Test Blu-ray / The Surfer, réalisé Lorcan Finnegan

THE SURFER réalisé par Lorcan Finnegan, disponible en DVD et Blu-ray le 15 septembre 2026 chez The Jokers Films.

Acteurs : Nicolas Cage, Finn Little, Julian McMahon, Rahel Romahn, Michael Abercromby, Alexander Bertrand, Greg McNeill, Rory O’Keeffe…

Scénario : Thomas Martin

Photographie : Radek Ladczuk

Musique : François Tétaz

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Un homme revient sur l’idyllique plage de son enfance pour faire du surf avec son fils. Leur escapade tourne au cauchemar lorsqu’un gang de surfeurs du coin leur interdit l’accès à l’océan. Humilié et menacé, le père de famille va devoir se battre pour reconquérir son territoire et l’estime de son fils. Sur cette plage à l’atmosphère étouffante, s’engage alors une lutte qui le mènera au cœur de la folie.

Nicolas Cage Forever. Depuis dix ans (et même au-delà, bien avant Homepopcorn), nous avons toujours défendu le comédien, y compris sur certains opus dans lesquels il n’y avait pas grand-chose à soutenir. Si l’on regarde attentivement la filmographie conséquente de l’acteur depuis seulement une décennie, peu de longs-métrages sont à jeter, vraiment. Ainsi, Le Casse – The Trust, USS Indianapolis, Dog Eat Dog, Army of One, Mom and Dad, Froide Vengeance, Sympathy for the Devil, Colour Out of Space, Un talent en or massif et bien d’autres valent franchement le coup d’oeil, et même plus. On assiste encore à une résurrection de l’ami Cage. Cela a été progressif : Mandy de Panos Cosmatos en 2018, Pig de Michael Sarnoski en 2021, Dream Scenario de Kristoffer Borgli en 2023, Longlegs d’Oz Pekins en 2024, sans oublier la série Spider-Noir. Avant la sortie de Madden de David O’Russell, qui s’annonce comme un véritable événement et qui pourrait lui valoir sa troisième nomination aux Oscars (après Leaving Las Vegas et Adaptation), Nicolas Cage brille à nouveau de mille feux dans The Surfer, présenté hors compétition en séance de minuit au Festival de Cannes 2024. Cette fois, il s’envole pour l’Australie pour y tourner le quatrième film du réalisateur irlandais Lorcan Finnegan (né en 1979), révélé en 2019 avec son deuxième long-métrage, Vivarium, qui plongeait Jesse Eisenberg et Imogen Poots dans un labyrinthe d’étranges lotissements. Une fois de plus, le cinéaste déjoue les attentes et s’amuse à faire perdre ses repères aux spectateurs, autant qu’à son personnage principal. Merveilleux objet de cinéma, The Surfer rappelle étrangement Le Plongeon – The Swimmer (1968) de Frank Perry (et aussi de Sydney Pollack), drame psychologique à la frontière du fantastique. Lorcan Finnegan dresse le portrait psychologique perturbé d’un homme qui a consacré toute sa vie et son travail à vouloir réaliser un rêve unique, comme un mirage inaccessible dans le désert. Accueilli chaleureusement lors de sa présentation hors compétition en séance de minuit au Festival de Cannes en 2024, The Surfer n’a malheureusement pas connu d’exploitation dans les salles françaises. Mais il est désormais disponible en DVD et Blu-ray, ainsi que sur Paramount+, et mérite toute l’attention du cinéphile.

Un homme revient sur la plage de Luna Bay, à côté de laquelle il espère acquérir une maison. Il apprend alors qu’une autre offre a été émise et qu’il ne lui reste que 48 heures pour surenchérir. Sur cette plage, il aimait surfer lorsqu’il était enfant et souhaite montrer les lieux à son fils. Mais ils se font interdire l’accès par une bande de surfers du coin, plutôt menaçants, qui chahute au passage également un SDF du coin. Garé un plein soleil sur un petit parking au dessus de la plage, il va se retrouver peu à peu coincé en ces lieux…

On ne sait pas d’où sort cet homme tiré à quatre épingles, qui conduit une Prius, qui gagne visiblement bien sa vie, mais qui paraît en difficulté pour dialoguer avec son fils, comme si celui-ci paraissait ailleurs, déconnecté, loin de lui. Dès l’introduction, Nicolas Cage éblouit par sa sobriété, par son regard embué, par la maladresse de son personnage. Et ce n’est que le début, car l’histoire ne va pas lui faire de cadeaux. Cet homme, dont on ne connaîtra pas le nom, souhaiterait emmener son fils à Luna Bay, une plage mythique de son enfance, dans l’espoir de lui montrer la maison surplombant l’océan — celle qu’il cherche désespérément à racheter. Cette propriété, autrefois détenue par son père décédé, représente pour lui un ancrage familial et spirituel. Mais leur visite est brusquement interrompue par un gang de surfeurs locaux dirigé par Scally, un gourou du surf opposé à toute intrusion extérieure.

Humilié, The Surfer ramène son fils chez sa mère, puis retourne seul à Luna Bay. Obsédé par l’achat de la maison avant Noël, il harcèle son agent immobilier pour réunir plus d’un million de dollars. Entre-temps, sa femme divorcée lui annonce qu’elle se remarie et attend un enfant, brisant ses rêves de recomposer la famille dans la maison de son père. Sur le parking de la plage, il observe un sans-abri, qui a trouvé refuge dans une vieille voiture. Ce dernier révèle que Scally a tué son fils, un champion de surf, ainsi que son chien. La situation du Surfer empire : sa planche disparaît, il est agressé et petit à petit privé de ses biens.

Dans The Surfer, moult scénarios nous passent par la tête. Un surtout. Et si ce que nous étions en train de voir n’était en réalité qu’un rêve, un cauchemar plutôt, celui d’un homme au bout du rouleau, qui a perdu la raison. Peut-être que sa voiture volée n’a en réalité jamais existé par exemple. Désorienté, affamé, The Surfer sombre dans une spirale hallucinatoire, hanté par des visions de son père mort au bord de la mer, ainsi que de la faune qui rôde aux alentours. Nicolas Cage excelle à passer d’un état à l’autre, tombant dans la folie, perdant les pédales, puis capable de se redresser pour reprendre du poil de la bête. The Surfer est un trip, qui joue avec le public, met son protagoniste face à une bande de salopards infiniment antipathiques (dont Julian McMahon dans son dernier rôle avant de mourir à 56 ans d’un cancer du poumon), brouille les pistes entre la réalité et le fantasme. Si le réalisateur nous donne une explication à tout cela, celui-ci s’avère assez malin pour laisser au spectateur le choix de se faire sa propre interprétation sur le déroulé et la conclusion des événements qui se sont succédé durant 1h40.

En l’état, The Surfer est une grande expérience sensorielle (mention spéciale à la photo incandescente) et mérite l’attention du cinéphile et du fan de l’Ozploitation, puisqu’il y convoque le spectre de Long Weekend de Colin Eggleston et de Réveil dans la terreur – Wake in Fright de Ted Kotcheff, rien que ça !

LE BLU-RAY

Faute d’exploitation dans les salles, The Surfer débarque en DVD et en Blu-ray chez The Joker Films. Visuel chiadé, tout comme le menu principal, animé et musical.

Seul bonus de cette édition, un montage de planches storyboards… C’est tout… L’édition US, le film étant par ailleurs aussi disponible en 4K outre-Atlantique, contient également le commentaire audio du réalisateur Lorcan Finnegan, ainsi qu’un making of.

L’Image et le son

The Surfer est proposé en Blu-ray par The Joker Films avec un transfert 1080p encodé en AVC au format 2.39:1. Le tournage a été réalisé avec une caméra Arri Alexa 35, connue pour reproduire une texture argentique. La superbe photographie signée Radek Ladczuk (The Nightingale, Mister Babadook) trouve en HD un sublime écrin, qui doit véritablement exploser les mirettes en UHD, mais nous ne ferons pas la fine bouche. La palette chromatique est dingue de beauté dès l’ouverture avec des teintes bleues et vertes, évidemment reprises à l’étalonnage, qui participent à l’expérience pour ainsi dire psychédélique de The Surfer. La luminosité est intense, le piqué chirurgical, les détails foisonnants (la sueur qui perle sur le front du Surfer, la crasse de son costume), les contrastes volontairement poussés. Les gros plans sont en outre exceptionnels. L’un des plus beaux Blu-ray de la rentrée septembre 2026.

Tout d’abord, il est temps de saluer la mémoire, le travail, l’investissement, le talent d’un comédien hors-norme, Dominique Collignon-Maurin (1949-2025), qui aura doublé Nicolas Cage pendant exactement 40 ans, de Cotton Club (1984) à The Surfer (2026), à quelques exceptions près. Une voix qui aura largement participé au succès de la star en France et donc certains éclats demeurent à jamais gravés dans nos mémoires. Il s’agit de son ultime ouvrage ici. The Surfer est proposé en anglais et en français DTS-HD Master Audio 5.1., les sous-titres français étant non imposés. Deux pistes particulièrement immersives, qui créent instantanément et systématiquement une spatialisation enveloppante. Le fracas des vagues, la nature environnante, la musique de François Tétaz (Wolf Creek), les effets reflétant la chute du personnage, tout y est fracassant et participe à l’expérience sensorielle voulue par le cinéaste.

Crédits images : © The Jokers Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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