
LE RÉVEIL DE LA MOMIE (Lee Cronin’s The Mummy) réalisé par Lee Cronin, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray – Boîtier SteelBook limité le 19 août 2026 chez Warner Bros.
Acteurs : Jack Reynor, Laia Costa, May Calamawy, Veronica Falcón, Natalie Grace, Shylo Molina, Billie Roy, Hayat Kamille…
Scénario : Lee Cronin
Photographie : David Garbett
Musique : Stephen McKeon
Durée : 2h15
Date de sortie initiale : 2026
LE FILM
Une jeune fille disparue dans le désert égyptien réapparaît mystérieusement huit ans plus tard. Mais les retrouvailles tournent vite au cauchemar. Alors que son comportement devient de plus en plus inquiétant, sa famille se lance dans une course contre la montre pour comprendre l’origine du mal. Ce qu’ils vont découvrir dépasse tout ce qu’ils imaginaient.

Alors que Brendan Fraser et Rachel Weisz sont en train de tourner La Momie 4, un autre film mettant en scène une créature aux bandelettes a fait son apparition au cinéma en 2026, Le Réveil de la Momie aka Lee Cronin’s The Mummy, du nom du réalisateur, titre original rebaptisé ainsi en raison de la mise en chantier des retrouvailles entre Rick O’Connell et Evelyn. L’irlandais, remarqué avec The Only Child – L’Enfant unique et son Evil Dead Rise (cinquième épisode de la franchise), s’est déjà fait un nom dans le domaine de l’horreur et envisage ainsi son opus de la Momie, avec beaucoup de sang et autres fluides sympathiques. On est donc loin de La Momie (1932) de Karl Freund avec Boris Karloff, de La Tombe de la Momie (1942) avec Lon Chaney Jr. et des autres films appartenant aux Universal Monsters. Le Réveil de la Momie se rapprocherait plutôt de la période Hammer Films ou de La Malédiction de la Momie – Tale of the Mummy (1998) de Russell Mulcahy, sorti un an avant le carton planétaire de La Momie – The Mummy de Stephen Sommers. Non, nous parlerons pas de Belphégor, le fantôme du Louvre (2001) de Jean-Paul Salomé, ce film n’existe pas. Une chose est sûre, c’est que Le Réveil de la Momie ne fait pas dans la gaudriole…et pourtant on ne peut pas s’empêcher de rire devant l’absurdité de certaines scènes, surtout durant la première partie, durant laquelle les agissements des personnages demeurent incompréhensibles. Après la tentative de reboot en 2017 par Alex Kurtzman avec Tom Cruise, qui s’était soldé par un échec de l’autre côté de l’Atlantique et qui avait donc tué dans l’oeuf le Dark Universe, la Momie débarque chez Blumhouse Productions, où le film a été produit pour un peu plus de vingt millions de dollars. Le succès a été au rendez-vous avec plus de 80 millions de billets verts récoltés dans le monde. Il faut tout de même s’armer de patience, la durée de 2h20 n’aidant vraiment pas et accepter énormément d’inepties pour finalement se laisser aller par ce rollercoaster amusant (involontairement la plupart du temps) qui ne lésine pas sur le gore.


Au Caire, en 2018, Charlie Cannon, journaliste d’investigation pour la télévision, vit avec sa femme enceinte, Larissa, et leurs enfants, Katie et Sebastián. Katie est amie avec Layla. Un matin, Katie reçoit la visite d’une femme, surnommée la Magicienne. Elle se présente comme la mère de Layla et utilise des bonbons pour attirer Katie à l’écart avant de l’enlever. Charlie se lance à leur poursuite, mais les perd de vue dans une tempête de sable. Avec Larissa, il signale l’enlèvement aux autorités, en collaboration avec une jeune inspectrice anglophone, Dalia Zaki, tandis que l’inspecteur principal soupçonne les parents. Huit ans plus tard, à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, Charlie, Larissa, Sebastián et leur troisième enfant, Maud, vivent chez Carmen, la mère catholique de Larissa. À Assouan, un adolescent entend le crash d’un avion cargo transportant un sarcophage. À l’intérieur, des archéologues découvrent Katie, enveloppée dans un parchemin inscrit dans une langue ancienne. Katie, catatonique et sujette à l’automutilation, est ramenée chez Charlie et Larissa. La famille refuse de consulter un médecin malgré le comportement erratique de Katie, qui s’échappe fréquemment de sa chambre et s’automutile. Après avoir remarqué les inscriptions sur les linges qui enveloppent la peau de Katie, Charlie consulte un professeur d’archéologie, qui les traduit. Les inscriptions parlent du Nasmaranien, un démon ancien qui détruit les familles et les communautés, mais qui est tenu à distance par la momification rituelle qui imprègne la peau de textes sacrés. À mesure que ces textes sont retirés, le Nasmaranien devient plus puissant.

Oui, bon. Autant le dire, Le Réveil de la Momie coche beaucoup de cases du nanar. Point de vue crédibilité (ou « crédébilité », c’est selon) on repassera, à l’instar des parents qui décident d’installer leur fille, visiblement « mal en point » chez eux, sans assistance médicale, leur habitation n’étant même aux normes pour le fauteuil roulant dans lequel est véhiculé ce qui reste de leur progéniture. On se dit constamment « c’est pas possible quand même », comme lors de cette scène où la mère entreprend de couper les ongles (ou les griffes) des pieds de sa fille, force devant la kératine récalcitrante, jusqu’à lui arracher la peau (ou la bande, on ne sait plus) jusqu’au genou.

Les personnages ne s’affolent même pas devant tous ces phénomènes quelque peu étranges. Mention spéciale au père, incarné par le neurasthénique Jack Reynor, vu dans Midsommar d’Ari Aster et Detroit de Kathryn Bigelow, dont le regard figé comme un poisson mort irrite plus que de raison. À ses côtés, on est heureux (un temps) de retrouver l’espagnole Laia Costa, grande révélation de Victoria de Sebastian Schipper en 2015, qui s’en sort facilement dans la langue anglaise, mais qui n’a malheureusement pas grand-chose à défendre. Belle présence de Natalie Grace (1923) dans le « rôle-titre », ainsi que de May Calamawy (Gladiator 2, Moon Knight), qui parviennent à tirer leur épingle du jeu et qui s’avèrent bien plus convaincantes que le couple principal.

Lee Cronin n’est sûrement pas un manchot derrière la caméra, mais le gros problème du Réveil de la Momie provient de son scénario, qui ne sait plus quoi faire de son monstre, au point que le metteur en scène en vienne à refaire du Evil Dead, avec une touche d’Exorciste et, sans surprise, de Conjuring Universe. La photographie de Dave Garbett (Ash vs Evil Dead, Insidious : L’Invasion du lointain) est chiadée, certaines scènes font leur effet (la veillée funèbre), surtout dans le dernier acte, étonnamment violent et même sadique. Mais on arrive péniblement au bout de cette aventure surnaturelle sur laquelle on misait beaucoup, mais qui s’avère au final totalement dispensable et qui se démarque malheureusement trop peu du tout-venant.

LE COMBO 4K + BLU-RAY
Contre toute attente, Le Réveil de la Momie nous est parvenu sous la forme d’un Steelbook, renfermant les disques 4K et Blu-ray. Un visuel intelligent, bien qu’intrigant pour celles et ceux qui n’ont pas vu le film, qui renvoie au code Morse utilisé par le père et sa fille. Le menu principal est fixe et musical.


On commence les suppléments par sept scènes coupées (10’), dont une version longue de la séquence dite des champignons hallucinogènes, qui conduit à la poursuite d’un scorpion. La dernière se déroule huit mois plus tard, pour l’anniversaire de Katie. La plupart de ces scènes se passent avant le retour de cette dernière et ont probablement été coupées pour des questions de rythme.








Le premier making of (11’), dévoile l’envers du décor, compile des images de tournage et de plateau, avec le réalisateur à l’oeuvre avec ses acteurs. Ces derniers ont par ailleurs répondu présents pour nous présenter l’histoire et les personnages. Lee Cronin indique qu’il avait vu plein de films de « momies », qu’il ne pensait pas en faire un, jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’aucun n’était un vrai film d’horreur. Ce qui l’a alors motivé pour le projet, qu’il a écrit seul. Quelques effets mécaniques sont aussi mis en avant.
















Il est encore question des effets pratiques dans la featurette suivante (8’), durant laquelle Lee Cronin déclare tout son amour pour le body horror, « touche » qu’il a voulu apporter au mythe de la momie au cinéma. D’autres images issues du plateau viennent illustrer ce module, par ailleurs bien fait, qui donne aussi la parole à quelques créateurs des effets spéciaux, qui ont eu beaucoup de liberté pour créer. Le travail sur la couleur est aussi abordé.






Quant à la troisième featurette (5’40), celle-ci se concentre sur la création du Nasméranien, ou le Destructeur de familles, l’entité très malveillante de l’histoire. Lee Cronin revient sur sa passion pour l’histoire de l’Égypte, dont les mystères lui permettaient d’accentuer le côté cinématique, par rapport à ses films précédents. Gros plans aussi sur les décors.


L’éditeur fournit aussi un commentaire audio de Lee Cronin. On vous le donne en mille, Le Réveil de la Momie étant un film Warner…Vous ne voyez pas ? Le commentaire audio n’est pas sous-titré enfin ! Et c’est bien dommage, car le réalisateur n’est pas avare en anecdotes et s’avère très agréable à écouter. Si le film vaut ce qu’il vaut, on ne pourra pas reprocher à Lee Cronin d’avoir été le plus honnête et investi possible dans son œuvre. Sinon, beaucoup d’éléments déjà entendus dans les suppléments précédents se retrouvent ici.
L’Image et le son
Voilà une belle galette de démonstration concoctée par Warner ! L’éditeur soigne son master UHD. Les contrastes sont d’une densité rarement démentie, y compris sur les très nombreuses séquences sombres, avec une image sans cesse affûtée. Le piqué est acéré, pour ne pas dire chirurgical, les gros plans sont riches, les contrastes abyssaux et la colorimétrie reste chatoyante. Les détails sont légion aux quatre coins du cadre large et la copie restitue les volontés artistiques du chef opérateur Dave Garbett. Ce disque UHD offre les meilleures conditions pour revoir le film de Lee Cronin et profiter de la très belle photographie. L’apport UHD (HDR10-Dolby Vision) sur ce titre est évidemment indispensable.

Sans surprise, dès l’apparition du logo Warner, le fracassant et immersif mixage Dolby Atmos (TrueHD 7.1) anglais exploite les latérales dans leurs moindres recoins, et ce jusqu’à la fin. C’est peu dire que Le Réveil de la Momie met à mal toute installation acoustique digne de ce nom. La musique bénéficie d’une spatialisation percutante et systématique, les effets et ambiances annexes foisonnent sans jamais noyer les dialogues. À titre de comparaison, la piste française Dolby Digital 5.1 fait pâle figure face à son homologue du point de vue homogénéité et manque singulièrement de finesse.



Crédits images : © Warner Bros. / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
