent la charge, réalisé par Roy Rowland

LES CLAIRONS SONNENT LA CHARGE (Buggles in the Afternoon) réalisé par Roy Rowland, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 12 juillet 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Ray Milland, Helena Carter, Hugh Marlowe, Forrest Tucker, Barton MacLane, George Reeves, James Millican, Gertrude Michael…

Scénario : Daniel Mainwaring & Harry Brown, d’après le roman de Ernest Haycox

Photographie : Wilfrid M. Cline

Musique : Dimitri Tiomkin

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

Dégradé pour avoir giflé sur supérieur pendant la guerre de Sécession, le capitaine Shafter se réengage dans le 7ème de cavalerie en tant que simple soldat. Il se rend vite compte qu’il se trouve sous le commandement de Garnett, l’officier à l’origine de tous ses malheurs. Désireux de se débarrasser définitivement de cette recrue encombrante, Garnett lui confie une mission de reconnaissance contre les Sioux et dont il n’a que très peu de chances de revenir indemne.

Parmi les très nombreux artisans qui ont fleuri et fait le bonheur des studios hollywoodiens durant son âge d’or, un nom est sans aucun doute à réhabiliter, celui de Roy Rowland (1910-1995). Ce réalisateur d’une bonne cinquantaine de films, la moitié étant des courts-métrages, signés entre 1936 et 1941, se spécialisera dans le film noir et le western. Pourtant, aujourd’hui, il est difficile de donner quelques titres liés à ce metteur en scène. En dehors d’une transposition du Dr. Seuss (Les 5000 doigts du Dr. TThe 5,000 Fingers of Dr. T.), ce sont étonnamment ses derniers opus qui demeurent les plus célèbres, Surcouf, le tigre des sept mers Surcouf, l’eroe dei sette mari (coréalisé par Sergio Bergonzelli), avec Gérard Barray, et surtout Solo pour une blondeThe Girl Hunters, qui a pour particularité d’être une adaptation des aventures de Mike Hammer, dont le personnage est incarné par l’écrivain qui l’a créé, Mickey Spillane. Les Clairons sonnent la chargeBugles in the Afternoon est donc l’un des westerns de Roy Rowland et l’un des rares à avoir été tourné par Ray Milland, qui s’est toujours diversifié au fil de sa prolifique carrière. Ainsi, après le drame Ma vie à moiA Life of Her Own de George Cukor, dans lequel il donne la réplique à Lana Turner, le polar L’Enquête est closeCircle of Danger de Jacques Tourneur et la comédie loufoque Rhubarb, le chat millionnaire d’Arthur Lubin, le comédien revient au western, genre qui lui sied à ravir, six ans après Californie terre promise California de John Farrow. Un divertissement soigné, rempli d’action, de poursuites, de gunfights et d’émotion qui tient encore sacrément bien la route et qui vaut le détour. L’art de la série B.

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Test Blu-ray / Les Cavaliers, réalisé par John Ford

LES CAVALIERS (The Horse Soldiers) réalisé par John Ford, disponible en édition Blu-ray + DVD + Livre depuis le 6 novembre 2024 chez Rimini Éditions.

Acteurs : John Wayne, William Holden, Constance Towers, Althea Gibson, Judson Pratt, Hoot Gibson, Ken Curtis, Willis Bouchey…

Scénario : John Lee Mahin & Martin Rackin, d’après le roman de Harold Sinclair

Photographie : William H. Clothier

Musique : David Buttolph

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1959

LE FILM

Durant la guerre de Sécession, un détachement de cavalerie nordiste, sous les ordres du colonel Marlowe, est envoyé derrière les lignes ennemies, pour détruire les voies de chemin de fer. À ses côtés, le major Kendall. Les deux hommes, que tout oppose, sont contraints d’emmener avec eux Hannah Hunter, une aristocrate sudiste.

S’il n’est indubitablement pas le film le plus célèbre de John Ford, et pour cela dresser une liste serait sans doute non exhaustif, Les CavaliersThe Horse Soldiers restera toujours l’un de ceux que la critique et les spectateurs n’ont eu de cesse de réhabiliter. Oeuvre « malade », dans le sens où le cinéaste entreprit le film avec un scénario qu’il jugeait mauvais, voire inachevé, Les Cavaliers marque le retour au western de John Ford, genre qu’il avait « mis de côté » depuis trois ans et quatre films emballés depuis La Prisonnière du désert The Searchers. Juste après l’extraordinaire La Dernière fanfareThe Last Hurrah, son film le plus personnel (c’est dire son importance), le cinéaste retrouve John Wayne, qui de son côté paraît plus préoccupé par Alamo, qu’il s’apprête à produire, à réaliser et à interpréter. La star du western sort de Rio Bravo de Howard Hawks, alors tout va pour le mieux pour lui. Si John Ford accepte de récupérer Les Cavaliers, c’est que ce projet lui permet d’aborder frontalement un des sujets qui le passionnent le plus, la guerre de Sécession. Son expertise ne sera donc pas de trop, surtout pour rattraper l’écriture de John Lee Mahin (Le Grand Sam, Dieu seul le sait, Quo Vadis) et Martin Rackin (Les Aventures du Capitaine Wyatt, Violence à Jericho), également producteurs, basé sur un roman de Harold Sinclair, dont le travail restera vilipendé par le réalisateur. Bien sûr, Les Cavaliers ne saurait rivaliser avec les monuments de John Ford, d’autant plus que le western qui le liera à nouveau avec John Wayne sera L’Homme qui tua Liberty ValanceThe Man Who Shot Liberty Valance, néanmoins le divertissement est intact et total, tandis que le tandem John Wayne-William Holden crève l’écran.

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Test Blu-ray / Sex is Comedy, réalisé par Catherine Breillat

SEX IS COMEDY réalisé par Catherine Breillat, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Anne Parillaud, Grégoire Colin, Roxane Mesquida, Ashley Wanninger, Dominique Colladant, Bart Binnema, Yves Osmu, Elisabete Piecho…

Scénario : Catherine Breillat

Photographie : Laurent Machuel

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 2002

LE FILM

Jeanne réalise un long métrage intitulé Scènes intimes. Elle doit filmer une scène d’amour entre son acteur et son actrice principale. Jeanne doit gérer leurs sentiments pour les préparer au mieux à cette scène difficile, aidée par son assistant réalisateur qui lui sert de confident. Mais les comédiens ne semblent pas s’entendre et l’acteur rechigne à suivre les instructions de Jeanne.

Au début des années 2000, Catherine Breillat enchaîne les tournages. Portée par ce qui sera alors son plus grand succès, Romance (près de 350.000 entrées), la réalisatrice signe À ma sœur !, présenté à la Berlinale et récompensée dans de nombreux autres festivals, puis elle se tourne vers la télévision, pour le compte d’Arte, avec Brève Traversée. Catherine Breillat revient très vite au cinéma avec Sex is Comedy, dont le X est mis en surbrillance rouge sur l’affiche, comme il surmontait déjà le titre sur celle de Romance. Rétrospectivement, cet opus est sans aucun doute le plus autobiographique de son auteure, puisqu’elle se représente elle-même sur un plateau, en ayant recours à une « doublure », en l’occurrence la magnifique Anne Parillaud, dans un de ses meilleurs rôles. On pense à Prenez garde à la sainte putainWarnung vor einer heiligen Nutte (1971) de Rainer Werner Fassbinder, dans lequel une équipe de cinéma, lors d’un tournage, se trouve en butte à des difficultés de toutes sortes allant du retard du réalisateur, au défaut de matériel, de la jalousie, des conflits multiples. C’est une évidence, Catherine Breillat devait connaître ce grand classique du sulfureux cinéaste allemand avant d’entreprendre Sex is Comedy. Pour ce dernier, elle retrouve Roxane Mesquida, qu’elle avait déjà dirigé dans son précédent long-métrage et qui reprend plus ou moins le même rôle ici, avec une touche forcément méta. Si cette dernière n’a pas beaucoup de dialogues et passe la plus grande partie du film allongée sur un lit ou sur le sable, l’actrice, âgée de 21 ans crève l’écran par sa sensibilité à fleur de peau et sa beauté froide. Mais Anne Parillaud se taille évidemment la part du lion en clone de Catherine Breillat, boss du plateau qui peut être à la fois glaciale et vulgaire, comme extrêmement chaleureuse et tactile avec son équipe et sa distribution. Bien sûr, il y a beaucoup d’ego dans Sex is Comedy et l’on pourra souvent critiquer le fait que Breillat a dressé un autoportrait comme elle le souhaitait, sans contrepoint, mais elle le fait avec honnêteté, en ne se « montrant » pas non plus sous son meilleur jour, ni sous son meilleur profil. Sex is Comedy demeure l’un de ses films les plus accessibles, n’est pas exempt d’humour (loin de là), divertit et s’avère un beau témoignage sur une femme de cinéma.

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Test DVD / Natacha (presque) hôtesse de l’air, réalisé par Noémie Saglio

NATACHA (PRESQUE) HÔTESSE DE L’AIR réalisé par Noémie Saglio, disponible en DVD le 6 août 2025 chez Pathé.

Acteurs : Camille Lou, Vincent Dedienne, Didier Bourdon, Elsa Zylberstein, Antoine Gouy, Fabrice Luchini, Isabelle Adjani, Anne Charrier, Baptiste Lecaplain…

Scénario : Noémie Saglio & Laurent Turner, d’après la bande dessinée de François Walthéry & Gos

Photographie : Nicolas Massart

Musique : Erwann Chandon

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Depuis sa plus tendre enfance, Natacha est bien décidée à devenir hôtesse de l’air pour voyager et découvrir le monde. Quand elle se retrouve mêlée malgré elle au vol de la Joconde, elle y voit l’opportunité de réaliser enfin son rêve. Accompagnée d’un steward maladroit, elle traverse la France et l’Italie dans une course-poursuite qui pourrait bien changer sa vie…

Évoquons tout d’abord le plus brutal. Natacha (presque) hôtesse de l’air est probablement en passe de devenir le plus grand échec commercial français de l’année 2025 au cinéma. 16 millions d’euros de budget d’un côté, un peu plus de 100.000 entrées de l’autre, Minecraft, le film qui sort le même jour et écrase tout sur son passage, le choc a été rude, brutal pour cette comédie dont la réalisatrice Noémie Saglio rêvait depuis longtemps. Révélée grâce à la série Connasse, transposée au cinéma avec succès (Connasse, princesse des coeurs), puis avec l’excellent Toute première fois, coréalisé avec Maxime Govare, la cinéaste a ensuite connu plusieurs revers (Telle mère, telle fille, Parents d’élèves), avant de signer Nice Girls, comédie d’action avec Alice Taglioni et Stefi Celma, pour le compte de Netflix. Il faut croire que la plateforme a senti un potentiel chez Noémie Saglio, puisque le logo « N » accompagné d’un tintin ! apparaît au début de Natacha. Toujours est-il que les spectateurs, petits et grands, se sont complètement désintéressés de cette adaptation de la bande dessinée éponyme créée par le tandem Walthéry & Gos, publiée dès 1970 aux éditions Dupuis, plus d’une vingtaine d’albums vendus à plus de cinq millions d’exemplaires. Autant dire qu’un certain public aurait pu se rendre dans les salles pour découvrir cette pétillante transposition, mais cela n’a pas été le cas. Car oui, Natacha (presque) hôtesse de l’air est une réussite, faite avec le coeur, une âme (nous ne sommes pas ici devant Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu), une envie de cinéma, car le film est très beau à regarder, dynamique, très bien écrit, porté par une Camille Lou craquante et un Vincent Dedienne qui s’éclate. Une bonne humeur contagieuse. Vous l’aurez compris donc, Natacha (presque) hôtesse de l’air mérite plus qu’une seconde chance, une réhabilitation.

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