Test DVD / King : De Montgomery à Memphis, réalisé par Ely Landau

KING : DE MONTGOMERY À MEMPHIS (King: A Filmed Record… Montgomery to Memphis) réalisé par Ely Landeau, disponible en DVD depuis le 18 octobre 1916 chez ZED

Acteurs : Martin Luther King, Harry Belafonte, James Earl Jones, Paul Newman, Joanne Woodward, Ruby Dee, Marlon Brando, Charlton Heston, Burt Lancaster, Ben Gazzara, Anthony Quinn…

Scénario : Mitchell Grayson, Ely A. Landau

Durée : 2h55

Date de sortie initiale : 1970

LE DOCUMENTAIRE

Depuis le boycott des bus de Montgomery en 1955, l’une des premières actions inspirées par Martin Luther King, jusqu’à son assassinat, le 4 avril 1968 à Memphis, le chantre de la cause noire n’a jamais cessé d’oeuvrer en faveur d’une reconnaissance de l’égalité des droits entre les Noirs et les Blancs aux Etats-Unis. Ce documentaire retrace de 1955 à 1968, les étapes cruciales de la vie du leader non violent, prix Nobel de la paix en 1964, qui prononça devant plus de 250 000 personnes un discours resté célèbre, commençant par ces mots : « I have a dream ».

« Nous avons un pouvoir ! ».

Il s’agit d’un documentaire de référence, passionnant, impressionnant et immersif, qui à partir d’images d’actualité de l’époque, dessine la vie et le combat pour la justice sociale du Dr. Martin Luther King Jr., du début du mouvement des droits civiques à Montgomery, Alabama jusqu’à son meurtre à Memphis treize ans plus tard. Réalisé par Ely Landau et Richard Kaplan, King : de Montgomery à MemphisKing: A Filmed Record… Montgomery to Memphis a également bénéficié du soutien de deux monstres du cinéma hollywoodien, Sidney Lumet et Joseph L. Mankiewicz. Si leurs rôles respectifs demeurent indistincts, les deux cinéastes ont participé en filmant certains comédiens et d’autres personnalités, qui apportaient leur soutien à des degrés divers à la lutte pour les droits civiques, qui apparaissent seuls face caméra dans une petite mise en scène, où ils évoquent Martin Luther King Jr. à travers quelques citations, écrits et monologues poétiques. Paul Newman, Joanne Woodward, James Earl Jones, Burt Lancaster, Ben Gazzara, Charlton Heston, Harry Belafonte, Ruby Dee, Anthony Quinn et bien d’autres servent ainsi de transition entre les évènements sélectionnés, en récitant divers extraits d’oeuvres littéraires, de la Bible ou de discours politiques. Comme l’indique un carton en introduction, ce film ne vise pas à traiter tous les incidents de cette période, mais tous ont été choisis pour leur importance historique et pour les conséquences qu’ils ont eues sur « notre » vie. Malgré la mauvaise qualité technique de certaines images d’archives, celles-ci ont été conservées et montées dans ce film extraordinaire, poignant, viscéral, toujours représentatifs du mouvement non-violent prôné par Martin Luther King Jr. tout le long de ces treize années étalées sur près de trois heures, qui passent à vitesse grand V.

« How long ? Not long ! ».

Nommé pour l’Oscar du meilleur documentaire en 1970, King : de Montgomery à Memphis, film biographique par excellence, a été conçu et réalisé deux ans après l’assassinat de Martin Luther King, puis diffusé dans près de 500 salles aux Etats-Unis le 20 mars 1970 et n’était visible depuis que dans une version amputée de près d’une heure. Aujourd’hui, réhabilité, remonté et restauré dans sa version originale par The Library of Congress en collaboration avec le producteur associé Richard Kaplan et d’après des éléments fournis par le MoMA d’après le négatif original, il est indispensable de redécouvrir ce film exceptionnel, entré depuis 1999 au National Film Registry pour sa préservation. Le spectateur est ainsi convié à plonger dans la fameuse Marche sur Washington en 1963 aux côtés de certaines célébrités (Marlon Brando apparaît plusieurs fois), ou bien encore à participer aux discussions entraînées par le refus de Rosa Parks de ne pas céder sa place à un Blanc dans un bus. Un acte sanctionné qui aura servi de catalyseur pour les Afro-américains, qui décident alors de ne plus emprunter les bus de Montgomery. Un mouvement non-violent, un boycott contre les injustices que les Afro-américains subissaient dans la rue et dans les moyens de transport. Ce n’était que le début de la lutte non-violente, « car la violence est contre-productive », conduite par le docteur Martin Luther King. Une action qui contrastait alors avec certains groupes qui au contraire souhaitaient une révolution faite dans le sang et avec des armes.

Le KKK est évidemment présent, les conséquences de leurs actions montrées, mais toujours désamorcées par un Martin Luther King, qui tel un Messie, est prêt à tendre l’autre joue, tout en continuant à inciter les américains qui défendent leur cause, à venir rejoindre leur rang dans leurs longues marches pour la paix et l’égalité des droits. Des « voyages pour la liberté », mais également pour l’emploi, de Selma (en février 1965, pour le droit de vote) à Chicago (en juillet 1966, pour le droit au logement pour tous), qui ont dévoilé au monde entier le racisme de certains gouverneurs et représentants de l’ordre, puisque l’action de Martin Luther King aura alors attiré les caméras du monde entier.

Entre les discours pacifistes, mais néanmoins enflammés de MLK, les images impressionnantes où l’armée n’hésite pas à lâcher les chiens et à repousser les marcheurs en actionnant les canons à eau, celles de Martin Luther King enfermés à plusieurs reprises derrière les barreaux (notamment à Birmingham, la ville la plus raciste des Etats-Unis) et d’autres épisodes d’actualité, tout y est relaté sans commentaire. Dès sa sortie de prison, Martin Luther King recommence ainsi la lutte, souhaitant l’abrogation des lois raciales dans les commerces, la formation des employés dans les commerces pour avoir des vendeurs et des commerçants Noirs, l’annulation des accusations contre les personnes injustement arrêtées pour avoir participé à des manifestations pacifiques et non-violentes. Ainsi que la création d’un congrès mixte destiné à gérer les autres problèmes dus à la ségrégation.

Les images d’archives s’enchaînent sur un rythme soutenu, sans aucun temps mort, en retenant constamment l’attention du spectateur. Poignant, bouleversant et pourtant animé par une rage contagieuse, King : de Montgomery à Memphis est une véritable expérience cinématographique, unique, qui convie l’audience à partager trois heures avec le pasteur le plus célèbre du monde, un moment intime où l’on suit le Prix Nobel de la Paix 1964 dans son lent combat pour l’égalité des droits. Et c’est aussi magnifique que viscéral.

LE DVD

King : de Montgomery à Memphis est disponible en édition collector 2 DVD chez ZED. Les deux disques reposent dans un boîtier Amaray de couleur blanche, glissé dans un fourreau cartonné reprenant le même visuel que la jaquette. Le menu principal est animé et musical.

Tous les suppléments sont disposés sur un deuxième DVD.

La Marche des Noirs du Mississippi 5 Colonnes à la Une (18’ – 1966 – Jacques Sallebert). Retour sur la «Marche contre la peur», conduite par James Meredith – premier étudiant noir de l’Université d’Oxford – et également menée par Martin Luther King et Stokely Carmichael, leader des Black Panthers. Ces trois «marcheurs» et orateurs tiennent des discours différents qui montrent la scission entre la doctrine non violente de King et le programme de Meredith et Carmichael qui prône la lutte raciale pour la prise du pouvoir. Marlon Brando et Sammy Davis Jr. apparaissent et s’expriment devant la foule.

Pas de miracle en Alabama7 jours du Monde (12’ – 1963 – Gilbert Larriaga). Quelques jours après les manifestations de Birmingham, violemment réprimées par la police, le journaliste Maurice Werther fait le point sur le problème de la ségrégation raciale aux Etats-Unis et présente un ensemble de témoignages des habitants de l’Alabama, de Martin Luther King, du maire de Birmingham et de Robert Kennedy (en français dans le texte).

Martin Luther King, Legacy of a dreamLe Combat pour un rêve (24’ – 2008 – Richard Kaplan). Ce documentaire, en revenant sur le parcours du révérend Martin Luther King, condense les étapes principales de son combat. Un outil éducatif indispensable. Un module narré par James Earl Jones.

L’Image et le son

Il est toujours difficile de juger une image d’un documentaire 1.33 (4/3). Les images d’archives sont diverses et variées, de qualité différente, forcément plus nettes sur les scènes filmées en studio par Sidney Lumet et Joseph L. Mankiewicz. Les flous ne sont pas rares, mais l’ensemble est plutôt harmonieux, la définition correcte, propre et passe-partout.

Seule une piste mono est disponible. Comme pour l’image, la qualité acoustique dépend de l’état des archives. On passe d’un son clair à un son couvert en un clin d’oeil, mais bon, c’est le principe d’un documentaire rétrospectif.

Crédits images : © ZED / Splendor Films / The Martin Luther King Film Project.Inc / INA / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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