Test DVD / Omicron, réalisé par Ugo Gregoretti

OMICRON réalisé par Ugo Gregoretti, disponible en DVD depuis le 26 janvier 2022 chez LCJ Editions & Productions.

Acteurs : Renato Salvatori, Rosemary Dexter, Franco Luzzi, Gaetano Quartararo, Mara Carisi, Giuliana Corbellini, Vittorio Calef, Ida Serasini…

Scénario : Ugo Gregoretti

Photographie : Carlo Di Palma

Musique : Piero Umiliani

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Un Omicron, une créature venue d’une autre planète, réanime le corps d’un ouvrier italien. Il prend alors sa place dans le monde, observant l’humanité et essayant de voir si la Terre ferait une satisfaisante terre d’accueil à sa race. Bien entendu, il ne va pas tarder à rencontrer des évènements inattendus et ressentir d’étranges sensations, comme l’amour…

Oh mon Dieu, Omicron est de retour !!! Sortez le gel hydroalcoolique, les vaccins, la chloroquine, Sibeth Ndiaye, Olivier Véran, Didier Raoult et toute la clique !!! Nan, en fait Omicron est une comédie de science-fiction sortie en 1963, réalisée par Ugo Gregoretti (1930-2019). Ce dernier reste connu des cinéphiles les plus pointus, pour avoir coréalisé la même année RoGoPaG, film à sketches sur la façon dont le monde moderne conditionne l’être humain, signé ROssellini, GOdard, PAsolini et donc Gregoretti. Vous aurez assemblé vous-mêmes les lettres capitales et donc compris ce titre énigmatique. Venu du documentaire et de la télévision, le réalisateur (également journaliste, auteur et intellectuel, créateur et directeur du Festival Città di Benevento) signe un véritable coup de maître avec Omicron, film de SF vintage, dont le seul effet spécial demeure son acteur principal, le formidable Renato Salvatori (la Trilogie Optimiste de Dino Risi, Les Granges brûlées, Queimada, Mariti in città, Le Pigeon…), qui livre une immense prestation burlesque, touchante, hilarante et très impressionnante. Évidemment, qui dit comédie italienne dit fable corrosive et la société capitaliste en prend pour son grade dans Omicron, grande découverte, pépite oubliée, trésor caché, bref précipitez-vous dessus !

Au XXe siècle, un extraterrestre dénommé Omicron est envoyé sur la Terre afin de préparer une invasion. Il « s’installe » dans le corps « mort » d’un ouvrier prénommé Angelo, lequel travaille dans une grosse entreprise d’automobiles de la ville de Subalpia (en fait la ville de Turin) en Italie. Avant d’être soumis à l’autopsie, Trabucco-Omicron parvient à faire fonctionner le corps qui le contient. Mais il ne peut déchiffrer le langage humain parce qu’il n’a pas encore réussi à réveiller la connaissance humaine. Feignant d’accepter d’abord la discipline à laquelle il est soumis, il s’humanise. Entre-temps, en raison des nouvelles capacités mécaniques extraordinaires de son corps, il est embauché dans l’usine où il travaillait, mais finit par se rebeller. Le but ultime de cet extraterrestre est l’installation de ses compatriotes de la planète Ultra sur la Terre. L’invasion a déjà commencé…

On est assez ébahi par la performance de Renato Salvatori. L’acteur, qui restera essentiellement connu en France pour avoir été le mari d’Annie Girardot, ainsi que le père de sa fille Giulia, aura pourtant tourné avec les plus grands des deux côtés des Alpes, chez Dino Risi, Lui Comencini, Mauro Bolognini, Mario Monicelli, Nanni Loy, Francesco Rosi, Roberto Rossellini, Luchino Visconti, Vittorio De Sica, André Cayatte, Giuliano Montaldo, Marco Ferreri, Henri Verneuil, Costa-Gavras, Jacques Deray, Alain Jessua…excusez du peu ! Cependant, la verve de Renato Salvatori n’a jamais été ou très rarement exploitée et Omicron est à ce titre un vrai cadeau pour lui, dans lequel il trouve un rôle qui lui offre l’opportunité de laisser libre cours à sa fantaisie. Omicron, qui mine de rien annonce Men in Black (1997) de Barry Sonnenfeld, enchaîne les morceaux de bravoure et les gags du début à la fin, tire profit de l’étonnante élasticité de sa tête d’affiche, mais aussi de son indéniable talent dramatique, à mesure qu’Omicron, dissimulé dans le corps d’Angelo, « s’humanise », apprend au contact des terriens, surtout quand il se retrouve auprès de la belle Lucia. Celle-ci est interprétée par la divine Rosemary Dexter, dans sa première apparition au cinéma et qui illuminera plus tard Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ! de Luigi Comencini, Les Monstres de Dino Risi, L’Œil du labyrinthe L’Occhio nel labirinto de Mario Caiano et bien d’autres.

Loin d’être une simple pantalonnade, Omicron peut compter sur la virtuosité du chef opérateur Carlo Di Palma (Le Désert rouge, Divorce à l’italienne, Blow-Up, Hannah et ses sœurs, Tout le monde dit I love you), une musique entraînante de Piero Umiliani (Une langouste au petit déjeuner, Baba Yaga, Tropique du Cancer, Viva Django !), des seconds rôles fabuleux et l’écriture aussi drôle qu’incisive d’Ugo Gregoretti lui-même (la dernière scène est un modèle du genre), par ailleurs nommé au Lion d’Or à la Mostra de Venise pour Omicron. Un conseil, faites tout pour attraper ce divertissement fantaisie au plus vite, histoire de vous remuscler les zygomatiques après une période bien morose. En plus, vous pourrez le choper autant de fois que vous le désirerez, c’est même très largement recommandé.

LE DVD

Les p’tits gars de chez LCJ Editions & Productions sont malins. Alors que le plus célèbre variant du Coronavirus déferlait (?) sur l’Hexagone, ceux-ci éditaient en DVD Omicron d’Ugo Gregoretti. Le visuel de la jaquette est soigné, vraisemblablement repris d’une affiche d’exploitation, le tout glissé dans un boîtier Amaray classique. Le menu principal est fixe et musical.

Aucun supplément.

L’Image et le son

Quelques poils caméra, des fourmillements, des rayures verticales, des points blancs, une texture argentique complètement aléatoire…c’est pas top, mais on a déjà vu pire. Le N&B se tient bien, l’ensemble est suffisamment lumineux et les noirs sont denses. Le piqué est souvent émoussé, les détails sont peu nombreux aussi sans doute…Toujours est-il que cette copie existe désormais dans nos contrées et qu’on ne crachera certainement pas dessus.

Le confort acoustique est largement assuré par la piste mono d’origine. Seule la version italienne est disponible. Ce mixage affiche une ardeur et une propreté remarquables, créant un spectre phonique suffisant. Les effets et les ambiances sont nets, la musique mise en valeur, sans saturation. L’ensemble demeure homogène, sans souffle et les dialogues solides. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © LCJ Editions & Productions / LUX Film – Vides – Ultra Film / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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