
L’ARNAQUEUSE réalisé par Wilfried Méance, disponible en DVD le 11 septembre 2026 chez Wild Side Video.
Acteurs : Fadily Camara, Josiane Balasko, Jean-Pascal Zadi, Tiphaine Daviot, Denis Mpunga, Pablo Pauly, Bertrand Usclat, Amaury de Crayencour…
Scénario : Stéphane Landowski, Michaël Souhaité & Jean-Pascal Zadi
Photographie : Stéphen Méance
Musique : Sylvain Goldberg & Guy Waku
Durée : 1h19
Date de sortie initiale : 2026
LE FILM
Fanny, tout juste enceinte, se voit mal élever son futur enfant dans l’appartement de son père, chez qui elle habite avec son compagnon Virgil. Elle veut un appartement à eux, et plutôt à Paris que dans leur banlieue. Elle croit avoir trouvé la bonne affaire lorsqu’elle visite l’appartement proposé en viager par Mme Masséna.

Bon…On est bon public hein, on a même défendu depuis dix ans, depuis plus de vingt ans en réalité – si l’on compte les années Allociné et DVDfr – des bouses innommables devant lesquelles on parvenait à tirer des éléments que certains, la plupart sans doute, rejetaient en blocs. C’est le jeu et c’est pour cela que c’est amusant. Mais quand on se retrouve devant une « comédie » comme L’Arnaqueuse, que dire…Alors si, peut-être, il y a Josiane Balasko, aujourd’hui âgée de 76 ans. En fait, à l’instar de ce que nous disions sur Christian Clavier sur notre critique de Cocorico 2, la comédienne s’en est toujours tirée, y compris sur ses plus mauvais films. Néanmoins, si celle-ci a moins de choses à se faire pardonner que son ancien comparse du Splendid, quand elle se retrouve sur une production inexcusable, injustifiable et (osons le dire) insoutenable, Josiane Balasko ne fait pas les choses à moitié et L’Arnaqueuse est assurément un des pires opus de son illustre carrière. Nous l’avons déjà dit, mais quand une affiche est estampillée « Festival de l’Alpe d’Huez », l’un des pires festivals sur le marché, on sait que l’on va se retrouver quasi-systématiquement (il existe des exceptions) devant une série Z et que ce sceau n’est destiné qu’à essayer d’attirer l’oeil du chaland qui se retrouve un cinéma et qui n’aurait peut-être pas encore décidé ce qu’il allait voir. L’Arnaqueuse a été pensé pour placer en haut de l’affiche l’humoriste Fadily Camara, repérée par, on vous le donne en mille, le Jamel Comedy Club bien sûr. C’était il y a une dizaine d’années et depuis Fadily Camara a fait son premier stand-up (diffusé sur Netflix, une première pour une standuppeuse française), est apparue à la télévision (Mytho, HF, En place) puis logiquement au cinéma (Selfie, Tout simplement noir, Les Méchants, Pas de vagues, Le Grand déplacement)…Un dénominateur commun récurrent ? Jean-Pascal Zadi, qui joue également dans L’Arnaqueuse et qui interprète ici le compagnon de Fadily Camara. On ne sait pas si l’acteur porte la poisse aux réalisateurs avec lesquels il collabore, mais toujours est-il que L’Arnaqueuse s’est mangé un gros bide à sa sortie fin avril 2026 et n’aura attiré (péniblement) que 81.000 spectateurs. Un échec on peut dire mérité tant nous nous trouvons dans le fond, le double-fond du panier même de la comédie, cette fameuse partie du cabas qui cumule les restes des légumes du marché, qu’on ne voit pas, mais dont l’odeur pique les narines. Fuyez pauvres fous.


Fanny, trentenaire, n’en peut plus de vivre avec son petit ami Virgil, champion de la procrastination, dans l’appartement surpeuplé de sa famille. Apprenant qu’elle est enceinte, elle se met en quête d’un appartement à Paris. Elle découvre le principe du viager, et après 2 visites, tombe sur une vieille dame atteinte d’un cancer en phase 4 et hospitalisée à domicile, avec perfusions et respirateur. Elle décide alors de signer rapidement, persuadée que la vieille va bientôt mourir et qu’ils pourront rapidement profiter de l’appartement. Mais Ophélie et Virgil découvrent que celle-ci est en réalité non seulement en pleine forme mais aussi pleine aux as. Bien décidée à récupérer les clés de sa nouvelle vie, Fanny s’engage dans une guerre sans pitié contre l’arnaqueuse professionnelle.


Oh la la la la la…Cela dure 1h19, génériques compris, mais purée, qu’est-ce que c’est long, et lent, et paresseux, et léthargique et surtout tellement mal écrit, mis en scène, monté à la truelle…C’est bien simple, rien ne va dans cette comédie, qui non seulement n’est JAMAIS drôle, mais qui reste à un niveau d’amateurisme assez remarquable. À la barre, on trouve un certain Wilfried Méance, déjà responsable du fort passable Jumeaux mais pas trop et du calamiteux Et plus si affinités, qu’il avait coréalisé avec Olivier Ducray. Alerte rouge, il est désormais seul en piste, commet ses opus impunément et cela donne un truc comme L’Arnaqueuse, qu’il n’a pourtant pas écrit. Non, ça on le doit (tiens donc) à Jean-Pascal Zadi, mais aussi à Michaël Souhaité (Les Petites victoires, Jusqu’ici tout va bien) et Stéphane Landowski (Une Sirène à Paris), trois scénaristes pour pondre un tel truc…


Les comédies françaises autour du loto et du viager ont la cote en ce moment. À l’heure où sort dans les salles La Maison de nos rêves de Claude Zidi Jr. avec Kev Adams et Chantal Ladesou, on nous ressort encore ce thème en 2026, que l’on oublie en fait très rapidement, puisque L’Arnaqueuse se résume à une succession de mauvais sketchs mollement interprétés et filmés en champs-contrechamps. Ce n’est pas que Fadily Camara est mauvaise, pas du tout, c’est juste qu’elle n’a absolument rien à défendre, qu’elle est très mal filmée, visiblement impressionnée par son illustre partenaire (difficile de se mettre à hauteur de Balasko il est vrai) et qu’elle n’a pas les épaules, pour le moment du moins, pour porter un film sur son nom.


Ah si, on sauvera tout de même les apparitions du grand Henri Guybet, impayable en notaire lubrique rattrapé par quelques affaires MeToo. Comme quoi finalement, ceux qui s’en sortent le mieux sont toujours les vieux briscards, même si on leur confie de mauvaises miettes à manger.


LE DVD
Après son passage éclair au cinéma, L’Arnaqueuse débarque en DVD chez Wild Side Video. La jaquette, glissée dans un boîtier Amaray classique de couleur blanche, reprend le visuel de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

On s’attendait à trouver une galette dépourvue de suppléments, ce n’est pas le cas !
On trouve un making of (18’40), qui se contente de coller des instantanés de tournage, des images de l’équipe sur le plateau ou du réalisateur à l’oeuvre avec ses acteurs. L’occasion de voir que Josiane Balasko en a encore sérieusement sous le capot et qu’elle a l’air de s’amuser toujours autant.







L’autre bonus est un bêtisier, long, pas forcément drôle et qui aurait mérité d’être réduit, car foncièrement redondant (12’).


L’Image et le son
Point d’édition Blu-ray, mais un beau DVD pour L’Arnaqueuse. Le master est soigné avec des contrastes élégants, à part peut-être durant les séquences sombres où l’image paraît plus douce et moins affûtée, mais cela demeure franchement anecdotique. La clarté demeure frappante, le piqué est vif, les gros plans détaillés et la colorimétrie reste chatoyante, riche et bigarrée. Quelques moirages.
L’Arnaqueuse est disponible en Dolby Digital 5.1 et Stéréo. En dehors d’une légère spatialisation musicale, l’ensemble du mixage se focalise sur les enceintes avant avec une nette restitution des dialogues sur la centrale et des effets discrets. La piste Stéréo est largement suffisante pour un film de cet acabit et conviendra aisément à ceux qui ne seraient pas équipés sur les latérales. Le caisson de basses reste assoupi tout du long. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.


Crédits images : © Wild Side Video / Mika COTELLON – DOUZE DOIGTS PRODUCTIONS – FULLDAWA PRODUCTION 2025 / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
