Test Blu-ray / Urgence, réalisé par Gilles Béhat

URGENCE réalisé par Gilles Béhat, disponible en Blu-ray le 17 mars 2026 chez Arcadès éditions.

Acteurs : Richard Berry, Bernard-Pierre Donnadieu, Jean-François Balmer, Fanny Bastien, Nathalie Courval, Catherine Allégret, Jean-Jacques Moreau, Artus de Penguern…

Scénario : Jean Herman & Gilles Béhat, d’après le roman « Qui vous parle de mourir ? » de Gérard Carré & Didier Cohen

Photographie : Pierre Lhomme

Musique : Jean-Hector Drand

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Le journaliste Max Forestier filme discrètement un groupe néo-nazi dans lequel il est infiltré depuis plusieurs mois. Il se fait surprendre et des membres du groupe lui tirent dessus. Avant de mourir, il a le temps de confier un étrange message à sa sœur, Lysa, qui se retrouve alors elle-même en danger. Elle décide d’alerter la presse et se réfugie à l’agence Oméga où elle est secourue par Jean-Pierre Mougin, journaliste à la rubrique sport, qui ne la prend pas au sérieux dans un premier temps.

À la base comédien, Gilles Béhat (né en 1949), vu dans Elle court, elle court la banlieue de Gérard Pirès et Chobizenesse de Jean Yanne, et même en Charles IV le Bel dans la série Les Rois maudits, se lance dans la mise en scène à la fin des années 1970. Si ses deux premiers longs-métrages, Haro ! (1978) et Putain d’histoire d’amour (1981), passent complètement inaperçus, il connaît la consécration avec Rue Barbare, qui attire deux millions de spectateurs dans les salles en 1984. Galvanisé par ce grand succès, Gilles Béhat enchaîne alors très rapidement sur son prochain film, Urgence, qui sort le 30 janvier 1985, soit un an après Rue Barbare. Si l’accueil sera plus froid avec seulement 840.000 entrées, ce thriller vaut le coup d’oeil pour son traitement anglo-saxon, mais aussi pour son sujet, toujours d’actualité sur la montée des extrêmes (on précise bien au pluriel), ainsi que pour sa distribution, solidement dirigée, portée par un Richard Berry en grande forme, sans doute dans l’un de ses meilleurs rôles.

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Test Blu-ray / Tir à vue, réalisé par Marc Angelo

TIR À VUE réalisé par Marc Angelo, disponible en Blu-ray le 17 mars 2026 chez Arcadès éditions.

Acteurs : Sandrine Bonnaire, Laurent Malet, Jean Carmet, Michel Jonasz, Michel Stano, Pierre Londiche, Eric Picou, Salah Teskouk…

Scénario : Yves Mourot

Photographie : Charles Van Damme

Musique : Gabriel Yared

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1984

LE FILM

Depuis que son frère a été tué à La Courneuve sans que la police ne daigne intervenir, Richard a décidé de se venger et de cracher sa haine à la face de la société. Il dévalise une armurerie et se constitue ainsi tout un arsenal. Salem, qui, par hasard, l’a vu dans ses oeuvres, donne à la police un faux signalement et commence sa propre enquête. Richard vole ensuite une moto et agresse un pompiste. Alors que Richard s’apprête à agresser un touriste dans le métro, il fait la connaissance de Marilyn, post-adolescente qui s’amuse à prendre des photos de charme dans un photomaton. Ensemble, ils vont escalader l’échelle de la violence tandis que les inspecteurs Casti et Galo sont à leurs trousses et persécutent le seul témoin, un vieux maghrébin connu de leur service.

On connaissait Yves Angelo, éminent directeur de la photographie (Baxter, Nocturne indien, Tous les matins du monde, Germinal) et réalisateur (Le Colonel Chabert), lauréat de trois César, mais on ne savait pas que son frère Marc était officiait également dans le milieu du cinéma. Après avoir assisté Yves Boisset sur Le Prix du danger et Pierre Schoendoerffer sur Le Crabe-Tambour, celui-ci fait ses débuts comme metteur en scène et scénariste avec Tir à vue, qui sera son unique long-métrage. Un polar sorti en septembre 1984, quelques jours avant Les Ripoux de Claude Zidi, année qui verra le triomphe de Marche à l’ombre (qui trônera sur la première marche du podium), d’Indiana Jones et le temple maudit de Steven Spielberg, d’Amadeus de Milos Forman, tandis que Jean-Paul Belmondo apparaîtra deux fois dans le top dix avec Les Morfalous et Joyeuses Pâques. Le genre se porte bien avec Rue barbare (plus de deux millions d’entrées), L’Addition de Denis Amar (1,2 million d’entrées), Un été d’enfer de Michaël Schock (1,1 million), Canicule (1 million), Liste noire d’Alain Bonnot (proche du million de spectateurs), Ronde de nuit de Jean-Claude Missiaen (865.000 entrées), L’Arbalète de Sergio Gobbi (700.000 entrées). Mais Tir à vue aura du mal à se faire une place parmi toutes ces sorties (un peu plus de 350.000 entrées) et reste encore aujourd’hui méconnu, pour ne pas dire oublié. Pourtant, ce coup d’essai derrière la caméra de Marc Angelo ne manque pas de qualités, à savoir un casting alléchant, une violence graphique assumée, l’ensemble doublé d’un témoignage sur le Paris au début des années 1980. Forcément, le film demeure marqué par quelques tics propres au genre, repris par la suite dans moult séries télévisées estampillées TF1, du style Navarro ou Julie Lescaut, mais Tir à vue reste un bon divertissement à l’ancienne, qui montrait que le réalisateur en avait sous le capot. S’il fera l’essentiel de sa carrière à la télévision, il signera entre autres Bob le magnifique, remake TV du chef d’oeuvre de Philippe de Broca, avec Antoine de Caunes et Clotilde Courau, Marc Angelo gardera un pied dans le septième art en devenant réalisateur de seconde équipe auprès d’Alexandre Arcady (Dernier été à Tanger, L’Union sacrée) et Diane Kurys (La Baule-les-Pins, Après l’amour).

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Test Blu-ray / Effraction, réalisé par Daniel Duval

EFFRACTION réalisé par Daniel Duval, disponible en Blu-ray depuis le 18 novembre 2025 chez Arcadès éditions.

Acteurs : Marlène Jobert, Jacques Villeret, Bruno Cremer, Jean-Pierre Dravel, Robert Darame, Denise Filiatrault, Robert Kramer, Florent Pagny…

Scénario : Daniel Duval & Francis Ryck, d’après le roman de Francis Ryck

Photographie : Michel Cénet

Musique : Maurice Vander

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Lors d’un hold-up qui tourne mal, Valentin tue plusieurs personnes. Il s’enfuit avec un butin confortable et, pourchassé par la police, rencontre un couple dont la femme l’attire irrémédiablement.

Dans le genre polar français passé plus ou moins inaperçu à sa sortie, peu diffusé à la télévision et donc indéniablement oublié aujourd’hui, Effraction est un spécimen. Pourtant, tout était réuni pour que le film connaisse un beau succès dans les salles ou fasse parler de lui plus tard si cela n’avait pas été le cas. Avec une affiche aussi prestigieuse réunissant Bruno Cremer, Marlène Jobert et Jacques Villeret, dirigés par Daniel Duval, Effraction faisait plus qu’envie…Échec cuisant avec à peine 250.000 entrées, Effraction ne méritait assurément pas ce désintérêt du public et même ce rejet dont il a fait l’objet ultérieurement. Nous sommes en avril 1983 et en cette belle année où Arnold Schwarzenegger devient officiellement citoyen américain, Les Dieux sont tombés sur la tête de James Ulys a attiré près de six millions de spectateurs (il restera d’ailleurs sur la première marche du podium), Tootsie fait le plein, Banzaï est un triomphe pour Coluche (même chose pour Tchao Pantin, qui sortira quelques mois après), Le Ruffian sera le dernier pour Lino Ventura, tandis que Sylvester Stallone vient de signer un doublé avec Rambo et Rocky III, L’Oeil du Tigre, qui ont dépassé tous les deux les trois millions d’entrées. Autant dire que le cinéma se porte bien, alors que d’autres mastodontes pointent déjà le bout de leur nez (Les Compères, L’Été meurtrier, Le Marginal, Flashdance, Papy fait de la résistance, Le Retour du Jedi, Octopussy…). Effraction n’apparaît qu’à la 112è place du box-office en 1983, coincé entre La Petite Bande de Michel Deville et Vive la sociale ! de Gérard Mordillat. Il est temps désormais de réhabiliter ce cinquième long-métrage mis en scène par Daniel Duval, qui quatre ans auparavant avait connu un succès international avec La Dérobade, 2,8 millions d’entrées et valu à Miou-Miou le César de la meilleure actrice. Pour Effraction, il adapte le roman éponyme de Francis Ryck, sorti dans la collection Série Noire en 1975, en collaboration avec celui-ci. Ce polar sombre et violent offre à Jacques Villeret l’un de ses rôles les plus inattendus, celui d’un type frappadingue, qui pour donner quelques exemples tue tout le monde à la mitraillette, tète le sein de Marlène Jobert et donne une raclée à Bruno Cremer, tout en faisant un hold-up, grimé avec postiche et fausse moustache et même en escaladant la corniche d’un hôtel comme Bebel. Oui, vous avez bien lu, et en plus le comédien apparaît très crédible dans toutes ces situations, ce qu’on était loin d’imaginer au premier abord. Également thriller psychologique, Effraction joue sur la tension et le malaise qui s’installent une fois que les trois personnages principaux sont réunis au mitan du film. De plus, on y retrouve un romantisme emphatique, exacerbé, propre à l’artiste hyper-sensible qu’était Daniel Duval. C’est tout cela Effraction, une œuvre hybride, qui semble ne pas savoir sur quel pied danser ni où se diriger, mais qui reflète justement ce sentiment de perte de repères des protagonistes. Une belle et grande réussite.

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Test Blu-ray / Les Copains d’Eddie Coyle, réalisé par Peter Yates

LES COPAINS D’EDDIE COYLE (The Friends of Eddie Coyle) réalisé par Peter Yates, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret – Édition limitée le 22 octobre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Robert Mitchum, Peter Boyle, Richard Jordan, Steven Keats, Alex Rocco, Joe Santos, Mitchell Ryan, Peter MacLean…

Scénario : Paul Monash, d’après le roman de George V. Higgins

Photographie : Victor J. Kemper

Musique : Dave Grusin

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

Eddie Coyle est un bandit sans envergure qui vit de petits boulots, de trafic d’armes et de contrebande. Pour échapper à une condamnation et éviter de finir ses jours derrière les barreaux il accepte de travailler comme indicateur pour Dave Foley, un agent du FBI.

Peter Yates (1929-2011) n’est pas l’homme d’un seul film, quand bien même celui auquel on pense quand on évoque le réalisateur est évidemment Bullitt, son plus grand triomphe dans le monde et qui a largement contribué à consolider le mythe Steve McQueen. C’est avec Trois Milliards d’un coupRobbery (1967), polar britannique, qu’il se fait remarquer. Puis, c’est l’aventure américaine et là les années 1970 vont être aussi prolifiques que placées sous le signe du succès avec Les Quatre MalfratsThe Hot Rock (1972), adapté d’une des fabuleuses aventures de Dortmunder, personnage légendaire créé sous la plume de l’immense Donald Westlake, ou bien encore Ma Femme est dingueFor Pete’s Sake (1974), comédie avec Barbra Streisand. Si la postérité gardera aussi Les Grands fondsThe Deep (1977), tiré d’un roman de Peter Benchley, film d’action et d’aventure avec Robert Shaw, Jacqueline Bisset (et son t-shirt mouillé) et Nick Nolte, deux films demeurent obscurs, car passés inaperçus à leur sortie. Outre La Guerre de MurphyMurphy’s War (1971), dans lequel Peter O’Toole donne la réplique à Philippe Noiret, sur lequel nous sommes déjà revenus, l’autre joyau qui n’a eu de cesse de briller à nouveau aux yeux des cinéphiles n’est autre que Les Copains d’Eddie CoyleThe Friends of Eddie Coyle. Rapidement exploité dans les salles en 1973, cette chronique du crime de Boston est l’adaptation du roman éponyme de George V. Higgins, avocat et journaliste, dont l’originalité est de ne dévoiler l’intrigue qu’à travers les (fabuleux) dialogues, les divers personnages s’exprimant dans un argot du cru, ou même en langage codé, les malfrats évitant ainsi tous risques possibles s’ils sont mis sur écoute par les forces de l’ordre. Ou comment l’écrivain plonge ses lecteurs dans le petit monde des petits truands de la pègre. Grand succès dans les librairies, The Friends of Eddie Coyle voit ses droits être achetés par la Paramount, tandis que le scénariste Paul Monash (Les Vampires de Salem de Tobe Hooper), également producteur (Butch Cassidy et le Kid, Abattoir 5, Spéciale première, Carrie au bal du diable) monte le budget et transpose le best-seller pour l’écran. Robert Mitchum, au mitan de sa cinquantaine, entre La Fille de RyanRyan’s Daughter (1970) de David Lean et YakuzaThe Yakuza (1974) de Sydney Pollack, tient le rôle-titre, même si on lui avait dans un premier temps proposé celui qui sera campé par Peter Boyle. S’il n’apparaît qu’en pointillés, surtout dans la première partie, l’aura du monstre Mitchum plane sur tout le film. Longtemps oublié et même méconnu, aujourd’hui plébiscité et porté aux nues par les cinéphiles, Les Copains d’Eddie Coyle fait partie de ces trésors enfouis dans la filmographie de grands artisans – au sens noble du terme – du septième art, à l’instar des Flics ne dorment pas la nuit The New Centurions de Richard Fleischer, sorti quelques mois plus tôt. Peter Yates installe lui aussi une dimension documentaire dans son récit, dans un souci de réalisme, loin de tout romanesque ou refusant le spectaculaire (un braquage n’est après tout que le quotidien des salopards, rien de flamboyant donc), au profit d’une immersion authentique. Réhabilitons encore et toujours Les Copains d’Eddie Coyle !

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Test Blu-ray / Magnum Cop, réalisé par Stelvio Massi

MAGNUM COP (Poliziotto senza paura) réalisé par Stelvio Massi, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 2 septembre 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Maurizio Merli, Joan Collins, Franco Ressel, Werner Pochath, Annarita Grapputo, Alexander Trojan, Massimo Vanni, Gastone Moschin…

Scénario : Gino Capone, Stelvio Massi & Franz Antel, d’après une histoire originale de Fulvio Gicca Palli

Photographie : Riccardo Pallottini

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

Impliquée dans une affaire de mœurs, la fille d’un banquier fortuné, Annalise, se serait mystérieusement volatilisée dans la nature. C’est du moins ce que son père affirme à un détective privé. Ce dernier, qui ne sait pas encore vraiment où il met les pieds, se voit confier la mission délicate de retrouver sa trace et de la ramener au bercail.

Rétrospectivement, Magnum Cop, Poliziotto senza paura, ou bien encore Fearless Fuzz est la deuxième des six collaborations entre le réalisateur Stelvio Massi (1929-2004) et le comédien Maurizio Merli (1940-1989), après SOS Jaguar : Opération Casse-gueulePoliziotto sprint (1977) et avant Un flic explosifUn poliziotto scomodo (1978), Il commissario di ferro (1978), La Cité du crimeSbirro, la tua legge è lenta… la mia no! (1979) et Un flic rebellePoliziotto solitudine e rabbia (1980). Cet opus se démarque pour son action essentiellement délocalisée à Vienne et surtout par sa rupture de tons. Car si le film démarre quasiment comme une comédie avec le quotidien d’un détective privé sans le sou (Un Marlowe du pauvre, embringué dans une affaire qui le dépasse et à laquelle il ne comprend pas grand-chose) et qui parvient tout juste à tirer de quoi vivre avec ses enquêtes minables, le genre vire au thriller sordide dans une seconde partie étonnante, qui plonge le dit ancien flic dans une histoire de prostitution enfantine. Maurizio Merli, moustache fringante, le regard laser, le brushing impeccable et le sourcil bien relevé s’en tire sans aucun effort, comme à son habitude d’ailleurs, et porte merveilleusement ce Magnum Cop, comme toujours fort bien mis en scène par ce formidable artisan qu’était Stelvio Massi…quand bien même celui-ci abuse quelque peu des super-ralentis et ce dès la première séquence.

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Test Blu-ray / Max et Jérémie, réalisé par Claire Devers

MAX ET JÉRÉMIE réalisé par Claire Devers, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 9 septembre 2025 chez Tamasa Distribution.

Acteurs : Philippe Noiret, Christophe Lambert, Jean-Pierre Marielle, Christophe Odent, Feodor Chaliapin Jr., Thierry Gimenez, Jean-Pierre Miquel, José Quaglio…

Scénario : Claire Devers & Bernard Stora, d’après le roman de Teri White

Photographie : Bruno de Keyzer

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

Tueur à la retraite, Max se lie d’amitié avec Jérémie, un petit voyou ambitieux. Ce dernier, comme premier « contrat », a pour mission d’éliminer le vieil homme. Mais une tendre complicité naît entre les deux tueurs…

Nous sommes en 1992 et en cette belle année où l’auteur de ces mots franchissait pour la première fois les portes du collège Alfred de Musset de Patay, ce cher Christophe(r) – hinhinhin – Lambert partageait sa carrière entre la France et les États-Unis. À 35 ans, le comédien a vu sa carrière s’envoler définitivement en enchaînant Greystoke (3,5 millions d’entrées), Paroles et Musique de Élie Chouraqui (1,6 millions), Subway (2,9 millions et César du meilleur acteur) et Highlander (4 millions). Il connaît ensuite quelques revers chez Marco Ferreri (I Love You) et Michael Cimino (Le Sicilien), tandis que la suite des aventures de Connor MacLeod n’emporte pas l’adhésion espérée. Et pour cause. Christophe Lambert revient en force avec l’excellent Face à face Knight Moves de Carl Schenkel, pour lequel il partage l’affiche avec sa compagne Diane Lane (veinard), le génial (si si) Fortress de Stuart Gordon et trouve l’un de ses meilleurs rôles dans Max et Jérémie de Claire Devers. Encore aujourd’hui, l’acteur déclare qu’il s’agit d’un des meilleurs scénarios qu’il a pu lire. Rétrospectivement et s’il ne connaîtra qu’un succès relatif avec 630.000 spectateurs réunis dans les salles, Max et Jérémie demeure un solide et étrange polar, dans lequel le tandem Philippe Noiret – Christophe Lambert fonctionne étonnamment bien, duo par ailleurs soutenu par la participation d’un autre monstre, Jean-Pierre Marielle, qui sera nommé pour le César du meilleur second rôle.

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Test Blu-ray / La Femme à abattre, réalisé par Bretaigne Windust & Raoul Walsh

LA FEMME À ABATTRE (The Enforcer) réalisé par Bretaigne Windust & Raoul Walsh, disponible en Blu-ray le 17 septembre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Humphrey Bogart, Zero Mostel, Ted De Corsia, Everett Sloane, Roy Roberts, Michael Tolan, King Donovan, Bob Steele…

Scénario : Martin Rackin

Photographie : Robert Burks

Musique : David Buttolph

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1951

LE FILM

Le gangster qui avait accepté de témoigner contre le chef d’une redoutable organisation criminelle se tue accidentellement. Le procureur Martin Ferguson perd son témoin clé et doit repartir à zéro. Il a peu de temps pour éviter que le suspect ne ressorte libre du tribunal.

Le générique indique que La Femme à abattreThe Enforcer a été réalisé par Bretaigne Windust (1906-1960). En réalité, Raoul Walsh (1887-1980) a été appelé à la rescousse pour reprendre le film en main, remplaçant au pied levé son confrère tombé gravement malade. Une autre raison serait que la Warner, s’étant rendu compte aux rushes de la mauvaise direction d’acteurs de Windust, aurait appelé le sieur Walsh afin de sauver l’entreprise. La Femme à abattre demeure un thriller moderne et implacable (la tension de L’enfer est à lui n’est pas loin), inspiré d’un fait divers réel survenu au début des années 40. Si le film est en effet signé Bretaigne Windust, cinéaste habituellement rodé à la comédie et au mélodrame, le film est marqué à chaque plan de l’inimitable griffe de Raoul Walsh. Porté par un immense Humphrey Bogart, qui allait être récompensé par l’Oscar du meilleur acteur l’année suivante pour The African Queen, La Femme à abattre est un pola remarquablement emballé, complexe avec ses plusieurs flashbacks imbriqués, virtuose, passionnant de la première à la dernière image (le final est anthologique), violent et rythmé. N’oublions pas la sublime photo contrastée signée Robert Burks (La Mort aux trousses, Sueurs froides, Les Tueurs de San Francisco) et la composition de David Buttolph qui contribuent à faire de ce film noir un grand spectacle.

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Test Blu-ray / Mark la gâchette, réalisé par Stelvio Massi

MARK LA GÂCHETTE (Mark il poliziotto spara per primo) réalisé par Stelvio Massi, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 mai 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Franco Gasparri, Lee J. Cobb, Massimo Girotti, Ely Galleani, Nino Benvenuti, Andrea Aureli…

Scénario : Stelvio Massi, Dardano Sacchetti, Teodoro Corrà & Raniero Di Giovanbattista, d’après une histoire originale de Dardano Sacchetti

Photographie : Federico Zanni

Musique : Adriano Fabi

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Le commissaire Mark Terzi est envoyé à Gênes pour enquêter sur une série de meurtres sordides revendiqués par un certain « Sphinx ». Il va y retrouver l’homme d’affaires Benzi, qui pourrait avoir un lien avec ces crimes.

Si Stelvio Massi ne s’attendait pas à un ras de marée à la sortie d’Un flic voit rouge à la fin de l’été 1975, le réalisateur était loin de se douter que son polar allait créer l’événement et même devenir un véritable phénomène. Du coup, une suite devait être pensée dans l’urgence, au point que tout le monde (ou presque), tant devant que derrière la caméra, était rappelé pour reprendre là où l’enquête de Mark Terzi s’était arrêtée dans un moment suspendu. Résultat des courses, Mark la gâchetteMark il poliziotto spara per primo, connu aussi en France sous le titre Justice sans sommation, parvenait à sortir sur les écrans pour Noël 1975, alors qu’Un flic voit rouge était toujours à l’affiche dans certains cinémas et allait connaître le même triomphe avec près d’1,3 milliards de lires récoltées. Si l’effet de surprise est passé et malgré sa production éclaire, Mark la gâchette n’est pas une suite décevante et encore moins bâclée. Franco Gasparri est encore plus à l’aise que dans le premier, conforté sans doute par le box-office de la première aventure et Stelvio Massi n’attend pas les cinq premières minutes pour lancer sa première et longue course-poursuite sur le port de Gênes, ainsi que dans ses environs. Si l’ambition première est évidemment d’amasser à nouveau le maximum de billets, le cinéaste est à son affaire et soigne autant la forme que le fond de son spectacle populaire, ce qui n’était pas forcément le cas de certains de ses confrères ès cinéma Bis.

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Test Blu-ray / Un flic voit rouge, réalisé par Stelvio Massi

UN FLIC VOIT ROUGE (Mark il poliziotto) réalisé par Stelvio Massi, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 mai 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Franco Gasparri, Lee J. Cobb, Sara Sperati, Giorgio Albertazzi, Giampiero Albertini, Lucio Como, Carlo Duran, Andrea Aureli…

Scénario : Adriano Bolzoni, Stelvio Massi, Dardano Sacchetti & Raniero di Giovanbattista, d’après une histoire originale de Dardano Sacchetti

Photographie : Marcello Gatti

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Le commissaire Mark Terzi de la brigade des stupéfiants de la ville de Milan enquête sur les activités de l’homme d’affaires Benzi. Il le soupçonne d’être à la tête d’une organisation de trafiquants d’héroïne, mais les preuves sont minces.

Qu’est ce qu’on l’aime Stelvio Massi (1929-2004) ! Quand on entend parler d’Un flic explosif Un poliziotto scomodo, de Magnum 44 spécial La Legge violenta della squadra anticrimine ou de Cinq Femmes pour l’assassin 5 donne per l’assassino, quelque chose de nerveux, d’hormonal, accélère instantanément notre rythme cardiaque. On imagine mal aujourd’hui le succès, le triomphe même, rencontré par Un flic voit rougeMark il poliziotto, qui a rapporté plus d’un milliard et demi de lires, quelques mois après le hit rencontré par Brigade volanteSquadra volante. Ce thriller surfait alors sur la grande popularité rencontrée par Franco Gasparri, star du roman-photos, qui faisait fantasmer des millions d’italiennes. Au cinéma, il était apparu avant ses quinze ans dans une poignée de péplums (Goliath contre les géantsGoliath contro i giganti de Guido Malatesta, Samson contre HerculeSansone et Hercule se déchaîneLa Furia di Ercolede Gianfranco Parolini), avant de revenir en 1974 avec La ProieLa Preda de Domenico Paolella, qui étonnamment n’avait guère attiré les foules. Un flic voit rouge allait alors changer son destin. Belle gueule, le regard laser, le flingue dans le caleçon, distribuant des bourre-pifs et imitant constamment Clint Eastwood en Harry Callahan, Franco Gasparri crève l’écran et des gangsters. Mark il poliziotto est une institution de l’autre côté des Alpes et le phénomène sera tel à la fin de l’été 1975, qu’une suite (Mark la gâchette Mark il poliziotto spara per primo) sera mise en chantier immédiatement et sortira quatre mois plus tard, soit pile poil pour les fêtes de Noël. Un record en la matière. Aujourd’hui, Un flic voit rouge reste un formidable représentant du poliziottesco, qui n’avait pas besoin de faire dans la surenchère pour accrocher le spectateur à son siège et qui savait doser ses ingrédients afin de contenter tous les publics. Une référence.

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Test Blu-ray / La Femme au portrait, réalisé par Fritz Lang

LA FEMME AU PORTRAIT (The Woman in the Window) réalisé par Fritz Lang, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 26 février 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Edward G. Robinson, Joan Bennett, Raymond Massey, Edmund Breon, Dan Duryea, Thomas E. Jackson, Dorothy Peterson, Arthur Loft…

Scénario : Nunnally Johnson, d’après le roman J.H. Wallis

Photographie : Milton R. Krasner

Musique : Arthur Lange

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1944

LE FILM

Un soir, en sortant de son club, le professeur Wanley rencontre la jeune fille, Alice, dont le portrait dans la vitrine voisine le fascinait depuis longtemps. Invité par elle, ce dernier se trouve en présence d’un inconnu qui s’en prend à Alice puis à lui. Wanley, en état de légitime violence, est obligé de le poignarder.

La Femme au portrait The Woman in the Window est comme qui dirait le film qui a redonné confiance à Fritz Lang, qui cumulait les échecs publics ou les déceptions au box-office, à l’instar des Bourreaux meurent aussi. Ce très grand succès critique et commercial reste d’ailleurs une merveille technique, passionnante à analyser pour les spécialistes, mais aussi et surtout une tragédie ironique servie par de formidables comédiens. Edward G. Robinson excellait déjà dans le contre-emploi chez Lloyd Bacon pour Un meurtre sans importanceA Slight Case of Murder, comédie hilarante de 1938. Loin de son image de dur à cuire et de salaud éternel (Key Largo, 1948), l’acteur livre une performance sensationnelle où son personnage, un type naïf et chaleureux, devient meurtrier malgré lui. Joan Bennett et Dan Duryea sont à ses côtés, parfaits de vanité, antipathiques et odieux. La Femme au portrait est un enchaînement fatal de situations, un engrenage implacable où tous les protagonistes sont aliénés dans leur passion, leurs mensonges et leurs illusions. Le malaise s’accentue, les ombres prennent le pas sur la lumière, les personnages se réfugient dans l’obscurité, le clignotement intermittent des néons renvoyant à leur conflit interne quand ils perdent leurs repères. Le film devient alors violent, pris d’une démence physique et mentale inexorable. Pour le cinéaste allemand, aucun meurtrier ne peut échapper à son crime. Mais nous sommes au cinéma et le final réserve une surprise supplémentaire, pouvant changer le sort et donc le destin des protagonistes de cette histoire. Angoissant, machiavélique et plastiquement irréprochable, La Femme au portrait, qui contient déjà des éléments liés à la psychanalyse, sujet qui passionne le réalisateur et qui n’aura de cesse d’y revenir encore, se voit et se redécouvre avec un plaisir aussi immense qu’intact.

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