Photographie : Neil Harvey, Amza Moglan, Patrick Smith
Musique : Anne Nikitin
Durée : 1h35
Date de sortie initiale : 2019
LE DOCUMENTAIRE
L’histoire de l’ascension et de la chute du magnat d’Hollywood Harvey Weinstein. Comment il a acquis et préservé sa toute-puissance au fil des décennies, même quand le scandale menaçait. D’anciens collaborateurs et plusieurs de ses accusatrices décrivent son mode opératoire, ainsi que les conséquences de ses abus sexuels présumés, dans l’espoir que justice soit faite et que les choses bougent enfin…
« Le plus
terrible, c’est que le système a permis que ça arrive… ».
Un film centré sur le producteur Harvey Weinstein était une évidence. Si certains y verront un documentaire opportuniste et malgré sa facture on ne peut plus classique, force est de constater que l’oeuvre d’Ursula Macfarlane remet de nombreuses pendules à l’heure et s’avère un constat implacable sur l’un des pires monstres de la fin du XXe siècle. L’Intouchable Harvey Weinstein demeure un film glaçant et souvent passionnant, construit sur le principe d’une tragédie grecque (ascension, revirement, chute), et dont les divers témoignages serrent les tripes du début à la fin.
HER SMELL réalisé par Alex Ross Perry, disponible en DVD le 19 novembre 2019 chez Potemkine Films
Acteurs : Elisabeth Moss, Angel Christian Roman, Cara Delevingne, Dan Stevens, Agyness Deyn, Gayle Rankin, Ashley Benson, Dylan Gelula…
Scénario : Alex Ross Perry
Photographie : Sean Price Williams
Musique : Keegan DeWitt
Durée : 2h10
Date de sortie initiale : 2019
LE FILM
Becky Something est une superstar du rock des années 90 qui a rempli des stades avec son girls band : « Something She ». Quand ses excès font dérailler la tournée nationale du groupe, Becky est obligée de compter avec son passé tout en recherchant l’inspiration qui les a conduites au succès.
Après un premier coup d’essai (Impolex) en 2009, le cinéaste Alex Ross Perry (né en 1984) est remarqué avec son second film The Color Wheel, une oeuvre étrange et singulière formellement intéressante, marquée par un grain cinéma fourmillant et un N&B tranché capturé en 16mm. Représentant du mouvement cinématographique appelé Mumblecore aux côtés d’Andrew Bujalski (Funny Ha Ha, Mutual Appreciation, Beeswax), les frères Safdie (The Pleasure of being robbed, Lenny and the kids), Lynn Shelton (Humpday), les frères Duplass (Baghead) et Joe Swanberg (Hannah takes the stairs), tous largement recommandables, Alex Ross Perry aura ensuite entamé une collaboration avec la comédienne Elisabeth Moss. Listen Up Philip (2014) et Queen of Earth (2015) marqueront leurs deux premières associations, puis le cinéaste lui fera une petite infidélité avec Golden Exits (2017), film inédit en France. Projet mûri pendant plusieurs années, Her Smell a été écrit pour Elisabeth Moss. Véritablement investie corps et âme dans ce film, la comédienne, révélée par les séries A la Maison-Blanche et l’extraordinaire Mad Men, est exceptionnelle dans ce faux film musical, mais vrai drame psychologique, très immersif, dans lequel Alex Ross Perry expérimente une fois de plus la forme de son cinéma.
KING : DE MONTGOMERY ÀMEMPHIS (King: A Filmed Record… Montgomery to Memphis) réalisé par Ely Landeau, disponible en DVD depuis le 18 octobre 1916 chez ZED
Acteurs : Martin Luther King, Harry Belafonte, James Earl Jones, Paul Newman, Joanne Woodward, Ruby Dee, Marlon Brando, Charlton Heston, Burt Lancaster, Ben Gazzara, Anthony Quinn…
Scénario : Mitchell Grayson, Ely A. Landau
Durée : 2h55
Date de sortie initiale : 1970
LE DOCUMENTAIRE
Depuis le boycott des bus de Montgomery en 1955, l’une des premières actions inspirées par Martin Luther King, jusqu’à son assassinat, le 4 avril 1968 à Memphis, le chantre de la cause noire n’a jamais cessé d’oeuvrer en faveur d’une reconnaissance de l’égalité des droits entre les Noirs et les Blancs aux Etats-Unis. Ce documentaire retrace de 1955 à 1968, les étapes cruciales de la vie du leader non violent, prix Nobel de la paix en 1964, qui prononça devant plus de 250 000 personnes un discours resté célèbre, commençant par ces mots : « I have a dream ».
« Nous avons un
pouvoir ! ».
Il s’agit d’un documentaire de référence, passionnant, impressionnant et immersif, qui à partir d’images d’actualité de l’époque, dessine la vie et le combat pour la justice sociale du Dr. Martin Luther King Jr., du début du mouvement des droits civiques à Montgomery, Alabama jusqu’à son meurtre à Memphis treize ans plus tard. Réalisé par Ely Landau et Richard Kaplan, King : de Montgomery à Memphis – King: A Filmed Record… Montgomery to Memphis a également bénéficié du soutien de deux monstres du cinéma hollywoodien, Sidney Lumet et Joseph L. Mankiewicz. Si leurs rôles respectifs demeurent indistincts, les deux cinéastes ont participé en filmant certains comédiens et d’autres personnalités, qui apportaient leur soutien à des degrés divers à la lutte pour les droits civiques, qui apparaissent seuls face caméra dans une petite mise en scène, où ils évoquent Martin Luther King Jr. à travers quelques citations, écrits et monologues poétiques. Paul Newman, Joanne Woodward, James Earl Jones, Burt Lancaster, Ben Gazzara, Charlton Heston, Harry Belafonte, Ruby Dee, Anthony Quinn et bien d’autres servent ainsi de transition entre les évènements sélectionnés, en récitant divers extraits d’oeuvres littéraires, de la Bible ou de discours politiques. Comme l’indique un carton en introduction, ce film ne vise pas à traiter tous les incidents de cette période, mais tous ont été choisis pour leur importance historique et pour les conséquences qu’ils ont eues sur « notre » vie. Malgré la mauvaise qualité technique de certaines images d’archives, celles-ci ont été conservées et montées dans ce film extraordinaire, poignant, viscéral, toujours représentatifs du mouvement non-violent prôné par Martin Luther King Jr. tout le long de ces treize années étalées sur près de trois heures, qui passent à vitesse grand V.
HELL’S GROUND (Zibahkhana) réalisé par Omar Khan, disponible en DVD le 31 mai 2019 chez Badlands
Acteurs : Kunwar Ali Roshan, Rooshanie Ejaz, Rubya Chaudhry, Haider Raza, Osman Khalid Butt, Najma Malik, Sultan Billa…
Scénario : Omar Khan, Pete Tombs
Photographie : Najaf Bilgrami
Musique : Stephen Thrower
Durée : 1h18
Date de sortie initiale : 2007
LE FILM
Prétextant un voyage scolaire, cinq jeunes citadins traversent la campagne pakistanaise pour se rendre à un concert de rock. Lors d’une halte, un personnage loufoque les invite à se préparer pour la prière du soir sous peine de voir leur périple virer au cauchemar… Aux alentours, l’eau polluée semble transformer les pauvres paysans en zombies tandis qu’un mystérieux assassin en burqa sévit dans la forêt.
Au Pakistan, le cinéma ne dispose peut-être pas de moyens, mais il a des idées ! Et Hell’s Ground (2007), réalisé par Omar Khan n’en manque pas. Ce premier film gore pakistanais est un hommage savoureux au cinéma de genre (on aperçoit d’ailleurs l’affiche de Maniac), plus particulièrement aux deux premiers Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, également imprégné de références aux différents films de zombies de George A. Romero. Tous ces ingrédients, y compris un amour dingue pour le 7e art, sont mis dans un shaker, dans lequel le cinéaste rajoute évidemment des éléments propres au folklore pakistanais, avant de secouer très fort ce cocktail inattendu, pour finalement verser un produit qui ravira les amateurs de Bis. Hell’s Ground est un délire tourné avec un budget visiblement dérisoire, en HDV (le premier de l’histoire au Pakistan) et en seulement trente jours, mais dont la passion, l’engouement et l’humour sont extrêmement contagieux. « Lol-lywood » peut-être, mais il n’y a vraiment pas de raison de se moquer !
RICORDI ? réalisé par Valerio Mieli, disponible en DVD le 12 novembre 2019 chez Le Pacte
Acteurs : Luca Marinelli, Linda Caridi, Giovanni Anzaldo, Camilla Diana, Anna Manuelli, Eliana Bosi, David Brandon, Benedetta Cimatti, Andrea Pennacchi, Maria Chiara Giannetta…
Scénario : Valerio Mieli
Photographie : Daria D’Antonio
Durée : 1h46
Date de sortie initiale : 2018
LE FILM
Ils se sont rencontrés à une fête et se sont aimés tout de suite. C’est une belle et grande histoire d’amour, racontée à travers les souvenirs du jeune couple – des souvenirs altérés par le temps, leurs états d’âme, leurs différents points de vue. Des souvenirs qui finiront par influer sur leur relation.
La plus belle histoire d’amour de 2019, le film de l’année qui résume peut-être le mieux la trentaine déclinante, la peur du temps qui passe, l’envie de bouffer la vie chaque seconde, de profiter de chaque instant, la lutte incessante pour ne pas être envahi de pensées sombres…mais c’est aussi un film solaire illuminé par Linda Caridi, nouvel astre du cinéma italien dont les fossettes et le regard mutin nous font instantanément tombés amoureux d’elle et croire en ce qu’il y a de meilleur. Quasiment dix ans après le délicat et déjà fort recommandable Dix hivers à Venise – Dieci inverni, auréolé de près d’une vingtaine de prix dans les festivals du monde entier, Valerio Mieli signe un second long métrage furieusement mélancolique et universel. Le comédien Luca Marinelli retrouve ici un rôle proche de celui qu’il tenait dans son premier film, la sublime Solitude des nombres premiers – La Solitudine dei numeri primi, de Saverio Costanzo, adapté du chef d’oeuvre de Paolo Giordano.
HOUDINI LE GRAND MAGICIEN (Houdini) réalisé par George Marshall, disponible en DVD le 21 octobre 2019 chez Les Films du Paradoxe
Acteurs : Tony Curtis, Janet Leigh, Torin Thatcher, Angela Clarke, Stefan Schnabel, Ian Wolfe, Sig Ruman, Michael Pate…
Scénario : Philip Yordan d’après le livre de Harold Kellock
Photographie : Ernest Laszlo
Musique : Roy Webb
Durée : 1h42
Date de sortie initiale : 1953
LE FILM
La carrière d’Houdini débute sur les champs de foire où ses tours de prestidigitation amusent les passants. Son succès et son talent lui ouvrent bientôt les portes de théâtres prestigieux. Marié à Bess, sa fidèle compagne, Houdini devient le plus célèbre magicien de son temps. Son spectacle s’enrichit de nouveaux tours. Mais son public l’admire surtout pour ses fabuleux numéros d’évasion. Houdini en invente sans cesse de plus spectaculaires et de plus risqués. D’un autre côté, il se passionne pour l’occultisme, allant jusqu’à croire que tous les événements importants de sa vie se sont produits le jour d’Halloween.
Réalisateur prolifique à qui l’on doit près de 200 films, courts, longs métrages et épisodes de séries télévisées mis en scène de 1916 à 1972, George Marshall (1891-1975) a fait ses classes durant le cinéma muet, principalement dans le domaine du western. Egalement auteur de comédies, genre dans lequel il dirigera les plus grands acteurs comme WC Fields, Laurel & Hardy, Jerry Lewis, Bob Hope, George Marshall reste aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands artisans du cinéma hollywoodien. En 1953, il réalise l’un de ses films les plus célèbres, Houdini, plus connu en France sous le titre Houdini le grand magicien et confie le rôle-titre à un jeune comédien de 28 ans à la carrière très prometteuse, Tony Curtis. Biopic qui prend alors de grandes libertés avec la véritable histoire du célèbre magicien expert dans l’art de l’évasion, Houdini le grand magicien vaut surtout aujourd’hui pour le talent et la beauté de ses interprètes, ainsi que pour l’élégance des décors et de la réalisation au charme toujours intact.
INDISCRET (Indiscreet) réalisé par Stanley Donen, disponible en DVD le 21 octobre 2019 chez Les Films du Paradoxe
Acteurs : Cary Grant, Ingrid Bergman, Cecil Parker, Phyllis Calvert, David Kossoff, Megs Jenkins…
Scénario : Norman Krasna d’après sa pièce de théâtre
Photographie : Frederick A. Young
Musique : Richard Rodney Bennett, Ken Jones
Durée : 1h40
Date de sortie initiale : 1958
LE FILM
De retour de Londres, une célèbre comédienne, célibataire endurcie, tombe sous le charme d’un ami de son beau-frère. Fonctionnaire de l’OTAN, il se présente comme l’un de ses plus fervents admirateurs et l’invite à assister à son discours. Mais cet homme séduisant cache un gros défaut : il est un célibataire convaincu ! Pour éviter de s’engager en amour, il fait croire que son épouse refuse le divorce…
En 1958, le cinéaste Stanley Donen (1924-2019) a le vent en poupe ! 14 films réalisés en à peine dix ans ! Ancien danseur et collaborateur de Gene Kelly, il devient réalisateur à la fin des années 1940 avec Un jour à New York, film musical mettant en scène son acolyte et Frank Sinatra. Sa carrière est lancée et sera placée sous le signe de la comédie-musicale, dont le film le plus emblématique restera à jamais Chantons sous la pluie (1952). Dans les années 1950, Stanley Donen enchaîne les projets et dirige les plus grands, les plus grandes surtout, comme Janet Leigh, Debbie Reynold, Cyd Charisse, Audrey Hepburn et Doris Day. En 1957, il signe Embrasse-la pour moi – Kiss Them for Me avec Cary Grant, qui donne la réplique à la sulfureuse Jayne Mansfield. Enchantés par cette collaboration le comédien et Stanley Donen décident de remettre le couvert tout de suite après. Ce sera Indiscret – Indiscreet, adapté de la pièce de théâtre de Norman Krasna, scénariste émérite et auteur du formidable La Femme la plus riche du monde (1934) de William A. Seiter et du légendaire Noël Blanc – White Christmas (1954) de Michael Curtiz. Cette comédie très élégante vaut essentiellement pour son couple vedette, Cary Grant et Ingrid Bergman, réunis à l’écran douze ans après le chef d’oeuvre d’Alfred Hitchcock, Les Enchaînés – Notorious.
QUI A TUÉ LE CHAT ? (Il Gatto) par Luigi Comencini, disponible en DVD le 15 octobre 2019 chez Tamasa Diffusion
Acteurs : Ugo Tognazzi, Mariangela Melato, Michel Galabru, Dalila Di Lazzaro, Jean Martin, Aldo Reggiani, Adriana Innocenti, Philippe Leroy…
Scénario : Augusto Caminito, Rodolfo Sonego, Fulvio Marcolin
Photographie : Ennio Guarnieri
Musique : Ennio Morricone
Durée : 1h45
Date de sortie initiale : 1977
LE FILM
A la mort de leur père, Amedeo et sa sœur Ofelia héritent d’un vieil immeuble délabré dans le cœur de Rome ; un promoteur s’en porte acquéreur à condition qu’il soit vide de ses occupants. Six appartements sont encore occupés et ils se décident à employer tous les moyens pour expulser les locataires…
Dans les années 1970, le réalisateur Luigi Comencini a déjà bien entamé la cinquantaine et met les bouchées doubles. Loin des comédies de mœurs légères qui ont fait sa renommée dans les années 1950-60, le cinéaste mythique de Pain, Amour et Fantaisie, Mariti in città, À cheval sur le tigre, Le Commissaire, La Ragazza, L’Incompris, Casanova, un adolescent à Venise et bien d’autres chefs-d’oeuvre entame une décennie placée sous le titre de la réflexion sur la dégradation des rapports entre individus, la bassesse de l’être humain, l’amertume et la haine qui a pourri toutes les couches sociales comme une véritable gangrène. Sur le fil entre le divertissement populaire et l’intrigue policière ironique, Qui a tué le chat? (1977) est le parfait reflet de la désillusion du cinéaste transalpin qui transparaît derrière les échanges des protagonistes, désabusés et néanmoins prêts à tout pour s’enrichir, quitte à écraser les autres, à s’en débarrasser et à les jeter en pâture aux forces de l’ordre. Entre L’Argent de la vielle – Lo Scopone scienfico (1972) et La Femme du dimanche – La Donna della domenica (1975), Qui a tué le chat ? – Il Gatto annonce LeGrand Embouteillage – L’Ingorgo : Una storia impossibile (1979), qui compilera tous les thèmes fétiches de Luigi Comencini dans une explosion de bruit et de fureur.
LES AILES DE LA RENOMMÉE (Wings of Fame) réalisé par Otakar Votocek, disponible en DVD le 6 août 2019 chez ESC Editions
Acteurs : Peter O’Toole, Colin Firth, Marie Trintignant, Andréa Ferréol, Robert Stephens, Ellen Umlauf, Maria Becker, Walter Gotell, Gottfried John…
Scénario : Otakar Votocek, Herman Koch
Photographie : Alex Thomson
Musique : Paul M. van Brugge
Durée : 1h45
Date de sortie initiale : 1990
LE FILM
Parce qu’il l’a méprisé, le jeune Brian Smith abat la star César Valentin avant d’être tué à son tour, écrasé par un projecteur. Morts, ils sont conduits sur une île où les privilégiés sont ceux dont la gloire demeure dans les esprits. Dans une atmosphère d’ennui et de haine, chacun vit là avec la peur de perdre sa célébrité…
Quel film étrange ! Les Ailes de la renommée – Wings of Fame (1990) est d’ailleurs à ce jour l’unique long métrage d’un dénommé Otakar Votocek, obscur réalisateur d’origine tchèque, qui compte à son actif un court-métrage Turkse Video (1984) et un téléfilm JuJu (1996). Parallèlement, il apparaît en tant qu’acteur dans deux ou trois films, et continue de collaborer à certains scénarios. Malgré une critique positive, Les Ailes de la renommée n’a connu aucun succès à sa sortie. Il est pourtant redécouvert quelques années plus tard par des spectateurs friands de cinéma de genre, qui n’ont de cesse de louer ses qualités artistiques. A la production de ce film quasi-inclassable, on retrouve le célèbre Dick Maas, cinéaste légendaire de L’Ascenseur (1983), Amsterdamned (1988) et dernièrement du réjouissant Prédateur (2016). Le tournage s’est déroulé entre la France (Antibes, Juan-les-Pins) et les Pays-Bas (les intérieurs ont été réalisés en studio à Amsterdam), avec un casting hétéroclite, venu d’Angleterre, en passant par l’Allemagne et la France. C’est ce mélange insolite qui participe à la qualité et à la réussite des Ailes de la renommée, film en apparence froid, qui parle de la mort et de la postérité, mais qui n’a de cesse de triturer les méninges pendant et après la projection.
LE TRÉSOR DE L’ÎLE AUX OISEAUX (Poklad Ptacího ostrova) réalisé par Karel Zeman, disponible en DVD le 25 septembre 2019 chez Malavida Films
Acteurs : H.Hustolesova, Zdenek Kriz…
Scénario : Karel Zeman, d’après une histoire de E.F. Míšek, vers de František Hrubín
Photographie : Antonín Horák
Musique : Zdeněk Liška
Durée : 1h10
Année de sortie : 1953
LE FILM
Ali, jeune pêcheur de l’Île aux Oiseaux, sauve la vie du redoutable pirate Ibrahim au cours d’une sortie en mer. Croyant voir sa dernière heure approcher, celui-ci lui indique l’emplacement d’un fabuleux trésor dont la découverte va bouleverser la vie de l’île…
Après plusieurs courts-métrages, dont Rêve de Noël (1946, primé à Cannes) et Les Tentations de M. Prokouk (1947), le réalisateur Karl Zeman (1910-1989) se lance dans l’aventure du long métrage avec Le Trésor de l’île aux oiseaux – Poklad Ptacího ostrova en 1953. Passionnés d’animation, cinéphiles et même amoureux de belles histoires, ne manquez surtout pas ce premier long métrage totalement inédit en France, de celui qui est souvent appelé le Méliès tchèque, que l’on pourrait également rapprocher de Walt Disney. Coup de foudre immédiat pour ce joyau de 70 minutes, qui foudroie en plein coeur le spectateur. Un objet sublime qui mêle plusieurs techniques d’animation, marionnettes, papier découpé et dessin animé. N’attendez plus, ruez-vous sur ce chef d’oeuvre !