

24 HEURES D’UN AMÉRICAIN À PARIS réalisé par José Bénazéraf, disponible en DVD & Blu-ray depuis le 11 mars 2026 chez LCJ Editions & Productions.
Acteurs : Dick Randall, Jessica Rubicon, Cosette Blanche, Agnetta Angelwall, Bonne Campbell, Nancy Holloway, Chantal Delor, Claudine Hogleneel…
Scénario : José Bénazéraf
Photographie : Alain Derobe
Musique : Louiguy
Durée : 1h16
Date de diffusion initiale : 1964
LE FILM
John Smith, homme d’affaires américain myope et maladroit, passe vingt-quatre heures à Paris avec l’intention de dilapider l’héritage laissé par son père dans les plaisirs de la capitale. Entre cabarets, concours de beauté et rencontres ratées, son humour lourd et sa gaucherie ne lui apportent que désillusions. Ivre et désabusé, il termine pourtant la nuit auprès d’une femme élégante, sans savoir que cette mystérieuse rencontre repose sur un profond malentendu.

Aaaaah José Bénazéraf (1922-2012), c’est tout un poème. Réalisateur, scénariste et producteur, parfois distributeur de ses propres longs-métrages quand personne ne les voulait, le bougre pouvait se targuer d’être complètement autodidacte quand il décide de se lancer dans le cinéma. Il connaît son premier succès après avoir acheté les droits de la chanson Les Lavandières du Portugal, grand succès populaire lui rappelant ses racines, sa mère étant portugaise. José Bénazéraf s’accorde avec Pathé pour produire « l’adaptation » du tube de l’année 1955, qui sera mise en scène par Pierre Gaspard-Huit. Résultat des courses, le film attire près de trois millions de spectateurs en 1957. Sa carrière dans le septième art est lancée. Il se retrouve au milieu de la Nouvelle vague, partage son quotidien avec le producteur Georges de Beauregard, fait une apparition dans À bout de souffle (il est même représenté dans Nouvelle vague de Richard Linklater) et prête sa Thunderbird à cette occasion, le véhicule volé par le personnage de Jean-Paul Belmondo. C’est en 1963 qu’il passe lui-même derrière la caméra avec L’Éternité pour tous, dans lequel il joue déjà avec la censure en raison de la présence hot de la sublime Sylvia Sorrente, qui marque sa passion pour les belles femmes et la représentation de la sexualité à l’écran. La même année, il signe 24 heures d’un Américain ou 24 heures d’un Américain à Paris, connu aussi sous le titre Paris Erotika ou Paris Ooh-lala !, dans lequel il mélange les partis-pris de ses deux précédents opus, un exercice de style qui rappelle les polars, le tout saupoudré d’érotisme. En fait, 24 heures d’un Américain à Paris est quasi-expérimental, puisque l’intrigue est réduite au minimum et propose essentiellement une succession de numéros dénudés filmés aux Folies-Pigalle et au Crazy Horse Saloon. Il ne faut donc pas s’attendre à une histoire proprement dite, mais plutôt à un prétexte pour se rincer l’oeil et affoler les hormones durant 75 minutes montre en main. De ce point de vue-là, c’est réussi et l’ensemble demeure en plus un témoignage unique sur le Paris interlope des sixties.


